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	<title>isabelle huppert</title>
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		<title>La Syndicaliste : le prix exorbitant de la vérité</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-syndicaliste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Sep 2024 09:13:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Représenter la réalité du viol à l&#8217;écran est chose complexe ; on a vite fait de sombrer dans le voyeurisme, le racoleur, l&#8217;indélicatesse gratuite, sans forcément par ailleurs donner à voir les effets sur la victime. Avec La Syndicaliste, Jean-Paul Salomé réussit un tour de force : réaliser une œuvre percutante qui, par-delà la crudité du viol lui-même, la brutalité du rapport de domination entre agresseur et agressée, explore les...</p>
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<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Représenter la réalité du viol à l&rsquo;écran est chose complexe ; on a vite fait de sombrer dans le voyeurisme, le racoleur, l&rsquo;indélicatesse gratuite, sans forcément par ailleurs donner à voir les effets sur la victime. Avec <em>La Syndicaliste</em>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Salom%C3%A9" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jean-Paul Salomé</a> réussit un tour de force : réaliser une œuvre percutante qui, par-delà la crudité du viol lui-même, la brutalité du rapport de domination entre agresseur et agressée, explore les mécanismes de pouvoir, l’intimidation et la violence sexuelle en jeu &#8230; dans le monde de l’entreprise. Et ce n&rsquo;est pas une fiction, mais une histoire vraie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le calvaire de Maureen Kearney</h2>



<p>En effet, <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Syndicaliste" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Syndicaliste</a></em> retrace le calvaire de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Maureen_Kearney" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Maureen Kearney</a>. Incarnée par une <a href="https://www.theartchemists.com/?s=isabelle+huppert">Isabelle Huppert</a> magistrale, cette syndicaliste CFDT chez Areva découvre en 2012 l&rsquo;existence d&rsquo;un accord secret entre EDF et la Chine ; outre qu&rsquo;il menace l&rsquo;intégrité de l’industrie nucléaire française, cet accord met en péril des milliers d&#8217;emplois. Malgré les pressions politiques croissantes, les menaces de la direction, Maureen Kearney décide de se battre pour exposer la vérité.</p>



<p>Jusqu&rsquo;à ce jour de décembre où un inconnu l&rsquo;agresse à son domicile : elle est retrouvée ligotée et violée dans le sous-sol de sa maison, le manche d&rsquo;un couteau inséré dans le vagin. Complètement traumatisée, elle porte plainte, mais elle est rapidement accusée d’avoir orchestré cette agression pour se victimiser. Commence alors un long chemin de croix, où elle va devoir prouver son innocence, envers et contre tous.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le viol comme outil d&rsquo;intimidation</h2>



<p>Jean-Paul Salomé aborde ce sujet avec une rigueur remarquable. Fidèle aux événements tout en maintenant un rythme tendu et immersif, il s&rsquo;appuie sur des faits précis, tirés du livre de la journaliste Caroline Michel-Aguirre, pour retracer cette affaire méconnue, mais aux répercussions profondes. Le réalisateur parvient à capter la complexité du personnage de Maureen Kearney, une femme isolée, mais dont la ténacité est admirable. Il dépeint aussi une France industrielle au bord du gouffre, où l&rsquo;opacité et le secret sont les règles du jeu.</p>



<p>L’aspect le plus choquant de l’histoire est sans doute l’utilisation du viol comme outil d’intimidation, une arme pour écraser une lanceuse d&rsquo;alerte prête à s’opposer aux intérêts financiers colossaux d’un secteur aussi stratégique que celui du nucléaire. Ce viol n’est pas seulement une agression physique ; il est un message : reste à ta place, ne dérange pas. La violence institutionnelle qui en découle est tout aussi troublante ; plutôt que d’enquêter sur les véritables responsables, les autorités s’acharnent à discréditer Kearney, retournant l’opinion publique contre elle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Lutter contre l&rsquo;injustice</h2>



<p>La réalisation de Salomé met habilement en lumière cette mécanique insidieuse de manipulation et d’injustice. Le film sorti en 2022 révèle la solitude extrême à laquelle sont confrontés les lanceurs d’alerte, souvent sacrifiés sur l’autel des intérêts économiques et politiques. <em>La Syndicaliste</em> est donc non seulement une réflexion sur le courage et la résilience, mais aussi une dénonciation du système qui choisit l’oppression et la violence pour préserver ses intérêts.</p>



<p>Isabelle Huppert incarne Kearney avec une finesse et une intensité qui captivent dès les premières minutes. Sa prestation est d’autant plus poignante que le spectateur sait que l’histoire qu’elle raconte est réelle. La douleur de l’agression, la lutte contre l’injustice, la perte de crédibilité face aux médias et à la justice – tout cela transparaît dans son jeu, sans jamais tomber dans l’excès, toujours dans la justesse.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-be9b63ba44a383d671f2ab633118e6b2" style="font-style:normal;font-weight:700"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<h2 class="wp-block-heading">Une spirale infernale</h2>



<p>Au-delà de la performance d’Isabelle Huppert, la mise en scène de Salomé est sobre mais énergique. Il joue sur les contrastes entre les vastes couloirs impersonnels des bureaux, symboles de pouvoir, et l’intimité violée de Kearney. Le rythme du film, bien que parfois lent, permet au spectateur de s’immerger pleinement dans la spirale infernale que vit la protagoniste.</p>



<p>En fin de compte, <em>La Syndicaliste</em> est un film puissant et nécessaire, qui nous rappelle que derrière chaque scandale industriel ou politique se cachent des vies brisées. Le message est clair : dans un monde où l’argent et le pouvoir dictent les règles, ceux qui osent s’élever en faveur de la vérité paient souvent un prix exorbitant.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<item>
		<title>Dupont Lajoie : un réquisitoire féroce contre le racisme</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-dupont-lajoie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jun 2024 18:13:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dupont Lajoie : quand on évoque le racisme dans ce qu&#8217;il a de plus nauséabond, le film d&#8217;Yves Boisset s&#8217;impose immédiatement à l&#8217;esprit et pour cause. Cette œuvre cinématographique sans pitié constitue un réquisitoire féroce contre la bêtise et l&#8217;intolérance. À la fois choquant et profondément réaliste, ce récit daté de 1975 met en lumière les mécanismes insidieux du racisme ordinaire et l&#8217;hypocrisie sociale qui l&#8217;accompagne. Et son analyse demeure...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-dupont-lajoie.jpg" alt="" class="wp-image-37161" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-dupont-lajoie.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-dupont-lajoie-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-dupont-lajoie-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p><em>Dupont Lajoie : </em>quand on évoque le racisme dans ce qu&rsquo;il a de plus nauséabond, le film d&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Boisset" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Yves Boisset</a> s&rsquo;impose immédiatement à l&rsquo;esprit et pour cause. Cette œuvre cinématographique sans pitié constitue un réquisitoire féroce contre la bêtise et l&rsquo;intolérance. À la fois choquant et profondément réaliste, ce récit daté de 1975 met en lumière les mécanismes insidieux du racisme ordinaire et l&rsquo;hypocrisie sociale qui l&rsquo;accompagne. Et son analyse demeure tragiquement d&rsquo;actualité.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Dupont Lajoie (1974) | la bande-annonce" width="640" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/URFDhp65-2M?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Crime atroce et ratonnade</h2>



<p><em>Dupont Lajoie</em>, c&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un cafetier parisien (Jean Carmet), qui passe ses vacances d&rsquo;été dans un camping du sud de la France. Lajoie est un personnage banal, un Français moyen, avec femme, fils, factures&#8230; et la quarantaine qui le travaille gravement sous ses airs de ne pas y toucher. La jolie petite Brigitte (Isabelle Huppert), la fille d&rsquo;un de ses voisins de caravane, ne le laisse pas indifférent.</p>



<p>Un jour, il la surprend en train de bronzer dans les champs, tente de la séduire, elle le repousse, il la viole, la tue accidentellement tandis qu&rsquo;elle se défend. Un crime atroce que Lajoie va cacher en accusant un travailleur immigré hébergé sur un chantier tout proche. À partir de là, c&rsquo;est la curée, avec ratonnade et lynchage à la clé. Une mécanique de haine aveugle, alimentée par la colère, la connerie crasse, qu&rsquo;un flic intègre (Jean Bouise) n&rsquo;arrivera pas à endiguer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La barbarie à l&rsquo;œuvre</h2>



<p>Yves Boisset, volontairement, impose là un récit d&rsquo;une rare brutalité, d&rsquo;une crudité sans nom. L&rsquo;enchaînement de la barbarie à l’œuvre est d&rsquo;autant plus insoutenable que nous sommes dans une ambiance de vacances, d&rsquo;insouciance estivale qui invite à la concorde, au lâcher prise. Une leurre : sous les casquettes, la détestation fait son œuvre. Le meurtre de Brigitte sert d’allumette pour enflammer des esprits, échauffés par ailleurs par la présence des médias.</p>



<p>Ajoutant une tragédie à une autre, ce comportement de meute enragée donne à réfléchir, car il n&rsquo;a rien de spontané. Il couve, il est là, larvé, émergeant au fil des remarques blessantes, des blagues les plus douteuses. Non pas l&rsquo;apanage d&rsquo;individus exceptionnellement haineux, mais d&rsquo;une majorité silencieuse et complaisante, prompte à exiger un bouc-émissaire, et tant mieux s&rsquo;il est l&rsquo;Autre, le Bougnoule, le Bicot : ces gens-là sont des sauvages de toute façon, n&rsquo;est-ce pas, ma bonne dame ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des opinions extrémistes dangereuses</h2>



<p>Le véritable coupable court toujours ? Pas grave, on ne se pose même la question, on crache sur le travail d&rsquo;investigation, les preuves. On préfère accuser l’étranger plutôt que de confronter ses propres démons. Les stéréotypes racistes ont la peau dure, surtout quand ils légitiment l&rsquo;injustice, un ordre social inégal où certains pensent avoir plus de droits que d&rsquo;autres. <em>Dupont Lajoie</em> explore cette peur irrationnelle de l&rsquo;Autre, alimentée par l&rsquo;ignorance et les préjugés, exploitée par des groupes qui cherchent à manipuler l&rsquo;opinion publique pour leurs propres intérêts.</p>



<p>Boisset dissèque avec une justesse frappante l&rsquo;hypocrisie des individus et des institutions qui se présentent comme respectables, mais abritent en réalité des opinions extrémistes dangereuses. Confrontés à la peur, envahis de colère, convaincus de l&rsquo;insuffisance du pouvoir et de la police, les campeurs, qui prétendent tous être des citoyens modèles, vont révéler leur véritable nature de la plus terrible des manières.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Enclencher une prise de conscience</strong></h2>



<p>Une fiction ? Non. Le scénario s&rsquo;inspire d&rsquo;une série de meurtres racistes perpétrés sur une dizaine de victimes algériennes dans la région marseillaise durant l&rsquo;année 1973. Boisset va avoir toutes les peines du monde pour obtenir les autorisations de tournage dans le Var. Son équipe de tournage fera régulièrement l&rsquo;objet de menaces et d&rsquo;agressions, essuiera des jets de cocktails Molotov. Un des comédiens sera même victime d&rsquo;une tentative d&rsquo;assassinat.</p>



<p>Le sujet ne plaît visiblement pas dans cette région où les nostalgiques de l&rsquo;Algérie française sont légion. En critiquant violemment les discours de l&rsquo;extrême droite qui exploitent la peur et la haine pour diviser la société, Boisset se retrouve lui-même au cœur de la tourmente, avant d&rsquo;avoir à affronter les affres de la censure, révulsée par certaines séquences choc du film. Séquences nécessaires pourtant pour enclencher une prise de conscience collective. Prise de conscience qui amènera nombre de spectateurs à détester Jean Carmet pour ce rôle sulfureux, quitte à le menacer également.</p>



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<p>Récapitulons : <em>Dupont Lajoie</em> reste une œuvre cinématographique majeure pour sa dénonciation sans concession du racisme ordinaire et des mécanismes de l&rsquo;extrême droite. En exposant les hypocrisies et les lâchetés de ses personnages, Yves Boisset invite les spectateurs à réfléchir sur les fondements de leurs propres préjugés et sur la nécessité de lutter contre toutes les formes de discrimination. Le film demeure un réquisitoire puissant et nécessaire contre la bêtise humaine et l&rsquo;injustice sociale. Un réquisitoire toujours d&rsquo;actualité.</p>



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<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Madame Bovary : quand Chabrol rencontre Flaubert …</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-madame-bovary-chabrol-flaubert/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jun 2021 15:07:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a deux cents ans, Flaubert voyait le jour. Bicentenaire oblige, les célébrations s’enclenchent, au gré des aléas pandémiques. Des célébrations que l’écrivain n’aurait pas forcément appréciées, en grand discret qu’il était. Et méfiant par ailleurs d’ébats sociaux dont il aimait souligner le grotesque. Pour s’en convaincre, la lecture de Madame Bovary, monument réaliste doublé d’un regard à la fois ironique et désabusé sur la bourgeoisie provinciale du XIXeme...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/06/arton42550.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-33966 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/06/arton42550.jpg" alt="affiche du film Madame Bovary de Chabrol" width="434" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/06/arton42550.jpg 434w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/06/arton42550-208x288.jpg 208w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/06/arton42550-357x494.jpg 357w" sizes="auto, (max-width: 434px) 100vw, 434px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: 400;">Il y a deux cents ans, Flaubert voyait le jour. Bicentenaire oblige, les célébrations s’enclenchent, au gré des aléas pandémiques. Des célébrations que l’écrivain n’aurait pas forcément appréciées, en grand discret qu’il était. Et méfiant par ailleurs d’ébats sociaux dont il aimait souligner le grotesque. Pour s’en convaincre, la lecture de </span><i><span style="font-weight: 400;">Madame Bovary</span></i><span style="font-weight: 400;">, monument réaliste doublé d’un regard à la fois ironique et désabusé sur la bourgeoisie provinciale du XIXeme siècle. D’aucuns liront ou reliront ce roman absolument incroyable de justesse. Et se tourneront vers ses diverses adaptations cinématographiques, dont une des plus réussies demeure celle de Chabrol.</span></span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>Une anti-héroïne rongée d’ennui</b></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: 400;">Une adaptation qui en a séduit certains, en a fâché plusieurs ; à la sortie du film en 1991, les critiques se contredisent, opposant l’évidence de la rencontre Flaubert/Chabrol, ces deux observateurs qui aiment tant disséquer les travers d’une société cruelle et hypocrite, et l&rsquo;impossibilité de traduire en images l’univers et l’écriture du Maître, ce qui freine l’élan d’un Chabrol pourtant féru dans l’art de dénoncer duplicités et fourberies humaines, en témoignent </span><i><span style="font-weight: 400;">Le Boucher</span></i><span style="font-weight: 400;">, </span><i><span style="font-weight: 400;">La Fleur du mal</span></i><span style="font-weight: 400;">, </span><i><span style="font-weight: 400;">Violette Nozière</span></i><span style="font-weight: 400;">, </span><i><span style="font-weight: 400;">Poulet au vinaigre</span></i><span style="font-weight: 400;">, </span><i><span style="font-weight: 400;">Masques</span></i><span style="font-weight: 400;"> … Pourtant, avec </span><i><span style="font-weight: 400;">Madame Bovary</span></i><span style="font-weight: 400;">, le réalisateur a son comptant de simagrées à décortiquer.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Et il parvient à proposer une lecture équilibrée, qui respecte l’esprit du roman tout en lui permettant d’aborder ses thématiques fétiches. Devant la caméra de Chabrol, la vie d’Emma Bovary apparaît pour ce qu’elle est aux yeux de Flaubert : une longue succession de désillusions, toutes plus amères les unes que les autres. Le mariage, la vie de couple, la maternité, le statut social, l’amant de cœur … rien ne comble les appétits de cette anti-héroïne rongée d’ennui, irrécupérable naïve biberonnée aux romans de Walter Scott. Une petite bourgeoise sans saveur, éternelle insatisfaite qui se détache presque immédiatement de ce qu’elle a désiré une fois qu’elle l’a obtenu. </span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>Tout rater, même son suicide</b></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Isabelle Huppert excelle dans ce rôle particulièrement délicat, qui ne peut se résumer ni à un vide existentiel ni à une névrose. Emma Bovary est à la fois bien plus et pas tant. Chacun son Emma au final, et Isabelle Huppert incarne avec intelligence ce personnage complexe dans ses élans comme dans ses déprimes. Face à elle, Jean-François Balmer se glisse dans l’existence sans relief d’un Charles Bovary dont la seule raison d’exister est cette femme qu’il adule aveuglément, à qui il cède tout, à qui il pardonne tout, même la ruine complète. Et c’est là l’ironie de la chose que l’amour total de ce médiocre, sans éducation, relief ou ambition.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: 400;"> </span><span style="font-weight: 400;">Finalement, l’amour vrai, absolu, dont rêve Emma, elle l’a sous les yeux, au quotidien, mais elle n’est pas outillée pour s’en saisir, s’enferrant dans le piètre piège tendu par Rodolphe le séducteur. Une erreur de plus, qu’elle alimente de ses fantasmes romantiques. Fantasmes qui vont percuter la réalité de la pire des façons. Emma rate tout, même son suicide. La caméra de Chabrol détaille avec autant de précision chirurgicale que le livre cette agonie douloureuse et sale. Un martyre qui n’a rien de grandiose, mais c’est peut-être là la grandeur du personnage que de nous rappeler la vérité de la souffrance humaine.</span></span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>Le film entier interroge : pourquoi ?</b></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Des détails, le film en regorge : la broderie d’une robe, le motif d’une assiette, une attitude, un regard … la musique aussi participe de cette atmosphère très particulière, dont on n’arrive jamais à déterminer si elle est joyeuse et innocente ou chargée de menaces. Idem pour la voix off, qui ponctue le film d’extraits du roman lus par François Perrier : narrateur omniscient qui se glisse dans l’âme de Madame Bovary pour souligner ses failles, ses langueurs, la profonde difficulté qu’elle a à trouver sa place dans ce monde. Et puis il y a la Normandie, ses bocages, ses maisons, Rouen … Chabrol donne aussi à voir ce décor indissociable du destin d’Emma, dans des paysages superbes qui contredisent la solitude du personnage. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Le film entier interroge : pourquoi ? Chaque image, chaque plan, chaque regard … pourquoi ? Pourquoi Emma Bovary s’autodétruit-elle à petit feu ? Qu’est-ce qui coince chez elle ? Serait-elle plus épanouie en étant née riche, noble, mondaine ? Aurait-elle agi autrement si elle ne s’était farci la cervelle de lectures romantiques de bas étage ? Chabrol, comme Flaubert ne juge jamais cette femme, ni ceux qui l’entourent. Le romancier comme le cinéaste montrent. Le premier, bourreau de travail d’une précision maniaque, oriente le regard du second, qui met en exergue les passages les plus parlants de cette navrante histoire narrée comme une épopée, sans oublier le verbe magnifique qui la cisèle.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour acheter le DVD du film <em>Madame Bovary</em> de Chabrol, cliquez sur la photo.</span></p>
<p><a href="https://www.amazon.fr/Madame-Bovary-Isabelle-Huppert/dp/B08GTJW2XY?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&amp;dchild=1&amp;keywords=madame+bovary+chabrol&amp;qid=1624546750&amp;sr=8-1&amp;linkCode=li2&amp;tag=tatadedel-21&amp;linkId=cb2e25eb7ae248f0cf57936d1448bac7&amp;language=fr_FR&amp;ref_=as_li_ss_il" target="_blank" rel="noopener"><img decoding="async" src="//ws-eu.amazon-adsystem.com/widgets/q?_encoding=UTF8&amp;ASIN=B08GTJW2XY&amp;Format=_SL160_&amp;ID=AsinImage&amp;MarketPlace=FR&amp;ServiceVersion=20070822&amp;WS=1&amp;tag=tatadedel-21&amp;language=fr_FR" border="0" /></a><img loading="lazy" decoding="async" style="border: none !important; margin: 0px !important;" src="https://ir-fr.amazon-adsystem.com/e/ir?t=tatadedel-21&amp;language=fr_FR&amp;l=li2&amp;o=8&amp;a=B08GTJW2XY" alt="" width="1" height="1" border="0" /></p>
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		<title>La Princesse de Montpensier : quand Bertrand Tavernier plonge dans les eaux troubles de la passion amoureuse</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-princesse-montpensier-bertrand-tavernier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Feb 2021 10:14:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Histoire d’amour complexe et malheureuse, jeune fille noble mariée trop tôt à un homme qu’elle n’aime pas mais qu’elle accepte par respect des normes sociales et de l’autorité paternelle, laissant derrière elle un Duc de Guise faussement éploré, qui l’abandonnera une fois qu’elle aura céder à ses avances. Belle, intelligente, cultivée, la jolie demoiselle ne manque pas de galants, depuis le duc d’Anjou jusqu’à son précepteur, un huguenot antimilitariste.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2012/10/princess-montpensier.jpg" alt="affiche du film La princesse de Montpensier"/></figure>



<p></p>



<p><span style="color: #000000;">Ce n’est un secret pour personne, Bertrand Tavernier sait filmer les femmes : Sabine Azema dans <em>Un dimanche à la campagne</em>, Isabelle Huppert dans <em>Coup de Torchon</em>, Sophie Marceau dans <em>La fille de d’Artagnan</em>, Marie Gillain dans <em>L’Appat</em>, … Si son cinéma n’est pas exclusivement consacré à l’étude de la gent féminine et de ses multiples richesses et travers, il sait néanmoins leur accorder une place conséquente, à l’instar d’un certain Claude Chabrol qui excelle dans cet exercice.  Et comme ce dernier avec<a href="https://www.theartchemists.com/film-madame-bovary-chabrol-flaubert/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> <em>Madame Bovary</em></a>, Tavernier y va de son adaptation, mettant en images une autre grande dame de la littérature cette fois, j’ai cité Madame de Lafayette, maman de la très fameuse <em>Princesse de Clèves</em> et d’une autre princesse, moins connue celle-là, mais tout aussi tourmentée, <em><a href="https://www.theartchemists.com/boutique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Princesse de Montpensier</a></em>. </span></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="LA PRINCESSE DE MONTPENSIER (Bertrand Tavernier) - Bande Annonce" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/6Mn6rMAJme8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;">Histoire d’amour complexe et malheureuse</span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Cette nouvelle écrite en 1662 précède de 16 ans son illustre petite sœur, pour en poser les fondations. Histoire d’amour complexe et malheureuse, jeune fille noble mariée trop tôt à un homme qu’elle n’aime pas mais qu’elle accepte par respect des normes sociales et de l’autorité paternelle, laissant derrière elle un duc de Guise faussement éploré, qui l’abandonnera une fois qu’elle aura cédé à ses avances. Belle, intelligente, cultivée, la jolie demoiselle ne manque pas de galants, depuis le duc d’Anjou jusqu’à son précepteur, un huguenot antimilitariste. </span></p>



<p><span style="color: #000000;">Elle finira pourtant seule, pleurant ce dernier tué pendant la Saint-Barthélémy. Vous l’aurez deviné, le tout se veut une plongée dans les eaux troubles de cette passion amoureuse qu’une Précieuse comme Madame de Lafayette regardait avec tant de méfiance et de curiosité mêlées, sa carte du Tendre à la main, prête à rebrousser chemin au moindre glissement des sens et de la raison. Ce qui n’est pas le cas de son héroïne, incarnée à l’écran par une Mélanie Thierry faussement détachée, néanmoins fonceuse en diable. </span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;">La valeur et les dangers de nos désirs</span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Autour de cette jeune et indomptable biche, s’agitent une ribambelle de cerfs, interprétés par Gaspard Ulliel, Grégoire Leprince-Ringuet, Raphaël Personnaz, Lambert Wilson. Lambert Wilson justement qui porte ce film à bout de bras, se glissant avec tant de justesse et d’émotion dans la personnalité du comte de Chabannes, nobliau protestant qui a juré de ne plus jamais se battre après avoir tué par accident une femme enceinte. Intellectuel, raffiné, consciencieux, posé, sage, il est de tous ces beaux messieurs, le seul à vraiment aimer la princesse, elle ne le comprendra que trop tard. </span></p>



<p><span style="color: #000000;">Et c’est cette interprétation impeccable, humble, effacée parfois qui apporte au film la préciosité propre à la nouvelle, encore plus que les costumes de toute beauté ou les décors imposants. Le tout se veut équilibré, sans romantisme guimauve, allant à l’essentiel de l’œuvre initiale, à savoir une réflexion sur la valeur et les dangers de nos désirs. Le réalisateur a parfaitement su saisir cette thématique et nous la transmettre. À voir, non comme une fresque historique, mais une analyse de caractère.</span></p>
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		<title>ARTE fait son cinéma : Abus de faiblesse de Catherine Breillat</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/arte-cinema-abus-de-faiblesse-de-catherine-breillat/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Dec 2016 09:21:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Autre temps fort du festival ARTE fait son cinéma, Abus de faiblesse s&#8217;impose comme un film choc, d&#8217;une rare perversité qui n&#8217;égale que la qualité de son interprétation et son esthétique. Le film raconte comment une réalisatrice foudroyée par une hémorragie cérébrale va progressivement tomber sous la coupe d&#8217;un escroc. Toute la subtilité du propos repose sur une ambivalence permanente, qui interroge le positionnement de cette artiste aux prises avec...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p lang="zxx" style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/12/abus-de-faiblesse-e1481188837544.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-28027" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/12/abus-de-faiblesse-494x494.jpg" alt="" width="494" height="494" /></a></p>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Autre temps fort du festival <a href="https://www.theartchemists.com/arte-cinema-diplomatie-de-volker-schlondorff/">ARTE fait son cinéma</a>, <i>Abus de faiblesse</i> s&rsquo;impose comme un film choc, d&rsquo;une rare perversité qui n&rsquo;égale que la qualité de son interprétation et son esthétique.</span></p>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Le film raconte comment une réalisatrice foudroyée par une hémorragie cérébrale va progressivement tomber sous la coupe d&rsquo;un escroc. Toute la subtilité du propos repose sur une ambivalence permanente, qui interroge le positionnement de cette artiste aux prises avec ce voyou dont on comprend au premier regard qu&rsquo;il va la dépouiller sans pitié : elle-même est tout à fait au courant, elle repère ce garçon lors d&rsquo;une interview où il raconte son parcours délinquant. Pourquoi alors le choisit-elle comme acteur ? Pourquoi lui prête-t-elle de l&rsquo;argent ? Pourquoi le garde-t-elle dans son environnement proche quand tous ses amis la mettent en garde ?</span></p>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Une fiction ? Oui mais ancrée dans le propre parcours de la réalisatrice Catherine Breillat, elle-même terrassée par un AVC puis victime de Rocancourt, l&rsquo;arnaqueur de vedettes. Et l&rsquo;on sent à chaque plan, qu&rsquo;elle interroge le gouffre dans lequel elle est progressivement tombée, tentant de cerner la teneur d&rsquo;une relation hypnotique de part et d&rsquo;autre. Car si Vilko est un monstre de cynisme, sa prétendue victime est capable d&rsquo;une grande cruauté mentale. Ainsi chacun impacte l&rsquo;autre, et l&rsquo;on peut se demander si Maud ne se laisse pas berner en toute conscience, savourant ainsi toute la perversité d&rsquo;une relation fondée sur le rapport de force. A croire qu&rsquo;elle teste ses propres limites, qu' »elle se met volontairement en danger comme pour reprendre le contrôle sur un corps qui ne lui appartient plus ?</span></p>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Qui ici fait abus de faiblesse ? Le jeu des comédiens ne permet jamais de trancher. Face à un Kool Shen oscillant entre grossièreté, tendresse, attention et brutalité, Isabelle Huppert incarne Maud, d&rsquo;une pâleur de fantôme, tranchante comme une lame, capricieuse, volontaire, solitaire, indépendante, &#8230; un brin suicidaire ? La relation qui se tisse entre eux va être ravageuse, et chaque acteur ajoute à la tension palpable en affirmant sa personnalité, en montrant à peine ses faiblesses, effrayants tous deux, par la manière dont ils s&rsquo;abandonnent dans leur rôle. Huppert dés la première image, est absolument écrasante, et cela ne varie pas jusqu&rsquo;au dernier plan du film, tout au long duquel elle se met en péril, sans jamais perdre le fil de son personnage.</span></p>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Le tout est magistral, tenant à la fois du film à suspens, de l&rsquo;oeuvre introspective, du portrait psychologique. Sans jamais à aucun moment apporter de réponse au mystère de cette rencontre, véritable réponse du sort au mystère de la maladie.</span></p>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;"><strong>Et plus si affinités</strong></span></p>
<p lang="zxx" align="justify"><a href="http://cinema.arte.tv/fr/article/abus-de-faiblesse-de-catherine-breillat-jeudi-1er-decembre-22h30">http://cinema.arte.tv/fr/article/abus-de-faiblesse-de-catherine-breillat-jeudi-1er-decembre-22h30</a></p>
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		<title>La putain et le sociologue  : Luc Bondy illumine les Célestins</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/les-fausses-confidences-luc-bondy-illumine-les-celestins/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Clotilde Izabelle]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2014 17:29:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un des évènements les plus attendus de la magnifique saison aux Célestins : Les Fausses Confidences de Luc Bondy est à la hauteur de nos espérances. Marquée par un magnifique trio, cette œuvre rassemble Luc Bondy, Isabelle Huppert et Louis Garrel. Marivaux nous fait toujours autant rire et sourire devant ces personnages vivant « le mystère de l’amour ». L’histoire est simple et se résume en une phrase : Dorante,...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" title="Copyright Pascal Victor" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2014/04/fc_2_pascal-victor.jpg" alt="" width="480" height="320" /></p>
<p style="text-align: justify;">Un des évènements les plus attendus de la magnifique saison aux Célestins : <i>Les Fausses Confidences </i>de Luc Bondy est à la hauteur de nos espérances. Marquée par un magnifique trio, cette œuvre rassemble Luc Bondy, Isabelle Huppert et Louis Garrel. Marivaux nous fait toujours autant rire et sourire devant ces personnages vivant « le mystère de l’amour ».</p>
<p style="text-align: justify;">L’histoire est simple et se résume en une phrase : Dorante, beau et sans argent, aime Araminte, riche et veuve. L’intrigue n’est jamais très angoissante chez Marivaux, tout se termine toujours par un mariage. C’est le cas ici, mais il va falloir user de nombreuses ruses pour parvenir à ses fins. Le stratagème est le fonctionnement des personnages, le quiproquo est omniprésent et la limite entre la réalité et l’illusion se fait de plus en plus mince. On s’aime, on se séduit, chacun joue un rôle qui deviendra peut-être même une façon de vivre.</p>
<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2014/04/Les_fausses_confidences_003_ressourceOriginale.jpg" alt="" width="600" height="375" /></p>
<p style="text-align: justify;">La mise en scène est magistrale et pleine d’humour. Luc Bondy metteur en scène, acteur et réalisateur suisse, est directeur du théâtre national de l’Odéon depuis mars 2002. Ici il actualise l’œuvre de Marivaux en nous montrant une Araminthe moderne et mondaine, incarnant la féminité de son temps. Loin de l’aristocratie du XVIIIème, celle-ci se perd dans ses escarpins avant son cours de Tai-chi. Femme indépendante et mature, elle subit tout de même l’autorité maternelle sans réussir à s’affirmer. Maîtresse de ses sentiments, elle réussit un parfait contrôle de ses sentiments. Cependant, le beau Dorante aura raison de sa morale, de son côté autoritaire et de son refus d’aimer.</p>
<p style="text-align: justify;">Isabelle Huppert et Louis Garrel avaient déjà été réunis dans le film <i>Ma Mère</i> de Christophe Honoré. L’alchimie parfaite entre ces deux acteurs talentueux opère à merveille. Huppert égérie de Claude Chabrol retrouve donc Garrel fétiche de Christophe Honoré. Le pari est réussi, comme dans Marivaux, on oublie la différence d’âge et on se surprend à vivre avec Dorante sa quête de l’amour. Le spectateur rit de toutes ces situations de quiproquo, les stratagèmes nous enchantent. Avec une écriture simple et ciselée, Marivaux traduit des sentiments complexes, vécus par des acteurs talentueux.</p>
<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2014/04/Les_fausses_confidences_004_ressourceOriginale.jpg" alt="" width="600" height="375" /></p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, Luc Bondy nous séduit par une magnifique mise en scène. Faisant revivre Marivaux, on rit et on sourit pendant les deux heures de spectacle. Ici nous ne sommes pas dans l’analyse de grands sentiments amoureux mais plus dans la genèse d’un amour naissant. La pièce se focalise sur la naissance d’un désir et la possibilité de l’induire. Plus qu’un grand amour passionnel, on voit ici une veuve retrouvant gaieté et légèreté.</p>
<p style="text-align: justify;"><b>Et plus si affinités</b></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.celestins-lyon.org/index.php/Menu-thematique/Saison-2013-2014/Coproductions/Les-fausses-confidences">http://www.celestins-lyon.org/index.php/Menu-thematique/Saison-2013-2014/Coproductions/Les-fausses-confidences</a></p>
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