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	<title>Cédric Chaory</title>
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		<title>Le Bassin des Lumières, entre pixels et Pharaons</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/bassin-lumieres-bordeaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cédric Chaory]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Jun 2025 10:36:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Bassin des Lumières, site le plus visité d’une ville de Bordeaux désormais dopée à l’effervescence culturelle, propose une nouvelle plongée dans l’Histoire, ou plutôt dans son idée visuelle. Cette fois, cap sur l’Égypte des pharaons. Pas besoin de billet d’avion ni de sable dans les chaussures : ici, on remonte le temps en immersion numérique, entre chefs-d’œuvre mythiques et trésors ressuscités. Disponible jusqu’au 4 janvier 2026. Bordeaux : de...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-Bassin-des-Lumieres.jpg" alt="" class="wp-image-38071" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-Bassin-des-Lumieres.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-Bassin-des-Lumieres-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-Bassin-des-Lumieres-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>Le Bassin des Lumières, site le plus visité d’une ville de Bordeaux désormais dopée à l’effervescence culturelle, propose une nouvelle plongée dans l’Histoire, ou plutôt dans son idée visuelle. Cette fois, cap sur l’Égypte des pharaons. Pas besoin de billet d’avion ni de sable dans les chaussures : ici, on remonte le temps en immersion numérique, entre chefs-d’œuvre mythiques et trésors ressuscités. Disponible jusqu’au 4 janvier 2026.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Egyptian Pharaohs, the immersive experience in Bordeaux" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/HaQ-Ry2v44c?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading"><strong>Bordeaux : de l’endormissement profond au réveil scénarisé</strong></h2>



<p>Pendant des décennies, Bordeaux a porté le doux sobriquet de Belle Endormie, comme on supporte une blague un peu lourde lors d’un dîner de famille. Une ville engourdie, planquée derrière ses façades noirâtres, ses quais transformés en <em>no man’s land </em>logistique, et son trafic automobile qui tenait plus de l’épreuve respiratoire que de la circulation.</p>



<p>Mais miracle : en 1995, Alain Juppé endosse le costume de chirurgien en chef et entame une opération à cœur ouvert sur la ville. Finie la torpeur provinciale, place au projet de réveil express — à grands coups de réhabilitation, de stratégie urbaine et de photogénie retrouvée.Tel un chef d’orchestre réglant chaque levée de rideau, Juppé déroule sa partition : transformation progressive, acte après acte, dans une mise en scène léchée. Bordeaux s’ébroue enfin, mais sous les spots.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une mise en scène bien huilée</strong></h2>



<p>Premier décor : le Miroir d’eau, inauguré en 2006, sorte de tapis de lumière liquide posé au pied de la Place de la Bourse, elle-même restaurée avec le soin d’un ébéniste fanatique de Louis XV. Résultat : une symétrie parfaite, une lumière flatteuse, des passants transformés en silhouettes esthétiques — bref, la ville devient son propre décor.</p>



<p>Les quais, jadis peuplés de camions et de hangars oubliés, s’offrent une seconde vie façon rive gauche à la bordelaise. Aujourd’hui, tout y est : terrasses chic, parterres maîtrisés, cyclistes épanouis, joggeurs souriants. L’ère du piéton roi a commencé. Même le tramway, ce serpent urbain sans caténaire, se faufile dans le paysage comme s’il n’avait jamais connu la SNCF.</p>



<p>Et la rue Sainte-Catherine ? Ce qui ressemblait à un tube artériel bouché redevient lieu de déambulation – et accessoirement, de shopping. Bordeaux respire à nouveau. Du moins en surface.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une ville qui s’écoute (et s’admire)</strong></h2>



<p>Mais la mue ne s’arrête pas aux trottoirs. Juppé insuffle une « âme », ou du moins un supplément d’âme suffisamment audible pour que l’UNESCO le remarque. Le Grand Théâtre brille comme au premier lever de rideau.</p>



<p>La Cité du Vin pousse hors mandat, comme un champignon culturel prêt à faire fructifier l’œnotourisme. En 2007, Bordeaux décroche le Graal patrimonial : son classement au patrimoine mondial de l’Humanité. C’est officiel : la Belle Endormie est devenue une influenceuse patrimoniale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un temple numérique au cœur du bunker</strong></h2>



<p>Mais le vrai coup de génie — ou de projecteur — vient en 2020 : la transformation d’un ancien bunker allemand en cathédrale numérique. Les Bassins des Lumières naissent dans la plus grande discrétion bétonnée, et très vite, deviennent la nouvelle Mecque culturelle d’un public en quête d’expériences instagrammables.</p>



<p>Sur 13 000 m², les chefs-d’œuvre de Klimt, Van Gogh, Kandinsky, Monet et autres stars de musée défilent à grand renfort de sons envoûtants et de pixels tremblants. Reflets liquides, murs qui vibrent, œuvres démultipliées comme dans un rêve opiacé : ici, pas de cartel poussiéreux ni de silence sacré. On regarde, on écoute, on se laisse avaler.</p>



<p>Plus de 500 000 visiteurs par an, venus en quête de beauté immédiate : touristes, écoliers, Bordelais branchés. La culture devient spectacle total. Et les expositions s’enchaînent à un rythme quasi stakhanoviste : Klein, Sorolla, Dalí, Mondrian… Un casting à faire rougir le Louvre. Sans la queue.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Égypte pharaonique : voyage dans le passé… en ultra-HD</strong></h2>



<p>Dernière fresque en date : un plongeon dans l’Égypte antique, version ultra-narrative. On part de la création du monde selon Atoum, on file jusqu’à Ramsès II, avec l’illusion de traverser trois millénaires de civilisation – sans quitter ses baskets.</p>



<p>Sable qui vole, Nil qui ondule, champs labourés par des paysans numériques. Les pyramides surgissent, le Sphinx médite, tout y est. Le spectateur avance, absorbé par une cosmogonie brillamment rétroprojetée. Les figures légendaires — Néfertiti, Akhenaton, Ramsès — s’incarnent en stèles de lumière mouvantes. La caution savante est assurée par un égyptologue, Jean-Guillaume Olette-Pelletier, et une incursion technologique made in <em>Assassin’s Creed Origins</em>. L’Histoire revisitée façon sandbox éducatif.</p>



<p>Louxor, Abou Simbel, Dendérah : autant d’étapes numériques dans cette odyssée sensorielle. On n’apprend pas, on absorbe. Moins cours magistral que transe visuelle. Et la bande-son ? Une partition immersive concoctée par Start-Rec : Verdi, Massive Attack, Peter Gabriel et même Led Zeppelin. Un florilège savamment désordonné qui va de l’opéra au trip-hop, en passant par les guitares saturées. Quand les pyramides se construisent à l’écran, une composition originale accompagne le labeur avec la lourdeur d’un bloc de granit qu’on hisse à bout de bras. Drôle d’effet secondaire : on ressent presque l’épuisement d’un esclave du Nouvel Empire. C’est dire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Orientalistes : quand l’Occident rêve tout haut</strong></h2>



<p>Après les dieux, place aux fantasmes. La seconde partie de l’exposition – qui m’est apparue bien plus enthousiasmante &#8211; s’attaque à l’orientalisme, ce champ miné de projections en Technicolor. Mais inutile de s’attendre à une déconstruction académique : ici, c’est l’Orient vu par les peintres du XIXe, entre extase visuelle et exotisme bon teint. Eugène Delacroix ouvre le bal, le pinceau chargé d’émotion et de clichés.</p>



<p>Les villes orientales prennent forme sur les murs de béton : ruelles labyrinthiques, bazars débordants, toits de mosaïque. Gérôme y fait défiler ses soldats moustachus et ses scènes de marché figées. Tout cela sent bon le fantasme colonial bien cadré. Puis vient la séquence festive : danseurs en boucle, musiciens orientaux de synthèse, électro hypnotique. Un Orient de music-hall, esthétique, vibrant — et entièrement filtré par le regard occidental. La fascination est palpable, la distance critique… optionnelle.</p>



<p>On glisse ensuite dans l’Orient du décor : palais, faïences, fontaines. Gérôme, Chassériau, Ingres peignent un monde lisse, doré, immobile. L’Orient devient surface, tissu, motif. Presque un motif de salle de bain — en plus noble, bien sûr.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Traversée du désert, fauves en embuscade et femmes orientales</strong></h2>



<p>Un changement de ton s’opère avec la grande séquence du désert : caravane contemplative, lumière rasante, vent de sable. Un Orient mystique, silencieux, propice à la méditation… ou à l’évasion mentale, selon l’humeur.</p>



<p>Puis viennent les fauves. Lions, panthères, bêtes magnifiées, quasi divinisées. Delacroix les dessine majestueux, Vernet les traque avec panache. On sent poindre l’esthétique de la domination, le face-à-face symbolique entre l’Occident triomphant et l’animalité sauvage de l’Ailleurs.</p>



<p>Et comme il se doit, le dernier tableau est réservé aux femmes. Alanguies, offertes, idéalisées, elles peuplent harems et salons. Odalisques éternellement disponibles, beauté muséifiée. En fond sonore, Neneh Cherry tente une relecture féminine, comme un clin d’œil critique glissé in extremis. Mais l’ambiguïté persiste. La beauté, ici, reste enfermée dans son cadre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Éblouissement sous haute surveillance</strong></h2>



<p>Dans ce théâtre d’eau et de lumière, tout est splendide — mais rien n’est anodin. Les Bassins des Lumières déroulent un récit à double tranchant : émerveillement, oui, mais à condition de garder l’œil un peu méfiant. Car derrière la fascination se cache parfois une question non résolue, une histoire racontée dans une langue flatteuse, mais partiale.</p>



<p>L’Égypte des Pharaons impose sa mythologie avec majesté. Les Orientalistes, eux, jouent les trouble-fêtes esthétiques : entre admiration et malaise.</p>



<p>Les Bassins n’enseignent pas. Ils submergent. À chacun de savoir s’il veut flotter… ou plonger.</p>



<p>Pour en savoir plus, consultez le site des <a href="https://www.bassins-lumieres.com/fr">Bassins des Lumières</a>.</p>



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<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>14 juillet – Eric Vuillard : le jour où les bataillons se sont formés</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livre-14-juillet-eric-vuillard/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cédric Chaory]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Mar 2023 17:04:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>23 avril 1789, dans les ors de la Folie Titon, propriété de Monsieur Jean-Baptiste Réveillon, directeur de la Manufacture des papiers peints, est décrétée sans ambages la baisse des salaires des ouvriers. Aussitôt, c&#8217;est la stupeur chez ces derniers qui lancent une grève que la bourgeoisie imagine un peu trop hâtivement de courte durée. Elle sera annonciatrice d’une folie d’une tout autre teneur et ampleur, trois mois plus tard :...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/10/14_juillet-e1477924268258.jpg"><img decoding="async" width="440" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/10/14_juillet-e1477924268258.jpg" alt="14_juillet" class="wp-image-27797"/></a></figure>



<p></p>



<p>23 avril 1789, dans les ors de la Folie Titon, propriété de Monsieur Jean-Baptiste Réveillon, directeur de la Manufacture des papiers peints, est décrétée sans ambages la baisse des salaires des ouvriers. Aussitôt, c&rsquo;est la stupeur chez ces derniers qui lancent une grève que la bourgeoisie imagine un peu trop hâtivement de courte durée. Elle sera annonciatrice d’une folie d’une tout autre teneur et ampleur, trois mois plus tard : la prise de la Bastille le 14 juillet par les ouvriers de la manufacture et les artisans du faubourg Saint-Antoine. Soit le point de départ d’une révolution qui changera définitivement le visage de la France.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Donner la parole à la « foule sans nom »</h2>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« C’est étrange les noms, on dirait qu’on touche quelqu’un. Ainsi, même quand il ne reste rien, seulement un nom, une date, un métier, un simple lieu de naissance, on croit deviner, effleurer. Il semble qu’on puisse entrevoir un visage, une allure, une silhouette. »</em></p>
</blockquote>



<p>En se saisissant de la composition symbolique de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=r%C3%A9volution+fran%C3%A7aise" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Révolution française</a>, à travers la journée devenue emblématique du 14 juillet 1789, <a href="https://www.theartchemists.com/ordre-our-eric-vuillard-nazisme-coup-bluff/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Eric Vuillard</a> creuse son sillon littéraire, celui d’une certaine mythographie littéraire, sa patte au fil des romans. Loin du cours d’histoire à la Michelet, l’historien qui conta dans ses menus détails 1789 et les turbulentes années qui suivirent, tout aussi éloigné des romans historiques qui connaissent un succès toujours plus croissant ces dernières années, l’auteur choisit de donner voix aux chapitres &#8211; les 18 que contiennent ce bref roman &#8211; <em>« aux pauvres diables que l’Histoire a jusqu’alors laissé croupir dans le caniveau »,</em> cette <em>« foule sans nom »</em> qui prit les armes, bien souvent de bric et de broc, pour renverser un ordre établi et vérolé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Touchantes listes</h2>



<p>Après une brève incursion dans le luxe très « <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Marie+antoinette" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Marie-Antoinette</a> Versailles » et son saccage en règle, <em>14 juillet</em> nous largue dans les bas-fonds besogneux de la capitale. Dans ces rues poisseuses où se sont retrouvés des dizaines puis des centaines de quidams, brossés à la hâte par l’auteur, en d’impressionnantes séries de panoramiques et de zooms. Professions, noms, villages et pays d’origine, griefs, de manière lapidaire Éric Vuillard cite les acteurs de la prise de la Bastille dans d’interminables et touchantes listes. <em>« Ce jour-là, à la Bastille, il y a Adam, né en Côte-d&rsquo;Or, il y a Aumassip, marchand de bestiaux, né à Saint-Front-de-Périgueux, il y a Béchamp, cordonnier, Bersin, ouvrier du tabac, Bertheliez, journalier, venu du Jura, Bezou, dont on ne sait rien, Bizot, charpentier, Mammès Blanchot, dont on ne sait rien non plus, à part ce joli nom qu&rsquo;il a et qui semble un mélange d&rsquo;Egypte et de purin. »</em> </p>



<h2 class="wp-block-heading">Le portrait d’une France en colère</h2>



<p>Tous décidés à dérober coûte que coûte le précieux que recèle la prison : sa poudre à canon. De ce peuple hétéroclite, réuni fugacement autour d’un événement qui dépasse bon nombre de ces protagonistes, se dessine le portrait d’une France en colère, rageuse avec ses flamboyants courages et ses misérables lâchetés. Au fil des pages, le lecteur devine le simple accablement des petites gens muter en une révolte bientôt révolution sanglante. Puissant, rythmé, glaçant et terriblement actuel, <em>14 juillet</em> fait vivre la Révolution française de l’intérieur et résonne avec force dans le paysage social et politique actuel. L’auteur n’écrit-il pas au détour d’une page <em>« Hier c’est aujourd’hui ».</em> Debout, la nuit, à Paris se forment des bataillons…</p>
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		<title>Concert : IZÏA ou l’hiver show</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/concert-izia/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cédric Chaory]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Jan 2023 18:44:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mi-décembre, froid polaire, une foule se presse aux portes de La Sirène où IZÏA vient promouvoir son nouvel album La vitesse. Un opus qui a décontenancé public et critique. La trentenaire – qui affiche au compteur déjà  17 ans de carrière, cinq albums, une dizaine de films, deux Victoires de la musique et un César – s’y réinvente en electropop-star, loin de l’univers rock de ses débuts. Forcément, le public...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/izia.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-35256" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/izia.jpg" alt="IZIA" width="600" height="599" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/izia.jpg 805w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/izia-288x288.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/izia-494x494.jpg 494w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/izia-188x188.jpg 188w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/izia-768x767.jpg 768w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/izia-70x70.jpg 70w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><span style="font-size: medium;">Mi-décembre, froid polaire, une foule se presse aux portes de <a href="https://la-sirene.fr/" target="_blank" rel="noopener">La Sirène</a> où IZÏA vient promouvoir son nouvel album </span><span style="font-size: medium;"><i>La vitesse</i></span><span style="font-size: medium;">. Un opus qui a décontenancé public et critique. La trentenaire – qui affiche au compteur déjà  17 ans de carrière, cinq albums, une dizaine de films, deux Victoires de la musique et un César – s’y réinvente en electropop-star, loin de l’univers rock de ses débuts. Forcément, le public est curieux de voir sur scène ce que donne cette métamorphose. Il ne sera pas déçu…</span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 18pt; color: #000000;"><b>Grand écart stylistique</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><span style="font-size: medium;">Elle se fera pourtant </span><span style="font-size: medium;">désirer</span><span style="font-size: medium;">, la marraine de la SMAC rochelaise, inaugurée en avril 2011. Longues furent les minutes entre la fin de la première partie &#8211; Nina, jeune pousse de la pop française &#8211; et l’arrivée de la bouillonnante vedette de la soirée. Encombré de son combo hivernal écharpe/bonnet/gant</span><span style="font-size: medium;">s</span><span style="font-size: medium;">/doudoune, le public l’attend sagement puis moins lorsque surviennent les inévitables et impatientes scansions « IZ</span><span style="font-size: medium;">Ï</span><span style="font-size: medium;">A, IZ</span><span style="font-size: medium;">Ï</span><span style="font-size: medium;">A, IZ</span><span style="font-size: medium;">Ï</span><span style="font-size: medium;">A ».</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><span style="font-size: medium;">La lumière se </span><span style="font-size: medium;">tamise</span><span style="font-size: medium;">, l’artiste entre en scène, au-dessus d’elle un énorme logo lumineux nous rappelle son nom (au cas où …). Pas de doudoune, ni de bonnet pour elle, mais un petit body et un perfecto noirs </span><span style="font-size: medium;">comme</span><span style="font-size: medium;"> costume de scène. En mode Madonna « </span><span style="font-size: medium;">Open your heart »</span><span style="font-size: medium;"> ou Guesh Patti « </span><span style="font-size: medium;">Etienne » </span><span style="font-size: medium;">… bref très 1987. Accompagnée de son groupe (basse : Bastien Burger, batterie : Nicolas Musset, guitare : Terrier et clavier : Julia Jérosme), IZ</span><span style="font-size: medium;">Ï</span><span style="font-size: medium;">A va revisiter son répertoire fort de 5 albums. Occasion d’apprécier l’étendue de celui-ci, car quel grand écart entre le punk </span><span style="font-size: medium;"><i>Let me alone</i></span><span style="font-size: medium;"> et le plus smooth </span><span style="font-size: medium;"><i>Calvi</i></span><span style="font-size: medium;">.</span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 18pt; color: #000000;"><b>Pop ou rock ?</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><span style="font-size: medium;">Le public se laisse porter au gré des titres piochés en grande partie dans les albums </span><span style="font-size: medium;"><i>La Vitesse</i></span><span style="font-size: medium;"> et </span><span style="font-size: medium;"><i>Citadelle</i></span><span style="font-size: medium;"> (paru en 2019, ce dernier n’avait pu faire l’objet d’une tournée, pandémie oblige). Public bigarré : là des adolescentes excitées, ici un petit couple gay, plus loin une bande de sexagénaires entourés de familles nombreuses. IZ</span><span style="font-size: medium;">Ï</span><span style="font-size: medium;">A plaît à une large audience… très certainement depuis son virage pop bien négocié car rappelons-le avec son identité forte, l’electro </span><span style="font-size: medium;"><i>La Vitesse</i></span><span style="font-size: medium;"> signe pour l’artiste un retour ultra-gagnant. </span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><span style="font-size: medium;">Mais d’ailleurs IZ</span><span style="font-size: medium;">Ï</span><span style="font-size: medium;">A est-elle si pop que ça ? À bien l’écouter ce soir, elle verse toujours dans le rock bruyant. </span><span style="font-size: medium;">Ses versions live d</span><span style="font-size: medium;"><i>’ « </i></span><span style="font-size: medium;">Étoile Noire »</span><span style="font-size: medium;">, « </span><span style="font-size: medium;">Tristesse »</span><span style="font-size: medium;"> ou encore « </span><span style="font-size: medium;">La Vitesse »</span><span style="font-size: medium;"> ont une énergie toute pop-rock, mais celle de « </span><span style="font-size: medium;">Dehors c’est la vie »</span><span style="font-size: medium;"><i> </i></span><span style="font-size: medium;">aux accents techno berlinoise vous plaque au mur, au sol… bref où vous voulez, où que vous soyez. Cela contrebalance avec les sucrés « </span><span style="font-size: medium;">Mon cœur »</span><span style="font-size: medium;"> et</span><span style="font-size: medium;"><i> « </i></span><span style="font-size: medium;">Pura Vida »</span><span style="font-size: medium;"> aux sonorités latino</span><span style="font-size: medium;">s</span><span style="font-size: medium;">, ritournelles parfaites pour une cérémonie de NRJ Music Awards, titres qui ont cependant remporté un vif succès pendant le concert.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 18pt; color: #000000;"><b>Rebattre les cartes</b></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><span style="font-size: medium;">Mais au-delà de sa musique, IZ</span><span style="font-size: medium;">Ï</span><span style="font-size: medium;">A est rock par son essence. Par sa filiation. Par son attitude. Se foutre gentiment de la gueule de son public rochelais qui peine à bouger son derche : elle le fait. Conchier les hypocrites festivités familiales de Noël – qui approche à grand pas : elle le fait. Dans des termes cash, à grand coup d’éclats de rires. Et au-delà de ce concert !</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><span style="font-size: medium;">E</span><span style="font-size: medium;">lle est rock en s’autorisant tout simplement à sortir de son étiquette, de sa case (si précieuses en France) pour rebattre ses cartes à quasiment chaque sortie d’album. Une énergie folle, un rapport au public chaleureux, un groupe au diapason, un show light ultra-efficace : la Sirène est en chaleur à l’issue du concert. « </span><span style="font-size: medium;">Dehors c’est la vie »</span><span style="font-size: medium;"> … dehors, c&rsquo;est aussi le grand froid ce 16 décembre et ça va être difficile de l’affronter après ce coup de show !</span></span></p>
<p align="justify"><strong><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif;"><span style="font-size: medium;">Et plus si affinités</span></span></strong></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Pour en savoir plus sur son actualité et ses concerts, consultez <a href="https://www.iziamusic.com/fr-fr/">le site d&rsquo;IZÏA</a>.</span></p>
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		<title>Hôtel Problemski : Bipul, sa vie, son désœuvrement</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/spectacle-hotel-problemski/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cédric Chaory]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Dec 2022 11:16:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une scène de deux mètres par deux, légèrement surélevée, qu’encadre un public venu nombreux pour cette troisième soirée d’anniversaire du presque quart de siècle de la compagnie de théâtre rochelaise Haute Tension. Sur quatre jours, Martine Fontanille a décidé de re-présenter, dans son fief de la Fabrique du Vélodrome, quelques-unes de ses mises en scène : Noir ou Blanc, Scène de couples chez Feydeau, L’Avare. Ce soir, point de marivaudages...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel11-2.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-35222" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel11-2.jpg" alt="spectacle Hotel Problemski" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel11-2.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel11-2-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel11-2-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a><br />
Une scène de deux mètres par deux, légèrement surélevée, qu’encadre un public venu nombreux pour cette troisième soirée d’anniversaire du presque quart de siècle de la compagnie de théâtre rochelaise Haute Tension. Sur quatre jours, Martine Fontanille a décidé de re-présenter, dans son fief de la Fabrique du Vélodrome, quelques-unes de ses mises en scène : <i>Noir ou Blanc, Scène de couples chez Feydeau, L’Avare</i>. Ce soir, point de marivaudages ni de classiques qui claquent. On y joue <i>Hôtel Problemski</i>, un seul en scène créé entre deux confinements et autres complications.</span></p>
<h2 class="western" align="justify"><span style="font-size: 18pt; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>Bipul dos au mur</b></span></h2>
<p class="western" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><span style="font-size: medium;">Une scène de deux mètres par deux donc, une </span><span style="font-size: medium;">mise en espace quadrifrontale, une arène</span><span style="font-size: medium;">.</span><span style="font-size: medium;"> Les lumières s’</span><span style="font-size: medium;">estompent,</span><span style="font-size: medium;"> une voix s’élève dans un coin de la Fabrique. Celle de Bipul Masli, demandeur d’asile en transit de Flutopia, sombre dictature. Il erre dans un immeuble belge avec quelques comparses tout aussi désœuvrés. Dos au mur, au propre comme au figuré, il entend nous narrer sa vie. Celle d’avant, de photographe de presse célébré, celle d’</span><span style="font-size: medium;">aujourd’hui, un </span><span style="font-size: medium;">homme en fuite. Un </span><span style="font-size: medium;"><i>rise and fall</i></span> <em><span style="font-size: medium;">violent et tendre à la fois que le comédien</span></em> <span style="font-size: medium;">Sébastien Boudrot incarne avec subtilité, surfant entre cynisme et humour.</span></span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">Le cynisme, il en question d’entrée de jeu avec cette histoire de photoreportage qu’on imagine dans une Éthiopie affamée en 1984 : « <i>Fais seulement comme si je n&rsquo;étais pas là ! » que je dis au gosse en train de crever de faim et dont j&rsquo;essayais de prendre une photo. Je sentais quelque part que celle-ci serait ma photo. La photo. La photo qui allait inaugurer ma grande percée, qui allait me permettre de gonfler ma valeur marchande et de suggérer au grand patron de Reuter de me retéléphoner un jour où ça m&rsquo;arrangerait mieux. Un photographe sent ça. </i> » Very, very nice, sera la photo. Manque juste, selon l’esthète, une mouche au bord des lèvres pour que le cliché soit parfait. Nausée.</span></p>
<h2 class="western" align="justify"><span style="font-size: 18pt; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>S’intégrer par l’humour ?</b></span></h2>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">L’humour (balourd) ? Il se niche au détour d’une blague belge. Celle que chaque demandeur d’asile doit raconter au centre pour y être pleinement intégré par les comparses. Bipul a choisi une blague autour de la légende du sexe surdimensionné des Noirs. Potache, douteux. La chute est drôle, mais bien plus futée est la mise en scène de cette saynète. Martine Fontanille utilise astucieusement une fois encore l’édifice abritant le dispositif d’Hôtel Problemski. Édifice indu et ex-garage auto qui prête parfaitement ses traits à un centre de rétention. </span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">Sur les murs est alors projeté un Bipul filmé en train de raconter sa blague : plan large, gros plan, plan rapproché, il l’ânonne. Le public rit, l’examen est passé haut la main. Des saynètes entrecoupées par de brefs intermèdes musicaux et voix annonçant des chapitres, il y en a foison dans <i>Hôtel Problemski</i>. Autant que les histoires de Bipul : celle d’Igor, copain de chambrée et boxeur qui rêve d’intégrer la Légion étrangère ; celle de Lydia, mineure gorgée d’optimisme et flirt occasionnel du photographe. Celle encore des redoutables Tchétchènes en perpétuelle bisbille avec les réfugiés africains (qui s’émeuvent de la neige recouvrant la Belgique en hiver).</span></p>
<h2 class="western" align="justify"><span style="font-size: 18pt; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>Une œuvre utilitaire</b></span></h2>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">Ce n’est vraiment pas un temps à se planquer dans un container, répète à l’envi le comédien, cerné de toutes parts par le public. Un public qu’il tient en haleine, tour à tour dominant, dominé, puissant, rincé, à la fois physique et sensible, tenant fermement les bribes d’un texte tranchant, depuis retenu par l&rsquo;Unesco en qualité d&rsquo;œuvre utilitaire. L’œuvre est utilitaire incontestablement. Histoire de comprendre comment ça fonctionne à l&rsquo;intérieur d&rsquo;un centre, de se rappeler combien c&rsquo;est difficile d&rsquo;être dans un pays dont on ne parle pas la langue, de partager quelques souffrances avec des déracinés. </span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">De comprendre l’enfermement aussi, vous savez, celui qu’on a appréhendé à l’occasion d’une pandémie. Mais nous, nous avions Netflix et des autorisations de sorties. Chance. L’adaptation de Martine Fontanille est, elle aussi, utile. Essentielle. Avec son habile dispositif, passe-partout, nous lui souhaitons de pouvoir diffuser sa pièce de théâtres en foyers de jeunes travailleurs. Et bien au-delà. Là où des oreilles et des yeux humanistes seront disposés à la recevoir.</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">Pour en savoir plus sur le spectacle <i>Hôtel Problemski,</i> consultez <a href="https://www.compagnie-haute-tension.com/" target="_blank" rel="noopener">le site de la compagnie Haute Tension</a>.</span></p>
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		<title>Souveraines en leur « Royaume » : la puissance d&#8217;une sororité</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/souveraines-en-leur-royaume-la-puissance-dune-sororite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cédric Chaory]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Dec 2022 15:51:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Bien sûr, ce vendredi à la Manufacture CDCN Bordeaux, il y avait les accrocs d’une déclamation à parfaire, les tâtonnements des corps les soirs de première. Mais au fur et à mesure que la pièce se déroule, ROYAUME s’insère parfaitement dans l’œuvre humaniste d’Hamid Ben Mahi. Après avoir dénoncé la ségrégation, les conditions des sans-papiers ou encore revisité l’histoire franco-algérienne, le chorégraphe bordelais de la compagnie Hors Série se saisit...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><figure id="attachment_35210" aria-describedby="caption-attachment-35210" style="width: 600px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/royaume1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-35210 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/royaume1.jpg" alt="photos du spectacle Royaume d’Hamid Ben Mahi - ©Pierre Planchenault" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/royaume1.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/royaume1-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/royaume1-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a><figcaption id="caption-attachment-35210" class="wp-caption-text">©Pierre Planchenault</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;">Bien sûr, ce vendredi à la Manufacture CDCN Bordeaux, il y avait les accrocs d’une déclamation à parfaire, les tâtonnements des corps les soirs de première. Mais au fur et à mesure que la pièce se déroule, <i>ROYAUME </i>s’insère parfaitement dans l’œuvre humaniste d’Hamid Ben Mahi. Après avoir dénoncé la ségrégation, les conditions des sans-papiers ou encore revisité l’histoire franco-algérienne, le chorégraphe bordelais de la compagnie Hors Série se saisit avec sincérité, simplicité et en toute légitimé d’un sujet explosif. Un royaume comme une grenade.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="Capsule vidéo ROYAUME #2 | Compagnie Hors Série" src="https://player.vimeo.com/video/727323009?dnt=1&amp;app_id=122963" width="640" height="360" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write; encrypted-media; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin"></iframe></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 18pt; color: #000000;"><b>Le courage de se raconter puis s’affirmer</b></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;">Dans ce royaume, elles sont six reines. Yvonette, qui a dû combattre père et frères pour s’émanciper, Viola, l’italienne qui a bravé la solitude d’une vie parisienne, Céline dont l’histoire familiale est frappée par des viols de mère en fille, Sandrine qui chérit sa grand-mère courage, ouvrière agricole dans des plantations antillaises. Mais aussi Nouna, dont le frère refuse qu’elle danse, ou encore Elsa, ex-anorexique qui craint toujours l’agression masculine.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;">Dans ce royaume, l’homme a trop longtemps été le prédateur. Il n’y a qu’à voir comment se meuvent ces femmes, aux aguets et à tâtons, dans la blancheur clinique du plateau. Mais il faut que ça cesse. Des décennies déjà que des voix s’élèvent – Simone Veil et Françoise Giroud en tête. Leurs mots résonnent ici et donnent le courage de se raconter puis s’affirmer. Comme en terre inconnue, propulsées sur une autre planète, les six femmes revêtent un casque lumineux. Y trouvent-elles là l’oxygène nécessaire ou la suffisante lumière à leur émancipation ?</span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 18pt; color: #000000;"><b>Les échos d’un <i>empowerment</i> mondial en cours</b></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;">En même temps qu’elles dispersent du sable ocre (granulat de caoutchouc pour terrain de tennis) sur un plateau qui prend couleur et chaleur, mimant par là même l’acte de semer qui se reflète dans les lumières du plateau, nos reines savent que ce geste ré-active la mémoire, encourage la parole. Elles se font dès lors plus combatives, crispant leurs poings. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;">Sara, précurseur, prend la parole et plus rien ne sera comme avant. Sur ce sol où s’entrelacent les sillons de parcours accidentés, les interprètes incarnent leur libération puis liberté. Les pieds frappent fort le sol pour imposer présences et échos d’un empowerment mondial en cours. Les cheveux se lâchent et s’exhibent fièrement. Une (r)évolution est en marche.</span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 18pt; color: #000000;"><b>Le collectif et l’individu</b></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;">En amont de la création de <i>ROYAUME</i> était présentée, à la Manufacture CDCN Bordeaux, l’étude <i>Les danseurs HIP HOP : trajectoires, carrières et formations</i> réalisée par Aurélien Djakouane et Louis Jésu. Celle-ci n’a de cesse de pointer, quelles que soient les générations ayant façonné l’histoire du genre, les liens indéfectibles qui unissent le collectif et l’individu. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;"><i>ROYAUME</i> en est la parfaite illustration. Nos reines font bloc tout en préservant chacune leur belle singularité. À Viola les ondulations délicates, à Sara et Yvonette l’expressivité volcanique, à Elsa la justesse de toutes les intentions… Et toutes ensemble, la puissance d’une sororité.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Et plus si affinités</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour en savoir plus sur Royaume, consultez <a href="https://www.lamanufacture-cdcn.org/spectacles/royaume-25-nov-2022/">le site de </a><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">la Manufacture CDCN Bordeaux.</span></span></p>
<p class="western" align="justify">
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		<title>Brother : contagious</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/danse-brother-contagious/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cédric Chaory]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Apr 2022 15:03:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=34702</guid>

					<description><![CDATA[<p>Créé en 2017, Brother de l’ultra prometteur chorégraphe Marco Da Silva Ferreira ne cesse de tourner depuis. La clé d’un tel succès : son ardente énergie, son inquiétante étrangeté, sa définition clubbing du vivre ensemble. Brut, audacieux, efficace… what else ? Urbanité contemporaine et danses tribales Le danseur entre seul sur scène. Plateau nu, lumière aux rabais, sapé casual. Visage poudré, Marco Da Silva Ferreira s’élance dans une pantomime où...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/04/rsz_brother.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34703 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/04/rsz_brother.jpg" alt="Brother - Marco Da Silva Ferreira - Photos par José Caldeira" width="600" height="400" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/04/rsz_brother.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/04/rsz_brother-288x192.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/04/rsz_brother-494x329.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-size: large;">Créé en 2017, </span><span style="font-size: large;"><i>Brother</i></span><span style="font-size: large;"> de l’ultra prometteur chorégraphe Marco Da Silva Ferreira ne cesse de tourner depuis. La clé d’un tel succès : son ardente énergie, son inquiétante étrangeté, sa définition clubbing du vivre ensemble. Brut, audacieux, efficace… what else ?</span></span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="BROTHER | Marco da Silva Ferreira (teaser)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/Wzz6-LtlEsU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000; font-size: 18pt;">Urbanité contemporaine et danses tribales</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-size: medium;">Le danseur entre seul sur scène. Plateau nu, lumière aux rabais, sapé casual. </span><span style="font-size: medium;">Visage poudré, Marco Da Silva Ferreira s’élance dans une pantomime où désarticulation et zygomatique accouchent d’un objet curieux. Irrémédiablement saisissant. Tout semble déjà dit dans ces 5 premières minutes, dans ce carrefour d’influences entre urbanité contemporaine et danses tribales. B</span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-size: medium;"><i>rother</i></span><span style="font-size: medium;"> ou son inquiétante étrangeté, sa relecture des danses urbaines du monde entier, des raves, son queerness. </span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-size: medium;">Mais déjà entrent sur scène un autre interprète, puis une autre… pour qu’au final se forme au plateau un groupe de sept individus bien décidés à s’enjailler.</span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000; font-size: 18pt;">Cristalliser chorégraphiquement le <i>« vivre ensemble » ?</i></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-size: medium;">On le devine très vite : ici point de dramaturgie, de lumières soignées, de costumes élaborés. </span><span style="font-size: medium;"><i>Come as you are, dance and share </i></span><span style="font-size: medium;">avec en ligne de mire : </span><span style="font-size: medium;">le plaisir d’être sur scène. </span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-size: medium;">Il transpire ce plaisir : les danseurs se sourient, s’entrainent dans leur joie tout à danser. Et si </span><span style="font-size: medium;">Marco </span><span style="font-size: medium;">avait su cristalliser chorégraphiquement le </span><span style="font-size: medium;"><i>« vivre ensemble »,</i></span><span style="font-size: medium;"> concept flou apparu dans les 80’s qui prend là des atours sacrément plus badants ? Ici s’agrègent les corps en un groupe organique qui carbure dans l’alchimie de rythmes electro-clubbing produit par Rui Lima et Sergio Martins. À la façon déglingos d’une rave sauvage, le sound system s’arrête net quand le groupe, ivre de sons, poursuit sa transe. </span><span style="font-size: medium;"><i>HI HA</i></span><span style="font-size: medium;">. Leurs cris guerriers remplaceront momentanément les beats puis deviendront à leur tour matière sonore pénétrante.</span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000; font-size: 18pt;"><i>Brother</i> célèbre le fluide, la connivence, l’envie</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-size: medium;">Dancehall jamaïcain, kuduro angolais, pantsula sud-africain, voguing américain … Da Silva Ferreira ratisse large, </span><span style="font-size: medium;">mixe le </span><span style="font-size: medium;">tout et offre une danse singulière qui contamine tout le groupe. Copier, coller, imiter, reproduire, fusionner, </span><span style="font-size: medium;"><i>Brother</i></span><span style="font-size: medium;"> célèbre le </span><span style="font-size: medium;">fluide, la connivence, l’envie et le partage dans la ressemblance et la dissonance. Il y a bien longtemps que le public ne cherche plus à comprendre ce qui se trame sous ses yeux. Hypnotisé par ces visages peints en jaune et cette transe métissée, il commence à dodeliner de la tête sur les rythmes house. La fraternité est contagieuse. La folie aussi. </span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-size: medium;">La petite bande peut bien abandonner ses nippes sportwear pour revêtir des costumes baroques à l’effet comique incontestable, continuer à twerker et ahaner… comme dans toute fin de </span><span style="font-size: medium;"><i>party</i></span><span style="font-size: medium;">, nous, on a lâché prise. On se laisse aller. Avant que l’aurore ne pointe.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><strong>Et plus si affinités</strong></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: 12pt; color: #000000;"><b>Tournée : </b>Les 5, 6 et 7 avril Les 2 Scènes (Besançon), Le 15 avril La Manufacture (Bordeaux).</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: 12pt;"><span style="color: #000000;">Pour en savoir plus sur le travail du chorégraphe Marco Da Silva Ferreira, consultez</span> <a href="https://www.pensamentoavulso.pt/" target="_blank" rel="noopener">son site</a><span style="color: #000000;"> ainsi que <a href="https://www.instagram.com/__meloyellow__/?hl=fr" target="_blank" rel="noopener">son compte Instagram</a>.</span></span></p>
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		<title>Maison des étudiants de La Rochelle : Concha ou une archéologie pop de l’écoute</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/spectacle-concha/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cédric Chaory]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Feb 2022 12:14:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=34607</guid>

					<description><![CDATA[<p>À l’issue de la représentation de Concha, histoires d’écoute à la Maison des étudiants de La Rochelle s’est déroulé un échange entre le public et les artistes – Marcela Santander Corvalan, Hortense Belhôte et Gérald Kurdian, accompagnés d’Elodie Chazalon, enseignante-chercheur. Occasion de décrypter une conférence dansée pop, féministe, électro, universaliste. Sacrément politique. Dans Concha, histoires d’écoute, on ressent avec puissance ce besoin de se reconnecter à soi, à la nature...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><figure id="attachment_34614" aria-describedby="caption-attachment-34614" style="width: 500px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/02/CONCHA_1_Bettina-Blanc-Penther-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-34614 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/02/CONCHA_1_Bettina-Blanc-Penther-1.jpg" alt="Spectacle Concha, histoires d'écoute © Bettina Blanc Penther" width="500" height="667" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/02/CONCHA_1_Bettina-Blanc-Penther-1.jpg 500w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/02/CONCHA_1_Bettina-Blanc-Penther-1-216x288.jpg 216w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/02/CONCHA_1_Bettina-Blanc-Penther-1-370x494.jpg 370w" sizes="auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px" /></a><figcaption id="caption-attachment-34614" class="wp-caption-text">Spectacle Concha, histoires d&rsquo;écoute © Bettina Blanc Penther</figcaption></figure></p>
<p class="western" lang="es-CL" style="text-align: justify;" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif;"><a name="_GoBack"></a> </span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif;"><span style="font-size: 12pt; color: #000000;"><b>À l’issue de la représentation de </b><i><b>Concha</b></i><b>, </b><i><b>histoires d’écoute</b></i><b> à la Maison des étudiants de La Rochelle s’est déroulé un échange entre le public et les artistes – Marcela Santander Corvalan, Hortense Belhôte et <a href="https://www.theartchemists.com/trouvaille-gerald-kurdian/" target="_blank" rel="noopener">Gérald Kurdian</a>, accompagnés d’Elodie Chazalon, enseignante-chercheur. Occasion de décrypter une conférence dansée pop, féministe, électro, universaliste. Sacrément politique.</b></span></span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="En création ~ Concha - Histoires d&#039;écoute par Marcela Santander Corvalán et Hortense Belhôte" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/9L3xsb10-IY?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;"><b>Dans </b><i><b>Concha</b></i><b>, </b><i><b>histoires d’écoute,</b></i><b> on ressent avec puissance ce besoin de se reconnecter à soi, à la nature tout en allant vers l’autre. Je me questionnais justement sur ce besoin, votre besoin. D’où vous vient-il ?</b></span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;"><b>Marcela Santander : </b><i>Concha</i> est une pièce qui questionne l’écoute. Pour Hortense, Gérald et moi-même, cette écoute est un postulat de départ dans nos pratiques respectives. Nous trois réunis, cette pièce essaye de faire un grand cheminement à travers pleins de sons, d’histoires, et de physicalités pour arriver, enfin, à cette conclusion : l’écoute, c’est une manière globale de sentir et qui passe par tous les sens. Nous partons de paroles intimes qui créent des images puis des sensations… l’intime vient tutoyer ensuite l’universel à travers des questions socio-politiques. Tout cela en ayant en tête qu’à la fin de la pièce l’écoute soit ressentie par le corps. On y accède par une sensorialité multiple. Gérald nous aide d’ailleurs dans ce cheminement. C’est lui qui englobe cette écoute et nous, nous sommes autour.</span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;"><b>À travers </b><i><b>Concha</b></i><b>, </b><i><b>histoires d’écoute</b></i><b>, nous percevons clairement vos différences culturelles, vos diverses origines géographiques, mais dans ce grand tout qu’est la pièce règne une parfaite homogénéité…</b></span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;"><b>Elodie Chazabon : </b>Effectivement nous pouvons parler de grand tout organique que l’on éprouve malgré le télescopage de nos disciplines respectives, de toute cette matière dichotomique tels le passé/présent, le dedans/dehors, l’ancien/contemporain. Tout est effectivement relié par un aspect organique. Les orifices que nous voyons : ceux des oreilles, des yeux, des pores, des « conchas » – vagins donc – font dialoguer le dedans/dehors et tout le reste. On le voit notamment dans le prologue avec la diffusion de cette vague, qui incarne l’idée de fluidité. Hortense, tu as d’ailleurs parlé de <i>gender fluid</i>, non ?</span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;">Malgré ce télescopage historique, toutes ces histoires individuelles, nous sommes dans un grand tout. C’est un rythme fluide, mais non dénué de secousses et saccades qui viennent vous remuer. Cette sensation est forcément amenée par la musique électro de Gérald qui l’impulse.</span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;"><b>Marcela</b> : Je pense que dans nos travaux respectifs il y a une constante dominante : l’histoire, les histoires. Celles de nos corps, de l’art, de la musique, de la danse. Nous ne souhaitions pas cloisonner, travailler chacun de notre côté. Nous avons un héritage culturel commun, à la fois historique, spirituel et conceptuel. Notre positionnement artistique pour cette conférence, est donc de créer avec tout ce que nous sommes en tant qu’individu, mais aussi dans notre génération. </span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;"><b>Votre pièce m’a troublée : elle est à la fois généreuse, mais également pudique, intime…</b></span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;"><b>Hortense : </b>J’avais proposé qu’à la fin, nous finissions tous nus avec une conque dans les mains (rire dans le public).</span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;"><b>Marcela </b>: Cette générosité dont tu parles vient sans doute de nos pratiques respectives et comment nous voulons nous positionner dans le travail, mais aussi sûrement de la manière de faire de l’histoire de l’art d’Hortense. Elle a cette capacité d’expliquer des choses très complexes avec simplicité et humour. Elle captive par sa capacité à donner d’elle-même dans ses explications, mais tu en parleras mieux que moi, Hortense…</span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;"><b>Hortense</b> : En fait, la question ici était de partir de l’intime et d’aller vers l’universel. Nous avons un ami physicien qui a vu la conférence<i> </i> et nous a parlé du principe de la spirale. Principe qui pourrait expliquer le monde : tout est dans tout mais à des échelles différentes. On parle de cela dans <i>Concha</i>, <i>histoires d’écoute.</i> Dans un micro-souvenir intime, il y a tout comme dans un moment-phare de l’histoire de l’humanité, mais à des échelles différentes. Changer d’échelle en permanence, voilà ce que nous faisons dans la pièce. Ça relie au lieu de nous perdre et même pour nous, avec cette histoire de diversité culturelle, ça marche ! Nous avons réussi à trouver des points communs entre nous, pour relier nos trois histoires et pratiques. Il aurait été vain de venir vous parler d’écoute, si nous n’avions pas nous-même réussis à nous écouter puis faire corps, non ?</span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;"><b>Votre conférence dansée m’a remonté le moral avec son universalité, son féministe heureux. Elle nous dit : </b><i><b>« ça va aller » …</b></i></span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;"><b>Gérald Kurdian </b>: Sur la question féministe, des cultures minoritaires, ce qui est le plus marquant dans les pratiques de ces 10/20 dernières années, c&rsquo;est cette écoute. Au lieu de se mettre dans un système productif, satisfaisant, car il est manifeste et visible, nous avons préféré chercher les outils qui ne seraient pas un frein à l’émancipation de l’autre, à son bien-être. </span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;">Notre manière de travailler sur <i>Concha</i> est simple : nous sommes dans la contemplation d’objets, d’images, de chansons mis côte à côte. Ils communiquent ensemble, s’écoutent, dialoguent, mais pas dans un discours hyper-poussif. Notre dramaturgie n’est pas orthodoxe, mais plutôt issue des luttes anti-patriarcales. On s’est vraiment détendus sur l’agencement, la forme. On laisse tous nos matériaux co-exister ensemble. C’est un vrai positionnement par rapport à vous, public : on vous laisse le choix d’apprécier, de comprendre. D’écouter. </span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;"><b>(SPOILER) Sinon on en parle de Cyndi Lauper ? </b></span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;"><b>Hortense : </b>En fait, dans ce spectacle, tout est vrai. J’habite vraiment face à ce lycée qui diffuse en guide de sonnerie les accords de <i>True Colors</i>. Évidemment, les lycéens ne connaissent absolument rien de ce tube de 1986.</span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;">Pour <i>Concha</i>, <i>histoires d’écoute,</i> nous nous sommes posés la question de comment, en partant d’un objet – la conque – nous pourrions construire une œuvre. Notre thématique de départ est donc l’écoute, l’objet la conque. Bien pratique en somme, car très rapidement nous avons appris que l’oreille possède une conque ; que ce mot signifie vulgairement le vagin au Chili… Bref on tenait notre motif. Puis un jour, je tombe sur le clip <i>True Colors</i> et découvre qu’une conque apparaît dans le clip, que la chanteuse plonge dedans (sic) pour y rejoindre un homme. Bref un clip des années 80 sans réel sens, mais quelque part on retrouve cette histoire d’échelle : nous pouvons à la fois parler de peinture italienne classique et de la pop sucrée de Cyndi dans une même pièce.</span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;"><b>Je m’interroge sur les images qui apparaissent dans le générique de fin…</b></span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;"><b>Hortense</b> : J’aime beaucoup les PowerPoint et ce côté lo-fi, artisanal. De la technologie un peu cheap en somme. Sur ces photos, vous voyez des pionnières de la musique électronique devant leurs grosses machines. Je pense à Éliane Radigue, Pauline Oliveros, Wendy Carlos. Ses photos, datées des 70’s, sont hyper-belles. J’y ai ajouté un collage-photographique lesbien en mode kaléidoscope signé de l’artiste Tee Corinne. Ainsi je fais se rencontrer deux mondes et c’est pourquoi vous avez cette beauté froide qu’est Éliane Radigue en train de tourner des boutons sur des tétons de pin-up.</span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;"><b>Marcela</b> : Nous avons dû faire un grand tri dans les matériaux de la pièce qui aurait pu durer 4h30. Le générique de fin remercie toutes les femmes qui apparaissent dans la pièce. Les artistes, nos mères, nos partenaires, nos inspiratrices…</span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;"><b>C’est un travail très féministe. Les hommes n’ont-ils pas travaillé également sur l’écoute ? Et si oui, vous ont-ils inspiré ?</b></span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;"><b>Hortense</b> : Pardon ? (Rires du public). On parle d’hommes dans la pièce : Greuze, Raphaël, Idir… Mais nous les connaissons déjà, tous ces hommes. Place aux femmes !</span></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;"><b>Propos recueillis par Cédric Chaory à l’issue de l’after show organisé par La Manufacture – CDCN de La Rochelle.</b></span></p>
<p lang="es-CL" align="justify"><strong>Et plus si affinités :</strong></p>
<p class="western" lang="es-CL" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt; color: #000000;"><b>TOURNÉE</b> : 4 février 2022 Maison des arts – Université Bordeaux Montaigne Bordeaux, CDCN La Manufacture ; 12 mars 2022 , soirées performances, Scène nationale d&rsquo;Orléans; 17 mars 2022, la briqueterie &#8211; CDCN du Val-de-Marne; 3 et 4 juin 2022, Rencontres International chorégraphiques de Seine Saint Denis.</span></p>
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		<title>Le Ballet du Grand Théâtre de Genève à La Coursive : musique minimale, spectacle maximal ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/spectacle-danse-fall/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cédric Chaory]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Jan 2022 11:09:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Minimal/Maximal : une soirée en demi-teinte (grise). Le Ballet du Grand Théâtre de Genève réunit deux chorégraphes majeurs de la danse contemporaine pour un programme autour de la musique minimale, qui magnifie la puissance et l’énergie de la danse. On retient son souffle quand le rideau s’ouvre : un immense décor mobile de soies pâles qui habille fond de scène et coulisses ondule au gré d’un air propulsé par une...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/BALLET-DU-GRAND-THEATRE-DE-GENEVE-FallCgregory-batardon_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34563 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/BALLET-DU-GRAND-THEATRE-DE-GENEVE-FallCgregory-batardon_opt.jpg" alt="Ballet du Grand Théâtre de Genève Fall Gregory Batardon" width="600" height="400" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/BALLET-DU-GRAND-THEATRE-DE-GENEVE-FallCgregory-batardon_opt.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/BALLET-DU-GRAND-THEATRE-DE-GENEVE-FallCgregory-batardon_opt-288x192.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/BALLET-DU-GRAND-THEATRE-DE-GENEVE-FallCgregory-batardon_opt-494x329.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><span style="font-size: medium;"><i>Minimal/Maximal </i>: une soirée en demi-teinte (grise). Le Ballet du Grand Théâtre de Genève réunit deux chorégraphes majeurs de la danse contemporaine pour un programme autour de la musique minimale, qui magnifie la puissance et l’énergie de la danse. On retient son souffle quand le rideau s’ouvre : un immense décor mobile de soies pâles qui habille fond de scène et coulisses ondule au gré d’un air propulsé par une soufflerie. Deux danseurs, puis deux autres et puis un seul s’extraient des volutes perle du décor. Le temps est à la grisaille. </span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000; font-size: 18pt;"><b>Comme des feuilles soufflées par le vent</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><span style="font-size: medium;">Première création que Sidi Larbi Cherkaoui ait réalisée pour le ballet de Flandres après en avoir été nommé directeur en 2015, <i>Fall</i> est une évocation de la saison des feuilles mortes. Et c’est au gré de Zéphyr que les interprètes, incarnation de végétal voletant dans des cieux rougeoyant, investissent le plateau pour, in fine, incarner un ensemble de 22 corps gracieux et fluides, rompus à la technique classique et prêt à relever le défi hyper-athlétique de <i>Fall</i>. Les danseurs se laissent porter par les lancinantes compositions d’un enfant terrible de la musique estonienne, comme des feuilles soufflées par le vent : tantôt trio furtif, puis pris dans un duo enjoué, puis en solo. </span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><span style="font-size: medium;">Chacun est l&rsquo;allié de l&rsquo;autre dans cette bataille des volontés contre l’inévitable gravité. On chute, on se relève, on s’élève et puis, le temps d’une bourrasque, on efface le souvenir même de ce qu’on vient d’exécuter. Les portés s’enchaînent à une vitesse folle, on y fait le pont aussi et autres cabrioles qui détonnent dans cet univers classique compassé. Cela détonne d’autant plus que ce trop plein de physicalité se cogne aux délicates scénographie et conception lumière de Fabiana Piccioli et Sander Loonen appelant à la sérénité, à la fluidité. Sans parler des airs méditatifs et envoûtant d’Arvo Pärt. L’automne, saison d’équilibre … <i>Fall </i>en manque cruellement. Dommage.</span></span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="Minimal Maximal - Bande-annonce" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/wj6jQ-3Ia5E?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000; font-size: 18pt;"><b>Une compagnie en état de grâce</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif;"><span style="font-size: medium;">À l’origine, cette soirée proposée par le Ballet du Grand Théâtre de Genève – et intitulée </span><span style="font-size: medium;"><i>Minimal/Maximal</i></span><span style="font-size: medium;"> &#8211; se compose de trois courtes pièces. </span><span style="font-size: medium;"><i>Fall </i></span><span style="font-size: medium;">mais également </span><span style="font-size: medium;"><i>Fearful Symmetries </i></span><span style="font-size: medium;">d&rsquo;Ioannis Mandafounis et </span><span style="font-size: medium;"><i>Paron</i></span><span style="font-size: medium;"> d&rsquo;Andonis Foniadakis. <a href="https://www.la-coursive.com/projects/ballet-du-grand-theatre-de-geneve-21-22/" target="_blank" rel="noopener">La Coursive</a> ne présentera ce soir-là que l’œuvre de Foniadakis. </span><span style="font-size: medium;"><i>Paron</i></span><span style="font-size: medium;"> (« le moment présent » en grec) épouse le </span><span style="font-size: medium;"><i>concerto pour violon N°1</i></span><span style="font-size: medium;"> de <a style="color: #000000;" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_Glass" target="_blank" rel="noopener">Philip Glass</a> dans un véritable tourbillon vertigineux de mouvements calés sur le tempo accéléré de la musique. Élégante, fluide, magnétique, la partition de Foniadakis est au diapason de la sensualité de l’œuvre de Glass. </span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif;"><span style="font-size: medium;">On y sent la compagnie bien plus à l’aise que chez Cherkaoui, comme emportée par les vagues musicales. </span><span style="font-size: medium;">U</span><span style="font-size: medium;">ne aisance qui s’explique aussi par une collaboration au long cours entre la compagnie suisse et le chorégraphe grec. Là encore, rien de bien révolutionnaire dans le langage chorégraphique de </span><span style="font-size: medium;"><i>Paron</i></span><span style="font-size: medium;">, serti dans une mise en scène chic, froide (et quelque peu absconse : quid des deux demi-lunes de néon accrochées au gril du théâtre ?). Tout au plus, et c’est déjà beaucoup, le plaisir non dissimulé de voir une compagnie en état de grâce oscillant entre élans sensibles et puissance du geste. Merci pour ce moment (présent).</span></span></p>
<p align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Et plus si affinités :</span></strong></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Pour en savoir plus sur les prochaines représentations, consultez <a href="https://www.gtg.ch/ballet/" target="_blank" rel="noopener">le site du Grand Théâtre de Genève</a>.</span></p>
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		<title>Renoir père, fils  : le génie en commun</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/renoir-pere-fils-le-genie-en-commun/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cédric Chaory]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Nov 2018 16:18:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ils étaient tous deux des patrons les Renoir, Pierre-Auguste et Jean. Le premier dans le domaine de la peinture, option impressionniste, le second, fils du premier, dans celui du 7ème art. L’histoire de leur relation, celle d’un fils à son père, celle d’un créateur à un autre créateur, se nourrit de nombreux fantasmes, bien souvent suscités par le fils prodige, qui consacra à son père un livre qui fit date :...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/11/9782081445604.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-31294" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/11/9782081445604.jpg" alt="" width="346" height="429" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/11/9782081445604.jpg 346w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/11/9782081445604-232x288.jpg 232w" sizes="auto, (max-width: 346px) 100vw, 346px" /></a></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-family: Liberation Serif, serif; color: #000000;">Ils étaient tous deux des patrons les Renoir, Pierre-Auguste et Jean. Le premier dans le domaine de la peinture, option impressionniste, le second, fils du premier, dans celui du 7<sup>ème</sup> art. L’histoire de leur relation, celle d’un fils à son père, celle d’un créateur à un autre créateur, se nourrit de nombreux fantasmes, bien souvent suscités par le fils prodige, qui consacra à son père un livre qui fit date : <i>Renoir par Jean Renoir</i> paru en 1962.</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-family: Liberation Serif, serif; color: #000000;">C’est cette relation que l’exposition <i>Renoir père et fils, Peinture et cinéma</i>, jusqu’au 27 janvier 2019 au Musée d’Orsay, et le catalogue qui la complète explorent à travers le dialogue fécond et parfois paradoxal de ces deux monstres sacrés. Paradoxal car les relations directes entre le père et le fils furent limitées. Famille bourgeoise fin 19ème oblige, parent et enfant se rencontrent peu au quotidien et parlent encore moins. Néanmoins les longues séances de peinture où papa croque son fils chéri ont tissé des liens indéfectibles et fructueux pour l’histoire de l’art.</span></p>
<h2 class="western" align="justify"><span style="font-family: Liberation Serif, serif; color: #000000;"><b>Mobilité / Immobilité</b></span></h2>
<p class="western" align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">Entre ces deux-là tout est question de mobilité et d’immobilité. Dans la vie et dans l’art. L’immobilité de l’enfant-modèle, tenu de ne pas bouger quand Renoir le peint au bras de sa mère, en adolescent-chasseur ou en céramiste. L’immobilité de Renoir Père aussi dont seules les mains s’activent à la tâche. Immobilité qui devient totale face à une paralysie progressive particulièrement éprouvante. À cette </span><span style="font-family: Archer Book, serif;"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">polyarthrite rhumatoïde</span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"> invalidante répond en écho la claudication du fils, héritage d’une blessure de la Grande Guerre. Une mobilité chancelante dirons-nous.</span></span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-family: Liberation Serif, serif; color: #000000;">Dans l’art, c’est différent. Le peintre n’a jamais vraiment cherché à capter le mouvement. Quelques œuvres tentent vainement de saisir l’agitation du monde tel <i>Le Bal du Moulin de la Galette</i>, mais sans plus. Pour le fiston, c’est justement le mouvement de l’image qui le grise. Découvrant le 7<sup>ème</sup> art via son jeune frère, il s’amourache du nouveau média en dévorant avec gourmandise tous les Charlot. Dès 1924, il se lance dans la réalisation, poussé par une ambitieuse jeune femme.</span></p>
<h2 class="western" align="justify"><span style="font-family: Liberation Serif, serif; color: #000000;"><b>Catherine Hessling, une femme en commun</b></span></h2>
<p class="western" align="justify"><span style="font-family: Liberation Serif, serif; color: #000000;">La carrière de Jean Renoir dans le cinéma muet est associé de façon indélébile à la présence sur les écrans de sa jeune épouse et vedette : Catherine Hessling, star des années folles qui disparaîtra des radars quand elle divorcera de son époux de réalisateur. Jean, lui, deviendra, la décennie suivante, l’immense artiste célébré que l’on sait. Catherine Hessling, de son vrai nom Andrée Heuschling, fut le modèle préféré de Pierre-Auguste Renoir entre 1915-16 car elle <i>« repoussait encore moins la lumière que celle de tous les modèles qu’il avait eu dans sa vie ». </i>Comme l’a montré le récent film de Gilles Bourdos (<i>Renoir</i>, 2013), Andrée était une jeune femme très ambitieuse, désireuse de devenir le pendant d’une Garbo en France. </span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-family: Liberation Serif, serif; color: #000000;">À la mort de Pierre-Auguste Renoir, elle épouse son fils Jean, l’exhortant à abandonner la céramique pour investir son hypothétique talent et sa réelle fortune dans le 7<sup>ème</sup> art. Avec génie, elle s’invente alors une personnage glamour et fait preuve d’un talent hors-norme : <i>« Parmi les nombreuses qualités de Catherine, il y en avait une qui me fascinait : c’était son sens innée de la </i><i>féerie.</i><i> Je vous ai parlé de la stylisation de son jeu et de son maquillage. En vérité, ses gestes de pantin et son apparence ressortant de la pantomime, n’ajoutaient rien à son irréalité. Même revêtue d’une robe banalement à la mode et sans maquillage du tout, elle ressortait de la fantasmagorie. »</i> (Jean Renoir – 1972)</span></p>
<h2 class="western" align="justify"><span style="font-family: Liberation Serif, serif; color: #000000;"><b>Une somme d’informations</b></span></h2>
<p class="western" align="justify"><span style="color: #000000;">P<span style="font-family: Liberation Serif, serif;">armi les points communs du père et du fils nous pourrions encore citer la céramique et la littérature de la fin du 19<sup>ème</sup> siècle que chérissait la famille (Zola, Maupassant, Mirbeau…). Le catalogue de l’exposition d’Orsay, en 11 articles aussi référencés que passionnants, décode ainsi ces points de contact entre l’œuvre du cinéaste et du peintre qui vont bien au-delà d&rsquo;un jeu d&rsquo;influence et de transposition. </span></span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-family: Liberation Serif, serif; color: #000000;">A travers des tableaux, des photographies, des costumes, des affiches, des dessins, et des documents, pour certains inédits, il explore des thèmes (le rôle du modèle féminin par exemple) et des géographies (la Seine, Montmartre, le Midi) communs à deux œuvres que réunissent peut-être plus sûrement encore un goût de la liberté et une profonde humanité. La lecture de ce bel ouvrage vous donne la furieuse envie de courir à l’<a href="https://m.musee-orsay.fr/fr/expositions/article/renoir-pere-et-fils-peinture-et-cinema-47534.html">exposition <i>Renoir père et fils</i></a> et de revoir encore et encore <i>La règle du jeu</i> et <i>La Grande Illusion</i>.</span></p>
<p align="justify">
<p class="western" align="left"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><b><span style="color: #000000;">Et plus si affinités</span> </b></span></p>
<p class="western" align="left"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><a href="https://editions.flammarion.com/Catalogue/hors-collection/art/renoir-pere-et-fils">https://editions.flammarion.com/Catalogue/hors-collection/art/renoir-pere-et-fils</a></span></p>
<p class="western" align="left">
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		<title>Le Bûcher de György Dragomán ou les fantômes de la Roumanie post-Ceausescu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Cédric Chaory]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Sep 2018 10:05:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aux premiers abords Le Bûcher, troisième roman de l’auteur hongrois György Dragomán ressemble étonnamment au Roi blanc, son précédent ouvrage publié dans la collection « Du monde entier » chez Gallimard. Tous deux sont des récits d’apprentissage écrits à hauteur d&#8217;enfance, à la première personne. Une enfance roumaine où plane l’ombre de Ceausescu. Puis apparaissent les singularités : au Roi blanc construit comme une succession de nouvelles, kaléidoscope d’une vie sous dictature, Le...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/09/DRAGOMAN-Gyorgy-COUV-Le-bûcher-e1535882621546.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-30991 alignnone" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/09/DRAGOMAN-Gyorgy-COUV-Le-bûcher-337x494.jpg" alt="" width="337" height="494" /></a></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Liberation Serif, serif; color: #000000;"><b>Aux premiers abords </b><i><b>Le </b></i><i><b>B</b></i><i><b>ûcher</b></i><b>, troisième roman de l’auteur hongrois </b><b>György Dragomán ressemble étonnamment au </b><i><b>Roi blanc</b></i><b>, son précédent ouvrage publié dans la collection « Du monde entier » chez Gallimard. </b><b>Tous deux sont des récits d’apprentissage </b><b>écrits à hauteur d&rsquo;enfance, à la première personne. Une enfance roumaine où plane l’ombre de Ceausescu.</b></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Liberation Serif, serif; color: #000000;">Puis apparaissent les singularités : au <i>Roi blanc</i> construit comme une succession de nouvelles, kaléidoscope d’une vie sous dictature, <i>Le </i><i>B</i><i>ûcher </i>préfère la formule roman au long cours et situe son action<i> </i>quelques semaines après la chute du <i>camarade généra</i><i>l</i>, là où la vie devrait être une fête sans fin… mais qui est loin d’en être une.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Liberation Serif, serif; color: #000000;">La Roumanie vient donc tout juste de se libérer de son dictateur. Emma, treize ans et orpheline, tente de se construire dans un orphelinat. Quand une inconnue s’y présente comme étant sa grand-mère, elle n&rsquo;a d&rsquo;autre choix que de la suivre dans sa ville natale. Elle y deviendra une jeune femme en même temps qu’elle découvrira l’histoire sombre de sa famille, impliquée malgré elle dans un système totalitaire où juifs et opposants au régime sont voués à la mort. Aux côtés de son aïeule, sorcière au sens premier du terme, la vaillante demoiselle tentera de trouver sa place dans un monde en pleine transition politique.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Liberation Serif, serif; color: #000000;">Ce qui étonne dans <i>Le </i><i>B</i><i>ûcher</i>, intégralement écrit au présent, c’est sa totale opacité. Ce présent, temps de l’action, appelant pourtant à la clarté et la simplicité du récit, flirte sans cesse avec l’ambiguïté. <i>Le </i><i>B</i><i>ûcher</i>, elliptique, se dérobe à chaque page. Ainsi le temps file sans qu’on puisse le dater. D’ailleurs, sans la quatrième de couverture, le lecteur n’a nullement conscience que l’action se déroule dans la Roumanie post-Ceausescu.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Liberation Serif, serif; color: #000000;">Autre sujet d’étonnement : la saisissante étrangeté qui se dégage du <i>Bûcher</i>. Et la grand-mère de la protagoniste n’y est pas étrangère. Sorcière, elle use et abuse de la magie. Apparitions fantasques et rituels en tout genre n’ont de cesse de s’entrechoquer aux expériences bien plus prosaïques de la vie d’ado d’Emma comme l’apparition de ses premières règles ou le choix de son premier maillot de bain.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Liberation Serif, serif; color: #000000;">Déjà adapté au théâtre en Hongrie, <i>Le </i><i>B</i><i>ûcher</i>, œuvre bien plus complexe qu’il n’y paraît et un tantinet froide, confirme le talent singulier de György Dragomán, auteur de 45 ans né en Roumanie, au sein de l&rsquo;importante minorité hongroise de Transylvanie, et vivant à Budapest depuis 1988. On comprend que l’auteur ait remporté moult prix en seulement 3 romans et qu’il affole le monde de l’édition à l’international. À suivre de très près.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Liberation Serif, serif; color: #000000;"><b>Et plus si affinités :</b></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Archer Book, serif;"><a href="http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Du-monde-entier/Le-bucher"><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Du-monde-entier/Le-bucher</span></a></span></p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/le-bucher-de-gyorgy-dragoman-ou-les-fantomes-de-la-roumanie-post-ceausescu/">Le Bûcher de György Dragomán ou les fantômes de la Roumanie post-Ceausescu</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
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