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		<title>Underworld USA : le cantique des désillusions américaines selon James Ellroy</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/underworld-usa-ellroy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 May 2025 15:27:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Difficile d’aborder les dessous du scandale Watergate sans faire écho à la trilogie Underworld USA. Il faut bien reconnaître qu’avec cette série de romans, James Ellroy a posé une pierre fondatrice en matière de thriller politique et d’analyse désabusée de la corruption made in America. Si l’on veut comprendre l’ampleur du fiasco Nixon, la logique qui en a été le déclencheur et la toile de fond, parcourir ces trois pavés...</p>
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<p>Difficile d’aborder les dessous du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Scandale_du_Watergate">scandale Watergate</a> sans faire écho à la trilogie <em>Underworld USA</em>. Il faut bien reconnaître qu’avec cette série de romans, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=james+ellroy">James Ellroy</a> a posé une pierre fondatrice en matière de thriller politique et d’analyse désabusée de la corruption made in America. Si l’on veut comprendre l’ampleur du fiasco Nixon, la logique qui en a été le déclencheur et la toile de fond, parcourir ces trois pavés est indispensable. Car les micros planqués, les enregistrements pirates, les chantages, les pressions, les menaces, les coups fourrés ne sont pas l’apanage de Dirty Dick, d’autres avant lui se sont distingués dans cet exercice périlleux. Hommes de l&rsquo;ombre, barbouzes extrémistes, agents doubles, politiciens véreux : James Ellroy, avec sa plume corrosive de « Demon Dog » nous plonge avec autant de délice que de dégoût dans les spectres de cette Amérique souterraine.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une tragédie politique en trois temps</h2>



<p><em>Underwold USA </em>est constituée de trois romans pensés comme trois actes d’une tragédie politique d’envergure.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>American Tabloïd</em> (1995) : Les fondations du chaos</h3>



<p>Dans ce premier volet, Ellroy nous transporte de 1958 à 1963, période charnière où l&rsquo;Amérique vacille entre espoir et désillusion. On y suit les trajectoires de Pete Bondurant, Kemper Boyd et Ward Littell, trois hommes aux allégeances floues, naviguant entre le FBI, la CIA, la mafia et les Kennedy. L&rsquo;auteur expose les liens troubles entre le pouvoir politique et le crime organisé, suggérant que l&rsquo;assassinat de JFK n&rsquo;était pas un acte isolé, mais le résultat d&rsquo;un enchevêtrement de trahisons et de manipulations.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>American Death Trip</em> (2001) : L&rsquo;Amérique en déliquescence</h3>



<p>Poursuivant <em>American Tabloïd</em>, ce second tome s&rsquo;ouvre sur l&rsquo;assassinat de JFK en 1963 et se clôt sur ceux de Martin Luther King Jr. et Robert F. Kennedy en 1968. Ellroy y adopte un style plus dépouillé encore, plus organique et primaire, reflétant la brutalité, la crudité de l&rsquo;époque. La guerre du Vietnam, les tensions raciales, les manipulations politiques irriguent ce récit cauchemardesque, offrant une vision sombre et désabusée d&rsquo;une nation en perte de repères.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Underworld USA</em> (2009) : La descente aux enfers</h3>



<p>Dernier opus de la trilogie, <em>Underworld USA</em> couvre les années 1968 à 1972, période marquée par la désillusion post-68. Ellroy y introduit de nouveaux personnages, tels que Don Crutchfield, un détective privé, et explore des thèmes comme l&rsquo;infiltration du FBI dans les mouvements révolutionnaires, la corruption politique et les opérations secrètes à l&rsquo;étranger. Ces pages sonnent comme une conclusion intense et violente de la trilogie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une fresque de la corruption systémique</h2>



<p>À travers ces trois romans, Ellroy dresse le portrait implacable d&rsquo;une Amérique gangrenée par la corruption, où les idéaux sont sacrifiés sur l&rsquo;autel du pouvoir. Les méthodes des barbouzes Hunt et Liddy, l&rsquo;aveuglement de Mitchell et sa clique, décrits dans <em><a href="https://www.theartchemists.com/hommes-president-film-pakula/">Les Hommes du président</a></em>, <em><a href="https://www.theartchemists.com/gaslit-serie/">Gaslight</a></em> et <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-white-house-plumbers/">The White House Plumbers</a></em> trouvent leurs racines dans les pratiques décrites par Ellroy : manipulations médiatiques, assassinats politiques, infiltrations, coups tordus en tout genre.</p>



<p>En revisitant les décennies précédant le Watergate, l’auteur du mythique polar <em>Le Dahlia Noir</em> offre une perspective unique sur les mécanismes qui ont conduit à l&rsquo;un des plus grands scandales politiques américains. Il va plus loin&nbsp;; balzacien dans l’âme, il décrypte une mentalité, la psychologie d’une époque, une idéologie mortifère qui dévore les âmes, gangrène les esprits, soumet les volontés, dissout l’esprit de justice et d’égalité. Sa trilogie n&rsquo;est pas seulement une œuvre de fiction, elle déroule une analyse profonde des dérives du pouvoir et de la fragilité des institutions démocratiques.</p>



<p>En somme, la trilogie <em>Underworld USA</em> est une plongée vertigineuse dans les ténèbres de l&rsquo;histoire américaine, une lecture indispensable pour quiconque souhaite comprendre les racines profondes du Watergate et les mécanismes de la corruption politique.</p>



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		<title>The White House Plumbers : le Watergate en mode farce tragique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-white-house-plumbers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 May 2025 11:30:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Difficile d’évoquer Les Hommes du président et Gaslit sans ajouter à cette liste déjà prestigieuse la série The White House Plumbers. Sortie en 2023, Les Plombiers de la Maison Blanche, vient compléter la fresque télévisuelle autour du scandale du Watergate de flamboyante et grotesque manière, avec une particularité non négligeable : exit le thriller le drame psychologique, on mise ici sur la satire ! Objectif : raconter comment des hommes convaincus de...</p>
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<p class="wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio">Difficile d’évoquer <em><a href="https://www.theartchemists.com/hommes-president-film-pakula/">Les Hommes du président</a> et Gaslit</em> sans ajouter à cette liste déjà prestigieuse la série <em>The White House Plumbers. </em>Sortie en 2023, <em>Les Plombiers de la Maison Blanche</em>, vient compléter la fresque télévisuelle autour du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Scandale_du_Watergate">scandale du Watergate</a> de flamboyante et grotesque manière, avec une particularité non négligeable : exit le thriller le drame psychologique, on mise ici sur la satire ! Objectif : raconter comment des hommes convaincus de sauver l’Amérique ont précipité la chute de sa présidence… en accumulant les ratés. Résultat ? Une comédie grinçante, absurde, parfois pathétique et terriblement lucide.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<h2 class="wp-block-heading wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio">Des “plombiers” pour colmater les fuites</h2>



<p>C’est ainsi que Howard Hunt et G. Gordon Liddy se baptisent, allant jusqu’à fièrement afficher cette qualification sur la plaque qui orne l’entrée de leur bureau à la Maison Blanche. Ces deux anciens agents (de la CIA pour l’un, du FBI pour l’autre) ont initialement été recrutés pour éviter<strong> </strong>les fuites d’informations compromettantes dans les médias. C’est qu’au cœur du pouvoir, on se remet mal de la diffusion des Pentagon papers en une des grands quotidiens nationaux, <em>New-York Times</em> et <em>Washington Post</em> en tête. Et des infos compromettantes, on en a beaucoup, beaucoup en réserve.</p>



<p>Du coup, on prend désormais les devants. Mission pour le binôme Hunt/Liddy&nbsp;: empêcher que d’autres grandes magouilles du gouvernement soient divulguées à la presse par un lanceur d’alerte en quête de justice. Et pour ce faire, les deux barbouzes ont carte blanche. Seulement voilà&nbsp;: ce n’est rien de dire que ce sont des zéros pointés. Obsédés par leur vision d’une Amérique conservatrice et anti-communiste, paranoïaques au possible, patriotes jusqu’au fanatisme, Hunt/Liddy multiplient les opérations clandestines grotesques pour discréditer les opposants à Nixon. Et c’est là qu’on apprend que l<strong>’</strong>effraction ratée du Watergate, qui fera basculer l’Histoire, n’est que le point d’orgue d’une longue série de ratages.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ubu roi version USA</h2>



<p>Des ratages dignes d’un numéro de clowns.<em> The White House Plumbers</em> se distingue de récits plus sérieux comme <em>All the President’s Men, en</em> prenant carrément le contre-pied de l’approche <em>press movie</em><strong><em>&nbsp;</em></strong>: ici l’affaire du Watergate apparaît pour ce qu’elle est&nbsp;: une farce. Bévues énormes, égos surdimensionnées, convictions absurdes… c’est Ubu roi version USA&nbsp;! Avec à la clé une morale mémorable&nbsp;: la chute d’un régime se joue certes dans les hauteurs du pouvoir, les colonnes d’un journal … mais aussi via les décisions incongrues de sous-fifres convaincus d’avoir raison.</p>



<p>Alex Gregory et Peter Huyck à la création, Woody Harrelson en Hunt, Justin Theroux en Liddy, le duo fonctionne à merveille pour camper ce couple improbable et fusionnel. Ajoutons entre autres Lena Headey, Ike Barinholtz, Domhnall Gleeson, Judy Greer à ce casting flamboyant. La série repose sur des bases plus que saines pour donner à voir ce côté burlesque/cartoonesque totalement inattendu mais véridique (chaque épisode se termine par un encart soulignant la véracité des faits relatés, histoire de bien enfoncer le clou, de souligner que si un scénariste avait inventé pareille intrigue, on lui aurait jeté son texte à la figure).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une caste profondément pourrie</h2>



<p>On rit, on rit jaune, mais on rit. Et plus on rit, plus on est mal à l’aise. Parce que les “plombiers” sont ridicules. Parce que leur ridicule va engendrer un séisme politique majeur. Parce qu’avec leur incompétence crasse, ils vont entraîner leurs familles, leur pays dans leur chute. Aveuglement idéologique, radicalisation insidieuse, extrémisme politique, les mécanismes du fanatisme sont ici autopsiés avec beaucoup d’acuité. La corruption également. Le cynisme dirigeant aussi&nbsp;: les cinq épisodes de cette fresque tonitruante mettent en avant une constellation de scandales composant les racines de ce monument de connerie qu’est le Watergate.</p>



<p>On en parle peu ou pas, mais mises bout à bout, ces affaires éclairent le profond pourrissement d’une caste prompte à tous les coups bas pour conserver sa position dominante. Quitte à envoyer au casse-pipe des pauvres gars qui croient en un président qui va les abandonner sans aucun scrupule. Comme l’explique très bien la conclusion de la série, Nixon, s’il démissionne, ne sera jamais poursuivi, ne fera jamais de prison, contrairement à ses hommes de main. Il y a dans ce récit un peu de la morgue de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=james+ellroy">James Ellroy</a>, fin narrateur des trafics secrets propres au pouvoir américain ; il y a aussi un lien intéressant avec la série <em><a href="https://www.theartchemists.com/gaslit-serie/">Gaslit</a></em>, une approche satirique et un regard complémentaire sur les dommages collatéraux.</p>



<p>Les hommes du président furent eux aussi frappés de plein fouet. Abandonnés à leur sort. Oubliés, méprisés par un président qu’ils adulaient, prêts à tout pour le conserver à sa place alors qu’il était déjà certain de remporter le pouvoir. On les devine dès les premières images incompétents et obtus, on les découvre au fil de leur déchéance naïfs et manipulables. Comme quoi il ne faut jamais vénérer un politique, quel qu’il soit&nbsp;?</p>



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		<title>Gaslit : « Martha avait raison »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/gaslit-serie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 May 2025 11:25:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Martha avait raison ». Ces mots, gravés en grosses fleurs blanches sur une couronne mortuaire concluent la série Gaslit. « Gaslit », « manipulé » en anglais. Manipulée, Martha l’a en effet été et de la pire des manières. Martha, c’est Martha Mitchell, l’épouse de John Mitchell, le ministre de la Justice qui a orchestré dans l’ombre et sur ordre du président Nixon l’opération « Gemstones », opération qui se conclura par le scandale du Watergate et...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/05/The-ARTchemists-Gaslit.jpg" alt="" class="wp-image-38023" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/05/The-ARTchemists-Gaslit.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/05/The-ARTchemists-Gaslit-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/05/The-ARTchemists-Gaslit-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>« Martha avait raison ». Ces mots, gravés en grosses fleurs blanches sur une couronne mortuaire concluent la série <em>Gaslit</em>. « Gaslit », « manipulé » en anglais. Manipulée, Martha l’a en effet été et de la pire des manières. Martha, c’est Martha Mitchell, l’épouse de John Mitchell, le ministre de la Justice qui a orchestré dans l’ombre et sur ordre du président Nixon l’opération « Gemstones », opération qui se conclura par le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Scandale_du_Watergate">scandale du Watergate</a> et la démission du dit Nixon. Intelligente mais un peu trop grande gueule quand il s’agit de s’adresser aux médias, Martha a vite compris l’implication de son mari. Ce dernier va alors tout faire pour la faire taire. Tout. C’est de cela dont parle <em>Gaslit</em>.</p>



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<iframe loading="lazy" title="GASLIT Bande Annonce Teaser VOST (2022, Drame) Julia Roberts, Sean Penn, Watergate" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/F5iQisjcNXw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Critiquée, blacklistée, gaslightée</h2>



<p>Là où <em><a href="https://www.theartchemists.com/hommes-president-film-pakula/">Les Hommes du président</a></em> de Pakula abordait le scandale du Watergate du point des journalistes qui l’ont révélé dans les colonnes du Washington Post, la série <em>Gaslit</em> nous entraîne dans les coulisses de cette affaire politique avec pour objectif d’en analyser les rouages et d’en dévoiler les dommages collatéraux. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Martha_Mitchell">Martha Mitchell</a> fait partie de ces dommages collatéraux, et la manière dont elle va être traitée illustre magistralement le climat qui règne alors dans la proximité d’un Nixon obsédé par la perspective de sa réélection.</p>



<p>Critiquée, blacklistée, cette républicaine convaincue a horreur du mensonge. Prête à témoigner sur l’implication du président dans la tentative de mise sur écoute de l’équipe du parti démocrate, elle va être muselée par son propre époux, qui ira jusqu’à la quitter après l’avoir fait séquestrer. Considérée comme folle, irresponsable, alcoolique, elle y laissera son couple, sa santé mentale et sa vie. Pour défendre la vérité, bien avant que le duo Woodstein ne mette son nez dans les barbouzeries nixoniennes. Une lanceuse d’alerte donc, volontairement gaslightée, sacrifiée sur l’autel du secret d’état.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un aveuglement fanatique</h2>



<p>Sacrifiée par un mari aimant certes, mais littéralement aveuglé par un Nixon charismatique, que tout son entourage veut protéger comme s’il était la seule chance de survie d’une Amérique conservatrice largement ébranlée par la guerre du Vietnam. L’ordalie de Martha Mitchell met en relief cet aveuglement généralisé, proche du fanatisme et qui flirte avec la bêtise la plus absolue. Car dans leur désir de démolir un adversaire pourtant très faible, Mitchell et ses conseillers de l’ombre vont recruter des incapables, extrémistes de droite et autres ex-séides de la CIA et du FBI, qui vont cumuler les bourdes jusqu’à se faire pincer en flagrant délit, ce qui est un comble.</p>



<p>En huit épisodes trépidants, <em>Gaslit</em> démonte une chronologie mortifère sur fond de hits 70’s, scrutant cette histoire par le petit bout de la lorgnette. Lorgnette dans laquelle apparaissent tour à tour les acteurs principaux et secondaires de ce mélodrame qui ferait hurler de rire s’il n’était pas si choquant de violence et d’hypocrisie. Car les hommes du Watergate ne sont pas des cerveaux machiavéliques mais des bras cassés, arrogants, machistes et grossiers, prêts à tout pour défendre « leur camp », jusqu’à l’absurde. S’ils ratent leur effraction comme des amateurs, ils persistent, s’enfoncent, mentent, écrasent, jusqu’à tout faire exploser. Et sacrifier carrière, épouses, familles, collaborateurs, témoins, qui subissent sans rien dire ou sont réduits au silence quand ils font mine de se rebeller.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mélange des genres</h2>



<p>Si on rit parfois, c’est jaune. La plupart du temps, au fil de ce récit cynique, on serre les dents. La réalisation, d’un réalisme confondant, joue avec les codes du thriller politique, du soap opera et du drame intime. Pareil mélange des genres donne une singulière et savoureuse épaisseur à ce théâtre social doublé d’un drame humain et d’une sévère leçon de démocratie pervertie. Pour pimenter le tout, un casting flamboyant dominé par une Julia Roberts à la fois insupportable, pathétique et touchante, un Sean Penn méconnaissable, glaçant de brutalité. Big up du reste à Shea Whigham qui plante un Gordon Liddy incroyablement loufoque et sauvage.</p>



<p>Big up également au scénario qui très habilement replace cette historie dans une perception plus large d’une Amérique où il ne fait guère bon être femme ou racisé. Une Amérique 70’s qui tend un miroir peu flatteur à celle d’aujourd’hui, et c’est justement le but. La figure de Martha Mitchell, ici réhabilitée, illustre le destin des lanceurs d’alerte dans des systèmes corrompus flirtant ouvertement avec le fascisme et la coercition. « Gaslightée » au sens propre, Martha Mitchell ressort de ce récit haut en couleurs et en émotions comme une figure de courage et de lucidité. Un exemple ?</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Anne Frank : deux livres pour comprendre et ne jamais oublier</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/anne-frank-livres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Feb 2024 16:38:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est l’histoire d’une petite fille par temps de guerre. Obligée de se cacher avec les siens, elle trompe la solitude et la peur en se confiant à son journal intime, jusqu’à ce qu’elle et les siens soient arrêtés, début août 1944. La petite fille s’appelle Anne Frank, et son journal va devenir l’un des livres les plus lus au monde. Mais ça, la petite fille ne le saura jamais, happée,...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p>C’est l’histoire d’une petite fille par temps de guerre. Obligée de se cacher avec les siens, elle trompe la solitude et la peur en se confiant à son journal intime, jusqu’à ce qu’elle et les siens soient arrêtés, début août 1944. La petite fille s’appelle Anne Frank, et son journal va devenir l’un des livres les plus lus au monde. Mais ça, la petite fille ne le saura jamais, happée, détruite qu’elle sera dans les <a href="https://www.theartchemists.com/?s=camps+de+concentration">camps de concentration</a> du régime nazi. Si nous avons pratiquement tous parcouru ses confidences, que savons-nous exactement de son entrée en clandestinité, de sa vie de recluse, de la réalité de son arrestation, de son parcours après avoir été raflée ? Bien peu de choses au final. Deux ouvrages tentent pourtant d’éclairer ces mystères :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Qui a trahi Anne Frank&nbsp;?</em> de Rosemary Sullivan</li>



<li><em>Là où s’arrête le journal d’Anne Frank – Le destin des occupants de l’Annexe après leur arrestation </em>de Bas von Benda-Beckmann.</li>
</ul>



<p>Ces deux enquêtes se complètent parfaitement&nbsp;d’un point de vue chronologique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Qui a trahi Anne Frank&nbsp;?</em> de Rosemary Sullivan</h2>



<p>Ce livre rapporte avec précision et émotion les investigations menées par un groupe de chercheurs pour tenter de découvrir comment et pourquoi a eu lieu l’arrestation d’Anne et de sa famille. Au cœur de leurs démarches, l’énigme suivante : Anne ainsi que ses proches ont-ils été dénoncés et si oui par qui ? La question semble presque accessoire. Pourtant, elle rouvre des plaies à peine cicatrisées. En Hollande, la période de l’Occupation allemande demeure tabou pour beaucoup, et si Anne Frank est devenue de fait une héroïne nationale, on hésite cependant à creuser sur les circonstances de sa capture.</p>



<p>En abordant cette quête historique comme le ferait une équipe du FBI lancée aux trousses d’un tueur, un collectif de scientifiques et d’historiens entreprend de passer au crible les différentes hypothèses posées au fil des années. C’est l’occasion pour eux de revenir sur les différentes étapes de l’arrestation, la manière dont le clan Frank et leurs compagnons entrèrent en clandestinité, les modalités de l’arrestation, le devenir du journal, le travail acharné de Mr Frank, seul rescapé des camps pour faire publier les écrits de sa fille défunte, la contestation constante de la véracité du récit… De page en page, on découvre avec effarement les clivages, les confrontations, les querelles idéologiques autour de ce journal intime.</p>



<p>Et puis il y a les éventuels délateurs. En remontant leur trace, les enquêteurs mettent en évidence le système de dénonciation mis en place par les <a href="https://www.theartchemists.com/?s=nazi">nazis</a> avec l’aide des sympathisants néerlandais. Réseau de mouchards rémunérés, organisation des services policiers expert dans la traque des personnes entrées en clandestinité, Juifs, résistants, opposants : avec bien des difficultés, l’équipe d’investigation va retrouver témoins et documents, dressant ainsi une cartographie effrayante d’une mécanique de destruction parfaitement huilée. Le résultat de leurs explorations, tout à fait plausible, laisse sans voix ; ces conclusions sont d’autant plus pénibles à envisager qu’à un petit mois près, Anne et les siens auraient pu échapper aux camps et à l’extermination.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Là où s’arrête le journal d’Anne Frank – Le destin des occupants de l’Annexe après leur arrestation </em>de Bas von Benda-Beckmann.</h2>



<p>Comme son titre l’indique, cet ouvrage extrêmement complet traite du devenir d’Anne Frank et de ses compagnons d’infortune après leur arrestation. Ils sont huit&nbsp;: Anne, sa sœur, Margot, leurs parents Edith et Otto&nbsp;; il y a aussi Hermann et Auguste van Peels ainsi que leur fils Peter, également le dentiste Fritz Pfeffer. Tous sont raflés en même temps, emmenés, interrogés, placés en maison d’arrêt avant de partir dans un premier camp de transit, Westerborck. C’est le début de l’horreur… et du mystère. Car les éléments manquent en nombre pour reconstituer le martyre d’Anne et de ses proches. Recoupant les informations, les témoignages, s’appuyant par ailleurs sur les recherches d’historiens spécialisés, les archives récupérées dans les camps, Bas von Benda-Beckmann recompose le cheminement de chacun vers un destin ô combien funeste.</p>



<p>Personne n’en réchappera, excepté le père d’Anne, Otto. L’auteur suit pas à pas l’arrivée du groupe à Auschwitz, les séparations opérées, le quotidien atroce à <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Auschwitz">Auschwitz</a>-Birkenau, les transferts à Bergen-Belsen, à Raguhn, à Mathausen, Melk ou Neuengamme. Tandis que le groupe se dissout au fil des départs et des décès, on découvre l’atroce logique de l’univers concentrationnaire nazi qu’Anne va vivre dans sa chair jusqu’à en mourir, quelques jours après sa sœur. Gazage, typhus, malnutrition, épuisement au cours des marches de la mort… chacun des membres de l’Annexe subit de plein fouet la barbarie fasciste. Et nous, lecteurs, de la ressentir à chaque station de ce long calvaire subi par une petite fille dont nous connaissons les paroles, les rêves, les peurs par le biais d’un journal intime, mais dont nous ignorions pour beaucoup la fin épouvantable.</p>



<p>L’effet n’en est que plus dévastateur. De page en page, nous mesurons le traumatisme profond vécu par cette enfant et son entourage, la lente descente aux enfers, la longue agonie tandis que l’espoir s’évanouit, que la force de survivre s’éteint. Bas von Benda-Beckmann est d’une précision chirurgicale, ne nous épargnant aucun détail d’un quotidien absurde de violence et de cruauté. Les livres sur les camps de concentration ne manquent pas, les témoignages également. Mais ce cas-ci est particulier : tout le monde connaît Anne Frank, ce petit visage souriant, la chevelure noire sagement peignée, le col en dentelle et toutes les espérances du monde dans ces yeux pétillants. La contempler au seuil de la mort, seulement vêtue d’une couverture miteuse, tondue, sale, rongée de poux, souillée par le typhus qui la détruit irrémédiablement, est insoutenable. Mais nécessaire. Pour ne jamais oublier.</p>


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		<item>
		<title>Frank Sinatra : Une mythologie américaine : All or Nothing at All</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/biographie-frank-sinatra/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jun 2023 09:36:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Frank Sinatra : Une mythologie américaine… cela sonnerait presque comme un titre de James Ellroy. Il faut dire que la vie de The Voice ne fut pas un long fleuve tranquille menant en ligne directe au succès. Parsemée de hauts et de bas, la route de Sinatra reflète étrangement les convulsions des États-Unis tout en offrant à ce pays et au monde entier une légende ancrée dans un univers musical d’exception....</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="423" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/B07YPR3ZL4_f2689075_cover.jpg" alt="" class="wp-image-36154" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/B07YPR3ZL4_f2689075_cover.jpg 423w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/B07YPR3ZL4_f2689075_cover-203x288.jpg 203w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/B07YPR3ZL4_f2689075_cover-348x494.jpg 348w" sizes="auto, (max-width: 423px) 100vw, 423px" /></figure>



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<p><em>Frank Sinatra : Une mythologie américaine</em>… cela sonnerait presque comme un titre de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=james+ellroy" target="_blank" rel="noreferrer noopener">James Ellroy</a>. Il faut dire que la vie de The Voice ne fut pas un long fleuve tranquille menant en ligne directe au succès. Parsemée de hauts et de bas, la route de Sinatra reflète étrangement les convulsions des États-Unis tout en offrant à ce pays et au monde entier une légende ancrée dans un univers musical d’exception. Toutes ces contradictions, ces temps forts comme ces ruptures, l’auteur Steven Jezo-Vannier en raconte le fil dans cette biographe trépidante qui se dévore avec jubilation.</p>



<p>«&nbsp;The Voice&nbsp;» donc, mais aussi «&nbsp;The Sultan of the Swoon&nbsp;»«&nbsp;The Chairman Of The Board&nbsp;» ou «&nbsp;Ol’Blue Eyes&nbsp;»&nbsp;: Sinatra ne manque guère de surnoms aux consonances variées qui reflète les différents visages de cette nature aussi charismatique que complexe. Ces surnoms émergent au fil des pages de <em>Frank Sinatra&nbsp;: Une mythologie américaine </em>tandis que le lecteur se perd avec délice et consternation dans ce labyrinthe en clair-obscur. Qui était Sinatra&nbsp;? Docteur Sinatra or Mr Frank Hyde&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Docteur Sinatra&nbsp;?</strong></h2>



<p>Il y a bien sûr son côté lumineux, d’autant plus touchant que <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Frank_Sinatra" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sinatra</a> resta souvent discret sur ces facettes de sa personnalité. Et là, on a le choix.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>L’interprète emblématique d’une somme de succès internationaux</strong> devenus des standards de la pop culture, des morceaux que chacun.e d’entre nous connaissent, ont forcément entendus, marqués par cette voix unique en son genre, forte et puissante à la fois, chargée d’émotion et de conviction, où «&nbsp;My Way&nbsp;» et «&nbsp;All of Nothing at All&nbsp;» côtoient «&nbsp;Fly me to the Moon&nbsp;» et «&nbsp;New York New York&nbsp;»pour s’imposer comme les joyaux de cette couronne de chansons sidérantes de précision&nbsp;?</li>



<li><strong>Un bourreau de travail, extrêmement productif</strong> (plus de 2000 chansons, 68 albums, 150 millions de disques vendus) enchaînant les séances d’enregistrement, les concerts, les tournages sur un rythme frénétique jusqu’à l’épuisement complet, au burn-out ; un fin connaisseur de la musique, qu’il s’agisse du classique, du jazz, du swing, de la pop, de la bossa, qui revendique ces influences multiples depuis les grands compositeurs lyriques comme Puccini ou la musique cubaine, voire la chanson française jusqu’à Stan Getz en passant par Billie Holiday, dont il suivra scrupuleusement les conseils recueillis lors des tournées de sa jeunesse ?</li>



<li><strong>Une </strong><strong>idole</strong><strong>, véritable rock star avant l’heure</strong>, adulée jusqu’à la frénésie par des fans survolté.es qui multiplient les émeutes à l’entrée des salles où le chanteur se produit, surfant sur les frustrations sexuelles d’un auditoire adolescent affirmant son individualité, revendiquant le droit à la liberté&nbsp;et à la reconnaissance&nbsp;?</li>



<li><strong>Un homme d’affaires enflammé et énergique</strong>, multipliant les entreprises, restaurant, casino, hôtel, maison de production, fondant ainsi une fortune colossale ?</li>



<li><strong>U</strong><strong>n </strong><strong>autodidacte complexé</strong> par son manque d’éducation qui dévore les bouquins sur tous les sujets, apprend en observant ses partenaires (Gene Kelly, entre autres, qui lui apprendra à jouer et à danser) et se met à la peinture pour se défouler&nbsp;?</li>



<li><strong>Un homme de cœur et de convictions</strong>, tolérant et ouvert, luttant contre le racisme (fier de ses origines italiennes, il aura le courage, l’audace même, de conserver son nom en dépit du mérpis qu’il suscite), l’anti-sémitisme, le maccarthysme, travaillant d’arrache-pied pour lever des fonds afin d’aider les orphelins, s’impliquant dans la lutte pour les droits civiques, faisant le forcing pour faire engager Sammy Davis Junior qu’il a pris sous son aile et qu’il veillera comme un père après son accident de voiture, n’hésitant pas à sortir son carnet de chèques pour aider des amis dans le besoin, payant les dettes de l’un, les soins de l’autre ?</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>M. Frank Hyde ?</strong></h2>



<p>Et puis il y a l’autre facette de ce Janus bifrons, plus sombre, plus dangereuse aussi, son côté bad boy assumé/ artiste maudit&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Le freak control </strong><strong>avide de</strong><strong> tout diriger</strong>, tout régimenter, le centre de toutes les attentions, impérial et exigeant, paranoïaque et agressif, qui vire sans pitié ceux qui ont failli, même ses amis les plus proches, les plus anciens, les plus fidèles&nbsp;?</li>



<li><strong>L’amant volage, inconstant, malheureux et jaloux</strong>, incapable de vivre en couple bien longtemps, possessif néanmoins, séducteur impénitent, ivre de relations orageuses (son idylle tempétueuse avec Ava Gardner le plongera dans une profonde dépression, dont il ne se remettra jamais tout à fait) et de conquêtes enflammées qu’il plaque sans beaucoup d’élégance (Lauren Bacall enter autres), à moins qu’il s’agisse juste d’un coup d’un soir ?</li>



<li><strong>Le fêtard alcoolique, le voyou brutal prêt à faire le coup de poing, le proche de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Mafia" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mafia</a></strong>, qui insulte et menace ceux qui lui manquent de respect ou lui font barrage, fait assaut de plaisanteries sexistes aux côtés de ses potes du Rat Pack sur les scènes des casinos de Las Vegas dont il façonne la légende, le suspect surveillé par le FBI qui possède sur lui un dossier conséquent ?</li>



<li><strong>L’ambitieux politique</strong> qui navigue dans le sillage des <a href="https://www.theartchemists.com/?s=kennedy" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Kennedy</a> avant de rallier Nixon, affamé de reconnaissances officielles et d’honneurs ?</li>
</ul>



<p>Alimenté par ces courants contraires, le portrait de ce self made man made in America d’une volonté hors normes et d’un caractère affirmé, surfe jusqu’au faîte de la gloire avant de tomber au plus profond des abysses… pour gravir de nouveau le panthéon des gloires nationales avant de devenir un mythe international.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>S’ériger en référence absolue</strong></h2>



<p>C’est que la success story de Frank Sinatra est émaillée d’obstacles nombreux que cet artiste passionné franchit toujours avec une force morale qui force le respect ; se nourrissant de ces émotions intenses, le chanteur les insuffle dans son interprétation des chansons qu’il s&rsquo;approprie comme un reflet de son errance d’homme. Il colle aux textes qu’il interprète, les paroles qu’il choisit de chanter font écho son mode de vie, son manque affectif, sa quête perpétuelle et malheureuse de l’amour parfait, sa vision de l’existence comme une poursuite du plaisir immédiat, la fuite devant la mort. Expert du sujet, Jezo-Vannier apporte ainsi une analyse très précise des titres, des textes, des manières de chanter qui jalonne ce parcours hors normes.</p>



<p>On apprend ainsi que Sinatra fut le premier à initier le concept d’album, qui n’existait pas dans les années 40 ; des trouvailles, des tentatives, des expériences artistiques, il en compte des dizaines qui font de lui un précurseur, mais aussi une véritable anguille artistique, capable de passer les époques pour s’imposer comme une référence absolue, en dehors des modes. L’auteur multiplie les anecdotes sur les enregistrements, la méthodologie du chanteur, son travail récurrent pour réinventer les chansons de son répertoire, leur donner des couleurs différentes au fil du temps. Ses partenariats avec différents arrangeurs et paroliers, ses collaborations avec d’autres artistes, on découvre en filigrane comme fonctionnait l’industrie musicale dans les années 30, comment elle a progressivement évolué au fil des décennies.</p>



<p>En quelque 500 pages, <em><a href="https://lemotetlereste.com/musiques/franksinatra/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Frank Sinatra : Une mythologie américaine</a></em> propose une vision panoramique ET d’un destin de chanteur unique en son genre, ET d’une mutation profonde de l’industrie musicale où ce dernier évolue, ET du pays dans lequel cet artiste s’enracine. Car il est impossible de dissocier ces trois facettes, elles sont inéluctablement liées. Qu’on le veuille ou non, Sinatra demeure le visage de l’Amérique de la seconde moitié du XXe siècle, tout en réalisant le tour de force de s’imposer comme un artiste universel. Ce que la biographie de Jezo-Vannier met aussi en évidence de manière flagrante.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>


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			</item>
		<item>
		<title>Black Bird : infiltration à haut risque et terreur poisseuse</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-black-bird/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 16:19:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=35868</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans la série « je cherche une très bonne série à bingwatcher », je demande Black Bird. Un thriller comme il se doit, un tueur en série bien évidemment, un petit côté « true crime » sinon ce n’est pas drôle et une traque palpitante entre quatre murs, ceux d’une cellule. Devenir pote avec un tueur en série Le pitch est on ne peu plus simple : James Keene avait un avenir de sportif à...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/04/Devenez-un-pro-du-design-en-quel21.jpg" alt="" class="wp-image-35869" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/04/Devenez-un-pro-du-design-en-quel21.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/04/Devenez-un-pro-du-design-en-quel21-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/04/Devenez-un-pro-du-design-en-quel21-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Dans la série « je cherche une très bonne série à bingwatcher », je demande <em>Black Bird</em>. Un thriller comme il se doit, un tueur en série bien évidemment, un petit côté « true crime » sinon ce n’est pas drôle et une traque palpitante entre quatre murs, ceux d’une cellule.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Black Bird — Official Trailer | Apple TV+" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/aH1FOkJys3Y?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Devenir pote avec un tueur en série</h2>



<p>Le pitch est on ne peu plus simple : James Keene avait un avenir de sportif à succès tout tracé, mais il a préféré s’enrichir via la came. Et il se fait chopper. Et il se retrouve en taule. Jusque-là, rien de très émoustillant. Sauf que James a un atout, il est cool, sympa, il sait se faire accepter de ses collègues prisonniers. Du coup, le FBI lui propose un deal : devenir pote avec <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Larry_Hall_(suspected_serial_killer)" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lawrence « Larry » Hall</a> afin d’obtenir sa confession. Dit comme ça, ça semble tout facile sauf que :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Lawrence «&nbsp;Larry&nbsp;» Hall est suspecté d’avoir assassiné une dizaine de jeunes filles&nbsp;;</li>



<li>sans preuve ni aveu, il va ressortir et recommencer à tuer, et sa sortie est imminente&nbsp;;</li>



<li>il est bien plus rusé qu’il y paraît, manipulateur, parlant par énigme&nbsp;;</li>



<li>il sait se faire apprécier de ses compagnons de cellule comme de ses gardiens&nbsp;;</li>



<li>il est enfermé dans une des prisons les plus dangereuses des USA.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;Se challenger&nbsp;»</h2>



<p>Et donc James Keene est sélectionné pour s’infiltrer dans l’environnement particulièrement implosif de Hall, sympathiser avec lui et obtenir des informations sur les meurtres qu’il aurait commis. Et James Keene va accepter d’y aller, même s&rsquo;il sait qu’il va pénétrer un véritable enfer et qu’il risque fort d’y rester. Mais il n’a finalement pas le choix car :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>il doit subvenir aux besoins d’un père rongé de maladie et un brin profiteur,</li>



<li>il a atteint une limite en découvrant sur les photos de la seule scène de crime qu’on ait découverte l’horreur subie par une petite fille.</li>
</ul>



<p>Et puis même s’il ne veut pas l’admettre, James Keen est joueur, un chouia borderline, il aime les défis impossibles, «&nbsp;se challenger&nbsp;» comme on dit. Va-t-il réussir à faire parler Larry Hall&nbsp;? Va-t-il réussir à obtenir des révélations, quelques indications, à peine des indices, le moindre petit signe qui fasse le lien avec Hall et ces cadavres de fillettes affreusement abusées et mises à mort de façon abjecte&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Taron Egerton vs Paul Walter Hauser</h2>



<p>A partir de là, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dennis_Lehane" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Dennis Lehane</a> (à qui l’on doit par ailleurs <a href="https://www.theartchemists.com/boutique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Mystic River</em>, <em>Gone Baby Gone</em>, <em>Shutter Island</em></a>, qu’il adaptera pour l’écran) façonne six épisodes d’une rare intensité, où il raconte par le menu cette histoire insensée mais on ne peut réelle puisqu’inspirée du roman autobiographique <em>In with the Devil : a Fallen Hero, a Serial Killer, and a Dangerous Bargain for Redemption</em> (<em><a href="https://www.theartchemists.com/boutique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Avec le diable</a></em> en français) de James Keene et Hillel Levin. Outre l’apparition du regretté Ray Liotta qui incarne le rôle du père malade, la série repose sur un binôme d’acteurs assez incroyables :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>après <em>Kingsman</em> et <em>Rocketman</em>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Taron_Egerton" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Taron Egerton</a> modèle un James Keene tout en muscles, en nerfs et en intellect, qui perd progressivement le contrôle de son destin au fur et à mesure qu’il s’approche de la révélation ;</li>



<li>face à lui, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Walter_Hauser" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Paul Walter Hauser</a>, aperçu dans <em><a href="https://www.theartchemists.com/i-tonya-gervaise-on-ice/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Moi, Tonya</a></em> et <em>Le Cas Richard Jewell</em> pose un Larry Hall hypnotique, impénétrable, rusé, manipulateur. Son interprétation est proprement saisissante, confirmant le talent de cet acteur virtuose.</li>
</ul>



<p>L’ensemble se visionne avec un sentiment de malaise croissant, une sensation de terreur poisseuse qui s’installe au fur et à mesure qu’on découvre les aspérités d’un univers carcéral odieux, où la marge de manœuvre du héros est réduite face à un tueur machiavélique. Peut-on devenir ami avec un serial killer ? Que risque-t-on à trahir la confiance de ce type de profil ? La série joue aussi sur cette ambiguïté particulièrement malsaine, Keene étant piégé entre son effroi et sa compation. C&rsquo;est aussi là que réside tout l&rsquo;intérêt de cette excellente série, filmée avec maestria et un sens de la concision percutant.</p>
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		<title>Waco : de la série aux documentaires, récits d&#8217;un fiasco</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/waco-serie-documentaires/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Mar 2023 17:36:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Produite par la chaîne câblée Paramount Network, la mini-série Waco a été écrite par les frères Dowdle. Au cœur de leur démarche, la volonté de comprendre ce qui s’est réellement passé durant les cinquante-et-un jours de siège qui opposèrent David Koresh et ses davidiens aux forces du FBI. Ce bras de fer se termina dans le gigantesque incendie qui ravagea le complexe, sans que personne puisse intervenir. On n’avait pas...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/waco.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/waco.jpg" alt="" class="wp-image-30521" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/waco.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/waco-188x188.jpg 188w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/waco-288x288.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/waco-494x494.jpg 494w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/waco-70x70.jpg 70w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/waco-100x100.jpg 100w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Produite par l<span style="color: #000000;">a chaîne câblée <a href="https://www.paramountchannel.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Paramount Network</a></span>,<span style="color: #000000;"> la mini-série <i>Waco</i> a été écrite par les frères Dowdle. Au cœur de leur démarche, la volonté de comprendre ce qui s’est réellement passé durant les cinquante-et-un jours de siège qui opposèrent David Koresh et ses davidiens aux forces du FBI. Ce bras de fer se termina dans le gigantesque incendie qui ravagea le complexe, sans que personne puisse intervenir.</span></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="‘WACO’ Official NEW Series First Look Starring Michael Shannon &amp; Taylor Kitsch | Paramount Network" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/2VXWgIOPgmw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;">On n’avait pas vécu aussi brutal depuis la guerre de Sécession</span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Ce fait divers survenu en 1993 a captivé les médias du monde entier. Tout commence par une fusillade particulièrement violente et meurtrière (presque deux heures d’échange de tirs, on n’avait pas vécu aussi brutal depuis la guerre de Sécession) entre les membres de la secte retranchés dans leur ferme et les forces de l’ATF venues perquisitionner pour découvrir des caches d’armes automatiques trafiquées. Suivront cinquante jours de négociations, de pressions, de menaces pour déloger Koresh et ses adeptes.</span></p>



<p>S<span style="color: #000000;">ans succès. Le 19 avril 1993, le FBI lance l’assaut, balançant du gaz lacrymogène en différents points du complexe afin d’en extraire les habitants par la force. La structure va prendre feu presque instantanément, se transformant en torche. Il faudra une semaine pour enfin retourner les décombres et découvrir les corps de quatre-vingt-deux personnes carbonisées, dont vingt-et-un enfants, et les restes de Koresh, visiblement abattu d’une balle dans la tête par son second qui s</span>&lsquo;<span style="color: #000000;">e</span>st<span style="color: #000000;"> suicidé dans la foulée.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une vision un peu trop angélique</h2>



<p><span style="color: #000000;">Un fiasco donc, suivi en direct via les écrans de télé par une population médusée. Et une infinité de questions : à qui la faute ? Qui a tiré en premier ce jour de perquisition ? Qui a mis le feu aux bâtiments ? Et en filigrane, cette interrogation : ces davidiens étaient-ils si dangereux ? En voulant les priver de leurs armes, les autorités n’ont-elles finalement pas agressé ces gens qui cherchaient juste à vivre leur foi, tranquillement, en autarcie ? C’est là justement que les six épisodes de <i>Waco</i> touchent une limite.</span></p>



<p>E<span style="color: #000000;">t pas de la manière la plus subtile qui soit. Très bien réalisés d’un point de vue narratif, ils ont un peu tendance à présenter les davidiens sous un œil angélique et les membres du FBI comme des bourrins sans cervelle, qui foncent avant de dialoguer. Construit sur les récits contradictoires des différents survivants de cette tragédie, anciens membres de la secte, négociateurs, policiers, le scénario a effectivement tendance à jouer la carte du manichéisme, revêtant Koresh, fiévreusement interprété par Taylor Kitsch, d’une aura d’illuminé.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;">Un gourou à la Jim Jones</span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Dans l’absolu, pourquoi pas ? Sauf que le visionnage de la série alimente son lot de théories complotistes, de réactions indignées, de dénonciation du gouvernement et j’en passe, positionnant Koresh comme une sorte d’anti-héros… ce que ce triste individu n’était pas, bien au contraire, et il convient de le rappeler énergiquement. Ayant pris la direction des davidiens après avoir séduit leur leader, une femme âgée, puis écarté son fils au terme d’une fusillade (eh oui, déjà), Koresh tenait ses troupes d’une main de fer, les soumettant à des interdits sexuels et alimentaires dignes du Moyen Âge.</span></p>



<p>S<span style="color: #000000;">e réservant les femmes qui lui plaisaient pour reproduire sa propre lignée de prophètes et d’enfants divins, couchant avec des mineures parfois très jeunes (12 ans), cassant les couples, il imposait à ses adeptes des prêches parfois longs de quinze heures sans possibilités de pause ou de sommeil, s’octroyait tous les droits en tant que nouveau Christ. Un gourou à la Jim Jones donc, qui en plus, reprenait en boucle l’idée d’une fin du monde imminente, que seuls les élus pourraient affronter le flingue à la main, en s’opposant aux babyloniens, représentant l’extérieur corrompu et maléfique.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une véritable poudrière</h2>



<p><span style="color: #000000;">Sans compter des adeptes complètement téléguidés, surentraînés au maniement des armes, y compris les enfants déscolarisés, dotés d’un arsenal bien fourni. Bref, une poudrière de plus à gérer, en pleine administration Clinton, où les groupes anti-gouvernementaux fleurissaient comme champignons sous la pluie. De cela, la série traite à peine, abordant uniquement la crise de Ruby Ridge, alors que le problème de l’extrême droite ultra-religieuse était vraiment central à l’époque et un souci énorme pour les autorités. </span></p>



<p><span style="color: #000000;">La série par ailleurs édulcore l’ambiance qui régnait dans la secte elle-même, que relatent d’anciens adeptes qui ont préféré fuir avant la catastrophe, notamment ceux qui ont refusé la séparation des couples, un jour imposé par un Koresh désireux d’appliquer la parole divine que lui insufflait son Créateur. Des fidèles complètement sous influence d’un côté, de l’autre un gourou dont le passé est flou. Là aussi, il aurait fallu mettre de l’ordre. Également préciser les combats en interne pour la direction des services du FBI, la menace sur l’ATF qui risquait d’être démantelé. Bref, il y en a des manques, qui justifient pleinement d’aller se renseigner ailleurs pour avoir une vision plus juste des choses.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;">Une blessure dans les mémoires américaines</span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Si les récits en français ne sont pas légion, on dispose de plusieurs documentaires américains relativement précis qui échappent à la dérive complotiste. <i>Witness to Waco</i>, <i>Truth and lies : Waco, Waco : The inside story </i>proposent une approche sérieuse, mesurée, objective, avec une prise de recul, une analyse pointue des profils psychologiques, des forces en place, bref de quoi compenser les lacunes de la série TV. Il faut croire du reste que la chaîne en avait conscience, puisque Paramount Network, en parallèle de <i>Waco</i>, a développé six petits documentaires, <em>Revelations of Waco</em>, dans lesquels elle évoque les points litigieux du scénario. Cela pose question : en effet, Waco demeure une véritable blessure dans les mémoires américaines, qui touche à la liberté de culte (qui ne fonctionne pas là-bas comme chez nous) et au droit de posséder des armes. </span></p>



<p><span style="color: #000000;">Il faut impérativement intégrer ces particularités culturelles si on veut aborder l’affaire Waco avec un regard plus clair, et sans partir tête baissée dans l’émotionnel.</span> <span style="color: #000000;">Et ne pas oublier, ce qui n’est nullement spécifié dans la série, que ce drame va en engendrer un autre : l’attentat d’Oklahoma City sera orchestré en réponse à l’incendie de Waco par un Timothy McVeigh très secoué par ce qu’il avait vu (il s’était même rendu à Mont Carmel pour voir ce qu’il s’y passait). Alors que le débat sur la vente d’armes n&rsquo;en finit plus de faire rage aux USA, où les groupuscules d’extrême droite pullulent, le fiasco de Waco doit rester dans les mémoires, comme une des pires dérives en la matière. Si cette secte ne s’était pas armée comme elle l’a fait, si elle n’avait pas mis en avant ses idéaux apocalyptiques, rien ne serait arrivé. Ce qui interdit toute licence poétique, toute liberté avec la vérité. Et doit impérativement être médité.</span></p>
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		<title>The Offer ou comment fut créé « Le Parrain »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-the-offer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Feb 2023 11:23:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vous êtes en panne de séries de qualité ? Vous adorez le cinéma ? Le Parrain fait partie de vos films cultes ? Arrêtez tout et visionnez le trépidant The Offer, ou comment est né le mythique The Godfather. Et cela vaut largement son pesant de cacahuètes, à moins que vous ne préfériez le popcorn. Un bordel dantesque En dix épisodes taillés à la serpe, Michael Tolkin (journaliste à qui l’on doit par...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel1.png" alt="" class="wp-image-35738" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel1.png 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel1-288x230.png 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel1-494x395.png 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<p>Vous êtes en panne de séries de qualité ? Vous adorez le cinéma ? <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-the-offer/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Parrain</a></em> fait partie de vos films cultes ? Arrêtez tout et visionnez le trépidant <em>The Offer</em>, ou comment est né le mythique <em>The Godfather</em>. Et cela vaut largement son pesant de cacahuètes, à moins que vous ne préfériez le popcorn.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="The Offer | Bande-annonce officielle - Paramount+" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/MMq7Jcx5Bc0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un bordel dantesque</h2>



<p>En dix épisodes taillés à la serpe, Michael Tolkin (journaliste à qui l’on doit par ailleurs le scénario de <em>The Player</em>, film de Robert Altman adapté de son propre roman) raconte par le menu la genèse du film le meilleur de tous les temps, si l’on en croit sa persistance en tête des classements effectués année après année. On pourrait croire la chose ennuyeuse, que nenni&nbsp;! Le premier opus de la saga Corleone a bien failli ne jamais voir le jour. Sa création ne fut pas un long fleuve tranquille, loin de là.</p>



<p>Pour tout dire, ce fut même un véritable merdier, avec un lot incroyable de péripéties et de rebondissements, entre frilosité des investisseurs, menaces mafieuses, surveillance du FBI, tentatives de meurtres, exigences du réalisateur, coupes budgétaires, producteurs partant en sucette, ingérence de gangsters… bref un bordel dantesque&nbsp;! Et un processus créatif frénétique révélateur de l’ambiance régnant dans les studios à l’heure du Nouvel <a href="https://www.theartchemists.com/?s=hollywood" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Hollywood</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une véritable Renaissance</h2>



<p>Nous sommes au début des années 70 et la Mecque du cinéma va connaître un formidable coup de Sirroco artistique avec l’accouchement de films cultes comme <em>Love Story</em> ou <em>Chinatown</em>, la mise en avant de réalisateurs et d’acteurs de talent (Al Pacino, Robert de Niro, Burt Reynolds…), une nouvelle approche de la narration, des thématiques inédites, des scénarios décapants… Bref une véritable Renaissance.</p>



<p>Une Renaissance que des producteurs visionnaires vont porter à bout de bras, prenant des risques incensés, ne lâchant pas un pouce de terrain face à l’adversité, contournant les obstacles avec machiavélisme pour faire naître ces projets dans lesquels ils ont une foi totale. Albert S. Ruddy fait partie de cette race de conquérants, dont les souvenirs alimentent cette geste moderne particulièrement prenante.</p>



<p><strong>À lire également :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/hollywood-coup-pied-fourmiliere-cinema/">Hollywood : et si on foutait un coup de pied dans la fourmilière du cinéma ?</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-babylon/"><strong>Babylon&nbsp;: le cinéma, riche d’opportunités et de mises à mort</strong></a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/livre-mafia-hollywood/">La Mafia à Hollywood&nbsp;: James Ellroy avait raison&nbsp;!</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Défendre une certaine idée du cinéma</h2>



<p>Interprété par Miles Teller, Albert S. Ruddy est celui par lequel le miracle arrive. A la fois chef d’orchestre, régisseur, homme de main, diplomate, manipulateur, loyal par ailleurs, au film qu’il défend, au réalisateur qu’il a choisi, à l’équipe qui l’accompagne. Quitte à risquer sa carrière. Idem pour Robert Evans (Matthew Goode), producteur pour la Paramount Pictures, qui est aussi à l’origine de cette série. Une manière de remémorer ses grandes heures et de défendre une certaine idée du cinéma, à l’heure du tout Netflix&nbsp;?</p>



<p>Servie par un casting éclatant, <em>The Offer </em>détaille certes les différentes étapes de la création d’un film, depuis le choix d’un sujet jusqu’à la création de l’affiche&nbsp;; mais il s’agit par ailleurs de mettre en avant ce qui différencie un film lambda d’un mythe, avec en prime une analyse stylistique du long-métrage de Coppola (excellent Dan Fogler), avec le plein de références à Caravage, Shakespeare, les Atrides, le travail des ombres et des lumières, l’importance d’une approche naturaliste (les scènes de cuisine)&#8230;</p>



<p>Il y a tant à dire sur cette série, trop même. Le mieux est de la regarder. Puis de revoir <em>Le Parrain</em> après, vous n’y échapperez pas, tant les anecdotes pullulent qui donnent envie de revisionner ce chef-d&rsquo;œuvre pour en scruter les moindres détails et en comprendre la véritable portée, l’impressionnante esthétique.</p>
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		<item>
		<title>Les Fils de Sam : histoire d’une conviction obsessionnelle</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/documentaire-fils-de-sam/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Oct 2021 15:37:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Décembre 1975 – août 1977 : durant presque deux ans, David Berkowitz fait trembler New-York en assassinant des jeunes couples à coups de calibre 44. Il commente ses crimes au fil de lettres aussi énigmatiques qu’effrayantes adressées à la presse. Insistant sur le fait qu’il est téléguidé par le démon caché dans le corps du chien noir de son voisin, il en profite pour se baptiser The Son of Sam,...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/3368274_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34318 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/3368274_opt.jpg" alt="affiche de la série documentaire The Sons of Sam" width="405" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/3368274_opt.jpg 405w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/3368274_opt-194x288.jpg 194w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/3368274_opt-333x494.jpg 333w" sizes="auto, (max-width: 405px) 100vw, 405px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Décembre 1975 – août 1977 : durant presque deux ans, David Berkowitz fait trembler New-York en assassinant des jeunes couples à coups de calibre 44. Il commente ses crimes au fil de lettres aussi énigmatiques qu’effrayantes adressées à la presse. Insistant sur le fait qu’il est téléguidé par le démon caché dans le corps du chien noir de son voisin, il en profite pour se baptiser The Son of Sam, le Fils de Sam, à grand renfort de symboles pseudo-nécromants, entrant ainsi dans le panthéon des grands serial killers américains. À moins qu’il ait eu des complices ? C’est la théorie avancée dans la série documentaire <i>Les Fils de Sam</i>.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="The Sons of Sam: A Descent Into Darkness | Official Trailer | Netflix" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/ICFZ1wS8Fuc?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>La quête de Maury Terry</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Séquencé en quatre parties, ce feuilleton coup de poing, intitulé en anglais The <em>Sons of Sam: A Descent into darkness</em>, détaille par le menu la quête obsessionnelle du journaliste Maury Terry qui va consacrer sa vie à pourchasser les fils de Sam. Selon lui donc, Berkowitz n’aurait pas agi seul, mais en lien avec une secte satanique dont les membres auraient voulu orchestrer un climat de chaos précédant l’Apocalypse. Vaste programme donc, qui va amener le reporter à traverser les USA de part en part, afin de reconstituer le cheminement de Berkowitz et ses prétendus acolytes. À la clé, un best-seller intitulé <i>The ultimate evil</i> édité en 1989 qui sert de fil directeur au récit du réalisateur Joshua Zeman.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Une narration au rythme haché et hypnotique, bourré d’archives et d’extraits d’interviews, dont celui de Berkowitz lui-même, plusieurs années après les faits. Le tout diffusé par Netflix qui complète ainsi son catalogue de true crimes, avec un petit bémol toutefois. L’adjectif « true », « vrai » en français, demande à être clairement nuancé. C’est bien une lecture partisane des faits qui est proposée, jamais étayée par des preuves tangibles. Occultant des pans entiers de la vie et du profil psychologique de Berkowitz, <i>Fils de Sam</i> ne met en exergue que les éléments allant dans le sens d’un complot.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>À lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/fils-de-sam-vertigineux-tripant/" rel="bookmark">Fils de Sam : vertigineux et tripant</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Des zones d’ombre malsaines</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Il efface de fait le profil du tueur (le choc d’apprendre que sa mère naturelle était vivante et non pas morte en couches comme ses parents adoptifs le lui avaient fait croire, l’abandon traumatique du père, l’usage abusif du LSD, les antécédents de violence et tentatives d’homicides), passe à côté des analyses de profileurs effectuées au moment de la création du VICAP (le programme de détection mis en place par John Douglas et ses collègues du FBI, évoqué du reste dans <a href="https://www.theartchemists.com/mindhunter-2-in-every-dream-home-a-heartache/" target="_blank" rel="noopener"><i>Mindhunter</i></a>) pour se concentrer uniquement sur la version de Maury Terry. Version qui a le mérite de mettre en avant des zones d’ombre pour le moins malsaines.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><i>Sons of Sam</i> évoque avec justesse le vent de panique suscité par les meurtres, la psychose généralisée alimentée par des médias avides de scoops et de sensations, les failles de l’enquête policière consécutives au manque de moyens, d’effectifs et aux pressions politiques de la part du maire de New-York. Ajoutons à ce terreau déjà méphitique la prolifération de cultes sataniques au mitan des années 70, la mémoire des massacres perpétrés par les adeptes de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=charles+manson&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Charles Manson</a>. Le cocktail obtenu peut légitimement alimenter toutes les angoisses, accoucher des peurs les plus primales, encourager les analyses les plus scabreuses.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>À lire également :</strong></span><strong>  <a href="https://www.theartchemists.com/livres-john-douglas-origines-profilage/" rel="bookmark">De Mindhunter à John Douglas : les origines du profilage en trois ouvrages clés</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Manque de recul</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Si le documentaire est loin de convaincre quant à sa version des faits, il met en évidence la manière dont on peut rapidement verser dans une thèse complotiste, s’y accrocher, la défendre bec et ongles, quitte à y laisser sa réputation et sa santé. Maury Terry consumera son existence à la poursuite d’une vérité qu’il ne pourra jamais prouver de manière solide. Le passage où il rencontre un Berkowitz converti à l’évangélisme au fond de sa prison fait froid dans le dos : voulant à tout prix obtenir les aveux du meurtrier, le journaliste lui souffle des réponses que son interlocuteur, en manipulateur consommé, exploite immédiatement.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Aucun recul, aucune confrontation avec les preuves : une fois de plus, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=netflix&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a> mise sur le spectaculaire et l’émotionnel, au mépris de la vérité des faits pourtant retracée dans nombre de récits d’enquête, de livres de psychologie. À ce titre, le livre <a href="https://amzn.to/3jxkzUj" target="_blank" rel="noopener"><i>Fils de Sam</i></a> de Michael Mention était bien plus pertinent, parce qu’il assumait clairement sa part de fiction. Le documentaire <i>Fils de </i><i>S</i><i>am</i> est à aborder avec autant de précautions : ce n’est pas LA vérité (existe-t-elle seulement ?), mais la conviction d’un homme. Cette dernière aurait mérité d’être complétée, approfondie, vérifiée, voire contredite à partir d’éléments tangibles.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Vous pouvez visionner le documentaire <i>Fils de Sam</i> sur <a href="https://www.netflix.com/fr/title/81059887" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a>.</span></p>
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		<title>Elvis et Nixon : le roi et le président</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-elvis-nixon-roi-president/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Aug 2021 07:10:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le film Elvis et Nixon revient sur une anecdote aussi rocambolesque qu’exacte qui éclaire d’un jour particulièrement étonnant le rapport entre image et pouvoir. Visualisez d’un côté un président charismatique mais en perte de vitesse, de l’autre un dieu vivant du rock ; tout les oppose… en apparence. Pourtant, ils vont se rencontrer, dialoguer, s’entendre, se trouver des points communs, se servir mutuellement… et entretenir leur légende réciproquement. L’un, Richard Nixon,...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/09/Elvis_Nixon-e1475046284774.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="450" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/09/Elvis_Nixon-e1475046284774.jpg" alt="elvis_nixon" class="wp-image-27606"/></a></figure>



<p><span style="color: #000000;">Le film <i><a href="https://www.theartchemists.com/boutique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Elvis et Nixon</a></i> revient sur une anecdote aussi rocambolesque qu’exacte qui éclaire d’un jour particulièrement étonnant le rapport entre image et pouvoir. Visualisez d’un côté un président charismatique mais en perte de vitesse, de l’autre un dieu vivant du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=rock&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">rock</a> ; tout les oppose… en apparence. Pourtant, ils vont se rencontrer, dialoguer, s’entendre, se trouver des points communs, se servir mutuellement… et entretenir leur légende réciproquement. L’un, Richard Nixon, occupe le Bureau ovale et gère l’hyperpuissance américaine ; l’autre, Elvis Presley, est le King, le pilier fondateur du rock.</span></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Elvis &amp; Nixon - Bande Annonce Officielle 1 (VOST) - Kevin Spacey / Michael Shannon" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/GCJBWN2C2Oo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading"><strong><span style="color: #000000;">Une rencontre mythique</span></strong></h2>



<p><span style="color: #000000;">Initiée par ce dernier dans le but d’obtenir son badge d’agent du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=fbi&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">FBI</a> tout en servant son pays dans la lutte contre la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=drogue&amp;x=11&amp;y=10" target="_blank" rel="noopener">drogue</a> et le relâchement des mœurs (un comble quand on connaît son parcours et ses addictions), cette rencontre a vraiment eu lieu et reste mythique. On ne sait pas ce que les deux hommes se sont dit&nbsp;; il demeure une photo de leur poignée de main, sourire aux lèvres. La cinéaste Liza Johnson s’empare du sujet, s’inspirant des récits du conseiller de Nixon et de l’homme de confiance de Presley pour tisser cette fable succulente.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;">Des hommes seuls</span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Succulente car drôle et poignante à la fois. Lequel est le plus puissant de la star ou du politique ? Lequel a le plus de volonté, d’impact ? De charisme ? De sensibilité ? Au final, ces deux hommes sont seuls, complètement. Et coupés des réalités quotidiennes, enclos dans les cocons de la célébrité, enfermés dans leurs personnalités décalées, jouant de l’affect, soufflant le chaud et le froid émotionnel. En choisissant Michael Shannon dans le rôle du King et Kevin Spacey pour Nixon, la réalisatrice créée un duo où c’est le rockeur qui mène la danse, embobinant un dirigeant finalement heureux de se laisser faire.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><span style="color: #000000;">L&rsquo;artiste ou le prince ?</span></strong></h2>



<p><span style="color: #000000;">Charmeur, sûr de lui dans son caprice, convaincu du bien fondé de sa démarche, un brin manipulateur et remarquablement psychologue, Elvis s’impose dans le bureau ovale, plus certainement que s’il avait été élu. Sa force ? Son aura auprès des femmes, des hommes, du monde. Sa réputation le précède, ouvre les portes devant lui, jusqu’au cœur du pouvoir, qui d’un coup semble bien inconsistant devant tant d’aisance et de faconde. Est-ce à dire que l’artiste toujours dépassera le prince ? L’idée n’est pas nouvelle, mais dans ce contexte, elle est délicieuse et donne à voir autrement deux personnages historiques piégés par une image qu’il était temps de dépoussiérer.</span></p>
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