﻿<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>comédie française</title>
	<atom:link href="https://www.theartchemists.com/search/com%C3%A9die+fran%C3%A7aise/feed/rss2/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.theartchemists.com/</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Tue, 20 Jan 2026 16:17:34 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9</generator>
	<item>
		<title>Comédie française : Voyages dans l’antichambre du pouvoir : une immersion humoristique au cœur de l’Élysée</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/comedie-francaise-bd/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Benjamin Getenet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Sep 2025 09:35:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38333</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié en 2017 chez Dargaud, Comédie française : Voyages dans l&#8217;antichambre du pouvoir de Mathieu Sapin plonge le lecteur dans les coulisses du pouvoir politique français, à l’époque du mandat de François Hollande. Fort de son talent de dessinateur-reporter, Sapin livre ici une bande dessinée originale et décalée, à la croisée du journalisme et de l&#8217;humour, offrant un accès inédit aux rouages de la présidence française. Un quinquennat au quotidien Mathieu Sapin cultive depuis...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/comedie-francaise-bd/">Comédie française : Voyages dans l’antichambre du pouvoir : une immersion humoristique au cœur de l’Élysée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="442" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-Comedie-francaise.jpg" alt="couverture de la BD Comédie française de Mathieu Sapin" class="wp-image-38334" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-Comedie-francaise.jpg 442w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-Comedie-francaise-212x288.jpg 212w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-Comedie-francaise-364x494.jpg 364w" sizes="(max-width: 442px) 100vw, 442px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Publié en 2017 chez <a href="https://www.dargaud.com/">Dargaud</a>, <em>Comédie française : Voyages dans l&rsquo;antichambre du pouvoir</em> de <a href="https://www.instagram.com/mathsap/?hl=fr">Mathieu Sapin</a> plonge le lecteur dans les coulisses du pouvoir politique français, à l’époque du mandat de François Hollande. Fort de son talent de dessinateur-reporter, Sapin livre ici une bande dessinée originale et décalée, à la croisée du journalisme et de l&rsquo;humour, offrant un accès inédit aux rouages de la présidence française.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un quinquennat au quotidien</strong></h2>



<p>Mathieu Sapin cultive depuis longtemps un intérêt marqué pour les territoires délicats, ceux qu’on préfère habituellement laisser hors champ. Avec son trait faussement naïf et son regard curieux, il s’aventure là où peu de dessinateurs osent aller : les confidences feutrées, les conversations privées, les figures controversées. C’est ce qui l’a conduit par exemple à évoquer le parcours de <a href="https://www.theartchemists.com/livres-predation/">Gérard Depardieu</a> avec <em>Gérard. Cinq années dans les pattes de Depardieu</em> (2017) ou la vie d’un quotidien régional avec <em>Feuille de chou</em> (2010).</p>



<p>Rien d’étonnant donc à ce qu’il s’intéresse aux sujets politiques, auxquels il a consacré nombre d’ouvrages. Il s’est ainsi fait remarquer avec <em>Campagne présidentielle</em> (2012), qui relate la campagne de François Hollande ou <em>Le Château</em> (2015), où il suit le quotidien de l’Élysée. Avec <em>Comédie française : Voyages dans l&rsquo;antichambre du pouvoir, </em>le dessinateur passe au crible tout le quinquennat de Hollande et de son équipe qu’il documente au jour le jour, évoquant aussi bien les événements diplomatiques majeurs que les réunions de cabinet.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Entre journalisme et bande dessinée</strong></h2>



<p>De fait, <em>Comédie française</em> est conçu comme un véritable reportage graphique. À travers ses dessins et dialogues, Mathieu Sapin dévoile le visage invisible du pouvoir, les dessous de la cuisine politique, autant de détails ignorés du grand public. L’Élysée apparaît au fil des pages comme un lieu de tension constante, où les décisions importantes se prennent dans l’urgence, où les situations décalées, voire cocasse sont nombreuses.</p>



<p>Sapin se met lui-même en scène dans l’ouvrage, avec beaucoup d’autodérision. En observateur privilégié, il incarne le regard du citoyen curieux qui se faufile dans les recoins du pouvoir, souvent impressionné, parfois amusé ou perdu face à la complexité de l’appareil politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un humour décalé au service de la politique</strong></h2>



<p>L&rsquo;une des forces de <em>Comédie française</em> demeure son ton léger et humoristique. Mathieu Sapin traite de sujets sérieux – la diplomatie, la gestion de crise, les relations internationales – avec un recul amusé, permettant ainsi de rendre l’univers politique accessible. Il n&rsquo;hésite pas à pointer les absurdités du quotidien à l’Élysée ou à souligner les moments de tension avec un humour subtil.</p>



<p>Cet humour rend l&rsquo;ouvrage particulièrement accessible à ceux qui ne sont pas familiers avec les méandres de la politique française. Sapin parvient ainsi à démystifier l’Élysée et ses acteurs, les humanisant tout en exposant l’ampleur de leurs responsabilités.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une critique douce-amère de la politique contemporaine</strong></h2>



<p>Si l&rsquo;humour et la légèreté sont omniprésents, <em>Comédie française</em> n’en demeure pas moins une critique réfléchie du pouvoir contemporain. Derrière les scènes légères, Sapin montre aussi la solitude du pouvoir, les pressions et les compromis inévitables. François Hollande, qui au départ semble souvent détendu et proche, apparaît progressivement comme un homme marqué par les exigences et les difficultés de la présidence.</p>



<p>L’ouvrage souligne également les limites d’un système politique parfois rigide, où l’image publique et la gestion des crises priment souvent sur les convictions personnelles. À travers les yeux de Sapin, on perçoit la complexité des relations internationales, les négociations permanentes, et les interactions avec les autres figures politiques européennes et mondiales.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un regard unique sur le pouvoir français</strong></h2>



<p><em>Comédie française</em> se démarque par son approche singulière et innovante de la bande dessinée politique. Mathieu Sapin utilise le dessin pour offrir une lecture critique, mais jamais acerbe, des dynamiques de pouvoir. Son style graphique, simple et expressif, ajoute une touche d’authenticité au récit. Le lecteur est ainsi immergé dans un quotidien peu visible, entre comédie humaine et machinerie politique.</p>



<p>L&rsquo;ouvrage s&rsquo;inscrit dans la lignée d&rsquo;autres bandes dessinées politiques, telles que <em><a href="https://arenes.fr/livre/la-presidente/">La Présidente</a></em> de François Durpaire et Farid Boudjellal, mais adopte une approche plus intime et personnelle. Sapin ne cherche pas à dramatiser ou à politiser son récit, mais à observer et à comprendre, avec humour et bienveillance.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une approche inédite et humaine</strong></h2>



<p><em>Comédie française : Voyages dans l&rsquo;antichambre du pouvoir</em> est une œuvre incontournable pour ceux qui s&rsquo;intéressent à la politique française, mais aussi pour les amateurs de récits documentaires originaux. En alliant humour, reportage et bande dessinée, Mathieu Sapin offre un regard inédit sur les coulisses du pouvoir, tout en humanisant ses acteurs.</p>



<p>Loin d’une simple satire, cette&nbsp;BD&nbsp;propose une réflexion douce-amère sur la nature du pouvoir et ses réalités, tout en conservant un ton accessible et divertissant. Un voyage fascinant pour comprendre les rouages de l’Élysée et, au-delà, les défis auxquels sont confrontés les dirigeants politiques.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/comedie-francaise-bd/">Comédie française : Voyages dans l’antichambre du pouvoir : une immersion humoristique au cœur de l’Élysée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’affiche de cinéma : genèse, apogée et métamorphoses d’un art populaire</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/histoire-affiche-de-cinema-art-esthetique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Sep 2025 09:57:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38322</guid>

					<description><![CDATA[<p>Avant même que la pellicule ne se déroule, avant que les lumières de la salle ne s’éteignent, avant que le récit ne s’impose aux spectateurs, il y a une image. Non pas celle du film, mais celle qui l’annonce, qui le promet, qui le vend : l’affiche. Objet placardé sur les murs des villes, imprimé en grand format, exhibé à la porte des cinémas, l’affiche constitue la première rencontre avec...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/histoire-affiche-de-cinema-art-esthetique/">L’affiche de cinéma : genèse, apogée et métamorphoses d’un art populaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-affiches-de-cinema.jpg" alt="l'affiche de Métropolis" class="wp-image-38323" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-affiches-de-cinema.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-affiches-de-cinema-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-affiches-de-cinema-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Avant même que la pellicule ne se déroule, avant que les lumières de la salle ne s’éteignent, avant que le récit ne s’impose aux spectateurs, il y a une image. Non pas celle du film, mais celle qui l’annonce, qui le promet, qui le vend : l’affiche. </p>



<p>Objet placardé sur les murs des villes, imprimé en grand format, exhibé à la porte des cinémas, l’affiche constitue la première rencontre avec une œuvre cinématographique. Elle suscite l’attente, aiguise le désir, oriente l’imaginaire. Longtemps considérée comme un simple outil promotionnel, elle a pourtant acquis au fil des décennies une autonomie esthétique et culturelle qui lui vaut désormais d’être exposée dans les musées, étudiée par les historiens de l’art, et collectionnée à prix d’or.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Aux origines : l’héritage du spectacle forain et du théâtre</h2>



<p>L’affiche de cinéma naît en même temps que le cinématographe lui-même, à la fin du XIXᵉ siècle. Les frères Lumière, Georges Méliès et Léon Gaumont comprennent rapidement qu’il ne suffit pas de projeter des images en mouvement : il faut attirer le spectateur, l’arracher à son quotidien pour le convaincre d’entrer dans la salle obscure. </p>



<p>L’affiche reprend alors les codes du théâtre et des foires : typographies massives, couleurs vives, figures spectaculaires. Les lithographies d’époque montrent souvent des foules ébahies, des appareils fantastiques, ou des scènes exotiques. Ce n’est pas encore un art, mais déjà un langage : l’affiche traduit visuellement la promesse du cinéma, cette « attraction foraine » qui fascine les foules urbaines du début du siècle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la publicité à l’art graphique</h2>



<p>Très vite, les artistes investissent ce champ nouveau. L’Art nouveau, qui triomphe à la Belle Époque, marque les premières affiches cinématographiques : arabesques florales, visages féminins idéalisés, palette chatoyante. Puis viennent les avant-gardes : le constructivisme russe transforme radicalement le rapport texte-image, les diagonales dynamisent la composition, les couleurs franches exaltent la révolution culturelle du cinéma soviétique.</p>



<p>En France, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boris_Bilinsky">Boris Bilinsky</a> impose dans les années 1920 un style géométrique et puissant, tandis qu’aux États-Unis, les studios hollywoodiens mobilisent toute une industrie graphique destinée à standardiser l’image de leurs stars. L’affiche devient alors un champ d’expérimentation esthétique : on y retrouve l’influence du cubisme, du surréalisme, du fauvisme. Elle n’est plus seulement un outil de communication, elle est une forme artistique à part entière.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fabriquer une affiche : des pierres lithographiques au pixel numérique</h2>



<p>Comprendre l’affiche, c’est aussi s’intéresser à ses techniques de production. </p>



<ul class="wp-block-list">
<li>À l’origine, on recourt à la lithographie : dessins tracés sur pierre, encres grasses, impressions en plusieurs passages. Ces contraintes déterminent la composition : aplats de couleur, contours nets, simplification des formes.</li>



<li>Au milieu du XXᵉ siècle, l’offset et la sérigraphie permettent des tirages massifs, des dégradés plus subtils, des couleurs plus nombreuses. L’affiche devient une industrie. Les imprimeurs, souvent invisibles, jouent un rôle crucial dans la diffusion de l’esthétique cinématographique.</li>



<li>Aujourd’hui, le numérique règne : Photoshop et Illustrator produisent des images hyper-réalistes, multipliant les personnages, superposant les effets spéciaux. Si la puissance visuelle y gagne, l’uniformisation menace : blockbusters et franchises recyclent des codes graphiques devenus stéréotypés — visages alignés, explosions en arrière-plan, titres en lettres métalliques.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">L’affiche comme arme de séduction massive</h2>



<p>Au-delà de l’art, l’affiche demeure un outil stratégique. Elle doit séduire en une seconde, intriguer, provoquer l’achat du billet. Les codes varient selon les genres :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>L’horreur affectionne les contrastes rouges et noirs, les visages déformés, les silhouettes menaçantes.</li>



<li>La comédie privilégie des couleurs vives, des attitudes exagérées.</li>



<li>Le blockbuster aligne ses héros dans une composition pyramidale.</li>
</ul>



<p>Mais l’affiche est aussi un outil politique : elle peut censurer, édulcorer, ou au contraire provoquer. Certaines affiches étrangères modifient le ton d’un film pour correspondre aux sensibilités locales, créant ainsi une pluralité d’images pour une même œuvre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Devenir culte : quand l’affiche dépasse le film</h2>



<p>Certaines affiches survivent à leurs films, les transcendent, deviennent des icônes culturelles indépendantes :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Metropolis </em>(1927) : l’affiche expressionniste de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Heinz_Schulz-Neudamm">Heinz Schulz-Neudamm</a>, mêlant architecture futuriste et visage métallique, est devenue un symbole de la modernité.</li>



<li><em>Vertigo </em>(1958) : <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Saul_Bass">Saul Bass</a> révolutionne l’art de l’affiche par une abstraction hypnotique. Le film est complexe, mais l’affiche, avec sa spirale rouge, s’imprime dans les mémoires.</li>



<li><em>Jaws </em>(1975) : le requin gigantesque, gueule ouverte sous la silhouette fragile d’une nageuse, résume en une image l’angoisse du film.</li>



<li><em>Star Wars</em> (1977) : sabres laser, figures héroïques, espace infini : l’affiche crée le mythe avant même la première projection.</li>



<li><em>Pulp Fiction</em> (1994) : Uma Thurman en couverture de magazine pulp, cigarette à la main, image rétro-sexy devenue icône pop.</li>



<li><em>La Haine</em> (1995) : visage frontal, slogan percutant (« Jusqu’ici tout va bien ») : une affiche devenue manifeste politique.</li>
</ul>



<p>Ces images circulent au-delà des salles obscures, se reproduisent sur t-shirts, mugs, posters, devenant des symboles générationnels.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’affiche comme patrimoine et comme marché</h2>



<p>Aujourd’hui, l’affiche de cinéma est un objet de collection. Les ventes aux enchères atteignent des sommets : une affiche originale de <em>Metropolis</em> s’est vendue plus d’un million de dollars, record absolu. Des galeries spécialisées (Posteritati à New York, Cinémathèque française à Paris) consacrent des expositions entières à cet art longtemps considéré comme mineur.</p>



<p>Parallèlement, le marché du vintage explose : rééditions officielles, sérigraphies d’artistes contemporains (Mondo, par exemple) qui revisitent les grands classiques. L’affiche devient ainsi un produit dérivé à part entière, au même titre que la figurine ou le DVD collector.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mutation numérique : de l’affiche au thumbnail</h2>



<p>Mais quel avenir pour l’affiche à l’heure du streaming ? Sur Netflix, Disney+, Prime Video, l’affiche n’existe plus en tant que poster monumental : elle est réduite à une vignette numérique de quelques centimètres carrés. L’exercice graphique change : il faut condenser l’identité du film dans une miniature lisible sur smartphone.</p>



<p>Certains y voient une disparition ; d’autres une métamorphose. L’affiche, déclinée en bannières animées, teasers vidéo, stories Instagram, devient une entité protéiforme. Pourtant, le public reste attaché au poster papier : décor de chambre, objet de collection, souvenir tangible dans un univers dématérialisé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">A retenir&nbsp;?</h2>



<p>De l’art forain à l’art contemporain, de la pierre lithographique au pixel, l’affiche de cinéma a parcouru un chemin vertigineux. Elle n’est plus seulement un outil de communication, mais un miroir des sociétés, un champ d’expérimentation artistique, un objet patrimonial et commercial. Elle reflète les styles, les idéologies, les goûts d’une époque ; elle façonne l’imaginaire collectif autant qu’elle le reflète.</p>



<p>Qu’elle se donne à voir sur les murs d’une ville ou sur l’écran d’un smartphone, l’affiche de cinéma demeure un langage universel : une promesse, une séduction, une icône. Le film commence toujours par là.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/histoire-affiche-de-cinema-art-esthetique/">L’affiche de cinéma : genèse, apogée et métamorphoses d’un art populaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Sigmaringen : Assouline raconte le crépuscule doré de la collaboration</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/sigmaringen-assouline-raconte-le-crepuscule-dore-de-la-collaboration/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Apr 2025 15:46:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37927</guid>

					<description><![CDATA[<p>Étrange et funèbre bal que celui qui se danse dans les salons empesés du château de Sigmaringen, en cette année 1944 où la France bascule. Pierre Assouline orchestre ici un roman historique d’une ironie feutrée mais implacable. Il faut imaginer la scène : le gotha de la collaboration française exfiltré, replié, entassé dans cette résidence prussienne, transformé en décor suranné de vaudeville, entre comédie de boulevard et tragédie antique. Le...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/sigmaringen-assouline-raconte-le-crepuscule-dore-de-la-collaboration/">Sigmaringen : Assouline raconte le crépuscule doré de la collaboration</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="364" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/04/The-ARTchemists-Sigmaringen.jpg" alt="" class="wp-image-37928" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/04/The-ARTchemists-Sigmaringen.jpg 364w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/04/The-ARTchemists-Sigmaringen-175x288.jpg 175w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/04/The-ARTchemists-Sigmaringen-300x494.jpg 300w" sizes="(max-width: 364px) 100vw, 364px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Étrange et funèbre bal que celui qui se danse dans les salons empesés du château de <em>Sigmaringen</em>, en cette année 1944 où la France bascule. <a href="https://x.com/passouline">Pierre Assouline</a> orchestre ici un roman historique d’une ironie feutrée mais implacable. Il faut imaginer la scène : le gotha de la collaboration française exfiltré, replié, entassé dans cette résidence prussienne, transformé en décor suranné de vaudeville, entre comédie de boulevard et tragédie antique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le témoignage d’une déroute</h2>



<p>Il y a évidemment là le maréchal Pétain, spectre vieilli et quasi muet, son épouse et leur suite. Laval les rejoint. Et puis tous les autres : ministres fantoches, miliciens brutaux, vieilles baronnes en peau de renard et jeunes secrétaires aux jupes trop ajustées. L’auteur Céline également, avec son épouse et son chat. Tous ont fui la France en voie de libération, et n’ont qu’une envie : y retourner au gré d’un éventuel échec des Alliés, dont ils suivent, éplorés, les avancées via la radio.</p>



<p>Pour les recevoir et assurer leur bien-être au quotidien, le majordome Julius Stein,fidèle aux princes de Hohenzollern que son clan sert depuis des générations. Julius ainsi que toute la domesticité, ont assisté, impuissants, au déménagement forcé de toute la famille, vidée des lieux par les Nazis en moins de vingt-quatre heures. Désormais, Julius est le gardien du lieu et de son prestige. Et le témoin de cette déroute.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une</strong><strong> micro-société grotesque</strong></h2>



<p>Par ses yeux, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Assouline">Assouline</a> dépeint cette clique avec la distance mordante qui fait tout le charme de son style : une écriture ciselée, jamais clinquante, toujours précise. Le roman s’organise ainsi comme la chronique au jour le jour de cette micro-société pathétique et grotesque, réduite à elle-même dans un décor trop grand, où l’on s’ennuie, où l’on complote, où l’on rêve encore à un improbable retour en grâce.</p>



<p>La tragédie est là, tapie derrière une trompeuse atmosphère de farce. <em>Sigmaringen</em> est le récit d’une fin de règne, une décomposition morale, où les masques tombent, où les vanités se révèlent sous leur vrai jour. Sous les moulures séculaires, durant les soupers vains, Assouline déploie une réflexion subtile sur la mémoire, la responsabilité, la survie des apparences. Rien n’est innocent dans cette retraite aux allures de prison. Chacun joue son ultime partition devant l’Histoire, en espérant un faux miracle ou un véritable oubli.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-5b2bc8eb6d30343d12ac2b7f5af2c349" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>À lire également</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/grands-hotels-parisiens-occupation-romans/">Grands hôtels parisiens sous l’Occupation : regards croisés à travers « Le Barman du Ritz » et « Lutetia »</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/vie-mondaine-nazisme/">La vie mondaine sous le nazisme : analyse d’une hypocrisie de caste</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/sale-francaise-roman/">Une sale Française : confessions d’une espionne… ou d’une victime ?</a></li>
</ul>
</div></div>



<p>Roman d’ambiance, de détails, de sous-entendus glaçants, <em>Sigmaringen</em> est un bal des maudits mené avec une plume d’une élégance discrète, où la beauté du style n’empêche jamais la justesse du propos. Un Assouline au sommet de son art, à lire comme on ouvrirait un album de photos jaunies, où l’on reconnaît soudain les visages qu’on aurait préféré oublier.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/sigmaringen-assouline-raconte-le-crepuscule-dore-de-la-collaboration/">Sigmaringen : Assouline raconte le crépuscule doré de la collaboration</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Malade imaginaire selon Claude Stratz : « une comédie crépusculaire »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/malade-imaginaire-2020/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jan 2025 10:02:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37718</guid>

					<description><![CDATA[<p>Bénie soit la captation qui a gardé souvenir de cette mise en scène pour le moins inédite. Car la lecture du chef-d&#8217;œuvre de Molière par feu Claude Stratz dépoussière largement Le Malade imaginaire, atténuant le côté farce et ballet pour souligner le drame intérieur d’un homme confronté avec ses angoisses de mort. Une comédie crépusculaire menée bille en tête par la troupe de la Comédie-Française, qui, comme à son habitude,...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/malade-imaginaire-2020/">Le Malade imaginaire selon Claude Stratz : « une comédie crépusculaire »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemsist-le-malade-imaginaire-2020.jpg" alt="" class="wp-image-37719" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemsist-le-malade-imaginaire-2020.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemsist-le-malade-imaginaire-2020-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemsist-le-malade-imaginaire-2020-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Bénie soit la captation qui a gardé souvenir de cette mise en scène pour le moins inédite. Car la lecture du chef-d&rsquo;œuvre de Molière par feu <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Stratz">Claude Stratz</a> dépoussière largement <em>Le Malade imaginaire</em>, atténuant le côté farce et ballet pour souligner le drame intérieur d’un homme confronté avec ses angoisses de mort. Une comédie crépusculaire menée bille en tête par la troupe de la <a href="https://www.comedie-francaise.fr/">Comédie-Française</a>, qui, comme à son habitude, réalise ici un sans-faute.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Le Malade imaginaire — Bande-annonce" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/gkejez5U2JM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">De la peur à l’anxiété</h2>



<p>Le Malade imaginaire, nous avons déjà eu l’occasion d’en parler précédemment&nbsp;: <em>«&nbsp;Satire décapante et un brin scatologique des pratiques médicales de l’époque, la pièce est aussi une exploration des peurs et des obsessions humaines, comme seul Molière est capable d’en écrire une&nbsp;» </em>expliquions-nous dans l’article <a href="https://www.theartchemists.com/malade-imaginaire-moliere/">«&nbsp;Le Malade imaginaire de Molière : autopsie d’un mythe dramaturgique&nbsp;»</a>.</p>



<p>Ce sont justement ces peurs qui prennent possession du plateau dans la mise en scène emblématique de Stratz, datée de 2001, depuis jouée plus de 500 fois, inscrite dans les tablettes de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=com%C3%A9die-fran%C3%A7aise">Comédie-Française</a>. Ces peurs tournent à l’anxiété latente pour un Argan persuadé qu’il porte la mort en lui, au point de se détourner de son entourage, de le violenter constamment.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une pure émanation de Beckett ou Ionesco</h2>



<p>Dans un décor rongé qui laisse entrevoir des splendeurs passées, ce anti-héros absolu de l’hypocondrie portée au rang d’art de vivre, se complaît dans un laisser-aller qu’entrecoupent ses crises de colère. Colère qui l’amène à porter la main sur sa petite Louison et d’être persuadé de l’avoir gravement blessée alors que la petite feint un évanouissement, d’où un désespoir notable.</p>



<p>Seul dans sa chaise de malade vermoulue, Argan semble ici échappé d’une comédie sociale de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=goldoni">Goldoni</a> à moins qu’il ne se soit évadé du théâtre de l’absurde. Une pure émanation de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=samuel+beckett">Beckett</a> ou <a href="https://www.theartchemists.com/?s=eug%C3%A8ne+ionesco">Ionesco</a>, Hamm de <em>Fin de partie</em>, Bérenger Ier dans <em>Le Roi se meurt</em>. Terriblement fragile, perdu, riche certes, mais faible et manipulable&nbsp;: par ses médecins, par sa femme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une biche au milieu des fauves&nbsp;?</h2>



<p>Une biche au milieu des fauves&nbsp;? Il faudra le traitement de choc de Toinette, la servante fidèle et ingénieuse qui veille au grain sur les intérêts de cette petite famille qu’elle considère sienne, pour remettre un peu d’ordre dans la cervelle de notre malade imaginaire. Les enjeux sont énormes.</p>



<p>Il s’agit de l’empêcher de ruiner l’avenir sentimental de sa fille aînée Angélique par un mariage inapproprié avec Diafoirus junior, d’éviter la dilapidation de sa fortune par don à une épouse ingrate, des médecins avides et un brin escrocs. Et cela, la mise en scène de Stratz le met particulièrement en évidence au point d’en gêner le spectateur qui rit jaune aux facéties de toute cette smala.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le spectre de la Covid</h2>



<p>Car plane au-dessus de la version 2020 le spectre de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=covid">Covid</a> qui s’invite bien évidemment à la fête. Et donne une coloration encore plus morbide à la pièce. Masqués, les acteurs jonglent avec le virus, l’atmosphère de panique et d’incrédulité qui règne alors. Qui des politiques, des médecins, des influenceurs a raison&nbsp;? Qui faut-il croire&nbsp;? Que faire&nbsp;? Comment se protéger&nbsp;? Comment se soigner&nbsp;?</p>



<p>À la lumière de la pandémie, le discours moliéresque se tente d’autres nuances&nbsp;: les tentatives de Béralde, l’honnête homme équilibré par excellence, pour raisonner son frère, résonnent par moment comme une sorte de théorie complotiste, un discours antivax déplacé. Le régime prescrit initialement à Argan par Purgon s’avère somme toute équilibré et sage (viandes blanches, moins de vin), alors que Toinette lui propose bœuf, gras et alcool.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-cdf13b36561ad95f741be5423435c671" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>À lire également</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-moliere-imaginaire/">Le Molière imaginaire : les deux dernières heures de J.B. Poquelin, comme un cri d’amour</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/pieces-incontournables-moliere-comedie-francaise/">Les incontournables de Molière&nbsp;par la Comédie Française&nbsp;: le clivage des êtres&nbsp;?</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/biographie-moliere-george-forestier/">Molière&nbsp;: George Forestier dépoussière la vie du «&nbsp;peintre&nbsp;»</a></li>
</ul>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading">Devenir médecin soi-même&nbsp;?</h2>



<p>Argan n’en est que plus perdu et nous avec. Manipulé, trompé, Argan, magistralement interprété par <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Guillaume+Gallienne">Guillaume Gallienne</a> qui lui prête sa douceur, sa vibration intérieure, son émotivité, fait écho à notre propre perplexité. Qui croire, vers qui se tourner, quand on est noyé dans les injonctions contradictoires, les informations douteuses, les contre-vérités, diffusées en continu par les médias, les réseaux sociaux&nbsp;?</p>



<p>Devenir médecin soi-même&nbsp;? Même l’intronisation burlesque d’Argan au terme de la pièce perd ici son caractère grotesque, soulignant l’atrocité de la situation. Dépourvus que nous sommes d’interlocuteurs fiables, c’est à nous d’aller chercher le savoir comme nous le pouvons, avec les moyens du bord. Faire acte d’esprit critique sera-t-il possible&nbsp;? Cela reste à voir.&nbsp;Mais pour sûr, après avoir vu ce spectacle, vous l’aurez compris&nbsp;: nous sommes aujourd’hui tous susceptibles d’être des malades imaginaires.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/malade-imaginaire-2020/">Le Malade imaginaire selon Claude Stratz : « une comédie crépusculaire »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Une affaire très française &#8211; La Prédation : histoires d&#8217;abus au cœur du cinéma français</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livres-predation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Dec 2024 12:50:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37663</guid>

					<description><![CDATA[<p>#meetoo : un hashtag, une expression, et derrière tant de souffrances tues, de douleurs ravalées, dont on n&#8217;imagine guère l&#8217;intensité et la profondeur, si soi-même, on n&#8217;a pas subi le harcèlement. Et puis il y a le point de vue de l&#8217;agresseur : qu&#8217;est-ce qui fait vriller, jusqu&#8217;où ? Pourquoi dans un cas comme l&#8217;autre, est-ce intolérable ? C&#8217;est ici que la lecture croisée d&#8217;Une affaire très française de Raphaëlle...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/livres-predation/">Une affaire très française &#8211; La Prédation : histoires d&rsquo;abus au cœur du cinéma français</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/12/the-artchemists-une-affaire-tres-francaise-la-predation.jpg" alt="" class="wp-image-37664" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/12/the-artchemists-une-affaire-tres-francaise-la-predation.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/12/the-artchemists-une-affaire-tres-francaise-la-predation-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/12/the-artchemists-une-affaire-tres-francaise-la-predation-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>#meetoo : un hashtag, une expression, et derrière tant de souffrances tues, de douleurs ravalées, dont on n&rsquo;imagine guère l&rsquo;intensité et la profondeur, si soi-même, on n&rsquo;a pas subi le harcèlement. Et puis il y a le point de vue de l&rsquo;agresseur : qu&rsquo;est-ce qui fait vriller, jusqu&rsquo;où ? Pourquoi dans un cas comme l&rsquo;autre, est-ce intolérable ? C&rsquo;est ici que la lecture croisée d&rsquo;<em>Une affaire très française</em> de Raphaëlle Bacqué et Samuel Blumenfeld, et <em>La Prédation</em> de Caroline Ducey s&rsquo;avère particulièrement appropriée et évocatrice. D&rsquo;un côté, le parcours d&rsquo;un acteur français célèbre pour ses rôles, sa faconde et ses manières pour le moins lestes, de l&rsquo;autre une actrice violée durant une scène tournée par une réalisatrice et qui jamais ne s&rsquo;en est remis. Au final : deux perspectives saisissantes sur les abus de pouvoir, les dérives dans le milieu du cinéma français, les traumatismes occasionnés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Une affaire très française</em></h2>



<p>Publié en mars 2024, ce livre d&rsquo;enquête retrace l&rsquo;ascension fulgurante, la carrière solaire et la chute de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Depardieu" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Gérard Depardieu</a>, figure emblématique, monstre sacré du cinéma français. <a href="https://www.theartchemists.com/?s=raphaelle+bacqu%C3%A9">Raphaëlle Bacqué</a> et Samuel Blumenfeld relatent cette trajectoire par le menu, avec un style enlevé et accrocheur, jamais racoleur cependant. Ils dévoilent des incidents longtemps tus, des scandales étouffés, l&rsquo;aveuglement complice du milieu cinématographique face aux comportements problématiques d&rsquo;un comédien qui flirte avec les limites du convenable, n&rsquo;a que faire du consentement.</p>



<p>Les deux auteurs explorent par ailleurs ses relations controversées avec des figures politiques internationales plus que douteuses, offrant ainsi un tableau sidérant d&rsquo;une carrière à la fois flamboyante et particulièrement borderline. L&rsquo;industrie du cinéma n&rsquo;en sort guère grandie qui tolère, ferme les yeux, tandis que jeunes actrices et petites mains des tournages subissent les assauts et les insultes de la star. C&rsquo;est cette condescendance notamment qui frappe les esprits, laisse le lecteur abasourdi.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>La Prédation</em></h2>



<p>Avec<em> La Prédation</em>, nous changeons de point de vue pour embrasser celui de la victime. Dans cet essai autobiographique publié en août 2024, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Caroline_Ducey" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Caroline Ducey</a> revient sur le tournage du film <em>Romance</em> (1999) de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_Breillat" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Catherine Breillat</a>. Elle y révèle avoir subi une agression sexuelle lors d&rsquo;une scène, accusant la réalisatrice d&rsquo;avoir orchestré cette violence pour le bien de son film, la mise en valeur de son propos. Ducey décrit notamment comment ses préoccupations concernant des scènes explicites ont été minimisées, menant à une expérience traumatisante où des actes non consentis ont été filmés.</p>



<p>Elle souligne également la manipulation et la pression exercées pour la convaincre de participer à des scènes non prévues contractuellement, les conséquences terribles du choc subi, la descente aux enfers de la drogue, la lente remontée vers la lumière. Une carrière d&rsquo;actrice désormais indissociable de la scène traumatique en question, l&rsquo;obligation de se tourner vers d&rsquo;autres activités, l&rsquo;écriture surtout, salvatrice. Difficile de rester de marbre en parcourant ces lignes, de ne pas penser à <a href="https://www.theartchemists.com/maria-schneider-hommage-biographique/">Maria Schneider</a> ou <a href="https://www.theartchemists.com/?s=eva+ionesco">Eva Ionesco</a>, deux autres victimes de cette mentalité du « tout pour l&rsquo;oeuvre » qui écrase les individus comme un rouleau compresseur.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-5fb4603a1d6b15c8e76462c159e3f328" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>À lire également</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-she-said/">She said : face à un prédateur sexuel et au système qui le protège</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-scandale/">Scandale : « Tu veux réussir ? Écarte les cuisses, ne fais pas de vagues et souris. »</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/affaire-johnny-depp-amber-heard/">La fabrique du mensonge – Affaire Johnny Depp – Amber Heard : autopsie d’un lynchage orchestré</a></li>
</ul>
</div></div>



<p>Bien que distincts dans leur approche, ces deux livres mettent en lumière de véritables abus de pouvoir, totalement banalisés au cœur de l&rsquo;industrie du cinéma français. Analyse journalistique ou témoignage personnel, chaque ouvrage explore la vulnérabilité des femmes au sein de cet univers qui ne protège pas, ne soutient jamais, si ce n&rsquo;est les agresseurs dont la célébrité sert de bouclier. <em>Une affaire très française</em> et <em>La Prédation </em>donnent à voir les mécanismes qui favorisent les abus dans l&rsquo;industrie cinématographique ; ce faisant, les deux ouvrages soulignent l&rsquo;urgence de briser le silence, de changer les comportements et les mentalités, et pas seulement dans ce microcosme spécifique, mais à l&rsquo;échelle de notre société dans sa globalité.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/livres-predation/">Une affaire très française &#8211; La Prédation : histoires d&rsquo;abus au cœur du cinéma français</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La Vie parisienne : quand Offenbach fait péter le champagne, le cancan &#8230; et la satire !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/vie-parisienne-offenbach/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Sep 2024 10:51:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37309</guid>

					<description><![CDATA[<p>Alors que Dauphine vient de boucler son article sur 24 heures dans la vie d&#8217;un restaurant dans le sillage de celui consacré à l&#8217;expo La Naissance des Grands Magasins (ouais, on aime bien les enchaînements d&#8217;articles en mode « Ma vie de rédacteur est une incroyable aventure intellectuelle »), je ne résiste pas à la tentation de rebondir sur le sujet en évoquant une œuvre que je considère comme un des ancêtres...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/vie-parisienne-offenbach/">La Vie parisienne : quand Offenbach fait péter le champagne, le cancan &#8230; et la satire !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-la-vie-parisienne.jpg" alt="" class="wp-image-37311" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-la-vie-parisienne.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-la-vie-parisienne-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-la-vie-parisienne-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Alors que Dauphine vient de boucler son article sur <em><a href="https://www.theartchemists.com/livre-restaurant-paris-1867/">24 heures dans la vie d&rsquo;un restaurant</a></em> dans le sillage de celui consacré à l&rsquo;expo<em> <a href="https://www.theartchemists.com/exposition-naissance-grands-magasins/">La Naissance des Grands Magasins</a></em> (ouais, on aime bien les enchaînements d&rsquo;articles en mode « Ma vie de rédacteur est une incroyable aventure intellectuelle »), je ne résiste pas à la tentation de rebondir sur le sujet en évoquant une œuvre que je considère comme un des ancêtres du rock spirit. J&rsquo;ai nommé <em>La vie parisienne</em> d&rsquo;Offenbach. Ouais, je sais, l&rsquo;opérette, c&rsquo;est pas exactement le pogo dans une salle pleine à craquer, mais t’inquiète, lecteur, même si il n&rsquo;y a pas de gratte électrique dans la partition d&rsquo;Offenbach, ça bouge quand même bien. Et surtout, ça grince des dents tout en nous faisant hurler de rire.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="LA VIE PARISIENNE, OFFENBACH, LAURENT PELLY" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/x-NgajNxtiw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>S</strong>atire, clin d’œil, foutage de gueule</h2>



<p>Posons le cadre, pour celles/ceux qui sont un peu à la ramasse question opérette. 1866, Paris, Second Empire : c’est là qu’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=offenbach">Offenbach</a>, maestro frénétiquement créatif et adepte de l&rsquo;humour musical, balance <em>La Vie parisienne</em> sur scène. Dressons le tableau : robes du soir à crinoline, lustres en cristal, beaux messieurs en haut de forme qui sirotent du champagne en matant les petites femmes de Paris jouer de l’éventail et danser le cancan. Derrière tout ça, c’est du pur Offenbach : satire, clin d’œil, foutage de gueule.</p>



<p>Le compositeur de <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=la+belle+h%C3%A9l%C3%A8ne">La Belle Hélène</a></em> s&rsquo;amuse de la haute société parisienne et de ses travers. Et ça marche, parce que sous Napoléon III, Paris, c’est la capitale des plaisirs, des fêtes non-stop, des touristes qui en veulent toujours plus : « je vais m&rsquo;en fourrer jusque, jusque jusque là » comme l&rsquo;affirme très justement un baron suédois en goguette dans les rues huppées de la capitale. Chic en apparence, mais au bout du compte il s&rsquo;agit de s&rsquo;envoyer en l&rsquo;air par tous les moyens possibles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Amour et fun</h2>



<p>Offenbach n’est pas du genre à faire dans la dentelle. Déjà, il avait cartonné avec <em>Orphée aux Enfers</em> – où il tourne la mythologie en ridicule. Avec <em>La Vie parisienne</em>, il immerge le spectateur en apnée dans la Ville Lumière, où bourgeois, aristos et riches touristes étrangers se font rouler dans la farine avec jubilation (dixit l&rsquo;air du Brésilien, voleur venu se faire voler). Et pour pondre ce petit bijou, Jacques le Bondissant s&rsquo;entoure de Meilhac et Halévy, ses complices en écriture, qui maîtrisent l&rsquo;art du livret comme Noel Gallagher la guitare saturée.</p>



<p>Premier show en 1866, devant un public du Théâtre du Palais-Royal qui en redemande, charmé par ce vaudeville aux allures de course-poursuite amoureuse : Raoul de Gardefeu, jeune noble désœuvré bien décidé à se remettre de sa séparation avec la demi-mondaine Métella, passe toute la pièce à tenter de séduire une belle Suédoise, la baronne de Gondremark. Un fil directeur qui permet de découvrir les fastes et les coulisses d&rsquo;une vie parisienne trépidante. Quiproquos, déguisements, embrouilles, grands seigneurs et domestiques s&rsquo;y mêlent : Gabrielle, la gantière, Bobinet, le pote de Raoul, tout ce petit monde est en quête d&rsquo;amour facile et de fun.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="La Vie parisienne, Offenbach - Christian Lacroix - Teaser 2" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/1I8QsyYBvPA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une partition qui décolle !</h2>



<p>Musicalement, Offenbach ne fait pas les choses à moitié. L&rsquo;opéra bouffe, c&rsquo;est son rayon. Léger, vif, il nous hameçonne l&rsquo;oreille dès les premières notes, multipliant les morceaux de bravoure construits avec finesse et qui exigent une technicité de chant rare, un sens inné du rythme, une diction sans faille : rondo du Brésilien, «&nbsp;Vous souvient-il, ma belle&nbsp;», « je suis veuve d&rsquo;un colonel », «&nbsp;Tout tourne, tout danse&nbsp;», galop final «&nbsp;Feu partout, lâchez tout&nbsp;». Solos, duos, trios, chœurs et ensembles constituent une vraie fête qui explose en tête, enchantent le tympan, ravit le métabolisme.</p>



<p>Cadence, dynamique, Offenbach tisse un flow identifiable entre tous, une frénésie mélodique qui évoque le délire des grandes messes rock mémorables type Wembley et autres concerts mythiques. La structure de la partition mêle esprit de l&rsquo;opéra bouffe, où tout est prétexte à la dérision, chants d&rsquo;amour romantiques et passages dignes d&rsquo;une revue de cabaret. En résumé, cette opérette est une véritable carte postale vivante, une synthèse musicale pétillante où se croisent des émotions multiples sur fond de plaquette publicitaire vantant les plaisirs de la capitale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du pur punk avant l&rsquo;heure</h2>



<p>Haussmann vient alors de redessiner la ville, les boulevards sont bondés de promeneurs, les cafés, restaurants, théâtres bourrés de monde. Hôtels de luxe et grands magasins regorgent de riches étrangers venus claquer leur thune, savourer à 1000 % les joies déversées par cette corne d&rsquo;abondance. Les touristes affluent, les bourgeois paradent, chacun essaie de jouer son rôle dans cette grande comédie urbaine. Offenbach capte cet esprit et l’injecte dans son œuvre : les soirées interminables, les flirts légers, les arnaques cocasses.</p>



<p>C’est une pub géante pour la ville que tisse le compositeur, mais avec ce petit côté grinçant, ce clin d’œil qui te dit « Paris, c’est beau, mais fais gaffe, tout ici n&rsquo;est que façade et leurre, on peut vite s&rsquo;y perdre, y laisser sa fortune, sa réputation, son âme ». Exactement ce qu&rsquo;on retrouve dans le célèbre <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-nana-1981-suicide-collectif-par-jouissance-interposee/">Nana</a></em> de Zola, le tragique en moins. C&rsquo;est le côté un brin anar d&rsquo;Offenbach qui ressort ici, son esprit provo, sa parfaite connaissance de la psyché de ses contemporains. <em>La Vie parisienne</em>, c’est du pur punk avant l’heure, un formidable coup de pied dans les conventions avec un éclat de rire de gamin malicieux.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Offenbach : &quot;La Vie parisienne&quot;" width="640" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/Ub3pJftUZaE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le trublion du répertoire</h2>



<p>Côté scène, c’est du lourd depuis le début. La première version en 1866 a mis tout le monde d’accord ; depuis, <em>La Vie parisienne</em> n’a jamais quitté le répertoire, s&rsquo;érigeant en trublion qui s&rsquo;infiltre dans toutes les salles, inspire pour tout metteur en scène en quête de challenge. Parmi les lectures à retenir, notons :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version Renaud Barrault</strong> en 1967 avec un casting devenu légendaire, j&rsquo;ai nommé : Suzy Delair (peut-être une des meilleures Mettela de l&rsquo;histoire de l&rsquo;opéra), Denise Benoit, Simone Valère, Madeleine Renaud, Pierre Bertin, Jean Desailly, Jean Parédès (qui interprète plusieurs petits rôles), Jean-Pierre Granval, Jean-Louis Barrault, Georges Cusin, Régis Outin. Jean-Louis Barrault parle alors de « Rock and Roll Napoléon III », c&rsquo;est dire !</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version télévisée signée Christian-Jaque</strong> en 1977, particulièrement attachante et pleine de peps, avec Jean-Pierre Darras, evelyne Buylle, Bernard alane, Jacques Legras, Dany Saval et consort.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version Daniel Mesguich</strong> à la Comédie française 1997 avec Bérengère Dautun, Thierry Hancisse, Catherine Salviat, Christian Blanc entre autres (et un passage absolument hilarant sur les ateliers Brecht en chaussettes).</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version Jérôme Savary</strong> à l&rsquo;Opéra comique en 2002, pétillante et complètement déjantée comme seul Savary est capable.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version Laurent Pelly</strong> qui joue la carte du décalage historique en propulsant l&rsquo;intrigue dans le Paris d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version Christian Lacroix</strong>, pas forcément ma préférée mais notable pour ses costumes, son côté foutraque.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Jacques Offenbach – La Vie parisienne (Christian Lacroix / Bru Zane France)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/MLOABu2JDQ8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>Approches traditionnelles en costumes et décours d&rsquo;époque ou visions plus modernes et dans le vent, la mise en scène de <em>La Vie parisienne</em> jongle sur la décomplexion, le clownesque, l&rsquo;ironie&#8230; sans oublier la danse, l&rsquo;incontournable cancan, le galop final qui demande une chorégraphie étudiée. Enjeu : ne jamais tomber ni dans le vulgaire ni dans le grotesque, tout en conservant l’énergie toute particulière de cette oeuvre sans précédent, qui un siècle et demi après sa création, demeure d&rsquo;une actualité impressionnante. Bref, un vrai classique à (re)découvrir avec l’oreille et les yeux bien ouverts.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/vie-parisienne-offenbach/">La Vie parisienne : quand Offenbach fait péter le champagne, le cancan &#8230; et la satire !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dupont Lajoie : un réquisitoire féroce contre le racisme</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-dupont-lajoie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jun 2024 18:13:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37160</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dupont Lajoie : quand on évoque le racisme dans ce qu&#8217;il a de plus nauséabond, le film d&#8217;Yves Boisset s&#8217;impose immédiatement à l&#8217;esprit et pour cause. Cette œuvre cinématographique sans pitié constitue un réquisitoire féroce contre la bêtise et l&#8217;intolérance. À la fois choquant et profondément réaliste, ce récit daté de 1975 met en lumière les mécanismes insidieux du racisme ordinaire et l&#8217;hypocrisie sociale qui l&#8217;accompagne. Et son analyse demeure...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/film-dupont-lajoie/">Dupont Lajoie : un réquisitoire féroce contre le racisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-dupont-lajoie.jpg" alt="" class="wp-image-37161" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-dupont-lajoie.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-dupont-lajoie-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-dupont-lajoie-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>Dupont Lajoie : </em>quand on évoque le racisme dans ce qu&rsquo;il a de plus nauséabond, le film d&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Boisset" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Yves Boisset</a> s&rsquo;impose immédiatement à l&rsquo;esprit et pour cause. Cette œuvre cinématographique sans pitié constitue un réquisitoire féroce contre la bêtise et l&rsquo;intolérance. À la fois choquant et profondément réaliste, ce récit daté de 1975 met en lumière les mécanismes insidieux du racisme ordinaire et l&rsquo;hypocrisie sociale qui l&rsquo;accompagne. Et son analyse demeure tragiquement d&rsquo;actualité.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Dupont Lajoie (1974) | la bande-annonce" width="640" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/URFDhp65-2M?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Crime atroce et ratonnade</h2>



<p><em>Dupont Lajoie</em>, c&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un cafetier parisien (Jean Carmet), qui passe ses vacances d&rsquo;été dans un camping du sud de la France. Lajoie est un personnage banal, un Français moyen, avec femme, fils, factures&#8230; et la quarantaine qui le travaille gravement sous ses airs de ne pas y toucher. La jolie petite Brigitte (Isabelle Huppert), la fille d&rsquo;un de ses voisins de caravane, ne le laisse pas indifférent.</p>



<p>Un jour, il la surprend en train de bronzer dans les champs, tente de la séduire, elle le repousse, il la viole, la tue accidentellement tandis qu&rsquo;elle se défend. Un crime atroce que Lajoie va cacher en accusant un travailleur immigré hébergé sur un chantier tout proche. À partir de là, c&rsquo;est la curée, avec ratonnade et lynchage à la clé. Une mécanique de haine aveugle, alimentée par la colère, la connerie crasse, qu&rsquo;un flic intègre (Jean Bouise) n&rsquo;arrivera pas à endiguer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La barbarie à l&rsquo;œuvre</h2>



<p>Yves Boisset, volontairement, impose là un récit d&rsquo;une rare brutalité, d&rsquo;une crudité sans nom. L&rsquo;enchaînement de la barbarie à l’œuvre est d&rsquo;autant plus insoutenable que nous sommes dans une ambiance de vacances, d&rsquo;insouciance estivale qui invite à la concorde, au lâcher prise. Une leurre : sous les casquettes, la détestation fait son œuvre. Le meurtre de Brigitte sert d’allumette pour enflammer des esprits, échauffés par ailleurs par la présence des médias.</p>



<p>Ajoutant une tragédie à une autre, ce comportement de meute enragée donne à réfléchir, car il n&rsquo;a rien de spontané. Il couve, il est là, larvé, émergeant au fil des remarques blessantes, des blagues les plus douteuses. Non pas l&rsquo;apanage d&rsquo;individus exceptionnellement haineux, mais d&rsquo;une majorité silencieuse et complaisante, prompte à exiger un bouc-émissaire, et tant mieux s&rsquo;il est l&rsquo;Autre, le Bougnoule, le Bicot : ces gens-là sont des sauvages de toute façon, n&rsquo;est-ce pas, ma bonne dame ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des opinions extrémistes dangereuses</h2>



<p>Le véritable coupable court toujours ? Pas grave, on ne se pose même la question, on crache sur le travail d&rsquo;investigation, les preuves. On préfère accuser l’étranger plutôt que de confronter ses propres démons. Les stéréotypes racistes ont la peau dure, surtout quand ils légitiment l&rsquo;injustice, un ordre social inégal où certains pensent avoir plus de droits que d&rsquo;autres. <em>Dupont Lajoie</em> explore cette peur irrationnelle de l&rsquo;Autre, alimentée par l&rsquo;ignorance et les préjugés, exploitée par des groupes qui cherchent à manipuler l&rsquo;opinion publique pour leurs propres intérêts.</p>



<p>Boisset dissèque avec une justesse frappante l&rsquo;hypocrisie des individus et des institutions qui se présentent comme respectables, mais abritent en réalité des opinions extrémistes dangereuses. Confrontés à la peur, envahis de colère, convaincus de l&rsquo;insuffisance du pouvoir et de la police, les campeurs, qui prétendent tous être des citoyens modèles, vont révéler leur véritable nature de la plus terrible des manières.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Enclencher une prise de conscience</strong></h2>



<p>Une fiction ? Non. Le scénario s&rsquo;inspire d&rsquo;une série de meurtres racistes perpétrés sur une dizaine de victimes algériennes dans la région marseillaise durant l&rsquo;année 1973. Boisset va avoir toutes les peines du monde pour obtenir les autorisations de tournage dans le Var. Son équipe de tournage fera régulièrement l&rsquo;objet de menaces et d&rsquo;agressions, essuiera des jets de cocktails Molotov. Un des comédiens sera même victime d&rsquo;une tentative d&rsquo;assassinat.</p>



<p>Le sujet ne plaît visiblement pas dans cette région où les nostalgiques de l&rsquo;Algérie française sont légion. En critiquant violemment les discours de l&rsquo;extrême droite qui exploitent la peur et la haine pour diviser la société, Boisset se retrouve lui-même au cœur de la tourmente, avant d&rsquo;avoir à affronter les affres de la censure, révulsée par certaines séquences choc du film. Séquences nécessaires pourtant pour enclencher une prise de conscience collective. Prise de conscience qui amènera nombre de spectateurs à détester Jean Carmet pour ce rôle sulfureux, quitte à le menacer également.</p>



<div class="wp-block-group has-blush-light-purple-gradient-background has-background" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>À lire également</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-chez-nous/">Chez nous : malsain, oppressant et juste</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/mississipi-burning-tant-dexecration/">Mississipi Burning : tant d’exécration …</a></li>
</ul>
</div></div>



<p>Récapitulons : <em>Dupont Lajoie</em> reste une œuvre cinématographique majeure pour sa dénonciation sans concession du racisme ordinaire et des mécanismes de l&rsquo;extrême droite. En exposant les hypocrisies et les lâchetés de ses personnages, Yves Boisset invite les spectateurs à réfléchir sur les fondements de leurs propres préjugés et sur la nécessité de lutter contre toutes les formes de discrimination. Le film demeure un réquisitoire puissant et nécessaire contre la bêtise humaine et l&rsquo;injustice sociale. Un réquisitoire toujours d&rsquo;actualité.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/film-dupont-lajoie/">Dupont Lajoie : un réquisitoire féroce contre le racisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Gargantua : regards sur l&#8217;épopée rabelaisienne</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/gargantua-rabelais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Jun 2024 18:18:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37151</guid>

					<description><![CDATA[<p>Gargantua : ce nom évoque des festins énormes, des rivières de vin, des farces scatologiques à se rouler par terre. Mais derrière ces scènes de réjouissances à la saveur orgiaque se cache une œuvre riche en satire et en critique sociale, un pur fleuron de l&#8217;esprit humaniste. Rabelais forge là une stratégie argumentative d&#8217;exception où le rire et la réflexion vont de pair pour inviter le spectateur à changer son...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/gargantua-rabelais/">Gargantua : regards sur l&rsquo;épopée rabelaisienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/Eloise-Coussy2.png" alt="" class="wp-image-37152" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/Eloise-Coussy2.png 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/Eloise-Coussy2-288x230.png 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/Eloise-Coussy2-494x395.png 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Gargantua : ce nom évoque des festins énormes, des rivières de vin, des farces scatologiques à se rouler par terre. Mais derrière ces scènes de réjouissances à la saveur orgiaque se cache une œuvre riche en satire et en critique sociale, un pur fleuron de l&rsquo;esprit humaniste. <a href="https://www.theartchemists.com/?s=rabelais">Rabelais</a> forge là une stratégie argumentative d&rsquo;exception où le rire et la réflexion vont de pair pour inviter le spectateur à changer son regard sur le monde. Explications.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Extrait | La vie trésorrifique du grand Gargantua sur OPSIS" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/UMvDB9Mezo0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Rabelais : un humaniste réjoui ?</h2>



<p>Difficile d&rsquo;aborder les aventures de Gargantua sans dire un mot sur son créateur, François Rabelais. Né vers 1494 à Chinon, ce dernier était un homme aux multiples talents : moine, médecin, érudit et écrivain. S&rsquo;il a étudié le droit et la médecine, c&rsquo;est surtout par ses écrits qu&rsquo;il a laissé une empreinte indélébile sur la littérature française.</p>



<p>C&rsquo;est que Rabelais était un fervent défenseur des idées humanistes de la Renaissance. Pour mémoire, l&rsquo;humanisme mettait l&rsquo;accent sur le potentiel humain, l&rsquo;éducation et la redécouverte des textes classiques. En bon humaniste qu&rsquo;il était, Rabelais croyait en la capacité de l&rsquo;homme à progresser par le savoir et la raison, et il voyait l&rsquo;éducation comme un moyen d&rsquo;atteindre la liberté intellectuelle et morale. Et pour prouver ses dires, il a façonné <em>Gargantua</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Naissance tonitruante et aventures burlesques</h2>



<p>Gargantua est un géant. Fils de Grandgousier et de Gargamelle, il montre une intelligence telle que son papa décide de lui apporter une éducation digne d&rsquo;un roi. Direction Paris pour y recevoir une éducation traditionnelle&#8230; qui s&rsquo;avère un véritable désastre. Un changement de méthode s&rsquo;impose : entre en scène le sage et savant Ponocrates, qui va réformer l&rsquo;éducation de Gargantua avec autant de dynamisme que d&rsquo;inventivité. Exit les méthodes arides et obsolètes, place à un enseignement humaniste où le savoir se mêle à la pratique. Gargantua apprend en jouant, en observant la nature et en discutant avec des érudits.</p>



<p>Une véritable révolution pédagogique qui fait écho aux idées de la Renaissance. Ce début de vie tonitruant annonce d&rsquo;autres aventures, toutes plus truculentes les unes que les autres, parsemées de péripéties drolatiques, de personnages forts en gueule : on pense bien évidemment à Frère Jean des Entommeures, grand amateur de vin et qui anéantira les soldats ennemis imprudemment venus piller sa vigne, accouchant ainsi d&rsquo;un des épisodes les plus fous des guerres picrocholines. Le rire est toujours au rendez-vous. Un comique qui n&rsquo;a rien de hasardeux : rire est le propre de l&rsquo;homme, et Rabelais tient à ce que son lecteur s&rsquo;en souvienne.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Gargantua — Bande-annonce" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/ttAoq_rwV_0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Développer une pensée critique</h2>



<p>À travers son personnage de géant, l&rsquo;auteur, fin renard, défend l&rsquo;idée d&rsquo;une éducation libérale et diversifiée, qui place l&rsquo;homme au centre des préoccupations. Quitte à faire rire son lecteur aux éclats, pour le mettre en condition de vivre l&rsquo;expérience humaniste de l&rsquo;intérieur. Expérimenter : c&rsquo;est le principe, le but du livre. À l&rsquo;image du héros, Gargantua, qui ne se contente pas d’apprendre par cœur ; il développe une pensée critique, explore différents domaines du savoir et apprend à vivre en harmonie avec les autres et avec la nature. Communauté utopique où règne la liberté individuelle, l&rsquo;abbaye de Thélème, guidée par la maxime « Fais ce que voudras », constitue l&rsquo;apothéose de cette vision humaniste.</p>



<p>Édité entre 1533 et 1535, on ne sait dater la chose exactement, ce deuxième roman suit de près la publication de <em>Pantagruel</em>. Œuvrant une nouvelle fois sous le pseudonyme Alcofribas Nasier (ingénieux et cocasse anagramme), Rabelais multiplie parodies, hyperboles et jeux de mots pour construire un récit surréaliste où il étrille les travers de son temps. Descriptions exagérées, moqueries des institutions et des figures de l&rsquo;autorité, situations grotesques, langage inventif et picaresque, rien ne l&rsquo;arrête tandis qu&rsquo;il déroule le parcours totalement fou de son héros avec une verve digne d&rsquo;un Frédéric Dard du XVIe siècle.</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<div class="wp-block-group has-blush-light-purple-gradient-background has-background" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>À lire également</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/roman-rabelais-michel-ragon/">Le Roman de Rabelais : Michel Ragon raconte le père de Pantagruel</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/roman-fortune-de-france/">Fortune de France : pour un Humaniste, cinquante fanatiques ?</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/civilisation-de-renaissance-xvieme-siecle-de-fond-comble/">La Civilisation de la Renaissance : le XVIeme siècle de fond en comble</a></li>
</ul>
</div></div>
</div></div>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading">Une mise en voix révélatrice</h2>



<p>Bref <em>Gargantua</em> est un monument. Et un monument à lire à voix haute, à mettre en bouche, comme un plat littéraire délicieux. Dixit la mise en voix exceptionnelle réalisée par la troupe de la Comédie-Française pour <a href="https://www.theartchemists.com/theatre-table/">Le Théâtre à la table</a>. Éclairés par une farandole de bougies qui métamorphosent le plateau en taverne, Thierry Hancisse et ses compagnons nous convient à un festin littéraire d&rsquo;une folle gaîté, qui éclaire la grande modernité d&rsquo;un récit bien plus subtil qu&rsquo;il y paraît de prime abord.</p>



<p>Car combiner rire et réflexion est ardu, cela demande beaucoup de talent, d&rsquo;intelligence, de la ruse et une certaine forme de folie. Cette lecture fait ressortir les astuces narratives à l&rsquo;œuvre sous les excès et les pitreries. Elle dévoile le travail des phrases, la mécanique des énumérations, la rythmique infernale des descriptions, le cocktail improbable des lexiques. On ne peut en faire l&rsquo;économie, car elle donne à voir un ouvrage précurseur, qui ouvre la voie à une littérature mêlant les genres et les émotions pour notre plus grande édification.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Gargantua • Théâtre Eurydice&#039; Sauvegarde • Bande annonce" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/E1Qo6vLTtLY?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/gargantua-rabelais/">Gargantua : regards sur l&rsquo;épopée rabelaisienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Malade imaginaire de Molière : autopsie d&#8217;un mythe dramaturgique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/malade-imaginaire-moliere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Jun 2024 16:54:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37127</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Malade imaginaire : une simple pièce de théâtre ? Une comédie classique dans l&#8217;esprit du XVIIᵉ siècle ? Oui bien sûr… mais pas seulement, et c&#8217;est heureux. L&#8217;ultime chef-d&#8217;œuvre de Molière frappe par encore et toujours par sa justesse, son mordant. Il continue de résonner avec le public plus de trois siècles après sa première représentation. Écrite en 1673, la dernière comédie-ballet de J.B. Poquelin demeure une critique acerbe et...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/malade-imaginaire-moliere/">Le Malade imaginaire de Molière : autopsie d&rsquo;un mythe dramaturgique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-le-malade-imaginaire.png" alt="" class="wp-image-37128" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-le-malade-imaginaire.png 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-le-malade-imaginaire-288x230.png 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-le-malade-imaginaire-494x395.png 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>Le Malade imaginaire</em> <strong>:</strong> une simple pièce de théâtre ? Une comédie classique dans l&rsquo;esprit du XVIIᵉ siècle ? Oui bien sûr… mais pas seulement, et c&rsquo;est heureux. L&rsquo;ultime chef-d&rsquo;œuvre de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=moli%C3%A8re">Molière</a> frappe par encore et toujours par sa justesse, son mordant. Il continue de résonner avec le public plus de trois siècles après sa première représentation. Écrite en 1673, la dernière comédie-ballet de J.B. Poquelin demeure une critique acerbe et hilarante de la médecine et des travers humains, tout en offrant une réflexion profonde sur la condition humaine.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Extrait &quot;Le Malade imaginaire&quot; de Molière" width="640" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/ts5ghUky75w?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une pièce légendaire</h2>



<p>Le Malade Imaginaire s&rsquo;appelle Argan et c&rsquo;est un hypocondriaque pur jus, obsédé par sa santé, s&rsquo;entourant de médecins plus charlatans les uns que les autres qui s&rsquo;ingénient à le soigner par tous les orifices à grand coup de potions absolument ignobles. Des médecins qu&rsquo;il écoute comme le Messie, et à qui il est prêt à sacrifier la quiétude et le bonheur de ses proches. Satire décapante et un brin scatologique des pratiques médicales de l’époque, la pièce est aussi une exploration des peurs et des obsessions humaines, comme seul Molière est capable d&rsquo;en écrire une.</p>



<p>Ce qui rend pourtant ce<em> Malade imaginaire</em> si légendaire, c’est son contexte historique. Quand Molière termine son texte,<em> </em>il est affaibli par la maladie. Il meurt d&rsquo;ailleurs au soir de la quatrième représentation, quelques heures après avoir joué le rôle d’Argan qu&rsquo;il s&rsquo;était octroyé, en star de sa troupe. Le fauteuil dans lequel il aurait agonisé sur scène trône d&rsquo;ailleurs toujours dans l&rsquo;enceinte de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=com%C3%A9die+fran%C3%A7aise">La Comédie-Française</a>, objet de toutes les attentions, de tous les respects. L&rsquo;anecdote a largement servi de socle à la dimension mythique de l’œuvre.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Le Malade imaginaire I Extrait - La scène du poumon (analyse de séquence)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/nHNkwlBDrFo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L’intelligence du texte</h2>



<p>Mais au-delà de cette histoire du reste poignante, c’est la pertinence et l’intelligence du texte qui en font une œuvre éternelle. La dernière pièce de Molière se singularise de multiples façons, constituant une somme de son art, de son talent, de la finesse propre à ce bel esprit, témoin de son temps. Bien sûr, Argan s&rsquo;impose d&rsquo;entrée de jeu avec ses peurs et ses caprices, ses colères et ses lubies, ses illusions et ses affections : la scène d&rsquo;exposition où il règle les factures de ses médecins et apothicaires est en soi un moment d&rsquo;anthologie que tout acteur rêve d&rsquo;interpréter (Jacques Charon, Michel Bouquet, Guillaume Gallienne&#8230; la liste est longue de ceux qui s&rsquo;y sont illustrés) ; celle où il s&rsquo;amuse avec sa petite Louison, un sommet de tendresse. </p>



<p>Mais ce héros à plusieurs facettes est également entouré de figures mémorables comme Toinette, la servante rusée et dévouée qui a tout d&rsquo;un Scapin en jupons, ou encore Béline, la seconde épouse particulièrement intéressée par la fortune de cet époux qu&rsquo;elle exècre en secret. Et que dire de Diafoirus père et fils ou de M. Purgon dont la tirade en forme de malédiction est un monument littéraire en soi ? Chacun, à sa manière, incarne une facette de la société et de la nature humaine, rendant la pièce aussi diverse qu’amusante, vivifiant une structure par ailleurs rigoureusement façonnée. Car Molière est un magicien qui sait y faire en architecture dramaturgique, alliant comédie, danse et musique pour offrir une expérience théâtrale complète, typique des divertissements qu&rsquo;on appréciait à l&rsquo;époque, et qui mêlaient les différents arts, littérature, théâtre, musique, danse, peinture. Les dialogues, vifs, les situations, cocasses, les répliques, ciselées, l&rsquo;ensemble fait mouche à chaque scène, avec un sens aigu de l’observation et de la satire propre à cette époque de moralistes.</p>



<div class="wp-block-group has-blush-light-purple-gradient-background has-background" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>À lire également</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/biographie-moliere-george-forestier/">Molière : George Forestier dépoussière la vie du « peintre »</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/pieces-incontournables-moliere-comedie-francaise/">Les incontournables de Molière par la Comédie Française : le clivage des êtres ?</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-moliere-ariane-mnouchkine/">Film : Molière ou la vie d’un honnête homme – Ariane Mnouchkine</a></li>
</ul>
</div></div>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Le Malade imaginaire : extrait 2" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/XZFDAD7fveQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Hypocondrie universelle</h2>



<p>Hypocondrie, manipulation, amour, critique sociale sont autant de thèmes abordés avec une grande pertinence, une ironie grinçante et tendre à la fois. Molière se plaît ici à dépeindre une humanité vulnérable et inconstante, comique autant que pitoyable par l&rsquo;étalage de ses passions et de ses excès. Argan complète une galerie déjà fournie de portraits pittoresques et un peu inquiétants par leur démence : le Bourgeois gentilhomme, l&rsquo;Avare, Tartuffe&#8230; son style inspira à n&rsquo;en pas douter La Bruyère et ses <em>Caractères</em>. Il y a de quoi : derrière le rire, il y a la violence. Des pères autoritaires et méchants, aveuglés par leur folie au point de sacrifier le bonheur de leurs enfants.</p>



<p>Difficile en contemplant Argan ruiner l&rsquo;avenir de sa fille pour assurer sa sécurité sanitaire, de ne pas se projeter au présent, tant ces personnages mettent en lumière des vérités intemporelles sur nos comportements et nos croyances.<em> Le Malade imaginaire</em> continue de nous captiver parce qu’il parle de nous tous. La peur de la maladie, la méfiance envers la médecine et les relations familiales compliquées sont des sujets toujours pertinents. La capacité de Molière à rendre ces thèmes universels, à travers le prisme de l’humour et de la critique sociale, fait la modernité inconditionnelle de cette œuvre incomparable.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/malade-imaginaire-moliere/">Le Malade imaginaire de Molière : autopsie d&rsquo;un mythe dramaturgique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le théâtre à la table : saveur du texte dramatique, goût de la mise en voix</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/theatre-table/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 May 2024 16:18:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37080</guid>

					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est une des belles choses que nous a laissées la pandémie : conçu en 2020 pour compenser la fermeture des théâtres de France et de Navarre, Le théâtre à la table continue d&#8217;éditer avec une régularité de métronome ses vidéos sur le compte Youtube de la Comédie-Française qui en est l&#8217;initiatrice. preuve que malgré son grand âge, la maison de Molière sait rester dans le vent, s&#8217;emparant de l&#8217;outil numérique...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/theatre-table/">Le théâtre à la table : saveur du texte dramatique, goût de la mise en voix</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/05/the-artchemists-theatre-a-la-table.jpg" alt="" class="wp-image-37081" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/05/the-artchemists-theatre-a-la-table.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/05/the-artchemists-theatre-a-la-table-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/05/the-artchemists-theatre-a-la-table-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>C&rsquo;est une des belles choses que nous a laissées la pandémie : conçu en 2020 pour compenser la fermeture des théâtres de France et de Navarre, <a href="https://www.youtube.com/playlist?list=PLT726svQj4wm9Lk6NuEFaXsYncpQKt5wM" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le théâtre à la table</a> continue d&rsquo;éditer avec une régularité de métronome ses vidéos sur le <a href="https://www.youtube.com/@LaComedieFrancaise" target="_blank" rel="noreferrer noopener">compte Youtube</a> de la Comédie-Française qui en est l&rsquo;initiatrice. preuve que malgré son grand âge, la maison de Molière sait rester dans le vent, s&#8217;emparant de l&rsquo;outil numérique avec grâce et sans brader sa créativité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Minimalisme et ferveur</h2>



<p>Le théâtre à table donc : soit cinq jours de préparation pour orchestrer la mise en voix d&rsquo;un grand texte du répertoire dramatique par certains acteurs de la Comédie-Française. Initiée en pleine pandémie pour continuer à charmer son audience privée de représentations et faire culturellement front face à l&rsquo;adversité, cette formule avait aussi pour but de faire découvrir l&rsquo;écriture dramaturgique au commun des mortels via le prisme du Net.</p>



<p>Pas de décors, pas de costumes, pas de maquillage ni de perruques. Une table, des sièges, des textes, des surligneurs, des caméras. Minimalisme. Epure. Et des acteurs au quotidien que nous voyons s&#8217;emparer de l&rsquo;intrigue, des répliques, lisant chaque ligne avec une profondeur incroyable, une ferveur d&rsquo;autant plus perceptible que les gros plans sont légion durant ces captations d&rsquo;une très grande qualité. Aucune mise en scène donc, juste la parole écrite d&rsquo;un auteur, lue, scandée par un comédien qui se glisse dans son personnage avec une aisance qui ne doit pas gommer la difficulté du défi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Processus alchimique</h2>



<p><em>Les Fausses confidences</em> de Marivaux, <em>Gargantua</em> de Rabelais, <em>Tartuffe</em> de Molière, <em>La Mouette</em> de Tchekhov, <em>Le Soulier de satin</em> de Claudel, les oeuvres s&rsquo;enchaînent , mettant en évidence la jubilation d&rsquo;interprètes chevronnés qui s&rsquo;amusent ensemble, quitte à jongler avec des émotions d&rsquo;une rare puissance. On se souviendra longtemps de l&rsquo;accès de rage qui saisit Arnolphe/Thierry Ancisse face à une Agnès/Adeline d&rsquo;Hermy aussi frêle qu&rsquo;impassible, plus Antigone qu&rsquo;Agnès du reste dans sa tranquille détermination. Et que dire de l&rsquo;éclat qui illumine les yeux de Danielle Lebrun tandis qu&rsquo;elle scrute <a href="/?s=laurent+lafitte">Laurent Lafitte</a> prononçant les répliques de Louis dans <em>Juste la fin du monde</em> de Lagarce ?</p>



<p>Faire jaillir la beauté du texte, laisser le champ libre au verbe est savoureux : c&rsquo;est la première étincelle de l&rsquo;acte théâtral que nous découvrons ici, un processus alchimique qui repose sur une complicité, un partage, une émulation qu&rsquo;on ne peut saisir une fois le spectacle sur scène. Le Théâtre à table nous donne l&rsquo;occasion rarissime d&rsquo;observer la magie de cette possession qui saisit chaque comédien quand il s&rsquo;ouvre initialement à son rôle. la chose est d&rsquo;autant plus touchante qu&rsquo;elle se révèle à tous comme un partage, une émancipation intellectuelle.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>



<p>Pour découvrir les différentes éditions du Théâtre à table, consultez la <a href="https://www.youtube.com/@LaComedieFrancaise" target="_blank" rel="noreferrer noopener">chaîne Youtube</a> de la Comédie-Française.</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/theatre-table/">Le théâtre à la table : saveur du texte dramatique, goût de la mise en voix</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
