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	<title>denzel washington</title>
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		<title>La tragédie de Macbeth : comment Joel Coen sublime la poésie tranchante d’un Shakespeare incantatoire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Feb 2022 12:06:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Macbeth : LA pièce maudite par excellence, à tel point que ceux qui l’interprètent n’osent en prononcer le titre, censé porter malheur. A rebours de ces superstitions fermement enracinées dans l’univers du théâtre (on ne compte plus les récits de catastrophes plus ou moins graves survenues pendant les représentations de cette œuvre réputée maléfique), le réalisateur Joel Coen, oeuvrant ici en solo sans son frère Ethan, s’empare du texte de Shakespeare,...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/02/macbeth-coen_opt.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone wp-image-34599 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/02/macbeth-coen_opt.jpg" alt="film La tragédie de Macbeth de Joel Coen d'après Shakespeare" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/02/macbeth-coen_opt.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/02/macbeth-coen_opt-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/02/macbeth-coen_opt-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><i>Macbeth</i> : LA pièce maudite par excellence, à tel point que ceux qui l’interprètent n’osent en prononcer le titre, censé porter malheur. A rebours de ces superstitions fermement enracinées dans l’univers du théâtre (on ne compte plus les récits de catastrophes plus ou moins graves survenues pendant les représentations de cette œuvre réputée maléfique), le réalisateur Joel Coen, oeuvrant ici en solo sans son frère Ethan, s’empare du texte de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=shakespeare" target="_blank" rel="noopener">Shakespeare</a>, en exacerbe le caractère funèbre. Sa version s’intitule <i>La tragédie de Macbeth</i>, car c’est bien d’une tragédie qu’il s’agit, au sens premier du terme : un événement terrible, une issue fatale, des personnages avides de pouvoir au point de tuer leurs semblables, de transgresser tous les tabous, qui pensent forger leur destin alors que peut-être ils le subissent. Et cela nous vaut un film sublime, surprenant et sans concession.</span></p>
<p><iframe title="Macbeth – Bande-annonce officielle | Apple TV+" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/carxJAjzU3E?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Pourquoi Macbeth commet-il l’irréparable ?</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><i>La tragédie de Macbeth :</i> ce titre n’est en rien un caprice de metteur en scène mais un retour aux sources puisque ces mots ornent la publication initiale de la pièce en 1623, 12 ans environ après sa première représentation sur la scène du Théâtre du Globe. Une pièce courte, fulgurante, qui raconte comment <a href="https://www.theartchemists.com/?s=macbeth" target="_blank" rel="noopener">Macbeth</a>, seigneur écossais fidèle entre tous, va tuer son roi, voler sa couronne, accumuler meurtres et massacres afin de conserver cette conquête qui lui a coûté son âme, son repos éternel. La question cruciale de cette histoire est : pourquoi ? Baron déjà bien doté de terres, d’un titre, respecté, qui a toujours défendu le trône, par ailleurs ami loyal et mari fidèle, pourquoi Macbeth commet-il l’irréparable ? Pourquoi se transforme-t-il en un monstre avide de sang, assassinant un souverain qui l’a récompensé maintes fois (la pire des fautes que le régicide, qui détruit la personne sacrée d’un monarque touché par la grâce divine) ?</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Est-ce à cause de ces mystérieuses sorcières apparues sur sa route pour lui prédire sa destinée, ou l’influencer, qui sait ? Est-ce son épouse, Lady Macbeth, qui le pousse au crime, s’abandonnant avec délices aux ténèbres avant de sombrer dans la folie ? Macbeth pourrait dire non, il le fait du reste, avant de plier devant le mépris de son épouse. A-t-il seulement une ambition politique, un programme, la volonté de transformer son pays ? Non, rien, juste l’obsession grandissante de saisir la couronne, de la ceindre. Il y laissera son couple, sa vie, sa réputation, sa probité, son salut, n’apportant à l’Écosse que le chaos, souligné par un enchaînement de manifestations contre-nature signifiant la colère des cieux… ou la toute puissance du Mal à l’œuvre. Shakespeare n’apporte aucune réponse, multipliant les angles de lecture, les pistes, qui varient selon les spectateurs et les metteurs en scène.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Les Macbeth, bras armés d’une puissance létale</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Pour Joel <a href="https://www.theartchemists.com/?s=coen" target="_blank" rel="noopener">Coen</a>, le moteur du couple Macbeth, c’est l’âge. Matures, sans enfant, ces époux, très attachés l’un à l’autre, sentent l’urgence du temps qui passe sans rien apporter à leur gloire. L’idée de prendre du galon n’est pas nouvelle pour eux, on comprend que c’est un sujet central dans leur vie intime, un but commun, qui s’est doucement glissé dans un berceau vide pour prendre la place de l’enfant absent. L’occasion fait le larron, dit-on : le traître Cawdor qui s’est allié avec les ennemis du roi Duncan est à peine châtié que Macbeth, qui a récupéré son titre en récompense de ses services, passe à l’action, terminant le travail de sape entrepris par le défunt rebelle. Il y a décidément quelque chose de pourri au royaume d’Écosse sur lequel une force destructrice s’acharne. Et les Macbeth, affamés de reconnaissance et d’élévation, deviennent le bras armé de cette puissance létale qui officie dans l’ombre à la destinée des nations.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Leur violence est décuplée à l’idée qu’un autre bénéficiera des fruits de leur crime. Ce patrimoine si chèrement acquis, ils ne pourront le transmettre à aucune descendance, et cela leur est insupportable. Ils en deviennent complètement fous, éradiquant sans aucune pitié leurs potentiels rivaux ainsi que leurs enfants. Leur brutalité n’est pas si surprenante : c’est une véritable obsession pour les contemporains de Shakespeare que cette passation aux générations futures, qu’on retrouve dans tout le théâtre élisabéthain. Cette inquiétude s’est cristallisée sur la délicate problématique du devenir du trône britannique : considérée un temps comme la bâtarde d’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=henry+VIII" target="_blank" rel="noopener">Henry VIII</a> qui fit décapiter sa mère Anne Boleyn, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=elisabeth+iere" target="_blank" rel="noopener">Elisabeth Iere</a> est demeurée farouchement célibataire ; surnommée la Reine Vierge, elle n’a pas eu de descendant. Quand Shakespeare écrit cette pièce, Jacques VI d’Écosse vient de coiffer la couronne britannique pour lui succéder, mettant ainsi un terme à cinquante ans d’un règne considéré comme un âge d’or après des années de guerres intestines et de conflits religieux. L’arrivée de ce nouveau roi, fils de Mary Stuart, la grande rivale d’Elisabeth, va-t-elle réveiller les passions et replonger l’Angleterre dans le chaos ?</span></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="xKXt1kcQjx"><p><a href="https://www.theartchemists.com/film-macbeth/">Macbeth : la fin d&rsquo;une malédiction ?</a></p></blockquote>
<p><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Macbeth : la fin d&rsquo;une malédiction ? » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/film-macbeth/embed/#?secret=JZJlXcr8AF#?secret=xKXt1kcQjx" data-secret="xKXt1kcQjx" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Une présence hitchcockienne</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><em>La tragédie de Macbeth</em> exrpime cette angoisse qui sommeille au cœur du peuple anglais. « <i>L</i><i>e sang </i><i>attire</i><i> le sang</i> » : la remarque de Macbeth ne peut que faire frémir les spectateurs qui découvrent la pièce et se souviennent de l’état de crise permanent du royaume face aux menaces d’invasion, d’attentats. La plupart des metteurs en scène s’en saisissent encore et toujours pour multiplier les effets « gore », teinter leur vision d’hémoglobine. Joel Coen, lui, privilégie comme fil directeur de son récit le corbeau, oiseau psychopompe par excellence, maléfique présence qui surplombe les hommes, les terrifie quand il ne les poursuit pas de sa colère. Une présence hitchcockienne dans un univers en noir et blanc, segmenté par un décor labyrinthique sculpté de lumières et d’ombres, qui évoque le cinéma expressionniste allemand et les polars américains des années 40, tout en rendant hommage aux films d’Orson Welles et de Kurosawa.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Épure de l’environnement, minimalisme des costumes, texte allégé de certains passages, scènes de bataille édulcorées, Coen laisse place au verbe, à la poésie tranchante d’un Shakespeare incantatoire. <a href="https://www.theartchemists.com/?s=denzel+washington" target="_blank" rel="noopener">Denzel Washington</a> et <a href="https://www.theartchemists.com/?s=frances+mcdorman" target="_blank" rel="noopener">Frances McDormand</a> chuchotent ces paroles empoisonnées dont ils s’enivrent jusqu’à l’autodestruction, tandis que leurs ombres s’étirent dans des couloirs sans fin, des chemins sans issue. De temps à autre, un gros plan d’une pureté incroyable saisit la douceur ou la dureté d’un regard, des traits qui se crispent, un sourire qui s’ébauche pour devenir un rictus, une main qui arrache des cheveux. On dirait des clichés de Harcourt qui s’animent ou se figent afin de fixer pour l’éternité les images d’un cauchemar éveillé. Quant aux apparitions des sorcières (sidérante Kathryn Hunter dont la voix éraillée nous vrille les tympans pour mieux nous terroriser et nous captiver), elles semblent échappées des tableaux désespérés de Odd Nerdrum, du terrible <i>7eme Sceau</i> d’Ingmar Bergman.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Le véritable pourvoyeur du destin</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Le travail accompli par Bruno Delbonnel en charge de la photographie est à ce titre absolument splendide, par la maîtrise du clair obscur, des jeux de contrastes. Regard trompé, perdu, son déformé, amplifié ou amoindri : les sens sont complètement perturbés par un Joel Coen qui estompe les lignes de fuite, alterne plans d’une précision chirurgicale et brume aveuglante pour nous plonger dans le chaotique cheminement intérieur de personnages confrontés aux conséquences de leurs actes mais qui en acceptent le prix. Tous suivent leur route, tracée nettement dans ces limbes par une force qui les dépasse. C’est toute la subtilité du réalisateur que de jouer sur cette présence surnaturelle dont on n’arrive jamais à déterminer si elle est démoniaque&#8230; ou neutre. Là aussi, la réflexion est pertinente car novatrice : pas de sang, une sorcière asexuée à la voix caverneuse qui se démultiplie à la surface des eaux, des ombres mouvantes au moment où Lady Macbeth s’offre aux puissances du Mal, une silhouette fugace plutôt que le fantôme sanglant de Banquo, Hécate éradiquée de cette version…</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Les manifestations paranormales sont restreintes, tandis qu’un personnage initialement secondaire en fusionne la présence. Ross, serviteur sans relief, messager discret, observateur plus qu’acteur, devient ici le véritable pourvoyeur du destin, peut-être même son initiateur, celui qui en déroule le fil, en surveille l’avancée. L’illustration parfaite de c<span style="font-family: georgia, palatino, serif;"><span style="font-size: 12pt;">e vers célèbre :</span> <span style="font-size: medium;">“</span><span style="font-size: medium;"><i>Il n’y a pas d’art pour découvrir sur le visage les dispositions de l’âme</i></span><span style="font-size: medium;">.”</span> <span style="font-size: medium;">Dans ce théâtre des apparences où tous cachent leurs pensées, leurs désirs, </span><span style="font-size: medium;">leurs peurs,</span><span style="font-size: medium;"> Ross est le plus habile, indétectable, insoupçonnable. </span>Lisse, souriant, avenant même, Alex Hassel donne une épaisseur impressionnanet, une aura malsaine à cette énigmatique figure qui tient à la fois du villain élisabéthain, du coryphée grec et du deus ex machina. Espion ? Démon ? Ange ? Ainsi envisagé, l’insipide Ross trace un lien fort avec la tragédie grecque, le fatum qui frappe Oedipe, les Atrides. La surprise est totale, l’effet cathartique décuplé</span>, tandis qu’il agit en sous-main pour assurer l’application sans faille du programme dressé dés le premier acte par les sorcières, et s’amuser de la vanité de la condition humaine.</span></p>
<p>https://www.theartchemists.com/macbeth-au-theatre-du-soleil-celebrations-lobscur/</p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Résumons : <i>La tragédie de </i><i>M</i><i>acbeth</i> version Joel Coen en a déçu certains, séduit d’autres. Pour sûr, les amateurs de grandes batailles, de spectres sanglants et de tueries de masse en seront pour leurs frais. Les adeptes d’un cinéma épuré et visionnaire, d’une poésie percutante devraient au contraire adorer. Parfaitement interprété, le texte de Shakespeare trouve ici un nouvel écho, intimiste et hypnotique, palpitant et oppressant, qui casse avec la litanie de super-héros bouffis de bons sentiments que les studios nous servent à la pelle pour amuser un public en quête de divertissement facile. Coen nage à contre-courant en revenant aux sources d’un cinéma travaillé, précis, précieux, esthétique et exigeant, porteur d’un message à décrypter, à méditer : un art complet et transversal, dérangeant, mystique et sans pitié.</span></p>
<p align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Et plus si affinités</span></strong></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Vous pouvez visionner le film de Joel Coen <em>La tragédie de Macbeth</em> sur <a href="https://tv.apple.com/fr/movie/macbeth/umc.cmc.4wpfk1xmi22h3zyv4a10lj1tw?ctx_brand=tvs.sbd.4000&amp;l=fr" target="_blank" rel="noopener">Apple TV+</a>.</span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Glory : par delà « Autant en emporte le vent » &#8230;</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/glory-par-dela-autant-en-emporte-vent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2020 07:54:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La censure n’a jamais été notre tasse thé (et ne devrait être la tasse de thé de personne) : parce que la liberté d’expression demeure un des piliers fondamentaux de la démocratie ; nous sommes tous suffisamment adultes pour contempler une oeuvre quelle qu&#8217;elle soit avec le recul nécessaire, ou alors il faut vite vite revoir sa copie ; la censure a vite fait de frapper tout et n’importe quoi...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/06/Capture-du-2020-06-16-10-11-47.png"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-32621 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/06/Capture-du-2020-06-16-10-11-47.png" alt="" width="733" height="585" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/06/Capture-du-2020-06-16-10-11-47.png 733w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/06/Capture-du-2020-06-16-10-11-47-288x230.png 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/06/Capture-du-2020-06-16-10-11-47-494x394.png 494w" sizes="auto, (max-width: 733px) 100vw, 733px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">La censure n’a jamais été notre tasse thé (et ne devrait être la tasse de thé de personne) : </span></span></span></p>
<ul>
<li>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">parce que la liberté d’expression demeure un des piliers fondamentaux de la démocratie ;<br />
</span></span></span></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">nous sommes tous suffisamment adultes pour contempler une oeuvre quelle qu&rsquo;elle soit avec le recul nécessaire, ou alors il faut vite vite revoir sa copie ;<br />
</span></span></span></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">la censure a vite fait de frapper tout et n’importe quoi sans distinction ;<br />
</span></span></span></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">censurer revient au final à mettre en évidence l’œuvre qu’on veut interdire ;<br />
</span></span></span></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">le scandale qui en découle inévitablement plonge les autres créations dans la pénombre.</span></span></span></p>
</li>
</ul>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Tandis que le légendaire <i>Autant en emporte le vent</i> focalise l’attention des foules à l’heure du #blacklivesmatter, entraînant le débat enflammé (au propre et au figuré) que l’on sait, un film demeure peu cité, qui en dit pourtant bien plus sur le racisme américain que le chef d’œuvre de Victor Fleming (qui du reste pourrait servir d’étendard à la cause féministe en consacrant une héroïne aussi émancipée que Scarlett O’Hara et en oscarisant la première actrice noire de l’Histoire Hattie McDaniel). Il s’agit du poignant <i>Glory</i>.</span></span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000; font-size: 18pt;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">Le </span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">54eme </span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">régiment du Massachusetts</span></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-size: 12pt;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">Sorti en 1989,</span><i> </i><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><i>Glory</i></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"> évoque le destin du</span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"> </span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">54eme </span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">régiment du Massachusetts. </span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">Ce dernier se distingua durant la guerre de Sécession : parce qu’il est le premier corps de l’armée américaine composé de volontaires afro-américains </span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">; </span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">parce que pour s’imposer, il a eu l’honneur d’aller se faire écharper en grande partie sur le raid de l’imprenable Fort Wagner. Pour la gloire. Pour démontrer que les personnes de couleur sont effectivement des personnes, pas des sous-hommes. Pour gagner un peu de respect, tout en montrant de la reconnaissance à un Lincoln qui venait de signer l’émancipation des esclaves.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">S’inspirant de ce pan de </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">l’Histoire</span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"> de l’Amérique, le réalisateur </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Edward Zwick </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">signe un long-métrage particulièrement prenant qui retrace la formation de ce bataillon sous la houlette d’un jeune </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">colonel</span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"> blanc </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">joué par le juvénile </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Matthew Broderick, </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">et le racisme que ces soldats en herbe essuient au quotidien dans les rangs nordistes mêmes. Car les membres de l’Union ne sont guère plus tendres que les Confédérés face aux « nègres ». Et le film s’émaille de séquences fortes où ces garçons tout juste échappés des fers de leur condition première, découvrent la dureté d’un monde militaire qui les tolère tout au plus, par démagogie plus que par véritable souci d’égalité.</span></span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Un récit d’une rare puissance</span></span></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Un exemple parmi tant d’autres : le haut commandement nordiste interdit aux gens de couleur le statut d’officier, et il faudra la ferme conviction du jeune colonel Robert Gould Shaw pour faire nommer sergent le fidèle </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">John Rawlins. </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Autre moment fort : la punition infligée au jeune Trip, dont l’escapade est considérée comme une désertion, une série de coups de fouet qui vient lacérer son dos déjà couturé de cicatrices infligées par ses maîtres quand il était esclave. Des instants émouvants comme ceux-là, le film en compte beaucoup, et j’ai souvenir d’avoir visionné ces images </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">en larmes, </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">un mouchoir à la main, tellement ces situations étaient insoutenables.</span></span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">I</span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">l faut dire que le casting intensifie ce sentiment de déflagration émotionnelle avec un talent certain : outre </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"> Broderick </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">cité plus haut, citons entre autres </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Cary Elwes, Morgan Freeman … </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">et un jeune </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Denzel Washington </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">à fleur de peau, qui crève l’écran. S’il prend quelques libertés avec la vérité historique, </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"><i>Glory</i></span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"> n’en demeure pas moins pour l’essentiel un récit d’une rare puissance, qui en dit plus long sur le racisme ancré au cœur de la société américaine que le roman de Margaret Mitchell et sa célèbre adaptation cinématographique. Plutôt que d</span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">e bannir</span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"> cette dernière de leurs catalogues, </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">certaines plateformes de VoD</span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"> feraient peut-être mieux d’y inscrire </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"><i>Glory</i></span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">, et d’en faire l’</span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">énergique</span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"> promotion. </span></span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">E</span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">t plus si affinités</span></span></b></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><a href="https://www.canalplus.com/cinema/glory/h/3137818_40099"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">https://www.canalplus.com/cinema/glory/h/3137818_40099</span></span></a></span></p>
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