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	<title>mythologie</title>
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		<title>Weegee : l’œil et la plaie, une anatomie de la violence made in USA</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/weegee-photographie-violence-made-in-usa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Oct 2025 15:52:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vous avez visionné la série Monster: The Ed Gein story ? Alors une référence a peut-être dû vous accrocher la rétine : celle du photographe Weegee. Coïncidence ? Aucune. Si Ed Gein, le boucher de Plainfield, a incarné la monstruosité à l’état pur, Weegee en fut le chroniqueur avant l’heure, photographiant la photographié une Amérique qui jouit de sa propre violence. Là où Gein disséquait les corps, Weegee disséquait la...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-Weegee.jpg" alt="différents clichés de Weegee" class="wp-image-38345" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-Weegee.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-Weegee-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-Weegee-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>Vous avez visionné la série <a href="Monster: The Ed Gein story"><em>Monster: The</em> <em>Ed Gein story</em></a><em> ?</em> Alors une référence a peut-être dû vous accrocher la rétine : celle du photographe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Weegee">Weegee</a>. Coïncidence ? Aucune. Si Ed Gein, le boucher de Plainfield, a incarné la monstruosité à l’état pur, Weegee en fut le chroniqueur avant l’heure, photographiant la photographié une Amérique qui jouit de sa propre violence. Là où Gein disséquait les corps, Weegee disséquait la société — à coups de flash. Ce qui vaut bien un petit détour explicatif/analytique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Shooter le</strong><strong> crime</strong></h2>



<p>Commençons par le commencement. Qui était Weegee ? Arthur Fellig débarque dans le New York des années 1930, l’œil vissé à une <em><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Speed_Graphic">Speed Graphic</a></em>, une oreille branchée sur la fréquence de la police. Proto paparazzo avant l’invention du mot, ce chasseur d’ombres suit les sirènes des voitures pie avec acuité. Dormant dans sa voiture, il traque meurtres, accidents, incendies, tout ce qui témoigne du désastre urbain ambiant. Son nom de guerre, Weegee, vient du mot <em>ouija</em>, la planche qui permet d&rsquo;entrer en contact avec les défunts. Parfait pour celui qui semble deviner où frappera la mort, vu qu&rsquo;il arrive souvent sur les scènes de crime AVANT les flics.</p>



<p>Son terrain de jeu ? Manhattan by night, une vraie jungle où les rêves du New Deal s&rsquo;écrasent dans le sang. Weegee photographie les victimes étendues sur l’asphalte, les veuves en pleurs, les badauds fascinés. Il photographie surtout leur regard — celui des vivants qui scrutent le travail de la Faucheuse. C’est là sa modernité. Ses clichés exposent le voyeurisme collectif, la jouissance morbide qui colle à la peau de l’Amérique, nation brutale depuis le berceau. L’Amérique de la Bible et du colt, de la morale et du lynchage.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-613c4934d0c7f014e334ada2f83a85ac"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le spectacle du mal</strong></h2>



<p>La force de Weegee ? Il ne cherche jamais à enjoliver. Ses photos sont brutes, de véritables uppercut visuels. Les spectateurs de ses clichés — policiers, badauds, journalistes — sont fascinés par l’horrible, au même titre que les lecteurs de tabloïds, les spectateurs de télévision, les consommateurs de <em>true crime dont ils préfigurent l’émergence</em>. Avant la télé, avant Netflix, avant les podcasts criminels, Weegee invente la pulsion scopique américaine. Celle qui transforme la douleur en spectacle, la mort en marchandise.</p>



<p>C’est l’autre versant du rêve américain : pendant que les uns construisent des gratte-ciels, d’autres prennent des photos de cadavres. Quand on regarde une image comme <em>Coney Island, Sunday, 1940</em>, cette foule en transe sur la plage, on comprend que Weegee ne photographie pas seulement le crime, mais le vertige collectif. Il voit la ville comme un organisme vivant, haletant, hystérique, où la violence n’est pas l’exception, mais le rythme cardiaque.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’Amérique schizophrène</strong></h2>



<p>C’est ce que Brennan et Murphy ont compris en insérant Weegee dans leur série sur Ed Gein : le meurtrier et le photographe sont les deux faces d’un même pays. L’un agit, l’autre contemple. L’un tue, l’autre révèle. Mais tous deux participent à une mythologie où la violence devient un miroir identitaire. Les États-Unis se construisent sur un paradoxe : une nation puritaine obsédée par le péché, fascinée par le sang. Une société qui condamne la perversion tout en la vénérant dans ses fictions.</p>



<p>Weegee, sans le vouloir, met à nu cette contradiction. Ses photos montrent une humanité dévastée, qui trouve dans le crime un exutoire. Regardez ses clichés de couples endormis dans des cinémas miteux, de prostituées interpellées, d’enfants jouant à côté d’un cadavre : tout est là, la beauté et l’abjection. Une esthétique de la dissonance, qui inspire plus tard le film noir, le polar, et toute une lignée de créateurs, Kubrick, Warhol, Lynch, Cronenberg, Scorsese.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De l’instantané au mythe</strong></h2>



<p>Weegee ne se contente pas de capturer la réalité : il la théâtralise. Ses cadrages sont millimétrés, ses contrastes calculés. Le réel devient mise en scène. C’est pourquoi ses photos s’imposent aujourd’hui comme une préfiguration du cinéma américain moderne. Quand Kubrick tourne <em>Dr. Strangelove</em>, il s’inspire de Weegee pour créer son personnage halluciné — jusqu’à l’imiter dans son phrasé et son accent.</p>



<p>Plus tard, Warhol s’en servira comme icône du voyeurisme urbain. Dans le fond, Weegee est l’inventeur du “crime pop”, bien avant Tarantino. Il transforme le fait divers en art, le sordide en icône. Pas par cynisme, mais par lucidité. Parce qu’il a compris que l’Amérique ne pouvait pas se comprendre sans ses cadavres.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le voyeur et le miroir</strong></h2>



<p>Ce qui trouble, c’est que Weegee n’est pas un observateur neutre. Il rit, il provoque, il compose. Il se met parfois en scène, grimé, facétieux. Il aime ce qu’il fait, il en joue. Et c’est peut-être là que tout bascule : le photographe devient acteur du drame, le témoin s’avère complice. Cette complicité, c’est celle de toute une culture : celle du tabloïd, du fait divers, de la fascination pour la chute.</p>



<p>L’Amérique s’observe dans la mare de sang qu’elle a elle-même versée. Et Weegee lui tend le miroir. Aujourd’hui encore, ses images continuent de hanter les consciences. On les retrouve dans l’imaginaire des séries, des jeux vidéo, des blockbusters — jusque dans les reconstitutions de <em>true crime</em> où les morts sont rejoués comme des stars. Tout est spectacle. Tout est consommable.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La violence comme ADN</strong></h3>



<p>Ce que Weegee a photographié, ce n’est pas seulement la misère ou la criminalité : c’est la structure même du regard américain. Celui qui transforme la violence en produit culturel. Celui qui fabrique des héros à partir de meurtriers, de Bonnie &amp; Clyde à Ted Bundy. La série sur Ed Gein ne fait que prolonger cette fascination. On ne regarde plus la mort, on la scénarise, on la binge-watch.</p>



<p>Et c’est précisément parce que Weegee a su capturer cette pulsion — sans filtre, sans morale — qu’il reste aujourd’hui d’une actualité brûlante. Il nous rappelle que la violence, aux États-Unis, n’est pas un accident : c’est un langage, un imaginaire, une industrie. Et que derrière chaque flash, chaque cliché, chaque série Netflix sanglante, se cache toujours le même désir : celui de voir, encore et encore, la fin du rêve américain.</p>



<p>Weegee ne juge pas. Il montre. Et ce faisant, il met le doigt dans la plaie. Une plaie béante, qui ne s’est jamais refermée. Celle d’une nation née dans le sang et qui, pour ne pas sombrer, s’invente sans cesse de nouvelles mythologies violentes. Il y a dans chaque photo de Weegee une vérité que l’Amérique n’a jamais voulu entendre : sa violence n’est pas un dysfonctionnement, c’est son moteur.</p>



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		<title>Pétanque ! À Marseille, le musée capte l’art de vivre à pieds tanqués</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/petanque-exposition-musee-histoire-marseille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Aug 2025 08:16:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[Lifestyle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On la croit carte postale, mythologie de pastis et de platanes. Faux. Au Musée d’Histoire de Marseille, la pétanque devient un prisme : histoire sociale, gestes, codes, territoires. Intégrée au parcours permanent, l’exposition Pétanque ! déroule cinq espaces — introduction, histoire, “pétanque et société”, sortie, puis un extérieur avec terrain — et pose une évidence : ici, on ne “joue” pas seulement, on fabrique du lien. Un folklore remis en...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="397" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-exposition-Petanque.jpg" alt="affiche de l'exposition pétanque à Marseille" class="wp-image-38280" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-exposition-Petanque.jpg 397w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-exposition-Petanque-191x288.jpg 191w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-exposition-Petanque-327x494.jpg 327w" sizes="(max-width: 397px) 100vw, 397px" /></figure>



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<p>On la croit carte postale, mythologie de pastis et de platanes. Faux. Au Musée d’Histoire de Marseille, la pétanque devient un prisme : histoire sociale, gestes, codes, territoires. Intégrée au parcours permanent, l’exposition <em>Pétanque !</em> déroule cinq espaces — introduction, histoire, “pétanque et société”, sortie, puis un extérieur avec terrain — et pose une évidence : ici, on ne “joue” pas seulement, on fabrique du lien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un folklore remis en contexte</h2>



<p>Au cœur du dispositif : les images de Hans Silvester. Dans les années 60–70, le photographe de l’agence Rapho saisit le jeu provençal et la pétanque comme on capte une danse — concentration, tactique, poids des corps, silences avant l’envoi. Le musée expose ce corpus marseillais, resserré, élégant, qui raconte la ville par ses rythmes du quotidien plus que par ses grands récits officiels.</p>



<p>La scénographie mixe photos, affiches, dessins et objets patrimoniaux : boules de mail et de pétanque, santons, souvenirs du Mondial La Marseillaise, tout un folklore… mais désamorcé, remis en contexte. Ce que l’on voit surtout, c’est une pratique urbaine qui infuse la cité : après le travail, sur la plage, au pied des barres, aux concours des bars de quartier. La présence d’archives (par exemple les plaques de verre d’Édouard Cornet, vers 1909–1910) enfonce le clou : la pétanque n’est pas un cliché récent mais une longue mémoire des gestes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une micro-politique du commun</h2>



<p>Le parcours rappelle aussi l’écosystème marseillais : la Fédération, l’entreprise La Boule Bleue, la grande-messe du Mondial… Bref, une filière, une économie, une fierté locale revendiquée. À l’échelle du musée, l’idée est claire : traiter la pétanque comme un “vrai sujet historique et sociologique”, pas comme un simple folklore régional. La ligne tient : le propos est documenté, appuyé sur des recherches, et le ton reste populaire — à l’image du jeu.</p>



<p>Point fort : la manière dont l’exposition fait sentir que jouer “à pieds tanqués” organise l’espace public. Le terrain de fortune, tracé à la craie, devient agora. Les rituels (qui pointe, qui tire, qui commente) dessinent une micro-politique du commun. C’est ce que le parcours parvient à faire passer sans lourdeur, en tressant ethnologie, culture pop et photo. On ressort avec une grille de lecture de la ville : la pétanque comme art de vivre, outil d’inclusion, fabrique de voisinage — loin de la nostalgie figée.</p>



<p>Pour en savoir plus et préparer votre visite, consultez le <a href="https://musees.marseille.fr/petanque-exposition-inedite-au-musee-dhistoire-de-marseille">site des Musées de Marseille</a>.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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		<title>Exposition CLUBBING au Grand Palais Immersif : la nuit comme manifeste</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/exposition-clubbing/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Aug 2025 09:56:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Exposition CLUBBING : ça pulse, ça clignote, le sol parle, les murs renvoient l’histoire collective de nos nuits. Le Grand Palais Immersif revendique la nuit comme un langage politique, un safe space bricolé contre le conformisme, la flicaille morale et la grisaille du quotidien. Danser, c’est écrire son corps à l’encre stroboscopique. Des cavernes disco aux cathédrales techno CLUBBING ? Un voyage à 360° dans la culture club, des cavernes...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="406" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-Clubbing.jpg" alt="affiche de l'expo Clubbing" class="wp-image-38249" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-Clubbing.jpg 406w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-Clubbing-195x288.jpg 195w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-Clubbing-334x494.jpg 334w" sizes="(max-width: 406px) 100vw, 406px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Exposition <em>CLUBBING</em> : ça pulse, ça clignote, le sol parle, les murs renvoient l’histoire collective de nos nuits. Le  <a href="https://grandpalais-immersif.fr/">Grand Palais Immersif</a> revendique la nuit comme un langage politique, un <a href="https://www.theartchemists.com/beautiful-skin-safe-space/">safe space</a> bricolé contre le conformisme, la flicaille morale et la grisaille du quotidien. Danser, c’est écrire son corps à l’encre stroboscopique.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="CLUBBING au Grand Palais Immersif" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/KmkIuszu6I4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Des cavernes disco aux cathédrales techno</h2>



<p><em>CLUBBING ?</em> Un voyage à 360° dans la culture club, des cavernes disco aux cathédrales techno : The Loft, <a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-studio-54/">Studio 54</a>, Haçienda, <a href="https://www.theartchemists.com/podcast-palace/">Le Palace</a>, Bains Douches, Pulp, Trésor, Berghain… Conçue par Pierre Giner avec le collectif graphique Trafik et le média électronique Poptronics, l’exposition vous invite à créer votre avatar, vous habiller façon Andrea Crews / Maroussia Debeck, vous lâche sur un dancefloor numérique où ça voggue, gabberise, club-kidise, pendant que défilent témoignages et figures (Étienne de Crécy, Dave Haslam, etc.).</p>



<h2 class="wp-block-heading">La fête comme archive sensible</h2>



<p>Manifeste immersif XXL : CLUBBING ne momifie pas la nuit, elle la magnifie. On y parle identités, émancipation, contre-cultures et créolisation esthétique : la piste s’incarne comme le lieu de négociation entre intimes et politiques, entre minorités et mainstream. L’exposition assume la fête comme archive sensible — un montage de sons, d’images, de corps, de styles, d’utopies bricolées entre néons et fumée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Énergies contradictoires</h2>



<p>On passe par la parade des styles, notre double se perd dans la foule virtuelle, on se frotte aux mix historiques de FG, on traverse couloirs d’images et slogans typographiés, zones de danse et récits se mêlent. Énergies contradictoires : le parcours est calibré pour tous publics, sans renier la part d’insolence qui a fait des clubs des laboratoires d’autodétermination.</p>



<p>Concrètement, on y va pour :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La traversée des lieux mythiques, rejoués comme ambiances et mythologies partagées.</li>



<li>Le dispositif avatar (costumes, styles, défilé, dancefloor) qui désacralise la visite.</li>



<li>Le regard politique assumé : la nuit comme espace d’expérimentation, de résistance et d’émancipation.</li>
</ul>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Soft power : outil de rayonnement ou piège culturel ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/soft-power/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Jun 2025 16:53:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cela va peut-être étonner les plus candides d’enter vous, mais le monde de la géopolitique n&#8217;est pas uniquement peuplé de tanks, de missiles, de discours onusiens et de négociations barbouziennes. Non, non, non, dans cette histoire il faut aussi compter avec le soft power. Vous avez peut-être déjà entendu le mot, sans trop capter de quoi il s’agit vu que la notion est assez retorse. Dommage car la logique est...</p>
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<p>Cela va peut-être étonner les plus candides d’enter vous, mais le monde de la géopolitique n&rsquo;est pas uniquement peuplé de tanks, de missiles, de discours onusiens et de négociations barbouziennes. Non, non, non, dans cette histoire il faut aussi compter avec le soft power. Vous avez peut-être déjà entendu le mot, sans trop capter de quoi il s’agit vu que la notion est assez retorse. Dommage car la logique est vraiment efficace, et que nous sommes tous.tes touché.es. Attachez vos ceintures, on plonge dans le monde fascinant du pouvoir doux !</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="PARASITE - Bande-Annonce Officielle" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/e_sUpjVgqU4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Qu&rsquo;est-ce que le Soft Power ?</h2>



<p>Déjà une petite définition la plus claire possible&nbsp;: le soft power, c&rsquo;est l&rsquo;art de séduire et d&rsquo;influencer sans recourir à la force brute. Concrètement ça donne quoi&nbsp;? Imaginez une soirée où vous devez convaincre quelqu&rsquo;un de choisir votre série préférée. Plutôt que de crier et de menacer, vous sortez vos arguments les plus subtils : les critiques élogieuses, les scènes marquantes, le charisme des acteurs. Eh bien, c’&rsquo;est exactement ce que font les pays sur la scène internationale avec le soft power : ils utilisent la culture, les valeurs et les politiques attractives pour gagner des alliés, diffuser leur point de vue et influencer l&rsquo;opinion mondiale pour aller dans leur sens.</p>



<p>Le terme a été forgé à la fin des années 1980 par le politologue américain <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Nye">Joseph Nye</a>, professeur à Harvard, dans son ouvrage <em>Bound to Lead: The Changing Nature of American Power</em> (1990). Nye y conteste le déclin annoncé de la puissance américaine après la Guerre froide, en proposant une nouvelle grille de lecture du pouvoir : selon lui, la capacité d’un pays à influencer les autres sans contrainte, par l’attraction plutôt que par la coercition, constitue une forme de puissance à part entière. Nye oppose ainsi le <em>hard power</em>, fondé sur la force militaire et les pressions économiques, au <em>soft power</em>, qui repose sur la culture, les valeurs politiques (liberté, démocratie, droits humains) et la légitimité de la politique étrangère. C’est une puissance plus diffuse, souvent moins visible, mais redoutablement efficace dans un monde interconnecté où l’image et la narration jouent un rôle crucial.</p>



<p>Dans ses ouvrages ultérieurs, notamment <em>Soft Power: The Means to Success in World Politics</em> (2004) et <em>The Future of Power</em> (2011), Nye affine sa pensée et introduit l’idée de <em>smart power </em>: une combinaison stratégique du hard et du soft power. D’autres chercheurs, politistes et spécialistes des relations internationales ont enrichi le concept :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Bourdieu">Pierre Bourdieu</a>, sans utiliser le terme « soft power », a largement exploré la notion de violence symbolique et de domination culturelle, qui préfigure certaines réflexions sur l’influence douce dans un cadre global.</li>



<li>Le sociologue <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Manuel_Castells">Manuel Castells</a> a travaillé sur le pouvoir des réseaux et l’économie de l’image dans la société de l’information, en lien avec l’idée d’une influence par la communication.</li>



<li>Dans une perspective critique, des auteurs comme <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_Sa%C3%AFd">Edward Saïd</a> (avec le concept d’orientalisme) ont souligné que le soft power peut aussi masquer des dynamiques néocoloniales, lorsque la séduction culturelle sert des objectifs de domination.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="BTS (방탄소년단) &#039;Dynamite&#039; Official MV" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/gdZLi9oWNZg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Soft power in real life</h2>



<p>Ok mais sur le terrain, in real life, ça donne quoi&nbsp;? Comment se décline le soft power&nbsp;? Quelle tournure&nbsp;? Quelle logique&nbsp;? Voici quelques exemples géographiques pour mieux cerner la chose (vous allez voir, en fait vous connaissez bien le concept sauf que vous ne le saviez pas mais heureusement The ARTchemists sont là).</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Les États-Unis : Hollywood et McDonald&rsquo;s</em></h3>



<p>Ah, les États-Unis ! Pas pour rien que l’idée vient de là. Les Américains ont compris depuis longtemps l&rsquo;importance du soft power. Hollywood, c&rsquo;est un peu la machine à rêves mondiale. Les blockbusters américains envahissent les écrans de la planète, façonnant les imaginaires et les aspirations de millions de personnes. Ajoutez à cela des marques comme McDonald&rsquo;s et Coca-Cola, des réseaux sociaux comme Facebook ou X et vous avez un cocktail explosif de soft power. Ces éléments véhiculent une image de liberté, de succès et de prospérité, mais au finish il s’agit d’implanter les valeurs made in USA un peu partout dans nos petits crânes.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>La Corée du Sud : K-pop et K-dramas</em></h3>



<p>Qui aurait cru il y a vingt ans que la Corée du Sud deviendrait une superpuissance culturelle ? Avec la montée en puissance de la K-pop (merci BTS !) et des dramas coréens, le pays a su s&rsquo;imposer comme une référence mondiale en matière de divertissement. En 2020, par exemple, le film <em>Parasite </em>a remporté l&rsquo;Oscar du meilleur film, une première pour un film non anglophone, illustrant parfaitement cette ascension fulgurante.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>La Chine : les routes de la soie culturelles</em></h3>



<p>La Chine n’est pas en reste, au contraire. Elle utilise le soft power pour améliorer son image sur la scène internationale, notamment à travers des initiatives comme les <a href="https://www.institutconfucius.fr/">Instituts Confucius</a>, présents dans le monde entier afin de promouvoir la langue et la culture chinoises. De plus, elle investit massivement dans des productions cinématographiques internationales,organise des événements culturels de grande envergure, comme les Jeux olympiques de Pékin en 2008, et prête des pandas en leasing aux zoos les plus célèbres de la planète.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Concert de Raghunath Manet dans le cadre du festival Namasté France, 24 novembre 2016" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/kcSwS9aexn8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Soft power&nbsp;: facettes stratégiques</h2>



<p>Les avantages du soft power&nbsp;? Innombrables et bien pratiques. Tout principalement, cette méthode d&rsquo;influence&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>évite les coûts humains et financiers des conflits armés,</li>



<li>crée des alliances durables fondées sur l&rsquo;admiration et le respect mutuel plutôt que sur la peur ou la coercition.</li>
</ul>



<p>Bref c’est juste génial, ça évite de s’égorger. Et ça donne une excellente image du pays qui soft powerise. Ainsi, la France s’est imposée au fil des années comme un modèle de culture et de sophistication grâce à son cinéma, sa cuisine, son art de vivre, ce qui renforce son influence mondiale sans un seul coup de fusil.</p>



<p>Allons un peu plus loin dans cette analyse. Quelles sont les composantes d’un soft power abouti&nbsp;?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>La diplomatie culturelle</em></h3>



<p>Les musées, les expositions et les festivals internationaux sont autant d&rsquo;outils de diplomatie culturelle. Les pays organisent et sponsorisent ces événements pour partager leur culture et renforcer leurs liens avec d&rsquo;autres nations. Par exemple, l’Inde organise à Paris depuis 2010 le festival <a href="https://in.ambafrance.org/Namaste-France-Festival-de-l-Inde-en-France">Namasté France</a> — une initiative de diplomatie culturelle portée par l’<a href="https://www.amb-inde.fr/">Ambassade</a> d&rsquo;Inde et l’<a href="https://www.a2ascholarships.iccr.gov.in/">ICCR</a>, en partenariat avec l’Institut français. Ce festival pluridisciplinaire (musique, danse, artisanat, ateliers, gastronomie) a rassemblé plus de 20 000 visiteurs en 2023, illustrant un engagement durable dans le dialogue interculturel.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>L’éducation et les échanges académiques</em></h3>



<p>Les bourses d&rsquo;études et les programmes d&rsquo;échange académique sont des moyens puissants de soft power. Les étudiants étrangers sont exposés à la culture du pays d&rsquo;accueil où ils partent faire leur cursus ; ils peuvent ainsi devenir des ambassadeurs culturels lorsqu&rsquo;ils rentrent chez eux. Exemple type et particulièrement abouti, le <a href="https://www.daad-france.fr/fr/etudier-et-faire-de-la-recherche-en-allemagne/etudier-en-allemagne/">DAAD</a>, service allemand d’échanges universitaires, est l’un des plus puissants programmes de soft power éducatif au monde. Il finance des milliers de mobilités d’étudiants, d’enseignants et de chercheurs chaque année, dans une logique de coopération scientifique et culturelle. L’Allemagne s’affiche ainsi comme un pays ouvert, rigoureux, moderne, cultivant une image de partenaire fiable, particulièrement dans le monde universitaire.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Médias et divertissement</em></h3>



<p>Les films, les séries télévisées, la musique, les jeux vidéo, mais aussi les formats courts ou les webtoons, sont aujourd’hui parmi les vecteurs les plus puissants du soft power culturel. Ils façonnent les représentations, véhiculent des styles de vie, font rayonner des langues, des esthétiques, des récits nationaux. Grâce aux plateformes de streaming comme Netflix, YouTube, Spotify ou TikTok, les contenus culturels circulent à une vitesse inédite et touchent des publics mondiaux — souvent bien au-delà des intentions initiales. La cinématographie indienne, avec ses codes visuels, ses récits mélodramatiques et son ancrage dans les mythologies locales, s’est imposée comme un pôle culturel majeur en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient. <a href="https://www.theartchemists.com/exposition-bollywood-quai-branly/">Bollywood</a> ne vend pas seulement des films, mais aussi une certaine image de l’Inde : festive, colorée, spirituelle, moderne et profondément enracinée dans ses traditions.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Fela Kuti - Teacher Don&#039;t Teach Me Nonsense (Live at Glastonbury, 1984)" width="640" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/Ts9y5-nfoQ8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Soft power : un atout pour l’art et la culture… ou une menace ?</h2>



<p>L’art et la culture ont toujours circulé, inspiré, ému au-delà des frontières. Mais dans un monde où l’image d’un pays constitue un levier stratégique, ils sont de plus en plus perçus comme des outils d’influence. Le soft power s’infiltre désormais dans les logiques de production culturelle. Est-ce une chance pour les artistes et les institutions ? Ou un risque d’instrumentalisation, voire de formatage ?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Un levier de rayonnement… et de soutien</em></h3>



<p>Le soft power a indéniablement ouvert des portes à la création artistique. Dans certains pays, les politiques culturelles intègrent cette dimension stratégique pour mieux soutenir leurs artistes à l’international. La Turquie, par exemple, a misé massivement sur l’exportation de ses séries télévisées (« dizi »), devenues des succès populaires dans les Balkans, au Moyen-Orient, en Afrique et jusqu’en Amérique latine.<br />Des productions comme <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dirili%C5%9F:_Ertu%C4%9Frul">Diriliş: Ertuğrul</a></em>, épopée néo-ottomane portée par des valeurs traditionnelles et une imagerie nationale forte, participent à façonner une image valorisante et influente de la Turquie contemporaine. Ce succès, aussi sincère soit-il sur le plan artistique, incarne une forme de soft power parfaitement orchestrée, mêlant récit national, nostalgie impériale et stratégie culturelle régionale.</p>



<p>En France, l’action culturelle extérieure repose sur un écosystème d’aides, de festivals, d’instituts et de subventions, qui favorise le rayonnement international d’une culture diverse et plurielle. Ce soutien permet à des cinéastes, des auteurs, des musiciens de faire entendre leur voix bien au-delà de l’espace francophone.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Quel est le prix culturel du soft power ?</em></h3>



<p>Lorsque la culture devient un vecteur stratégique, elle risque de s’aligner sur des critères de visibilité, de désirabilité ou de conformité à une image souhaitée. Certains projets sont favorisés parce qu’ils « représentent bien » une esthétique ou un récit national, tandis que d’autres sont relégués car jugés trop critiques, trop dérangeants.</p>



<p>C’est le cas du cinéaste iranien <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jafar_Panahi">Jafar Panahi</a>, plusieurs fois emprisonné, censuré, puis interdit de tourner dans son propre pays. À l’international, ses films sont célébrés, primés à Berlin, Cannes ou Venise. Ils participent à l’image d’un Iran culturellement raffiné et intellectuel, tout en étant condamnés par les autorités qu’ils dérangent. Cette récupération paradoxale témoigne de la manière dont une œuvre dissidente peut renforcer le prestige culturel d’un pays malgré lui.</p>



<p>De façon inverse, certains artistes critiques sont progressivement neutralisés par la reconnaissance institutionnelle. C’est ce qu’a connu le musicien nigérian <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fela_Kuti">Fela Kuti</a>, dont la musique radicale et militante a longtemps été rejetée par le pouvoir, avant d’être célébrée comme symbole de fierté nationale, une fois sa figure iconique stabilisée.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Les artistes, des ambassadeurs malgré eux ?</em></h3>



<p>Beaucoup de créateurs ne se pensent pas comme des instruments diplomatiques. Leur œuvre naît d’une démarche intime, esthétique, politique. Mais dès qu’ils rencontrent le succès à l’international, ils deviennent, volontairement ou non, des symboles de leur culture d’origine.<br />C’est le cas de <a href="https://www.studioghibli.fr/">Studio Ghibli</a>, au Japon, dont les films porteurs d’univers oniriques, d’écologie douce et de spiritualité subtile ont projeté dans le monde une vision apaisée, poétique et positive de la culture japonaise. À l’opposé, des figures comme <a href="https://www.theartchemists.com/sunflower-seeds-ai-weiwei/">Ai Weiwei</a> (Chine), dont l’art est frontalement politique, sont érigées comme icônes de la liberté d’expression à l’étranger, alors qu’elles sont effacées de l’espace public national.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="HIDDEN by Jafar Panahi - Trailer" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/V6IQ2QIPvnE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une tension féconde ?</h2>



<p>La relation entre soft power et création artistique est donc profondément ambivalente. Elle peut être fertile, lorsqu’elle offre aux artistes des moyens, une visibilité, une reconnaissance. Mais elle peut aussi être limitante, lorsqu’elle oriente les productions vers ce qui est « exportable », « positif », « non dérangeant ».</p>



<p>Pour préserver la vitalité artistique, il est essentiel de maintenir des espaces de création autonomes, à l’abri des impératifs diplomatiques ou des logiques d’image. Car le rôle profond de l’art n’est pas seulement de séduire ou de représenter : c’est aussi de troubler, de questionner, de résister — et c’est en cela qu’il reste, paradoxalement, l’un des vecteurs les plus puissants du soft power véritable.</p>



<p>Le soft power n’est ni bon ni mauvais en soi. C’est un outil, une stratégie, une énergie culturelle en mouvement. Reste à savoir qui l’emploie, dans quel but, et avec quelles limites. Car derrière la séduction douce se joue parfois une partie d’échecs bien plus rude.<br />Alors la prochaine fois que vous chantez un tube de BTS, regardez une série turque ou écoutez un auteur exilé à la radio, demandez-vous : suis-je juste un public ? Ou déjà un pion sur l’échiquier du pouvoir ?</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Le Bassin des Lumières, entre pixels et Pharaons</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/bassin-lumieres-bordeaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cédric Chaory]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Jun 2025 10:36:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38070</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Bassin des Lumières, site le plus visité d’une ville de Bordeaux désormais dopée à l’effervescence culturelle, propose une nouvelle plongée dans l’Histoire, ou plutôt dans son idée visuelle. Cette fois, cap sur l’Égypte des pharaons. Pas besoin de billet d’avion ni de sable dans les chaussures : ici, on remonte le temps en immersion numérique, entre chefs-d’œuvre mythiques et trésors ressuscités. Disponible jusqu’au 4 janvier 2026. Bordeaux : de...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-Bassin-des-Lumieres.jpg" alt="" class="wp-image-38071" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-Bassin-des-Lumieres.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-Bassin-des-Lumieres-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-Bassin-des-Lumieres-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>Le Bassin des Lumières, site le plus visité d’une ville de Bordeaux désormais dopée à l’effervescence culturelle, propose une nouvelle plongée dans l’Histoire, ou plutôt dans son idée visuelle. Cette fois, cap sur l’Égypte des pharaons. Pas besoin de billet d’avion ni de sable dans les chaussures : ici, on remonte le temps en immersion numérique, entre chefs-d’œuvre mythiques et trésors ressuscités. Disponible jusqu’au 4 janvier 2026.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Egyptian Pharaohs, the immersive experience in Bordeaux" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/HaQ-Ry2v44c?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading"><strong>Bordeaux : de l’endormissement profond au réveil scénarisé</strong></h2>



<p>Pendant des décennies, Bordeaux a porté le doux sobriquet de Belle Endormie, comme on supporte une blague un peu lourde lors d’un dîner de famille. Une ville engourdie, planquée derrière ses façades noirâtres, ses quais transformés en <em>no man’s land </em>logistique, et son trafic automobile qui tenait plus de l’épreuve respiratoire que de la circulation.</p>



<p>Mais miracle : en 1995, Alain Juppé endosse le costume de chirurgien en chef et entame une opération à cœur ouvert sur la ville. Finie la torpeur provinciale, place au projet de réveil express — à grands coups de réhabilitation, de stratégie urbaine et de photogénie retrouvée.Tel un chef d’orchestre réglant chaque levée de rideau, Juppé déroule sa partition : transformation progressive, acte après acte, dans une mise en scène léchée. Bordeaux s’ébroue enfin, mais sous les spots.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une mise en scène bien huilée</strong></h2>



<p>Premier décor : le Miroir d’eau, inauguré en 2006, sorte de tapis de lumière liquide posé au pied de la Place de la Bourse, elle-même restaurée avec le soin d’un ébéniste fanatique de Louis XV. Résultat : une symétrie parfaite, une lumière flatteuse, des passants transformés en silhouettes esthétiques — bref, la ville devient son propre décor.</p>



<p>Les quais, jadis peuplés de camions et de hangars oubliés, s’offrent une seconde vie façon rive gauche à la bordelaise. Aujourd’hui, tout y est : terrasses chic, parterres maîtrisés, cyclistes épanouis, joggeurs souriants. L’ère du piéton roi a commencé. Même le tramway, ce serpent urbain sans caténaire, se faufile dans le paysage comme s’il n’avait jamais connu la SNCF.</p>



<p>Et la rue Sainte-Catherine ? Ce qui ressemblait à un tube artériel bouché redevient lieu de déambulation – et accessoirement, de shopping. Bordeaux respire à nouveau. Du moins en surface.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une ville qui s’écoute (et s’admire)</strong></h2>



<p>Mais la mue ne s’arrête pas aux trottoirs. Juppé insuffle une « âme », ou du moins un supplément d’âme suffisamment audible pour que l’UNESCO le remarque. Le Grand Théâtre brille comme au premier lever de rideau.</p>



<p>La Cité du Vin pousse hors mandat, comme un champignon culturel prêt à faire fructifier l’œnotourisme. En 2007, Bordeaux décroche le Graal patrimonial : son classement au patrimoine mondial de l’Humanité. C’est officiel : la Belle Endormie est devenue une influenceuse patrimoniale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un temple numérique au cœur du bunker</strong></h2>



<p>Mais le vrai coup de génie — ou de projecteur — vient en 2020 : la transformation d’un ancien bunker allemand en cathédrale numérique. Les Bassins des Lumières naissent dans la plus grande discrétion bétonnée, et très vite, deviennent la nouvelle Mecque culturelle d’un public en quête d’expériences instagrammables.</p>



<p>Sur 13 000 m², les chefs-d’œuvre de Klimt, Van Gogh, Kandinsky, Monet et autres stars de musée défilent à grand renfort de sons envoûtants et de pixels tremblants. Reflets liquides, murs qui vibrent, œuvres démultipliées comme dans un rêve opiacé : ici, pas de cartel poussiéreux ni de silence sacré. On regarde, on écoute, on se laisse avaler.</p>



<p>Plus de 500 000 visiteurs par an, venus en quête de beauté immédiate : touristes, écoliers, Bordelais branchés. La culture devient spectacle total. Et les expositions s’enchaînent à un rythme quasi stakhanoviste : Klein, Sorolla, Dalí, Mondrian… Un casting à faire rougir le Louvre. Sans la queue.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Égypte pharaonique : voyage dans le passé… en ultra-HD</strong></h2>



<p>Dernière fresque en date : un plongeon dans l’Égypte antique, version ultra-narrative. On part de la création du monde selon Atoum, on file jusqu’à Ramsès II, avec l’illusion de traverser trois millénaires de civilisation – sans quitter ses baskets.</p>



<p>Sable qui vole, Nil qui ondule, champs labourés par des paysans numériques. Les pyramides surgissent, le Sphinx médite, tout y est. Le spectateur avance, absorbé par une cosmogonie brillamment rétroprojetée. Les figures légendaires — Néfertiti, Akhenaton, Ramsès — s’incarnent en stèles de lumière mouvantes. La caution savante est assurée par un égyptologue, Jean-Guillaume Olette-Pelletier, et une incursion technologique made in <em>Assassin’s Creed Origins</em>. L’Histoire revisitée façon sandbox éducatif.</p>



<p>Louxor, Abou Simbel, Dendérah : autant d’étapes numériques dans cette odyssée sensorielle. On n’apprend pas, on absorbe. Moins cours magistral que transe visuelle. Et la bande-son ? Une partition immersive concoctée par Start-Rec : Verdi, Massive Attack, Peter Gabriel et même Led Zeppelin. Un florilège savamment désordonné qui va de l’opéra au trip-hop, en passant par les guitares saturées. Quand les pyramides se construisent à l’écran, une composition originale accompagne le labeur avec la lourdeur d’un bloc de granit qu’on hisse à bout de bras. Drôle d’effet secondaire : on ressent presque l’épuisement d’un esclave du Nouvel Empire. C’est dire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Orientalistes : quand l’Occident rêve tout haut</strong></h2>



<p>Après les dieux, place aux fantasmes. La seconde partie de l’exposition – qui m’est apparue bien plus enthousiasmante &#8211; s’attaque à l’orientalisme, ce champ miné de projections en Technicolor. Mais inutile de s’attendre à une déconstruction académique : ici, c’est l’Orient vu par les peintres du XIXe, entre extase visuelle et exotisme bon teint. Eugène Delacroix ouvre le bal, le pinceau chargé d’émotion et de clichés.</p>



<p>Les villes orientales prennent forme sur les murs de béton : ruelles labyrinthiques, bazars débordants, toits de mosaïque. Gérôme y fait défiler ses soldats moustachus et ses scènes de marché figées. Tout cela sent bon le fantasme colonial bien cadré. Puis vient la séquence festive : danseurs en boucle, musiciens orientaux de synthèse, électro hypnotique. Un Orient de music-hall, esthétique, vibrant — et entièrement filtré par le regard occidental. La fascination est palpable, la distance critique… optionnelle.</p>



<p>On glisse ensuite dans l’Orient du décor : palais, faïences, fontaines. Gérôme, Chassériau, Ingres peignent un monde lisse, doré, immobile. L’Orient devient surface, tissu, motif. Presque un motif de salle de bain — en plus noble, bien sûr.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Traversée du désert, fauves en embuscade et femmes orientales</strong></h2>



<p>Un changement de ton s’opère avec la grande séquence du désert : caravane contemplative, lumière rasante, vent de sable. Un Orient mystique, silencieux, propice à la méditation… ou à l’évasion mentale, selon l’humeur.</p>



<p>Puis viennent les fauves. Lions, panthères, bêtes magnifiées, quasi divinisées. Delacroix les dessine majestueux, Vernet les traque avec panache. On sent poindre l’esthétique de la domination, le face-à-face symbolique entre l’Occident triomphant et l’animalité sauvage de l’Ailleurs.</p>



<p>Et comme il se doit, le dernier tableau est réservé aux femmes. Alanguies, offertes, idéalisées, elles peuplent harems et salons. Odalisques éternellement disponibles, beauté muséifiée. En fond sonore, Neneh Cherry tente une relecture féminine, comme un clin d’œil critique glissé in extremis. Mais l’ambiguïté persiste. La beauté, ici, reste enfermée dans son cadre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Éblouissement sous haute surveillance</strong></h2>



<p>Dans ce théâtre d’eau et de lumière, tout est splendide — mais rien n’est anodin. Les Bassins des Lumières déroulent un récit à double tranchant : émerveillement, oui, mais à condition de garder l’œil un peu méfiant. Car derrière la fascination se cache parfois une question non résolue, une histoire racontée dans une langue flatteuse, mais partiale.</p>



<p>L’Égypte des Pharaons impose sa mythologie avec majesté. Les Orientalistes, eux, jouent les trouble-fêtes esthétiques : entre admiration et malaise.</p>



<p>Les Bassins n’enseignent pas. Ils submergent. À chacun de savoir s’il veut flotter… ou plonger.</p>



<p>Pour en savoir plus, consultez le site des <a href="https://www.bassins-lumieres.com/fr">Bassins des Lumières</a>.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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		<title>KAOS : l’Olympe en crise !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-kaos/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 17:30:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les cours sur la mythologie grecque vous barbent profondément ? Vous vous êtes endormi.e dès les premières lignes des Métamorphoses d’Ovide ? Vous ne comprenez rien de rien à l’histoire de Prométhée ou au périple d’Orphée ? Il devient donc urgent de visionner la génialissime série Kaos. Vous ne serez pas déçu.e ! L’Antiquité grecque selon Charlie Covell Kaos : la fresque réalisée par une Charlie Covell pour le moins inspirée va vous scotcher à...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/04/The-ARTchemists-Kaos.jpg" alt="" class="wp-image-37950" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/04/The-ARTchemists-Kaos.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/04/The-ARTchemists-Kaos-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/04/The-ARTchemists-Kaos-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Les cours sur la mythologie grecque vous barbent profondément ? Vous vous êtes endormi.e dès les premières lignes des <em>Métamorphoses</em> d’Ovide ? Vous ne comprenez rien de rien à l’histoire de Prométhée ou au périple d’Orphée ? Il devient donc urgent de visionner la génialissime série <em>Kaos</em>. Vous ne serez pas déçu.e !</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="KAOS | Official Trailer | Netflix" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/-max0wOTcuI?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L’Antiquité grecque selon Charlie Covell</h2>



<p><em>Kaos</em> : la fresque réalisée par une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Charlie_Covell">Charlie Covell</a> pour le moins inspirée va vous scotcher à votre canapé, vous faire avaler voter popcorn de travers. Il faut dire que la showrunneuse de <em>The End of the F***ing World</em> en a sous le capot quand il s’agit de faire vibrer le public. Avec <em>Kaos</em>, elle s’attaque direct aux légendes de l’Antiquité grecque ; et sous son objectif : l’Olympe prend des allures de villa grandiloquente, Zeus et sa famille se comportant comme une insupportable famille de mafieux. Orphée devient une star du rock, parti chercher dans des enfers en black and white une Eurydice qui ne le supporte plus et trouve une raison d’exister dans l’au-delà. Un au-delà trompeur du reste, puisqu’on y trouve pas forcément l’éternité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un panthéon au bord de la crise de nerfs</h2>



<p>Sauf que ça, les dieux ne tiennent pas trop à ce que cela se sache. Zeus surtout, patriarche névrosé, parano et cruel (Jeff Goldblum est juste parfait dans ce rôle), qui redoute qu’on lui prenne sa place et qui agit en conséquence, c’est à dire n’importe comment au grand dam de son épouse, Héra (Janet McTeer), qui ne sait plus trop comment gérer cet emmerdeur. Idem pour Poséidon, Hadès et consort. Bref c’est l’ensemble du panthéon qui frôle la crise de nerfs… à raison. Car il y a anguille sous roche, une anguille téléguidée de longue date par un Prométhée pas si enchaîné que ça et très très désireux de prendre sa revanche. Des siècles à se faire bouffer le foie, ça va bien un instant, mais il faudrait voir à ce que ça ne dure pas trop.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un cocktail qui ne demande qu’à exploser</h2>



<p>D’où la relecture du mythe d’Orphée version jeans et baskets/road movie, Orphée qui n’est au finish qu’une pièce d’un gigantesque puzzle où se mêlent Dionysos, Thésée, Arianne, Minos, le Minotaure, Méduse, Cassandre, les Furies, les Amazones, Charon, Andromaque… bref un cocktail particulièrement dynamique qui ne demande qu’à exploser, ce qui adviendra de la manière la plus inattendue mais de façon particulièrement efficace. Et pour notre plus grande plaisir, car pas un seul plan de cette saga n’est à jeter, au contraire. C’est à la fois drôle, dur, impitoyable, plein de tendresse, effrayant… en un mot cathartique dans le sens premier du terme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Destop psychique et cruauté gratuite</h2>



<p>Sauf qu’en l’état, ce sont les passions divines qui sont ici purgées à grand renfort de destop psychique et de cruauté gratuite. Les dieux n&rsquo;en ressortent pas grandis, loin s&rsquo;en faut ! Dynamitage en règle, énergie punk, audace jubilatoire : les personnages mythologiques sont revisités avec une modernité décapante, la série aborde des thématiques contemporaines telles que l&rsquo;émancipation, la rébellion contre l&rsquo;ordre établi et la quête d&rsquo;identité, le tout enrobé d&rsquo;un humour noir savoureux.​ Un sans faute, vous dis-je, dont on s’étonne, pour ne pas dire plus, qu’il termine là, sans saison 2 annoncée. Un pur blasphème !!!!</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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		<title>Excalibur : le film qui a réinventé la chevalerie ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/excalibur-film-boorman/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Nov 2024 10:22:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Excalibur (1981) : plus qu’un film, une œuvre magistrale qui a redéfini à jamais la légende arthurienne. Cinéaste audacieux et visionnaire à qui l&#8217;on doit entre autres Zardoz et Delivrance, John Boorman a transfiguré le mythe pour en faire une fresque brutale, mystique. Une référence. Magie et sauvagerie L&#8217;histoire, on la connaît. Un jeune écuyer, fils bâtard et caché d&#8217;un roi destructeur, dégaine une épée magique coincée depuis des lustres...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-excalibur.jpg" alt="" class="wp-image-37636" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-excalibur.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-excalibur-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-excalibur-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p><em>Excalibur</em> (1981) : plus qu’un film, une œuvre magistrale qui a redéfini à jamais la légende arthurienne. Cinéaste audacieux et visionnaire à qui l&rsquo;on doit entre autres <em>Zardoz</em> et <em>Delivrance</em>, John Boorman a transfiguré le mythe pour en faire une fresque brutale, mystique. Une référence.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Excalibur - Official® Trailer [HD]" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/fZc0ED-GULk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Magie et sauvagerie</h2>



<p>L&rsquo;histoire, on la connaît. Un jeune écuyer, fils bâtard et caché d&rsquo;un roi destructeur, dégaine une épée magique coincée depuis des lustres dans un rocher d&rsquo;où personne n&rsquo;avait pu la déloger. L&rsquo;écuyer devient le roi Arthur, fédérateur et juste. Mais le Mal, la trahison le cernent, l&rsquo;écrasent, le plongeant dans la douleur ; avec lui l&rsquo;ensemble du pays sombre dans un gouffre de souffrance. Il devra combattre les forces obscures, triompher par son sacrifice pour ramener la vie dans le monde.</p>



<p>Christique : l&rsquo;histoire du roi Arthur, avec en son sein la quête du Graal, est fondatrice de la chevalerie dont elle va inspirer les codes. C&rsquo;est aussi un pilier de la culture littéraire occidentale, un mythe incontournable. Qui va s&rsquo;éroder avec le temps avant que Boorman ne le réveille. Avec violence. Car sa vision si elle est teintée de magie, de sorcellerie, est aussi d&rsquo;une grande rudesse. Les armures que portent les acteurs sont lourdes, ô combien, les combats d&rsquo;une rare sauvagerie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une chevalerie revisitée</h2>



<p>Loin des récits édulcorés, <em>Excalibur</em> explore une chevalerie âpre et féroce. Boorman ne s’intéresse pas qu’aux affrontements ou aux questions d&rsquo;honneur : il plonge dans les zones d’ombre, les failles humaines, les contradictions de ses héros. La Table ronde se révèle un idéal impossible à maintenir ; la quête du Graal s&rsquo;avère une métaphore spirituelle lourde de sacrifices.</p>



<p>Ce réalisme cru contraste avec la dimension mystique omniprésente : Merlin, énigmatique, excentrique même, semble détaché des notions humaines de bien et de mal ; l&rsquo;épée Excalibur devient un totem, un lien sacré entre l’homme et le divin. Les mains diaphanes de la Dame du Lac, les incantations maléfiques de Morgane&#8230; Boorman mêle le sacré et le profane, comme les chevaliers eux-mêmes, écartelés entre des idéaux élevés et leurs passions terrestres.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une œuvre d’art totale</h2>



<p>Visuellement, <em>Excalibur</em> est une claque. Il ne peut en être autrement. Les armures scintillantes capturent chaque rayon de lumière, des éclats verts qui captent la nature qui les cerne, transformant ces guerriers en figures presque surnaturelles. Les scènes de bataille, chorégraphiées avec une brutalité réaliste et sanglante, contrastent avec des moments d’onirisme pur, où le temps semble suspendu.</p>



<p>La musique amplifie la puissance du film, le haussant au stade du récit épique d&rsquo;envergure. Wagner et Orff dominent la bande-son, conférant une dimension opératique à l’ensemble. L’iconique <em>Carmina Burana</em> lors des batailles est ainsi devenu indissociable de l&rsquo;imagerie arthurienne. Chaque note, chaque image, chaque dialogue paraît taillé pour graver la légende dans l’éternité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un pari fou</h2>



<p>La genèse du film vaut le détour. Boorman rêvait depuis longtemps d’adapter <em>Le Seigneur des Anneaux ;</em> faute d’accord avec Tolkien, il s’est tourné vers <em>Le Morte d’Arthur</em> de Sir Thomas Malory (un texte fondateur de la mythologie arthurienne). Cette contrainte s&rsquo;est révélée une bénédiction : elle a donné naissance à un projet où les ambitions du réalisateur pouvaient s&rsquo;exprimer pleinement. </p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Tourné en Irlande, le film s&rsquo;appuie sur des paysages d&rsquo;une beauté stupéfiante (Boorman sait filmer la nature, en saisir la vibration, la puissance dévastatrice), qui posent le cadre sublime de ce conte où lumière et osbcurité s&rsquo;affrontent.</li>



<li>L’équipe inclut des noms désormais mythiques : Nigel Terry en roi Arthur, Helen Mirren en Morgane, Nicol Williamson en Merlin&#8230; Un casting brillant, complété par de jeunes talents alors inconnus comme Liam Neeson ou Gabriel Byrne. </li>



<li>Mais c’est la direction artistique, avec ses armures étincelantes et ses jeux de lumière presque divins, qui marque durablement les esprits.</li>
</ul>



<p>À sa sortie, <em>Excalibur</em> divise : trop dense, trop étrange, trop baroque pour certains. Mais c&rsquo;est justement cette singularité qui va en faire une œuvre culte. Le film a influencé des générations de réalisateurs et d’artistes ; il reste une référence incontournable de la culture geek et du monde cinéphile.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>La Vie parisienne : quand Offenbach fait péter le champagne, le cancan &#8230; et la satire !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/vie-parisienne-offenbach/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Sep 2024 10:51:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37309</guid>

					<description><![CDATA[<p>Alors que Dauphine vient de boucler son article sur 24 heures dans la vie d&#8217;un restaurant dans le sillage de celui consacré à l&#8217;expo La Naissance des Grands Magasins (ouais, on aime bien les enchaînements d&#8217;articles en mode « Ma vie de rédacteur est une incroyable aventure intellectuelle »), je ne résiste pas à la tentation de rebondir sur le sujet en évoquant une œuvre que je considère comme un des ancêtres...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-la-vie-parisienne.jpg" alt="" class="wp-image-37311" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-la-vie-parisienne.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-la-vie-parisienne-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-la-vie-parisienne-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Alors que Dauphine vient de boucler son article sur <em><a href="https://www.theartchemists.com/livre-restaurant-paris-1867/">24 heures dans la vie d&rsquo;un restaurant</a></em> dans le sillage de celui consacré à l&rsquo;expo<em> <a href="https://www.theartchemists.com/exposition-naissance-grands-magasins/">La Naissance des Grands Magasins</a></em> (ouais, on aime bien les enchaînements d&rsquo;articles en mode « Ma vie de rédacteur est une incroyable aventure intellectuelle »), je ne résiste pas à la tentation de rebondir sur le sujet en évoquant une œuvre que je considère comme un des ancêtres du rock spirit. J&rsquo;ai nommé <em>La vie parisienne</em> d&rsquo;Offenbach. Ouais, je sais, l&rsquo;opérette, c&rsquo;est pas exactement le pogo dans une salle pleine à craquer, mais t’inquiète, lecteur, même si il n&rsquo;y a pas de gratte électrique dans la partition d&rsquo;Offenbach, ça bouge quand même bien. Et surtout, ça grince des dents tout en nous faisant hurler de rire.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="LA VIE PARISIENNE, OFFENBACH, LAURENT PELLY" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/x-NgajNxtiw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>S</strong>atire, clin d’œil, foutage de gueule</h2>



<p>Posons le cadre, pour celles/ceux qui sont un peu à la ramasse question opérette. 1866, Paris, Second Empire : c’est là qu’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=offenbach">Offenbach</a>, maestro frénétiquement créatif et adepte de l&rsquo;humour musical, balance <em>La Vie parisienne</em> sur scène. Dressons le tableau : robes du soir à crinoline, lustres en cristal, beaux messieurs en haut de forme qui sirotent du champagne en matant les petites femmes de Paris jouer de l’éventail et danser le cancan. Derrière tout ça, c’est du pur Offenbach : satire, clin d’œil, foutage de gueule.</p>



<p>Le compositeur de <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=la+belle+h%C3%A9l%C3%A8ne">La Belle Hélène</a></em> s&rsquo;amuse de la haute société parisienne et de ses travers. Et ça marche, parce que sous Napoléon III, Paris, c’est la capitale des plaisirs, des fêtes non-stop, des touristes qui en veulent toujours plus : « je vais m&rsquo;en fourrer jusque, jusque jusque là » comme l&rsquo;affirme très justement un baron suédois en goguette dans les rues huppées de la capitale. Chic en apparence, mais au bout du compte il s&rsquo;agit de s&rsquo;envoyer en l&rsquo;air par tous les moyens possibles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Amour et fun</h2>



<p>Offenbach n’est pas du genre à faire dans la dentelle. Déjà, il avait cartonné avec <em>Orphée aux Enfers</em> – où il tourne la mythologie en ridicule. Avec <em>La Vie parisienne</em>, il immerge le spectateur en apnée dans la Ville Lumière, où bourgeois, aristos et riches touristes étrangers se font rouler dans la farine avec jubilation (dixit l&rsquo;air du Brésilien, voleur venu se faire voler). Et pour pondre ce petit bijou, Jacques le Bondissant s&rsquo;entoure de Meilhac et Halévy, ses complices en écriture, qui maîtrisent l&rsquo;art du livret comme Noel Gallagher la guitare saturée.</p>



<p>Premier show en 1866, devant un public du Théâtre du Palais-Royal qui en redemande, charmé par ce vaudeville aux allures de course-poursuite amoureuse : Raoul de Gardefeu, jeune noble désœuvré bien décidé à se remettre de sa séparation avec la demi-mondaine Métella, passe toute la pièce à tenter de séduire une belle Suédoise, la baronne de Gondremark. Un fil directeur qui permet de découvrir les fastes et les coulisses d&rsquo;une vie parisienne trépidante. Quiproquos, déguisements, embrouilles, grands seigneurs et domestiques s&rsquo;y mêlent : Gabrielle, la gantière, Bobinet, le pote de Raoul, tout ce petit monde est en quête d&rsquo;amour facile et de fun.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="La Vie parisienne, Offenbach - Christian Lacroix - Teaser 2" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/1I8QsyYBvPA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une partition qui décolle !</h2>



<p>Musicalement, Offenbach ne fait pas les choses à moitié. L&rsquo;opéra bouffe, c&rsquo;est son rayon. Léger, vif, il nous hameçonne l&rsquo;oreille dès les premières notes, multipliant les morceaux de bravoure construits avec finesse et qui exigent une technicité de chant rare, un sens inné du rythme, une diction sans faille : rondo du Brésilien, «&nbsp;Vous souvient-il, ma belle&nbsp;», « je suis veuve d&rsquo;un colonel », «&nbsp;Tout tourne, tout danse&nbsp;», galop final «&nbsp;Feu partout, lâchez tout&nbsp;». Solos, duos, trios, chœurs et ensembles constituent une vraie fête qui explose en tête, enchantent le tympan, ravit le métabolisme.</p>



<p>Cadence, dynamique, Offenbach tisse un flow identifiable entre tous, une frénésie mélodique qui évoque le délire des grandes messes rock mémorables type Wembley et autres concerts mythiques. La structure de la partition mêle esprit de l&rsquo;opéra bouffe, où tout est prétexte à la dérision, chants d&rsquo;amour romantiques et passages dignes d&rsquo;une revue de cabaret. En résumé, cette opérette est une véritable carte postale vivante, une synthèse musicale pétillante où se croisent des émotions multiples sur fond de plaquette publicitaire vantant les plaisirs de la capitale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du pur punk avant l&rsquo;heure</h2>



<p>Haussmann vient alors de redessiner la ville, les boulevards sont bondés de promeneurs, les cafés, restaurants, théâtres bourrés de monde. Hôtels de luxe et grands magasins regorgent de riches étrangers venus claquer leur thune, savourer à 1000 % les joies déversées par cette corne d&rsquo;abondance. Les touristes affluent, les bourgeois paradent, chacun essaie de jouer son rôle dans cette grande comédie urbaine. Offenbach capte cet esprit et l’injecte dans son œuvre : les soirées interminables, les flirts légers, les arnaques cocasses.</p>



<p>C’est une pub géante pour la ville que tisse le compositeur, mais avec ce petit côté grinçant, ce clin d’œil qui te dit « Paris, c’est beau, mais fais gaffe, tout ici n&rsquo;est que façade et leurre, on peut vite s&rsquo;y perdre, y laisser sa fortune, sa réputation, son âme ». Exactement ce qu&rsquo;on retrouve dans le célèbre <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-nana-1981-suicide-collectif-par-jouissance-interposee/">Nana</a></em> de Zola, le tragique en moins. C&rsquo;est le côté un brin anar d&rsquo;Offenbach qui ressort ici, son esprit provo, sa parfaite connaissance de la psyché de ses contemporains. <em>La Vie parisienne</em>, c’est du pur punk avant l’heure, un formidable coup de pied dans les conventions avec un éclat de rire de gamin malicieux.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Offenbach : &quot;La Vie parisienne&quot;" width="640" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/Ub3pJftUZaE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le trublion du répertoire</h2>



<p>Côté scène, c’est du lourd depuis le début. La première version en 1866 a mis tout le monde d’accord ; depuis, <em>La Vie parisienne</em> n’a jamais quitté le répertoire, s&rsquo;érigeant en trublion qui s&rsquo;infiltre dans toutes les salles, inspire pour tout metteur en scène en quête de challenge. Parmi les lectures à retenir, notons :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version Renaud Barrault</strong> en 1967 avec un casting devenu légendaire, j&rsquo;ai nommé : Suzy Delair (peut-être une des meilleures Mettela de l&rsquo;histoire de l&rsquo;opéra), Denise Benoit, Simone Valère, Madeleine Renaud, Pierre Bertin, Jean Desailly, Jean Parédès (qui interprète plusieurs petits rôles), Jean-Pierre Granval, Jean-Louis Barrault, Georges Cusin, Régis Outin. Jean-Louis Barrault parle alors de « Rock and Roll Napoléon III », c&rsquo;est dire !</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version télévisée signée Christian-Jaque</strong> en 1977, particulièrement attachante et pleine de peps, avec Jean-Pierre Darras, evelyne Buylle, Bernard alane, Jacques Legras, Dany Saval et consort.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version Daniel Mesguich</strong> à la Comédie française 1997 avec Bérengère Dautun, Thierry Hancisse, Catherine Salviat, Christian Blanc entre autres (et un passage absolument hilarant sur les ateliers Brecht en chaussettes).</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version Jérôme Savary</strong> à l&rsquo;Opéra comique en 2002, pétillante et complètement déjantée comme seul Savary est capable.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version Laurent Pelly</strong> qui joue la carte du décalage historique en propulsant l&rsquo;intrigue dans le Paris d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version Christian Lacroix</strong>, pas forcément ma préférée mais notable pour ses costumes, son côté foutraque.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Jacques Offenbach – La Vie parisienne (Christian Lacroix / Bru Zane France)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/MLOABu2JDQ8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>Approches traditionnelles en costumes et décours d&rsquo;époque ou visions plus modernes et dans le vent, la mise en scène de <em>La Vie parisienne</em> jongle sur la décomplexion, le clownesque, l&rsquo;ironie&#8230; sans oublier la danse, l&rsquo;incontournable cancan, le galop final qui demande une chorégraphie étudiée. Enjeu : ne jamais tomber ni dans le vulgaire ni dans le grotesque, tout en conservant l’énergie toute particulière de cette oeuvre sans précédent, qui un siècle et demi après sa création, demeure d&rsquo;une actualité impressionnante. Bref, un vrai classique à (re)découvrir avec l’oreille et les yeux bien ouverts.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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			</item>
		<item>
		<title>À l&#8217;avant-garde : Javier Aguilera, sculpteur de l&#8217;addiction moderne</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/javier-aguilera-scultpeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Aug 2024 10:33:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qu&#8217;est-ce que l&#8217;addiction ? Comment se conjugue-t-elle ? Peut-elle inspirer une esthétique ? voici les trois problématiques inscrites au cœur de la démarche artistique de Javier Aguilera. Une humanité sous emprise Espagnol d&#8217;origine, Javier Aguilera se distingue par des sculptures réalistes qui en disent long sur l&#8217;évolution d&#8217;une humanité biberonnée aux réseaux sociaux et autres dérives numériques. Ses bustes détaillent une jeunesse soumise aux diktats d&#8217;une pop culture teintée de...</p>
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<p>Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;addiction ? Comment se conjugue-t-elle ? Peut-elle inspirer une esthétique ? voici les trois problématiques inscrites au cœur de la démarche artistique de Javier Aguilera.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une humanité sous emprise</h2>



<p>Espagnol d&rsquo;origine, Javier Aguilera se distingue par des sculptures réalistes qui en disent long sur l&rsquo;évolution d&rsquo;une humanité biberonnée aux réseaux sociaux et autres dérives numériques. Ses bustes détaillent une jeunesse soumise aux diktats d&rsquo;une pop culture teintée de soft power. Netflix, mangas, tatouages, super héros, zombis, skateurs, rockers&#8230; peu importe l&rsquo;âge, le sexe, la vie, la mort, les personnages d&rsquo;Aguilera sont sous emprise. Et ils aiment ça.</p>



<p>Vomissant des pilules acidulées bourrées d&rsquo;on ne sait trop quel psychotrope, iels ont les yeux dans le vague à l&rsquo;âme de l&rsquo;ennui et des rêves inaccessibles. Pas de perspectives, des coups et du sang, sales et dépenaillés, ils stagnent, un pâle sourire aux lèvres. Évoluant entre <a href="https://www.theartchemists.com/avant-garde-the-kid/">The Kid</a> et <a href="https://www.theartchemists.com/exposition-ron-mueck-fondation-cartier/">Ron Mueck</a>, ces bustes réalistes ont tout de la poupée désarticulée, du pantin abandonné dans un coin du grenier, et qui s&rsquo;invente une vie pour ne pas en crever.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Piégés dans la matrice</h2>



<p>Le regard est amer, cru, sans concession. Le « modern junkie » peut avoir plusieurs visages, sa religion est toujours la même, l&rsquo;oubli dans le grand aveuglement médiatique offert par la digitalisation de notre société. L&rsquo;oubli, l&rsquo;isolement, le repli sur soi. Le travail d&rsquo;Aguilera a quelque chose des <em>Mythologies</em> de Roland Barthes qui écrivait, à juste titre : « l&rsquo;idée première du monde perfectible, mobile, produira l&rsquo;image renversée d&rsquo;une humanité immuable, définie par une identité infiniment recommencée. »</p>



<p>Un peu comme ces figures qui n&rsquo;en finissent plus de se ressembler, jusque dans des signes supposés distinctifs qui s&rsquo;avèrent récurrents, car dictés par une mode qui uniformise, broie, formate. Univers de logos, hommes-sandwiches, tous.tes sont piégés dans la matrice. Seuls un froncement de sourcil, une lèvre retroussée, un sourire figé traduisent une souffrance intérieure qu&rsquo;on ne veut pas laisser transparaître dans cette injonction permanente au bonheur et à l&rsquo;épanouissement.</p>



<p>Pour en savoir plus sur l&rsquo;univers de Javier Aguilera, consultez <a href="https://www.instagram.com/javieraguilera_art/">sa page Instagram</a>.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<item>
		<title>Mytho (Olympus Circus) : le carnaval pop et anachronique de Lionel Hoche</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/mytho-lionel-hoche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dieter Loquen]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jan 2024 18:34:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=36837</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans le cadre du festival Trajectoires 2024 organisé par le centre chorégraphique nationale de Nantes, Lionel Hoche dévoile sa nouvelle création. Mytho (Olympus Circus) plongera petits et grands dans le monde déjanté d’une mythologie passée et celle plus pop d’aujourd’hui. Plus de détails sur ce projet par le chorégraphe himself. Pirater la mythologie grecque On vous avait quitté avec&#160;Dimanche éperdument,&#160;issu de votre triptyque autobiographique. Vous nous revenez avec MYTHO (Olympus...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/01/the-artchemists-mytho.jpg" alt="" class="wp-image-36838" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/01/the-artchemists-mytho.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/01/the-artchemists-mytho-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/01/the-artchemists-mytho-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Dans le cadre du <a href="https://festival-trajectoires.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">festival <em>Trajectoires</em></a> <em>2024</em> organisé par le centre chorégraphique nationale de Nantes, Lionel Hoche dévoile sa nouvelle création. <em>Mytho (Olympus Circus)</em> plongera petits et grands dans le monde déjanté d’une mythologie passée et celle plus pop d’aujourd’hui. Plus de détails sur ce projet par le chorégraphe himself.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pirater la mythologie grecque</h2>



<p><strong>On vous avait quitté avec&nbsp;</strong><em><strong>Dimanche éperdument,&nbsp;</strong></em><strong>issu de votre triptyque autobiographique. Vous nous revenez avec MYTHO (Olympus Circus). Une création qui entend «&nbsp;</strong><em><strong>pirater la mythologie grecque sur le mode explosif (et pop) du grand Olympus Circus</strong></em><strong>&nbsp;». Pourquoi un tel sujet&nbsp;: la mythologie grecque&nbsp;?</strong></p>



<p>Un préambule est nécessaire, car il y a un parallèle entre ces deux pièces : <em>Dimanche Éperdument</em>, qui avait été initié avant la crise sanitaire comme une pièce dystopique, pour évoquer un monde au bord de sa fin rattrapé par la réalité, est devenu une pièce sur le monde d’après, monde espéré (qui n’est pas encore advenu)… C’est un endroit qui voulait percuter la lueur d’une sortie de tunnel (à partir du noir), pour retrouver la lumière et l’espace et invoquer la Joie !</p>



<p><em>Mytho</em>, parti d’un court moment serein, ou expressément engagé dans une quête de sérénité, c’est un peu le même topo. Depuis, on voit la terre s’effriter sous nos pieds, le monde se catapulter dans une fuite en avant guerrière, une spirale toujours plus nourrie de violence… Comment encore parler d’autre chose, d’espoir, comment activer (encore) une autre force, notre amour, et comment ne pas se prendre les pieds dans le tapis en œuvrant politiquement (loin de ses croyances, préceptes, voire simplement de ses capacités artistiques…)&nbsp;?</p>



<p>Pour revenir à la question sur <em>Mytho</em> et le sujet de la mythologie grecque&nbsp;: c’est un sujet vaste et présent chez tout un chacun, un sujet universel et familier à la fois, fascinant et toujours fertile. Il transcende autant les époques que les générations. Il est venu faire un tour plus ou moins érudit dans l’enfance et l’imaginaire de chacun. Il a généralement fait son trou et creusé un sillon inépuisable dans notre espace intime. Il est source commune. Il ouvre des mondes singuliers et exotiques tout en nous confrontant à nous-mêmes…. De plus (et très heureusement), il est en quelque sorte magique et demeure humain&nbsp;: sacrée alchimie&nbsp;!</p>



<p><strong>Quel serait votre héros/héroïne, votre mythe préféré&nbsp;?</strong></p>



<p>Impossible de choisir : ce que j’aime c’est leur multitude, leur nombre, la ramification infinie, l’arborescence vertigineuse de cette multiplicité… Ils sont uniques et ils sont « foule ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">La tribu Hoche</h2>



<p><em><strong>Mytho</strong></em><strong> s’annonce comme un (presque) projet jeune public. Ce n’est pas le premier de vos projets dédiés à ce public spécifique.&nbsp;</strong><em><strong>L’histoire du Soldat</strong></em><strong>&nbsp;a connu un joli succès. Qu’est-ce qui vous meut tant dans le jeune public&nbsp;?</strong></p>



<p>Une forme de liberté de ton ouverte, la place du jeu, du ludique… Un vent de légèreté possible… C’est une mission réjouissante que d’accompagner un futur public, mais plus simplement de participer aux expériences tant éducatives que sensorielles, esthétiques, de ces jeunes… Je pense que si ces projets sont « instructifs » ils affirment aussi pour moi une ténacité à ne pas perdre le contact avec cet espace et cette liberté folle que peut générer notre imaginaire. C’est une force certaine, absolue, qu’il faut entretenir, nourrir encore et garder vivante, partager. Les adultes doivent garder un œil sur cette partie d’eux-mêmes et veiller à ce qu’elle ne s’éteigne pas… Finalement de nous vers eux et inversement converser.</p>



<p><strong>Carlotta Sagna, Simon Frezel, Vincent Delétang, Emilio Urbina … au fil de vos créations nous retrouvons la même équipe. Peut-on parler de la constitution au fil des ans d’une tribu Hoche&nbsp;?</strong></p>



<p>C’est une tribu ouverte et accueillante, plurielle et changeante. S’il y a un noyau, il y a aussi du sang neuf. Avec le temps on apprécie la fidélité, mais on a toujours besoin de renouveau. Je prends plaisir à travailler avec un panel générationnel étendu&nbsp;: de la vingtaine à la soixantaine… Quel délice&nbsp;! J’apprécie que s’approfondissent les relations dans la compagnie autant qu’elles puissent être stimulées par de nouvelles dynamiques et personnalités. C’est enthousiasmant et vivant.</p>



<p><strong>Carlotta est rejointe cette fois-ci par deux autres illustres chorégraphes&nbsp;: Elisabeth Schwartz et Germana Civera. Quels rôles ont ces femmes dans </strong><em><strong>Mytho</strong></em><strong>&nbsp;?</strong></p>



<p>Elles sont porteuses de temps, de leur histoire (dans la danse aussi). Elles font figure (déjà) de quelque chose d’ancestral, en tout cas de fondamental. Elles ont chacune choisi un axe de présence mythologique en lien avec leurs préoccupations. Germana incarne une sorte de titan &#8211; Gaia pour ne pas la nommer &#8211; à la dimension originelle et écologique ; Elisabeth, sur les traces de Duncan réactive les figures « chorégraphiques » mythologiques qui ont nourri ces pionnières de la danse, ici avec les furies et autres bacchantes. Quant à Carlotta, elle vient avec humour jouer les Cassandre et perturber le déroulement du spectacle. Tout cela sous la forme d’apparitions dans la vidéo/scénographie. Elles sont divines et absolument humaines.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Scénographie et playlist</h2>



<p><strong>La scénographie emprunte à la vidéo, au détournement de tableaux de maîtres… comment l’avez-vous imaginée ? Vous parlez de rhapsodie…</strong></p>



<p>La rhapsodie comme forme poétique épique, le rhapsode est un poète Grec allant chantant et récitant des poèmes épiques. De plus, cela donne un axe de recherche musicale, un thème commun, mais aussi une forme qui lie ou inclue des folklores. La mythologie ayant toujours été source d’inspiration au cours du temps, la peinture (et la sculpture tout autant que le cinéma ou la littérature) de toute époque y font référence, y trouve matière. Je pensais mettre hors du temps cette mythologie source en brouillant à l’intérieur même des toiles, les époques, les esthétiques et les situations pour créer des frottements, des ricochets, des (dis)torsions : réinventer à partir de là, créer notre lecture de la mythologie (celle de notre tribu sur scène).</p>



<p><strong>Vous êtes également aux costumes. Là encore, c&rsquo;est une constante. D’où vous vient ce goût pour la création de costumes ?</strong></p>



<p>C’est une histoire d’enfance. Ma mère cousait beaucoup quand j’étais enfant. J’ai appris par hasard en l’observant et, petit à petit, c’est devenu un savoir, mais aussi une échappée à portée de main. C’est un artisanat pratique capable de délires, permettant la métamorphose.</p>



<p><strong>Quid de la diversité et singularité de la bande sonore&nbsp;: Bartok, Jean-Michel Jarre, Rachmaninov … Comment s’articule (ou pas) cette playlist&nbsp;?</strong></p>



<p>Très simplement autour de la rhapsodie pour les Bartok, Ravel, Debussy et Rachmaninov… Ensuite Jarre nous ramène à une sorte de «&nbsp;cosmique ancestral&nbsp;», une nuit des temps que le New Age titillait, plus pertinent à l’écoute maintenant qu’à l’époque&nbsp;: cela vient encadrer l’ensemble de la composition. Pour provoquer des glissements, j’introduis deux ruptures plus pops ou rocks avec pour sujet des figures ou événements mythologiques. Le tout s’articule lestement et nous accompagne dans le voyage proposé, épopée mouvementée et onirique. Il s’agit d’une composition en chapitres ou épisodes, s’articulant et nous faisant basculer d‘un univers à l’autre. Une sorte d’Odyssée.</p>



<p><strong>In fine, </strong><em><strong>Mytho</strong></em><strong>, tout pop et baroque s’annonce-t-il, entend décrire l’infini chaos du monde et de l’être. 2023 se termine avec son cortège d’horreurs… Êtes-vous optimiste pour la suite ? L’art nous sauvera-t-il ? Ou alors les héros mythologiques ?</strong></p>



<p>J’étais loin d’imaginer un tel fracas global quand j’ai commencé à penser à <em>Mytho</em>. Je ne suis pas sûr d’avoir les outils pour réparer l’humanité, mais panser quelques plaies existentielles, ça je pense pouvoir y participer : je ne veux pas être l’écho d’un monde mourant, mais œuvrer à un émerveillement qui nous éclaire un instant. Donc il faut danser et rêver tant que possible en conservant notre humour. Avec <em>Mytho</em>, je pense en premier lieu au bazar humaniste de nos activités et passions, nos vies. Pour contrer cette actualité toujours plus violente, j’ai besoin d’ouvrir d’autres espaces, fous, pour me (nous) maintenir debout et jouant, des endroits peu crédibles, mais salutaires, thérapeutiques peut-être… Prenons soin de notre moral, alimentons notre destin de chimères et d’espoirs.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>



<p>Pour en savoir plus sur le travail de Lionel hoche et cette nouvelle création, n&rsquo;hésitez pas à consulter le <a href="https://www.lionelhoche.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">site du chorégraphe</a>.</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/mytho-lionel-hoche/">Mytho (Olympus Circus) : le carnaval pop et anachronique de Lionel Hoche</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
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