﻿<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>mode</title>
	<atom:link href="https://www.theartchemists.com/search/mode/feed/rss2/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.theartchemists.com/</link>
	<description>Bienvenue en zone culturelle libre</description>
	<lastBuildDate>Thu, 10 Sep 2026 09:55:36 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1</generator>
	<item>
		<title>Il est de retour : rire avec le monstre, c&#8217;est le laisser nous apprivoiser … pour mieux nous dévorer ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/il-retour-hitler-film/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Sep 2026 09:54:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=39355</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dimanche 6 septembre 2026 : la Saxe-Anhalt a voté. L&#8217;AfD, formation d&#8217;extrême droite qui flirte avec un néonazisme décomplexé, rafle 44% des voix. Le chancelier Friedrich Merz se dit « profondément choqué ». Cela n’était pas arrivé … depuis 80 ans. Pourtant les signaux d’alarme ne manquaient guère. Je pense notamment au film Il est de retour … [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/il-retour-hitler-film/">Il est de retour : rire avec le monstre, c&rsquo;est le laisser nous apprivoiser … pour mieux nous dévorer ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Dimanche 6 septembre 2026 : <a href="https://www.touteleurope.eu/vie-politique-des-etats-membres/elections-regionales-en-allemagne-l-extreme-droite-l-emporte-en-saxe-anhalt/">la Saxe-Anhalt a voté</a>. L&rsquo;AfD, formation d&rsquo;extrême droite qui flirte avec un néonazisme décomplexé, rafle 44% des voix. Le <a href="https://www.franceinfo.fr/monde/europe/allemagne/friedrich-merz-se-dit-profondement-choque-par-la-victoire-du-parti-d-extreme-droite-allemand-afd-en-saxe-anhalt_8180966.html">chancelier Friedrich Merz</a> se dit « profondément choqué ». Cela n’était pas arrivé … depuis 80 ans. Pourtant les signaux d’alarme ne manquaient guère. Je pense notamment au film <em>Il est de retour</em> <em>…</em> sorti en2015.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/bKkhwtEKk-w?si=-y8FF1ipYhbJWmLp" title="Il est de retour - Bande annonce VF (2015)" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/bKkhwtEKk-w?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/bKkhwtEKk-w?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Hitler revenu d’entre les morts</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Il est de retour :</em> tout comme le bouquin de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Timur_Vermes">Timur Vermes</a>, l’adaptation cinématographique signée <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Wnendt">David Wnendt</a> a choqué en son temps. Il faut dire que le pitch est abrasif. Imaginez qu’un beau matin de 2011, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=hitler">Hitler</a> se réveille dans le terrain vague berlinois où se situait jadis son bunker. On ne sait trop comment il est revenu d’entre les morts ; ce qui est certain, c’est qu’il n’a aucune connaissance de ce qui s’est passé depuis avril 45, et qu’il a bien vite la ferme intention de reprendre l’Allemagne en main. Et le pire, c’est qu’il va y parvenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comédie noire, ricanements garantis au fil de ces pérégrinations dans une Allemagne moderne et cosmopolite pas si dénazifiée que ça. Certes on se marre quand on observe le Führer découvrir les barres de céréales, le GPS ou Angela Merkel … et engueuler les militants néonazis qui lui tombent sous la patte et leur manque d’ardeur ; on rigole beaucoup moins quand on voit comment réagit la population (la vraie population, pas des figurants mais Mr Tout le Monde) face à l’acteur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oliver_Masucci">Oliver Masucci</a> travesti en Hitler arpentant les rues, moustache et mèche au vent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une indifférence goguenarde</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut avouer que la prestation est juste incroyable, jusque dans les intonations de voix, les attitudes, la manière de poser le regard, l’acteur est stupéfiant. Beaucoup sont étonnés, sidérés même, incapables de réagir, se demandant si c’est du lard ou du cochon. Certains se bidonnent franchement, demandent à faire un selfie, quelques-uns même expriment leur approbation … Sur les 116 minutes du film, seulement deux personnes auront l’audace de dénoncer le dictateur et de le virer manu militari en le traitant de tous les noms. Deux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autres laissent faire, trouvent cela cocasse, une bonne blague. Ils applaudissent tandis qu’Hitler se pavane devant les caméras d’une émission de télé réalité façonnée pour lui seul par des producteurs avides de faire de l’audience. Pas de foule hurlant « Heil », pas de bras tendus, de croix gammées&nbsp;: la peur jaillit de la volonté médiatique d’exploiter une opportunité de succès couplée avec l&rsquo;indifférence goguenarde d&rsquo;un pays qui a oublié, ne veut pas se souvenir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ne pas rire avec le monstre</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Il est de retour</em> <em>d</em><em>evrait tous nous faire</em> trembler car il met en lumière l&rsquo;effritement d’un réflexe de préservation, l’émoussement du dégoût. Gavée d&rsquo;ironie et de distance critique, notre société a visiblement perdu sa capacité à désigner l&rsquo;ennemi pour ce qu’il est, à savoir un danger&nbsp;; elle préfère le trouver « clivant », « drôle malgré lui », « pas si faux sur certains points ». C&rsquo;est très exactement le vocabulaire aujourd’hui utilisé dans les éditos qui essaient de « comprendre » le vote d’extrême droite plutôt que de le dénoncer. Le film, en creux, décrivait déjà cette périlleuse rhétorique de la normalisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au travers de cette fable, on comprend que le nazisme 5.0 n&rsquo;a plus besoin des uniformes, des défilés, de la propagande frontale pour séduire. Il lui suffit de miser sur notre incapacité collective à réagir à temps, paumés que nous sommes entre infobésité, fatigue démocratique et confortable conviction que « ça n&rsquo;ira pas plus loin ». Or ça va plus loin, le vote de la Saxe-Anhalt le prouve grandeur nature&nbsp;; les USA aussi. Et nous regardons, passifs. Sidérés, incrédules … déjà vaincus&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Il est de retour</em> n&rsquo;est pas « juste » une comédie satirique allemande à recommander pour une soirée ciné borderline ; c&rsquo;est un signal d&rsquo;alarme dont on n’a visiblement pas tenu compte. A l’heure où l&rsquo;Alternative für Deutschland, après la Saxe-Anhalt<strong>,</strong> compte bien remporter le prochain scrutin en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, ces images nous rappellent que rire avec le monstre, c&rsquo;est le laisser nous apprivoiser. La question est de savoir s’il est déjà trop tard, s’il a déjà commencé à nous dévorer.</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/il-retour-hitler-film/">Il est de retour : rire avec le monstre, c&rsquo;est le laisser nous apprivoiser … pour mieux nous dévorer ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Femme Maison : Louise Bourgeois ou le corps des femmes comme architecture</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/femme-maison-louise-bourgeois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Sep 2026 11:09:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=39350</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une silhouette nue, debout, jambes fines, bras qui pendent ou s&#8217;agitent faiblement &#8230; à la place de la tête, du visage, une maison, petit pavillon de banlieue, avec son toit, ses fenêtres éclairées, sa cheminée — plantée directement sur les épaules d&#8217;un corps de femme. Voici le principe de Femme Maison, série peinte par Louise [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/femme-maison-louise-bourgeois/">Femme Maison : Louise Bourgeois ou le corps des femmes comme architecture</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><br />Une silhouette nue, debout, jambes fines, bras qui pendent ou s&rsquo;agitent faiblement &#8230; à la place de la tête, du visage, une maison, petit pavillon de banlieue, avec son toit, ses fenêtres éclairées, sa cheminée — plantée directement sur les épaules d&rsquo;un corps de femme. Voici le principe de <em>Femme Maison,</em> série peinte par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Louise_Bourgeois_(plasticienne)">Louise Bourgeois</a> entre 1945 et 1947 dans son atelier new-yorkais. A l’époque, on ne parle pas encore de féminisme ou si peu. Pourtant cet ensemble de toiles à l&rsquo;huile et à l&rsquo;encre sur lin va devenir l’une des œuvres fondatrices de l’art au féminin.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Louise Bourgeois avant Louise Bourgeois : une enfance sous le régime du secret</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Émigrée à New York en 1938 après son mariage avec l&rsquo;historien de l&rsquo;art américain Robert Goldwater, l’artiste peint ces toiles tandis qu&rsquo;elle élève ses trois jeunes fils. Confrontée qu’elle est au rôle de femme au foyer avec ses contraintes, ses interdits, Bourgeois exprime également toute l’hypocrisie de cette fonction, hypocrisie dont elle a elle-même mesuré l’étendue dans son enfance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Choisy-le-Roi, années 1910-1920. Les Bourgeois y dirigent un atelier de restauration de tapisseries anciennes ; la mère supervise le retissage, le père tient la galerie parisienne où se négocient les pièces restaurées. Très tôt, la petite Louise participe aux travaux d&rsquo;aiguille, dessine les motifs manquants, apprend à réparer ce qui est abîmé. Cette formation marquera toute son œuvre à venir, jusque dans son vocabulaire : coudre, réparer, retisser, elle utilisera ces verbes comme autant de métaphores de la création elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette maison de l&rsquo;enfance abrite un secret. Le père, séducteur en diable humilié par la défaite de 1914, entretient une liaison avec la jeune gouvernante anglaise, Sadie. L&rsquo;épouse, malade, laisse faire. La relation adultère durera dix ans. Louise Bourgeois racontera plus tard la double trahison du père et de la gouvernante en qui elle avait placé sa confiance. La demeure familiale, dans son souvenir, s&rsquo;érige en théâtre à huis clos où se joue le mensonge conjugal. Cet univers entre dissimulation et soin prend corps dans les silhouettes sans visage de <em>Femme Maison</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Anatomie d&rsquo;une fusion : le corps confisqué par l&rsquo;architecture</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les toiles de la série, de format vertical et de dimensions modestes, jouent toutes la même partition avec des variations : un corps féminin nu, parfois debout, parfois assis ou allongé, dont la tête ou le buste entier a été remplacée par une structure architecturale. Maison à pignon, immeuble à étages, gratte-ciel miniature : l&rsquo;édifice se substitue purement et simplement à ce qui faisait, jusque-là, l&rsquo;identité du sujet peint, son visage, son regard, sa capacité à regarder en retour celui qui la regarde. Dans certaines versions, une longue chevelure s&rsquo;échappe encore de sous la la maçonnerie, seul indice organique subsistant, signature que <a href="https://hyperallergic.com/louise-bourgeois-an-unfolding-portrait-museum-of-modern-art-deborah-wye-interview/">la commissaire du MoMA Deborah Wye</a> a associée à la propre chevelure de l&rsquo;artiste, lisant ainsi ces toiles comme des autoportraits déguisés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix du titre est lui-même un jeu de mots caractéristique de Bourgeois, qui y mêle français et anglais : <em>Femme Maison</em> peut se lire aussi bien « femme-maison » que « maison de femme », glissant du côté de la « femme au foyer » sans jamais s&rsquo;y fixer complètement. L&rsquo;ambiguïté est ancrée dans l&rsquo;œuvre. Bourgeois elle-même a décrit cette figure comme une femme qui ignore être à moitié nue ; plus elle tente de se cacher, plus elle se dévoile. Plus la maison protège, plus elle l&rsquo;expose ; plus elle abrite, plus elle empêche de voir et d&rsquo;être vue autrement que comme façade.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Refuge ou prison ? L&rsquo;ambivalence structurelle de la maison</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La force critique de la série se situe dans cette ambivalence Tout au long de sa carrière, Bourgeois emploiera le motif de la maison, puis plus tard des « Cells » grillagées et vitrées dans les années 1990, autant d’espaces à double fond, lieux de refuge et d&rsquo;enfermement, cocons et cages à la fois. <em>Femme Maison</em> annonce cette dualité dès 1945 : l&rsquo;architecture n&rsquo;y est jamais univoque, elle absorbe la femme sans qu&rsquo;on puisse trancher s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une protection ou d&rsquo;une capture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du point de vue de l’histoire sociale, ce motif entre en résonance frappante avec ce que la sociologue et essayiste américaine <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Betty_Friedan">Betty Friedan</a> théorisera quinze ans plus tard sous le nom de « problème sans nom », ce malaise diffus des femmes au foyer de la banlieue américaine d&rsquo;après-guerre, sommées de s&rsquo;accomplir dans la maison, la maternité et l&rsquo;entretien du confort domestique. Bourgeois peint ces toiles en plein essor du mythe de la <em>housewife</em> triomphante tandis que la presse et la publicité américaines célèbrent à l&rsquo;envi la femme au foyer équipée de son électroménager flambant neuf. Sa série, elle, montre l&rsquo;envers exact de cette imagerie, dénonce comment l&rsquo;épanouissement domestique camoufle l&rsquo;effacement pur et simple du sujet féminin sous le poids de la fonction qui lui est assignée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une œuvre repêchée par l&rsquo;histoire : de la marge au manifeste</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le trajet de <em>Femme Maison</em> est singulier. Peintes en 1945-47 dans le sillage du surréalisme européen que Bourgeois côtoie alors à New York (elle expose dès 1945 à la Bertha Schaefer Gallery, avec la complicité de Marcel Duchamp), ces toiles restent longtemps anecdotiques dans une carrière qui décollera véritablement dans les années 1970, quand Bourgeois a déjà passé soixante ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mouvement féministe de la seconde vague redécouvre alors ces tableaux. Critiques et historiennes dont <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucy_Lippard">Lucy Lippard</a> y voient une préfiguration saisissante des interrogations que le mouvement met alors sur la table : représentation du corps féminin, identité confisquée par les rôles domestiques, articulation entre vie privée et statut social. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Bourgeois elle-même a pourtant toujours entretenu un rapport ambigu avec cette récupération : elle ne se revendique pas explicitement féministe, préférant ancrer son travail dans l&rsquo;analyse (elle entamera d&rsquo;ailleurs une thérapie de plus de trente ans après la mort de son père en 1951) plutôt que dans le militantisme frontal. C&rsquo;est bien là ce qui rend l&rsquo;œuvre si intéressante pour une lecture contemporaine engagée : <em>Femme Maison</em> n&rsquo;a rien d’un manifeste conçu comme tel&nbsp;; cette image surgie de l&rsquo;intime va rétrospectivement éclairer une condition collective.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;écho troublant de <em>Womanhouse</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe une coïncidence lexicale presque trop belle pour être fortuite entre le titre peint par Bourgeois en 1945 et celui d&rsquo;un événement fondateur de l&rsquo;art féministe américain, un quart de siècle plus tard, à savoir <em><a href="https://www.theartchemists.com/womanhouse-art-feministe/">Womanhouse</a>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme nous l’avions évoqué dans un <a href="https://www.theartchemists.com/womanhouse-art-feministe/">article précédent</a>, l&rsquo;installation collective organisée en 1972 par Judy Chicago et Miriam Schapiro à Los Angeles dans le cadre du Feminist Art Program de CalArts convoque une vingtaine d&rsquo;artistes qui transforment une villa délabrée en une suite de pièces-manifestes sur la condition domestique des femmes — cuisine nourricière, salle de bain menstruelle, chambre du mariage. <em>Femme Maison</em>, <em>Womanhouse</em> &#8230; même racine, même intuition, la maison constitue un espace irrémédiablement genré, où se noue et se dénoue ce que la société attend des femmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une matrice pour toute une œuvre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Loin d&rsquo;être un accident de parcours, <em>Femme Maison</em> fonctionne comme une matrice pour cinquante années de création à venir. L&rsquo;architecture reviendra sans relâche dans le travail de Bourgeois :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>les <em>Cells</em> des années 1990 évoquées plus haut, cages de métal et de verre abritant des fragments de mobilier, de vêtements suspendus ou d&rsquo;objets chargés de mémoire familiale, empruntent leur vocabulaire directement à l&rsquo;atelier de restauration de tapisseries de Choisy-le-Roi — jusqu&rsquo;aux dévidoirs à fils transformés en portants funèbres.</li>



<li><em>Destruction of the Father</em> (1974) met en scène, elle, un autre huis clos domestique : la table familiale comme lieu d&rsquo;un rituel de mise à mort symbolique du père tyrannique. D&rsquo;une décennie à l&rsquo;autre, la maison ne cesse, chez Bourgeois, d&rsquo;être ce lieu double — matrice et tombeau, cocon et piège — où se rejoue indéfiniment le théâtre de l&rsquo;enfance.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Femme Maison&nbsp;</em>: un miroir de l’avenir en marche</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Près de quatre-vingts ans après sa création, <em>Femme Maison</em> n&rsquo;a rien perdu de sa charge critique. À l&rsquo;heure où le débat public s&#8217;empare enfin de la notion de charge mentale, où l&rsquo;on interroge la répartition du travail domestique et la manière dont l&rsquo;espace du foyer continue d&rsquo;absorber le temps, l&rsquo;identité et parfois jusqu&rsquo;au nom des femmes qui l&rsquo;habitent, la série de Bourgeois agit comme un miroir de l’avenir en marche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle rappelle, avec une économie de moyens redoutable, que l&rsquo;architecture n&rsquo;est jamais neutre : elle façonne les corps qu&rsquo;elle abrite autant qu&rsquo;elle les efface, protège autant qu&rsquo;elle engloutit. En substituant une maison à un visage, Louise Bourgeois n&rsquo;a pas seulement peint une image frappante — elle a formulé, dès le milieu des années 1940, une question que l&rsquo;art contemporain engagé n&rsquo;a toujours pas fini d&rsquo;explorer : à qui appartient, au juste, l&rsquo;espace domestique, et que perd-on de soi à y être réduite ?</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/femme-maison-louise-bourgeois/">Femme Maison : Louise Bourgeois ou le corps des femmes comme architecture</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La Vie parisienne selon Valérie Lesort : « Feu partout ! Lâchez-tout ! »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/vie-parisienne-comedie-francaise-2026/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Sep 2026 10:18:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=39351</guid>

					<description><![CDATA[<p>La dernière fois que La Comédie Française s’était frottée à La Vie parisienne, c’était en 1997. Une entrée au répertoire menée de main de maître par un Daniel Mesguisch au mieux de sa forme, avec à l’affiche Thierry Hancisse, Catherine Salviat, Bérengère Dautun, Véronique Vella en j’en passe. Au programme voiture de course miniature et [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/vie-parisienne-comedie-francaise-2026/">La Vie parisienne selon Valérie Lesort : « Feu partout ! Lâchez-tout ! »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">La dernière fois que La Comédie Française s’était frottée à <em><a href="https://www.theartchemists.com/vie-parisienne-offenbach/">La Vie parisienne</a></em>, c’était en 1997. Une entrée au répertoire menée de main de maître par un Daniel Mesguisch au mieux de sa forme, avec à l’affiche Thierry Hancisse, Catherine Salviat, Bérengère Dautun, Véronique Vella en j’en passe. Au programme voiture de course miniature et atelier de Brecht en chaussettes. Hilarant déjà mais encore très sage. Changement d’atmosphère garantie avec cette version 2026 signée Valérie Lesort qui conjugue l’opérette d’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=offenbach">Offenbach</a> en mode « gros porcs » et « poules de luxe ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mélodies frénétiques et tourisme sexuel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La metteuse en scène, à qui l’on doit par ailleurs des lectures particulièrement réussies de <em><a href="https://www.theartchemists.com/20-000-lieues-mers-comedie-francaise/">20 000 lieux sous les mers</a></em> et de la comédie <em><a href="https://www.theartchemists.com/bourgeois-gentilhomme-hecq/">Le Bourgeois gentilhomme</a></em>, n’a pas tort. Vitrine du Second Empire, la capitale dans laquelle prospère le compositeur de <em>La Belle Hélène</em> est clairement un phare assumé du tourisme sexuel. Dames de petite vertu et grandes horizontales y pullulent qui permettent à ces nobles messieurs, aristocrates ou richissimes banquiers, de « s’en fourrer jusque là ». Tandis que les expositions universelles servent de show room aux avancées technologiques d’une révolution industrielle au top de sa forme, restaurants à la mode et bordels de luxe accueillent les visiteurs venus s’encanailler au bras de magnifiques courtisanes avant de les trousser dans d’improbables alcôves.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-nana-1981-suicide-collectif-par-jouissance-interposee/">Nana</a></em> de Zola confirme la chose de manière certes moins cocasse que le livret de Meilhac et Halévy, livret électrisé par les mélodies frénétiques d’un Offenbach survolté vantant les douceurs parisiennes avec bien plus d’efficacité que toutes les réclames d’alors. Passons sur le nombre de hits, cancan final inclus, qui parsèment les mésaventures du baron de Gondremarck, débarqué de sa Suède natale avec la ferme intention de trousser petites danseuses et actrices tandis que le beau Gardefeu tente de lui souffler son épouse.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-9-16 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtube.com/shorts/EOwroGolJW4?si=aJl3NWGTWmnTIR2l" title="La Vie parisienne : « Je veux m&amp;apos;en fourrer jusque-là ! » - Extrait" width="563" height="1000" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/EOwroGolJW4?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/EOwroGolJW4?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un esprit basse-cour</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est cet aspect que souligne Valérie Lesort &#8230; qui décide d’aborder la chose pour ce qu’elle est&nbsp;: une gigantesque partie de jambes en l’air en devenir. De jambons, devrais-je dire … Gros porcs, petites cocottes&nbsp;&#8230; les acteurs déboulent sur scène avec groin, oreilles retroussées, queue en tir-bouchon, les actrices, serties de plumes, arborent crânement crête et bec et en jouent à merveille. Et tout ce petit monde de grogner, caqueter, se renifler, se dandiner, se courir après dans un esprit basse-cour dont on se demande quand il tournera à la bacchanale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Redoutable équation&nbsp;burlesque qui démolit d’une pichenette la vision paillarde/égrillarde qu’on avait jusqu’alors de la chose pour dire clairement les choses&nbsp;: Paris made in 1860 est une basse cour où l’orgie bat son plein, ramenant les dignes représentants du patriarcat occidental à ce qu’ils sont en vérité, un ramassis de bouffeurs/buveurs/baiseurs impénitents qui envoient balader leurs grands principes pour se vautrer dans le sturpe avec une volupté bestiale. Et ces dames d’en profiter également, quitte à s’abandonner aux joies du triolisme (dixit la courtisane Metella qui réglera le conflit Bobinet/Gardefeu en instituant un plan à trois des plus pratico-jouissifs).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des plumes, des groins</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Des plumes, des groins, des croupions, de la fange … on a compris le propos, qui rejoint la célèbre phrase de Zola décrivant les clients de <a href="https://www.theartchemists.com/nana-1955-cocotte-technicolor/">Nana</a> tels une « <em>meute derrière une chienne, qui n&rsquo;est pas en chaleur et qui se moque des chiens qui la suivent</em> » ; quant à la célèbre demi-mondaine, elle incarne cette « <em>mouche d’or</em> » lâchée sur la société du Second empire pour en saper les fondations tout en dévoilant la corruption à l’œuvre. Quand je vous disais que l’approche zolienne était moins marrante que la lecture d’Offenbach revisité par dame Lesort …</p>



<p class="wp-block-paragraph">Impossible de porter cette version #balancetonporc de <em>La Vie parisienne</em> sans un casting de haut vol capable de pousser la chansonnette sur la scène du théâtre du Châtelet, historiquement temple de l’opérette française et partenaire de la maison de Molière dans le cadre d’un programme « hors les murs » décidément prometteur. Je cite Christian Hecq, Benjamin Lavernhe, Elsa Lepoivre, Véronique Vella, Nicolas Lormeau, Jéméry Lopez, Yoann Gasiorowski (baronne de Gondremarck, il fallait y penser, le rôle étant habituellement endossée par d’accortes actrices dont une certaine Madeleine Renaud dans la version historique de 1958 drivée par la Compagnie Renaud-Barreau), Sefa Yeboah, Baptiste Chabauty, Melissa Polonie … et Marie Oppert, délicieuse Gabrielle, gantière le jour, veuve de colonel la nuit, voix superbe en toutes occasions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une production ambitieuse</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les décors, Eric Ruff, pour les costumes Vanessa Sannino, sur les planches le choeur Ensemble la Marquise et une ribambelle de danseurs/danseuses menés par le chorégraphe Rémi Boissy, dans la fosse Alexandra Cravero dirigeant avec autant d’humour que de virtuosité Les Frivolités Parisiennes. Petit plus pour Cyril Casmèze de la Compagnie Singe Debout qui a initié tout le casting aux joie du mouvement animal. Bref une belle production, originale, ambitieuse et surtout très juste par delà le côté burlesque de la chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Preuve une fois de plus des talents conjugués d’une troupe qui retrouve là les racines moliéresques de la farce, puise dans sa maîtrise du vaudeville à la Feydeau et dévoile ses compétences dans le domaine du chant. Le cocktail est explosif, les crises de fou rire au rendez-vous, la surprise marque la conclusion de ce morceau de bravoure, avec une approche pour le moins inattendue du cancan final et une traduction bien en chair du célébrissime « Feu partout ! Lâchez-tout ! ». Cerise sur le gâteau : la mise en scène est visionnable <a href="https://www.france.tv/spectacles-et-culture/theatre-et-danse/8667573-la-vie-parisienne.html">en replay ICI</a> … et gratuitement ! N’en faits donc pas l’économie. Offenbach aurait tellement aimé &#8230;</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/vie-parisienne-comedie-francaise-2026/">La Vie parisienne selon Valérie Lesort : « Feu partout ! Lâchez-tout ! »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Exposition « Patrimoines en résistance » : ce que la guerre efface, ce que la mémoire répare</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/patrimopines-resistance-expo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Sep 2026 08:32:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=39347</guid>

					<description><![CDATA[<p>Présentée à la Cité de l&#8217;architecture et du patrimoine jusqu&#8217;au 11 janvier 2027, Patrimoines en résistance aborde un sujet aussi complexe que douloureux. Sous-titrée « De Tombouctou à Odessa », l’exposition scrute comment, au XXIe siècle, le patrimoine culturel et architectural est devenu un objectif militaire en soi au cœur de conflits contemporains où l’on [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/patrimopines-resistance-expo/">Exposition « Patrimoines en résistance » : ce que la guerre efface, ce que la mémoire répare</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Présentée à la Cité de l&rsquo;architecture et du patrimoine jusqu&rsquo;au 11 janvier 2027, <em>Patrimoines en résistance</em> aborde un sujet aussi complexe que douloureux. Sous-titrée « De Tombouctou à Odessa », l’exposition scrute comment, au XXIe siècle, le patrimoine culturel et architectural est devenu un objectif militaire en soi au cœur de conflits contemporains où l’on ne détruit plus seulement des hommes mais des pans entiers de civilisation et de mémoire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une cible privilégiée des conflits armés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">De Bâmiyân à Gaza, de Palmyre à <a href="https://www.theartchemists.com/livre-etat-islamique-mossoul-helene-sallon/">Mossoul</a>, de <a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-manuscrits-tombouctou/">Tombouctou</a> à Odessa, le parcours retrace comment les guerres du siècle s&rsquo;en prennent, consciemment, volontairement et méthodiquement, aux lieux qui portent l&rsquo;identité d&rsquo;un peuple. L&rsquo;exposition revient notamment sur l&rsquo;été 2012 à Tombouctou, lorsque les mausolées de la ville — inscrits au <a href="https://www.theartchemists.com/patrimoine-mondial-unesco/">patrimoine mondial de l&rsquo;UNESCO</a> depuis 1988 — furent anéantis ; l’événement constituera par la suite un précédent juridique majeur dans la reconnaissance des crimes contre le patrimoine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Conçue à la manière d&rsquo;un grand reportage, la scénographie mêle cartes, maquettes, photographies, films, œuvres contemporaines et répliques numériques de sites aujourd&rsquo;hui disparus, réalisées notamment grâce aux travaux de modélisation de l&rsquo;organisation <a href="https://iconem.fr/">Iconem</a>. Ce dispositif documentaire, aussi précis que sensible, permet au visiteur de se tenir, un instant, devant des lieux que la guerre a rayés du monde réel.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Effacer, résister, réparer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit s&rsquo;articule en trois séquences qui donnent à l&rsquo;exposition toute sa charpente : « Effacer », d&rsquo;abord, qui documente les gestes de destruction, du dynamitage au pillage en passant par l&rsquo;abandon forcé des territoires ; « Résister », ensuite, qui met en lumière celles et ceux qui, sur le terrain, protègent, sauvegardent, documentent envers et contre tout ; « Réparer », enfin, qui interroge les formes de reconstruction et de transmission permettant de penser un avenir depuis les ruines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette traversée s&rsquo;appuie sur les regards croisés de chercheurs, d&rsquo;artistes, d&rsquo;architectes et de témoins directs — parmi lesquels l&rsquo;architecte ukrainienne Bogdana Kosmina, curatrice du pavillon ukrainien à la Biennale de Venise en 2025. Leur parole apporte à l&rsquo;exposition une dimension rare, celle du témoignage vécu, loin de toute abstraction muséale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une exposition, un engagement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Présentée en partenariat avec le <a href="https://grandpalaisrmn.fr/">GrandPalaisRmn</a> et placée sous le patronage de la Commission nationale française pour l&rsquo;<a href="https://www.unesco.org/fr/articles/le-reseau-des-commissions-nationales-pour-lunesco-au-service-des-populations">UNESCO</a>, <em>Patrimoines en résistance</em> s&rsquo;inscrit pleinement dans la vocation de la <a href="https://www.theartchemists.com/cite-architecture-patrimoine/">Cité de l&rsquo;architecture et du patrimoine</a>, installée au Palais de Chaillot depuis sa fondation par Eugène Viollet-le-Duc en 1879. Le lieu, qui abrite aussi le Musée national des monuments français, n&rsquo;a sans doute jamais aussi bien porté son nom : ici, le patrimoine n&rsquo;est pas montré comme un vestige figé, mais comme un enjeu vivant, disputé, à défendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ressort de cette exposition avec une certitude : la pierre peut tomber, mais la mémoire, elle, se transmet. C&rsquo;est peut-être là la plus belle des résistances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour en savoir plus et préparer votre visite, consultez le <a href="https://www.citedelarchitecture.fr/fr">site de la Cité de l’Architecture et du patrimoine</a>.</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/patrimopines-resistance-expo/">Exposition « Patrimoines en résistance » : ce que la guerre efface, ce que la mémoire répare</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Playlist #376 : reprendre le fil &#8230;</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/playlist-musique-376/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 17:32:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=39341</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour celleux qui nous suivent attentivement, il ne vous aura pas échapper que notre dernière playlist est numérotée 372 et date d’octobre 2025. D’autres ont suivi sur Youtube que nous n’avons pas relayées … Nous reprenons donc le fil avec cet opus 376 enrichi de 30 morceaux tout feu tout flamme, témoins des différentes orientations [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/playlist-musique-376/">Playlist #376 : reprendre le fil &#8230;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Pour celleux qui nous suivent attentivement, il ne vous aura pas échapper que notre dernière playlist est numérotée 372 et date d’octobre 2025. D’autres ont suivi sur Youtube que nous n’avons pas relayées … Nous reprenons donc le fil avec cet opus 376 enrichi de 30 morceaux tout feu tout flamme, témoins des différentes orientations artistiques et tonales que prennent les musiques actuelles en cette rentrée 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une rentrée qui cogne fort. Cette bande-son tient la route sur la durée. Pas de demi-mesure : trente morceaux, trente humeurs, pour couvrir tout le spectre depuis l’uppercut électro-punkjusqu’aux ballades vénéneuses en passant par un rock US plein d&rsquo;adrénaline, de la pop bancale et attachante, des dérive soul-jazz cotonneuse. De quoi tenir le mois entier sans jamais s&rsquo;ennuyer.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtube.com/playlist?list=PLAx93chy3VS4&amp;si=APz-VeRTp-g3Ozs8" title="Playlist The ARTchemists #376" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/videoseries?list=PLAx93chy3VS4" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/videoseries?list=PLAx93chy3VS4&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les artistes à l&rsquo;honneur ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">THÉA ft. Rebeka Warrior – « Létal »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un titre qui porte bien son nom. <a href="https://www.instagram.com/thea_break/">THÉA</a> invite <a href="https://www.instagram.com/rebekawarrior/?hl=fr">Rebeka Warrior</a> pour une charge électro-pop tranchante comme une lame, où les voix se répondent en miroir vénéneux. Direct, froid, terriblement efficace.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Gurriers – « Nothing Happens Twice »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le post-punk irlandais dans ce qu&rsquo;il a de plus nerveux. <a href="https://gurriers.net/">Gurriers</a> enchaîne les riffs secs et les phrasés à cran, sans jamais lâcher la tension. Ça ne dure jamais deux fois, et c&rsquo;est bien pour ça qu&rsquo;on y revient.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Haute &amp; Freddy – « Dance The Pain Away »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">De la douleur transformée en piste de danse, façon disco-punk assumé. <a href="https://www.hauteandfreddy.com/">Haute &amp; Freddy</a> sait qu&rsquo;on ne guérit pas en restant immobile : on bouge, on transpire, on encaisse en rythme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">King Dude – « Sunset Skies »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Americana crépusculaire et voix grave qui roule comme un sermon. <a href="https://kingdude.bandcamp.com/">King Dude</a> installe une ambiance de fin du monde tranquille, entre folk noir et gospel désabusé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Lewis Dice – « Intentions »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pop indé fragile et sincère, portée par une voix qui semble toujours au bord de craquer. <a href="https://www.instagram.com/lewisdice/">Lewis Dice</a> n&rsquo;a rien à prouver, juste à confesser, et ça suffit amplement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">CABADZI – « Art Brut »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Chanson française rugueuse et instinctive, à l&rsquo;image de son titre. <a href="https://www.cabadzi.fr/">CABADZI</a> gratte, brut de décoffrage, sans fioriture ni compromis esthétique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Boko Yout – « GUSTO »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">De l&rsquo;énergie solaire et communicative, entre afrobeat et pop urbaine. <a href="https://www.instagram.com/bokoyout/">Boko Yout</a> construit un morceau qui donne littéralement du goût à la journée, sans jamais forcer le trait.</p>



<h2 class="wp-block-heading">The Sick Man Of Europe – « Chromophobia »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Post-punk froid et clinique, couleurs éteintes et nappes anxiogènes. <a href="https://thesickmanofeurope.net/">The Sick Man Of Europe</a> soigne son mal-être en musique, avec une précision presque chirurgicale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Buzz Kull – « In the Cut »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">De la coldwave qui tranche net. <a href="https://buzzkull.bandcamp.com/">Buzz Kull</a> enchaîne synthés minimaux et voix distante, façon lame sous la peau. Élégant et inquiétant à la fois.</p>



<h2 class="wp-block-heading">New Translations – « Modern Lovers »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Guitares claires, mélodie évidente, nostalgie 80&rsquo;s assumée sans être un simple exercice de style. <a href="https://www.newtranslations.co/">New Translations</a> rappelle qu&rsquo;on peut être moderne tout en regardant dans le rétro.</p>



<h2 class="wp-block-heading">TORTURETWINN – « Remember Me »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Rock alternatif sombre et habité, voix qui supplie autant qu&rsquo;elle accuse. <a href="https://torturetwinn.com/">TORTURETWINN</a> construit un morceau qui hante bien après la dernière note.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Valerie June – « Smokestack »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Folk-soul habité par la poussière et la fumée. La voix singulière de <a href="https://www.valeriejune.com/">Valerie June</a> transforme chaque syllabe en incantation, entre blues ancestral et grâce moderne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Avoriaz – « Wrecking Ball »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une relecture qui décape, portée par une énergie live et sans filtre. <a href="https://www.instagram.com/avoriaz__/">Avoriaz</a> prend le morceau de Miley Cyrus à bras-le-corps et le renvoie plus brut, plus direct.</p>



<h2 class="wp-block-heading">ROVSKI – « La Pluie »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Chanson française mélancolique et pluvieuse, comme son titre l&rsquo;annonce. <a href="https://www.rovski.fr/">ROVSKI</a> installe une ambiance grise mais chaleureuse, celle des jours où il fait bon rester dedans.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Slowwves – « Killed by Egoistic Disease »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Shoegaze noir et lancinant, guitares saturées qui recouvrent tout. <a href="https://www.instagram.com/slowwves/?hl=fr">Slowwves</a> diagnostique le mal du siècle sans chercher à le guérir, juste à le sublimer en son.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Radio Free Alice – « Crying With You »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Rock indé sensible, sans grandiloquence. <a href="https://www.rfa.band/">Radio Free Alice</a> pose une main sur l&rsquo;épaule plutôt que de hurler, et ça fait un bien fou.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Black Doldrums – « Compulsion »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Post-punk psychédélique et obsessionnel, comme le titre l&rsquo;indique. <a href="https://www.instagram.com/blackdoldrums/?hl=fr">Black Doldrums</a> boucle ses riffs jusqu&rsquo;à l&rsquo;hypnose, sans jamais lâcher la pression.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Swordes – « Eat Ur Heart Out »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pop rock mordante et théâtrale, refrain qui claque comme une menace amoureuse. <a href="https://www.instagram.com/sw0rdes/?hl=fr">Swordes</a> joue la carte du drame avec un plaisir non dissimulé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">STFUR – « Pan »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Électro-folk tendue, montée rock en pression permanente. <a href="https://stfur.com/">STFUR</a> ne laisse aucun répit, entre riffs saturés et rythmique implacable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Scarlet House – « FLY »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Rock léger et lumineux, fait pour s&rsquo;envoler sans y penser deux fois. <a href="https://scarlethouse.co/">Scarlet House</a> signe ici une respiration bienvenue au cœur de la playlist.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sun Room – « Annie »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Garage rock ensoleillé et bricolé, à l&rsquo;énergie surf communicative. <a href="https://www.instagram.com/sunroomband/?hl=fr">Sun Room</a> prouve qu&rsquo;on peut être maladroit et irrésistible à la fois.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Grandmas House – « Dance »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Punk pop rêche et incantatoire. <a href="https://www.grandmashouse.co.uk/">Grandmas House</a> invite à tout lâcher sur la piste, même quand tout part un peu en vrille.</p>



<h2 class="wp-block-heading">half•alive – « BILLIONS / THE WOLF / THE WONDER »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un triptyque ambitieux, pop expérimentale et théâtrale sur près de onze minutes. <a href="https://halfalive.co/?srsltid=AfmBOopN-szvtuTJOSX5Az17lzk_3neu98x7X5c42OiuVMooBVWpxTC-">half•alive</a> construit un voyage en trois actes, entre urgence, fable et émerveillement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Current Joys ft. justin kaminuma – « WILDFIRE »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bedroom pop incandescente, voix fragile posée sur des nappes chaudes. <a href="https://www.currentjoys.com/">Current Joys</a> laissent le feu couver sans jamais l&rsquo;éteindre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">The Amazons – « Kickin&rsquo; In »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Rock britannique franc du collier, riffs costauds et refrain fait pour les salles bondées. <a href="https://www.theamazons.co.uk/">The Amazons</a> ne réinvente rien, mais frappe fort et juste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">FRENCH POLICE – « SILVER »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pop synthétique élégante, voix suave sur des textures métalliques. <a href="https://www.frenchpoliceband.com/">FRENCH POLICE</a> cultive un chic froid qui ne se départit jamais de sa mélancolie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Improvement Movement – « In The Morning »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Indie pop lumineuse, faite pour les réveils un peu difficiles. <a href="https://myimprovementmovement.com/">Improvement Movement</a> transforme la fatigue du matin en mélodie presque euphorique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Bonobo ft. Nicole Miglis – « Talk to Me »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Électronique organique et enveloppante, la marque de fabrique de <a href="https://bonobomusic.com/">Bonobo</a>. Aux côtés de Nicole Miglis, le morceau respire, flotte, et referme la tension accumulée en douceur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">mr.phylzzz – « Rodeo Clown »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Rock excentrique et théâtral, à l&rsquo;image d&rsquo;un titre qui ne fait pas semblant. <a href="https://www.mrphylzzz.com/">mr.phylzzz</a> assume le grotesque avec un aplomb réjouissant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tank And The Bangas ft. Dawn Richard – « Don&rsquo;t Count Yourself Out »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour clore le voyage, une injonction pleine de groove et de soul. <a href="https://www.tankandthebangas.com/">Tank And The Bangas</a> et Dawn Richard referment la playlist sur une note d&rsquo;encouragement chaleureuse, funk et lumineuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bon appétit à vos oreilles !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pour découvrir d&rsquo;autres jeunes talents musicaux, c&rsquo;est par ICI :</p>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div class="wp-block-buttons is-layout-flex wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-luminous-dusk-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.youtube.com/@TheARTchemists/playlists" style="font-style:normal;font-weight:600">Playlists The ARTchemists à savourer</a></div>
</div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/playlist-musique-376/">Playlist #376 : reprendre le fil &#8230;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Cailloux tressés, bijoux précieux, mode en macramé, miroirs tatoués ou tricots de famille : les 5 trucs, muches et franfreluches du mois</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/trucs-muches-franfreluches-sept-2026/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 10:55:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lifestyle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=39332</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le repérage de talents est un sport qui se pratique dans la durée, avec patience et concentration. De fil Instagram en visite de boutique, nous explorons ce vaste champ de créativité dont la fertilité ne cesse de nous surprendre. Ne gardons pas ces trouvailles pour nous, surtout quand elles viennent de l’autre bout de la [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/trucs-muches-franfreluches-sept-2026/">Cailloux tressés, bijoux précieux, mode en macramé, miroirs tatoués ou tricots de famille : les 5 trucs, muches et franfreluches du mois</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le repérage de talents est un sport qui se pratique dans la durée, avec patience et concentration. De fil Instagram en visite de boutique, nous explorons ce vaste champ de créativité dont la fertilité ne cesse de nous surprendre. Ne gardons pas ces trouvailles pour nous, surtout quand elles viennent de l’autre bout de la planète. Ce mois-ci, cinq trésors ont capté notre attention : des pierres qu&rsquo;on croirait cueillies pour un rituel oublié, une taxidermie urbaine qui métamorphose la boîte de conserve en reliquaire, un miroir qui porte des tatouages, une épaule qui se pare de dentelle de corde, un pull tricoté à la main dans un village du Guangdong avec l&rsquo;ambition secrète de rivaliser un jour avec Chanel … voici nos <em>trucs, muches et</em> <em>franfreluches</em> du moment.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-31-124002.jpg" alt="" class="wp-image-39335"/></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Unkuntshop — la pierre comme talisman</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelque chose d&rsquo;un peu chamanique dans le geste de <a href="https://www.sitoethiam.com/">Sitoë Thiam</a> : ramasser des pierres dans la nature alentours, dans le jardin, au détour d&rsquo;une promenade de quartier, puis les envelopper avec la patience d&rsquo;une brodeuse dans une cordelette de fibre naturelle. Le résultat tient à la fois du bijou, du fétiche, de l’amulette — une pierre ordinaire qui, une fois liée et tressée, se met soudain à raconter une histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce projet tout particulier a été pensé en collaboration avec le compte gastronomique et culturel Gastrodiplomacy World, mariage inattendu entre minéralogie de poche et diplomatie du goût. L&rsquo;artiste travaille avec les cordes naturelles de la maison Hemptique, dont elle revendique l&rsquo;admiration sans contrepartie ni sponsoring — un détail qui, dans l&rsquo;époque du placement de produit permanent, dénote d’une vision et de valeurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On aime cette économie de moyens et cet engagement : rien n&rsquo;est acheté, tout est trouvé, et pourtant chaque pierre wrappée exprime une force sacrée, une singularité spirituelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>&#x1f4f7; <a href="https://www.instagram.com/p/DYFynrwgZaI/">Voir la publication Instagram</a></strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-31-123917.jpg" alt="" class="wp-image-39334"/></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Carin Jones — l&rsquo;orfèvre des boîtes en fer-blanc</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Installée du côté de Seattle, Carin Jones a vécu un parcours aussi riche qu’atypique, entre une enfance passée sur les chantiers aux côtés de son père et de son grand-père et une formation en zoologie. De cette double hérédité — l&rsquo;observation du vivant, la rugosité du bâti — naît une bijouterie contemporaine qui interroge sans relâche la beauté, la permanence et la valeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa série actuelle, <em>Urban Taxidermy</em>, déplace le regard : plus de moulages organiques, mais des spécimens d&rsquo;un autre genre — de vieilles boîtes en fer-blanc, vestiges publicitaires ou domestiques, serties avec le soin qu&rsquo;on réserverait à une pierre précieuse. En substituant le métal précieux au gemme et l&rsquo;objet trouvé au trésor attendu, Carin Jones renverse discrètement la hiérarchie du bijou : ce n&rsquo;est plus la matière qui fait la valeur, mais le regard qu&rsquo;on lui porte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On est interpellé par la charge de mémoire que ces boîtes convoquent chez qui les regarde — chacun y retrouve un peu de son propre grenier. En réinventant ainsi le bijou de famille, Carin Jones interroge ce que nous choisissons de transmettre, et pourquoi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#x1f517; <a href="https://www.jonesingforjewelry.com/">jonesingforjewelry.com</a></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-31-124802.jpg" alt="" class="wp-image-39336"/></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Alba Weirdo et ses miroirs tatoués</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est à 17 ans, dans l&rsquo;effervescence d&rsquo;un studio valencien, qu&rsquo;Alba Weirdo a posé pour la première fois une aiguille sur une peau. Formée au sein du No Land Tattoo Parlour, elle a d&rsquo;abord flirté avec le tatouage traditionnel et ses aplats de couleur, avant de glisser vers un noir plus dense, plus minutieux : le blackwork et le pointillisme, disciplines de patience où chaque point compte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est cette grammaire du minuscule et du répété qu&rsquo;Alba Weirdo transpose aujourd&rsquo;hui hors de l’épiderme, sur la surface froide et réfléchissante du miroir. Le geste est troublant : l&rsquo;objet qui nous renvoie notre image se retrouve lui-même orné, comme s&rsquo;il avait, à son tour, une histoire à porter sur son propre corps de verre. Le miroir tatoué devient alors un curieux paradoxe — un objet qui capture le reflet de l&rsquo;autre tout en affichant fièrement le sien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On y voit un prolongement logique d&rsquo;un métier fait d&rsquo;encre et de peau : et si le tatouage, débarrassé du corps qui le porte habituellement, pouvait se donner à n&rsquo;importe quelle surface qui accepte de le recevoir ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#x1f517; <a href="https://www.instagram.com/weirdotattoo/">@weirdotattoo</a></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/08/Capture-decran-2026-08-31-124642.jpg" alt="" class="wp-image-39337"/></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Luna Floreada et ses épaulettes en macramé</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le macramé a connu ses heures de gloire dans les intérieurs des années 1970, avant de sombrer, pour un temps, dans le purgatoire du kitsch. Luna Floreada le fait renaître ailleurs — non plus suspendu au mur, mais posé sur l&rsquo;épaule, comme une architecture de fils noués qui vient sculpter la silhouette.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;épaulette, à l&rsquo;origine motif militaire et codification du pouvoir dans le vestiaire ancien, se retrouve ici totalement réinventée : les nœuds remplacent le galon, la fibre naturelle remplace le métal, la douceur remplace la rigidité de l&rsquo;apparat. Le résultat évoque tour à tour la parure tribale, l&rsquo;armure textile et l&rsquo;accessoire de haute fantaisie — un objet à la frontière du bijou et du vêtement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément cette ambiguïté qui séduit : une pièce que l&rsquo;on ne sait plus très bien nommer, entre corsetterie douce et sculpture portable, et qui n&rsquo;a besoin d&rsquo;aucune étiquette pour affirmer son caractère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#x1f517; <a href="https://www.instagram.com/luna.floreada/">@luna.floreada</a></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/08/images-2.jpg" alt="" class="wp-image-39338"/></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Pan Ruibin , le tricot comme dynastie familiale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une dizaine d&rsquo;années, un jeune traducteur de japonais nommé Pan Ruibin a quitté son emploi en ville pour retourner dans son village natal du Fuyang et transformer une passion d&rsquo;enfance — le tricot, appris auprès de sa mère dès l&rsquo;âge de six ans — en atelier familial. Atelier prospère baptisé Panwallzer Handmade Sweaters : le père prépare les matières, la mère ajuste les finitions, la sœur gère les envois, et une soixantaine de tricoteuses du village confectionnent, pièce après pièce, des pulls qui demandent parfois jusqu&rsquo;à vingt jours de travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui distingue Panwallzer Handmade Sweaters , au-delà de l&rsquo;anecdote familiale, c&rsquo;est une conviction presque politique : refuser la production de masse, quitte à renoncer à un volume de ventes plus confortable, pour préserver un savoir-faire artisanal en voie de disparition. Chaque pull est un peu différent du précédent, ajusté aux mesures et aux envies de qui le porte — l&rsquo;exact inverse de la promesse du prêt-à-porter industriel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;ambition affichée est grande — bâtir, à force de mailles et de patience, une maison aussi désirable qu&rsquo;une maison de luxe occidentale. On aime l&rsquo;idée qu&rsquo;un tel songe puisse encore naître d&rsquo;un rouet familial, dans un village où l&rsquo;on tricotait déjà pour se réchauffer bien avant de tricoter pour se distinguer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#x1f517;<a href="https://www.instagram.com/phez.pan/">https://www.instagram.com/phez.pan/</a></p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/trucs-muches-franfreluches-sept-2026/">Cailloux tressés, bijoux précieux, mode en macramé, miroirs tatoués ou tricots de famille : les 5 trucs, muches et franfreluches du mois</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Ciao les nazes : zéro pitié pour l’entreprise prédatrice</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/ciao-nazes-severine-bavon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Aug 2026 18:31:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=39320</guid>

					<description><![CDATA[<p>Septembre 2026. Après un été qu’on peut qualifié de bien bien pourri (entre canicules et feux de forêt, on a bien donné dans le dantesque, faut avouer), reprenons le chemin de l’école et de l’entreprise. Avec la bonne grosse boule au ventre, la gorge serrée, envie de chialer et vomir à la fois&#160;? Ouh là, [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/ciao-nazes-severine-bavon/">Ciao les nazes : zéro pitié pour l’entreprise prédatrice</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Septembre 2026. Après un été qu’on peut qualifié de bien bien pourri (entre canicules et feux de forêt, on a bien donné dans le dantesque, faut avouer), reprenons le chemin de l’école et de l’entreprise. Avec la bonne grosse boule au ventre, la gorge serrée, envie de chialer et vomir à la fois&nbsp;? Ouh là, y aurait-il de l’eau dans le gaz&nbsp;? Si vous envisagez votre retour au taff en mode chemin de croix, il serait peut-être temps d’aller voir un psy spécialisé … et de lire <em>Ciao les nazes&nbsp;!</em> Histoire de vous remuer les méninges avant la catastrophe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mail de démission et cri de guerre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Petite précision préalable : <a href="https://www.severinebavon.com/">Séverine Bavon</a> collectionne les <a href="https://benjamingetenet.fr/?s=burn+out">burn-out</a> comme d’autres les séries limitées de légos moches, les stylos plumes rouillés et/ou les pintes à bière. Autant vous dire qu’elle connaît bien bien le truc, et que c’est en experte qu’elle prend la plume pour accoucher d’un <em>Ciao les nazes</em> tonitruant comme un grand cri de libération … et de guerre ! Un bouquin en forme de longue lettre de démission balancée à la face d’un N+1 qu’elle ne peut plus voir en peinture et qui l’a prise pour une conne une fois de trop.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors un soir à 18h alors qu’elle devrait rentrer chez elle profiter d’un repos mérité mais relativement fragile vu la charge mentale qui l’attend at home, elle craque et envoie chier son manager par mail interposé. Mail qui se transforme en 19 chapitres bien troussés où la belle règle son compte à l’entreprise telle que nous la vend ce monde fabuleux du capitalisme sauvage, féroce et cannibale dont on nous vante pourtant les beautés fallacieuses à longueur d’interviews de patrons et d’hommes politiques. Croyez-moi&nbsp;: après avoir bouclé ce livre merveilleux, le premier qui vous chantera les louanges du travail en mode sacrifice expiatoire sur l’autel du profit, vous lui ferez bouffer son ordi en commençant par toutes les lettres du clavier. Et cela sera justice.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Acuité d’entomologiste et ironie à l’acide</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Chiffres, rapports et références à l’appui, dame Bavon démonte, pièce par pièce et avec une acuité d’entomologiste, la machine à broyer qu&rsquo;est devenu le monde du travail moderne : réunions qui ne servent à rien, mails passifs-agressifs signés « bien à toi », grandes valeurs d&rsquo;entreprise gravées sur un mur et vidées de tout contenu, tout y passe y compris cette angoisse made in 2025 qui plane désormais sur des open spaces bouffés au bord du sabordage, à savoir se faire remplacer par une IA avant d&rsquo;avoir pu finir son café. Bavon tire à vue sur le yoga en entreprise, le babyfoot, la salle de sieste, bref tous ces pansements que les patrons collent sur une fracture ouverte et purulente avec un sourire satisfait de mecs qui se croient cool et humains. OK, ça fait des posts LinkedIn sympa, mais ça ne soigne rien, pour tout dire, c’est même se foutre allègrement de la gueule des salariés qui en bavent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’autrice cite études et sondages, elle sait aussi manier les punchlines électriques et l’ironie à l’arsenic. Hilarant, son bouquin fait aussi grincer des dents quand on s’y reconnaît, ce qui arrive pratiquement à toutes les pages. Le constat est là&nbsp;: nous sommes tous concernés. Le vrai sujet, ce n&rsquo;est donc pas votre boss relou ou Jean-Kevin de la compta qui parle de la communion du petit dernier à la machine à café. C&rsquo;est un système entier qui a pris l&rsquo;habitude de refiler des problèmes collectifs à chacun individuellement, en mode « et si tu essayais la méditation ? » — pendant que la structure, elle, ne bouge jamais d&rsquo;un pouce.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un livre de chevet en devenir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Uppercut. Surtout quand on comprend que si nous sommes si dociles, c’est que nous l’avons appris auprès de Papa/Maman qui ont tout fait pour que nous réussissions dans la vie y compris nous inculquer la notion de l’effort, le l’implication et de la loyauté, sans se douter qu’ils nous livraient pieds et poings liés à un système prédateur d’une violence incroyable. Heureusement <em>Ciao les nazes&nbsp;!</em> arrive à point nommé pour enfin vous inviter à ne plus faire semblant (une invitation en mode «&nbsp;coup de pied au cul&nbsp;» mais faut ce qu’il faut pour nous faire réagir).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que oui, nous sommes tous un brin enkystés dans des croyances délétères qui nous dévorent à petit feu, et c’est misère que de devoir accumuler les burn-out (avec les risques que cela constitue à long terme pour la santé psychique et physique) pour finir acculer à la démission car on n’a plus la force d’encaisser une pression qui n’aurait jamais dû être. Miracle, cet ouvrage précieux va vous ouvrir les chakras en vous fournissant par ailleurs des armes pour vous battre et torpiller votre job en 19 étapes, comme le dit si bien le sous-titre d’un <em>Ciao les nazes !</em> qui a de fortes chances de devenir votre livre de chevet !</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/ciao-nazes-severine-bavon/">Ciao les nazes : zéro pitié pour l’entreprise prédatrice</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Nixon d&#8217;Oliver Stone : nécropsie d&#8217;un homme dévoré par le pouvoir</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/nixon-oliver-stone/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Aug 2026 16:04:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=39312</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trente ans après sa sortie, Nixon reste l&#8217;un des projets les plus ambitieux et les plus controversés d&#8217;Oliver Stone. Troisième volet informel d&#8217;une trilogie consacrée à l&#8217;Amérique de la guerre froide et du Vietnam — après Né un 4 juillet et JFK — le film s&#8217;attaque à une figure que le cinéaste connaît par cœur [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/nixon-oliver-stone/">Nixon d&rsquo;Oliver Stone : nécropsie d&rsquo;un homme dévoré par le pouvoir</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Trente ans après sa sortie, <em>Nixon</em> reste l&rsquo;un des projets les plus ambitieux et les plus controversés d&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oliver_Stone">Oliver Stone</a>. Troisième volet informel d&rsquo;une trilogie consacrée à l&rsquo;Amérique de la guerre froide et du Vietnam — après <em>Né un 4 juillet</em> et <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-jfk/">JFK</a></em> — le film s&rsquo;attaque à une figure que le cinéaste connaît par cœur : celle du pouvoir patriarcal, rongé de l&rsquo;intérieur par ses propres démons. Retour sur une œuvre monumentale, aussi fascinante que discutée.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/j9iY2lxEZfw?si=qU4xdlEUUkHvYK_h" title="Nixon (1995) Trailer | Anthony Hopkins | Joan Allen" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/j9iY2lxEZfw?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/j9iY2lxEZfw?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Disséquer le pouvoir et ses dérives</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Vétéran polytraumatisé du Vietnam devenu scénariste puis réalisateur sur le tard, Stone rattrape dans les années 1986-1995 le temps perdu avec une urgence rare, enchaînant les œuvres engagées à contre-courant d&rsquo;un Hollywood alors dominé par le cinéma d&rsquo;action décomplexé. Et je ne pense pas spoiler quoi que ce soit en affirmant que l&rsquo;étude pathologique de l’autorité et de ses dérives traverse toute son œuvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Conan</em> (son premier scénario, largement retoqué par le réalisateur John Milius, pour accoucher du film culte que l’on sait en 1982), <em>Scarface</em> (son second opus scénaristique, dont on sait tous le caractère désormais mythique), <em>Alexandre</em>, <em>Snowden …</em> <em>(</em>je ne vais pas tous les énoncer vu la filmo du Monsieur), pas un de ses récits n’ignore la problématique du pouvoir, entre conquête et dérives. <em>Nixon</em>, sorti en décembre 1995, couronne cette période de créativité avec ce que d’aucuns considèrent comme son oeuvre la plus aboutie, voire son <em>Citizen Kane</em> cf le point de vue du <a href="https://www.rogerebert.com/interviews/oliver-stone-finds-the-humanity-in-nixon">journaliste Roger Ebert</a> à l&rsquo;époque de la sortie).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Portrait d’un animal politique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ici pas de biopic linéaire : le film prend racine dans les réflexions pour le moins tourmentées d’un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Nixon">Nixon</a> post <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Scandale_du_Watergate">Watergate</a>, isolé dans la Maison Blanche, écoutant ses propres bandes magnétiques pour multiplier les souvenirs en mode flashback. Cette temporalité éclatée, Stone la travaille comme il l&rsquo;avait fait pour <em>JFK</em> : montage nerveux, mélange de formats pellicule et de fausses images d&rsquo;actualités, angles qui ne cessent de changer, … tout est fait pour mêler faits historiques et drame intime sans jamais paumer le spectateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A la clé, le portrait d’un animal politique aussi féroce que fragile, rongé de culpabilités multiples, obligé de combattre pour gravir chaque marche du pouvoir, depuis des origines on ne peut plus humbles jusqu’au Bureau ovale. Cette ascension s’opère dans une Amérique en pleine mutation, entre Guerre du Vietnam, explosion sociale, combat pour les droit civiques, Guerre froide à bout de souffle … Une situation implosive que Nixon tente de gérer comme il peut, avec parfois des éclairs de génie et des initiatives réussies, mais aussi des penchants beaucoup plus brutaux et ténébreux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Casting d’exception et tournage express</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Porté par un Anthony Hopkins magistral, secondé par une galerie de seconds rôles impressionnante — Joan Allen, Powers Boothe, Ed Harris, Bob Hoskins, James Woods, Paul Sorvino, Mary Steenburgen, David Hyde Pierce et j’en passe, le film doit une partie de sa légende à un casting d’excellence aux allures de chaises musicales. Ainsi, James Woods, qui avait déjà tourné avec Stone sur <a href="https://www.theartchemists.com/salvador-oliver-stone-chronique/"><em>Salvador</em></a>, a lui-même demandé à incarner Haldeman, rôle initialement destiné à Ed Harris, qui héritera finalement du personnage de Howard Hunt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au niveau technique, la photographie est signée Robert Richardson, fidèle collaborateur de Stone parmi les fidèles&nbsp;; la partition est confiée à John Williams qui a déjà signé les B.O. de <em>Né un 4 juillet</em> et <em>JFK</em>. Le tournage, rapide, s&rsquo;est déroulé de mai à juillet 1995, principalement en Californie ainsi qu&rsquo;à Washington. Au finish&nbsp;? Une fresque oppressante de 192 minutes, avec à la clé un échec commercial cuisant (le film ne ramènera que 13,7 millions de dollars quand il en a coûté 44), mais un accueil critique largement favorable, couronné de plusieurs nominations aux Oscars, dont celles d&rsquo;Anthony Hopkins et de Joan Allen.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une œuvre polémique, entre tragédie et réquisitoire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Clairement le film ne peut que diviser. Si certains saluent une tragédie humaine universelle portée par une mise en scène et un jeu d&rsquo;acteurs hors normes, d&rsquo;autres reprochent à Stone son absence d&rsquo;objectivité, allant jusqu&rsquo;à qualifier le film de pamphlet plus que d&rsquo;œuvre historique. Le portrait dressé par Stone a été vivement contesté par la fille de Richard Nixon ainsi que par l&rsquo;ancien secrétaire d&rsquo;État Henry Kissinger. Du côté des historiens, Stephen E. Ambrose, auteur d&rsquo;une biographie en trois volumes de Nixon, a lui aussi dénoncé plusieurs inexactitudes, tandis que Ray Price, proche de longue date de l&rsquo;ancien président, jugeait que le portrait dressé par Stone ne correspondait pas à l&rsquo;homme qu&rsquo;il avait connu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oliver Stone s’emploie plan après plan à planter un Nixon rongé de culpabilité, oscillant entre vanité et perte de confiance, hanté par l’assassinat de JFK qui a permis sa propre élection, empêtré par ses douteuses amitiés avec les grands patrons texans, les pontes de la CIA et du FBI, obsédé par l’échec de la Baie des Cochons. En quête perpétuelle de rédemption, cette figure shakespearienne certes s’écarte de la vérité historique. Mais elle permet d’illustrer de manière spectaculaire comment le pouvoir peut fasciner puis ronger ceux qui s’en approchent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;occasion de son trentième anniversaire, plusieurs rétrospectives sont revenues sur le film. Avec le recul, on peut aujourd’hui apprécier à sa juste valeur ce portrait d&rsquo;un homme brillant et brisé, dont la trajectoire continue d’interpeller par ce qu&rsquo;elle dit du pouvoir, de la solitude et de l&rsquo;auto-destruction.</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/nixon-oliver-stone/">Nixon d&rsquo;Oliver Stone : nécropsie d&rsquo;un homme dévoré par le pouvoir</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Jardins &#038; contre-culture : de Versailles symbole de pouvoir aux jardins sauvages comme acte politique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/jardins-contre-culture-politique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Aug 2026 16:57:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Lifestyle]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38638</guid>

					<description><![CDATA[<p>Il n&#8217;est pas de territoire plus chargé politiquement que le jardin. Ce que l&#8217;on plante, où l&#8217;on plante, comment on laisse pousser ou l&#8217;on taille : chacun de ces gestes porte une vision du monde, un rapport à l&#8217;autorité, une conception de ce que la nature doit être et de ce que l&#8217;homme est en [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/jardins-contre-culture-politique/">Jardins &amp; contre-culture : de Versailles symbole de pouvoir aux jardins sauvages comme acte politique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;est pas de territoire plus chargé politiquement que le jardin. Ce que l&rsquo;on plante, où l&rsquo;on plante, comment on laisse pousser ou l&rsquo;on taille : chacun de ces gestes porte une vision du monde, un rapport à l&rsquo;autorité, une conception de ce que la nature doit être et de ce que l&rsquo;homme est en droit de lui imposer. De Le Nôtre dessinant les broderies végétales de Versailles à la gloire de Louis XIV à Derek Jarman semant des galets et des herbes folles sur les plages du Kent quelques années avant sa mort, le jardin a toujours été un espace où se joue, sous couvert de botanique, une lutte fondamentale : qui décide de ce qui doit pousser, et pour qui ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Versailles ou la nature soumise : le jardin comme manifeste absolutiste</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre ce que le jardin peut signifier comme acte de résistance, il faut d&rsquo;abord comprendre ce qu&rsquo;il peut signifier comme acte de domination. Versailles est, à cet égard, un cas d&rsquo;école d&rsquo;une limpidité absolue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Le_N%C3%B4tre">André Le Nôtre</a> commence les grands travaux des jardins de Versailles en 1661, à la demande de Louis XIV qui souhaite transformer le modeste pavillon de chasse de son père en la résidence royale la plus fastueuse d&rsquo;Europe. Ce que Le Nôtre conçoit n&rsquo;est pas un jardin au sens ordinaire du terme : c&rsquo;est une démonstration géométrique. Les allées rayonnent depuis le château selon une perspective centrale qui écrase la nature sous la logique du regard royal. Les ifs sont taillés en cônes, les buis en figures, les arbres en murs végétaux. Rien ne dépasse, rien ne déborde, rien n&rsquo;ose la digression. La nature, ici, obéit, constituant des salons à ciel ouvert qui complètent ceux du château.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;historien de l&rsquo;art <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Conan">Michel Conan</a>, dans ses travaux sur l&rsquo;histoire des jardins européens, a montré comment le jardin à la française du XVIIe siècle fonctionnait comme une projection spatiale de la théorie politique absolutiste : la raison souveraine ordonne le monde naturel comme le roi ordonne ses sujets. Les visiteurs qui déambulaient dans les allées de Versailles ne se promenaient pas : ils étaient mis en scène dans un décor qui leur enseignait, à chaque pas, la supériorité de l&rsquo;ordre sur le désordre, de la volonté humaine sur la croissance spontanée, du centre sur la périphérie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vision va se diffuser dans toute l&rsquo;Europe aristocratique du XVIIe siècle finissant pour devenir, très littéralement, un modèle d&rsquo;exportation du pouvoir français. Planter un jardin à la française dans un palais étranger, c&rsquo;est se placer dans la filiation symbolique de Louis XIV. La nature taillée est une langue diplomatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le jardin anglais ou la première dissidence végétale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réaction ne tarde pas. Dès le début du XVIIIe siècle, en Angleterre, une contre-esthétique émerge qui va constituer la première grande dissidence dans l&rsquo;histoire politique du jardin. Le jardin dit à l&rsquo;anglaise — ou jardin paysager — refuse explicitement la symétrie française. Les allées se courbent, les plans d&rsquo;eau imitent les lacs naturels, les arbres sont laissés à leur forme propre, les vues sont ménagées pour simuler la découverte spontanée plutôt que la perspective calculée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Kent">William Kent</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Capability_Brown">Capability Brown</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Humphry_Repton">Humphry Repton</a> sont les grands architectes de cette révolution végétale. Ils ne construisent pas seulement une préférence esthétique mais une argumentation politique. Le philosophe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Anthony_Ashley-Cooper_(3e_comte_de_Shaftesbury)">Anthony Ashley Cooper</a>, troisième comte de Shaftesbury, avait théorisé dès 1709 dans ses <em>Characteristicks of Men, Manners, Opinions, Times</em>, que la nature non contrainte était moralement supérieure à la nature domestiquée — un argument qui, transposé en termes politiques, revenait à dire que la liberté naturelle valait mieux que l&rsquo;absolutisme ordonné.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexander_Pope">Alexander Pope</a>, dans son <em>Épître à Burlington</em> (1731), formule le premier manifeste du jardin comme acte politique : il raille les jardins à la française, leurs axes interminables, leur prétention à corriger la nature, et plaide pour un art du jardin qui « consulte le génie du lieu ». L&rsquo;expression <em>genius loci</em> va faire fortune. Elle signifie que chaque espace a une vocation propre que l&rsquo;architecte doit révéler plutôt qu&rsquo;écraser.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les jardins ouvriers : nourrir sa famille, résister à l&rsquo;ordre industriel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au XIXe siècle, la question du jardin glisse des demeures aristocratiques vers les faubourgs industriels, et sa dimension politique s&rsquo;en trouve radicalement transformée. Les jardins ouvriers — que l&rsquo;on appelle aussi jardins familiaux, et que les Britanniques nomment allotments — naissent dans le contexte de la révolution industrielle et de l&rsquo;exode rural massif qui jette des populations paysannes dans des villes qui n&rsquo;ont ni espace ni verdure à leur offrir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, l&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules-Auguste_Lemire">abbé Lemire</a>, curé d&rsquo;Hazebrouck dans le Nord, fonde en 1896 la Ligue française du coin de terre et du foyer, qui va essaimer des centaines de jardins ouvriers dans les banlieues industrielles. L&rsquo;intention de l&rsquo;abbé Lemire est explicitement sociale et politique : il s&rsquo;agit de donner aux familles ouvrières un espace de dignité, d&rsquo;autonomie alimentaire partielle, et — argument qu&rsquo;il répète inlassablement — d&rsquo;éloignement des cabarets. Le jardin, chez Lemire, est un instrument de moralisation autant que de subsistance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les jardiniers ouvriers eux-mêmes vont rapidement subvertir cette rhétorique paternaliste. Dans les jardins des corons du Nord, des banlieues lyonnaises ou des faubourgs parisiens, se développe une culture populaire de l&rsquo;autosuffisance qui contient, en germe, une critique du salariat et de la dépendance économique. Cultiver ses propres légumes, c&rsquo;est ne pas avoir entièrement besoin de l&#8217;employeur pour se nourrir. C&rsquo;est un geste d&rsquo;indépendance minuscule et concret, répété des millions de fois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dimension est aujourd&rsquo;hui bien documentée par les historiens. L&rsquo;ouvrage collectif <em>Les Jardins ouvriers en France, des origines à nos jours</em>, coordonné par Jean-Paul Thibault, montre comment ces espaces ont constitué, tout au long du XXe siècle, des lieux de sociabilité ouvrière soustraits au contrôle de l&#8217;employeur et de l&rsquo;État : on s&rsquo;y retrouvait, on y discutait politique, on y organisait parfois des solidarités informelles que les structures syndicales officielles ne couvraient pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Derek Jarman à Dungeness : le jardin comme testament</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il est difficile de penser à un acte de jardinage plus radicalement politique que celui de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Derek_Jarman">Derek Jarman</a> à Dungeness, sur la côte du Kent, dans les années 1986 à 1994. Jarman, cinéaste britannique d&rsquo;avant-garde — à qui l&rsquo;on doit <em>Sebastiane</em> (1976), <em>Jubilee</em> (1978) et <em>Caravaggio</em> (1986) —, apprend en 1986 qu&rsquo;il est séropositif. Il achète Prospect Cottage, une ancienne cabane de pêcheur peinte en noir, construite face à la centrale nucléaire de Dungeness, sur un paysage de galets et de vent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu&rsquo;il va créer autour de cette cabane dans les huit années qui lui restent à vivre est un jardin d&rsquo;une nature absolument inédite. Pas de terre : les galets de la plage, le sable, les fragments de métal et de verre polis par la mer. Pas de clôture : le jardin se confond avec le paysage environnant. Des plantes choisies pour leur capacité à survivre sans irrigation dans un sol quasiment inexistant — coquelicots, fenouil, valérianes, chardons maritimes. Des sculptures bricolées avec des galets percés, des crochets de pêche, des bois flottants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jarman documente ce travail dans son journal <em>Modern Nature</em>, publié en 1992 par Century Press. Ce livre — à la fois journal intime, méditation sur la maladie et le corps, traité de botanique amateur et manifeste esthétique — est l&rsquo;un des documents les plus bouleversants de la culture britannique des années sida. Le jardin de Dungeness y apparaît explicitement comme un acte de résistance : à la mort qui approche, certes, mais aussi aux politiques de Margaret Thatcher (que Jarman abhorre), à la criminalisation de l&rsquo;homosexualité que la Section 28 de 1988 réactualise, à l&rsquo;idée même qu&rsquo;un homme mourant n&rsquo;aurait rien à créer, rien à planter, rien à laisser pousser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prospect Cottage et son jardin existent toujours. En 2020, une campagne de financement participatif menée par l&rsquo;Art Fund a permis de réunir trois millions et demi de livres sterling pour racheter la propriété et en assurer la préservation. Des milliers de personnes ont contribué : la dimension politique du geste de Jarman n&rsquo;a pas vieilli d&rsquo;une saison.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les squats verts urbains : jardiner comme occupation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le début des années 2000, une nouvelle forme de jardin politique est apparue dans les villes européennes et nord-américaines : le jardin partagé sur terrain occupé, ou squat vert. Ces espaces, qui occupent des friches industrielles, des parkings abandonnés, des terrains vagues en attente de promotion immobilière, constituent l&rsquo;une des formes les plus directes de résistance à la spéculation foncière urbaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas le plus célèbre et le plus documenté est celui du community garden de <a href="https://planlibre.eu/la-green-guerilla-un-jardin-contestataire/">Liz Christy</a>, créé en 1973 dans le quartier de Houston Street à Manhattan, sur un terrain vague appartenant à la ville de New York. Christy et son collectif, les Green Guerrillas, commencent par lancer des seed bombs — des boules d&rsquo;argile contenant des graines de fleurs — par-dessus les grillages des terrains abandonnés, avant d&rsquo;occuper physiquement le terrain de Houston Street pour y planter des légumes et des arbres fruitiers. Sous la pression du mouvement, la ville de New York finit par concéder des baux à des dizaines de community gardens dans les années 1970 et 1980. Le mouvement des guerrilla gardeners était né.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, le mouvement des incroyables comestibles — traduction de l&rsquo;initiative britannique Incredible Edible lancée à Todmorden dans le Yorkshire en 2008 par Pamela Warhurst et Mary Clear — propose de planter des légumes et des herbes aromatiques dans tous les espaces publics disponibles : bords de trottoirs, pieds d&rsquo;arbres, jardinières de mairie, rebords de fenêtres. L&rsquo;idée centrale est aussi simple que subversive : rendre la nourriture gratuite et accessible à tous, désobéir au partage dominant entre espace public (décoratif) et espace privé (productif).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces initiatives rejoignent, sur un autre plan, les réflexions de l&rsquo;écrivain et militant américain <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Pollan">Michael Pollan</a>, dont le livre <em>The Botany of Desire</em> (2001, traduit en français sous le titre <em>La Botanique du désir</em>) explore les relations de pouvoir et de co-évolution entre les plantes et les humains. Pollan y soutient que jardiner n&rsquo;est jamais un acte neutre : c&rsquo;est toujours choisir quelles formes de vie on favorise, quelles autres on combat, quelle conception du monde on inscrit dans la terre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le jardin aujourd&rsquo;hui : entre injonction au bien-être et radicalité retrouvée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait naïf de ne pas noter la tension qui traverse le jardin contemporain. D&rsquo;un côté, une esthétisation généralisée du végétal urbain — les murs végétaux des façades de bureaux, les toits-terrasses aménagés des immeubles de bureaux, les jardins partagés labellisés par les mairies comme outils de cohésion sociale — qui récupère le lexique de la résistance pour en faire un argument marketing. Le jardin sauvage est devenu une tendance de décoration intérieure. Derek Jarman est exposé dans les musées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De l&rsquo;autre, des pratiques qui maintiennent, envers et contre tout, la charge politique originelle du geste. Les ZAD — Zones à Défendre, comme celle de Notre-Dame-des-Landes en Loire-Atlantique, dont l&rsquo;occupation durait depuis 2009 avant l&rsquo;abandon du projet d&rsquo;aéroport en 2018 — ont produit des formes de jardinage collectif et expérimental qui constituent un chapitre à part entière dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;agriculture politique. On y a cultivé des légumes anciens, expérimenté des techniques de permaculture, organisé des semenceries collectives : autant de gestes qui affirmaient la possibilité d&rsquo;un autre rapport à la terre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus récemment, des artistes comme l&rsquo;Américain <a href="https://www.instagram.com/theastergates/">Theaster Gates</a>, avec ses interventions dans les quartiers abandonnés de Chicago, ou le collectif britannique <a href="https://assemblestudio.co.uk/">Assemble</a> — Prix Turner 2015 — travaillent à la jonction du jardinage, de l&rsquo;architecture participative et de la politique du quotidien. Ce qu&rsquo;ils ont en commun avec l&rsquo;abbé Lemire, avec les Green Guerrillas et avec Derek Jarman plantant ses chardons sur les galets de Dungeness, c&rsquo;est la conviction que l&rsquo;espace où quelque chose pousse est un espace où quelque chose se décide. Que le jardin, depuis toujours, est une façon de dire : ici, c&rsquo;est nous qui choisissons.</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/jardins-contre-culture-politique/">Jardins &amp; contre-culture : de Versailles symbole de pouvoir aux jardins sauvages comme acte politique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Colony : « tous pour un &#8230; »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/colony-tous-pour-un/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Aug 2026 14:59:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=39282</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dix ans après avoir fichu un retentissant coup de pied dans le déjà très juteux business du film de zombies avec Dernier train pour Busan, Yeon Sang-ho remet le couvert en lâchant sur grand écran le savoureux et dégoulinant Colony. Et s’offre au passage une nouvelle critique grinçante de la société coréenne, enter appât du [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/colony-tous-pour-un/">Colony : « tous pour un &#8230; »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Dix ans après avoir fichu un retentissant coup de pied dans le déjà très juteux business du film de zombies avec <a href="https://www.theartchemists.com/dernier-train-busan-zombis-a-coreenne-allegorie-dune-societe-ruines/"><em>Dernier train pour Busan</em></a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yeon_Sang-ho">Yeon Sang-ho</a> remet le couvert en lâchant sur grand écran le savoureux et dégoulinant <em>Colony.</em> Et s’offre au passage une nouvelle critique grinçante de la société coréenne, enter appât du gain, quête de reconnaissance, hypocrisie latente et sacrifice des plus faibles.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/ZSGzcYcNaM0?si=7ld7lDVOYkCUxmZE" title="Colony (2026) - Teaser HD VOST" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/ZSGzcYcNaM0?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/ZSGzcYcNaM0?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une intelligence collective survoltée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour celleux qui en sont restés au zombie made in Romero, un petit point d’info s’impose. Oubliez le zombie décérébré qui se dandine en grognant. Dans <em>Colony</em>, la contamination va bon train, boostant les infectés pour en faire de véritables armes de combat. Une conférence biotech dans un immeuble huppé de Séoul, un scientifique floué décidé à se venger tout en affirmant aux yeux du monde la véracité de ses recherches&nbsp;: ces deux éléments clés vont se percuter pour accoucher de la propagation puissance 1000 d’un petit virus bien vicelard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les malheureux contaminés par morsure tournent au zombi, certes, mais avec une particularité. Là où le mort-vivant lambda se voit privé de conscience, ceux de <em>Colony</em> bénéficient d’une intelligence collective survoltée. Sanguinolents, dégoulinant de bave, ils apprennent, partagent l’information nouvellement recueillie, s’organisent. Bref ils communiquent, et leur évolution commune de s’en porter comme un charme tandis que les victimes s’accumulent, augmentant un troupeau qui en vient à menacer la population au complet.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la contamination à l’atomisation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Confinée dans le centre commercial où a débuté l’épidémie, une poignée de quidams tente de survivre, qui illustrent la dureté de la société coréenne où être handicapé, vieux ou harcelé n’est guère un gage de réussite … excepté dans ce genre de situation extrême. Parmi tout ce petit monde, le professeur Se-jeong, interprétée par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jun_Ji-hyun">Jun Ji-hyun</a>, héroïne indomptable qui se singularise par sa marginalité intellectuelle, son refus obstiné de faire parti d’un troupeau, quel qu’il soit. Autant dire que l’idée d’être colonisée par un virus pour participer à une gigantesque expérience d’intelligence partagée ne la réjouit pas. Et nous non plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car la vision du réseau collectif à la Yeon Sang-ho a de quoi faire largement flipper. L&rsquo;unité mortifère des infectés qui ingèrent l’info, la traitent puis la mettent en application manu&nbsp;militari et d’un seul élan met en exergue l’incapacité des humains encore intacts à faire bloc. Le sous-texte est clair&nbsp;: la vraie menace, ce n&rsquo;est pas la contamination, c&rsquo;est l&rsquo;atomisation. Chacun pour soi face au danger, ça ne peut aboutir qu’à la catastrophe. Quant à l’intelligence commune des zombis, ma foi, elle n’est guère enviable, car téléguidée par un porteur initial qui l’instrumentalise pour son seul bénéfice.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Filmer le chaos</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Techniquement, Yeon Sang-ho prouve une fois de plus qu’il sait filmer le chaos et en restituer le caractère oppressant : scènes de fuite effrénée dans des couloirs obscurs couverts de mucus, ascenseurs en mode piège fatal, effets gore démultipliés, je ne vais pas vous faire l’injure d’évoquer l’ensemble des péripéties qui jalonnent ce type de récit. Pour l’heure, on est dans du classique et ça fonctionne très bien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On retiendra notamment&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>la plastique des monstres et leur gestuelle pour le moins acrobatique, chorégraphiée avec maestria par le street dancer <a href="https://www.instagram.com/undead_jedi/?hl=fr">Jeon Young</a> déjà à l’oeuvre sur <em>Dernier train pour Busan</em>, <em>Peninsula</em> ou <a href="https://www.theartchemists.com/?s=kingdom"><em>Kingdom 1</em> et <em>2</em></a><em>.</em></li>



<li>des figures féminines qui gardent la tête froide quand ces messieurs pour la plupart s&rsquo;effondrent, paniquent, trahissent ou font juste profil bas.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Et une critique féroce du tout collectif qui éradique les individualités sous prétexte de les valoriser. Pour le coup, le précepte «&nbsp;Tous pour un &#8230;&nbsp;» sonne particulièrement faux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Colony</em> s&rsquo;inscrit dans ce qu&rsquo;on appelle désormais, un peu par facilité mais pas complètement à tort, la trilogie officieuse des zombies signée Yeon Sang-ho. Si ce troisième opus n&rsquo;a pas la fulmination nerveuse du premier ni les excès numériques un brin bancals, reconnaissons-le, du second, il creuse son propre sillon : plus claustrophobe, plus cérébral dans son postulat, mais tout aussi viscéral dans son exécution. Bien sûr, <em>Colony</em> ne réinvente pas le genre, mais il refuse de s&rsquo;y larver confortablement. Et dans cette industrie du remake permanent, cela force le respect.</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/colony-tous-pour-un/">Colony : « tous pour un &#8230; »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
