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	<title>Damien Chazelle</title>
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		<title>Préquelle, séquelle, spin-off : le recyclage hollywoodien est-il en train de tuer le cinéma ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/prequelle-sequelle-spin-off-cinema/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Aug 2025 08:38:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a vingt ans, on allait au cinéma pour découvrir une histoire. Aujourd’hui, on y va pour en retrouver une. Même univers, mêmes personnages, mêmes ficelles. Bienvenue dans l’ère du recyclage narratif où préquelles, séquelles, spin-offs, remakes et reboots saturent les écrans. Le phénomène s’est banalisé au point de transformer le cinéma en une gigantesque franchise à tiroirs. Mais à quel prix ? Loin d’un simple effet de mode,...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-sequelles-prequelles-spin-off-remakes.jpg" alt="différents spin off préquelles séquelles et remakes de films" class="wp-image-38272" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-sequelles-prequelles-spin-off-remakes.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-sequelles-prequelles-spin-off-remakes-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-sequelles-prequelles-spin-off-remakes-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Il y a vingt ans, on allait au cinéma pour découvrir une histoire. Aujourd’hui, on y va pour en retrouver une. Même univers, mêmes personnages, mêmes ficelles. Bienvenue dans l’ère du recyclage narratif où préquelles, séquelles, spin-offs, remakes et reboots saturent les écrans. Le phénomène s’est banalisé au point de transformer le cinéma en une gigantesque franchise à tiroirs. Mais à quel prix ? Loin d’un simple effet de mode, cette logique d’exploitation à outrance obéit à des dynamiques industrielles et marketing qui interrogent profondément la qualité artistique et la diversité créative du septième art. Décryptage.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="TOP GUN 2 MAVERICK Bande Annonce VF (NOUVELLE, 2022)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/JYaFU81-t6c?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Petites définitions entre cinéphiles</h2>



<p>Avant de démonter la machine, posons les termes du débat, avec quelques définitions&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Séquelle</strong> : suite directe d’une œuvre. Exemple : <em>Top Gun: Maverick</em> (2022), qui reprend les personnages du film de 1986.</li>



<li><strong>Préquelle</strong> : histoire qui se déroule avant l’intrigue originale. Exemple : la trilogie <em>Star Wars</em> épisodes I à III.</li>



<li><strong>Spin-off</strong> : histoire dérivée d’un personnage ou d’un élément secondaire. Exemple : <em>Better Call Saul</em>, dérivé de <em>Breaking Bad</em>.</li>



<li><strong>Reboot</strong> : relancer une franchise à zéro, avec une nouvelle continuité. Exemple : <em>The Batman</em> (2022) qui n’a aucun lien avec les versions précédentes.</li>



<li><strong>Remake</strong> : refaire le même film avec des moyens ou un ton différent. Exemple : <em>Les Infiltrés</em> de Scorsese, remake du thriller hongkongais <em>Infernal Affairs</em>.</li>
</ul>



<p>Comme vous pouvez le constater,&nbsp;ces stratégies ne datent pas d’hier (on aurait pu citer <em>La Planète des Singes</em>, <em>James Bond</em> ou <em>Les Trois Mousquetaires </em><em>en exemple</em>), mais leur multiplication actuelle relève d’une systématisation industrielle. Hollywood n’explore plus, il exploite.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="FX Alien : Earth - Bande-annonce officielle (VF) | Disney+" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/QwrW-TZxjNA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L’industrie du déjà-vu : quand le cinéma devient un produit dérivé</h2>



<p>Il faut bien comprendre que derrière chaque nouvelle séquelle, il y a une promesse : celle d’un retour sur investissement presque garanti.</p>



<p>Les chiffres parlent d’eux-même&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le Marvel Cinematic Universe (MCU) a rapporté plus de 29 milliards de dollars à ce jour (cf <a href="https://www.konbini.com/popculture/avec-deadpool-wolverine-le-mcu-va-devenir-la-premiere-franchise-de-lhistoire-du-cinema-a-depasser-les-30-milliards-de-dollars-de-recettes-au-box-office/">Konbini</a>).</li>



<li>Le rachat de <em>Star Wars</em> par Disney en 2012 pour 4 milliards de dollars a été amorti en moins de 5 ans grâce aux films, jouets, séries, et produits dérivés (cf <a href="https://www.20minutes.fr/arts-stars/cinema/2367455-20181107-lucasfilm-disney-deja-amorti-4-milliards-rachat-societe-production-george-lucas">20 Minutes</a>).</li>



<li>En 2023, 9 des 10 plus gros succès du box-office mondial étaient des suites ou des films issus de franchises (cf <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Box-office_des_franchises_dans_le_monde">Wikipedia</a>).</li>
</ul>



<p>Ce modèle repose sur une logique simple : minimiser les risques. Une marque connue attire plus qu’un scénario inconnu. L’ »IP » (intellectual property) devient l’alpha et l’oméga des studios, qui préfèrent miser sur <em>Fast &amp; Furious 12</em> plutôt que sur un auteur inconnu avec une idée originale.</p>



<p>Les plateformes comme Netflix, Amazon ou Disney+ ne s’y trompent pas. Elles misent tout sur les univers étendus, qui génèrent de l&rsquo;abonnement récurrent. Chaque épisode, chaque série dérivée est une brique de plus dans un écosystème narratif tentaculaire — une stratégie que le chercheur Henry Jenkins a théorisée sous le nom de transmedia storytelling (<em>Convergence Culture</em>, 2006).</p>



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<iframe loading="lazy" title="Jurassic World : Renaissance - Bande Annonce Officielle - VF - Au cinéma le 4 Juillet 2025" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/_3PtXq4mA_M?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le marketing de la nostalgie : comment vendre du vieux comme du neuf</h2>



<p>Pour séduire le public, les studios ont peaufiné la recette, et il faut bien reconnaître qu’elle est aussi imparable qu’implacable, avec trois ingrédients clés&nbsp;:</p>



<h3 class="wp-block-heading">Fan service et madeleine de Proust</h3>



<p>Le retour de Tobey Maguire dans <em>Spider-Man: No Way Home</em>, les clins d’œil à <em>Jurassic Park</em> dans <em>Jurassic World</em>, ou le revival de <em>Matrix</em> avec <em>Resurrections</em> ne sont pas des hasards : ce sont des opérations de séduction. On appelle ça du fan service, c’est-à-dire une stratégie visant à flatter la mémoire émotionnelle des spectateurs.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Hyperspectacle calibré</h3>



<p>Les bandes-annonces deviennent de véritables événements. Teasers, trailers, leaks, conférences à la Comic-Con : chaque lancement de film est orchestré comme une campagne électorale. On vend une promesse plus qu’un film. Parfois même, on vend l’attente du film (<em>The Flash</em>, <em>Avatar 2</em>, <em>Dune</em>…).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Transmédialité et merchandising</h3>



<p>L’univers ne s’arrête pas à l’écran : figurines, romans, séries animées, jeux vidéo prolongent l’expérience. Le film devient un produit-cœur dans une stratégie de diversification commerciale.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="PREDATOR : BADLANDS Bande Annonce VF (2025) Nouvelle" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/Eo2iTT-qJAc?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Et la qualité là-dedans ?</h2>



<p>Le problème, c’est que l’industrie semble avoir confondu continuité et pertinence. À force de tirer sur la corde, elle casse. Avec plusieurs dérapages calibrés.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La dilution du propos</h3>



<p>Beaucoup de suites ou de spin-offs ne racontent rien de neuf (<em>Fantastic Beasts</em>, <em>The Walking Dead: Dead City</em>, <em>The Hobbit</em> en trois volets !). Pire : elles affaiblissent la puissance du récit initial.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Standardisation esthétique</h3>



<p>Mêmes codes visuels, même structure scénaristique (intro/choc, retournement à mi-parcours, climax CGI), mêmes personnages archétypaux. Le film devient un format, une formule.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Horizon rétréci</h3>



<p>Comme l’écrit Martin Scorsese dans sa tribune pour <em>The New York Times</em> (2019), le cinéma de franchise « ne propose pas d’enjeux, pas de mystère, pas de révélation artistique. » Il parle d’ »attractions de parc d’attractions » plutôt que de cinéma.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Quelques exceptions brillantes</h3>



<p>Heureusement, tout n’est pas à jeter : <em><a href="https://www.theartchemists.com/mad-max-fury-road-dystopie-rock-fable-egalitariste-et-eclate-visuelle/">Mad Max: Fury Road</a></em>, <em>The Dark Knight</em>, ou <em>Dune</em> montrent qu’on peut faire du grand cinéma dans un univers préexistant. À condition d’y mettre de la vision, de la folie, du style.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Le Hobbit : Un Voyage Inattendu - Bande Annonce Officielle (VF) - Martin Freeman / Peter Jackson" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/tiy7peMH3g8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Quel avenir pour la création originale ?</h2>



<p>Le principal dommage collatéral de cette logique de franchise, c’est bien évidemment l’étouffement de la nouveauté. Les studios rejettent les scénarios originaux « trop risqués ». Des réalisateurs comme Damien Chazelle (<em><a href="https://www.theartchemists.com/film-babylon/">Babylon</a></em>), Alex Garland (<em>Men</em>) ou les Daniels (<em>Everything Everywhere All at Once</em>) peinent à monter des projets sans avoir prouvé leur rentabilité.</p>



<p>Heureusement, la vitalité existe encore :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Parasite</em> (Palme d’Or 2019, Oscar 2020)</li>



<li><em><a href="https://www.theartchemists.com/heredite-evil-tatie-danielle/">Hereditary</a></em> ou <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-midsommar/">Midsommar</a></em> (horreur d’auteur)</li>



<li><em><a href="https://www.theartchemists.com/film-zone-interet/">The Zone of Interest</a></em> (Grand Prix Cannes 2023)</li>
</ul>



<p>On trouve encore des films qui prennent des risques, bousculent les codes, et rencontrent un vrai public. Des films qui passent par la case « <a href="https://www.theartchemists.com/cinema-independant-enjeux-definitions-financement/">ciné indépendant</a> ».</p>



<p>Et il faudrait peut-être en tenir compte car, si l’on en croit certains médias, les films Marvel commencent à enregistrer une baisse significative de fréquentation. La « franchise fatigue » s’installe. Les spectateurs ont besoin d’être surpris, bouleversés, déstabilisés. Le cinéma ne peut pas être un éternel replay.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="FURIOSA : UNE SAGA MAD MAX | Bande-Annonce officielle #2 (VF) | Anya Taylor-Joy, Chris Hemsworth" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/8lyJ8owEnQ8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Conclusion : inventer ou périr ?</h2>



<p>Recyclage ou régression ? Le débat reste ouvert. Ce qui est certain, c’est que le cinéma vit une mutation profonde. Il peut choisir la voie du contenu prévisible, rassurant, monétisable. Ou celle de l’invention, du risque, de la rupture. Les deux ne sont pas incompatibles, mais l’équilibre est fragile. La suite de l’histoire dépendra autant des studios que du public. Et si on arrêtait de revoir ce qu’on connaît déjà… pour explorer ce qu’on n’a encore jamais vu ?</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Cinéma indépendant : préserver le terreau de toutes les innovations narratives</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/cinema-independant-enjeux-definitions-financement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Jul 2025 09:34:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On parle souvent du « cinéma indépendant », comme d’un refuge pour les rêveurs, les marginaux, les artistes à contre-courant. Un label un peu flou, qui évoque la création libre, les petits budgets, les festivals confidentiels. Mais que désigne-t-il exactement ? Quelle réalité recouvre ce terme galvaudé ? Et surtout, pourquoi le cinéma indépendant est-il aujourd’hui plus que jamais nécessaire, alors que le streaming s’impose comme le mètre étalon de la consommation...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-cinema-independant.jpg" alt="" class="wp-image-38170" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-cinema-independant.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-cinema-independant-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-cinema-independant-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>On parle souvent du « cinéma indépendant », comme d’un refuge pour les rêveurs, les marginaux, les artistes à contre-courant. Un label un peu flou, qui évoque la création libre, les petits budgets, les festivals confidentiels. Mais que désigne-t-il exactement ? Quelle réalité recouvre ce terme galvaudé ? Et surtout, pourquoi le cinéma indépendant est-il aujourd’hui plus que jamais nécessaire, alors que le streaming s’impose comme le mètre étalon de la consommation culturelle globale ?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Pi | Official Trailer HD | A24" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/yRjkQT9xLZs?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un cinéma en marge</h2>



<p>À l’origine, le cinéma indépendant se définit par ce qu’il n’est pas : il n’est pas produit par les majors, ni calibré par les départements marketing de multinationales. Il n’est pas pensé pour le box-office mondial mais pour raconter une vision singulière. Il échappe aux logiques de franchise, aux algorithmes de recommandation et aux tests audience. En somme, il choisit la voie étroite de l’expression personnelle, de la prise de risque artistique, de l’exploration politique, sociale ou poétique. De <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Rouch">Jean Rouch</a> à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbas_Kiarostami">Abbas Kiarostami</a>, ces œuvres filmiques témoignent d’un cinéma concentré, poétique, souvent politique, tourné sans filet pour raconter le monde autrement.</p>



<p>Dans les faits, cela signifie souvent peu de moyens, mais beaucoup d’idées. Une économie de débrouille, des équipes réduites, parfois même un seul individu en bout de chaîne. On parle ici de “guérilla filmmaking” ou «&nbsp;guerilla movie&nbsp;»: des films comme <em>Pi</em> de Darren Aronofsky (1998), tourné pour 60 000 dollars, ou <em>El Mariachi</em> de Robert Rodriguez (1992), fait avec 7 000 dollars, deviennent cultes à force d’ingéniosité. C’est aussi là que naissent des voix nouvelles : Tarantino, Chazelle, les frères Safdie… tous ont fait leurs armes dans ce circuit parallèle avant d’être récupérés — parfois digérés — par l’industrie.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="EL MARIACHI (1993) – Official Trailer" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/QtNJsvpHye0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un regard sur le monde</h2>



<p>Le cinéma indépendant offre un refuge à des histoires non formatées, hors des schémas narratifs calibrés Market-fit. Il est fondamentalement politique, au sens noble du terme. Il parle de ceux qu’on ne voit pas. Il filme les quartiers oubliés, les familles dysfonctionnelles, les tensions sociales ou raciales. Il donne la parole aux femmes, aux minorités, aux invisibles. Il bouscule la narration, s’affranchit des genres, prend des chemins de traverse. Il ne cherche pas à plaire à tout le monde, mais à dire quelque chose de juste.</p>



<p>Regardez <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-whiplash/">Whiplash</a></em> de Damien Chazelle : un film sur l’obsession et la violence symbolique, financé d’abord à hauteur d’un court-métrage autoproduit, avant d’exploser à Sundance. <em>Eternal Sunshine of the Spotless Mind</em> de Michel Gondry, pourtant porté par Jim Carrey, aurait été impossible à produire dans un cadre classique tant son scénario était étrange, non linéaire, poétique. Ces films ne naissent pas dans le confort des studios, mais dans le doute, la recherche, la nécessité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une précarité chronique</h2>



<p>C’est là que le bât blesse : le cinéma indépendant, par nature, vit dans une précarité chronique. En France, les aides du CNC soutiennent une partie de la production dite « non conventionnée », mais le nerf de la guerre reste le financement. Or, les diffuseurs se raréfient, les guichets publics se resserrent, et les salles art-et-essai ferment à vue d’œil. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon la <a href="https://www.fncf.org/online/pid1/accueil.html">Fédération Nationale des Cinémas Français</a>, plus de 130 salles indépendantes ont fermé entre 2020 et 2023. Dans le même temps, Netflix produit chaque année plus de contenu que l’ensemble des chaînes publiques françaises réunies. Et cela pose problème.</p>



<p>Les plateformes de streaming, Netflix, Amazon Prime Video ou Disney+, en investissant massivement dans la production et la diffusion de contenus, captent à la fois les ressources financières, les talents et surtout l’attention du public. Le modèle qu’ils imposent privilégie les séries au format répétitif, les récits balisés, pensés pour maximiser l’engagement algorithmique. Cette logique industrielle tend à lisser les propositions, reléguant la prise de risque artistique au second plan. Selon une enquête d’<a href="https://www.eurekoi.org/le-streaming-a-t-il-tue-le-cinema/">Eurêkoi</a>, 29 % des abonnés fréquentent moins les salles de cinéma, 12 % déclarent ne plus y aller du tout.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Eternal Sunshine of the Spotless Mind Official Trailer #1 - Jim Carrey, Kate Winslet Movie (2004) HD" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/07-QBnEkgXU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un avenir menacé&nbsp;?</h2>



<p>Les cinémas d’art et d’essai, maillons essentiels dans la chaîne de distribution du cinéma indépendant, sont eux aussi sous tension. Dépendants du soutien public pour survivre, ces lieux jouent un rôle crucial dans la diversité culturelle des territoires, la diffusion de films non formatés, et la découverte de cinéastes émergents. Leur disparition progressive constitue une perte nette pour la vitalité du cinéma d’auteur et pour l’accès du public à des œuvres singulières et exigeantes. Cette menace accroît une fragilité économique structurelle. Les films indépendants peinent à trouver leur place dans un marché ultra-concurrentiel dominé par quelques blockbusters.</p>



<p>Ce déséquilibre met en péril la viabilité de nombreux projets indépendants, souvent produits avec des budgets serrés, et fragilise toute une économie intermédiaire (auteurs, producteurs, distributeurs, exploitants de petite taille…). Pour faire face, les cinéastes inventent des solutions. Le financement participatif s’est imposé comme une alternative viable : <em>Demain</em> de Cyril Dion et Mélanie Laurent a été <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2014/12/05/le-film-demain-un-rare-succes-de-crowdfunding_4535611_3234.html">coproduit par des milliers de citoyens</a> via KissKissBankBank. Des plateformes comme Tënk, UniversCiné ou Outbuster permettent une diffusion ciblée, respectueuse des œuvres. Certains festivals, comme <a href="https://www.festival-entrevues.com/">Entrevues</a> de Belfort, l’<a href="https://www.lacid.org/fr/cannes">ACID</a> à Cannes ou <a href="https://www.premiersplans.org/fr">Premiers Plans</a> à Angers, jouent un rôle vital de détection et d&rsquo;accompagnement. Ils ne se contentent pas de montrer des films, ils les aident à exister.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="DEMAIN de Cyril Dion et Mélanie Laurent - Bande-Annonce" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/tmF9sN5O4Gs?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>Le cinéma indépendant n’est pas une nostalgie, ni une coquetterie de cinéphiles. Il est l’avenir de la diversité culturelle, le terreau de toutes les innovations narratives. Il est ce qui reste quand tout le reste devient produit. Mais il ne tiendra pas sans soutien : ni du public, ni des pouvoirs publics. Il faut des lieux, des festivals, des critiques, des passeurs. Il faut aussi des modèles économiques durables, équitables, éthiques. Pas des cache-misère, pas des pansements sur une industrie malade, mais une autre vision du cinéma : celle qui regarde le monde avec attention, au lieu de lui vendre du confort algorithmique.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Babylon : le cinéma, riche d’opportunités et de mises à mort</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-babylon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Feb 2023 11:41:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Revenir aux racines, en montrer l’incroyable prolixité, les dangers, les merveilles, les excès&#160;: avec Babylon, Damien Chazelle passe le berceau du cinéma moderne au crible et cela fait très mal, car c’est très juste, pour ne pas dire prophétique ? Tournages et orgies 1926&#160;: Hollywood n’est encore qu’un désert. Un désert où on tourne avec frénésie des dizaines et des dizaines de films muets dans une ambiance survoltée. Quand on...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel21.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel21.jpg" alt="" class="wp-image-35556" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel21.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel21-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel21-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></figure>



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<p>Revenir aux racines, en montrer l’incroyable prolixité, les dangers, les merveilles, les excès&nbsp;: avec <em>Babylon</em>, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Damien+Chazelle" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Damien Chazelle</a> passe le berceau du cinéma moderne au crible et cela fait très mal, car c’est très juste, pour ne pas dire prophétique ?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="BABYLON - BANDE-ANNONCE VOST [Actuellement au cinéma]" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/-LANiBNlOJ4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Tournages et orgies</h2>



<p>1926&nbsp;: Hollywood n’est encore qu’un désert. Un désert où on tourne avec frénésie des dizaines et des dizaines de films muets dans une ambiance survoltée. Quand on ne tourne pas, on se drogue, on boit, on baise. Les orgies s’enchaînent, toutes plus frénétiques les unes que les autres. C’est dans une de ces fêtes dantesques que se croisent les différents personnages de cette fresque prenante.</p>



<p>Un acteur célèbre qui change de femme comme de chemise, une jeune provinciale désireuse de crever l’écran, un petit assistant mexicain qui veut vivre la magie des tournages, une critique à la plume acérée, une petite chanteuse chinoise, un trompettiste de jazz, tous sont emportés dans cette démence. Certains ne s’en sortiront pas.</p>



<p>Car le tournant du cinéma parlant est amorcé, un progrès qui en annonce bien d’autres, et qui va en laisser pas mal sur le carreau. Tandis que Los Angeles attire malfrats, macs, dealers et autres voyous sans scrupule bien décidés à exploiter cette manne juteuse, quitte à encourager les pires vices, l’industrie du cinéma se durcit, sans pitié pour les faibles, remplaçant les <em>has been</em>, toujours en quête de chair fraîche.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un conte réaliste</h2>



<p>Beaucoup ont critiqué les excès dépeints dans cette saga pour le moins punchy&nbsp;; il faut dire que Chazelle ne nous épargne rien, plus il déroule son récit, plus ses personnages se perdent dans les méandres d’une ville dévoratrice qui n’a rien à envier avec son mythique modèle. Scatologique, pervers, ce conte est pourtant des plus réalistes.</p>



<p>Il suffit de parcourir les pages d’<em><a href="https://www.theartchemists.com/kenneth-anger-hollywood-babylone-cinema/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Hollywood Babylone</a></em> de Kenneth Anger ou la bibliographie de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=james+ellroy" target="_blank" rel="noreferrer noopener">James Ellroy</a> pour s’en convaincre. Les actrices <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Clara_Bow" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Clara Bow</a> et <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Anna_May_Wong">Anna May Wong</a>, les acteurs <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/John_Gilbert_(actor)" target="_blank" rel="noreferrer noopener">John Gilbert</a> et <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Douglas_Fairbanks" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Douglas Fairbanks</a>, le directeur de studio Rene Cardona, le réalisateur Enrique Vallejo ont ainsi servi de modèles aux différents personnages, parmi lesquels se glissent de véritables figures de l’époque.</p>



<p>L’énergique producteur Irving Thalberg qui gérait la MGM, le redoutable milliardaire William Randolph Hearst qui finançait le milieu, Chazelle, qui a effectué des années de recherche avant de façonner son scénario, se réfère à plusieurs personnalités de cette période, tout comme il multiplie les références cinématographiques. <em>Singin’ in the rain</em> bien sûr dont on voit plusieurs séquences, mais aussi <em>Le Chanteur de jazz</em>, <em>Metropolis</em>…</p>



<p><strong>À lire également :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/hollywood-coup-pied-fourmiliere-cinema/">Hollywood : et si on foutait un coup de pied dans la fourmilière du cinéma ?</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-once-upon-a-time-hollywood/">Once upon a time in Hollywood&nbsp;: il était une fois un conte de fée cinématographico-uchronique</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/livre-mafia-hollywood/">La Mafia à Hollywood&nbsp;: James Ellroy avait raison&nbsp;!</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">De l’inventivité aux contraintes</h2>



<p>Très pointilleux quant aux décors, aux costumes et à la musique, Chazelle joue avec nos nerfs. Si la première partie du film est complètement délirante (la découverte des studios Kinoscope est en soi un moment d’anthologie), le ton change au fur et à mesure que se profile la mutation du parlant. Tandis que les maisons de production érigent de véritables villes pour produire du film sonore en série, l’inventivité des débuts fait place à des contraintes parfois contradictoires, une réglementation de plus en plus dure.</p>



<p>C’est l’occasion pour le réalisateur de questionner les limites ténues entre business, créativité et art avec par exemple, ce moment magique où, dans un chaos indescriptible, on cherche à capter la lumière dans l’unique larme de Nellie LaRoy. <em>Babylon</em> possède ainsi une profondeur, une vibration portée par un casting pour le moins concerné. <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Brad+Pitt" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Brad Pitt</a>, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Margot+Robbie" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Margot Robbie</a>, Jean Smart, Li Jun Li, Diego Calva… si tous se prennent au jeu de cette hystérie, tous sont aussi concernés par les remous de l’industrie. Tous sont menacés d’être éradiqués un jour, remplacés par des IA moins couteuses, plus productives et malléables.</p>



<p>Ainsi, sous ses dehors provocateurs, <em>Babylon</em>, en évoquant le berceau du cinéma, interroge le devenir de la profession, frappée de plein fouet par les ogres <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Netflix" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Netflix</a> et consort, qui étouffent la diffusion en salle, formatent scénarios et esthétique pour un maximum de rendement, entravent le fonctionnement du cinéma indépendant. Quant à l’émergence de l’intelligence artificielle, elle est déjà en train de prendre la place de l’humain. Un nouveau tournant riche d’opportunités et de mises et à mort.</p>
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		<title>Whiplash : entre amour du jazz, perfection musicale, torture mentale</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-whiplash/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Jul 2022 10:36:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On s’est récemment fait la réflexion avec la team : on parle peu, voire pas du tout, de jazz sur The ARTchemists. Regrettable oubli, que nous allons immédiatement compenser en évoquant le film Whiplash, qui ne fait pas que parler de jazz bien sûr, sinon cela aurait été trop simple. Un tempo diabolique « Whiplash », c’est initialement le titre d’un morceau du musicien Hank Levy, saxophoniste et compositeur de jazz américain...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/07/3459741.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34861 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/07/3459741.jpg" alt="affiche du film Whiplash" width="450" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/07/3459741.jpg 450w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/07/3459741-216x288.jpg 216w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/07/3459741-371x494.jpg 371w" sizes="auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">On s’est récemment fait la réflexion avec la team : on parle peu, voire pas du tout, de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=jazz" target="_blank" rel="noopener">jazz</a> sur The ARTchemists. Regrettable oubli, que nous allons immédiatement compenser en évoquant le film <i>Whiplash</i>, qui ne fait pas que parler de jazz bien sûr, sinon cela aurait été trop simple.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="WHIPLASH un film de Damien Chazelle - Bande-annonce - HD - AD VITAM" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/dwguOA02NAw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><strong>Un tempo diabolique</strong></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">« Whiplash », c’est initialement le titre d’un morceau du musicien Hank Levy, saxophoniste et compositeur de jazz américain qui s’est distingué par un net penchant pour les rythmiques infernales. Un défi pour tout batteur qui se respecte de tenir la cadence singulière du dit « Whiplash », et c’est d’ailleurs à ce tempo diabolique que va se frotter Andrew Neiman, jeune percussionniste qui rêve de devenir un grand à l’image de Charlie « The Bird » Parker ou Buddy Rick. Et il est prêt à tout pour ça.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Y compris subir l’enseignement traumatique du très exigeant Terence Fletcher, chef d’orchestre renommé et professeur émérite du sélectif Shaffer Conservatory de New-York. Émérite et d’une brutalité incroyable avec ses étudiants, comme va le découvrir Neiman, à ses risques et périls. Car on ne ressort pas indemne des cours de Fletcher, tyran pédagogique doublé d’un pervers manipulateur au narcissisme exacerbé, qui insulte, humilie et frappe ses élèves, les monte les uns contre les autres, alterne douceur et agressivité afin de briser les égos tout en flattant le sien.</span></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="iAhGagoqsb"><p><a href="https://www.theartchemists.com/film-fame/">Fame :  être artiste est une chose, le devenir en est une autre</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Fame :  être artiste est une chose, le devenir en est une autre » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/film-fame/embed/#?secret=4rFJSI1J8n#?secret=iAhGagoqsb" data-secret="iAhGagoqsb" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">« Marche ou crève »</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">À plus d’un titre, ce monstre évoque le sergent instructeur de <i>Full </i><i>M</i><i>etal Jacket</i>, sauf qu’il est là pour former des musiciens, pas des guerriers. Pourtant, dans l’esprit de Fletcher, le jazz est un combat auquel les médiocres n’ont pas à participer. Et pour lui, aucun n’a le feu sacré d’un Bird, feu sacré stimulé quand son mentor Buster Smith lui lança une cymbale en pleine tête. Les méthodes d’apprentissage de Fletcher s’enracinent dans cet exemple pour le moins ambigu : faut-il passer par la case «sévices» pour tirer le meilleur d’un apprenant, révéler le génie qui sommeille en lui ?</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">La question est clairement posée dans le film multiprimé d’un Damien Chazelle à qui l’on doit par ailleurs un certain <a href="https://www.theartchemists.com/land-film-rend-heureux/" target="_blank" rel="noopener"><i>La la Land</i></a> ; elle n’appelle pas de réponse sinon celle que se forgera le spectateur en assistant au chemin de croix du héros confronté à cette logique du « marche ou crève » qui en a brisé plus d’un avant. Une réponse forcément embarrassée par la conclusion de cette tragique success story, magnifiquement portée par Miles Teller dans le rôle de l’élève et J.K.Simmons dans le rôle du professeur.</span></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="59FIwtFRJK"><p><a href="https://www.theartchemists.com/rock-academy-ecole-rock/">Rock Academy : bienvenue à l’école du rock !</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Rock Academy : bienvenue à l’école du rock ! » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/rock-academy-ecole-rock/embed/#?secret=g6H4aiXbAq#?secret=59FIwtFRJK" data-secret="59FIwtFRJK" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><strong>Coup de fouet pédagogique</strong></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Car la chute de cette intrigue n’est pas sans rappeler les problématiques ancrées dans les romans d’initiation du XIXeme siècle : en suivant semblable formation, en répondant au degré d’exigence de son maître, quitte à mettre sa sécurité physique en péril, Andrew ne risque-t-il pas d’en devenir le double et de perpétuer une méthodologie proche de la torture mentale, sous le fallacieux prétexte de forger le futur du jazz en détectant les musiciens en devenir, en éradiquant ceux jugés trop faibles, en dressant ceux qui se distinguent par une once de talent ?</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">On s’interroge également sur la passivité des autres étudiants, le silence et des dirigeants de l’école et des parents. Les agissements de Fletcher sont acceptés par tous, sous prétexte qu’il est le meilleur dans une discipline par essence très dure. Mais être le meilleur autorise-t-il de se comporter en monstre, au risque de détruire mentalement et physiquement les jeunes dont on a la responsabilité ? Rappelons que « whiplash » veut dire « coup de fouet », ce qui résume parfaitement l’interrogation ancrée au cœur de ce film aussi magnifique que terrifiant.</span></p>
<p align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Et plus si affinités</span></strong></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Vous pouvez visionner le film <em>Whiplash</em> en <a href="https://action.metaffiliation.com/trk.php?mclic=P4F53153F9D1155" target="_blank" rel="noopener">VoD</a> ou en <a href="https://www.cultura.com/?ae=2026&amp;utm_source=theARTchemists&amp;utm_medium=affiliation&amp;utm_campaign=affinitaire" target="_blank" rel="noopener">DVD</a>.</span></p>
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		<title>La La Land : le film qui rend heureux</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/land-film-rend-heureux/</link>
					<comments>https://www.theartchemists.com/land-film-rend-heureux/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clotilde Izabelle]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Feb 2017 11:08:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si vous n êtes pas encore aller voir La La land vous risquez fort d’être prochainement atteint d’un véritable handicap social. Phénomène du moment, le nouveau film de Damien Chazelle est partout. Après sept nominations et sept récompenses aux Golden Globes, la comédie musicale remporte aussi aux Guils of America Awards, les prix du meilleur film, du meilleur acteur et de la meilleure actrice. L’oeuvre est par ailleurs nominée 14...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/02/lalaland-e1486292879775.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-28298" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/02/lalaland-494x494.jpg" alt="" width="494" height="494" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Si vous n êtes pas encore aller voir <i>La La land </i>vous risquez fort d’être prochainement atteint d’un véritable handicap social. Phénomène du moment, le nouveau film de Damien Chazelle est partout. Après sept nominations et sept récompenses aux Golden Globes, la comédie musicale remporte aussi aux Guils of America Awards, les prix du meilleur film, du meilleur acteur et de la meilleure actrice. L’oeuvre est par ailleurs nominée 14 fois aux Oscars qui se tiendront le 26 février. Bref devant semblable déferlante &#8230; nous n&rsquo;avons plus qu&rsquo;à vous convaincre d&rsquo;aller le voir.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> Petit résumé : Mia et Sebastian vivent une histoire plutôt banale à LA. Ils sont beaux, en quête de succès et bercés de rêves. Ils se rencontrent, se détestent … puis tombent éperdument amoureux. Jusqu&rsquo;ici on ne trouve pas grand chose d un film événement bouleversant le monde du cinéma. Cependant c&rsquo;est bien la forme qui est remarquable dans le dernier opus du réalisateur de <i>Whiplash</i>. Car pour faire vivre cette simple histoire d&rsquo;amour il y a la danse, le chant, la performance artistique d&rsquo;Emma Stone et de Ryan Gosling et surtout la poésie derrière la caméra de Chazelle.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> Le film se nourrit de diverses influences qu&rsquo;on prend plaisir à reconnaître : <i>L</i><i>es </i><i>P</i><i>arapluies de Cherbourg</i>, <i>L</i><i>es </i><i>D</i><i>emoiselles de Rochefort</i>, <i>Broadway qui danse</i> ou <i>C</i><i>hantons </i><i>so</i><i>us la pluie</i>. La ville même de Los Angeles nous rappelle qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas dénuée de charme. Moins tragique et sombre que dans <i>Mulholand Drive</i>, la cité mythique des États Unis nous livre son histoire. Le cinéma dans le cinéma est utilisé avec grâce, et les décors hollywoodiens subliment nos deux amants.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><iframe loading="lazy" src="//www.youtube.com/embed/djoFKskdBZc" width="560" height="314" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> À l&rsquo;image des tenues de Mia, les deux heures de film sont pleines de couleurs, le conte l’emporte rapidement sur la simple comédie romantique. Plus que de tomber amoureux, ce récit nous donne surtout envie de rêver, c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs la qualité première de nos deux protagonistes : leur façon de s&rsquo;aimer, leur capacité à rêver leur projets et à fantasmer leur bonheur. Il faut l&rsquo;avouer ces envies de grands projets, cette simplicité à vivre sont communicatifs, on sourit niaisement pensant toute la séance.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> La scène d&rsquo;ouverture est remarquable et illustre parfaitement ce bonheur communicatif. LA, le matin, heure de pointe : quoi de moins glamour que l&rsquo;autoroute engorgé, piégeant les personnes seules dans leur voiture, pauvres automobilistes.  Cependant pour tout de suite nous plonger dans l&rsquo;ambiance du film, brutalement, chacun sort de sa voiture, c’est à dire de lui même, et s élance dans une magnifique chorégraphie rythmée par une alternance de jazz et rock. Les couleurs saturées donnent un résultat quasi parfait, du moins mythique.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> Emma Watson aurait refusé le rôle de Mia (dommage pour elle), Ryan Gosling est moins mutique que dans <i>Drive</i> et nous prouve qu&rsquo;il n’est pas qu’un physique parfait adulé par les adolescentes américaines. Emma Stone quant à elle est éblouissante et touchante, nous rappelant ses beaux rôles avec Woody Allen. Pour oublier le froid et la grisaille de février et participer à la conversation du moment, faites comme tout le monde … allez voir <i>L</i><i>a la land</i> (au moins pour vous faire un avis et vous aérer l’esprit).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span><br />
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