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		<title>Les Tudors : masculinisme made in Renaissance ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/les-tudors-serie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Apr 2025 15:09:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dernièrement, j’ai visionné Adolescence… et parcouru les centaines d’articles/posts/vidéos analysant la série brintannique du point de vue du masculinisme toxique et destructeur, comme si c’était un modèle du genre. Et puis je me suis rappelée la série Les Tudors. Que j’ai revisionnée dans la foulée, les quatre saisons en mode binge-watching comme j’adore le faire. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Dernièrement, j’ai visionné <em>Adolescence…</em> et parcouru les centaines d’articles/posts/vidéos analysant la série brintannique du point de vue du masculinisme toxique et destructeur, comme si c’était un modèle du genre. Et puis je me suis rappelée la série <em>Les Tudors. </em>Que j’ai revisionnée dans la foulée, les quatre saisons en mode binge-watching comme j’adore le faire. Et pour être franche, en bouclant ce passionnant feuilleton, pour ce qui est du masculinisme toxique, on fait difficilement pire.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/RaK6uzZFOTo?si=59eE5-vXLBRZvpGb" title="The Tudors: Season 2 Trailer | SHOWTIME" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/RaK6uzZFOTo?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/RaK6uzZFOTo?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Une fresque monumentale et burnée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut dire que le personnage central de cette saga, Henri VIII pour ne pas le nommer, a de l’abattage en la matière, éclusant cinq femmes durant son règne, qu’il répudie ou fait décapiter au choix, quand elles ne meurent pas en couche. La seule à lui survivre sera la dernière, Catherine Parr, mais il s’en sera fallu d’un cheveu qu’elle ne subisse le sort d’Ann Boleyn ou Catherine Howard, toutes deux livrées au bourreau et raccourcies de manière expéditive. Bref, Henri VIII est un ogre, Barbe-Bleue version souverain du XVIᵉ siècle, souverain éduqué, savant même, mais absolu, tyrannique, violent, changeant, colérique, manipulateur et la queue baladeuse par-dessus le marché.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’en étais restée à une vision rock’n’roll, burnée et libertine/libertaire de ce récit signé <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Hirst">Michael Hirst</a>, scénariste et showrunner de renom dont on ne compte plus les trophées, notamment les deux volets du film <em>Elizabeth</em> avec Cate Blanchett. Mais revoir les 38 épisodes de cette monumentale fresque servie par un casting de compétition (Jonathan Rhys Meyers, Henry Cavill, Sam Neill, Natalie Dormer, Joely Richardson, Peter O’Toole, Jeremy Northam…) a été profitable, car j’y ai repéré des trucs que je n’avais pas captés initialement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;Mais c’est une vraie girouette, ce mec&nbsp;!&nbsp;»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Entre autres, le côté prédateur du personnage, qui bouffe tout autour de lui, épouses et maîtresses bien sûr, mais aussi collaborateurs, ministres et amis, sans parler de sa progéniture qui y laissera sa stabilité mentale. Si ce récit pour le moins enlevé prend bien des libertés avec la vérité historique, il n’en demeure pas moins que cela donne du relief aux crises existentielles que traversent cette sarabande de protagonistes soumis aux desiderata d’un monarque pour le moins impulsif et retours, que mon compagnon, qui visionnait la chose pour la première fois à mes côtés a résumé en ces termes&nbsp;: «&nbsp;Mais c’est une vraie girouette, ce mec&nbsp;!&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Girouette certes, qui passe sa vie à s’allier avec l’Espagnol contre la France, puis à tourner casaque pour s’allier avec la France contre l’Espagne. Qui n’hésitera pas à plonger son royaume dans une crise religieuse meurtrière, embrassant le protestantisme pour pouvoir se démarier de l’encombrante Catherine d’Aragon, convoler avec la farouche Ann Boleyn et en profiter pour démanteler tous les couvents/monastères du pays et faire main basse sur leur richesse, omettant au passage que nombre de ces institutions étaient essentielles à la survie des plus pauvres de ses sujets qui y trouvaient asile et un peu d’aumône.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Shakespeare made in Marvel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Entre épidémie de suette, famine, guerres et complots, Henri VIII et sa smala de bonnes femmes, de courtisans et de moutards est, reconnaissons-le un peu obligé&nbsp;de naviguer avec le vent très changeant de la Renaissance. Humaniste certes mais un brin pervers narcissique et totalement obsédé par l’idée d’avoir un fils à qui léguer sa couronne. Tout ça ne pousse guère à la sérénité, convenons-en. Mais tout de même. Masculiniste donc, menaçant, capricieux… et confronté à des épouses qui ne s’en laissent pas compter, chacune à sa manière. Forcément, Monsieur n’aime guère et en arrive aux plus fâcheuses extrémités pour se débarrasser d’encombrantes compagnes qui lui renvoient une image peu amène.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Résumons. Tout ce petit monde passe son temps et les 38 épisodes à bouffer/baiser/comploter/trahir/s’entretuer. Ça, c’est pour le côté Shakespeare made in Marvel, saga historique dans des décors somptueux et en costumes éclatants (d’ailleurs, petite remarque en matière de réalisme stylistique, la série <em><a href="https://www.theartchemists.com/wolf-hall-ombre-tudors-thomas-cromwell/">Wolf hall</a></em> est beaucoup plus proche des looks et du lifestyle de l’époque). Après, la déclinaison d’un patriarcat doublé d’un machisme viscéral est flagrante et donne à réfléchir sur l’ancrage de cette mentalité dans les racines de notre monde. Idem pour le côté génétiquement pervers et sadique de l’homme de pouvoir.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-1 is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained" style="font-style:normal;font-weight:600">
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<li><a href="https://www.theartchemists.com/wolf-hall-ombre-tudors-thomas-cromwell/">Wolf Hall&nbsp;– Dans l’ombre des Tudors : Thomas Cromwell réhabilité&nbsp;?</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/exposition-les-tudors-comme-une-passe-de-rugby/">Exposition Les Tudors&nbsp;: comme une passe de rugby …</a></li>
</ul>
</div>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les Tudors </em>reste malgré tout incontournable. Parce que c’est franchement du grand spectacle, de la série tout terrain travaillée au corps, avec un scénar qui tient la route, des personnages solides et crédibles, des affrontements prenants. Pas un instant de répit, l’ensemble prend aux tripes et restitue le climat de grande brutalité qui régnait alors. Et puis ce récit haut en couleurs et en émotions, produit de 2007 à 2010 (il y a donc 15 ans) témoigne de l’émergence du business de la série-fleuve. Et rien que cela vaut le détour.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Becoming Elizabeth : mode d’emploi pour future souveraine ou comment apprendre à survivre avant de régner</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/becoming-elizabeth-serie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Apr 2025 10:44:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une fois qu’on a bouclé Les Tudors, on se sent un peu seuls, faut bien le reconnaître. Et on se dit surtout&#160;: et après&#160;? Et après&#160;????? On déboule rapido sur le premier épisode de l’excellent Becoming Elizabeth. Deux concurrentes potentielles Becoming Elizabeth débute sur le cercueil d’Henry VIII qu’on embarque sous une pluie nocturne et [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Une fois qu’on a bouclé <em><a href="https://www.theartchemists.com/les-tudors-serie/">Les Tudors</a></em>, on se sent un peu seuls, faut bien le reconnaître. Et on se dit surtout&nbsp;: et après&nbsp;? Et après&nbsp;????? On déboule rapido sur le premier épisode de l’excellent <em>Becoming Elizabeth</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/TUypHjzmXBE?si=fntr17dfvR54rsP0" title="Becoming Elizabeth | Official Trailer | Coming to Lionsgate Play on 26th August" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/TUypHjzmXBE?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/TUypHjzmXBE?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Deux concurrentes potentielles</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Becoming Elizabeth</em> débute sur le cercueil d’Henry VIII qu’on embarque sous une pluie nocturne et grasse pour sa dernière demeure. Dans le même temps, course contre la montre pour récupérer son fils et héritier, le frêle et très jeune Edward VI (Oliver Zetterström) afin de le faire couronner fissa, avant qu’un potentiel complot ne vienne placer quelqu’un d’autre sur le trône (sport favori des nobles anglais depuis la guerre des Roses, lisez <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=Richard+III">Richard III</a> </em>de Shakespeare, c’est très bien expliqué et en plus c’est juste génial).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bref, pour éviter une éventuelle guerre de succession (et de perdre le pouvoir sur lequel il a la main en tant de Lord protecteur), Somerset (John Heffernan), oncle du gamin, met les bouchées doubles, s’assurant au passage des deux sœurs aînées du roi, Mary Tudor (Romola Garai), fille de Catherine d’Aragon, et Elizabeth, rejetonne d’Ann Boleyn. Deux concurrentes potentielles, qui sont passées du statut de princesse officielle à celui de bâtarde et vice versa au gré des lubies du défunt monarque dont les colères, la brutalité et les revirements étaient légendaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une jolie rouquine de 14 ans</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est justement sur Elizabeth (Alicia von Rittberg) que nos yeux se posent, jolie rouquine, intelligente et cultivée, une petiote de 14 ans mimi comme tout, qui se retrouve en garde chez sa belle-mère, Catherine Parr (Catherine Parr), veuve d’Henry VIII et nouvellement mariée à Thomas Seymour (Tom Cullen), frère de Somerset et son amoureux de longue date (qui a dû céder le champ au souverain, on ne l’ouvre pas quand Henry VIII décide d’épouser une nana, surtout la sienne, on dit oui et on s’écrase, sinon c’est l’échafaud). Bon à ce stade, vous êtes paumé.e, et vous n’êtes pas seul.e. Elizabeth la première est un brin perdue dans la frénésie de ce nouveau règne qui s’annonce incertain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est là que le titre de la série showrunnée par Anya Reiss prend tout son sens. Ce que personne ne sait à ce moment, excepté nous spectateurs qui connaissons un peu l’Histoire/histoire, et avons lu le texte précédant le générique de fin des <em>Tudors</em>, c’est qu’Elizabeth est appelée à régner, à régner longtemps et avec brio, inaugurant ce qu’on appellera par la suite l’Age d’Or élizabethain. Sauf que ça ne va pas se faire sur un claquement de doigts, bien au contraire. Pour tout dire, la gosse va en chier pour parvenir au trône. Et risquer sa vie plusieurs fois avant, à son corps défendant du reste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Exploser le mythe de Gloriana</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui va forger à la fois son caractère, mais aussi son sens critique, son instinct politique, sa rigueur, son sens des priorités. Avec un Thomas Seymour beau gosse, séducteur, querelleur et ambitieux qui lui tourne autour, la pauvre petite va avoir du mal à se protéger. Clairement, la série fait exploser le mythe de Gloriana, la Reine Vierge mariée à l’Angleterre. Pour survivre, pour sortir de cette image de fille de la Grande Putain, pour échapper aux mariages forcés, aux séducteurs/violeurs, pour qu’on ne se serve plus d’elle comme d’un pion sur l’échiquier du pouvoir, Elizabeth va devoir ruser. Quitte à trahir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son amour. Son frère. Sa sœur. Sa belle-mère. La petite Jane Grey (Bella Ramsey) qui est sa camarade de jeu mais qu’elle va rudoyer verbalement et sans pitié. Mentir ou dire les choses. Cacher ses sentiments. Observer en retrait. Apprendre dans le silence. Parler au bon moment et avec les bons mots pour faire ployer l’interlocuteur. Psychologie, connaissance de l’âme et des perversions humaines&nbsp;: la leçon sera rude mais nécessaire pour cette future souveraine qui apprend sur le tas, en composant avec son statut de femme considérée comme inférieure dans un univers patriarcal sans aucune pitié.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une fratrie déchirée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Abordé avec beaucoup de finesse, cette initiation politique se double d’une douloureuse prise de conscience&nbsp;: cette fratrie est déchirée entre amour fraternel intense et rivalité de pouvoir. Edward, trop jeune pour régner, écrasé par la figure paternelle de ce roi tout puissant, qui essaye de l’imiter, qui fait tout de travers, ado colérique et instable, fragile, complètement perdu&nbsp;; Mary l’aînée, enkystée dans sa foi catholique jusqu’au fanatisme pour porter le souvenir de sa mère défunte, soumise à la discrimination la plus abjecte, paranoïaque à juste titre quand on considère tout ce qu’elle a subi. Elizabeth est entre eux deux, tout aussi abîmée, considérée comme une traînée, portant la faute de sa mère suppliciée alors qu’elle aussi est une victime du système.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous trois sont touchants dans leurs échanges, cherchant à se protéger comme ils le peuvent les uns les autres, se mettant en péril malgré leur bonne volonté, leur désir de bien faire en fonction de leur foi. Car l’élément religieux est ici crucial. Mary, élevée dans la foi catholique, veut ramener l’Angleterre anglicane dans le giron de l’Église&nbsp;; Edward, protestant, veut qu’on aille plus loin dans la conversion de son pays. Et l’affrontement de surgir à tout moment, au détour d’une conversation. Même quand Edward tombe gravement malade, que ses sœurs s’épuisent à le soigner, à le veiller avec un amour sincère.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">C’est là l’intérêt de la série que de mettre en avant le caractère humain de cette tragédie à l’oeuvre. Ces enfants vont pâtir des décisions d’adultes obsédés par la prise du pouvoir et prêts à tout pour y parvenir, y compris sacrifier des mômes innocents et qui n’ont rien demandé. L’idée affleurait dans <em>Les Tudors</em>, ici elle nous saute au visage et cela n’a rien d’agréable. D’autant que la série ne connaîtra pas de second volet, ce qui est franchement regrettable car elle était cohérente, originale et d’excellente qualité, explorant une période peu connue mais essentielle de l’Histoire.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Elizabeth R : drama royal et figure du pouvoir au féminin</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/elizabeth-r-serie-bbc/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Apr 2025 10:42:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Tudors, Becoming Elizabeth, et après&#160;??? Après, il y a l’incontournable, majestueux et anthologique Elizabeth R. Un monument de la série historique anglaise made in BBC. L’équivalent british de nos Rois Maudits, du reste réalisé dans la même période en 1971, quand la télévision était encore de qualité. Une version de la vie de Gloriana [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="https://www.theartchemists.com/les-tudors-serie/">Les Tudors</a></em>, <em><a href="https://www.theartchemists.com/becoming-elizabeth-serie/">Becoming Elizabeth</a></em>, et après&nbsp;??? Après, il y a l’incontournable, majestueux et anthologique <em>Elizabeth R</em>. Un monument de la série historique anglaise made in BBC. L’équivalent british de nos <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-les-rois-maudits/">Rois Maudits</a></em>, du reste réalisé dans la même période en 1971, quand la télévision était encore de qualité. Une version de la vie de Gloriana adoubée par les historiens comme la plus fidèle, la plus juste. Exit donc les inexactitudes et les libertés stylistiques. Avec <em>Elizabeth R</em>, on est dans les clous au niveau de la vérité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Elizabeth made in Glenda Jackson</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Elizabeth R</em> donc (R pour Regina) aka LA reine), six épisodes magistraux menés bille en tête par une Glenda Jackson au mieux de sa forme pour incarner la souveraine depuis son adolescence (la série débute au même moment que <em>Becoming Elizabeth</em>) jusqu’à sa mort à 69 ans en 1604. Et l’actrice de passer comme une fleur du stade de jouvencelle embarquée à la tour de Londres à celui de vieille reine fanée, sans jamais perdre de son élan, de sa vigueur ni de son charme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voix grave et métallique, à la fois séductrice et tranchante, raffinée et tyrannique, Elizabeth made in <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Glenda_Jackson">Glenda Jackson</a> est impressionnante, restituant du reste cette aura qui émanait de sa personne. Nous suivons cette héroïne au fil d’une existence parsemée d’embûches&nbsp;: pas évident de gouverner l’Angleterre au XVIᵉ&nbsp;siècle, dans un climat de conflit religieux et politique à l’échelle européenne, avec les Habsbourg en embuscade, peu d’argent et en étant une femme par-dessus le marché.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Portrait d’une fine politique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une femme qui refuse obstinément de se marier, qui crève de trouille d’être dépendante d’un époux gouvernant à sa place ce qu’elle ne veut guère, qui n’envisage pas de risquer sa vie lors d’une grossesse et d’un accouchement (à l’époque on a une chance sur deux d’y rester), qui chérit son indépendance plus que tout et fait capoter les projets d’alliance qu’on lui propose, même (surtout) ceux prêts de conclure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Moins romantique que d’autres récits, cette version a le mérite de ramener les courtisans qui entourent Elizabeth à leur juste place&nbsp;: des courtisans donc, sur lesquels il est délicat de s’appuyer dans la mesure où ils défendent leurs propres intérêts. Cela, la reine le sait, et elle en tient compte, tenant tout ce petit monde en laisse, explosant de colère quand il faut, spécialiste du bon mot, de la plaisanterie qui blesse, parfois changeante sauf quand il s’agit de protéger son peuple et son pays. Une fine politique, manipulatrice de haut vol, appliquant à la lettre les préceptes du <em>Prince</em> de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=machiavel">Machiavel</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une modernité sidérante</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une idole qu’on adore, qu’on critique dès qu’elle a le dos tourné et qui n’en a rien à faire. Elle trace son chemin, circonspecte parfois, prenant le temps de la réflexion, mais quand il s’agit d’agir, elle fonce tout en se protégeant. Confrontée aux pires crises, elle ruse, ainsi quand il faut faire exécuter son encombrante cousine, Mary Stuart, qui convoite son trône et qui cultive les conspirations comme d’autres les roses. Faire exécuter un manant est une chose, décapiter une reine couronnée en est une autre. On y risque son âme&nbsp;; et Elizabeth de manoeuvrer pour signer l’ordre d’exécution sans être tenue responsable de cette décision.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’amour n’a que peu de place dans ce parcours très masculin. Glenda Jackson campe une créature couverte de fard, vêtue de joyaux, impériale et élégante, mais directe, au verbe haut de dirigeant habitué à se faire obéir. Intraitable, sacrifiant ses sentiments à l’intérêt de l’Angleterre. Et digne jusque dans une agonie lucide, terrifiante. L’interprétation de l’actrice a fait date, elle EST Elizabeth. Difficile de rivaliser dans ce portrait sans concession d’une très grande figure du pouvoir au féminin, d’une modernité sidérante.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Wolf Hall saison 2 : plus foudroyante sera la chute</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/wolf-hall-saison-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Mar 2025 18:31:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37855</guid>

					<description><![CDATA[<p>Wolf Hall&#160;: on en était resté à l’éblouissement d’une première saison somptueuse et juste à tous les égards. Pour tout dire, j’attendais le second volet des aventures de Thomas Cromwell au pays du pouvoir avec une impatience à peine contenue. Autant dire que mon cri de joie, en voyant les premières images de la saison [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Wolf Hall</em>&nbsp;: on en était resté à l’éblouissement d’<a href="https://www.theartchemists.com/wolf-hall-ombre-tudors-thomas-cromwell/">une première saison</a> somptueuse et juste à tous les égards. Pour tout dire, j’attendais le second volet des aventures de Thomas Cromwell au pays du pouvoir avec une impatience à peine contenue. Autant dire que mon cri de joie, en voyant les premières images de la saison 2 poindre sur le compte Instagram de la BBC, fut claironnant. À juste titre&nbsp;! Ce second volet est à la hauteur du premier, pour évoquer l’ascension du célèbre ministre… et sa chute.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/_JMPXb9X630?si=sKf6rCa6RV2qE0Zs" title="Wolf Hall: The Mirror and the Light | Trailer - BBC" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/_JMPXb9X630?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/_JMPXb9X630?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Préserver le pouvoir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Reprenant le format de son prédécesseur, ce deuxième volet évoque en six épisodes le parcours de Cromwell au lendemain de l’exécution d’Ann Boleyn. Apprécié d’Henry VIII dont il sait gérer le caractère pour le moins retors, proche de la nouvelle reine Jane Seymour, Cromwell n’est pourtant pas ce qu’il y a de plus serein. Il faut dire que la période est pour le moins complexe, secouée par les vents changeants de l’Humanisme, la Renaissance qui rebat les cartes politiques. Pétri de savoir, adepte de Machiavel, formé par feu le cardinal Wolsey, la puissance de Cromwell en gêne plus d’un, de même ses méthodes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On n’aime guère ce parvenu éduqué et discret, froid et calculateur, humain et bienveillant pourtant. Issu du ruisseau, il est particulièrement mal vu parmi les rangs d’une haute noblesse jalouse de ses privilèges et désireuse d’avoir l’oreille d’un monarque pour le moins imprévisible. Accusé de vouloir s’emparer de la couronne en courtisant Mary Tudor, fille d’Henry VIII et de Catherine d’Aragon, ex souveraine répudiée de la plus odieuse des façons, Cromwell fait des pieds et des mains pour préserver le pouvoir aux mains d’une dynastie qui peine à se construire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une marche à l’abîme</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cela lui sera fatal (non, je ne spoile pas, ceux qui connaissent un peu l’histoire de la Grande Bretagne savent le destin de Cromwell, porté au plus haut rang avant de tomber en disgrâce et d’être exécuté comme traître). Toujours inspirés des romans d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hilary_Mantel">Hilary Mantel</a>, les épisodes de la seconde saison évoquent cette marche à l’abîme, la solitude, le remord, la culpabilité. Profondément épris de justice et de vérité, Cromwell se heurte à la bassesse, aux complots, à la bêtise. Seul contre tous, il fait fi des signes, des avertissements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais se battra comme un lion jusqu’à la dernière seconde, avant d’embrasser son destin. Exceptionnel, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mark_Rylance">Mark Rylance</a> reprend ce rôle difficile auquel il apporte nuances et finesses. Face à lui, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Damian_Lewis">Damian Lewis</a>, Henry VIII hypocrite et manipulateur, impitoyable. La tension est palpable, les rapports de force appuyés. Les scènes de confrontation brutale alternent avec les moments tragiques, la mort de Jane notamment, un effondrement pour Cromwell pour qui elle était bien plus qu’une proche.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-6 is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained" style="font-style:normal;font-weight:600">
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</ul>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">Vulnérabilité et duplicité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ces décors splendides, saturés de richesses, presque étouffants, le coût humain et moral des ambitions politiques s’accroît. Si les séquences de cour sont flamboyantes, affichant la splendeur du pouvoir royal, l’ombre des couloirs est beaucoup plus oppressante. Les figures historiques, souverain, reine, conseillers, s’éloignent des stéréotypes habituels pour exprimer une ambiguïté morale problématique où l’émotionnel est toujours confronté au politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les confrontations verbales, les stratégies de manipulation sont minutieusement orchestrées, presque chorégraphiées, rappelant que le pouvoir, dans cet univers, n’est jamais acquis sans compromis. C’est cette dimension humaine – la vulnérabilité et la duplicité qui cohabitent en chacun – qui rend la série particulièrement captivante.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Huit Rois : raconter Jacques Chirac et Mitterrand sur scène, réinvestir la fonction politique du théâtre</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/huit-rois-theatre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 May 2023 11:04:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=35992</guid>

					<description><![CDATA[<p>Élysée détaillait leurs relations pour le moins troubles. Avec La vie et la mort de Jacques Chirac, roi des Français et Génération Mitterrand, Julien Campani et Leo Cohen Paperman traitent séparément ces deux figures emblématiques de la Ve République. Les deux pièces peuvent, doivent être mises en regard, car elles dialoguent parfaitement, rappelant par là-même [&#8230;]</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/05/Devenez-un-pro-du-design-en-quel33.jpg" alt="" class="wp-image-35993" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/05/Devenez-un-pro-du-design-en-quel33.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/05/Devenez-un-pro-du-design-en-quel33-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/05/Devenez-un-pro-du-design-en-quel33-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="https://www.theartchemists.com/theatre-elysee-mitterrand-chirac/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Élysée</a></em> détaillait leurs relations pour le moins troubles. Avec La v<em>ie et la mort de Jacques Chirac, roi des Français</em> et <em>Génération Mitterrand</em>, Julien Campani et Leo Cohen Paperman traitent séparément ces deux figures emblématiques de la Ve République. Les deux pièces peuvent, doivent être mises en regard, car elles dialoguent parfaitement, rappelant par là-même la fonction initiatrice du théâtre, sa puissance politique. Explications.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/UHYHsw0wlUI" title="Extrait | Vie et mort de Jacques Chirac, roi des Français sur OPSIS" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/UHYHsw0wlUI?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/UHYHsw0wlUI?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><em>La vie et la mort de Jacques Chirac, roi des Français</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Originaires de Verdun, France profonde et zone économiquement sinistrée, deux copains d’enfance nés en 1989 reviennent sur leur fascination pour Jacques Chirac. Ils ont grandi sous sa présidence, ont baigné dans ce climat politique très particulier, ont découvert le jeu démocratique par ce prisme. S’interrogeant sur l’héritage laissé par cet éminent personnage, les deux narrateurs de <em><a href="https://videos.opsistv.com/contemporain/vie-et-mort-de-jacques-chirac-roi-des-francais" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La vie et la mort de Jacques Chirac, roi des Français</a></em> en profitent pour fouiller le parcours et la personnalité d’un héros moderne bien plus torturé et complexe que ne le laissait penser sa bonhomie affichée devant les médias. L’occasion de dépasser le mythe pour dévoiler la réalité des jeux de pouvoir, et la profonde solitude qui l’accompagne irrémédiablement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jouant savamment sur l’improvisation, la participation du public, des vidéos évoquant le passage du temps, des événements, Clovis Fouin (absolument sidérant dans le rôle de Chirac) dialogue au fil de sa vie avec ses proches, son chauffeur, ses amis du RPR, ses opposants également (tous incarnés par un Julien Campani en mode caméléon). Nous voyons Chirac se tromper, mûrir, vieillir, atteindre cette stature de président qu’il a tant convoitée. En filigrane, c’est la France que nous voyons se modifier sous son règne, car c’est bien de règne qu’il s’agit. L’objectif de la pièce est de nous dévoiler ces coulisses, tout en réveillant les souvenirs de ceux qui ont connu cette période, mais aussi d’édifier les plus jeunes, trop petits pour avoir vécu ces temps.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/x2JGwAZHVi4" title="Extrait | Génération Mitterrand sur OPSIS" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/x2JGwAZHVi4?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/x2JGwAZHVi4?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Génération Mitterrand&nbsp;</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <em><a href="https://videos.opsistv.com/contemporain/generation-mitterrand" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Génération Mitterrand</a>,</em> Julien Campani et Leo Cohen Paperman continuent sur leur lancée, en adoptant une méthodologie similaire. Comme narrateurs, trois personnages issus de la même famille, mais illustrant des appartenances sociales différentes&nbsp;: l’ouvrier militant, le professeur engagé, la journaliste à succès. Chaque personnage va raconter son évolution au cœur des années Mitterrand, ses espoirs, ses désillusions, ses choix, ses ruptures. Ces témoignages passionnés, alternent avec l’apparition presque spectrale d’un Mitterrand interprété par chacun des acteurs (Léonard Bourgeois-Taquet, Hélène Rencurel, Mathieu Metral, excellents). Le fil directeur&nbsp;? La célèbre écharpe rouge qu’arborait l’homme politique, et dont chacun s’affuble pour nous faire revivre les temps forts de ces deux présidences, conquêtes, échecs, crises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par la voix de ce Mitterrand en marche vers la mort, par celle de ceux qui ont cru en lui avant de s’en détourner, écœurés et frustrés, on découvre, on ressent l’impact des tensions sociales, les clivages, les positions irréconciliables, les glissements qui se sont ancrés dans notre quotidien de 1981 à nos jours. «&nbsp;On<em> ne fait pas l’Histoire sans le peuple</em>&nbsp;» explique Mitterrand au détour d’une scène. Machiavel certes, Mitterrand apparaît ici pour le très grand homme d’État, visionnaire et cultivé, qu’il fut, laissant dans nos consciences une marque indélébile. Un prince à la Médicis, humaniste et éclairé, dont le règne a servi de terreau au paysage politique actuel.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Huit Rois &#8211; Nos présidents</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">De fait et très naturellement, ces deux portraits sont à relier. Ce n’est pas un hasard, mais une volonté, mieux, une stratégie. <em>La vie et la mort de Jacques Chirac, roi des Français</em> et <em>Génération Mitterrand</em> constituent les pierres fondatrices, le deux premiers volets d’une saga intitulée <em>Huit Rois &#8211; Nos présidents</em>, un ensemble en construction qui se propose d’explorer le destin et le positionnement politique de huit présidents depuis Charles de Gaulle jusqu’à Emmanuel Macron. Ce projet dramaturgique d’envergure s’inspire, cela ne laisse aucun doute, des drames historiques shakespeariens depuis <em>Richard II</em> jusqu’à <em>Richard III</em>, avec en ligne de mire les secousses de la guerre des Roses, les luttes intestines pour la couronne, l’affrontement sanglant des York et des Lancastre, l’avènement des Tudor.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En l’état, <em>Huit Rois &#8211; Nos présidents</em> compte explorer les coulisses de la Ve République&nbsp;comme une véritable saga des temps modernes : derrière ces politiciens désormais célèbres dont le visage et la silhouette incarnent le pouvoir en place et ses dérives, il s’agit de donner à voir les bras droits, les conseillers de l’ombre, les manœuvres secrètes, les opérations de communication, toute cette cuisine politique pas toujours reluisante, loin de là, de même que les objectifs à atteindre, les forces antagonistes qui s’affrontent, les enjeux contradictoires des partis, mais aussi des intérêts. Et puis, il y a nous, le peuple.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réinvestir dans le théâtre comme éducation populaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le peuple, qu&rsquo;on respecte ou qu&rsquo;on méprise, mais dont on convoite le vote, sans forcément envisager son  bien-être, son bonheurt. Julien Campani et Leo Cohen Paperman, par différentes astuces d’écriture et de mise en scène, stimulent chez leurs spectateurs ce côté «&nbsp;peuple&nbsp;». Peuple, «&nbsp;demos&nbsp;» en grec ancien&nbsp;: l’élément incontournable, le socle de la démocratie, régime dans lequel tous les citoyens participent à la vie et aux décisions publiques de la cité. En interpelant les spectateurs, en les intégrant dans le récit de ces deux vies formidables, les auteurs interrogent la crédibilité démocratique d’une Ve République qui a tout d’une monarchie déguisée. Et ils restaurent la fonction pédagogique d’un art qu’on considère trop souvent comme un divertissement élitiste alors qu’il est une mode d’expression fondamental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le théâtre est un puissant vecteur d’éducation populaire. Ce n’est pas pour rien qu’on l’a tant censuré par le passé. Écrire sur Chirac et Mitterrand, mettre en scène leur montée au pouvoir, la fascination qu’ils exerçaient, qu’ils continuent d’exercer encore aujourd’hui, ce n’est pas seulement acter le fait qu’ils font désormais partie de l’Histoire. C’est aussi donner au public les outils nécessaires pour comprendre la situation politique française actuelle en fouillant les archives du passé. Un cours de géopolitique, en somme, particulièrement vivant, éclairant, drôle, impertinent, émouvant… A ce petit jeu, Julien Campani et Leo Cohen Paperman s’avèrent particulièrement pédagogues, sans jamais nous lasser ou nous égarer. C’est leur grande force. Vivement la suite de ces <em>Huits Rois</em> qui feront date dans la production théâtrale française.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et plus si affinités</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux pièces sont disponibles sur Opsis TV.</p>



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		<title>Les six femmes d&#8217;Henry VIII : « This is a man&#8217;s world » …</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-six-femmes-henry-viii/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Nov 2022 06:29:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=22243</guid>

					<description><![CDATA[<p>Mon Dieu qu&#8217;elles ont fait couler d&#8217;encre ces donzelles : Catherine d&#8217;Aragon, Anne Boleyn, Jane Seymour, Anne de Clèves, Catherine Howard, Catherine Parr, … six épouses dont deux divorcent, presque chanceuses même si c&#8217;est alors une honte, car deux autres, moins malignes, finiront sous la lame du bourreau. La pauvre Jane ne survivra pas à [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/04/3346030027677.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-22248 size-large" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/04/3346030027677-e1428474485317-341x494.jpg" alt="3346030027677" width="341" height="494" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Mon Dieu qu&rsquo;elles ont fait couler d&rsquo;encre ces donzelles : Catherine d&rsquo;Aragon, Anne Boleyn, Jane Seymour, Anne de Clèves, Catherine Howard, Catherine Parr, … six épouses dont deux divorcent, presque chanceuses même si c&rsquo;est alors une honte, car deux autres, moins malignes, finiront sous la lame du bourreau. La pauvre Jane ne survivra pas à son accouchement… la seule qui s&rsquo;en tire à peu près indemne, c&rsquo;est Catherine Parr, mais à un cheveu seulement du bûcher où elle faillit griller comme hérétique. « This is a man&rsquo;s world » chantait James Brown ; ironiquement l&rsquo;expression convient pour résumer le statut de ces dames : sauvée par le gong, Kate doit la vie à la crise d&rsquo;apoplexie qui terrasse son époux grabataire, déjà bien rongé par la goutte et l&rsquo;obésité.</span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #000000;">Puissance et solitude </span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Un époux qu&rsquo;elle apprit à aimer malgré un mariage quasi forcé (on ne dit pas non au roi Henry <a href="https://www.theartchemists.com/?s=tudor&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Tudor</a>), malgré son vieil âge et ses maladies, malgré un caractère insupportable, autoritaire et arrogant, malgré les changements brusques et les colères terribles de ce tyran … parce qu&rsquo;il savait être charmant et séducteur, parce qu&rsquo;il dégageait un sentiment de puissance, parce qu&rsquo;il savait se faire respecter et craindre ? Parce qu&rsquo;il était pathétique de solitude, cherchant en vain l&rsquo;amour parfait , la reine qui lui donnerait cette descendance masculine ? Parce qu&rsquo;il avait un temps touché cette perfection, la douce Jane Seymour, adorée, trop tôt disparue et qu&rsquo;il pleurera jusqu&rsquo;à l&rsquo;instant de sa mort, avant de la rejoindre au tombeau ?</span></p>
<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/04/tve11977-00000003-528.gif"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-22247" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/04/tve11977-00000003-528.gif" alt="tve11977-00000003-528" width="320" height="240" /></a></p>
<h2><strong>Ébullition dévastatrice et génératrice</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La série <i>Les Six femmes d&rsquo;Henry VIII</i> s&rsquo;impose comme une évidence pour faire revivre cette histoire intime ancrée dans un véritable âge d&rsquo;or, qui comme tout creuset contient une ébullition tout à la fois dévastatrice et génératrice. Composée de six chapitres de 90 minutes chacun, la fresque tournée en 1970 par Naomi Capon et John Glenister pour la BBC déroule le destin de ces six femmes pour mettre en exergue celui du premier monarque en quête d&rsquo;absolu amoureux et politique. Au travers de ces portraits, c&rsquo;est l&rsquo;Angleterre moderne qui progressivement prend corps, dans la violence des querelles religieuses, l&rsquo;affrontement des factions avides de puissance.</span></p>
<h2><strong><span style="color: #000000;">La grande tradition britannique de la BBC</span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ici point d&rsquo;éclat visuel ni de sexe étalé ou de violence extrême comme dans <i>Les Tudors</i> de Michael Hisrt ; nous sommes résolument dans la grande tradition britannique de la BBC, et le feuilleton prend des allures de pièce historique à la Shakespeare (qui du reste écrivit un <i>Henry VIII</i> sur la fin de sa vie). Costumes somptueux, décors rigoureux, jeu impeccable, le scénario se concentre sur les personnages, leurs échanges, ce fragile équilibre des sentiments, les tractations diplomatiques, les complots, les jeux d&rsquo;influence … pâles et sans apprêts, ces dames semblent bien fragiles, trop amoureuses. Leur vie ne tient qu&rsquo;à un fil sur cet échiquier où elles en sont que des pions aux mains de familles sans scrupules, qui sont prêtes à les sacrifier à leurs intérêts.</span></p>
<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/04/henryviiietannettecrosbie.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-22245" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/04/henryviiietannettecrosbie.jpg" alt="henryviiietannettecrosbie" width="500" height="337" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/04/henryviiietannettecrosbie.jpg 500w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/04/henryviiietannettecrosbie-288x194.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/04/henryviiietannettecrosbie-494x333.jpg 494w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></a></p>
<h2><strong><span style="color: #000000;">Un tableau d&rsquo;Holbein qui s&rsquo;anime</span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Au centre de cette nébuleuse, Henry VIII trône, qui joue de ces ambitions pour son bien être et sa gratification personnelle autant que pour le rayonnement de son royaume. Victime cynique, manipulateur par obligation, monstre d&rsquo;égoïsme, Keith Michell campe son personnage avec un éventail de nuances absolument fascinant, justifiant pleinement les prix qui récompensèrent sa prestation. La silhouette, l&rsquo;allure, la prestance, on dirait un tableau d&rsquo;Holbein qui s&rsquo;anime. Le travail de reconstitution est pointu, offre une vision très complète de l&rsquo;Angleterre d&rsquo;alors, au moment où elle s&rsquo;impose dans le paysage européen comme une puissance avec laquelle il va falloir compter.</span></p>
<h2><strong>L&rsquo;amour comme un prétexte</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">On ne peut s&#8217;empêcher d&rsquo;évoquer <i>Le Prince </i>de Machiavel dont nous chroniquions il y a peu</span> <a href="https://www.theartchemists.com/le-prince-tous-les-hommes-sont-mechants-dur-dur-detre-au-pouvoir/">l&rsquo;adaptation théâtrale</a> <span style="color: #000000;">; Laurent Gutmann y exposait une version moderne du texte fondateur de la politique actuelle. Avec <i>Les six femmes d&rsquo;Henry VIII</i>, nous voyons cette logique se développer dans sa période d&rsquo;origine, dans un contexte qui imposait ce type d&rsquo;adaptation, pour survivre d&rsquo;une part, pour dominer et perdurer ensuite. Et pour cela, la femme est nécessaire, pour conclure des alliances, pour transmettre le pouvoir à la descendance. Cela ne laisse de place à l&rsquo;amour, que comme un prétexte, une licence poétique qui se noie dans le sang et les larmes.</span></p>
<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/04/henryviiietannedecleveslessixfemmesdhenryviii.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-22244" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/04/henryviiietannedecleveslessixfemmesdhenryviii.jpg" alt="henryviiietannedecleveslessixfemmesdhenryviii" width="500" height="336" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/04/henryviiietannedecleveslessixfemmesdhenryviii.jpg 500w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/04/henryviiietannedecleveslessixfemmesdhenryviii-288x194.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/04/henryviiietannedecleveslessixfemmesdhenryviii-494x332.jpg 494w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Hugo censuré : Anastasie et ses ciseaux</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livre-hugo-censure/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Mar 2021 07:57:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Censure : le terme revient en boucle, faisant dresser les cheveux des démocrates enragés, tandis que les conservateurs aimeraient bien fermer le clapet de ceux qui parlent trop de liberté. Officiellement exclue du jeu social par la Déclaration des Droits de l&#8217;Homme de 1789 qui prône la liberté d&#8217;expression comme un pilier fondamental de notre [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/03/A1gjkmaP1-L.jpg" rel="attachment wp-att-25492"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-25492 size-large" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/03/A1gjkmaP1-L-319x494.jpg" alt="A1gjkmaP1-L" width="319" height="494" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 14pt;">Censure : le terme revient en boucle, faisant dresser les cheveux des démocrates enragés, tandis que les conservateurs aimeraient bien fermer le clapet de ceux qui parlent trop de liberté. Officiellement exclue du jeu social par la Déclaration des Droits de l&rsquo;Homme de 1789 qui prône la liberté d&rsquo;expression comme un pilier fondamental de notre Constitution, cette peau de vache d&rsquo;Anastasie a tout fait pour s&rsquo;accrocher au monde artistique et intellectuel, taillant à grands coups de ciseaux dans les idées anti-conformistes, trop libertaires ou simplement contestataires.</span></p>
<h2><span style="color: #000000;">Victor Hugo vs Anastasie</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 14pt;">Ils furent nombreux à en faire les frais, Victor Hugo en tête. Eh oui, notre auteur le plus couillu (il en fallait de la burne pour se barrer tête haute du Second Empire érigé en rapt des consciences par Napoléon III) a souvent eu maille à partir avec les censeurs qui raturaient ses manuscrits à grands traits de plume bien pensante. Eh oui, manquerait plus que le père du roman fleuve <i>Les </i><i>Misérables </i>secoue la matière grise du bon peuple, et on se retrouverait avec une Révolution bis et des têtes au bout de piques !</span></p>
<p><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/theatre-marie-tudor/" rel="bookmark">Marie Tudor … au seuil de la démence héréditaire</a></strong></p>
<h2><span style="color: #000000;">Théâtre inflammable</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 14pt;">Tremblants, les rois sur le retour firent donc leur maximum pour museler Hugo et ses collègues trop bavards. Et tous les moyens furent bons. C&rsquo;est donc cette hypocrite institution anastasienne que Odile Krakovitch analyse avec la précision scientifique qui caractérise cette historienne spécialisée dans le sujet. <i>Hugo censuré – La liberté au théâtre au XIXeme siècle</i> se concentre sur l&rsquo;univers dramatique, que fréquentait la population toutes classes confondues, jeunes, vieux, pauvres, riches, conservateurs ou progressistes : un univers hautement inflammable qu&rsquo;il fallait à tout prix mettre en coupe réglée.</span></p>
<h2><span style="color: #000000;">Bâillon culturel</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 14pt;">Partant de l&rsquo;affaire <i>Le Roi s&rsquo;amuse</i>, drame hugolien écrasé dans l&rsquo;oeuf malgré son succès, l&rsquo;auteure démonte avec une évidente passion les rouages de cette mécanique du bâillon mental et culturel. Que censurait-on ? Comment ? Quelles étaient les peines encourues ? En quelques trois cents pages, rédigées comme une enquête policière, l&rsquo;auteur raconte la force destructrice de la censure … et sa mort lente. Publiée en 1997 chez <a href="http://calmann-levy.fr">Calmann Levy</a>, cette étude aussi pertinente que percutante, retrace un long démantèlement … et interroge notre actualité. Anastasie n&rsquo;est plus dans sa forme première, … mais n&rsquo;a-t-elle pas survécu autrement ? C&rsquo;est tout la question, et comparer le XIXeme siècle romantique et notre XXIeme siècle commençant amène forcément à douter.</span></p>
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		<title>House of cards … in Westminster : thriller politique entre Tatcher et Shakespeare</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-house-cards-thriller-politique-tatcher-shakespeare/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Mar 2021 17:04:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir apprécié Maniac, nous avons fouillé plus avant la section «Back to the original » proposée par ARTE … pour y dénicher House of cards. Non, pas le succès américain, mais la série anglaise qui a inspiré David Fincher. Et soyons honnêtes, nous avons bingewatché la chose … et sommes restés sur le cul. Tous les [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/03/MV5BNmVhMGFlMjUtN2I0NS00MTM4LWFlZTgtMWI1Y2QyMmI1ODdjXkEyXkFqcGdeQXVyNzkwMjQ5NzM@_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-33593 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/03/MV5BNmVhMGFlMjUtN2I0NS00MTM4LWFlZTgtMWI1Y2QyMmI1ODdjXkEyXkFqcGdeQXVyNzkwMjQ5NzM@_opt.jpg" alt="house of cards england" width="400" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/03/MV5BNmVhMGFlMjUtN2I0NS00MTM4LWFlZTgtMWI1Y2QyMmI1ODdjXkEyXkFqcGdeQXVyNzkwMjQ5NzM@_opt.jpg 400w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/03/MV5BNmVhMGFlMjUtN2I0NS00MTM4LWFlZTgtMWI1Y2QyMmI1ODdjXkEyXkFqcGdeQXVyNzkwMjQ5NzM@_opt-192x288.jpg 192w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/03/MV5BNmVhMGFlMjUtN2I0NS00MTM4LWFlZTgtMWI1Y2QyMmI1ODdjXkEyXkFqcGdeQXVyNzkwMjQ5NzM@_opt-329x494.jpg 329w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Après avoir apprécié <a href="https://www.theartchemists.com/serie-maniac/"><i>Maniac</i></a>, nous avons fouillé plus avant la section «Back to the original » proposée par ARTE … pour y dénicher <i>House of cards</i>. Non, pas le succès américain, mais la série anglaise qui a inspiré David Fincher. Et soyons honnêtes, nous avons bingewatché la chose … et sommes restés sur le cul.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/Q3czUJc7Lw0" title="La série britannique &quot;House of Cards&quot;  -  En intégralité dès le 12 février 2021 sur ARTE.TV" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/Q3czUJc7Lw0?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/Q3czUJc7Lw0?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Tous les coups sont permis</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Diffusé par la BBC au début des années 90, <i>House of cards</i> et ses deux saisons suivantes <i>To Play the King</i> et <i>The Final Cut</i>, nous entraînent dans les couloirs du pouvoir britannique. Objet de notre attention, le très ambitieux Francis Urquhart, qui profite de la démission de Margaret Tatcher pour conquérir le poste de Premier Ministre. A n’importe quel prix, par n’importe quel moyen. Bref tous les coups sont permis, et ce chief whip (celui qui mène les députés de son parti à la baguette pour voter d’une même voix) particulièrement retors s’autorisera toutes les ruses pour rafler la mise … puis conserver sa position dominante.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Un prédateur</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Cela comprend le chantage, la manipulation des consciences via la presse et les rumeurs, la séduction, les affaires de fesses, l’intimidation, le détournement de fonds, le meurtre, l’attentat. Bref, malgré ses origines nobiliaires, Francis Urquhart est un sale type, une petite frappe de la haute, un voyou convaincu de ses prérogatives, écrasant de vanité et capable de tout. Une pourriture. Épaulé par une épouse aussi ambitieuse que lui, Urquhart ira jusqu’à faire destituer un roi pour conserver son poste et imposer sa vision d’une société inégalitaire au possible. Un prédateur, voilà ce qu’il est.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  <strong> <a href="https://www.theartchemists.com/film-hommes-influence/" rel="bookmark">Des Hommes d’influence : histoire de prestidigitation politique</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Une approche réaliste</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Question : rencontrera-t-il enfin celui qui le terrassera ? Vous le découvrirez en regardant cette série géniale, tirée de l’univers romanesque de Michael Dobbs, qui fut, entre autres, l’un des conseillers de Tatcher. Autant dire que les arcanes de la politique anglaise, Dobbs connaît, et son récit s’en ressent. Une approche très réaliste, qui ne laisse aucun doute sur la violence des relations entre tories et whigs bien évidemment, mais aussi entre les membres de chaque fratrie politique. Tout ce petit monde se déchire à belles dents, sans se préoccuper du bien commun ; Urquhart a juste les incisives plus aiguisées, ainsi que la jugeotte et l’égo.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Un villain shakespearien</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Adepte de <a href="https://www.theartchemists.com/le-prince-tous-les-hommes-sont-mechants-dur-dur-detre-au-pouvoir/">Machiavel</a>, ce n’est pas un hasard si il est écossais d’origine. La référence à <a href="https://www.theartchemists.com/macbeth-fin-dune-malediction/"><i>Macbeth</i></a> plane sur chaque épisode de cette trilogie saturée de clins d’œil aux pièces historiques de Shakespeare. Traître dans l’âme, figure assumée du « villain » élisabéthain, sociopathe irrécupérable et fier de l’être, F.U. comme le surnomme ses collaborateurs, offre un parfait mélange de Iago, Cassius et Richard Gloucester. Cocktail explosif dans une Angleterre ultra-libérale qui privilégie l’enrichissement personnel et protège les fortunes déjà constituées au dépend des classes sociales inférieures … ce qui n’est pas sans évoquer la France de 2020.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/wolf-hall-ombre-tudors-thomas-cromwell/" rel="bookmark">Wolf Hall – Dans l’ombre des Tudors : Thomas Cromwell réhabilité ?</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Le dessous des cartes</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Liquidation des services publics, critique des miséreux responsables de leur sort, confiscation des places et des pôles décisionnaires par les membres de l’aristocratie et de la bourgeoisie d’affaire : les similitudes font trembler, tandis que Urquhart, cynique, multiplie les apartés pour expliquer le dessous des cartes au spectateur sidéré par ce qu’il découvre. Et comme pour souligner son immoralité, c’est Ian Richardson qui prête son visage au personnage, passant du sourire à la froideur en un dixième de secondes. La référence au <i>Richard III</i> de Laurence Olivier, au Cassius de John Gieguld est évidente.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Colosse aux pieds d’argile</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">L’ensemble, par sa brutalité, son manque absolu de valeurs morales, le poids de l’hypocrisie sociale britannique, les carcans qui la fossilise, rappelle par ailleurs <i>La Foire aux Vanités</i> de Thackeray … et pourtant. Cette épopée politique est d’actualité, profondément. Il y aura toujours des F.U. de par le monde, avides de tout régimenter à leur manière pour leur profit. La série a le mérite de démontrer que ce genre d’individu n’est pas éternel : ce ne sont que des colosses aux pieds d’argile. Leur temps est compté. C’est la leçon à retenir de <i>House of cards</i>.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><a href="https://www.arte.tv/fr/videos/RC-020451/house-of-cards/">https://www.arte.tv/fr/videos/RC-020451/house-of-cards/</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>La vie de Brian Jones &#8230; entre Icare et Dorian Gray</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/vie-brian-jones/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Jan 2021 17:02:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=33296</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quizz : que s’est-il passé le 3 juillet 1969 ? A cette innocente question, n’importe quel rocker un peu éduqué répondra : Brian Jones est mort, noyé dans sa piscine. La mort la plus conne, la plus ridicule qui soit : boire la tasse fatale dans une flaque de flotte, au pied d’un cottage Tudor paumé dans la cambrousse [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><div id="attachment_33299" style="width: 710px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/01/La_vie_de_Brian_Jones_opt.png"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-33299" class="wp-image-33299 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/01/La_vie_de_Brian_Jones_opt.png" alt="Brian Jones" width="700" height="346" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/01/La_vie_de_Brian_Jones_opt.png 700w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/01/La_vie_de_Brian_Jones_opt-288x142.png 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/01/La_vie_de_Brian_Jones_opt-494x244.png 494w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /></a><p id="caption-attachment-33299" class="wp-caption-text">Photo extraite du documentaire La vie de Brian Jones</p></div></p>
<p align="justify">Quizz : que s’est-il passé le 3 juillet 1969 ? A cette innocente question, n’importe quel rocker un peu éduqué répondra : Brian Jones est mort, noyé dans sa piscine. La mort la plus conne, la plus ridicule qui soit : boire la tasse fatale dans une flaque de flotte, au pied d’un cottage Tudor paumé dans la cambrousse britannique alors qu’on est le sulfureux, l’iconique fondateur des Rolling Stones. Pour le coup, on aurait pu avoir le bon goût de décéder d’une overdose, comme le feront Hendrix, Morrison et Joplin.</p>
<p>https://www.youtube.com/watch?v=xgi5Y6LzrwY</p>
<h2 class="western">Icare moderne et spectre blond</h2>
<p align="justify">Mais non, l’archange maudit du rock anglais a cassé sa pipe en faisant glouglou, ultime raté d’un prometteur parcours sacrifié sur l’autel d’un Swinging London finissant, entre came, baise et alcool. Une mort tellement débile qu’on a tenté de la magnifier : suicide, complot, malédiction … la main du Diable serait-elle passée par là ? On sait l’appétence du Grand Cornu pour le rock, c’est du moins le mythe sombre qui plane depuis le pacte de Robert Johnson. Rumeur, rumeur, on vend toujours mieux un album avec un pentagramme dessus.</p>
<p align="justify">En ce qui concerne Brian Jones, on oublie souvent qu’il fut un multi-instrumentiste de génie, un musicien inspiré, et celui qui bétonna le socle blues des Cailloux Roulants, boostant les débuts du groupe d’une main de fer. C’est ce qu’évoque le documentaire de Patrick Boudet <i>La vie de Brian Jones</i>. 52 minutes d’archives et de témoignages qui évoquent l’ascension et la chute de cet Icare moderne, que ses collègues Mick Jagger et Keith Richards vont progressivement éjecter du combo dont il était initialement le leader.</p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/philippe-will-dealer-maudites-sixties/" rel="bookmark">Philippe Will – Dealer : maudites Sixties !</a></strong></p>
<h2 class="western">Hommage édulcoré</h2>
<p align="justify">En cause, son addiction à l’alcool et aux drogues bien évidemment, le chaos qui s’installe dans sa vie au fur et à mesure qu’il teste tous les psychotropes qui lui tombent sous la main, et puis Anita Pallenberg, son âme sœur, qui le plaque peu élégamment pour Richards à la faveur d’un séjour en France. Séparation vécue comme une trahison, on l’imagine bien, et qui poussera un peu plus un Brian Jones décati vers le trépas. Bref autant d’éléments qui contribuent à la décadence de la blonde idole … et à l’émergence de son spectre, initiateur malgré lui du fameux Club des 27.</p>
<p align="justify">Un spectre tenace qui pourrira plus ou moins la vie de ses anciens compagnons de scène, bien emmerdés par une disparition qui suivit de près le licenciement d’un Brian déjà très fragilisé. Faut-il jeter la pierre aux Stones survivants ? Le documentaire n’aborde pas cette délicate problématique, encore moins l’aura sombre d’un artiste tourmenté, un brin tyrannique pour ne pas dire sadique, surtout avec les dames, si l’on en croit Tony Sanchez, dealer du groupe, dans <a href="https://www.theartchemists.com/lecture-jetais-le-dealer-des-rolling-stones-et-jai-survecu/">sa biographie</a>. Bref, <i>La vie de Brian Jones</i> tient de la version édulcorée, du récit express pour néophyte.</p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span> <strong><a href="https://www.theartchemists.com/altamont-69-joel-selvin-no-shelter-for-you/" rel="bookmark">Altamont 69 – Joel Selvin : no shelter for you …</a></strong></p>
<p align="justify">C’est très bien pour débuter, mais il ne faudra pas en rester là, et compléter vite fait bien fait le visionnage de ce documentaire avec d’autres sources d’info, pour avoir une vision plus juste des choses, et ne pas passer à côté de ce qui rend ce musicien si fascinant. C’est le moins qu’on puisse faire pour lui rendre vraiment hommage … et cerner en quoi ce Dorian Gray moderne fut le reflet dans sa tête et sa chair des mutations de son temps. Au point d’y laisser sa peau ?</p>
<p align="justify"><b>Et plus si affinités</b></p>
<p align="justify"><a href="https://www.arte.tv/fr/videos/086904-000-A/la-vie-de-brian-jones/">https://www.arte.tv/fr/videos/086904-000-A/la-vie-de-brian-jones/</a></p>
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		<title>Wolf Hall &#8211; Dans l&#8217;ombre des Tudors : Thomas Cromwell réhabilité ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/wolf-hall-ombre-tudors-thomas-cromwell/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Jan 2021 07:33:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Wolf Hall : le berceau des Seymour. Une famille de nobles anglais dont la douce fille Jeanne aura l&#8217;heur de plaire au roi Henry VIII, deviendra sa troisième épouse et enfantera le futur Edouard VI. Un garçon enfin, un prince héritier pour transmettre une couronne vacillante sur le front d&#8217;un monarque absolu qui n&#8217;engendre que des [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><div id="attachment_25044" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/01/054779-006-A_woelfe6_05-1452123980965-e1470826977271.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-25044" class="wp-image-25044 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/01/054779-006-A_woelfe6_05-1452123980965-e1470826977271.jpg" alt="Wolf Hall - dans l'ombre des Tudors" width="600" height="338" /></a><p id="caption-attachment-25044" class="wp-caption-text">Photo extraite de la série Wolf Hall &#8211; dans l&rsquo;ombre des Tudors Wolf Hall © Company Pictures/Playground Entertainment for BBC 2015/Giles Keyte</p></div></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 12pt;"><em>Wolf Hall</em> : le berceau des Seymour. Une famille de nobles anglais dont la douce fille Jeanne aura l&rsquo;heur de plaire au roi Henry VIII, deviendra sa troisième épouse et enfantera le futur Edouard VI. Un garçon enfin, un prince héritier pour transmettre une couronne vacillante sur le front d&rsquo;un monarque absolu qui n&rsquo;engendre que des filles alors qu&rsquo;il impose la branche Tudor sur le trône d&rsquo;Angleterre.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/qUjDjUJ68_o" title="Wolf Hall bande annonce" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/qUjDjUJ68_o?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/qUjDjUJ68_o?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h1><span style="color: #000000; font-size: 18pt;">Consolider la dynastie à tout prix</span></h1>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">Nous sommes au début du XVIeme siècle humaniste et renaissant : la Grande Bretagne se remet péniblement de la Guerre des Roses qui confronta les York et les Lancastre. Au terme de ces conflits fratricides, les Tudor raflent le pouvoir en la personne d&rsquo;Henry VII. Son fils doit consolider la dynastie à tout prix. Pour cela il faut un fils, que ses deux premières épouses successives s&rsquo;ingénient à ne pas lui donner. Il lui en faudra six, qu&rsquo;il répudie ou exécute au gré de sa fantaisie et des remous de la politique étrangère. En six épisodes d&rsquo;un luxe et d&rsquo;une justesse inouïs, <em>Wolf Hall &#8211; Dans l&rsquo;ombre des Tudors</em> nous conte le début de cette épopée du point de vue de l&rsquo;homme de l&rsquo;ombre : Thomas Cromwell.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">Homme du peuple, fils de forgeron, parti apprendre la vie en Italie d&rsquo;où il revient pour entrer au service du cardinal Woolsey, intrigant et fin stratège. Cromwell assiste, impuissant, à la chute de son protecteur, provoquée par la manipulatrice Ann Boleyn, qui prend la place de Catherine d&rsquo;Aragon, la première épouse. Il fomentera la perte de cette nouvelle reine, conduite à l&rsquo;échafaud, et l&rsquo;ascension de la très humble Jeanne. Tout en bâtissant une Angleterre autonome, riche et anglicane, en rupture de ban avec l’Église catholique et le Pape. Films et feuilletons le présentent toujours comme le « méchant » de l&rsquo;Histoire, froid, austère, avide. Peter Kosminsky lui rend justice en le montrant humain, raisonné et compatissant.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/elizabeth-iere-portrait-de-femme-biopic-captivant-lecon-de-politique/" rel="bookmark">Elizabeth Iere : portrait de femme, biopic captivant et leçon de politique</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><div id="attachment_25040" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/01/054779-002-A_woelfe2_05-1451519030601-e1470826936417.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-25040" class="wp-image-25040 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/01/054779-002-A_woelfe2_05-1451519030601-e1470826936417.jpg" alt="Wolf Hall - Dans l'ombre des Tudors" width="600" height="338" /></a><p id="caption-attachment-25040" class="wp-caption-text">Photo extraite de la série Wolf Hall &#8211; Dans l&rsquo;ombre des Tudors Wolf Hall © Company Pictures/Playground Entertainment for BBC 2015/Giles Keyte</p></div></p>
<h1><span style="font-size: 18pt;"><span style="color: #000000;">Thomas Cromwell : i</span>nventer la diplomatie moderne</span></h1>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">Le réalisateur de cette série adaptée des romans <span lang="en-US"><i>Wolf Hall</i></span> (2009) et <span lang="en-US"><i>Bring Up the Bodies</i></span> (2012) de Hilary Mantel raconte le règne d&rsquo;Henry VIII du point de vue de cet éminent politicien qui invente la diplomatie moderne en mettant en application les préceptes de Machiavel. La leçon est d&rsquo;autant plus édifiante que le personnage est interprété avec une finesse exceptionnelle par Mark Rilance. Visage émacié, regard distant, sourcils à peine froncés, l&rsquo;acteur campe ici un condottiere dans la plus pure tradition, un homme de main qui conquiert le pouvoir par l&rsquo;intelligence, la psychologie, le savoir, avec en perspective l&rsquo;idée de venger son maître injustement sali.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">Oubliez le caractère spectaculaire, sanglant et sexuel de la fresque des <i>Tudors</i> tournée par Michael Hirst : cette nouvelle version, chaperonnée dans la grande tradition de la BBC, sans jamais verser dans le scabreux ni sacrifier l&rsquo;émotion de l&rsquo;intime, se concentre uniquement sur les étapes d&rsquo;une prise de pouvoir patiente mais tenace, orchestrée en coulisses dans le sillage d&rsquo;un souverain ombrageux et instable : Damian Lewis prête à Henry VIII une fragilité à fleur de peau qui peut éclater en violentes colères, en froides cruautés. Les deux acteurs se complètent parfaitement, en opposant leurs attitudes dans un ballet idéologique troublant qui offre une approche moderne, à comparer à celle tout aussi passionnante du téléfilm <a href="https://www.theartchemists.com/les-six-femmes-dhenry-viii-this-is-a-mans-world/"><i>Les Six </i><i>f</i><i>emmes d&rsquo;Henry VIII</i></a>, daté de 1970.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span><span style="color: #000000;"><strong>   </strong></span><strong><a href="https://www.theartchemists.com/marie-stuart-reine-decosse-des-premices-de-la-femme-moderne/" rel="bookmark">Marie Stuart, reine d’Écosse : des prémices de la femme moderne ?</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><div id="attachment_25041" style="width: 504px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/01/054779-003-A_woelf3_04-1451519063993-e1470826963771.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-25041" class="size-large wp-image-25041" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/01/054779-003-A_woelf3_04-1451519063993-494x279.jpg" alt="Wolf Hall - Dans l'ombre des Tudors" width="494" height="279" /></a><p id="caption-attachment-25041" class="wp-caption-text">Photo extraite de la série Wolf Hall &#8211; Dans l&rsquo;ombre des Tudors &#8211; Wolf Hall © Company Pictures/Playground Entertainment for BBC 2015/Giles Keyte</p></div></p>
<h1><span style="font-size: 18pt;">Atmosphère réaliste et intimiste</span></h1>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">On appréciera par ailleurs le travail des costumes, des décors et des lumières : tournés dans les manoirs et les châteaux de l&rsquo;époque, les six épisodes privilégient les éclairages naturels et la lumière des flambeaux, d&rsquo;où une atmosphère encore plus ouatée et intimiste. Quant au mobilier, il est respectueux de cette période, tout comme les accessoires, les tentures, la disposition dans les intérieurs. Idem pour les habits, le travail des tissus, la constance du thème de la broderie, activité chère aux anglaises d&rsquo;alors et dans laquelle elles excellaient. On pense aux peintures de Van Eyck, de Metsys et d&rsquo;Holbein bien sûr : ainsi la bague que lui offre Woolsey en guise d&rsquo;amitié est-elle directement inspirée de celle arborée dans son portrait.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">Réaliste, fidèle, remarquablement jouée, <i>Wolf Hall</i> analyse avec précision et sans grandiloquence les différentes étapes qui firent basculer Albion dans les Temps Modernes. Effaçant la violence physique, la série met en exergue la brutalité des rapports de force tandis que les courtisans s&rsquo;arrachent le pouvoir comme des chiens de chasse dévorant une bête abattue. C&rsquo;est peu dire que la démonstration est efficace. Et qu&rsquo;elle appelle une suite, pour continuer de disséquer l&rsquo;ascension de ces étonnants personnages.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 12pt;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">Pour voir <em>Wolf Hall &#8211; Dans l&rsquo;ombre des Tudors</em>, suivez <a href="https://www.youtube.com/show/SCeQ8_nRsuVk1MsKM153av_A?season=1"><strong>ce lien</strong></a>. </span></p>
<p style="text-align: justify;">
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