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	<title>gomorra</title>
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		<title>Giovanni Falcone &#8211; Roberto Saviano : hommage poignant et arme littéraire</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/giovanni-falcone-roberto-saviano/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Jun 2025 15:13:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>23 mai 1992&#160;: le juge Giovanni Falcone, son épouse ainsi que trois de leurs gardes du corps périssent dans l’explosion de leurs voitures. Le principal initiateur du maxi-procès contre la mafia sicilienne n’est plus, assassiné sur ordre du parrain Toto Riina. Mais mort, il accède au rang de martyr. Un martyr dont Roberto Saviano relate [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">23 mai 1992&nbsp;: le juge Giovanni Falcone, son épouse ainsi que trois de leurs gardes du corps périssent dans l’explosion de leurs voitures. Le principal initiateur du maxi-procès contre la mafia sicilienne n’est plus, assassiné sur ordre du parrain Toto Riina. Mais mort, il accède au rang de martyr. Un martyr dont <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Roberto_Saviano">Roberto Saviano</a> relate le long et pénible cheminement judiciaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>D</strong><strong>e la patience, des preuves, une méthode</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Né à Palerme, Giovanni Falcone entre dans la magistrature dans les années 70, alors que la Cosa Nostra s’est infiltrée dans toutes les strates de la société, politique, finance, institutions. Ce jeune juge comprend rapidement que pour vaincre cet ennemi, il va falloir de la patience, des preuves, une méthode. Et il va le prouver. Son travail minutieux, notamment avec le juge Paolo Borsellino, mène à l’instruction du Maxi-procès de Palerme (1986-87), où 475 mafieux seront jugés, 19 condamnés à perpétuité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une première historique, qui met à mal l’organisation de Cosa Nostra. Mais Falcone dérange. Menacé, critiqué. Isolé. Mis à l’index par la magistrature, écarté de Palerme, il s’apprête à monter un pôle de juges spécialisés à Rome quand une bombe placée sous l’autoroute près de Capaci le tue ainsi que son épouse et son escorte. L’attentat, d’une violence spectaculaire, fera la Une des journaux, marquera à jamais les esprits d’une population écœurée par la corruption régnant dans l’île.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des pages semées de cadavres</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Saviano ne livre pas ici une biographie classique. D’une écriture tendue, douloureuse, il décrit la solitude grandissante d’un magistrat intègre confronté aux lâchetés du pouvoir, à la barbarie des parrains, à la mort brutale de ses collègues. Ces pages sont semées de cadavres, ceux des mafieux qui s’entre-tuent pour prendre le pouvoir, mais aussi et surtout ceux des malheureux qui leur déplaisent et qu’ils liquident sans pitié. Ceux des juges qui s’interposent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On apprend ainsi que Falcone est un martyr parmi tant d’autres, un nom sur une longue liste d’hommes à abattre, policiers, avocats, politiciens. Son combat aboutit parce que d’autres avant, ont posé les bases, un socle. C’est une course de relai, un marathon où celui qui tombe sous les balles passe le témoin à ceux qui vivent encore. Tous se savent en sursis. Falcone comme les autres. Ils échappent aux tentatives de meurtres, aux exécutions, jusqu’au jour où un tueur plus futé, plus rapide, mieux renseigné met un terme à leur existence dans un flot de sang.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’angoisse au jour le jour</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Intelligent, fin, observateur, plein d’humour, Falcone sait qu’il joue avec sa vie. Il en a conscience et cela le taraude, le dévore. Il sait qu’il est un «&nbsp;mort-vivant&nbsp;». Et Roberto Saviano lui prête cette émotion, ce détachement spécifique… car il vit cela au quotidien. Un homme traqué par ses mots parle dans ces pages d’un homme traqué pour ses actes. L’auteur de <em>Gomorra</em>, sous protection policière permanente, vit au jour le jour l’angoisse qu’a ressenti Falcone.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mort est partout, face à la vie, le plaisir de la mer, les repas succulents entre amis, les nuits d’amour, la fièvre de la traque aussi, car Falcone est un très bon juge, organisé, logique, qui développe sa stratégie avec bon sens. Et qui veut faire déraciner ce mal qui ronge son pays, sa ville, sa société. Un homme droit dans ses bottes, pétri de valeurs de justice, d’égalité. Et qui va jusqu’au bout, trouvant toujours des solutions, s’adaptant, rebondissant. Malgré l’épuisement, le désespoir, le sentiment de combattre dans le vide des ennemis qui se dérobent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A lire également</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-roberto-saviano-un-ecrivain-sous-escorte-une-cavale-au-quotidien/">Roberto Saviano – Un écrivain sous escorte&nbsp;: une cavale au quotidien …</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-mafia-toto-riina/">Corleone, le parrain des parrains&nbsp;: des morts, par milliers</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.theartchemists.com/avant-garde-letizia-battaglia/">À l’avant-garde&nbsp;: quand Letizia Battaglia photographiait les victimes de la Mafia</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est probablement pour cela qu’on l’a tué. Parce qu’il réussissait. Un modèle à suivre&nbsp;? A l’heure où le crime organisé s’est globalisé, dans l’indifférence générale, au moment où les personnages de mafieux font l’objet d’une adulation cinématographique dérangeante, <em><a href="https://www.gallimard.fr/catalogue/giovanni-falcone/9782073006998">Giovanni Falcone</a></em> ne fait pas que rendre hommage à un très grand homme devenu une figure mythique de l’Italie contemporaine&nbsp;; véritable arme littéraire, le livre de Saviano remet aussi et sans ménagement l’église au milieu d’un village qu’il conviendrait d’expurger, enfin et avec la plus grande rigueur.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>« Borgo » : thriller psychologique, corruption mafieuse et manipulation de la psyché</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/borgo-film/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Nov 2024 16:13:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qu&#8217;est-ce que l&#8217;emprise ? Comment se met-elle en place ? Quelle sont ses mécanismes ? C&#8217;est ce que tente de mettre en évidence Stéphane Demoustier avec le film Borgo. Un thriller psychologique au cœur de la Corse, entre corruption, manipulation et fonctionnement mafieux. Inspiré d&#8217;un fait divers réel, ce récit prenant et surprenant dévoile la [&#8230;]</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-borgo.jpg" alt="" class="wp-image-37590" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-borgo.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-borgo-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-borgo-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p class="wp-block-paragraph">Qu&rsquo;est-ce que l&#8217;emprise ? Comment se met-elle en place ? Quelle sont ses mécanismes ? C&rsquo;est ce que tente de mettre en évidence Stéphane Demoustier avec le film <em>Borgo</em>. Un thriller psychologique au cœur de la Corse, entre corruption, manipulation et fonctionnement mafieux. Inspiré d&rsquo;un fait divers réel, ce récit prenant et surprenant dévoile la fragilité des frontières qui séparent le bien du mal et la facilité stupéfiante avec laquelle on peut passer de l&rsquo;un à l&rsquo;autre sans même s&rsquo;en rendre compte.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/bVd_eHaNOWs?si=r1yb72KaVbO-5iON" title="BORGO | Bande-annonce" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/bVd_eHaNOWs?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/bVd_eHaNOWs?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Une matonne qu&rsquo;on apprécie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tout commence avec l&rsquo;installation de Mélissa et sa petite famille en Corse à Bastia. Un nouveau départ pour le couple qui a bien du mal à s&rsquo;intégrer, se heurtant au racisme de ses voisins. Pourtant Mélissa est tout ce qu&rsquo;il y a d&rsquo;honorable. Excellente surveillante pénitentiaire, elle rejoint l&rsquo;équipe du centre de détention de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_p%C3%A9nitentiaire_de_Borgo" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Borgo</a>, réputé pour son fonctionnement atypique : les détenus y fonctionnent en autonomie. Des détenus qui entretiennent d&rsquo;excellentes relations avec les gardiens, mais qui vont commencer par bizuter la nouvelle venue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est là qu&rsquo;elle croise Saveriu, un jeune prisonnier qu&rsquo;elle a connu dans une affectation précédente et qui va la prendre sous son aile. Soudain tout devient plus facile, ses voisins sont plus déférents, les détenus sont plus respectueux, pour ne pas dire affectueux. Visiblement Saveriu a su tirer les bonnes ficelles pour protéger cette matonne qu&rsquo;il apprécie. Seulement voilà : cette protection, Mélissa va devoir en payer le prix. De petit service en petit service, elle se retrouve à fournir des informations, pire encore. Et c&rsquo;est ce pire-là qui va la saisir à la gorge.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une épure stylistique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La spirale que décrit Stéphane Demoustier avec une épure stylistique proche du regard documentaire, trouve son ancrage dans <a href="https://www.lavoixdunord.fr/1478002/article/2024-06-28/double-assassinat-bastia-cathy-chatelain-passee-par-mericourt-et-arras-condamnee?srsltid=AfmBOoq5uZY_fmGK_yiyfQJu8xLRpUeEkZgbxJiZbVplLhhPVwhBh9tq" target="_blank" rel="noreferrer noopener">un fait réel</a> : un surveillante de prison impliquée dans un double meurtre perpétré en 2017 à l&rsquo;aéroport de Bastia. Corruption en marche, complicité avec des clans mafieux : derrière la logique des faits, l&rsquo;énigme de la démarche intellectuelle, psychique, les émotions à l&rsquo;œuvre. Pourquoi et comment cette femme a-t-elle pu vriller ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jamais le réalisateur ne porte de jugement. Mieux, il nous emmène avec Melissa dans un quotidien où transparaît le manque affectif, une forme de frustration, le besoin d&rsquo;être reconnue, épaulée, protégée. Aimée peut-être ? Etape par étape, on voit l&rsquo;héroïne céder du terrain, baisser la garde, s&rsquo;ouvrir, partager des moments avec Saveriu et ses amis. une communauté attachante qui l&rsquo;accepte, l&rsquo;accueille avant de l&rsquo;accaparer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le camp du crime</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;argent n&rsquo;est pas le point de départ, pas le facteur déclencheur. Il concrétise la bascule dans le camp du crime. Et c&rsquo;est cela qui est intéressant dans l&rsquo;approche de Demoustier, de même sa narration à deux vitesses qui croise l&rsquo;enquête sur le double meurtre et la lente chute d&rsquo;une Mélissa incarnée avec beaucoup de finesse par Hasfia Herzi, remarquable de nuances, de subtilités, piégée entre ses principes et les pressions qu&rsquo;elle subit. Quand les deux fils narratifs se rejoignent, la prise de conscience est intense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même la perception de l&rsquo;île de Beauté : paysages superbes, dureté d&rsquo;une population qui vit dans le secret, l&rsquo;autarcie. On peut en rire, comme c&rsquo;est le cas dans la comédie <em>L&rsquo;Enquête corse</em> ; on peut aussi trembler et c&rsquo;est l&rsquo;option choisie ici, qui évoque le regard adopté dans le roman <em>Gomorra</em> de Roberto Saviano. Le film <em>Borgo</em> s&rsquo;impose comme une réussite, un récit mené avec beaucoup d&rsquo;intelligence et de pertinence, servi par la performance d&rsquo;une actrice sur le fil du rasoir, une globalité qui a tout du grand polar, à la fois fait pour frémir, dénoncer mais aussi méditer sur les failles de la psyché humaine.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>« Pax Massilia » vs « De Grâce » : la même histoire sous des angles différents ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/pax-massilia-de-grace/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Feb 2024 11:42:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sur The ARTchemists, on aime bien comparer les œuvres : c’est un exercice intellectuel particulièrement enrichissant et une manière assez saisissante de mettre en évidence des parallélismes, des points communs, des dissemblances. Nous avons visionné Pax Massilia, il y a quelques semaines. Puis, nous avons enchaîné il y a peu sur De Grâce. Prises séparément, les [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/02/the-artchemists-pax-massilia-de-grace.jpg" alt="" class="wp-image-36908" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/02/the-artchemists-pax-massilia-de-grace.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/02/the-artchemists-pax-massilia-de-grace-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/02/the-artchemists-pax-massilia-de-grace-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Sur The ARTchemists, on aime bien comparer les œuvres : c’est un exercice intellectuel particulièrement enrichissant et une manière assez saisissante de mettre en évidence des parallélismes, des points communs, des dissemblances. Nous avons visionné <em>Pax Massilia</em>, il y a quelques semaines. Puis, nous avons enchaîné il y a peu sur <em>De Grâce</em>. Prises séparément, les deux séries sont déjà intéressantes. Mises en regard, elles deviennent carrément captivantes. Car <em>elles</em> racontent la même histoire sous des angles différents : des parcours humains ravagés, des tragédies familiales causées par les business illicites, le fric facile, la vanité factice. Explications.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/QgyNFKWSJz4?si=n-bTzehPJ9Yl6mFG" title="Pax Massilia | Bande-annonce officielle VF | Netflix France" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/QgyNFKWSJz4?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/QgyNFKWSJz4?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Pax Massilia </em>: du pur Olivier Marchal</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="https://www.netflix.com/fr/title/81462496" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pax Massilia</a> </em>donc : du pur <a href="https://www.theartchemists.com/?s=olivier+marchal">Olivier Marchal</a> boosté par la prod <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Netflix">Netflix</a>. 6 épisodes, 52 minutes chacun, sorti en décembre 2023. La recette ?</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Des clans mafieux qui se disputent le contrôle de la cité phocéenne à grand renfort de fusillades/meurtres/intimidations/tortures et autres joyeusetés.</li>



<li>Un groupe de flics soudés comme des frères, qui emploient les méthodes les plus musclées pour tenter de faire régner l’ordre, mais qui peinent largement à y parvenir et doivent négocier avec l’ennemi pour conserver un semblant de calme.&nbsp;</li>



<li>Un malfrat qui veut venger son môme abattu lors d’un règlement de compte et va pactiser avec le diable pour ça, or on sait bien que pactiser avec le diable ce n’est jamais une bonne idée.</li>



<li>Une fliquette qui veut venger son pater buté par le malfrat susnommé au cours de son évasion, et qui va tout faire pour ça.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Et le plein de scènes sanglantes, de prises de tête, de colères et de frustrations, sans compter des amitiés fortes, mais douteuses, des morts collatérales, un sentiment incroyable de gâchis et d’impunité, une police impuissante qui arrive toujours trop tard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bref Olivier Marchal accouche là d’une série palpitante comme il sait si bien les faire, lui qui a été flic en son temps. En toile de fond, Marseille sous tous les angles (déjà évoquée dans <a href="https://www.theartchemists.com/bronx-truands-flics-voyous-predateurs/"><em>Bronx</em></a>), notamment ses quartiers, ses usines désaffectées, ses mas paumés dans la garrigue, la mer et le port. Et devant la caméra des acteurs aguerris, Twefik Jallab, Nicolas Duvauchelle, Patrick Calafito, samir Boitard, Idir Azougli, Moussa Maaskri, Florence Thomassin, Lani Sagoyou, Jeanne Goursaud, Foued Nabba dit Kofs…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un sans-fautes qui colle aux codes du polar à la française, du film de narcotrafiquants tel qu’il se décline depuis <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=gomorra">Gomorra</a></em>, <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=narcos">Narcos</a></em> et <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-bac-nord/">Bac nord</a></em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/EHXkiUAYee0?si=-4rOzQauv7hc_NrQ" title="De Grâce | Série fiction | ARTE" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/EHXkiUAYee0?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/EHXkiUAYee0?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><em>De Grâce&nbsp;</em>: Le Havre, entre dockers et dealers</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Produit par <a href="https://www.arte.tv/fr/">Arte</a>, diffusé début février 2024, <em>De Grâce</em> reprend le même format coup de poing (6 épisodes de 52 minutes chacun) pour nous raconter le calvaire de la famille Leprieur. Il faudra 11 jours pour saccager l’univers de ce clan incontournable du Havre : le soir de ses 60 ans, en pleine fiesta, le père, Pierre, docker et syndicaliste, apprend que son cadet vient d’être arrêté pour trafic de drogue. La drogue : elle ronge le port depuis des années, contaminant l’univers pourtant très réglementé des docks, bousillant le code d’honneur des dockers. Car docker n’est pas qu’un métier, c’est presque un sacerdoce. Pierre, depuis des années, tire la sonnette d’alarme, tente de faire barrage, dénonçant le noyautage des trafiquants, leur main mise, leurs méthodes. Corruption, meurtres. Personne ne l’écoute. Son engagement, il va le payer de sa vie. Commence alors la purification familiale. Car des secrets, la famille Leprieur en a beaucoup, et le petit dernier n’est pas le seul mouton noir dans ce milieu confiné, où chacun est saturé de frustrations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Créée par Maxime Crupaux et Baptiste Fillon, réalisée par Vincent Maël Cardona, <em>De Grâce</em> tire son titre du nom même du Havre « de grâce » ainsi qu’on l’appelait à l’origine au XVIeme siècle. Un lieu qui accueillait les marins en difficulté sur la mer démontée. « De grâce » exrpime soudainement et de manière contradictoire le cri silencieux lancé par cette dynastie confrontée à la violence de la catharsis qui la frappe. Un effondrement sur fond de deals nauséabonds, de brutalité primaire, de barbarie méthodique. Aucune échappatoire tandis que Pierre, du fond de sa tombe, raconte cette ordalie, comme une confession, regardant, impuissant, les siens se dévorer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour servir cette tragédie moderne sur fond de thriller ténébreux, Olivier Gourmet, Panaoyotis Pascot, Pierre Lottin, Philippe Rebbot, Astrid Whettnall, Margot Bancilhon, Alizée Costes, Eliane Umuhire, Gringe… une affiche d’envergure qui tient plus de la pièce de théâtre que du polar télévisé.</p>



<div class="wp-block-group has-blush-light-purple-gradient-background has-background is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire également</strong></p>



<ul class="wp-block-list" style="font-style:normal;font-weight:700">
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<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-1985/">1985 : l’impossible traque des Tueurs du Brabant</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-the-investigation-true-crime/">The Investigation : un true crime tout en pudeur et en intensité</a></li>
</ul>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">Pax Massilia / De grâce&nbsp;: les deux facettes d’une même médaille&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La question se pose d’emblée quand on compare les deux séries. Face à nous, deux œuvres similaires, mais tellement dissemblables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux écritures, deux mises en scène marquantes&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Pax Massilia</em>, ultra-musclée, haletante, caméra presque documentaire, dans le feu de l’action, lexique du commun, gros mots et punchlines propres à l’univers des banlieues, des quartiers.</li>



<li><em>De Grâce</em>, très sombre, très torturé, travail de l’image comme s’il s’agissait d’un tableau de maître, beaucoup de gros plans détaillant le visage des personnages, leurs émotions, leur incrédulité. Le langage familier percutant les tournures soutenues, presque prophétiques du patriarche.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Deux ports, situés chacun à un bout de la France, avec à la clé deux climats, deux villes, deux esthétiques urbaines, deux mers, mais une même réalité du trafic de drogue, la violence qu’il engendre, la gangrène sociale qu’il occasionne, bouffant jusqu’au trognon les structures les plus solides en apparence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une même thématique de fond, la dislocation du collectif, qu’il s’agisse de la famille frappée de plein fouet par la folie du fric et de perversion, du groupe professionnel obligé de corrompre ses valeurs pour survivre. Avec comme une obligation de survie, le secret absolu, l’impératif vital de fermer sa gueule, de taire les crimes, les fautes, les alliances, les concessions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et deux solutions seulement pour sortir de la spirale&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La fuite</li>



<li>L’expiation.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ces deux séries, autre chose apparaît. La différence de traitement d’une même thématique selon les plateformes qui les produisent et les diffusent. Netflix joue en plein la carte de la série d’action, flingue en pogne, confrontations virilistes et massacres en chaîne. Arte propose une version beaucoup plus shakespearienne et cathartique. Chaque approche vise un type de public… qui a tout intérêt à confronter les deux fictions. Pour tout dire, il serait très intéressant que le réal de De grâce raconte à sa façon <em>Pax Massilia</em>, et vice versa. Cela ferait bouger les lignes d’un genre qui commence à s’essouffler à force d’être toujours sur la même longueur d’onde esthétique.</p>


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		<title>Le Traître : histoire d’un repenti qui ne voulait pas l’être</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-traitre-repenti/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Feb 2023 06:46:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Traître, soit le parcours de Tommaso Buscetta, alias le Boss des deux mondes, qui, par son témoignage fera tomber les grands parrains de Cosa Nostra, Toto Riina et le clan Corleone en tête. Un énième film de mafieux, me direz-vous ? Certes, mais qui tranche avec le style musclé de Gomorra, Suburra, Piranhas et consort. [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/12/le-traitre-e1575830791340.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="540" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/12/le-traitre-e1575830791340.jpg" alt="" class="wp-image-32193"/></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Traître</em>, s<span style="color: #000000;">oit le parcours de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tommaso_Buscetta">Tommaso Buscetta</a>, alias le Boss des deux mondes, qui, par son témoignage fera tomber les grands parrains de Cosa Nostra, Toto Riina et le clan <a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-mafia-toto-riina/">Corleone</a> en tête. Un énième film de mafieux, me direz-vous ? Certes, mais qui tranche avec le style musclé de <i>Gomorra</i>, <a href="https://www.theartchemists.com/suburra-mafia-roma/">S<i>uburra</i></a>, <a href="https://www.theartchemists.com/piranhas-naissance-dun-baby-boss-a-la-napolitaine/"><i>Piranhas </i></a>et consort. Il s’agit de revenir en arrière, dans les années 80, quand les familles siciliennes s’entre-tuent pour le contrôle du trafic de stupéfiants. Sans plus aucune pitié, aucune morale. La fin d’une époque, d’un monde.</span></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/QT8Hj3yYFLI" title="LE TRAITRE un film de Marco Bellocchio, le 30 octobre au cinéma" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/QT8Hj3yYFLI?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/QT8Hj3yYFLI?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Autopsie d&rsquo;un écroulement progressif</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">C’est cet écroulement progressif que le réalisateur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marco_Bellocchio">Marco Bellochio</a> donne à voir en se concentrant sur la figure de Buscetta, ici incarné par le très charismatique <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierfrancesco_Favino">Pierfrancesco Favino</a>. Un Buscetta qui refuse d’être qualifié de repenti, mais qui, de témoignage en procès, regrette la disparition de « sa » mafia, pétrie de sens de l’honneur et de respect. Un leurre ? Le personnage est changeant, ses motivations demeurent opaques : peur, vengeance, colère… Nul ne sait vraiment, pas même le juge <a href="https://www.theartchemists.com/giovanni-falcone-roberto-saviano/">Falcone</a> qui l’interroge des jours durant.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Est-ce étonnant ? Pur produit de la logique mafieuse, Buscetta est impénétrable, totalement illisible, incompréhensible pour le commun des mortels. Devant les tribunaux, les différentes confrontations avec ses anciens comparses demeurent inaudibles, ponctuées de sous-entendus, de menaces larvées, de ce dialecte sicilien que les magistrats peinent à décrypter dans cette ambiance de comedia dell’arte, d’opéra bouffe. Et d’hypocrisie latente. Car les mafieux opèrent main dans la main avec les politiques, qui s’accrochent à leurs privilèges comme des moules à un rocher.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;">Une classe sociale enfermée dans ses conventions</span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Tourné dans une atmosphère presque pirandellienne, dans un style qui évoque <i>Main basse sur la ville</i> de Francesco Rosi, <em>Le Traître </em>dépasse la violence des meurtres pour évoquer celle, beaucoup plus pernicieuse, d’une classe sociale enfermée dans ses conventions, sa vision du monde, et totalement incapable de s’en affranchir. Par certains moments, le réalisateur aborde ce microcosme comme s’il s’agissait d’une secte, imperméable aux scrupules et aux remords, au respect d’autrui, sclérosée par son avidité.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Les séquences du Maxi-Procès de Palerme sont à ce titre tout à fait parlantes, particulièrement bien restituées et d’autant plus effrayantes qu’elles sont à la fois bouffonnes, absurdes et brutales. <em>Le Traître</em> ajoute donc au biopic la chronique sociale et le récit historique, émaillant son propos de véritables images d’archives qui évoquent les convulsions de cette époque troublée et brutale.</span> Ce film remarquable donne une vision très juste de Cosa Nostra, de ses contradictions, de sa complexité et de son incroyable force de résilience.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Validé 2 : la femme est-elle l’avenir du flow ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/valide-2-la-femme-est-elle-lavenir-du-flow/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Nov 2021 17:40:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La saison 1 de Validé nous avait laissés sur le cul au point de questionner l&#8217;option d’une saison 2 qui tienne debout. C’était sans compter avec le ressort scénaristique d’un Franck Gastambide décidément au mieux de sa forme qui persiste à secouer la fourmilière du rap à la française, en appuyant là où ça fait [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/5593142_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34446 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/5593142_opt.jpg" alt="affiche de la saison 2 de la série Validé" width="399" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/5593142_opt.jpg 399w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/5593142_opt-192x288.jpg 192w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/5593142_opt-329x494.jpg 329w" sizes="(max-width: 399px) 100vw, 399px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">La saison 1 de <a href="https://www.theartchemists.com/serie-valide-1/" target="_blank" rel="noopener"><i>V</i><i>alidé</i></a> nous a</span><span style="color: #000000;">vait laissés sur le cul au point de questionner l&rsquo;option d’une saison 2 qui tienne debout. C’était sans compter avec le ressort scénaristique d’un Franck Gastambide décidément au mieux de sa forme qui persiste à secouer la fourmilière du <a href="https://www.theartchemists.com/french-game-chronologie-du-rap-a-la-francaise/" target="_blank" rel="noopener">rap à la française</a>, en appuyant là où ça fait mal, avec une question que tous devraient assez rapidement se poser car elle est dans l&rsquo;air du temps : la femme est-elle l’avenir du flow ?</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/_gWEAXr7_OM" title="Validé Saison 2 - Bande-annonce" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/_gWEAXr7_OM?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/_gWEAXr7_OM?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>L’avènement de Lalpha</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Il semblerait, si l’on en croit les neuf épisodes de ce second chapitre qui raconte par le menu et sans fioriture l’avènement de Lalpha, vendeuse de baskets le jour, reine du freestyle la nuit, qui déboule par hasard dans la vie de William et Brahim, bombardés directeurs du label Apash Music après le décès de leur talentueux camarade. Ils cherchaient une pointure à la hauteur du regretté prodige ? Ils la trouvent, parfaite représentante du rap au féminin et fier de l&rsquo;être, Bien sûr, il y a les emmerdes qui vont avec : le rap est et demeure un art du combat, sinon cela ne serait pas drôle, et ça vaut aussi pour ces dames qui se trimballent des passifs conséquents, comme ça, il n&rsquo;y a pas de jaloux.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Avec des loups en laisse</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">La belle Sara ajoute donc ses embrouilles, de taille, à celles déjà bien corsées de nos deux héros, sauf qu’elle ne va pas la jouer du tout de la même manière pour s&rsquo;en sortir. Pas pour rien qu’elle pose devant les photographes avec des loups en laisse. Elle connaît le game, ses dessous, et ne fera pas de cadeau, à personne. Marre des cadeaux, qui lui ont déjà couté pas mal, trop. Décidé, elle répond coup pour coup, Lalpha, et pas qu&rsquo;avec les mots. Message subliminal qui appelle toute l’industrie à nettoyer les écuries d’Augias, à renouveler le genre en se tournant vers des artistes féminines dont le talent est évident, mais qui peinent à tracer leur sillon dans un univers excessivement machiste ?</span></p>
<p><script type="text/javascript" src="https://img.metaffiliation.com/na/na/res/trk/script.js"></script><br />
<!-- BEGIN CODE IMAGE 300x250 --><br />
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        try {
                new KwankoSDKLoader.getSlot("S4F53153F9D122D1");
        } catch(e) {}
</script><br />
<noscript><br />
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</noscript><!-- END CODE --><b></b></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Adeptes du Gomorrap</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">En l’état, Lalpha, remarquablement interprétée par Laetitia Kerfa qui rejoint le casting initial, devrait susciter les vocations parmi les spectatrices, par son allure, son répondant aussi, son refus de baisser les bras, au besoin son côté mafiosa assumé, traitant le mal par le mal avec une maestria, une élégance qui remet à leur place les adeptes du Gomorrap, qui prennent leur comportement de psychopathe pour du swag. Autant vous dire que ça va chier, et on se bouffe les épisodes, format court, lecture expresse et rythme de folie, pour se prendre la morale de cette fulgurance en pleine tronche avec un vrai plaisir. Et si en prime, cela peut promouvoir Mesdames les rappeuses, ma foi, on sera aux anges.</span></p>
<p><strong><span style="color: #000000;">Et plus si affinités</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;">Vous pouvez visionner les deux sisons de la série <em><a href="https://www.canalplus.com/series/valide/" target="_blank" rel="noopener">Validé</a></em> sur Canal +.</span></p>
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		<item>
		<title>Bac Nord : bienvenue en absurdie policière </title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-bac-nord/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Oct 2021 14:52:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>1,6 million de spectateurs depuis sa sortie en salle à la mi-août 2021 : Bac Nord séduit le public… et fait polémique. Western simpliste et manichéen, pro flic, cité en exemple et instrumentalisé par l’extrême droite dans le cadre d’une campagne présidentielle toujours plus axée sur la question sécuritaire, le nouveau film de Cédric Jimenez [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/2832970_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34303 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/2832970_opt.jpg" alt="affiche du film Bac Nord de Cédric Jimenez" width="441" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/2832970_opt.jpg 441w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/2832970_opt-212x288.jpg 212w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/2832970_opt-363x494.jpg 363w" sizes="(max-width: 441px) 100vw, 441px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">1,6 million de spectateurs depuis sa sortie en salle à la mi-août 2021 : <i>Bac Nord</i> séduit le public… et fait polémique. Western simpliste et manichéen, pro flic, cité en exemple et instrumentalisé par l’extrême droite dans le cadre d’une campagne présidentielle toujours plus axée sur la question sécuritaire, le nouveau film de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=c%C3%A9dric+jimenez&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Cédric Jimenez</a> déchaîne les passions. À tort ou à raison ? Nous avons visionné la chose, histoire de nous faire notre opinion. Bienvenue en absurdie policière. </span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/iyVLnChTs8w" title="BAC NORD – Bande-annonce officielle – Gilles Lellouche / François Civil / Karim Leklou (2021)" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/iyVLnChTs8w?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/iyVLnChTs8w?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Flics ou voyous ?</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><i>Bac </i><i>N</i><i>ord</i>, c’est l’histoire d’une team de flics opérant dans les quartiers nord de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=marseille&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Marseille</a>. Greg, 20 ans de métier, Yass, bientôt père de famille, Antoine, le jeunot à peine sorti de l’école. Trois générations, trois potes, confrontés à toutes les facettes de la délinquance moderne, vol de scooter, trafic de clopes ou de came. La violence, ils connaissent, ils la côtoient au jour le jour, l’ont vu grossir au fil du temps. Impuissants par manque de moyens et de soutien de leur hiérarchie, soumis à la politique aveugle du résultat, contraints au borderline pour atteindre les objectifs.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Exemple : on leur demande de démanteler un réseau pour booster des statistiques jugées faiblardes, mais on ne leur accorde pas les 5 kilos de came exigés par leur indic pour filer l’info clé, celle qui permettra un flagrant délit bien net et recevable devant un juge. Alors, ils vont les rassembler tout seuls, ces 5 kilos, pour enfin faire tomber ce réseau, parce que c’est leur job, leur vocation. Ils y parviennent au terme d’une opération spectaculaire… qui va finalement les conduire en prison et leur coûter leur carrière. Flics ou voyous ?</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>L’« affaire de la bac nord »</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Une fiction largement inspirée d’un scandale en date de 2012, la très médiatisée « affaire de la bac nord », dix-huit flics d’une même brigade d’intervention, prompts à franchir les limites de la légalité pour chopper les dealers et afficher des résultats mirifiques, d’ailleurs salués par leurs supérieurs ; accusés de corruption et d’enrichissement personnel, certains feront de la préventive. L’affaire se soldera lors du <a href="https://www.lefigaro.fr/actualite-france/l-histoire-vraie-qui-a-inspire-le-film-bac-nord-une-brigade-de-super-flics-aux-methodes-equivoques-20210921" target="_blank" rel="noopener">procès d’avril 2021</a> par des relaxes et des peines avec sursis, dixit, entre autres, <a href="https://www.franceinter.fr/justice/bac-nord-au-cinema-rappel-des-faits-avant-la-fiction-sur-grand-ecran" target="_blank" rel="noopener">un article très éclairant de France Inter</a> que nous vous invitons à parcourir.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Ces flics, Jimenez les a rencontrés, ils ont même accompagné le tournage, apporté leurs indications, leurs réflexions. Un film à décharge pour justifier des méthodes que d’aucuns jugent répréhensibles, voire antirépublicaines ? Ou une mise au point nécessaire sur une fonction totalement en perte de repères ? Le personnage de Greg, interprété par un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=gilles+lellouche&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Gilles Lellouche</a> sur la corde raide du burn-out, dit son écœurement sans tourner autour du pot : « Tu sais quoi, on sert plus à rien ». Il ajoute : « je comprends pas comment on en est arrivé là, en fait ». Et ça sent son vécu.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>À lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-histoire-trafic-drogue-deux-siecles-drug-deal/" rel="bookmark">Histoire du trafic de drogue : deux siècles de drug deal passés au crible</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Hiérarchie aveugle et management douteux</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Obligations de résultats, quitte à flirter avec l’épuisement des effectifs, absence complète de moyens entraînant la mise en péril des équipes, hiérarchie aveugle aux méthodes de management plus que douteuses, instrumentalisation par des politiques en quête de votes mais qui ignorent tout de la réalité du terrain : on en doute ? À l’instant où nous écrivons ces lignes, Jimenez multiplie <a href="https://www.lepoint.fr/cinema/pourquoi-le-realisateur-de-bac-nord-a-deteste-l-echo-politique-de-son-film-08-10-2021-2446854_35.php" target="_blank" rel="noopener">les déclarations dans la presse</a> pour dénoncer la récupération de son film opérée par les candidats d’extrême droite, qui par là même, démontrent qu’ils ne valent guère mieux que les autres.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Le film de Jimenez n’a pas vocation à cracher sur des banlieues que le réalisateur connaît bien pour y avoir grandi, et qu’il aime profondément. Il donne par contre à voir l’enracinement du business de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=drogue&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">drogue</a> dans des cités abandonnées par l’État, transformées en forteresses par des dealers qui en tirent leurs subsides. À ce titre, la scène hallucinante du démantèlement de l’appartement nourrice restera dans les mémoires, comme un tour de force en matière de restitution de la tension, de l’adrénaline, du risque vécu. C’est un autre pan de l’histoire du crime marseillais qui apparaît ici, en prolongement des années 70, quand Marseille était le point de passage de la French Connection.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Une situation qui s’aggrave</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Un sujet que Jimenez a également abordé dans <a href="https://www.theartchemists.com/la-french-drug-connection-a-la-francaise/" target="_blank" rel="noopener"><i>La French</i></a>, qui évoque l’action du juge Michel et son exécution par le Milieu marseillais. Il y a 50 ans donc, sans compter le siècle précédent, où mafia et politiques faisaient déjà bon ménage, dixit l’excellent documentaire <a href="https://www.theartchemists.com/gangsters-republique-faire-imploser-discours-securitaire/" target="_blank" rel="noopener"><i>Les Gangsters et la République</i></a>. Un sujet toujours d’actualité, comme le confirme l’enquête <i>Génération Kalach : la face cachée des cités</i> menée par le journaliste Jérôme Pierrat qui s’est infiltré dans les cités phocéennes où les règlements de compte prolifèrent en mode <a href="https://www.theartchemists.com/?s=gomorra&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener"><i>Gomorra</i></a>.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Là aussi une réalité mise à jour par <a href="https://www.theartchemists.com/?s=roberto+saviano&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Roberto Saviano</a> dans <a href="https://amzn.to/3oR4iNp" target="_blank" rel="noopener"><i>Extra-Pure</i></a> et <a href="https://www.theartchemists.com/film-piranhas-naissance-baby-boss/" target="_blank" rel="noopener"><i>Piranhas</i></a>. Bref, <i>Bac Nord</i>, par son sujet, son réalisme, s’inscrit dans une longue série d’œuvres dénonçant une situation qui s’aggrave depuis des années. Ce qui est intéressant, c’est l’expression de la détresse, la perte de sens, la frustration exprimées par des personnages beaucoup moins testostéronés qu’on aimerait le croire. Car ces gars censés assurer notre sécurité à tous vivent en absurdie du matin au soir. Largués, abandonnés, ils ne peuvent que vriller.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>À lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/policiers-citoyens-relation-sous-tension/" rel="bookmark">Policiers et citoyens, une relation sous tension : diviser pour mieux régner ?</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Frustration et colère</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Vriller en cédant aux sirènes de la corruption (<a href="https://www.theartchemists.com/?s=olivier+marchal&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Olivier Marchal</a> maintes fois a illustré la chose dans ses films, notamment avec <a href="https://www.theartchemists.com/bronx-truands-flics-voyous-predateurs/" target="_blank" rel="noopener"><i>Bronx</i></a>), en tombant en dépression, en se suicidant… ou en éborgnant de l’opposant à longueur de manifs… Et là, ce sont les enquêtes de David Dufresne qui nous reviennent en mémoire, son roman <a href="https://www.theartchemists.com/livre-derniere-sommation-david-dufresne/" target="_blank" rel="noopener"><i>Dernière sommation</i></a>, son remarquable documentaire <i>Un pays qui se tient sage, </i>où le journaliste, spécialiste de la violence policière, dissèque un redoutable cocktail fait de frustration et de colère qui ne demandent qu’à se défouler à la moindre occasion.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">A la limite de l’implosion face à des trafiquants armés jusqu’aux dents et prêts à tout, imaginons comment nos trois flics de la bac Nord réagiraient face à une charge de manifestants. Auraient-ils le recul, le discernement ? Peut-on encore en avoir quand on est pressuré, maltraité, vampirisé de cette façon ? Qu’il le veuille ou non, Jimenez a fait un film politique au sens premier du terme : « police » mêle les termes grecs « politeia », le régime politique, la citoyenneté, et, « polis », la cité-état. Il conviendrait qu’on s’en souvienne.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="background-color: #ff00ff;"><strong>À lire également :</strong></span> </span><strong><a href="https://www.theartchemists.com/serie-cannabis/" rel="bookmark">Cannabis : le frisson du danger, de la transgression</a></strong></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Cette institution essentielle à la protection de tous les citoyens, ne peut se permettre d’être en déshérence. Or, c’est justement ce que Jimenez met en avant dans son film de manière magistrale : des flics en tel manque de reconnaissance qu’ils en viennent à déraper pour faire le travail qu’on leur impose. Qui alors est responsable ? Celui qui est contraint à agir avec les moyens du bord, aussi répréhensibles soient-ils ? Ou celui qui ordonne sans fournir les moyens nécessaires, quitte à pousser des représentants de l&rsquo;État à la faute ? À ce niveau d’absurdité, il ne suffit plus de trembler ; c’est tout l’édifice qu’il faut remettre en question, car il est devenu totalement incohérent.</span></p>
<p align="justify">
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		<title>Cannabis : le frisson du danger, de la transgression</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-cannabis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 May 2021 14:51:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Décidément la came fait vendre, surtout de la série. Cannabis s’ajoute à la longue liste de fictions dédiées à ce brûlant sujet pour nous conter les mésaventures de Shams au pays des narcotrafiquants. Un sujet largement exploré mais que Lucie Berloteau traite avec suffisamment de finesse pour ne pas nous lasser, bien au contraire. Nœud [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/05/5294401eff48d7a5bc1379631de05b20_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-33839 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/05/5294401eff48d7a5bc1379631de05b20_opt.jpg" alt="affiche série cannabis" width="408" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/05/5294401eff48d7a5bc1379631de05b20_opt.jpg 408w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/05/5294401eff48d7a5bc1379631de05b20_opt-196x288.jpg 196w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/05/5294401eff48d7a5bc1379631de05b20_opt-336x494.jpg 336w" sizes="(max-width: 408px) 100vw, 408px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Décidément la came fait vendre, surtout de la série. <i>Cannabis</i> s’ajoute à la longue liste de fictions dédiées à ce brûlant sujet pour nous conter les mésaventures de Shams au pays des narcotrafiquants. Un sujet largement exploré mais que Lucie Berloteau traite avec suffisamment de finesse pour ne pas nous lasser, bien au contraire.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Nœud de vipères</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Shams donc, fils de Yassine, un gangster parti au placard depuis 15 ans pour un braco qui a mal tourné ; Shams, neveu de Farid parti dealer de la pute et de la came en Andalousie. Farid qui vient justement de disparaître on ne sait trop comment, et dont son épouse, la belle et candide Anna, découvre soudain les activités illicites … et les dettes faramineuses. Parmi les mécontents, le très cultivé et redoutable El Féo, qui compte bien récupérer le fric que Farid lui devait. </span><span style="color: #000000;">Et Morphée gros dealer francilien qui a monté son juteux business dans la cité où Shams vit avec sa grand-mère. Shams qui bosse pour Morphée et assure la liaison Paris-Marbella-Paris pour ravitailler son boss avec l’aide de son oncle. Le tout depuis chez sa mémé qui ne supporte plus la main mise des dealers sur sa cité, et compte bien faire le ménage avec l’aide d’une jeune maire idéaliste. Cette dernière va d’ailleurs vite comprendre et à ses dépends qu’elle ne va pas pouvoir agir comme elle l’entend.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/dos-mur-gomorra-danoise/" rel="bookmark">Dos au mur : Gomorra à la danoise</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Zones d’ombre et de lumière</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Bref un bon gros nœud de vipères qui vont se bouffer entre elles avec plusieurs objectifs :</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">savoir ce qu’est vraiment devenu Farid</span></li>
<li><span style="color: #000000;">retrouver le stock de beuh qui a disparu avec lui</span></li>
<li><span style="color: #000000;">continuer à vivre et faire du fric sans ce maillon dont l’absence fiche un merdier considérable … et déclenche une réaction en chaîne aussi révélatrice que meurtrière.</span></li>
</ul>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Trépidant, <i>Cannabis</i> nous coince dés les premières secondes dans un scénario haletant qui repose en grande partie sur les zones d’ombre et de lumière des protagonistes. Car dans cette histoire, personne n’est ou tout noir ou tout blanc. Beaucoup, beaucoup de gris chez ces héros dissimulant leur part d’humanité sous un vernis d’assurance qui craque de toute part. Tous vont devoir faire leur deuil : d’une personne aimée, d’un statut social, d’une perception de soi-même … et c’est là que réside l’immense et magnifique surprise de cette série.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/-NNbxVXlwDc" title="Cannabis | Série Fiction | ARTE" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/-NNbxVXlwDc?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/-NNbxVXlwDc?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Profils atypiques</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Les acteurs y sont pour beaucoup qui doivent composer ces profils atypiques :<span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"> citons entre autres </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Christophe Paou </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">en gros dur qui cache des amours homos illicites en milieu narco ultra-machiste, Kate Moran qui va passer du stade de l’épouse innocente bien dans sa petite vie confortable de bourgeoise au statut de mafiosa intraitable, Jean-Michel Correia en vieux taulard fatigué qui retrouve son amour de jeunesse, Pedro Casablanc en psychopathe aussi féroce que racé … </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Bref un casting trié sur le volet pour créer le relief de personnages très riches émotionnellement … et qui doivent composer avec une situation sismique : </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">la perturbation d</span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">es interdépendances </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">propres aux</span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"> schémas d’approvisionnement et de diffusion de la drogue entre le Maroc, l’Espagne et l</span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">es cités de quartier. Une opportunité en or que saisissent avec beaucoup de flair et de nuance les scénaristes Hamid Hlioua, Clara Bourreau … et une certaine <a href="https://www.theartchemists.com/trilogie-roman-vera-cabral-psychiatre-urgence/" target="_blank" rel="noopener">Virgine Brac</a> à qui l’on doit l’héroïne hors normes Véra Cabral et l</span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">es</span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"> polars qui comptent ses exploits. </span></span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  </span></span></span><strong><a href="https://www.theartchemists.com/valide-rap-art-combat/" rel="bookmark">Validé : le rap est un art de combat</a></strong></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">A</span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">u finish, </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"><i>Cannabis</i></span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"> offre une petite tragédie des êtres sur fond de narcotrafic, de survie sociale et de révélation des caractères. Ce n’est pas pour rien que le très brutal « La mort sur le dancefloor » scandé par Rebeka Warrior sur les bits endiablés de Vitalic conclut ces épisodes : « Mors vita magnit facit », ce qui en gros revient à dire que la mort magnifie la vie. C’est justement cette étincelle qui anime chaque personnage, cette excitation, ce frisson du danger, de la transgression. La série en fait état de manière particulièrement juste. C’est à la fois brillant et bien trop court. Tourné en 2016, cette première saison n’a pas eu de suite. On le déplore grandement. Qui sait ? Un jour peut-être ?</span></span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Et plus si affinités</span></span></b></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Vous pouvez visionner <a href="https://www.arte.tv/fr/videos/RC-020922/cannabis/" target="_blank" rel="noopener">la série </a></span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"><i>Cannabis</i></span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"> sur ARTE.</span></span></span></p>
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		<title>« Moi Christiane F. »  du livre culte à la série kawai : édulcoration du sordide et contre-électrochoc culturel</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/moi-christiane-f-livre-film-serie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 May 2021 16:12:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=33821</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le coup de gueule ARTchémisien est d’autant plus tonitruant qu’il est rare. Nous sommes généralement open minded et n’apprécions guère descendre les œuvres qu’on nous soumet ou qui nous passent sous le nez. Quand nous n’aimons pas, nous n’en parlons pas, point barre. Il y a déjà assez de merdouilles rageuses et frustrées qui traînent [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/05/christiane-f_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-33822 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/05/christiane-f_opt.jpg" alt="moi christiane f" width="457" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/05/christiane-f_opt.jpg 457w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/05/christiane-f_opt-219x288.jpg 219w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/05/christiane-f_opt-376x494.jpg 376w" sizes="(max-width: 457px) 100vw, 457px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Le coup de gueule ARTchémisien est d’autant plus tonitruant qu’il est rare. Nous sommes généralement <i>open minded</i> et n’apprécions guère descendre les œuvres qu’on nous soumet ou qui nous passent sous le nez. Quand nous n’aimons pas, nous n’en parlons pas, point barre. Il y a déjà assez de merdouilles rageuses et frustrées qui traînent sur la toile sans que nous crachions notre bile en écho. Il faut cependant avouer qu’avec <i>Moi Christiane F.</i> 2021, nous sommes tombés sur un os suffisant pour nous rester en travers de la gorge, à plus d’un titre. Explications.</span></span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000; font-size: 18pt;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><b>Une gamine détruite par la came</b></span></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"><i>Moi Christiane F.</i> : lorsque j’ai vu passer le post annonçant la sortie de la série boostée par Amazon Prime Video, j’ai immédiatement tilté. La lecture du livre <i>Moi Christiane F. 13 ans, droguée, prostituée </i>dans mes jeunes années m’a laissé un souvenir de cendres que je n’ai jamais effacé. J’avais la quinzaine, je suis désormais quinqua, mais ce bouquin m’est toujours resté en mémoire comme le récit d’une chute sans fin ni fondement, la destruction irrémédiable d’une gamine prise au piège de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=drogue&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">drogue</a>, dont elle raconte l’enfer avec crudité et lucidité, ligne après ligne : la découverte de la dope pour parer l’ennui d’une vie médiocre dans un HLM berlinois dégueulasse, une famille explosée, les trente Glorieuses à leur terme, bien vissées dans le schéma « j’achète donc je suis », aucune perspective d’avenir radieux sinon des chimères. </span></span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000; font-size: 18pt;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><b>Un vide existentiel intersidéral</b></span></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Petite gosse de 13 ans, Christiane F. va progressivement plonger dans l’héroïne. Pour se payer ses doses, elle finit comme les autres par faire le tapin dans le quartier de la station Zoo où pullulent les putes mineures des deux sexes, chair fraîche à portée de queue pour les pédophiles et les pervers de tout poil. Rien n’est tu au lecteur, de la réalité des shoots qu’on pratique dans les chiottes crasseuses, du rinçage des seringues dans l’eau croupie des cabinets. Les démangeaisons qu’on calme en se grattant à coup de brosse ou de canif, la maigreur et la saleté qui gagnent, les jaunisses qu’on se refile en partageant les aiguilles, les crises de manque, épouvantables, les tentatives de désintox, avortées … et ce vide existentiel intersidéral, qu’on comble en écoutant Bowie pendant qu’on suce un mec dans une bagnole puante. Quant aux amitiés, elles disparaissent. Tout est bon pour chopper sa dose, y compris mentir à ses proches, les voler, dépouiller des camés plus faibles que soi.</span></span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000; font-size: 18pt;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><b>Un film d’un réalisme sinistre</b></span></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Magistral, inoubliable, d’une tristesse totale qui vous prend à la gorge et aux tripes : Christiane F. pour Felscherinow  n’est pas un personnage de fiction. La petite a vraiment vécu cet enfer, elle l’a raconté aux journalistes du <i>Stern</i> qui la rencontrent au sortir du procès d’un de ses michetons pédophiles. Ils en tireront un bouquin culte, longtemps inscrit comme arme de prévention massive dans les programmes scolaires à l’international. Il faut dire que le parcours de Christiane ne donne guère envie, loin s’en faut. Il sonne juste, sent son vécu jusque dans les pires détails … tout comme l’adaptation cinématographique de Uli Udel datée de 1981, trois ans après la sortie du livre : un récit fidèle dans l’esprit au témoignage de la jeune femme, et qui nous vaut des scènes bleutées d’un réalisme sinistre, avec en musique de fond les compos de David Bowie invité sur le tournage. Secouant au possible et calqué sur le réel.</span></span></span></p>
<div id="blogvision"><iframe style="width: 480px; height: 270px;" src="https://player.allocine.fr/19424339.html">    </iframe><br />
<a href="https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=57005.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Moi, Christiane F. ..13 ans, droguée et prostituée</a><br />
<a href="https://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19424339&amp;cfilm=57005.html"><strong>Moi, Christiane F. ..13 ans, droguée et prostituée</strong> Bande-annonce VO</a></div>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000; font-size: 18pt;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><b>Ouin-Ouin chez les toxs</b></span></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Sans pitié : de séquence en séquence, nous voyons l’héroïne se transformer en morte vivante, métamorphose terrible assumée par Natja Brunckhorst, toute jeune actrice qui colle au rôle avec sa moue d’enfant, ses cheveux sales, ses yeux vides. Atroce. Et d’une rare justesse, tous les récits d’ex-camés, les biographies de stars du rock immolées par overdose, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=sid+vicious&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Sid Vicious</a> en tête, le confirment. Autant vous dire qu’embrayer directement avec les huit épisodes du remake seriel signé Annette Hess, scénariste du par ailleurs excellent <a href="https://www.theartchemists.com/berlin-56-nazi-ballroom-dancing/" target="_blank" rel="noopener"><i>Berlin 56</i></a>, c’est comme vivre un contre-électrochoc culturel. Nous étions dans l’enfer de mômes coincés dans l’addiction et acculés à la déchéance totale de leur être, nous nous retrouvons soudain dans <i>Ouin Ouin chez les Toxs</i>. Nous sommes allés au bout, histoire de faire notre taff et pour donner une chance au feuilleton de se ressaisir, de casser net ce pseudo conte de fées pour ados dopaminés aux réseaux sociaux. Eh bien, non, de bout en bout, <i>Moi Christiane F.</i> déclinera le shoot et la passe en mode instagrammable. Avec des effets édulcorants inacceptables.</span></span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000; font-size: 18pt;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><b>Divertissement d’ado et heroin chic</b></span></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"><i>Trainspotting</i>, <i>Climax</i>, <i>Las Vegas Parano</i> … ce ne sont pas les films qui manquent qui surfent sur les effets euphorisants de la dope. Mais le délire y est toujours arrimé à l’horreur, à la chute. Et quand on en sort, on n’a franchement pas envie de courir se faire une ligne de coke. Avec la série <i>Moi Christiane F.</i> 2021, la petite pute camée de 1978 devient une grande et belle jeune femme, fringuée comme une influenceuse, toujours propre sur elle, même quand elle dégueule de petites flaques mignonettes de bile pendant des sevrages tout aussi choupis. Pas de bleus sur les bras, la jaunisse, elle la fait AVANT de se piquer, et quand elle racole avec ses copines, on dirait qu’elle participe à un shooting mode. Ses potes, gentiment qualifiés de « dysfonctionnels » dans le pitch, sont présentés comme des copains de lycée dans la plus pure tradition du divertissement d’ado à l’américaine &#8230; ou d&rsquo;une pub glamour tendance heroic chic comme ce fut le cas avec <a href="https://www.premiere.fr/People/Quand-Gucci-s-inspire-de-Moi-Christiane-F-13-ans-droguee-prostituee" target="_blank" rel="noopener">une campagne Gucci datée de 2016</a> et inspirée d&rsquo;une des scènes du film.</span></span></span></p>
<h3 align="justify"><span style="color: #000000; font-size: 18pt;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><b>Trop nickel, trop bling bling</b></span></span></h3>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Pourtant les pistes ne manquaient guère qui auraient pu être creusées : le spectre lourd du nazisme qui règne encore dans les mémoires, la crise économique qui rôde, l’ennui également, le trafic sexuel, les orgies mondaines … mais le HLM initial est devenu un immeuble assez sympa et plein de verdure, malgré un ascenseur un brin meurtrier. Le Sound où se retrouve toute la petite bande tient plus de la boite de nuit berlinoise hype et techno que du rade 70’s. Les couloirs de la station Zoo sont nettoyés, rutilants. Les fringues sont trop onéreuses, trop nickel, trop bling bling pour l’origine sociale de cette gamine et de ses amis. Malgré les coups, les brushings demeurent impeccables, le maquillage coule à peine. Adultes absents ou désarmés quand ils ne sont pas carrément pousse-au-crime, viols, relations non consenties viennent se mêler à des amourettes de gamins. On passe sur l’image récurrente du cheval qui brouille encore plus les pistes, sur les paysages sublimés comme un filtre Insta, sur la magie des effets, très inspirés de <i>Trainspotting</i> …</span></span></span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/xXRQ2BH1nY4" title="Moi, Christiane F. - Bande-annonce officielle VF" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/xXRQ2BH1nY4?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/xXRQ2BH1nY4?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000; font-size: 18pt;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><b>Séduire la genZ</b></span></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Et on se demande pourquoi. Certes Amazon, désireux de chasser sur les terres de ses concurrents, veut, comme tout le monde, séduire cette génération Z si insaisissable, en lui offrant le reflet d’un quotidien anamorphosé par le social media. C’est déjà assez embarrassant quand on sait l’influence déplorable que cet univers a sur la représentation de soi et la manière dont les jeunes comme les vieux du reste se prennent ces diktats dans la gueule. Mais quand on touche au domaine de la came, on frémit. Après le vampire, la sorcière et l’assassin, c’est le drogué qu’on rend trendy. Pourquoi cette vision en rose, bourrée d’anachronismes et d’inexactitudes, d’attitudes fausses, outrées, de caricatures en somme (Bowie en Thin White Duke pissant tranquille avant de monter sur scène). Sans parler de l’introduction dont on ne comprend pas vraiment la portée sinon que notre héroïne est « Immortelle » ( une émanation de Ciro di Marzio from <a href="https://www.theartchemists.com/serie-gomorra-saison-1/" target="_blank" rel="noopener"><i>Gomorra </i></a>????) car elle a traversé haut la main toutes les épreuves qu’on va décrire dans la suite du feuilleton.</span></span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000; font-size: 18pt;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><b>La came n’est pas kawai</b></span></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Ridicule ? Navrant ? Dangereux ? La came ne pardonne pas, une fois qu’on a mis le doigt dans l’engrenage, c’est la glissade sans fin et elle n’a rien de kawai. Ce récit nous a d’autant plus affligés que Christiane F. est toujours de ce monde et que la came, aujourd’hui encore, continue de la poursuivre, de la harceler. Elle y a laissé sa liberté, sa santé, son fils lui a été retiré, elle a replongé un nombre incalculable de fois, ce qu’elle explique dans un autre livre intitulé <a href="https://amzn.to/3olCm1S" target="_blank" rel="noopener"><i>Moi, Christiane F., la vie malgré tout</i></a>. Aujourd’hui, cette femme de 51 ans s’étonne d’être toujours vivante, sait que sa vie ne tient qu&rsquo;à un fil. Saluant la sortie de la série, la presse a bien sûr évoqué le destin de Christiane F. Personne a notre connaissance ne lui a demandé son avis sur ce remake en mode fairy tale. Il faudrait poser la question à cette survivante, et à tous ceux qui ont réussi à s’en sortir mais demeurent sur la corde raide. </span></span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000; font-size: 18pt;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><b>Les enfants de la station Zoo sont toujours là</b></span></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Exagéré ? Nous aimerions. On sait l’impact formidable des nouvelles séries boostées par les plateformes de VoD à succès. Ne dit-on pas que Netflix dicte les tendances, fait et défait les modes ? Après avoir magnifié le personnage du narcotrafiquant, c’est celui du drogué qui prend le chemin de la sanctification médiatique … et de la banalisation ? Inquiétant à l’heure d’une pandémie qui secoue les consciences, alimente les déprimes, les addictions, notamment parmi les jeunes publics. Le marché de la drogue, lui, ne se porte pas mal, débordant sur les réseaux où les dealers vendent ouvertement. Il est du reste toujours dans la rue, les riverains de la place Stalingrad en savent quelque chose. Les enfants de la station Zoo sont toujours là, à crever dans les rues. Était-ce bien nécessaire d’en faire un conte de fée pour influenceuses ?</span></span></span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/n1aXzz7opiA" title="Bande-annonce &quot;Christiane F., la vie malgré tout&quot;" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/n1aXzz7opiA?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/n1aXzz7opiA?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Récapitulons : voir ou ne pas voir <em>Moi Christiane F.</em> 2021 ? La censure n&rsquo;est jamais une bonne chose, d&rsquo;autant que les interprètes de la série sont loin d&rsquo;être mauvais. Si vous vous lancez dans l&rsquo;aventure, ne faites surtout pas l&rsquo;économie de la lecture du livre, ni du visionnage du film. Le contre-point est troublant, choquant même, une source d&rsquo;enseignement en soi sur la manière dont aujourd’hui on affadit tout par peur de choquer, par volonté de séduire. La came comme argument de vente, levier marketing glamour et tendance. Pourtant la triste réalité de la drogue demeure égale. Confronter les trois documents, c&rsquo;est mesurer à quel point une adaptation peut trahir un projet artistique d&rsquo;origine, le message initial qu&rsquo;il porte, les victimes qu&rsquo;il est censé défendre. Tout ça pour vendre.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><strong><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Et plus si affinités</span></span></strong></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Vous désirez acheter le livre Moi Christiane F. 13 ans droguée, prostituée ? Ou bien sa version filmée ? Les deux dans un coffret ? Cliquez sur les photos.</span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Barry Seal – American traffic : Narcos in the clouds</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/barry-seal-american-traffic/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Dec 2020 11:59:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La dernière fois qu’on l’avait vu arborer pareille nonchalance à l’affiche, c’était dans Top Gun. A croire qu’en positionnant Tom Cruise de cette manière pour annoncer Barry Seal – American Traffic, les producteurs ont voulu jour la carte de l’anti héros à fond ; et ils n’ont peut-être pas eu tort puisqu’à y bien réfléchir, ce [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/12/barry-seal.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-30001" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/12/barry-seal-494x494.jpg" alt="" width="494" height="494" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/12/barry-seal-494x494.jpg 494w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/12/barry-seal-188x188.jpg 188w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/12/barry-seal-288x288.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/12/barry-seal-70x70.jpg 70w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/12/barry-seal-150x150.jpg 150w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/12/barry-seal.jpg 600w" sizes="(max-width: 494px) 100vw, 494px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">La dernière fois qu’on l’avait vu arborer pareille nonchalance à l’affiche, c’était dans <i>Top Gun</i>. A croire qu’en positionnant Tom Cruise de cette manière pour annoncer <i>Barry Seal – American Traffic</i>, les producteurs ont voulu jour la carte de l’anti héros à fond ; et ils n’ont peut-être pas eu tort puisqu’à y bien réfléchir, ce narcotrafiquant affilié à la CIA est tout à fait représentatif d’une politique, pire d’un état d’esprit propre aux USA des 70’s. Et ce n’est guère glorieux.</span></p>
<p align="justify"><strong><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;">A lire également :</span> </strong> <strong><a href="https://www.theartchemists.com/dos-au-mur-gomorra-a-la-danoise/" rel="bookmark">Dos au mur : Gomorra à la danoise</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">Tête brûlée et kilos de coke</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Bary Seal comme un Pete Mitchell quadra en rupture de ban, donc. L’idée se tient, surtout dans le contexte historique. Nous sommes en pleine guerre fraîche, Reagan a pris le pouvoir, bien décidé à en découdre avec les cocos du monde entier, et plus spécifiquement dans le voisinage proche des USA, à savoir l’Amérique du Sud. Tous les coups sont permis, tordus et hypocrites de préférence, et en la matière la CIA n’a pas son pareil.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Dans cette perspective, la Central Intelligence Agency recrute Barry Seal, pilote de la TWA de son état, état qui pèse fort à cette tête brûlée absolument ingérable adepte des sensations fortes. Fatigué de véhiculer du touriste en masse, ce dernier oublie quelque peu qu’il a femme et enfants à nourrir pour répondre à l’appel de l’aventure. Et le voici photographiant des camps d’entraînement sandinistes paumés dans la jungle, au volant de son bolide des airs. Tant pis pour les balles, et tant mieux quand des businessmen colombiens le contactent de manière musclée pour lui demander de véhiculer en terre américaine leurs précieux kilos de coke.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/ZPUBXbZKtN8" title="Barry Seal - American Traffic / Bande-Annonce Officielle (soft) VOST [Au cinéma le 13 septembre]" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/ZPUBXbZKtN8?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/ZPUBXbZKtN8?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">Fric facile</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’est plus risqué certes, totalement prohibé bien sûr, mais si bien payé. En peu de temps, Seal ne sait plus où cacher les valises de fric qui l’encombrent, tandis que Mena – Arkansas, où la CIA l’a planqué pour qu’il agisse en toute quiétude, loin des enquêtes policières, se métamorphose doucement, avec multitude de banques pour blanchir l’argent, cabines téléphoniques destinées à contacter ses clients des cartels, et un shérif des plus absents, c’est toujours mieux. Bref c’est la très belle vie, … mais elle sera de courte durée. De star des airs, Seal deviendra fugitif, bête traquée éradiquée avant qu’elle n’en dise trop sur ses multiples associés.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Le biopic mené tambour battant par Doug Liman suit donc le parcours de ce bad boy moderne, dont l’aura et l’insolence transparaissaient déjà dans <a href="https://www.theartchemists.com/narcos-plata-o-plomo/"><i>Narcos</i></a> ou <a href="https://www.theartchemists.com/infiltrator-entre-analyse-suspens/"><i>Infiltrator</i></a>. C’est que le Monsieur incarne le fric facile, la démesure d’une époque, que le réalisateur et son équipe retranscrivent avec un souci de vérité quasi naturaliste, quitte à aller demander conseil à la veuve de Seal qui les a largement documentés. Avions, voitures, décors, vêtements, le travail de recherche est pointu jusque dans le choix de la BO, dans le tournage effectué en partie en Colombie ; bref nous sommes dans une exigence comparable à celle du <i>Casino</i> de Scorsese.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #ff00ff;"><strong><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;">A lire également :</span> </strong></span> <strong><a href="https://www.theartchemists.com/histoire-du-trafic-de-drogue-deux-siecles-de-drug-deal-passes-au-crible/" rel="bookmark">Histoire du trafic de drogue : deux siècles de drug deal passés au crible</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><strong>Services de l’ombre</strong></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Quant au rythme du film, il est frénétique, exactement comme devait l’être Seal qui devient ainsi un reflet de l’air du temps, un rouage essentiel dans des stratégies complémentaires même si elles n’ont rien d’honnête. La CIA en prend ici pour son grade, tout comme le gouvernement américain et la présidence Reagan qui ont autorisé pareilles dérives, quitte à s’infiltrer dans la gestion d’autres pays souverains et soutenir la plaie du narcotrafic. Ironique, la narration met en exergue les procédés anti démocratiques de ces services de l’ombre, qui choisissent pour les soutenir ce personnage peu recommandable qui va vite conquérir une position dominante avant de chuter.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">On regardera donc ce film à la fois comme un excellent divertissement, où actions et rebondissements ne manquent guère, et comme une analyse fine et cynique d’une époque où tout était permis pour aboutir à ses fins. Quand arrive le générique de fin, la question se pose : les choses ont-elles changé ? La réponse, on l’imagine bien. Et on se dit que des Barry Seal, on n’a pas fini d’en voir et de les combattre.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><a href="http://www.universalpictures.fr/film/barry-seal-american-traffic">http://www.universalpictures.fr/film/barry-seal-american-traffic</a></p>
<p><a href="https://www.facebook.com/BarrySeal.lefilm/">https://www.facebook.com/BarrySeal.lefilm/</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>The Killing : tragédie policière danoise en 3 actes et 40 épisodes</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-killing-tragedie-policiere-danoise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2020 10:00:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ah The Killing. Série danoise incontournable, un monument du polar nordique, sombre et désespérant à souhait. Forbrydelsen en danois dans le texte &#8230; Trois saisons, trois enquêtes. Longues. Compliquées. Éprouvantes. Qui n’en finissent pas de rebondir. Des pistes qui ne mènent à rien, des portes qui s’ouvrent sur du vide, des suspects qui n&#8217;en sont [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/07/Capture-du-2020-07-28-12-21-05.png"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-32737 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/07/Capture-du-2020-07-28-12-21-05.png" alt="photographies extraites de la série The Killing" width="735" height="588" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/07/Capture-du-2020-07-28-12-21-05.png 735w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/07/Capture-du-2020-07-28-12-21-05-288x230.png 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/07/Capture-du-2020-07-28-12-21-05-494x395.png 494w" sizes="(max-width: 735px) 100vw, 735px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Ah <i>The Ki</i><i>l</i><i>ling</i>. Série danoise incontournable, un monument du polar nordique, sombre et désespérant à souhait. <em>Forbrydelsen</em> en danois dans le texte &#8230; Trois saisons, trois enquêtes. Longues. Compliquées. Éprouvantes. Qui n’en finissent pas de rebondir. Des pistes qui ne mènent à rien, des portes qui s’ouvrent sur du vide, des suspects qui n&rsquo;en sont plus, un cheminement frustrant vers une vérité inacceptable. Et pour suivre ces fils ténus, Sarah Lund.</span></span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">Sarah Lund, entre Antigone et Electre</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Frêle enquêtrice obsédée par son travail au point de délaisser fils, amant, mère, toutes les conventions de la bonne société danoise dans laquelle elle évolue comme une ombre. Perspicace, visionnaire, spontanée. Malheureuse, en rupture avec tous les fondamentaux de la famille, incapable de trouver l’amour, le détruisant quand il fait mine d’approcher. Sarah Lund, quelque part, c’est Antigone échappée de la tombe pour intégrer les rangs de la police de Copenhague. Et endosser le rôle d’Electre. A savoir, foutre le bordel.</span></span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Il y a de quoi faire. Comme le disait si bien Shakespeare, « il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark ». Face à Sarah Lund et sa quête d’absolue vérité, des supérieurs particulièrement castrateurs, eux-mêmes pris dans les querelles de pouvoir des dirigeants politiques d’un pays où la démocratie se construit à force de coups bas , de trahisons et de compromis. Seule à respecter ses valeurs, à rechercher l’intégrité constamment, Sarah fait tâche, dérange, énerve. Et s’en prend plein la gueule, même quand elle a raison. Surtout quand elle a raison.</span></span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également : </strong></span><strong> <a href="https://www.theartchemists.com/dos-au-mur-gomorra-a-la-danoise/" rel="bookmark">Dos au mur : Gomorra à la danoise</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">La douleur de la perte</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Face à elle, les victimes, leurs familles, leurs proches, démunis, frappés de plein fouet par la main du destin, en quête d’information, d’une justice qui leur échappe, car lente, pesante, tenue par le temps. Un temps qui s’égrène de jour en jour, et dont le spectateur ressent le cours à chaque épisode marqué d’une date. Histoire de rappeler qu’une enquête n’est pas synonyme d’unité temporelle, loin s’en faut. Pourtant, là où il faudrait de la patience, de la concentration, du calme pour dénouer ces intrigues, il n’y a que pressions, obstacles, interdits, urgences.</span></span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Et la douleur humaine de la perte, du deuil que le showrunner Søren Sveistrup et ses réalisateurs </span></span><span style="font-family: sans-serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Kristoffer Nyholm, </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Charlotte Sieling</span></span><u><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">,</span></span></u><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"> </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Hans Fabian Wullenweber </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">mettent particulièrement en évidence, dans des séquences intenses pour certaines, particulièrement pudiques pour d’autres, toujours prenantes. Qu’ajouter sinon que la réputation de <em>The Killing</em> n’est pas usurpée, que la version originale sous-titrée s’impose comme une évidence, et que si vous êtes adepte de suspens, de rebondissements, de manipulation et de tragédie, vous serez comblé.</span></span></span></span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: sans-serif;"><span style="font-size: small;"><b><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Et plus si affinités</span></span></b></span></span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #222222;"><span style="font-family: Arial;"><span style="font-size: medium;"><a href="https://www.arte.tv/fr/videos/RC-019568/the-killing/RC-019569/the-killing-saison-1/?xtor=SEC-697--[Serie_et_fictions_programmes]-[The_Killing]--[]&amp;gclid=CjwKCAjw0_T4BRBlEiwAwoEiAaNrRWHLjqsLVBESPhOTceO-os8LU_7w8tg-CynzgrD2-OPDXyUs1RoCefkQAvD_BwE"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">https://www.arte.tv/fr/videos/RC-019568/the-killing/RC-019569/the-killing-saison-1/?xtor=SEC-697&#8211;[Serie_et_fictions_programmes]-[The_Killing]&#8211;[]&amp;gclid=CjwKCAjw0_T4BRBlEiwAwoEiAaNrRWHLjqsLVBESPhOTceO-os8LU_7w8tg-CynzgrD2-OPDXyUs1RoCefkQAvD_BwE</span></a></span></span></span></p>
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