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	<title>femme</title>
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	<description>Bienvenue en zone culturelle libre</description>
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		<title>Femme Maison : Louise Bourgeois ou le corps des femmes comme architecture</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/femme-maison-louise-bourgeois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Sep 2026 11:09:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une silhouette nue, debout, jambes fines, bras qui pendent ou s&#8217;agitent faiblement &#8230; à la place de la tête, du visage, une maison, petit pavillon de banlieue, avec son toit, ses fenêtres éclairées, sa cheminée — plantée directement sur les épaules d&#8217;un corps de femme. Voici le principe de Femme Maison, série peinte par Louise [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><br />Une silhouette nue, debout, jambes fines, bras qui pendent ou s&rsquo;agitent faiblement &#8230; à la place de la tête, du visage, une maison, petit pavillon de banlieue, avec son toit, ses fenêtres éclairées, sa cheminée — plantée directement sur les épaules d&rsquo;un corps de femme. Voici le principe de <em>Femme Maison,</em> série peinte par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Louise_Bourgeois_(plasticienne)">Louise Bourgeois</a> entre 1945 et 1947 dans son atelier new-yorkais. A l’époque, on ne parle pas encore de féminisme ou si peu. Pourtant cet ensemble de toiles à l&rsquo;huile et à l&rsquo;encre sur lin va devenir l’une des œuvres fondatrices de l’art au féminin.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Louise Bourgeois avant Louise Bourgeois : une enfance sous le régime du secret</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Émigrée à New York en 1938 après son mariage avec l&rsquo;historien de l&rsquo;art américain Robert Goldwater, l’artiste peint ces toiles tandis qu&rsquo;elle élève ses trois jeunes fils. Confrontée qu’elle est au rôle de femme au foyer avec ses contraintes, ses interdits, Bourgeois exprime également toute l’hypocrisie de cette fonction, hypocrisie dont elle a elle-même mesuré l’étendue dans son enfance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Choisy-le-Roi, années 1910-1920. Les Bourgeois y dirigent un atelier de restauration de tapisseries anciennes ; la mère supervise le retissage, le père tient la galerie parisienne où se négocient les pièces restaurées. Très tôt, la petite Louise participe aux travaux d&rsquo;aiguille, dessine les motifs manquants, apprend à réparer ce qui est abîmé. Cette formation marquera toute son œuvre à venir, jusque dans son vocabulaire : coudre, réparer, retisser, elle utilisera ces verbes comme autant de métaphores de la création elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette maison de l&rsquo;enfance abrite un secret. Le père, séducteur en diable humilié par la défaite de 1914, entretient une liaison avec la jeune gouvernante anglaise, Sadie. L&rsquo;épouse, malade, laisse faire. La relation adultère durera dix ans. Louise Bourgeois racontera plus tard la double trahison du père et de la gouvernante en qui elle avait placé sa confiance. La demeure familiale, dans son souvenir, s&rsquo;érige en théâtre à huis clos où se joue le mensonge conjugal. Cet univers entre dissimulation et soin prend corps dans les silhouettes sans visage de <em>Femme Maison</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Anatomie d&rsquo;une fusion : le corps confisqué par l&rsquo;architecture</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les toiles de la série, de format vertical et de dimensions modestes, jouent toutes la même partition avec des variations : un corps féminin nu, parfois debout, parfois assis ou allongé, dont la tête ou le buste entier a été remplacée par une structure architecturale. Maison à pignon, immeuble à étages, gratte-ciel miniature : l&rsquo;édifice se substitue purement et simplement à ce qui faisait, jusque-là, l&rsquo;identité du sujet peint, son visage, son regard, sa capacité à regarder en retour celui qui la regarde. Dans certaines versions, une longue chevelure s&rsquo;échappe encore de sous la la maçonnerie, seul indice organique subsistant, signature que <a href="https://hyperallergic.com/louise-bourgeois-an-unfolding-portrait-museum-of-modern-art-deborah-wye-interview/">la commissaire du MoMA Deborah Wye</a> a associée à la propre chevelure de l&rsquo;artiste, lisant ainsi ces toiles comme des autoportraits déguisés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix du titre est lui-même un jeu de mots caractéristique de Bourgeois, qui y mêle français et anglais : <em>Femme Maison</em> peut se lire aussi bien « femme-maison » que « maison de femme », glissant du côté de la « femme au foyer » sans jamais s&rsquo;y fixer complètement. L&rsquo;ambiguïté est ancrée dans l&rsquo;œuvre. Bourgeois elle-même a décrit cette figure comme une femme qui ignore être à moitié nue ; plus elle tente de se cacher, plus elle se dévoile. Plus la maison protège, plus elle l&rsquo;expose ; plus elle abrite, plus elle empêche de voir et d&rsquo;être vue autrement que comme façade.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Refuge ou prison ? L&rsquo;ambivalence structurelle de la maison</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La force critique de la série se situe dans cette ambivalence Tout au long de sa carrière, Bourgeois emploiera le motif de la maison, puis plus tard des « Cells » grillagées et vitrées dans les années 1990, autant d’espaces à double fond, lieux de refuge et d&rsquo;enfermement, cocons et cages à la fois. <em>Femme Maison</em> annonce cette dualité dès 1945 : l&rsquo;architecture n&rsquo;y est jamais univoque, elle absorbe la femme sans qu&rsquo;on puisse trancher s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une protection ou d&rsquo;une capture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du point de vue de l’histoire sociale, ce motif entre en résonance frappante avec ce que la sociologue et essayiste américaine <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Betty_Friedan">Betty Friedan</a> théorisera quinze ans plus tard sous le nom de « problème sans nom », ce malaise diffus des femmes au foyer de la banlieue américaine d&rsquo;après-guerre, sommées de s&rsquo;accomplir dans la maison, la maternité et l&rsquo;entretien du confort domestique. Bourgeois peint ces toiles en plein essor du mythe de la <em>housewife</em> triomphante tandis que la presse et la publicité américaines célèbrent à l&rsquo;envi la femme au foyer équipée de son électroménager flambant neuf. Sa série, elle, montre l&rsquo;envers exact de cette imagerie, dénonce comment l&rsquo;épanouissement domestique camoufle l&rsquo;effacement pur et simple du sujet féminin sous le poids de la fonction qui lui est assignée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une œuvre repêchée par l&rsquo;histoire : de la marge au manifeste</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le trajet de <em>Femme Maison</em> est singulier. Peintes en 1945-47 dans le sillage du surréalisme européen que Bourgeois côtoie alors à New York (elle expose dès 1945 à la Bertha Schaefer Gallery, avec la complicité de Marcel Duchamp), ces toiles restent longtemps anecdotiques dans une carrière qui décollera véritablement dans les années 1970, quand Bourgeois a déjà passé soixante ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mouvement féministe de la seconde vague redécouvre alors ces tableaux. Critiques et historiennes dont <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucy_Lippard">Lucy Lippard</a> y voient une préfiguration saisissante des interrogations que le mouvement met alors sur la table : représentation du corps féminin, identité confisquée par les rôles domestiques, articulation entre vie privée et statut social. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Bourgeois elle-même a pourtant toujours entretenu un rapport ambigu avec cette récupération : elle ne se revendique pas explicitement féministe, préférant ancrer son travail dans l&rsquo;analyse (elle entamera d&rsquo;ailleurs une thérapie de plus de trente ans après la mort de son père en 1951) plutôt que dans le militantisme frontal. C&rsquo;est bien là ce qui rend l&rsquo;œuvre si intéressante pour une lecture contemporaine engagée : <em>Femme Maison</em> n&rsquo;a rien d’un manifeste conçu comme tel&nbsp;; cette image surgie de l&rsquo;intime va rétrospectivement éclairer une condition collective.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;écho troublant de <em>Womanhouse</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe une coïncidence lexicale presque trop belle pour être fortuite entre le titre peint par Bourgeois en 1945 et celui d&rsquo;un événement fondateur de l&rsquo;art féministe américain, un quart de siècle plus tard, à savoir <em><a href="https://www.theartchemists.com/womanhouse-art-feministe/">Womanhouse</a>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme nous l’avions évoqué dans un <a href="https://www.theartchemists.com/womanhouse-art-feministe/">article précédent</a>, l&rsquo;installation collective organisée en 1972 par Judy Chicago et Miriam Schapiro à Los Angeles dans le cadre du Feminist Art Program de CalArts convoque une vingtaine d&rsquo;artistes qui transforment une villa délabrée en une suite de pièces-manifestes sur la condition domestique des femmes — cuisine nourricière, salle de bain menstruelle, chambre du mariage. <em>Femme Maison</em>, <em>Womanhouse</em> &#8230; même racine, même intuition, la maison constitue un espace irrémédiablement genré, où se noue et se dénoue ce que la société attend des femmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une matrice pour toute une œuvre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Loin d&rsquo;être un accident de parcours, <em>Femme Maison</em> fonctionne comme une matrice pour cinquante années de création à venir. L&rsquo;architecture reviendra sans relâche dans le travail de Bourgeois :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>les <em>Cells</em> des années 1990 évoquées plus haut, cages de métal et de verre abritant des fragments de mobilier, de vêtements suspendus ou d&rsquo;objets chargés de mémoire familiale, empruntent leur vocabulaire directement à l&rsquo;atelier de restauration de tapisseries de Choisy-le-Roi — jusqu&rsquo;aux dévidoirs à fils transformés en portants funèbres.</li>



<li><em>Destruction of the Father</em> (1974) met en scène, elle, un autre huis clos domestique : la table familiale comme lieu d&rsquo;un rituel de mise à mort symbolique du père tyrannique. D&rsquo;une décennie à l&rsquo;autre, la maison ne cesse, chez Bourgeois, d&rsquo;être ce lieu double — matrice et tombeau, cocon et piège — où se rejoue indéfiniment le théâtre de l&rsquo;enfance.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Femme Maison&nbsp;</em>: un miroir de l’avenir en marche</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Près de quatre-vingts ans après sa création, <em>Femme Maison</em> n&rsquo;a rien perdu de sa charge critique. À l&rsquo;heure où le débat public s&#8217;empare enfin de la notion de charge mentale, où l&rsquo;on interroge la répartition du travail domestique et la manière dont l&rsquo;espace du foyer continue d&rsquo;absorber le temps, l&rsquo;identité et parfois jusqu&rsquo;au nom des femmes qui l&rsquo;habitent, la série de Bourgeois agit comme un miroir de l’avenir en marche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle rappelle, avec une économie de moyens redoutable, que l&rsquo;architecture n&rsquo;est jamais neutre : elle façonne les corps qu&rsquo;elle abrite autant qu&rsquo;elle les efface, protège autant qu&rsquo;elle engloutit. En substituant une maison à un visage, Louise Bourgeois n&rsquo;a pas seulement peint une image frappante — elle a formulé, dès le milieu des années 1940, une question que l&rsquo;art contemporain engagé n&rsquo;a toujours pas fini d&rsquo;explorer : à qui appartient, au juste, l&rsquo;espace domestique, et que perd-on de soi à y être réduite ?</p>
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		<title>Trois icônes, trois combats : ce que Kusama, Parton et Curry laissent derrière eux</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/kusama-parton-curry-heritage-social/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 12:17:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">En l&rsquo;espace de quelques jours, la Faucheuse a emporté trois figures a priori sans rapport les unes avec les autres : une plasticienne japonaise de 97 ans obsédée par les pois, une chanteuse country de 80 ans en robe pailletée, un acteur anglais de 80 ans révélé par un film culte. Les hommages n&rsquo;ont pas manqué, portrait par portrait, carrière par carrière. Mais à les lire côte à côte, on manquerait l&rsquo;essentiel : <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yayoi_Kusama">Yayoi Kusama</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dolly_Parton">Dolly Parton</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tim_Curry">Tim Curry</a> n&rsquo;ont pas seulement produit des œuvres, remarquables au demeurant. Ils ont, chacun sur son terrain, déplacé des lignes que la société tenait pour fixe — la santé mentale, la place des femmes, la liberté des identités et des désirs. Voici ce qu&rsquo;on leur doit vraiment.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Yayoi Kusama, ou la santé mentale sortie du silence</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Kusama n&rsquo;a jamais caché ce que la plupart des artistes de sa génération auraient dissimulé à tout prix. Dès l&rsquo;enfance, elle a été traversée par des hallucinations envahissantes — des champs de pois qui recouvraient les murs, le sol, son propre corps, jusqu&rsquo;à la sensation de disparaître dans le motif lui-même. Plutôt que de taire ce vécu, elle en a fait la matière première de toute son œuvre : filets infinis, citrouilles à pois, chambres de miroirs où le visiteur se perd dans une répétition sans fin. Elle expliquera plus tard avoir cherché, par la peinture, à soigner ce qu&rsquo;elle appelait elle-même sa maladie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1977, après des années de fragilité et une tentative de suicide, elle entre volontairement dans un hôpital psychiatrique de Tokyo — et n&rsquo;en ressortira jamais, continuant pendant près d&rsquo;un demi-siècle à rejoindre chaque matin son atelier voisin sous escorte. Ce choix, rendu public sans fard, a fait d&rsquo;elle l&rsquo;une des premières artistes mondialement célèbres à normaliser l&rsquo;idée qu&rsquo;on puisse créer une œuvre majeure tout en vivant, ouvertement, avec une maladie psychique. Longtemps avant que la parole sur la santé mentale ne se libère dans l&rsquo;espace public, Kusama en avait déjà fait un sujet d&rsquo;exposition, visité par des millions de personnes qui n&rsquo;imaginaient pas toujours ce que ces points de couleur recouvraient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son legs dépasse largement l’histoire et le marché de l&rsquo;art : elle a contribué à déplacer le regard porté sur la vulnérabilité psychique, en la présentant non comme un défaut à cacher, mais comme une source de création aussi légitime qu&rsquo;une autre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dolly Parton, l&rsquo;émancipation par le contrôle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dolly Parton a construit sa carrière dans un milieu — la country, puis l&rsquo;industrie du divertissement dans son ensemble — historiquement verrouillé par des hommes. Sa réponse n&rsquo;a jamais été le discours frontal, mais la maîtrise totale de son image et de son patrimoine artistique : elle a très tôt repris possession des droits de ses propres chansons, y compris de celles qu&rsquo;elle avait laissé partir à d&rsquo;autres artistes, refusant au passage une fortune que lui proposait un géant de l&rsquo;industrie musicale pour racheter l&rsquo;un de ses titres les plus célèbres, préférant en garder la propriété.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-comment-se-debarrasser-de-son-patron/">9 to 5</a></em>, elle a donné un hymne aux travailleuses de bureau exploitées et sous-payées ; avec la Dollywood Foundation et l&rsquo;Imagination Library, elle a construit un empire philanthropique qui a distribué des dizaines de millions de livres à des enfants à travers le monde. Femme d&rsquo;affaires autant qu&rsquo;artiste, elle a démontré qu&rsquo;on pouvait cultiver une image hyper-féminine, presque outrancière, sans jamais céder le pouvoir sur sa propre carrière — beaucoup d&rsquo;artistes féminines lui sont encore redevables de cette avancée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut aussi mentionner ce que les hommages ont parfois glissé sous le tapis : sans jamais s&rsquo;afficher comme militante, Parton est devenue au fil des décennies une icône queer à part entière, adoptée par un public qui trouvait dans sa générosité et son refus du jugement un espace rare de bienveillance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tim Curry, le désordre assumé des identités</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il suffit parfois d&rsquo;un rôle pour impacter une culture entière. En 1975, Tim Curry enfile le corset, les bas résille et le rouge à lèvres du Docteur Frank-N-Furter dans <em><a href="https://www.theartchemists.com/rocky-horror-picture-show/">The Rocky Horror Picture Show</a></em> — un savant fou extraterrestre, ouvertement séducteur, qui ne se soucie ni de genre ni de norme. D&rsquo;abord accueilli tièdement, ce film va devenir un rituel de minuit où des générations de spectateurs queer, mal à l&rsquo;aise ailleurs, vont pouvoir afficher leur travestissement ; le désir fluide et l&rsquo;excès ny sont plus punis mais célébrés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Curry a porté ce rôle avec une conviction totale, sans ironie ni distance protectrice, à une époque où l&rsquo;interprète d&rsquo;un personnage aussi ouvertement transgressif pouvait payer cher ce choix de carrière. Frank-N-Furter est devenu, bien au-delà du film culte, l&rsquo;un des symboles les plus durables de la culture camp et de la libération sexuelle au cinéma — un personnage cité, réinterprété et célébré par des décennies de communauté queer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le carrefour : trois combats, un même geste</h2>



<p class="wp-block-paragraph">A lire ces trois trajectoires ensemble, on réalise qu&rsquo;aucune de ces batailles n&rsquo;a été menée selon le discours militant classique. Kusama n&rsquo;a pas manifesté pour la santé mentale : elle a peint son hôpital. Parton n&rsquo;a pas théorisé le féminisme : elle a gardé ses droits d&rsquo;auteur. Curry n&rsquo;a pas revendiqué la fluidité des genres : il a arboré un corset avec un aplomb total et ce sourire ravageur qui jamais ne s’effacera de nos mémoires. Tous trois ont fait avancer ces causes en les rendant simplement visibles, désirables, impossible à ignorer — la stratégie la plus efficace qui soit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel héritage ?</strong> Celui d&rsquo;avoir montré, chacun à sa manière, qu&rsquo;on ne change forcément les lignes en les combattant de front, mais en les habitant si pleinement qu&rsquo;elles finissent par se déplacer d&rsquo;elles-mêmes.</p>
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		<title>Celeste : flamenco fisc, une femme, un dossier, une administration, olé !!!</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/celeste-serie-espagnole/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Aug 2026 15:34:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Faire d&#8217;une inspectrice des impôts sur le point de prendre sa retraite l&#8217;héroïne d&#8217;une fiction, sans flingue, sans cadavre, sans casse-tête judiciaire&#160;: il fallait oser. La série espagnole Celeste a fait ce pari fou. Et l’a gagné,récompensée qu’elle fut et à juste titre par le prix de la meilleure série à Séries Mania 2025. Inspectrice [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Faire d&rsquo;une inspectrice des impôts sur le point de prendre sa retraite l&rsquo;héroïne d&rsquo;une fiction, sans flingue, sans cadavre, sans casse-tête judiciaire&nbsp;: il fallait oser. La série espagnole <em>Celeste</em> a fait ce pari fou<em>.</em> Et l’a gagné,récompensée qu’elle fut et à juste titre par le prix de la meilleure série à Séries Mania 2025.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/bnFNOqplLhU?si=cvI44RkNZfrDD9uU" title="Bande-annonce CELESTE - Festival Montréal Séries 2025" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/bnFNOqplLhU?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/bnFNOqplLhU?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Inspectrice du fisc vs superstar de la pop latino</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un petit pitch s’impose. La très zélée Sara Santano (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Carmen_Machi">Carmen Machi</a>, monumentale tout comme dans <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-mesias/">La Mesias</a></em>) boucle une carrière de trente ans au service du fisc espagnol. Dernier jour de boulot, dernier dossier — et pas n&rsquo;importe lequel : prouver que Celeste, superstar mondiale de la pop latino (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Andrea_Bayardo">Andrea Bayardo</a>), a passé plus de la moitié de l&rsquo;année sur le sol espagnol et doit donc payer ses impôts. À la clé : vingt millions d&rsquo;euros pour les caisses de l&rsquo;État. Autant d’argent que Sara n’a pas du tout l’intention de laisser filer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’intrigue s&rsquo;inspire ouvertement des déboires fiscaux qui ont frappé Shakira en Espagne, <em>Celeste</em> n’a rien d’un biopic déguisé. Le showrunner <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Diego_San_Jos%C3%A9_Castellano">Diego San José</a> se saisit de cette affaire pour raconter autre chose, de plus fin, de plus mordant. S’il construit son récit comme un thriller (tension, rebondissements, jeu du chat et de la souris entre Sara et l&rsquo;entourage de la star), il l’alimente d’une ironie savoureuse sur le pouvoir, la célébrité et la mécanique absurde de l&rsquo;administration.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Entre comédie sociale et drame intime</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le ton oscille en permanence entre comédie sociale et drame intime, sans jamais que l&rsquo;un écrase l&rsquo;autre. Si la traque fiscale de Celeste a ses côtés cocasses, elle repose sur des portraits de femme en souffrance. D’un côté la vedette rongée par une célébrité qu’elle assume difficilement, de l’autre une contrôleuse fiscale sévère qui ne se remet pas de la perte de son défunt mari. Carmen Machi campe magistralement cette héroïne à la fois rigide et fissurée, obsédée par l&rsquo;éthique professionnelle jusqu&rsquo;à l&rsquo;absurde, rattrapée en coulisses par une vie personnelle qui déraille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un paysage saturé de thrillers scandinaves et de sagas criminelles sans fin, <em>Celeste</em> ose l&rsquo;antihéroïsme du quotidien — une femme, un dossier, une administration — et en tire une série aussi drôle que touchante sur l&rsquo;Espagne d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, ses stars et ses anonymes. La presse ibérique n&rsquo;a d&rsquo;ailleurs pas manqué de saluer cet équilibre rare entre sobriété narrative et ton tragicomique assumé. Six épisodes, un format court et resserré, où chaque scène compte. Pas de remplissage, pas de sous-intrigue qui traîne : <em>Celeste</em> va droit au but, et c&rsquo;est aussi ça qui la rend redoutablement efficace.</p>
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		<title>Carmen : de Mérimée à aujourd&#8217;hui, la fabrique d&#8217;une héroïne</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/carmen-dossier-thematique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Aug 2026 14:56:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dossiers thématiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Carmen n&#8217;a pas d&#8217;âge. Née sous la plume de Prosper Mérimée en 1845, sculptée en héroïne lyrique par Georges Bizet trente ans plus tard, elle n&#8217;a cessé depuis de traverser les scènes, les écrans et les imaginaires sans jamais se laisser dompter. En 1875, sa liberté sexuelle, son insolence et sa mort brutale scandalisent le [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Carmen n&rsquo;a pas d&rsquo;âge. Née sous la plume de Prosper Mérimée en 1845, sculptée en héroïne lyrique par Georges Bizet trente ans plus tard, elle n&rsquo;a cessé depuis de traverser les scènes, les écrans et les imaginaires sans jamais se laisser dompter. En 1875, sa liberté sexuelle, son insolence et sa mort brutale scandalisent le public bourgeois de l&rsquo;Opéra-Comique. Cent cinquante ans plus tard, l&rsquo;œuvre est devenue l&rsquo;opéra le plus joué au monde — et la question qu&rsquo;elle pose n&rsquo;a rien perdu de son acuité : jusqu&rsquo;où la liberté d&rsquo;une femme peut-elle résister à la jalousie et à la volonté de possession masculines ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">De la nouvelle originelle aux relectures scéniques les plus radicales, du naturalisme du cinéma à la reconstitution patrimoniale, Carmen se réinvente à chaque génération sans jamais renoncer à ce qui fait sa force : une héroïne qui choisit, qui refuse, qui paie de sa vie le droit de disposer d&rsquo;elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce dossier rassemble l&rsquo;ensemble des articles publiés sur Carmen à l&rsquo;occasion de ses 150 ans au sein de The ARTchemists. Généalogie littéraire, mises en scène contemporaines, adaptations cinématographiques : autant de facettes d&rsquo;un même mythe increvable.</p>



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<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/carmen-opera-150-ans/" class="wp-embedded-content" data-secret="eJrOPfsO6G"><a href="https://www.theartchemists.com/carmen-opera-150-ans/">Carmen, 150 ans de passion, de révolte et de célébrité</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Carmen, 150 ans de passion, de révolte et de célébrité » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/carmen-opera-150-ans/embed/#?secret=YfGN1LCnpw#?secret=eJrOPfsO6G" data-secret="eJrOPfsO6G" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/carmen-merimee-bizet-adaptation/" class="wp-embedded-content" data-secret="EaDU4iw6ak"><a href="https://www.theartchemists.com/carmen-merimee-bizet-adaptation/">Carmen, avant l’opéra : ce que Bizet doit (et ne doit pas) à Mérimée</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Carmen, avant l’opéra : ce que Bizet doit (et ne doit pas) à Mérimée » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/carmen-merimee-bizet-adaptation/embed/#?secret=yglO9WGl7M#?secret=EaDU4iw6ak" data-secret="EaDU4iw6ak" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/carmen-rouen-retour-minutieux-1875/" class="wp-embedded-content" data-secret="5Mcbf0bSeM"><a href="https://www.theartchemists.com/carmen-rouen-retour-minutieux-1875/">Carmen à Rouen : retour minutieux à l’esprit de 1875</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Carmen à Rouen : retour minutieux à l’esprit de 1875 » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/carmen-rouen-retour-minutieux-1875/embed/#?secret=S8pERZ0HuH#?secret=5Mcbf0bSeM" data-secret="5Mcbf0bSeM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/carmen-homoki/" class="wp-embedded-content" data-secret="hhWO6SsX2q"><a href="https://www.theartchemists.com/carmen-homoki/">Carmen à l’Opéra‑Comique : 150 ans après, retour à la source</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Carmen à l’Opéra‑Comique : 150 ans après, retour à la source » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/carmen-homoki/embed/#?secret=BfpXH0eIIQ#?secret=hhWO6SsX2q" data-secret="hhWO6SsX2q" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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https://www.theartchemists.com/carmen-a-prix-bizet-must-go-on/
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		<title>Cancer Colère : vive la sainte rage, fuck off l’abnégation !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/cancer-colere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2026 15:53:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une de mes lectures fessées de l’année 2026. Pas vraiment un livre relax à savourer dans son transat au bord de la piscine, cocktail à portée de main, me direz-vous ? Eh bien, vu que le temps est à la canicule chronique, que votre piscine est asséchée par un soleil de plomb, que vous [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’est une de mes lectures fessées de l’année 2026. Pas vraiment un livre relax à savourer dans son transat au bord de la piscine, cocktail à portée de main, me direz-vous ? Eh bien, vu que le temps est à la canicule chronique, que votre piscine est asséchée par un soleil de plomb, que vous ne pouvez tenir plus de deux minutes dehors sans risquer les urgences pour coup de chaleur, et que vous avez plutôt intérêt à boire de la flotte (tant qu’il nous en reste) plutôt que de l’alcool, je me dis que <em><a href="https://www.seuil.com/ouvrage/cancer-colere-fleur-breteau/9782021618860">Cancer colère</a> </em>est en fait bien dans l’air du temps … qui devrait, vu les circonstances, être la la rage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourquoi donc&nbsp;? Quel lien entre cancer et canicule&nbsp;? Ils découlent tout deux de la folie des hommes, du capitalisme enragé, du viol constant de la nature et de l’humanité. Une résultante logique après des décennies d’empoisonnement de notre environnement. Et cela, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fleur_Breteau">Fleur Breteau</a> le met en évidence de manière limpide au fil des pages de son excellent bouquin. Un bouquin riche d’enseignements à plus d’un titre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Entre chimio et boulot</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En racontant le parcours de soins suivi/subis pour tenter d’éradiquer son deuxième cancer du sein, dame Breteau échappe au discours larmoyant qu’on nous vend depuis des lustres sur le malade martyre abordant son ordalie avec courage et abnégation. Du courage, Sainte Fleur n’en manque guère, mais l’abnégation, fuck off&nbsp;!!!! Tandis qu’elle se traîne de consultation en séance de chimio, l’autrice détaille par le menu une feuille de route médicale qui tient du parcours du combattant. RDV longue distance, manque d’infos, personnel submergé, absence de moyens … le malade chronique est seul et doit se démerder comme il peut pour survivre et pas seulement au mal. Parfois entre chimio et boulot, il faut choisir. L’horreur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De quoi hurler face à la connerie ambiante de celles/ceux qui ont raclé l’hosto public jusqu’à l’os pour nous laisser crever. Fallait-il faire St Cyr/ENA/Science Po pour accoucher de pareilles débilités&nbsp;? On se le demande. Fleur, elle, ne sort pas de cette formation&nbsp;; pur produit de la fac (lettres et ciné), elle a le bon sens de l’entrepreneuse solo et de la militante écolo. Elle observe. Et ce qu’elle voit dans les couloirs de l’institut Gustave Roussi où elle est suivie l’interpelle&nbsp;: elle n’est pas la seule à être foudroyée par des cancers à répétition, loin de là. Au fil des chimios, elle rencontre, échange avec d’autres compagnons d’infortune sanitaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un parfum d’épidémie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et commence à se demander si il n’y aurait pas comme un parfum d’épidémie cancéreuse qui rôde sur notre société. Jeunes, vieux, hommes, femmes, ouvriers ou cadres, le crabe frappe en série et à l’aveugle. Et Fleur d’aller enquêter les nuits d’insomnie où les produits injectés la rongent de fièvre et de douleur. Et ce qu’elle découvre la laisse sans voix … un temps, jusqu’à ce qu’elle prenne la plume pour raconter. Et faire dialoguer sa souffrance quotidienne avec les chiffres des rapports de l’industrie chimico-agro-alimentaire. Des stats effrayantes qui actent d’un empoisonnement collectif de la bouffe, de l’eau, de la terre, du vivant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec explosion des cancers à la clé. Et la bonne blague, c’est que ces firmes, tout à fait conscientes de répandre la mort, investissent également dans la fabrication des traitements anti-cancer. On s’étrangle d’indignation quand on réalise jusqu’où ces gens vont pour faire du fric. Et on comprend mieux le cri de révolte on ne peut plus justifié de Sainte Fleur du haut de la tribune du public de l’Assemblée Nationale quand elle menace les députés qui viennent de voter la loi Duplomb réautorisant des saloperies pesticides. «&nbsp;On le fera savoir&nbsp;!&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la fusion des combats</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est chose faite avec ce bouquin formidable que j’ai proprement dévoré et adoré. Car il change la donne. Désormais le malade n’est plus une petite chose fragile et sans voix. Il a le droit de gueuler, de militer, de dire «&nbsp;<em>fuck le système qui m’a amené sur une table d’opération et devant l’oncologue</em>&nbsp;». Une sainte colère que nous devrions tous éprouver et qui appelle à la fusion des combats (parce que là il y a urgence à passer la vitesse supérieure de la convergence des luttes, vœu pieu inabouti d’une gauche éclatée aux quatre vents de tendances irréconciliables MAIS BON DIEU LES GARS, C’EST NOUS QUI EN CHIONS AU QUOTIDIEN ALORS BOUGEZ-VOUS BORDEL, CONVERGEZ ET FISSA&nbsp;!!!).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bref, je n’en dis pas plus long&nbsp;: si vous n’avez plus foi en rien, que vous avez baissé les bras, que vous êtes rongé.e d’anxiété face à ce monde de merde, au futur qu’on nous prépare, lisez <em>Cancer Colère</em>, ces lignes vont vous rebooster, vous filer la patate, la pêche, l’envie de vous battre et de ne plus vous laisser bouffer sans rien dire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br />PS&nbsp;: et si ça vous tente de rejoindre le combt, dirigez-vous vers le <a href="https://cancercolere.org/">site de l’asso Cancer Colère</a>, il y a du pain sur la planche.</p>



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<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Les Hommes de la rue du Bac &#8211; Willy Le Devin : autopsie d’un tabou français</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/hommes-rue-bac-willy-le-devin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 15:12:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Les Hommes de la rue du Bac (2026), le journaliste d’investigation Willy Le Devin signe un ouvrage majeur qui s&#8217;inscrit dans la lignée des grands récits de salubrité publique. Prolongement direct de sa série d’articles chocs parus dans le quotidien Libération, ce livre-enquête lève le voile sur l&#8217;un des secrets les mieux gardés de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Avec <em>Les Hommes de la rue du Bac</em> (2026), le journaliste d’investigation <a href="https://www.editions-jclattes.fr/auteur/willy-le-devin/">Willy Le Devin</a> signe un ouvrage majeur qui s&rsquo;inscrit dans la lignée des grands récits de salubrité publique. Prolongement direct de <a href="https://www.liberation.fr/dossier/hommes-rue-du-bac/">sa série d’articles chocs</a> parus dans le quotidien <em>Libération</em>, ce livre-enquête lève le voile sur l&rsquo;un des secrets les mieux gardés de l’intelligentsia parisienne des décennies 1970 et 1980 : l&rsquo;existence d’un réseau pédocriminel installé au cœur de Saint-Germain-des-Prés. Si vous cherchez une lecture confortable, passez votre chemin. Ces lignes ne sont pas faites pour vous rassurer. Mais si vous cherchez la vérité historique et journalistique face à l&rsquo;omertà, vous êtes à la bonne page&nbsp;; cet ouvrage s&rsquo;impose comme une lecture essentielle.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><strong>A lire également</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/famiglia-grande-camille-kouchner/"><strong>« La Familia grande » – Camille Kouchner&nbsp;: briser le sanctuaire de l’inceste</strong></a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/consentement-vanessa-springora/"><strong>Le Consentement&nbsp;: de l’emprise à la prise de conscience, «&nbsp;prendre le chasseur à son propre piège&nbsp;»</strong></a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/triste-tigre-neige-sinno/"><strong>« Triste Tigre » – Neige Sinno&nbsp;: la déconstruction magistrale du récit de l’abus</strong></a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/eva-ionesco-innocence-alice-au-pays-des-tourments/"><strong>Eva Ionesco – Innocence&nbsp;: Alice au pays des tourments</strong></a></li>
</ul>
</div>
</div>



<h3 class="wp-block-heading">Du fait divers au système : l&rsquo;affaire Inès Chatin</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre la genèse de ce livre, il faut revenir au début de l’année 2024, lorsque Willy Le Devin recueille le témoignage d’Inès Chatin. Cette femme d&rsquo;une cinquantaine d&rsquo;années brise alors un silence de plusieurs décennies pour raconter l’horreur de son enfance. Elle affirme avoir été livrée par son père adoptif à un groupe d’hommes issus de la haute bourgeoisie, de la haute fonction publique et des milieux culturels parisiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le titre de l&rsquo;ouvrage, <em>Les Hommes de la rue du Bac</em>, fait directement référence au lieu de ralliement de cette clique d&rsquo;intouchables. Mais la force du travail de Willy Le Devin est de ne pas s&rsquo;être arrêté à un seul récit. En recoupant les archives, en traquant les preuves et en libérant la parole d’autres victimes oubliées, le journaliste démontre que l&rsquo;histoire d&rsquo;Inès Chatin n’était pas un cas isolé, mais le rouage d&rsquo;un système criminel orchestré par une élite intellectuelle.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;autopsie d&rsquo;une complaisance de l&rsquo;élite</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la description des faits, le livre propose une analyse sociologique et historique vertigineuse. Willy Le Devin décortique avec une précision chirurgicale la complaisance d&rsquo;une certaine époque – l’après-Mai 68 – où la transgression des tabous moraux les plus absolus a parfois été intellectualisée, voire tolérée par une partie de la sphère culturelle parisienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;auteur met en lumière les mécanismes de protection, le jeu des influences et le mépris de classe qui ont permis à ces criminels de traverser les époques sans jamais être inquiétés par la justice, protégés par une omertà institutionnelle révoltante. «&nbsp;<em>Votre travail est une bombe politique pour notre milieu</em>&nbsp;» lui confiera une éditrice qui ajoutera «&nbsp;<em>la question centrale est celle du pouvoir et de la domination, la sexualité n’étant pour certains qu’un moyen comme un autre de l’exercer</em>&nbsp;» (p.103). Tout est dit et cela fait très peur.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Le grand morceau de bravoure : le récit de l&rsquo;enquête</em></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les Hommes de la rue du Bac</em> se distingue également par sa construction. Ce n&rsquo;est pas seulement le récit des victimes qui est ici mis en avant, c’est aussi le journal de bord d’un grand reporter confronté à la noirceur absolue. Willy Le Devin y livre les coulisses de son investigation : les doutes qui l&rsquo;assaillent, la rigueur méthodologique obsessionnelle indispensable pour bétonner un tel dossier, mais aussi le coût psychologique d&rsquo;une telle immersion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le style est précis, factuel, dénué de tout sensationnalisme morbide. C’est précisément cette retenue et cette rigueur journalistique qui rendent la lecture si percutante et implacable. En parcourant cet ouvrage, on mesure l&rsquo;importance cruciale du journalisme d&rsquo;investigation dans notre démocratie. <em>Les Hommes de la rue du Bac</em> redonne une voix, une dignité et une place dans l&rsquo;Histoire à des victimes longtemps condamnées au silence. C’est là sa force.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<item>
		<title>Africa Fashion au quai Branly : quand le tissu devient manifeste et émancipation</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/africa-fashion-exposition-quai-branly-2026/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 14:33:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lifestyle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38644</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le musée du quai Branly – Jacques Chirac fête cette année ses vingt ans. Pour célébrer ce cap (deux décennies, ce n’est pas rien), il a choisi de faire grand — très grand — en accueillant jusqu&#8217;au 12 juillet 2026 l&#8217;exposition Africa Fashion, née au Victoria and Albert Museum de Londres, passée par New York, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<p class="wp-block-paragraph">Le musée du quai Branly – Jacques Chirac fête cette année ses vingt ans. Pour célébrer ce cap (deux décennies, ce n’est pas rien), il a choisi de faire grand — très grand — en accueillant jusqu&rsquo;au 12 juillet 2026 l&rsquo;exposition <em>Africa Fashion</em>, née au <a href="https://www.vam.ac.uk/">Victoria and Albert Museum</a> de Londres, passée par New York, Portland, Chicago, Melbourne et Montréal avant de poser ses malles en notre belle capitale. Une itinérance mondiale pour une proposition muséale qui dépasse le cadre du simple défilé de belles étoffes pour s’ériger en manifeste culturel.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/ofQv_wh-7eQ?si=4N_lR7ixkfNmCTCF" title="Africa Fashion | Bande-annonce de l&amp;apos;exposition" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/ofQv_wh-7eQ?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/ofQv_wh-7eQ?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le tissu comme monument</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le sculpteur <a href="https://elanatsui.art/">El Anatsui</a> l&rsquo;avait dit en répondant à l&rsquo;artiste <a href="https://sonyaclark.com/">Sonya Clark</a> : le tissu est à l&rsquo;Afrique ce que les monuments sont à l&rsquo;Occident. C&rsquo;est cette intuition-là que l&rsquo;exposition déroule avec une rare intelligence curatoriale, sous la conduite de Christine Checinska, conservatrice en chef des textiles et de la mode d&rsquo;Afrique et de la diaspora africaine au V&amp;A, secondée pour l&rsquo;adaptation parisienne par Hélène Joubert et Christine Barthe, toutes deux du quai Branly.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le parcours débute là où tout a commencé : les indépendances africaines des années 1950 à 1990. On l&rsquo;oublie souvent, mais 1960 est reconnue comme l&rsquo;année de l&rsquo;Afrique — dix-sept nations qui rejettent le joug colonial en quelques mois. Dans ce climat d’indépendance, la mode ne reste pas spectactrice&nbsp;; elle devient arme, symbole, manifeste. L’indépendantiste ghanéen <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kwame_Nkrumah">Kwame Nkrumah</a> choisissant avec soin les motifs de son kente à chaque apparition publique, des tissus commémoratifs imprimés à l&rsquo;effigie de Mandela et de l&rsquo;ANC diffusés sur tout le continent, le motif ABC des années 1920 qui signale fièrement que son porteur valorise l&rsquo;éducation… Dans ce contexte d’émancipation, se vêtir, c&rsquo;est parler et revendiquer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une avant-garde méconnue</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des grands mérites d&rsquo;<em>Africa Fashion</em> est par ailleurs de mettre en avant des noms que l&rsquo;histoire de la mode occidentale a trop longtemps ignorés. Naïma Bennis, née à Casablanca en 1940, ouvre sa première boutique en 1966 à l&rsquo;hôtel Hilton de Rabat et fusionne coupe marocaine et tissus français de haute couture pour habiller la femme cosmopolite de son siècle. <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Shade_Thomas-Fahm">Shade Thomas-Fahm</a>, formée à la Saint Martin&rsquo;s School of Art à Londres, rentre à Lagos en 1960 — année de l&rsquo;indépendance du Nigeria — pour ouvrir Maison Shade et réinventer le gèlè ou le pagne ìró à destination de la femme moderne et en mouvement. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chris_Seydou">Chris Seydou</a>, Malien initié aux terrasses du Café de Flore et aux grandes maisons parisiennes, fut l&rsquo;un des premiers à promouvoir la mode africaine sur la scène mondiale, en taillant le bògòlanfini — ce coton traditionnellement drapé, teint à la boue fermentée — pour en faire des créations ajustées d&rsquo;une modernité stupéfiante. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kofi_Ansah">Kofi Ansah</a>, lui, a propulsé le Ghana depuis Londres avec sa collection <em>Blue Zone</em>, dont les coupes mêlaient kimono japonais, toge de juge et agbádá d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, le tout dans un tissu bleu teint par nouage en hommage à l&rsquo;àdìrẹ yoruba. Ces figures ne sont pas des exceptions, elles constituent les avant-postes d&rsquo;une industrie qui se structure, se professionnalise, réclame sa place sur la carte mondiale de la création.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le contemporain : ni pittoresque, ni folklorique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La seconde partie de l&rsquo;exposition balaie les idées reçues avec une efficacité réjouissante. Non, la mode africaine n&rsquo;est pas synonyme de couleurs criardes et d&rsquo;imprimés wax à l&rsquo;infini. <a href="https://mmusomaxwell.shop/">MMUSOMAXWELL</a>, <a href="https://katushnairobi.com/?srsltid=AfmBOopxRzCax1OPFJmvnUooD2Toa8WN3wIqwyCqdjeWrq06o_OVnGjZ">Katush</a> ou <a href="https://www.instagram.com/moshions/?hl=fr">Moshions</a> défendent un minimalisme architectural d&rsquo;une élégance épurée. <a href="https://iamisigo.com/">IAMISIGO</a>, fondée par <a href="https://www.instagram.com/bubuogisi/?hl=fr">Bubu Ogisi</a>, plonge dans les techniques de raphia congolais et de coton tissé à la main kenyan pour des créations qui portent en elles toute la charge politique et mémorielle de la décolonisation. <a href="https://www.thebemagugu.com/">Thebe Magugu</a>, Sud-Africain né en 1993, collabore avec une guérisseuse traditionnelle pour transformer des objets de divination — osselets de chèvre, sifflet de police, dés — en motifs imprimés sur de la laine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;exposition parle aussi d&rsquo;<em>afrotopie,</em> cette capacité de la mode africaine contemporaine à se projeter vers un avenir plus juste, à défendre des droits LGBTQIA+, à lutter contre l&rsquo;effacement des femmes noires dans l&rsquo;histoire, à intégrer des pratiques durables qui ne sont pas des concessions à la mode verte mais des savoir-faire ancestraux. N’oublions pas que l&rsquo;industrie de la mode africaine représente 31 milliards de dollars américains (dixit <a href="https://africa24tv.com/centrafrique-la-mode-estimee-a-plus-de-31-milliards-de-dollars/#:~:text=Avec%20un%20march%C3%A9%20de%20la,culturelle%20et%20de%20professionnalisation%20progressive.">Africa 24 TV</a>) — un chiffre que les créateurs entendent voir réinvesti dans leurs communautés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La photographie comme contre-histoire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le quai Branly apporte à l&rsquo;exposition londonienne sa riche collection photographique, et c&rsquo;est peut-être là que le geste curatorial devient le plus émouvant. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Barnor">James Barnor</a>, Ghanaéen pionnier de la couleur, ouvre le premier laboratoire de développement couleur au Ghana en 1969&nbsp;; ses portraits humanisent des sujets que les magazines de mode internationaux réduisaient alors à de simples dispositifs esthétiques. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Rashid_Mahdi">Rashid Mahdi</a>, Soudanais longtemps demeuré dans l&rsquo;ombre, photographie la bourgeoisie d&rsquo;Atbara dans des images d&rsquo;une sophistication saisissante. Notons également des anonymes magnifiques, prêtés par des familles du Bénin, de Côte d&rsquo;Ivoire, du Congo, du Cameroun, des Comores : la première photo d&rsquo;un couple, toutes les économies du père pour l&rsquo;offrir à la mère. La section <em>Nos images, nos styles</em> a de quoi arrêter net le visiteur le plus pressé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Retour aux sources : 19e et 20e siècle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;exposition se referme sur les collections historiques et ethnographiques du musée : kente ewe, àdìrẹ yoruba, jupes iraqw de Tanzanie en peau de chèvre ornées de perles, <em>sharwan kura</em> haoussa brodé de soie importée de Tripoli via le Sahara, pagnes de raphia dida-godié tissés sans métier à tisser, en diagonale depuis un arbre. Ce sont des fragments incomplets, dont on ignore parfois les conditions de collecte, mais dont la richesse matérielle et symbolique est absolument vertigineuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Visiter <em>Africa Fashion</em>, c&rsquo;est accepter de réviser en profondeur ce que l&rsquo;on croyait savoir sur la création africaine — et sur la mode en général. On en ressort avec l&rsquo;irrésistible envie de s&rsquo;habiller autrement, et de regarder différemment ce que portent les gens dans la rue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour préparer votre visite, rendez-vous sur <a href="https://www.quaibranly.fr/">www.quaibranly.fr</a></p>
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		<title>Will : comment devenir Shakespeare en 10 épisodes</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/will-serie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 14:07:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ok, je ne vous cache pas qu’en visionnant le premier épisode de la série Will (2017), j’avais un brin d’anxiété. Parler de Shakespeare sans se planter est délicat pour ne pas dire impossible, sachant que la biographie du monsieur est lacunaire et que même les plus beaux films sur le sujet (ah Shakespeare in love, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Ok, je ne vous cache pas qu’en visionnant le premier épisode de la série <em>Will</em> (2017), j’avais un brin d’anxiété. Parler de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=shakespeare">Shakespeare</a> sans se planter est délicat pour ne pas dire impossible, sachant que la biographie du monsieur est lacunaire et que même les plus beaux films sur le sujet (ah <em>Shakespeare in love</em>, quelle merveille!) jouent avec la fiction et la fantaisie pour raconter le parcours du dramaturge le plus célèbre au monde. Donc divine surprise avec ce biopic signé entre autres talents par <a href="https://www.instagram.com/shekharkapur/">Shekhar Kapur</a> (par ailleurs papa du doublon cinématographique dédié à Elizabeth I). Un biopic résolument rock mais ça passe crème.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/iRBzBEm4HGU?si=tJf70gzQ0tqgjSvb" title="Will: Season 1 - OFFICIAL TRAILER | TNT" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/iRBzBEm4HGU?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/iRBzBEm4HGU?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Shakespeare sur un siège éjectable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Shakespeare donc en ses jeunes années (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Laurie_Davidson">Laurie Davidson</a>, beau à se damner), déjà marié cependant et papa, mais que la plume démange autant que les planches de ces théâtres londoniens où se font fortunes et carrières. Lâchant femme et enfants relégués dans sa Stratford natale, l’auteur en herbe rallie London City, sa brutalité, ses tentations et ses frasques. Coup du sort, il est engagé par le clan Burbage en manque de textes&nbsp;; les théâtres londoniens du XVIe siècle, c’est Netflix avant l’heure, il faut attirer un public capricieux qui ne sait où donner de la tête vu le nombre de spectacles proposés par la concurrence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pour ça, il faut une PLUME, un tueur de l’écriture. Un Marlowe quoi&nbsp;! Sauf que Kit Marlowe, dramaturge torturé et autodestructeur a d’autres chats à fouetter (au propre et au figuré), Shakespeare a donc un bon gros boulevard devant lui pour placer ses histoires, ses répliques, son génie. Sauf que dans cette Londres en proie aux convulsions religieuses, la chasse aux catholiques est ouverte, menée par le cruel Topcliffe. Or Shakespeare est un brin catho&nbsp;; il se retrouve de fait sur un siège éjectable. Entre autres emmerdes qui jalonneront sa course à la gloire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Folie créatrice</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bon ça c’est dans les grandes lignes. Pour tout dire, on n’a jamais trop su de quel bord religieux Shakespeare était. Ce qui importe dans cette série, c’est l’atmosphère. La folie créatrice qui règne dans les troupes de théâtre, le coté chaotique de la grande ville avec ses bordels, ses voyous, sa pègre. Sa crasse, ses épidémies de peste … La violence au quotidien … La quête des grands mystères du monde … Et la naissance du théâtre comme art sur fond de question philosophique sur l’existence et ses mystères.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si nos chers auteurs et acteurs sont habillés plus comme des stars de rock que comme des individus lambda de l’époque, il n’en demeure pas moins qu’ils étaient les vedettes d’alors. Burbage fils (<a href="https://www.instagram.com/mattias_inwood/?hl=fr">Mattias Inwood</a> dont l’interprétation de Richard III demeurera dans les mémoires) est on ne peut plus crédible dans sa manière d’aborder la scène et les admirateurs/trices. Marlowe magnifiquement incarné par <a href="https://www.instagram.com/bowerjamie/">Jamie Campbell Bower</a> (ouiiii le terrible Vecna de <em>Stranger Things</em> !!!) a bien été cet espion complexe et torturé, fasciné par l’occulte au point d’y dédier sa plus grande pièce, son <em>Faust.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Soyons clairs,<em> Will </em>flirte avec la fiction, ce n’est pas un biopic au cordeau&nbsp;; mais la série vaut pour la dinguerie, la liberté qu’elle véhicule, une vision assez juste de l’écosystème artistique de l’époque (la référence à l&rsquo;auteur <a href="https://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-greene/#:~:text=Robert%20Greene%20fut%20un%20prosateur,anglais%20%C3%A0%20r%C3%A9diger%20son%20autobiographie.">Robert Greene</a> et aux Inns of Court est précieuse) et des joyaux dramaturgiques dont il va accoucher pour donner à l’Angleterre et au monde un théâtre d’une profondeur inégalée. Histoire de rappeler que nous n’avons rien inventé et que déjà à l’époque on faisait des séries.</p>
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		<title>Une Journée particulière : un brûlot anti fasciste inégalé</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/journee-particuliere-ettore-scolla/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 10:51:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a peu, nous plongions tête dans le baroque et très très secouant M. L’enfant du siècle. Grosse claque, très grosse claque que cette série déjantée évoquant sans complaisance aucune la montée au pouvoir de Mussolini dans une Italie incendiaire. On a tendu l’autre joue en visionnant Vincere qui évoque la relation destructrice du [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il y a peu, nous plongions tête dans le baroque et très très secouant <em><a href="https://www.theartchemists.com/m-enfant-siecle-serie/">M. L’enfant du siècle</a></em>. Grosse claque, très grosse claque que cette série déjantée évoquant sans complaisance aucune la montée au pouvoir de Mussolini dans une Italie incendiaire. On a tendu l’autre joue en visionnant <em><a href="https://www.theartchemists.com/vincere-film/">Vincere</a> </em>qui évoque la relation destructrice du même Mussolini avec Ida Adler. Autre gifle. Et puis on a remonté le temps jusqu’à 1977 et <em>Une journée particulière</em> d’Ettore Scola. La fessée originelle, le film fondateur en terme de récit et d’esthétique, un brûlot anti fasciste inégalé.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/oHYVQukznzM?si=AV4IqZmwFPdbdJYt" title="Une journée particulière (1977) - Bande annonce 2025 HD VOST" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/oHYVQukznzM?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/oHYVQukznzM?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Antonietta et Gabriele</h2>



<p class="wp-block-paragraph">6 mai 1938&nbsp;: tout Rome se précipite pour ovationner Mussolini et son célèbre invité Hitler. Tout Rome&nbsp;? Non. Tandis que les deux dictateurs sillonnent la Ville éternelle en se pavanant, Antonietta est restée au bercail. Mariée à un petit chef fasciste, elle a pondu une ribambelle de gamins et passe sa journée à s’en occuper. En d’autres termes, c’est la bonne de la maison. Prématurément usée par les grossesses en série et le mépris grossier d’un époux qui la trompe, cette femme mal coiffée, habillée en souillon, passe son temps à ranger, nettoyer, faire à manger et écarter les cuisses pour accoucher d’autres petits fascistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le calme du labyrinthique immeuble où se niche son petit appartement, Antonietta, abandonnée par les siens partis assister à l’événement, va croiser la route de son voisin Gabriele. Lui est homosexuel, et parce qu’il est homosexuel, il a été licencié de son poste d’animateur radio, mis au banc de la société. Lui aussi range son appartement, mais pas pour les mêmes raisons. Il attend qu’on vienne l’arrêter pour l’emmener en déportation. Cela, Antonietta ne le sait pas encore, quand elle déboule pour récupérer son oiseau qui s’est échappé de sa cage et a atterri dans les jardinière de Gabriele.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le monde mis à distance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un oiseau qui s’échappe&nbsp;: symbolique de l’escapade que ces deux laissés pour compte de la société fasciste vont savourer le temps d’une journée particulière. En toile de fond, les acclamations de la populace, les commentaires des présentateurs radio, des bruits de fond qui rappellent que le monde autour est hostile, écrasant. Mais ici, dans ces intérieurs bordéliques et feutrés, sur les terrasses désertées où sèchent les draps immaculés, dans les escaliers tortueux reliant les façades, très brièvement, le monde est mis à distance. Le temps de boire un café, de réparer une lampe, de manger une omelette, de se découvrir des points communs, des parcours de vie semblables. Et de s’aimer, chacun à sa façon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que restera-t-il de tout cela une fois la famille d’Antonietta revenue, une fois Gabriele déporté&nbsp;? Un souvenir ancré au plus profond de soi&nbsp;? Un peu de chaleur humaine au milieu de la tourmente de l’isolement&nbsp;? En terminant son récit sur une Antonietta épuisée qui se couche auprès d’un mari détesté et éteint la lumière, Ettore Scola laisse planer le doute. Autre symbole que cette lampe éteinte avec lassitude. Renoncer&nbsp;? Lutter&nbsp;? La mémoire de cette<em> giornata particolare </em>demeurera-t-elle intacte&nbsp;? Sur quoi débouchera-t-elle&nbsp;? Quelle marge d’action pour un Gabriele emprisonné et promis à la mort&nbsp;? Pour une Antonietta inculte et enfermée dans la soumission&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un acte de résistance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Scola n’apporte aucune réponse. Son récit déroulé en images sépia taillées comme des clichés d’art de toute beauté préfère capter l’intensité fugace d’une complicité amicale-amoureuse, faite de petits riens qui en disent long. Pour servir son propos, deux monstres du cinéma italien&nbsp;: Sophia Loren et Marcello Mastroianni. A contre emploi mais complices (ils ont beaucoup tourné ensemble), les deux acteurs s’enlaidissent, cassent volontairement et avec une humilité confondante leurs auréoles de sex-symbol afin d’apparaître dans la simplicité d’une humanité en souffrance. Il fallait ce tour de force pour donner corps à ce huis-clos, apporter l’épaisseur, la vibration nécessaires pour rendre touchants les échanges de deux personnages à bout de souffle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la violence fasciste n’est pas directement représentée, elle transparaît dans la manière dont se noue la relation entre ces deux personnages. Chacun à sa manière est victime d’un système qui écrase les faibles et les marginaux. La brutalité machiste d’un Mussolini, partagée par l’ensemble de ses sbires, dont le mari d’Antonietta et ses enfants, nous saute au visage via les effets pervers qu’elle nourrit, le secret qu’elle engendre. Mais qu’Antonietta et Gabriele, malgré les interdits et les menaces, le gouffre intellectuel et social qui les sépare, se rencontrent et s’aiment, constitue déjà un acte de résistance, une manière de dire non.</p>
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		<title>Pride en province : quand la fierté vient à vous</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/pride-province-visibilite-lgbtq/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jun 2026 15:15:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour ceux qui nous suivent, le collectif Bragi Pufferfish et son écosystème font désormais partie du paysage culturel ARTchemisien. L’occasion de mettre en avant le vivier culturel queer et au passage de réfléchir au devenir de la condition LGBTQUIA+ au tournant des années 2020. Le parachutage de la Gang Bambi à Troyes pour assurer l’after [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Pour ceux qui nous suivent, le collectif Bragi Pufferfish et son écosystème font désormais partie du paysage culturel ARTchemisien. L’occasion de mettre en avant le vivier culturel queer et au passage de réfléchir au devenir de la condition LGBTQUIA+ au tournant des années 2020. Le parachutage de la Gang Bambi à Troyes pour assurer l’after de la marché des fiertés prévue ce 5 juin nous amène à questionner le rôle des prides de province. Explications.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Depuis Stonewall, une brève histoire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Explications qui débutent par une piqure de rappel. L’idée de gay <a href="https://www.theartchemists.com/?s=pride">pride</a> s’enracine dans la nuit du 28 au 29 juin 1969, à New York, quand des client·e·s du Stonewall Inn — bar queer de Greenwich Village — refusent de se laisser embarquer lors d&rsquo;une descente de police. La Marche des Fiertés LGBT+ de Paris est l&rsquo;héritière directe de ces révoltes, de ces combats et de ces solidarités forgées dans l&rsquo;urgence et la colère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, la première marche homosexuelle indépendante est organisée en 1977 par le Mouvement de libération des femmes (MLF) et le Groupe de libération homosexuelle (GLH) à Paris, de la place de la République à la place des Fêtes, et réunit 400 personnes, en majorité lesbiennes. Longtemps événement parisien et métropolitain, la marche essaime progressivement. Elle est présente dans d&rsquo;autres villes à partir de 1994, et ne cessera plus de s&rsquo;étendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&rsquo;hui, de Calais à Compiègne, en passant par Lens, Valenciennes ou Arras, le territoire est maillé de nombreuses prides — rien que dans les Hauts-de-France. Dès le 10 mai 2025, Agen ouvrait le bal de la saison, suivie d&rsquo;Orléans, Besançon, Narbonne ou Poitiers le week-end du 17 mai, Journée mondiale contre les LGBTphobies. La saison 2026 poursuit sur cette lancée, avec un maillage de plus en plus dense du territoire français.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rassemblement transversal</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La marche des fiertés est pour les personnes LGBT+ le seul jour de l&rsquo;année où toutes les sous-communautés, sociales, politiques ou géographiques, se croisent, se rencontrent, communiquent, échangent. Cette dimension de rassemblement transversal n&rsquo;existe qu&rsquo;à condition que la marche ait lieu <em>quelque part</em>. Et ce quelque part, ce ne peut pas être seulement Paris.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s&rsquo;agit pas de minimiser l&rsquo;événement parisien — la Semaine des Fiertés parisienne, du 20 au 27 juin 2026, constitue un rendez-vous incontournable à l&rsquo;échelle nationale. Mais concentrer le regard sur Paris, c&rsquo;est aussi oublier ceux et celles qui n&rsquo;ont pas les moyens — financiers, logistiques, familiaux — d&rsquo;y aller.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour un ado gay de Troyes, de Chaumont ou de Bar-sur-Aube, rallier la capitale représente une logistique, une dépense, parfois (de plus en plus en ces temps troublés) une mise en danger. Une marche des fiertés organisée à domicile dans sa région, dans sa ville, au pied de ses administrations — c&rsquo;est voir son espace ordinaire se transformer, le temps d&rsquo;un samedi, en espace de visibilité et de reconnaissance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand la visibilité devient urgence</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres sont têtus. Dans son rapport annuel publié en mai 2026, SOS Homophobie a recueilli 1 771 signalements de LGBTphobies en 2025 via ses différents dispositifs d&rsquo;écoute. Ce chiffre marque une hausse annuelle par rapport aux 1 571 témoignages enregistrés en 2024. L&rsquo;association évoque un « <em>climat de plus en plus anxiogène et délétère</em> » pour les personnes LGBT+.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté des données officielles, les infractions anti-LGBT+ enregistrées par les services de police et de gendarmerie ont augmenté de 5 % en France en 2024. Ces actes ne se produisent pas qu&rsquo;à Paris. Ils se produisent dans les lieux publics, sur Internet et les réseaux sociaux, et au sein de la famille ou de l&rsquo;entourage proche. Partout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le souligne SOS Homophobie dans son dernier rapport, les LGBTphobies sont « plus insidieuses que jamais » : présentes dans la famille, le voisinage, les lieux publics, au travail — partout et sous mille visages.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Province : le double isolement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En dehors des métropoles, l&rsquo;isolement prend une forme particulière. Dans de nombreuses bourgades de province, il n&rsquo;existe ni bar gay de quartier, ni réseau associatif dense, pas de Marais où se fondre dans la foule du samedi soir. Les personnes queer en milieu semi-urbain ou rural font face à ce que les chercheurs appellent la double invisibilité : celle de leur identité, et celle de leur géographie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après le suicide de Caroline Grandjean, directrice d&rsquo;école d&rsquo;un petit village du Cantal victime de harcèlement lesbophobe à l&rsquo;automne 2025, des personnes queer ont raconté à Franceinfo leur quotidien en milieu rural — témoignant du manque de représentation et du besoin d&rsquo;exister dans l&rsquo;espace public pour favoriser leur acceptation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément ce besoin que comble une Pride en province. Ce n’est pas un événement de plus dans un agenda chargé, mais un signal : <em>vous n&rsquo;êtes pas seul·e·s, vous existez ici, sur ces pavés, dans cette ville qui est la vôtre.</em>En juillet 2022, le village de Chenevelles, dans la Vienne, est devenu la première commune rurale en France à accueillir une Marche des Fiertés. La symbolique est forte : même là où on ne l&rsquo;attendait pas, le drapeau arc-en-ciel peut flotter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Troyes, 6 juin 2026 : une mobilisation enracinée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Marche des Fiertés de Troyes, organisée par l&rsquo;Association pour la Pride de Troyes — structure locale LGBTQIA+ fondée pour structurer et pérenniser les événements liés aux fiertés dans l&rsquo;Aube —, s&rsquo;élancera le samedi 6 juin 2026 à 14h30 depuis la Place de la Libération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au programme : cortège militant, performances d&rsquo;artistes locaux, village associatif — tout ce qui fait qu&rsquo;une marche n&rsquo;est pas qu&rsquo;une marche, mais un espace de vie partagée. Et en clôture de soirée, l&rsquo;<a href="https://www.theartchemists.com/gang-bambi-pride-troyes-2026/">after Gang Bambi</a> à l&rsquo;Art Déco dès 20h, avec un lineup qui mêle drag shows, performances scéniques et DJ sets dans une salle déjà partenaire de l&rsquo;événement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas une copie provinciale de la Pride parisienne, c&rsquo;est une Pride troyenne, avec ses acteurs locaux, ses enjeux propres, ses militant·e·s aubois·es qui travaillent à rendre leur ville plus accueillante, une année après l&rsquo;autre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Militant &amp; festif</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La tentation est parfois grande d&rsquo;opposer la Pride « sérieuse et militante » à la Pride « festive et commerciale ». C&rsquo;est un faux débat. Militante dans le fond, festive dans la forme, la Marche des Fiertés est à l&rsquo;image des communautés qu&rsquo;elle rassemble : plurielle, bruyante, intense. Elle rend visibles les invisibles, elle célèbre les marges. Et surtout, elle rappelle que les luttes ne sont pas incompatibles avec la joie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En province, cette équation prend un relief particulier. La fête n&rsquo;est pas un luxe superflu — c&rsquo;est souvent l&rsquo;entrée par laquelle les personnes qui n&rsquo;auraient jamais osé franchir la porte d&rsquo;une association militant·e vont découvrir un <a href="https://www.theartchemists.com/beautiful-skin-safe-space/">safe space</a>, une communauté, un réseau.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading">Sources</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>SOS Homophobie</strong>, <em>Rapport annuel sur les LGBTIphobies</em>, éditions 2025 (données 2024) et 2026 (données 2025) — <a href="https://www.sos-homophobie.org/informer/rapport-annuel-lgbtiphobies">sos-homophobie.org</a></li>



<li><strong>Wikipedia</strong>, <em>Marche des fiertés en France</em> — <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marche_des_fiert%C3%A9s_en_France">fr.wikipedia.org</a></li>



<li><strong>Franceinfo</strong>, <em>« Pourquoi ça serait à moi de partir ? » — à la campagne, les personnes LGBT+ en quête de visibilité</em>, sept. 2025 — <a href="https://www.franceinfo.fr/societe/lgbt/temoignages-pourquoi-ca-serait-a-moi-de-partir-a-la-campagne-les-personnes-lgbt-en-quete-de-visibilite-pour-rompre-l-isolement_7485793.html">franceinfo.fr</a></li>



<li><strong>AIDES / Remaides</strong>, <em>LGBTphobies : hausse des cas en 2024</em> — <a href="https://www.aides.org/actualite/lactu-remaides-lgbtphobies-hausse-cas-2024">aides.org</a></li>



<li><strong>Inter-LGBT</strong>, <em>La Marche des Fiertés, c&rsquo;est quoi ?</em> — <a href="https://www.marchedesfiertes.org/en/content/la-marche-des-fiertes-c-est-quoi">marchedesfiertes.org</a></li>



<li><strong>Pride de Troyes</strong>, programme officiel 2026 — <a href="https://pride2troyes.fr/blog/pride-2026">pride2troyes.fr</a></li>
</ul>
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