﻿<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>festivals</title>
	<atom:link href="https://www.theartchemists.com/search/festivals/feed/rss2/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.theartchemists.com/</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Tue, 20 Jan 2026 16:17:12 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9</generator>
	<item>
		<title>Refusons l’atrophie cognitive : la culture est transversale ou n’est pas !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/transversalite-culturelle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Sep 2025 08:50:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38327</guid>

					<description><![CDATA[<p>« Mais pourquoi vous touchez à tout ? » La question revient sans cesse, de la part d’amis, de connaissances, parfois de lecteurs. Certains voudraient que nous nous cantonnions au cinéma, d’autres à la musique, d’autres encore à la littérature. Comme si la culture se découpait en parts de pizza bien nettes, avec un couteau marketing en guise de trancheuse. Désolé, mais non : la culture ne fonctionne pas ainsi....</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/transversalite-culturelle/">Refusons l’atrophie cognitive : la culture est transversale ou n’est pas !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="2000" height="1600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-transversalite-culturelle.jpg" alt="transversalité culturelle" class="wp-image-38332" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-transversalite-culturelle.jpg 2000w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-transversalite-culturelle-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-transversalite-culturelle-494x395.jpg 494w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-transversalite-culturelle-768x614.jpg 768w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-transversalite-culturelle-1536x1229.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>« Mais pourquoi vous touchez à tout ? » La question revient sans cesse, de la part d’amis, de connaissances, parfois de lecteurs. Certains voudraient que nous nous cantonnions au cinéma, d’autres à la musique, d’autres encore à la littérature. Comme si la culture se découpait en parts de pizza bien nettes, avec un couteau marketing en guise de trancheuse. Désolé, mais non : la culture ne fonctionne pas ainsi. Et qu’on se le dise une fois pour toutes : la culture est transversale, ou n’est pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tout est lié, bordel !</h2>



<p>On ne regarde pas une série comme <em>The Wire</em> sans penser aux polars américains de Chandler ou <a href="https://www.theartchemists.com/?s=ellroy">Ellroy</a>. On ne comprend pas <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=akira">Akira</a></em> si l’on n’a jamais entendu parler de la bombe atomique, ni de Kurosawa. On n’écoute pas <a href="https://www.theartchemists.com/?s=joy+division">Joy Division</a> sans croiser la philosophie de Bataille, l’architecture brutaliste et l’aliénation industrielle de Manchester.<br />C’est ça la culture : des échos, des résonances, des dialogues. De la transversalité.</p>



<p>Transversalité culturelle : pas un mot savant pour briller en société, mais une manière de considérer les œuvres et les idées en réseau, pas en silo. Concrètement, ça veut dire qu’un tableau n’est jamais seulement un tableau, mais qu’il dialogue avec la musique de son époque, avec les débats philosophiques, avec les bouleversements politiques. C’est comprendre que la BD <em>Maus</em> de Spiegelman n’existe pas sans l’histoire de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=shoah">Shoah</a>, que <em><a href="https://www.theartchemists.com/black-mirror-sommeille-de-pire/">Black Mirror</a></em> n’est pas seulement une série mais une réflexion sur la technologie, héritière directe d’Orwell et d’Huxley.</p>



<p>La transversalité, c’est cette capacité à relier des formes différentes, des disciplines éloignées, des époques distinctes pour en faire jaillir du sens. C’est l’art du contrechamp, du détour, du télescopage : là où d’autres se contentent de consommer une œuvre, le regard transversal l’inscrit dans une constellation plus large.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’hyperspécialisation, poison pour l’esprit</h2>



<p>Or c’est essentiel, pour ne pas dire vital. Rester bloqué dans une case, c’est se condamner à la myopie intellectuelle.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le spectateur Netflix qui enchaîne des séries sans jamais ouvrir un livre finit par bouffer du scénario prémâché : il s’habitue à des structures narratives répétitives, il perd le goût de l’effort, il avale des intrigues calibrées comme des plats surgelés. À force, sa capacité à comparer, à nuancer, à se décentrer se réduit comme peau de chagrin.</li>



<li>Le lecteur qui se gargarise de “grande littérature” sans jamais aller voir un concert ou une expo, c’est du snobisme sec : il finit enfermé dans une bulle élitiste, incapable de comprendre que la création vit aussi dans la rue, dans la pop culture, dans l’expérimental. Il lit mais il ne vibre pas, il devient un esthète stérile.</li>



<li>L’amateur d’art contemporain qui ne se coltine jamais un roman graphique ou un film d’horreur rate la moitié du paysage : il oublie que l’imaginaire se nourrit aussi des marges, des formes populaires, des monstres. À force de mépriser certains médiums, il réduit son champ de vision et se prive des clés pour comprendre les obsessions collectives.</li>
</ul>



<p>Bref : l’hyperspécialisation, c’est une atrophie cognitive. Elle coupe les synapses entre disciplines, elle éteint la curiosité, elle sclérose le jugement. Au lieu d’entraîner l’esprit critique, elle le met sous perfusion. Et qu’est-ce qu’on obtient ? Des consommateurs dociles, faciles à manipuler, incapables de voir les fils qui relient les images aux idées, les œuvres aux idéologies. C’est exactement ce que cherchent les industries culturelles de masse : un public captif, qui ne sort jamais de l’enclos.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Atrophie cognitive&nbsp;: à qui le crime profite-t-il&nbsp;?</h2>



<p>Bonne question. Parce qu’on ne réduit pas les esprits par hasard : cette myopie culturelle, elle profite à certains.</p>



<p>D’abord aux industries culturelles de masse. Plus ton horizon est limité, plus tu consommes en boucle la même soupe réchauffée. Séries formatées, blockbusters interchangeables, hits calibrés par algorithmes : en te maintenant dans un couloir étroit, on t’évite la tentation d’aller voir ailleurs. Résultat : tu restes captif, accroché à une plateforme, gavé comme une oie.</p>



<p>Ensuite, aux pouvoirs politiques et économiques. Un citoyen qui ne lit pas, qui ne croise pas les points de vue, qui ne confronte pas un film à un essai ou une pièce de théâtre à un fait d’actu, c’est un citoyen plus facile à manipuler. L’histoire le montre : les régimes autoritaires adorent les publics simplifiés, privés de recul, abreuvés d’un seul discours. La transversalité, elle, fait surgir les contradictions, les comparaisons, les analogies – bref, tout ce qui gêne la propagande.</p>



<p>Enfin, ça profite à notre paresse collective. On nous a dressés à aimer la facilité, le prêt-à-penser, l’immédiateté. Les plateformes encouragent le binge-watching, les réseaux sociaux favorisent le scroll sans fin, l’école parfois elle-même cloisonne au lieu de relier. Résultat : moins on croise, moins on confronte, plus on se repose. Et ce confort est une prison dorée.</p>



<p>En clair : l’atrophie cognitive, ce n’est pas un bug, c’est un système. Un système qui produit des spectateurs dociles, des électeurs dociles, des consommateurs dociles. Et si nous refusons l’hyperspécialisation, c’est précisément pour saboter cette machine.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le passé n’est pas mort, il nous regarde</h2>



<p>Chez The ARTchemists, nous sabotons la machine de l’atrophie cognitive au quotidien :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>En chroniquant <em><a href="https://www.theartchemists.com/mythomane-bataclan-livre/">La Mythomane du Bataclan</a></em>, nous parlons autant de littérature que de mémoire collective, de trauma et de manipulation médiatique.</li>



<li>Quand on évoque <em><a href="https://www.theartchemists.com/the-mist-film-2007/">The Mist</a></em> de Frank Darabont, on ne fait pas juste du ciné : on convoque Stephen King, Lovecraft, la sociologie des foules et l’effondrement du lien social.</li>



<li>Notre plongée dans l’univers de <em><a href="https://www.theartchemists.com/minuit-machine-groupe-darkwave/">Minuit Machine</a></em> ? C’est de la musique certes, mais aussi de l’histoire des contre-cultures, du goth, de la techno industrielle, du désespoir urbain des années 80 à nos jours.</li>



<li>Même un sujet a priori léger comme les <a href="https://www.theartchemists.com/?s=festivals">festivals d’été</a> devient un carrefour quand on le place dans la perspective du réchauffement climatique : écologie, politique, économie, sociologie, musique, tout va dans le même sens.</li>
</ul>



<p>Bref, impossible d’analyser une œuvre ou un phénomène sans ouvrir grand les portes du contexte, du passé, de la société.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Refuser l’amnésie</h2>



<p>La transversalité, c’est aussi refuser l’amnésie. Nous allons fouiller dans les archives de l’INA, exhumer des vieux films, relire des bouquins oubliés. Pourquoi ? Parce que ce passé éclaire le présent et prépare l’avenir.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les opéras perdus de Rameau qu’on reconstitue au XXIe siècle disent quelque chose de notre rapport à la mémoire et à la recréation.</li>



<li>Les body horror japonais de Junji Ito dialoguent avec les films de Cronenberg et avec nos angoisses post-Covid.</li>



<li>Un reportage des années 70 sur les luttes ouvrières résonne avec les Gilets jaunes et les débats actuels sur le travail.</li>
</ul>



<p>Ne regarder que les sorties du mois, c’est se condamner au zapping. Nous, on préfère les grands fils rouges de la culture, les sédiments, les strates.</p>



<p>Notre credo : relier, pas enfermer. Oui, notre webmag parle de cinéma, de danse, de BD, de philosophie, de patrimoine. Oui, on peut enchaîner une chronique sur un shark movie et une autre sur Takato Yamamoto, puis une playlist électro goth et une réflexion sur la psychologie du travail. Et alors ? C’est précisément ça, la richesse culturelle : la mise en tension des disciplines, l’ouverture, le frottement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion ? Ouvrir sa gueule et ses horizons</h2>



<p>Se spécialiser, c’est facile. Ça rassure. Mais ça limite.<br />Nous, on préfère la complexité, l’inconfort, les chemins de traverse. Parce que c’est là que ça pense, que ça vit, que ça brûle.</p>



<p>Nous ne sommes pas des influenceurs lifestyle. Nous sommes des passeurs, des agitateurs, des décloisonneurs. Et si ça dérange les esprits qui aiment les cases toutes faites, tant mieux.</p>



<p>Alors, la prochaine fois qu’on nous demandera pourquoi on touche à tout, on répondra simplement :<br />Parce que tout est lié. Parce que c’est ça, la culture.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/transversalite-culturelle/">Refusons l’atrophie cognitive : la culture est transversale ou n’est pas !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Et si l’art n’aimait pas les vacances ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/art-vacances-consommation-culturelle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Aug 2025 09:16:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38286</guid>

					<description><![CDATA[<p>On prétend qu’il n’y a pas de saison pour l’art. C’est faux. L’été — avec ses shorts froissés, ses moiteurs désœuvrées et ses cocktails tièdes — est sans conteste la pire période pour la création. Non pas que l’art disparaisse : il se travestit. Il se plie, se vend, se déguise. Pour plaire, pour détendre, pour ne surtout pas déranger. Mais au fond… et si l’art, le vrai, n’aimait tout...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/art-vacances-consommation-culturelle/">Et si l’art n’aimait pas les vacances ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-art-en-ete.jpg" alt="une jeune fille devant un monument en été" class="wp-image-38299" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-art-en-ete.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-art-en-ete-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-art-en-ete-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>On prétend qu’il n’y a pas de saison pour l’art. C’est faux. L’été — avec ses shorts froissés, ses moiteurs désœuvrées et ses cocktails tièdes — est sans conteste la pire période pour la création. Non pas que l’art disparaisse : il se travestit. Il se plie, se vend, se déguise. Pour plaire, pour détendre, pour ne surtout pas déranger. Mais au fond… et si l’art, le vrai, n’aimait tout simplement pas les vacances ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quand l’art devient décoratif</strong></h2>



<p>Les expositions estivales s’affichent dans les magazines de plage, entre une recette de gaspacho et un horoscope à usage unique. On y vante des accrochages “joyeux”, des “parcours accessibles”, des “expériences immersives”. Comprenez : des œuvres sans aspérités, sans aspersion, sans aspiration&nbsp;?</p>



<p>En été, l&rsquo;art devient une activité comme une autre, un item sur une to-do list touristique. On le consomme comme une glace, vite fondue, aussitôt oubliée. Il n’interroge plus, il orne.<br />Or, l’art n’est pas un parasol. Il est un orage.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Tourisme culturel ou simulacre de contemplation ?</strong></h2>



<p>Ne nous leurrons pas&nbsp;: le “tourisme culturel” est une industrie. On réserve des “pass musée”, des “visites nocturnes”, des “parcours ludiques”. Il faut cocher, photographier, partager. Peu importe ce qu’on a vu, tant qu’on peut le dire.</p>



<p>Et pourtant, qui prend le temps de rester devant un tableau ? Qui s’attarde devant une installation ? Qui ressort troublé d’une performance ? L’été impose un rythme : rapide, léger, consensuel. L’art se fait concédé, non plus exigeant. Il perd sa part d’ombre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La démission estivale des corps et des esprits</h2>



<p>On parle beaucoup de “corps au repos”, mais durant la période des vacances, ce sont surtout les esprits qui se débranchent. L’été veut du doux, du beau, du bienveillant. Toute violence esthétique est jugée déplacée. Toute pensée complexe, inconvenante.</p>



<p>Pourtant, c’est précisément dans les moments de relâchement que l’art devrait piquer.<br />Il ne s’agit pas d’imposer l’austérité, mais de préserver la densité, la résistance, la dissonance. Et de profiter de la détente des esprits pour susciter le questionnement, la réflexion.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’art, ce travailleur sans congés</h2>



<p>L’artiste, lui, ne prend pas de vacances. Il observe, il note, il travaille, même au bord de l’eau.<br />Certains festivals s’en souviennent (Avignon, Arles, Sète…), mais nombreux sont ceux qui cèdent à la tentation de la facilité : effets spéciaux, scénographie gadget, slogans édulcorés.</p>



<p>Or, l’art n’est pas un moment d’évasion. C’est une friction. Il ne nous fait pas fuir le monde, il nous y ramène, parfois brutalement, au moment où on s’y attend le moins, quand on voudrait surtout ne plus voir le quotidien et ses horreurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour une exigence artistique hors saison&nbsp;?</h2>



<p>Et si nous inventions un été non pas culturel, mais cultivé ?<br />Un été où l’art ne serait pas un divertissement, mais une mise à l’épreuve, une rencontre, une tension fertile ?</p>



<p>Loin des plages bondées et des audioguides monotones, il est temps de rendre à l’art son droit au sérieux, même en vacances. Quitte à transpirer un peu dans les galeries vides.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/art-vacances-consommation-culturelle/">Et si l’art n’aimait pas les vacances ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La bande dessinée, ce n’est pas (que) pour les enfants !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/bd-9eme-art/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Benjamin Getenet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Aug 2025 10:16:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38259</guid>

					<description><![CDATA[<p>On a beau l’appeler le 9e art, la bande dessinée traîne encore un malentendu : “c’est pour les petits”, “ce n’est pas de la vraie littérature”, “ça se lit trop vite”. Or la BD n’est pas un genre mineur, loin s’en faut : c’est un médium complet, avec ses règles, ses codes, ses écoles, ses chefs-d’œuvre adultes — intimes, politiques, philosophiques. Explications. D’où vient l’idée fausse que “la BD, c’est...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/bd-9eme-art/">La bande dessinée, ce n’est pas (que) pour les enfants !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-BD-pour-adultes.jpg" alt="" class="wp-image-38260" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-BD-pour-adultes.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-BD-pour-adultes-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-BD-pour-adultes-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>On a beau l’appeler le 9e art, la bande dessinée traîne encore un malentendu : “c’est pour les petits”, “ce n’est pas de la vraie littérature”, “ça se lit trop vite”. Or la BD n’est pas un genre mineur, loin s’en faut : c’est un médium complet, avec ses règles, ses codes, ses écoles, ses chefs-d’œuvre adultes — intimes, politiques, philosophiques. Explications.</p>



<h2 class="wp-block-heading">D’où vient l’idée fausse que “la BD, c’est pour les enfants” ?</h2>



<p>C’est la première question à se poser. Historiquement, l’essor de la BD en Europe francophone s’est fait via la presse jeunesse (les magazines <em>Spirou</em>, <em>Tintin</em>, etc.). En France, l’après-guerre voit se développer une production cadrée par l’idée d’éduquer et distraire la jeunesse ; la loi de 1949 sur les publications destinées à ce public a aussi contribué à coller au médium une image “morale” et infantile. Pendant ce temps, les comics américains se battaient contre d’autres préjugés (violence, “pulp”), et les mangas japonais se structuraient en catégories de publics (shōnen, shōjo, seinen, josei…).</p>



<p>Sauf que, dès les années 1970-1980, la BD éclate son cadre : autobiographie, reportage, politique, expérimentation formelle, roman graphique… Les festivals, Angoulême notamment, les librairies spécialisées, les prix littéraires, l’entrée de la BD à l’université ont consolidé ce basculement. Aujourd’hui, nier sa maturité revient à ignorer un demi-siècle de création foisonnante. Et des œuvres phares comme <em>Maus </em>ou <em>Persepolis</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Maus</em> et <em>Persepolis&nbsp;:</em><em> </em><em>des œuvres phares aussi</em> puissantes que des “grands” romans</h2>



<p>Ce sont les deux exemples incontournables, fondateurs.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Maus</em> (Art Spiegelman)&nbsp;: la mémoire, l’allégorie et la page comme chambre d’écho</h3>



<p><em>Dans Maus,</em> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Art_Spiegelman">Spiegelman</a> raconte l’Holocauste à travers le témoignage de son père, en représentant les peuples par des animaux (Juifs-souris, Nazis-chats…). Et c’est une véritable gifle pour le lecteur à plus d’un titre.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>L</strong>e double temps narratif &#8211; On lit à la fois le passé (survie dans l’Europe nazie) et le présent (le fils qui interroge le père). Cette mise en abyme donne à voir la mémoire en train de se fabriquer, comme un roman polyphonique.</li>



<li>L’allégorie efficace &#8211; L’animalisation n’infantilise pas, elle aiguise la lecture en rendant visibles les mécanismes de déshumanisation.</li>



<li>Le montage texte-image &#8211; La BD exploite le gutter (l’espace entre les cases), la composition de planche et l’économie de traits qui laisse résonner l’horreur sans l’illustrer de façon obscène.</li>



<li>L’éthique &#8211; <em>Maus</em> n’idéalise pas ses témoins ; il montre la complexité, la culpabilité, les silences. On est ici dans la même ambition que le grand roman mémoriel : comprendre l’humain face au tragique.</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Persepolis</em> (Marjane Satrapi)&nbsp;: Grandir, se politiser, se raconter</h3>



<p>Avec <em>Persepolis</em>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marjane_Satrapi">Satrapi</a> retrace son enfance et sa jeunesse entre Iran et Europe, sur fond de révolution et de guerre. Là aussi, effet coup de poing pour le lecteur.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Graphisme minimal, effet maximal &#8211; Le noir et blanc dépouillé, lisible par tous, universalise l’expérience. Comme chez certains romanciers minimalistes, l’économie de moyens intensifie l’émotion.</li>



<li>Voix singulière &#8211; La voix off et les dialogues courts composent un “je” narratif d’une grande précision ; c’est de l’autobiographie littéraire à part entière.</li>



<li>Politique incarnée &#8211; Les enjeux historiques (idéologie, censure, exil) sont incarnés dans un corps et une famille. La BD ici n’illustre pas la politique : elle la vit, case après case, au rythme du quotidien.</li>
</ul>



<p>En bref : dans <em>Maus</em> comme dans <em>Persepolis</em>, l’alliance texte/image n’appauvrit pas le récit : elle multiplie les canaux. Le dessin donne du temps au lecteur (on ralentit, on observe), les ellipses entre les cases créent du sens que le cerveau comble (ce que Scott McCloud appelle la “clôture”). C’est une forme exigeante, pas une béquille.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trois BD qui ont révolutionné la narration visuelle</h2>



<p>Vous doutez encore&nbsp;? J’en remets donc une couche avec ces trois titres qui ont chamboulé les codes narratifs en profondeur.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Watchmen</em> (Alan Moore &amp; Dave Gibbons, 1986-87) — L’algèbre de la planche</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li>Ce que ça change. La grille 3×3 (neuf cases) sert de métronome au récit. Elle permet des contrepoints, des symétries (chapitre “Fearful Symmetry”), des rimes visuelles et verbales.</li>



<li>Pourquoi c’est décisif. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alan_Moore">Moore</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dave_Gibbons">Gibbons</a> utilisent la BD comme système : documents intradiégétiques (coupures, dossiers), montages parallèles (récit de pirates/actualité), symboles récurrents (sang sur le smiley).</li>



<li>Conséquence. <em>Watchmen</em> montre qu’on peut écrire une œuvre totale en bande dessinée : politique, philosophique, formellement ambitieuse, sans renoncer à la lisibilité.</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Akira</em> (Katsuhiro Otomo, 1982-90) — Le cinéma imprimé</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li>Ce que ça change. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Katsuhiro_%C5%8Ctomo">Otomo</a> impose une cinétique inédite : vitesse, onomatopées intégrées au décor, plans larges urbains hallucinants, “décompression” (une action sur plusieurs pages) qui donne du souffle.</li>



<li>Pourquoi c’est décisif. <em>Akira</em> prouve que la BD peut offrir une expérience sensorielle rivalisant avec le cinéma : le lecteur “entend” la ville, “ressent” la course, “voit” l’explosion.</li>



<li>Conséquence. L’ouvrage a internationalisé le manga adulte et influencé autant la SF que le game design et la mode.</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Building Stories</em> (Chris Ware, 2012) — Le livre éclaté</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li>Ce que ça change. Ce n’est pas un volume, mais une boîte renfermant fascicules, journaux, leporellos, planches cartonnées. La forme matérielle devient narration : on lit dans l’ordre qu’on veut, on habite l’immeuble du titre.</li>



<li>Pourquoi c’est décisif. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chris_Ware">Ware</a> montre que la BD peut architecturer le temps, l’espace et la mémoire avec une précision micrométrique : typographies, couleurs, diagrammes, silences.</li>



<li>Conséquence. On ne “feuillette” plus une histoire : on compose sa lecture. La BD s’affirme comme art de l’édition au sens fort.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Comics, mangas, BD franco-belge : quel style vous correspond ?</h2>



<p>Pas besoin de choisir un “camp” : ce sont trois traditions avec des formats, des rythmes et des imaginaires différents. Voici un guide express — et quelques portes d’entrée adultes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Comics (États-Unis)</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li>Format. Œuvres sérialisées en issues (24-32 pages), puis rassemblées en trade paperbacks ; couleurs fréquentes.</li>



<li>Rythme. Narration souvent dense, dialogues nombreux, découpage fonctionnel.</li>



<li>Imaginaires. Au-delà des super-héros, des terres immenses : polar, SF, autobiographie, reportage.</li>



<li>Pour commencer ? <em>Watchmen</em> (moitié essai, moitié thriller), <em>Fun Home</em> (Alison Bechdel, memoir), <em>Sandman</em> (Neil Gaiman, mythes), <em>Saga</em> (space opera familial), <em>Department of Truth</em> (théories du complot).</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">Mangas (Japon)</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li>Format. Parution en magazines, puis tankōbon ; lecture droite-gauche ; souvent en noir et blanc ; tempo dit “décompressé” (l’action respire).</li>



<li>Rythme. Très cinématographique (plans, vitesse, son).</li>



<li>Imaginaires. Extrêmement variés ; segmentation par publics (shōnen, seinen…).</li>



<li>Pour commencer ? <em>Akira</em> (Katsuhiro Otomo, SF urbaine), <em>Monster</em> (Naoki Urasawa, thriller moral), <em>La Cantine de minuit</em> (Yaro Abe, douceur sociale), <em>Où la lumière est</em> / <em>Bonne nuit Punpun</em> (Inio Asano, drames contemporains).</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">Franco-belge (Europe francophone)</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li>Format. L’“album” (souvent ~48 pages), puis romans graphiques plus volumineux ; couleurs fréquentes et grand format.</li>



<li>Rythme. Grande variété : du gag à la page au récit long, de l’aventure au carnet de voyage.</li>



<li>Imaginaires. Écoles réalistes, ligne claire, expérimentations.</li>



<li>Pour commencer ? <em>Les Cités obscures</em> (Peeters/Schuiten), <em>L’Arabe du futur</em> (Riad Sattouf), <em>Blacksad</em> (Díaz Canales/Guarnido), <em>L’Ascension du Haut Mal</em> (David B.), <em>Quartier lointain</em> (Taniguchi, certes japonais mais très prisé en franco-belge).</li>
</ul>



<p><strong>Astuce pour choisir :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Vous aimez les univers interconnectés et les systèmes narratifs ? Allez vers les comics.</li>



<li>Vous préférez la mise en scène et l’immersion rythmique ? Essayez les mangas.</li>



<li>Vous êtes sensible à l’objet-livre, au grand format, à la palette graphique ? Plongez en franco-belge (et romans graphiques).</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">Bonus Lire “en adulte” : quelques clefs pour mieux savourer la BD</h3>



<ol class="wp-block-list">
<li>Regarder la page avant la case. Une planche est un tout : lignes de force, masses, couleurs… C’est l’équivalent de la syntaxe au roman.</li>



<li>Écouter le silence. Le gutter et les ellipses demandent de reconstruire : c’est là que se loge l’émotion, le temps qui passe, l’indicible.</li>



<li>Repérer les motifs. Un objet, une couleur, une pose récurrente = rime visuelle. Comme un leitmotiv musical, ça crée de la profondeur.</li>



<li>Accepter les vitesses variables. Une page d’action se lit vite ; une page contemplative ralentit. On ne mesure pas une BD au nombre de mots, mais à la densité d’expérience.</li>



<li>Ne pas s’auto-censurer. Il existe des BD sur tout : de la micro-histoire familiale au reportage de guerre, de l’ésotérisme à la cuisine, de la philosophie aux sciences. Cherchez par thèmes, pas par préjugés.</li>
</ol>



<p>La littérature n’est pas définie par la pauvreté ou la richesse de mots, mais par sa capacité à produire du sens. La BD n’est pas un roman avec des images : c’est un langage spécifique, où le texte (quand il existe) et l’image co-signent la narration. Comme le cinéma n’est pas du théâtre filmé, la BD n’est pas un livre “avec des dessins”. C’est un art d’écriture.</p>



<h2 class="wp-block-heading">En conclusion&nbsp;?</h2>



<p>Non, la BD n’est pas (que) pour les enfants. Elle sait témoigner, penser, expérimenter, émouvoir — parfois mieux que des romans réputés “sérieux”. Si <em>Maus</em> et <em>Persepolis</em> tiennent tête aux classiques, si <em>Watchmen</em>, <em>Akira</em> et <em>Building Stories</em> redéfinissent la grammaire visuelle, c’est que la BD est un atelier d’inventions où la page n’est jamais un simple support : c’est une machine à raconter. La question n’est plus “la BD est-elle légitime ?”, mais “par où commencer ?”. Bonne nouvelle : partout.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/bd-9eme-art/">La bande dessinée, ce n’est pas (que) pour les enfants !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Culture vs pouvoir d’achat : quels bons plans pour se cultiver sans se ruiner ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/acces-culture-codes-promo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[The ARTchemists]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Jul 2025 16:12:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38186</guid>

					<description><![CDATA[<p>Face à l’inflation et à la montée des inégalités économiques, de nombreux Français voient leurs loisirs culturels mis entre parenthèses. Concerts, musées, festivals, livres, abonnements numériques… autant d’expériences vitales qui deviennent inaccessibles, faute de moyens financiers. Pourtant, des solutions existent pour continuer à nourrir sa curiosité sans exploser son budget : bons plans, codes promo… faisons le point. Crise économique : la culture en première ligne Si la crise du pouvoir...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/acces-culture-codes-promo/">Culture vs pouvoir d’achat : quels bons plans pour se cultiver sans se ruiner ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-offres-promo-culturelles.jpg" alt="différentes visions de la culture à acheter" class="wp-image-38185" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-offres-promo-culturelles.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-offres-promo-culturelles-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-offres-promo-culturelles-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Face à l’inflation et à la montée des inégalités économiques, de nombreux Français voient leurs loisirs culturels mis entre parenthèses. Concerts, musées, festivals, livres, abonnements numériques… autant d’expériences vitales qui deviennent inaccessibles, faute de moyens financiers. Pourtant, des solutions existent pour continuer à nourrir sa curiosité sans exploser son budget : bons plans, <a href="https://codepromo.hostingpics.net/">codes promo</a>… faisons le point.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Crise économique : la culture en première ligne</strong></h2>



<p>Si la crise du pouvoir d’achat n’épargne aucun secteur, il faut bien convenir que la culture est particulièrement exposée. Selon une étude du <a href="https://www.credoc.fr/publications/pratiques-culturelles-des-francais-enquete-octobre-2023">Crédoc</a> parue en 2023, 40 % des foyers les plus modestes ont diminué leurs dépenses culturelles.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Billets de cinéma, livres, sorties au musée ou plateformes de streaming : tous ces postes de dépense sont sacrifiés pour assurer le paiement de l’énergie, l’alimentation et les loyers.</li>



<li>C’est d’autant plus vrai que les structures culturelles, elles aussi frappées de plein fouet par la crise, voient leurs tarifs augmenter ; ainsi les billets de musée comme en témoigne <a href="https://www.lequotidiendelart.com/articles/27727-tarifs-des-mus%C3%A9es-et-monuments-des-hausses-en-contradiction-avec-l-acc%C3%A8s-%C3%A0-la-culture-pour-tous.html">Le Quotidien de l’art</a>.</li>
</ul>



<p>Or, la culture n’est pas un luxe ni un amusement. C’est, nous ne cessons de le répéter sur The ARTchemists, un besoin essentiel : la culture forme l’esprit critique, stimule l’imaginaire, renforce le lien social, ouvre les horizons. Son accès ne devrait pas être conditionné à un niveau de revenu. Le fait que cela soit de plus en plus le cas est une catastrophe.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment</strong><strong> consommer malin pour continuer à apprendre</strong></h2>



<p>Heureusement, il existe aujourd’hui des alternatives pour continuer à se cultiver sans se ruiner. Certaines bibliothèques municipales proposent l’accès gratuit à des plateformes de vidéo à la demande ou de presse en ligne. Les musées multiplient les journées de visite gratuites chaque mois. De plus en plus de théâtres ou de cinémas indépendants proposent des tarifs solidaires ou « suspendus ».</p>



<p>À l’heure du numérique, <strong>les codes promo et </strong><strong>les </strong><strong>réductions en ligne</strong> deviennent eux aussi des alliés précieux. Ils permettent de bénéficier de <strong>remises immédiates</strong> sur des abonnements culturels, des livres, des billets d’entrée ou encore du matériel créatif. Une solution simple et rapide à adopter pour équilibrer passion et portefeuille.</p>



<p>Des plateformes spécialisées recensent ces bons plans et facilitent la recherche par secteur d’intérêt ou par type d’offre. Elles peuvent aussi alerter les utilisateurs en temps réel lors de promotions ponctuelles, ventes flash ou offres partenaires. Il suffit de trouver les bonnes, et d’en suivre l’actualité pour saisir des opportunités souvent excellentes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’économie de la débrouille : un art de vivre moderne ?</strong></h2>



<p>Au-delà des bons plans, cette quête d’économie devient un acte militant. Elle questionne notre rapport à la consommation, à la culture, à la créativité. Pourquoi payer plein tarif lorsqu’on peut mutualiser, troquer, récupérer ou partager ? L’essor des réseaux d’échange de livres, des ressourceries culturelles ou des scènes ouvertes locales montre une volonté de se réapproprier la culture sans passer par la case surconsommation.</p>



<p>Cette dynamique de débrouille touche aussi les créateurs et créatrices. Côté coulisses, beaucoup d’artistes et de professionnel·les de la culture ont eux aussi recours à ces bons plans pour produire à moindre coût, accéder à des ressources, se former ou diffuser leurs œuvres. Logiciels libres, matériel d’occasion, plateformes de diffusion alternatives… L’économie de la culture ne tient souvent que grâce à l’ingéniosité de celles et ceux qui la font vivre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une culture pour tous, même en temps de crise ? </strong></h2>



<p>C’est l’objectif. À l’heure où l’inflation fragilise l’accès à la culture pour beaucoup, il devient crucial de partager les bons plans et outils qui permettent à chacun de préserver sa vie culturelle. Qu’il s’agisse de découvrir une nouvelle expo, de s’abonner à une plateforme de films ou de s’offrir un beau livre, chaque initiative qui allège la note contribue à démocratiser l’accès au savoir et à la beauté.</p>



<p></p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/acces-culture-codes-promo/">Culture vs pouvoir d’achat : quels bons plans pour se cultiver sans se ruiner ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Cinéma indépendant : préserver le terreau de toutes les innovations narratives</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/cinema-independant-enjeux-definitions-financement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Jul 2025 09:34:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38169</guid>

					<description><![CDATA[<p>On parle souvent du « cinéma indépendant », comme d’un refuge pour les rêveurs, les marginaux, les artistes à contre-courant. Un label un peu flou, qui évoque la création libre, les petits budgets, les festivals confidentiels. Mais que désigne-t-il exactement ? Quelle réalité recouvre ce terme galvaudé ? Et surtout, pourquoi le cinéma indépendant est-il aujourd’hui plus que jamais nécessaire, alors que le streaming s’impose comme le mètre étalon de la consommation...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/cinema-independant-enjeux-definitions-financement/">Cinéma indépendant : préserver le terreau de toutes les innovations narratives</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-cinema-independant.jpg" alt="" class="wp-image-38170" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-cinema-independant.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-cinema-independant-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-cinema-independant-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>On parle souvent du « cinéma indépendant », comme d’un refuge pour les rêveurs, les marginaux, les artistes à contre-courant. Un label un peu flou, qui évoque la création libre, les petits budgets, les festivals confidentiels. Mais que désigne-t-il exactement ? Quelle réalité recouvre ce terme galvaudé ? Et surtout, pourquoi le cinéma indépendant est-il aujourd’hui plus que jamais nécessaire, alors que le streaming s’impose comme le mètre étalon de la consommation culturelle globale ?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Pi | Official Trailer HD | A24" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/yRjkQT9xLZs?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un cinéma en marge</h2>



<p>À l’origine, le cinéma indépendant se définit par ce qu’il n’est pas : il n’est pas produit par les majors, ni calibré par les départements marketing de multinationales. Il n’est pas pensé pour le box-office mondial mais pour raconter une vision singulière. Il échappe aux logiques de franchise, aux algorithmes de recommandation et aux tests audience. En somme, il choisit la voie étroite de l’expression personnelle, de la prise de risque artistique, de l’exploration politique, sociale ou poétique. De <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Rouch">Jean Rouch</a> à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbas_Kiarostami">Abbas Kiarostami</a>, ces œuvres filmiques témoignent d’un cinéma concentré, poétique, souvent politique, tourné sans filet pour raconter le monde autrement.</p>



<p>Dans les faits, cela signifie souvent peu de moyens, mais beaucoup d’idées. Une économie de débrouille, des équipes réduites, parfois même un seul individu en bout de chaîne. On parle ici de “guérilla filmmaking” ou «&nbsp;guerilla movie&nbsp;»: des films comme <em>Pi</em> de Darren Aronofsky (1998), tourné pour 60 000 dollars, ou <em>El Mariachi</em> de Robert Rodriguez (1992), fait avec 7 000 dollars, deviennent cultes à force d’ingéniosité. C’est aussi là que naissent des voix nouvelles : Tarantino, Chazelle, les frères Safdie… tous ont fait leurs armes dans ce circuit parallèle avant d’être récupérés — parfois digérés — par l’industrie.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="EL MARIACHI (1993) – Official Trailer" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/QtNJsvpHye0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un regard sur le monde</h2>



<p>Le cinéma indépendant offre un refuge à des histoires non formatées, hors des schémas narratifs calibrés Market-fit. Il est fondamentalement politique, au sens noble du terme. Il parle de ceux qu’on ne voit pas. Il filme les quartiers oubliés, les familles dysfonctionnelles, les tensions sociales ou raciales. Il donne la parole aux femmes, aux minorités, aux invisibles. Il bouscule la narration, s’affranchit des genres, prend des chemins de traverse. Il ne cherche pas à plaire à tout le monde, mais à dire quelque chose de juste.</p>



<p>Regardez <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-whiplash/">Whiplash</a></em> de Damien Chazelle : un film sur l’obsession et la violence symbolique, financé d’abord à hauteur d’un court-métrage autoproduit, avant d’exploser à Sundance. <em>Eternal Sunshine of the Spotless Mind</em> de Michel Gondry, pourtant porté par Jim Carrey, aurait été impossible à produire dans un cadre classique tant son scénario était étrange, non linéaire, poétique. Ces films ne naissent pas dans le confort des studios, mais dans le doute, la recherche, la nécessité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une précarité chronique</h2>



<p>C’est là que le bât blesse : le cinéma indépendant, par nature, vit dans une précarité chronique. En France, les aides du CNC soutiennent une partie de la production dite « non conventionnée », mais le nerf de la guerre reste le financement. Or, les diffuseurs se raréfient, les guichets publics se resserrent, et les salles art-et-essai ferment à vue d’œil. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon la <a href="https://www.fncf.org/online/pid1/accueil.html">Fédération Nationale des Cinémas Français</a>, plus de 130 salles indépendantes ont fermé entre 2020 et 2023. Dans le même temps, Netflix produit chaque année plus de contenu que l’ensemble des chaînes publiques françaises réunies. Et cela pose problème.</p>



<p>Les plateformes de streaming, Netflix, Amazon Prime Video ou Disney+, en investissant massivement dans la production et la diffusion de contenus, captent à la fois les ressources financières, les talents et surtout l’attention du public. Le modèle qu’ils imposent privilégie les séries au format répétitif, les récits balisés, pensés pour maximiser l’engagement algorithmique. Cette logique industrielle tend à lisser les propositions, reléguant la prise de risque artistique au second plan. Selon une enquête d’<a href="https://www.eurekoi.org/le-streaming-a-t-il-tue-le-cinema/">Eurêkoi</a>, 29 % des abonnés fréquentent moins les salles de cinéma, 12 % déclarent ne plus y aller du tout.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Eternal Sunshine of the Spotless Mind Official Trailer #1 - Jim Carrey, Kate Winslet Movie (2004) HD" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/07-QBnEkgXU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un avenir menacé&nbsp;?</h2>



<p>Les cinémas d’art et d’essai, maillons essentiels dans la chaîne de distribution du cinéma indépendant, sont eux aussi sous tension. Dépendants du soutien public pour survivre, ces lieux jouent un rôle crucial dans la diversité culturelle des territoires, la diffusion de films non formatés, et la découverte de cinéastes émergents. Leur disparition progressive constitue une perte nette pour la vitalité du cinéma d’auteur et pour l’accès du public à des œuvres singulières et exigeantes. Cette menace accroît une fragilité économique structurelle. Les films indépendants peinent à trouver leur place dans un marché ultra-concurrentiel dominé par quelques blockbusters.</p>



<p>Ce déséquilibre met en péril la viabilité de nombreux projets indépendants, souvent produits avec des budgets serrés, et fragilise toute une économie intermédiaire (auteurs, producteurs, distributeurs, exploitants de petite taille…). Pour faire face, les cinéastes inventent des solutions. Le financement participatif s’est imposé comme une alternative viable : <em>Demain</em> de Cyril Dion et Mélanie Laurent a été <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2014/12/05/le-film-demain-un-rare-succes-de-crowdfunding_4535611_3234.html">coproduit par des milliers de citoyens</a> via KissKissBankBank. Des plateformes comme Tënk, UniversCiné ou Outbuster permettent une diffusion ciblée, respectueuse des œuvres. Certains festivals, comme <a href="https://www.festival-entrevues.com/">Entrevues</a> de Belfort, l’<a href="https://www.lacid.org/fr/cannes">ACID</a> à Cannes ou <a href="https://www.premiersplans.org/fr">Premiers Plans</a> à Angers, jouent un rôle vital de détection et d&rsquo;accompagnement. Ils ne se contentent pas de montrer des films, ils les aident à exister.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="DEMAIN de Cyril Dion et Mélanie Laurent - Bande-Annonce" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/tmF9sN5O4Gs?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>Le cinéma indépendant n’est pas une nostalgie, ni une coquetterie de cinéphiles. Il est l’avenir de la diversité culturelle, le terreau de toutes les innovations narratives. Il est ce qui reste quand tout le reste devient produit. Mais il ne tiendra pas sans soutien : ni du public, ni des pouvoirs publics. Il faut des lieux, des festivals, des critiques, des passeurs. Il faut aussi des modèles économiques durables, équitables, éthiques. Pas des cache-misère, pas des pansements sur une industrie malade, mais une autre vision du cinéma : celle qui regarde le monde avec attention, au lieu de lui vendre du confort algorithmique.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/cinema-independant-enjeux-definitions-financement/">Cinéma indépendant : préserver le terreau de toutes les innovations narratives</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le rideau tombe sur le Champs‑Élysées Film Festival : une déchirure pour le cinéma indépendant</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/fin-champs-elysees-film-festival-cinema-independant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Jul 2025 08:44:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38167</guid>

					<description><![CDATA[<p>9 juillet 2025 : après 14 éditions dont la dernière s’est achevée le 25 juin, le Champs‑Élysées Film Festival (CEFF) annonce sa disparition. « Clap de fin » vont claironner les médias en relayant l’info à chaud. Habituellement, ce genre d’info, nous évitons de les diffuser sur The ARTchemists, nous attachant plus à filer des pistes et des recos pour ouvrir/enrichir l’horizon culturel de chacun.e. Mais en l’état, cet événement nous a interpellé.es de par...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/fin-champs-elysees-film-festival-cinema-independant/">Le rideau tombe sur le Champs‑Élysées Film Festival : une déchirure pour le cinéma indépendant</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-fin-du-champs-elysees-festival.jpg" alt="" class="wp-image-38168" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-fin-du-champs-elysees-festival.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-fin-du-champs-elysees-festival-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-fin-du-champs-elysees-festival-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>9 juillet 2025 : après 14 éditions dont la dernière s’est achevée le 25 juin, le <a href="https://www.champselyseesfilmfestival.com/2025/">Champs‑Élysées Film Festival</a> (CEFF) annonce sa disparition. « Clap de fin » vont claironner les médias en relayant l’info à chaud. Habituellement, ce genre d’info, nous évitons de les diffuser sur The ARTchemists, nous attachant plus à filer des pistes et des recos pour ouvrir/enrichir l’horizon culturel de chacun.e. Mais en l’état, cet événement nous a interpellé.es de par sa signification, ce qu’il traduit de l’état de la culture en France et ailleurs, ce qu’il laisse présager. Explications.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un rendez-vous incontournable du cinéma indépendant</strong></h2>



<p>Posons le cadre pour ceux/celles qui ignoreraient de quoi il s’agit&nbsp;: né en 2012, le festival des Champs-Élysées s’est imposé comme le rendez-vous incontournable du cinéma indépendant, un tremplin pour des réalisateurs trop marginaux pour bénéficier des circuits de diffusion classiques. Chaque été, les salles prestigieuses de la plus belle avenue du monde – Publicis, Le Balzac, UGC George V, entre autres – accueillent avant‑premières, masterclasses, conférences avec à la clé une sélection ambitieuse dédiée aux cinéastes émergents.</p>



<p>A l’origine de cette initiative, Sophie Dulac. Productrice et distributrice, exploitante de salle, reconnue pour son engagement en faveur du cinéma d’auteur, elle est née dans une famille liée au monde des médias (c’est la petite-fille de Marcel Bleustein-Blanchet, fondateur de Publicis). Œuvrant d’abord dans le recrutement, elle va finalement se tourner vers le cinéma, fonde Sophie Dulac Productions dès 1999, rachète en 2001 la chaîne Les Écrans de Paris (qui regroupe des salles indépendantes comme l’Arlequin, le Reflet Médicis ou le Majestic Bastille). En 2003, <a href="https://www.dulacdistribution.com/">Dulac Distribution</a> voit le jour, une locomotive de la diffusion de films d’auteur, de documentaires et de premières œuvres.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Bande-annonce CEFF 2025" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/M9vIXjmX9pY?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un pilier des coproductions franco-américaines</strong></h2>



<p>Aujourd’hui ce qui est devenu <a href="https://www.maisondulaccinema.com/">Maison Dulac Cinéma</a> distribue environ dix à douze films par an et compte un catalogue riche de plus de cent titres. Bref, Dame Dulac et ses sociétés sont enracinées dans l’univers du cinéma ; le Champs-Élysées Films Festival a été façonné dans cette perspective de développement, afin de construire des ponts entre la France et les USA. Un véritable levier stratégique pour les entités sus-citées : en mettant en lumière de jeunes talents de part et d’autre de l’Atlantique, le CEFF constitue un sas entre les marchés européens et nord-américains, favorisant l’émergence de projets communs en partenariat avec par exemple <a href="https://www.americanfilmfestival.pl/artykul.do?lang=en&amp;id=2534">US In Progres</a>.</p>



<p>Cette ligne éditoriale assumée a permis à la Maison Dulac d’identifier des films à fort potentiel, de tisser des liens avec des agents internationaux et de positionner ses productions sur des circuits festivaliers majeurs comme <a href="https://festival.sundance.org/">Sundance</a> ou <a href="https://tribecafilm.com/">Tribeca</a> (dixit <a href="https://filmfreeway.com/ChampsElyseesFilmFestival?utm_source=chatgpt.com">FilmFreeway</a>). Cette logique s’inscrit dans une volonté plus large de faire de la Maison Dulac Cinéma un acteur incontournable des coproductions franco-américaines et de la diffusion d’un cinéma d’auteur international. Dit autrement, le CEFF permet à la constellation Dulac de propulser ses films, d’alimenter ses réseaux de distribution.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L</strong><strong>a dislocation d’un</strong><strong>e interface</strong><strong> é</strong><strong>conomique et culturel</strong><strong>le</strong></h2>



<p>Rien d’étonnant, nombre de festivals intégrant une partie pro ont cet objectif (cf le <a href="https://www.festival-cannes.com/">festival de Cannes</a> ou le <a href="https://www.theartchemists.com/?s=MaMA">MaMA</a>). Là où ça devient problématique, c’est que la fin du CEFF ne marque pas seulement la disparition d’un événement cinéphile ; elle représente la dislocation d’une interface économique et culturelle, au service d’une vision artisanale du cinéma à l’ère des géants du streaming. Le point culminant d’un malaise latent ?</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Rappelons le licenciement abusif du directeur historique du Reflet Médicis, en écho aux témoignages de management toxique au sein des structures Dulac, témoignages relayés dans les médias, notamment <a href="https://www.liberation.fr/culture/cinema/licenciements-pression-du-chiffre-persecution-temoignages-de-violence-manageriale-aux-cinemas-dulac-20250612_R3WLBVSFGFA6DMEUYQVXDKCMLA/">Libé</a>, et évoquant climat d’angoisse, pression incessante, harcèlement. Ces révélations ont d’ailleurs conduit plusieurs membres du jury de l’édition 2025 à démissionner, dans un climat de tension palpable (dixit <a href="https://www.lesinrocks.com/cinema/violences-manageriales-et-cinemas-dulac-des-jurys-du-champs-elysees-film-festival-se-retirent-667842-19-06-2025/">Les Inrocks</a>).</li>



<li>Cette ultime édition a eu lieu sur fond de démantèlement des aides publiques et de fermeture progressive des salles emblématiques sur l’avenue. Une fragilité économique sur laquelle Sophie Dulac rebondit pour expliciter la fin de l’événement.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que cela révèle du monde du cinéma indépendant</h2>



<p>La disparition du CEFF cristallise clairement plusieurs mutations profondes du paysage cinématographique.</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>La crise des festivals indépendants : le CEFF était une anomalie vertueuse : petit par l’échelle, mais fort par l’identité. En fédérant passionnés et professionnels autour du cinéma exigeant entre France et États-Unis, il jouait un rôle essentiel dans l’émergence des auteurs indépendants. Sa disparition laisse un vide d’autant plus perceptible qu’il n’existe pas d’équivalent identitaire dans la capitale.</li>



<li>La pression des plateformes numériques : face à l’ascension irrésistible de Netflix, Prime Video ou Disney+, les festivals traditionnels se voient obligés de réinventer leur modèle. Beaucoup d’indépendants sont désormais limités à des espaces virtuels ou à des plateformes spécialisées. Or, un festival physique comme le CEFF offrait une visibilité, un point de rencontre et d’échange, une expérimentation collective impossible à reproduire sur écran.</li>



<li>L’urgence de l’éthique et du respect humain : le scandale du management toxique touche un nerf : aujourd’hui, la culture ne peut plus être dissociée du bien‑être des personnes qui la font vivre. L’arrêt du festival pointe du doigt l’incompatibilité entre exaltation artistique et pratiques managériales précaires – un signal fort : protéger les équipes est autant une condition qu’un impératif pour porter des projets culturels.</li>



<li>La fragilité économique de la filière : les festivals tiers – souvent structurés comme de petites PME – subissent la baisse généralisée des subventions et la raréfaction des lieux physiques. La fermeture du CEFF démontrerait que, sans appui financier stable et vision politique, aucun projet n’est à l’abri, même valorisé par le public.</li>
</ol>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’après-CEFF : un défi à relever</strong></h2>



<p>Ci-gît le CEFF. La question alors se pose : quel futur pour le cinéma indépendant à Paris ?<br />Un vide symbolique et logistique vient de s’ouvrir… et suscite un appel à la créativité. Collectivités, associations, entrepreneurs culturels vont-ils valoriser ce moment pour redéfinir un projet hybride ? En ont-ils seulement les moyens à l’heure de la grande tonte des subventions ? Un festival plus modeste, tourné vers l’humain, flexible, connecté, mais surtout éthique et durable, pourrait certes reprendre le flambeau, mais comment ?</p>



<p>Le CEFF ne disparaît pas simplement d’un calendrier culturel — il ramène sur le devant de la scène la vitalité et les fragilités du cinéma indépendant. Sa disparition émeut, questionne sur les conditions d’une renaissance. Les amateurs de cinéma, spectateurs de l’ombre et cinéphiles passionnés, sont prêts à le soutenir. Reste à savoir qui aura le courage, la créativité, les moyens… et l’honnêteté, de construire ce projet.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/fin-champs-elysees-film-festival-cinema-independant/">Le rideau tombe sur le Champs‑Élysées Film Festival : une déchirure pour le cinéma indépendant</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Soft power : outil de rayonnement ou piège culturel ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/soft-power/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Jun 2025 16:53:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38086</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cela va peut-être étonner les plus candides d’enter vous, mais le monde de la géopolitique n&#8217;est pas uniquement peuplé de tanks, de missiles, de discours onusiens et de négociations barbouziennes. Non, non, non, dans cette histoire il faut aussi compter avec le soft power. Vous avez peut-être déjà entendu le mot, sans trop capter de quoi il s’agit vu que la notion est assez retorse. Dommage car la logique est...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/soft-power/">Soft power : outil de rayonnement ou piège culturel ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/Illustrations-articles-The-ART-1-1.jpg" alt="" class="wp-image-38088" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/Illustrations-articles-The-ART-1-1.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/Illustrations-articles-The-ART-1-1-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/Illustrations-articles-The-ART-1-1-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Cela va peut-être étonner les plus candides d’enter vous, mais le monde de la géopolitique n&rsquo;est pas uniquement peuplé de tanks, de missiles, de discours onusiens et de négociations barbouziennes. Non, non, non, dans cette histoire il faut aussi compter avec le soft power. Vous avez peut-être déjà entendu le mot, sans trop capter de quoi il s’agit vu que la notion est assez retorse. Dommage car la logique est vraiment efficace, et que nous sommes tous.tes touché.es. Attachez vos ceintures, on plonge dans le monde fascinant du pouvoir doux !</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="PARASITE - Bande-Annonce Officielle" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/e_sUpjVgqU4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Qu&rsquo;est-ce que le Soft Power ?</h2>



<p>Déjà une petite définition la plus claire possible&nbsp;: le soft power, c&rsquo;est l&rsquo;art de séduire et d&rsquo;influencer sans recourir à la force brute. Concrètement ça donne quoi&nbsp;? Imaginez une soirée où vous devez convaincre quelqu&rsquo;un de choisir votre série préférée. Plutôt que de crier et de menacer, vous sortez vos arguments les plus subtils : les critiques élogieuses, les scènes marquantes, le charisme des acteurs. Eh bien, c’&rsquo;est exactement ce que font les pays sur la scène internationale avec le soft power : ils utilisent la culture, les valeurs et les politiques attractives pour gagner des alliés, diffuser leur point de vue et influencer l&rsquo;opinion mondiale pour aller dans leur sens.</p>



<p>Le terme a été forgé à la fin des années 1980 par le politologue américain <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Nye">Joseph Nye</a>, professeur à Harvard, dans son ouvrage <em>Bound to Lead: The Changing Nature of American Power</em> (1990). Nye y conteste le déclin annoncé de la puissance américaine après la Guerre froide, en proposant une nouvelle grille de lecture du pouvoir : selon lui, la capacité d’un pays à influencer les autres sans contrainte, par l’attraction plutôt que par la coercition, constitue une forme de puissance à part entière. Nye oppose ainsi le <em>hard power</em>, fondé sur la force militaire et les pressions économiques, au <em>soft power</em>, qui repose sur la culture, les valeurs politiques (liberté, démocratie, droits humains) et la légitimité de la politique étrangère. C’est une puissance plus diffuse, souvent moins visible, mais redoutablement efficace dans un monde interconnecté où l’image et la narration jouent un rôle crucial.</p>



<p>Dans ses ouvrages ultérieurs, notamment <em>Soft Power: The Means to Success in World Politics</em> (2004) et <em>The Future of Power</em> (2011), Nye affine sa pensée et introduit l’idée de <em>smart power </em>: une combinaison stratégique du hard et du soft power. D’autres chercheurs, politistes et spécialistes des relations internationales ont enrichi le concept :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Bourdieu">Pierre Bourdieu</a>, sans utiliser le terme « soft power », a largement exploré la notion de violence symbolique et de domination culturelle, qui préfigure certaines réflexions sur l’influence douce dans un cadre global.</li>



<li>Le sociologue <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Manuel_Castells">Manuel Castells</a> a travaillé sur le pouvoir des réseaux et l’économie de l’image dans la société de l’information, en lien avec l’idée d’une influence par la communication.</li>



<li>Dans une perspective critique, des auteurs comme <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_Sa%C3%AFd">Edward Saïd</a> (avec le concept d’orientalisme) ont souligné que le soft power peut aussi masquer des dynamiques néocoloniales, lorsque la séduction culturelle sert des objectifs de domination.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="BTS (방탄소년단) &#039;Dynamite&#039; Official MV" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/gdZLi9oWNZg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Soft power in real life</h2>



<p>Ok mais sur le terrain, in real life, ça donne quoi&nbsp;? Comment se décline le soft power&nbsp;? Quelle tournure&nbsp;? Quelle logique&nbsp;? Voici quelques exemples géographiques pour mieux cerner la chose (vous allez voir, en fait vous connaissez bien le concept sauf que vous ne le saviez pas mais heureusement The ARTchemists sont là).</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Les États-Unis : Hollywood et McDonald&rsquo;s</em></h3>



<p>Ah, les États-Unis ! Pas pour rien que l’idée vient de là. Les Américains ont compris depuis longtemps l&rsquo;importance du soft power. Hollywood, c&rsquo;est un peu la machine à rêves mondiale. Les blockbusters américains envahissent les écrans de la planète, façonnant les imaginaires et les aspirations de millions de personnes. Ajoutez à cela des marques comme McDonald&rsquo;s et Coca-Cola, des réseaux sociaux comme Facebook ou X et vous avez un cocktail explosif de soft power. Ces éléments véhiculent une image de liberté, de succès et de prospérité, mais au finish il s’agit d’implanter les valeurs made in USA un peu partout dans nos petits crânes.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>La Corée du Sud : K-pop et K-dramas</em></h3>



<p>Qui aurait cru il y a vingt ans que la Corée du Sud deviendrait une superpuissance culturelle ? Avec la montée en puissance de la K-pop (merci BTS !) et des dramas coréens, le pays a su s&rsquo;imposer comme une référence mondiale en matière de divertissement. En 2020, par exemple, le film <em>Parasite </em>a remporté l&rsquo;Oscar du meilleur film, une première pour un film non anglophone, illustrant parfaitement cette ascension fulgurante.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>La Chine : les routes de la soie culturelles</em></h3>



<p>La Chine n’est pas en reste, au contraire. Elle utilise le soft power pour améliorer son image sur la scène internationale, notamment à travers des initiatives comme les <a href="https://www.institutconfucius.fr/">Instituts Confucius</a>, présents dans le monde entier afin de promouvoir la langue et la culture chinoises. De plus, elle investit massivement dans des productions cinématographiques internationales,organise des événements culturels de grande envergure, comme les Jeux olympiques de Pékin en 2008, et prête des pandas en leasing aux zoos les plus célèbres de la planète.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Concert de Raghunath Manet dans le cadre du festival Namasté France, 24 novembre 2016" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/kcSwS9aexn8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Soft power&nbsp;: facettes stratégiques</h2>



<p>Les avantages du soft power&nbsp;? Innombrables et bien pratiques. Tout principalement, cette méthode d&rsquo;influence&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>évite les coûts humains et financiers des conflits armés,</li>



<li>crée des alliances durables fondées sur l&rsquo;admiration et le respect mutuel plutôt que sur la peur ou la coercition.</li>
</ul>



<p>Bref c’est juste génial, ça évite de s’égorger. Et ça donne une excellente image du pays qui soft powerise. Ainsi, la France s’est imposée au fil des années comme un modèle de culture et de sophistication grâce à son cinéma, sa cuisine, son art de vivre, ce qui renforce son influence mondiale sans un seul coup de fusil.</p>



<p>Allons un peu plus loin dans cette analyse. Quelles sont les composantes d’un soft power abouti&nbsp;?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>La diplomatie culturelle</em></h3>



<p>Les musées, les expositions et les festivals internationaux sont autant d&rsquo;outils de diplomatie culturelle. Les pays organisent et sponsorisent ces événements pour partager leur culture et renforcer leurs liens avec d&rsquo;autres nations. Par exemple, l’Inde organise à Paris depuis 2010 le festival <a href="https://in.ambafrance.org/Namaste-France-Festival-de-l-Inde-en-France">Namasté France</a> — une initiative de diplomatie culturelle portée par l’<a href="https://www.amb-inde.fr/">Ambassade</a> d&rsquo;Inde et l’<a href="https://www.a2ascholarships.iccr.gov.in/">ICCR</a>, en partenariat avec l’Institut français. Ce festival pluridisciplinaire (musique, danse, artisanat, ateliers, gastronomie) a rassemblé plus de 20 000 visiteurs en 2023, illustrant un engagement durable dans le dialogue interculturel.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>L’éducation et les échanges académiques</em></h3>



<p>Les bourses d&rsquo;études et les programmes d&rsquo;échange académique sont des moyens puissants de soft power. Les étudiants étrangers sont exposés à la culture du pays d&rsquo;accueil où ils partent faire leur cursus ; ils peuvent ainsi devenir des ambassadeurs culturels lorsqu&rsquo;ils rentrent chez eux. Exemple type et particulièrement abouti, le <a href="https://www.daad-france.fr/fr/etudier-et-faire-de-la-recherche-en-allemagne/etudier-en-allemagne/">DAAD</a>, service allemand d’échanges universitaires, est l’un des plus puissants programmes de soft power éducatif au monde. Il finance des milliers de mobilités d’étudiants, d’enseignants et de chercheurs chaque année, dans une logique de coopération scientifique et culturelle. L’Allemagne s’affiche ainsi comme un pays ouvert, rigoureux, moderne, cultivant une image de partenaire fiable, particulièrement dans le monde universitaire.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Médias et divertissement</em></h3>



<p>Les films, les séries télévisées, la musique, les jeux vidéo, mais aussi les formats courts ou les webtoons, sont aujourd’hui parmi les vecteurs les plus puissants du soft power culturel. Ils façonnent les représentations, véhiculent des styles de vie, font rayonner des langues, des esthétiques, des récits nationaux. Grâce aux plateformes de streaming comme Netflix, YouTube, Spotify ou TikTok, les contenus culturels circulent à une vitesse inédite et touchent des publics mondiaux — souvent bien au-delà des intentions initiales. La cinématographie indienne, avec ses codes visuels, ses récits mélodramatiques et son ancrage dans les mythologies locales, s’est imposée comme un pôle culturel majeur en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient. <a href="https://www.theartchemists.com/exposition-bollywood-quai-branly/">Bollywood</a> ne vend pas seulement des films, mais aussi une certaine image de l’Inde : festive, colorée, spirituelle, moderne et profondément enracinée dans ses traditions.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Fela Kuti - Teacher Don&#039;t Teach Me Nonsense (Live at Glastonbury, 1984)" width="640" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/Ts9y5-nfoQ8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Soft power : un atout pour l’art et la culture… ou une menace ?</h2>



<p>L’art et la culture ont toujours circulé, inspiré, ému au-delà des frontières. Mais dans un monde où l’image d’un pays constitue un levier stratégique, ils sont de plus en plus perçus comme des outils d’influence. Le soft power s’infiltre désormais dans les logiques de production culturelle. Est-ce une chance pour les artistes et les institutions ? Ou un risque d’instrumentalisation, voire de formatage ?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Un levier de rayonnement… et de soutien</em></h3>



<p>Le soft power a indéniablement ouvert des portes à la création artistique. Dans certains pays, les politiques culturelles intègrent cette dimension stratégique pour mieux soutenir leurs artistes à l’international. La Turquie, par exemple, a misé massivement sur l’exportation de ses séries télévisées (« dizi »), devenues des succès populaires dans les Balkans, au Moyen-Orient, en Afrique et jusqu’en Amérique latine.<br />Des productions comme <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dirili%C5%9F:_Ertu%C4%9Frul">Diriliş: Ertuğrul</a></em>, épopée néo-ottomane portée par des valeurs traditionnelles et une imagerie nationale forte, participent à façonner une image valorisante et influente de la Turquie contemporaine. Ce succès, aussi sincère soit-il sur le plan artistique, incarne une forme de soft power parfaitement orchestrée, mêlant récit national, nostalgie impériale et stratégie culturelle régionale.</p>



<p>En France, l’action culturelle extérieure repose sur un écosystème d’aides, de festivals, d’instituts et de subventions, qui favorise le rayonnement international d’une culture diverse et plurielle. Ce soutien permet à des cinéastes, des auteurs, des musiciens de faire entendre leur voix bien au-delà de l’espace francophone.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Quel est le prix culturel du soft power ?</em></h3>



<p>Lorsque la culture devient un vecteur stratégique, elle risque de s’aligner sur des critères de visibilité, de désirabilité ou de conformité à une image souhaitée. Certains projets sont favorisés parce qu’ils « représentent bien » une esthétique ou un récit national, tandis que d’autres sont relégués car jugés trop critiques, trop dérangeants.</p>



<p>C’est le cas du cinéaste iranien <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jafar_Panahi">Jafar Panahi</a>, plusieurs fois emprisonné, censuré, puis interdit de tourner dans son propre pays. À l’international, ses films sont célébrés, primés à Berlin, Cannes ou Venise. Ils participent à l’image d’un Iran culturellement raffiné et intellectuel, tout en étant condamnés par les autorités qu’ils dérangent. Cette récupération paradoxale témoigne de la manière dont une œuvre dissidente peut renforcer le prestige culturel d’un pays malgré lui.</p>



<p>De façon inverse, certains artistes critiques sont progressivement neutralisés par la reconnaissance institutionnelle. C’est ce qu’a connu le musicien nigérian <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fela_Kuti">Fela Kuti</a>, dont la musique radicale et militante a longtemps été rejetée par le pouvoir, avant d’être célébrée comme symbole de fierté nationale, une fois sa figure iconique stabilisée.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Les artistes, des ambassadeurs malgré eux ?</em></h3>



<p>Beaucoup de créateurs ne se pensent pas comme des instruments diplomatiques. Leur œuvre naît d’une démarche intime, esthétique, politique. Mais dès qu’ils rencontrent le succès à l’international, ils deviennent, volontairement ou non, des symboles de leur culture d’origine.<br />C’est le cas de <a href="https://www.studioghibli.fr/">Studio Ghibli</a>, au Japon, dont les films porteurs d’univers oniriques, d’écologie douce et de spiritualité subtile ont projeté dans le monde une vision apaisée, poétique et positive de la culture japonaise. À l’opposé, des figures comme <a href="https://www.theartchemists.com/sunflower-seeds-ai-weiwei/">Ai Weiwei</a> (Chine), dont l’art est frontalement politique, sont érigées comme icônes de la liberté d’expression à l’étranger, alors qu’elles sont effacées de l’espace public national.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="HIDDEN by Jafar Panahi - Trailer" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/V6IQ2QIPvnE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une tension féconde ?</h2>



<p>La relation entre soft power et création artistique est donc profondément ambivalente. Elle peut être fertile, lorsqu’elle offre aux artistes des moyens, une visibilité, une reconnaissance. Mais elle peut aussi être limitante, lorsqu’elle oriente les productions vers ce qui est « exportable », « positif », « non dérangeant ».</p>



<p>Pour préserver la vitalité artistique, il est essentiel de maintenir des espaces de création autonomes, à l’abri des impératifs diplomatiques ou des logiques d’image. Car le rôle profond de l’art n’est pas seulement de séduire ou de représenter : c’est aussi de troubler, de questionner, de résister — et c’est en cela qu’il reste, paradoxalement, l’un des vecteurs les plus puissants du soft power véritable.</p>



<p>Le soft power n’est ni bon ni mauvais en soi. C’est un outil, une stratégie, une énergie culturelle en mouvement. Reste à savoir qui l’emploie, dans quel but, et avec quelles limites. Car derrière la séduction douce se joue parfois une partie d’échecs bien plus rude.<br />Alors la prochaine fois que vous chantez un tube de BTS, regardez une série turque ou écoutez un auteur exilé à la radio, demandez-vous : suis-je juste un public ? Ou déjà un pion sur l’échiquier du pouvoir ?</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/soft-power/">Soft power : outil de rayonnement ou piège culturel ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>« La culture, c’est quoi aujourd’hui ? » : état des lieux d’une notion en mutation</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/culture-aujourdhui-definitions-enjeux-debats/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Jun 2025 09:19:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38058</guid>

					<description><![CDATA[<p>The ARTchemists média culturel&#160;? Mais encore&#160;? On en discutait l’autre jour, tous ensemble. Est-ce que ça veut dire encore quelque chose aujourd’hui&#160;? Le mot culture est partout, décliné à toutes les sauces. Dans les médias, les discours politiques, les campagnes de pub, les salles de classe, sur les réseaux sociaux bien évidemment. On parle de culture artistique, populaire, d’entreprise, urbaine, scientifique, numérique… Mais que recouvre réellement ce terme&#160;? Ici maintenant,...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/culture-aujourdhui-definitions-enjeux-debats/">« La culture, c’est quoi aujourd’hui ? » : état des lieux d’une notion en mutation</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-la-culture-en-2025.jpg" alt="" class="wp-image-38069" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-la-culture-en-2025.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-la-culture-en-2025-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-la-culture-en-2025-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>The ARTchemists média culturel&nbsp;? Mais encore&nbsp;? On en discutait l’autre jour, tous ensemble. Est-ce que ça veut dire encore quelque chose aujourd’hui&nbsp;? Le mot <em>culture</em> est partout, décliné à toutes les sauces. Dans les médias, les discours politiques, les campagnes de pub, les salles de classe, sur les réseaux sociaux bien évidemment. On parle de culture artistique, populaire, d’entreprise, urbaine, scientifique, numérique… Mais que recouvre réellement ce terme&nbsp;? Ici maintenant, en 2025 ? D’où vient-il ? À quoi sert-il ? Qu’englobe-t-il&nbsp;? Pourquoi fait-il débat ? Pourquoi DOIT-IL faire débat&nbsp;? Définir la culture, c’est entrer dans un champ vaste, mouvant, confus. Un tour d’horizon s’impose.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un produit de la Renaissance pour trois grandes acceptions contemporaines</h2>



<p>Quand on veut faire le point sur la signification d’un mot, il faut commencer par ses racines, sa source, son étymologie. Le mot <em>culture</em> dérive du latin <em>colere</em> aka «&nbsp;cultiver&nbsp;». À l’origine, il désigne donc l’entretien de la terre (<em>cultura agri</em>). Ce n’est qu’au XVe siècle qu<em>’il</em> commence à s’appliquer à l’esprit : on parle alors de <em>cultiver son savoir</em>, <em>son langage</em>, <em>ses goûts</em>. Ce glissement sémantique reflète un changement profond dans la manière dont on conçoit l’être humain.</p>



<p>À la fin du Moyen Âge, puis avec la Renaissance, l’homme commence à se penser comme perfectible, capable de progresser, de s’élever par l’éducation et la connaissance. C’est le moment où l’on redécouvre les textes de l’Antiquité, où l’on valorise les <em>humanités</em> — grammaire, rhétorique, philosophie, histoire, arts — considérées comme des outils de développement personnel et social. <em>Cultiver l’esprit</em> s’impose comme une image puissante : comme on soigne un champ pour qu’il porte des fruits, on travaille son intelligence, sa sensibilité, sa langue, pour s’épanouir et contribuer à la société.</p>



<p>Et aujourd’hui&nbsp;? Qu’en est-il&nbsp;? La culture est perçue de trois manières&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La culture comme perfection individuelle<strong>&nbsp;</strong>; inspirée des Lumières, elle valorise le raffinement, la connaissance des arts, la lecture, la musique.</li>



<li>La culture comme patrimoine collectif&nbsp;; elle désigne ici les productions d’une société dignes d’être conservées et transmises (musées, monuments, arts « nobles »).</li>



<li>La culture comme mode de vie&nbsp;; c’est une vision anthropologique développée par Edward Tylor ou Claude Lévi-Strauss) selon laquelle tout groupe humain a une culture (langue, rites, cuisine, organisation sociale…).</li>
</ul>



<p>Bien évidemment, ces trois définitions se chevauchent, s’enchevêtrent… et entrent parfois en tension. D’où la grande question&nbsp;: culture pour qui&nbsp;? Culture pour quoi&nbsp;? Et là on entre dans la valse des contradictions.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Culture légitime vs culture populaire</strong></h2>



<p>Depuis les travaux du sociologue Pierre Bourdieu — notamment dans <em>La Distinction</em> (1979) — on sait que la culture n’est pas qu’une affaire de goûts ou de curiosité : c’est aussi un marqueur social. Autrement dit, ce que l’on consomme comme œuvre ou spectacle, ce que l’on considère comme “bon” ou “légitime”, révèle souvent notre origine sociale, notre niveau d’études, notre capital culturel.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La culture dite savante — musique classique, opéra, théâtre d’auteur, peinture ancienne, philosophie — a historiquement été valorisée par l’école, l’université, l’État, les institutions républicaines. Elle est souvent associée à une élite intellectuelle ou bourgeoise, et transmise dans les cercles favorisés dès l’enfance.</li>



<li>En parallèle, la culture populaire — chansons de variété, bandes dessinées, rap, séries télévisées, mangas, jeux vidéo — a longtemps été regardée de haut, considérée comme “inférieure”, “superficielle”, voire “dangereuse”. Pourtant, ce sont ces formes qui touchent aujourd’hui le plus large public, qui forgent des imaginaires puissants, et qui génèrent une créativité foisonnante.</li>
</ul>



<p>Deux univers irréconciliables, voire antagonistes ? Les lignes, heureusement, bougent petit à petit.Depuis une vingtaine d’années, on observe une ouverture du monde culturel institutionnel à la culture populaire. Quelques exemples ? Le <a href="https://www.centrepompidou.fr/fr/">Centre Pompidou</a> a consacré des expositions à la bande dessinée, à l’art brut, au design industriel, ou encore à la culture punk. En 2014, l’exposition <em><a href="https://www.theartchemists.com/tatoueurs-tatoues-au-quai-branly-une-etape-denvergure-dans-les-mutations-dun-genre-en-majeste/">Tatoueurs, tatoués</a></em> au <a href="https://www.quaibranly.fr/fr/">musée du quai Branly</a> a marqué un tournant en reconnaissant le tatouage comme une forme artistique, issue à la fois de rites ancestraux et de mouvements subversifs (prisons, marins, bikers, scènes underground). Des festivals comme <a href="https://www.maisondelaradioetdelamusique.fr/evenement/hip-hop-symphonique-10e-edition">Hip Hop Symphonique</a> réunissent des rappeurs et des orchestres classiques, créant des ponts inédits entre les mondes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Culture mondialisée ou culture fragmentée ?</strong></h2>



<p>Autre paramètre de l’équation : Internet a bouleversé la culture en profondeur. Aujourd’hui, on y accède facilement, gratuitement, partout, en un clic ou presque. On peut aussi produire, partager, commenter des contenus culturels sans passer par les circuits traditionnels : un smartphone suffit pour publier une chanson, un poème, une BD ou un court-métrage. Mais cette ouverture massive produit aussi des effets paradoxaux :</p>



<p>• Les algorithmes, en privilégiant les contenus populaires et rentables, relèguent dans l’ombre les formes d’expression minoritaires, expérimentales, ou simplement moins virales.<br />• Ces mêmes algorithmes construisent des bulles culturelles : chacun se voit proposer des contenus similaires à ce qu’il consomme déjà, sans confrontation avec d’autres styles, d’autres références, d’autres horizons.</p>



<p>Traduction en vrai, dans la vraie vie : des ados peuvent connaître <em><a href="https://www.theartchemists.com/speedlines-manga-one-piece/">One Piece</a></em>, <em>Jujutsu Kaisen</em> ou <em>Demon Slayer</em> sur le bout des doigts, maîtriser les codes du manga et de l’animation japonaise… sans jamais avoir entendu parler de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=moli%C3%A8re">Molière</a>, Balzac ou même de la BD franco-belge. Un jeune peut suivre un influenceur mexicain spécialisé dans le low tech, une streameuse finlandaise fan de cosplay, ou une philosophe brésilienne qui vulgarise Spinoza… sans jamais tomber sur <em><a href="https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/">La Grande Librairie</a></em>, <em><a href="https://www.arte.tv/fr/videos/RC-014036/le-dessous-des-cartes/">Le Dessous des Cartes</a></em>, ou une pièce de théâtre contemporaine française. À l’inverse, une autre personne, dans une autre bulle, ne jurera que par le classique occidental, sans jamais croiser un créateur coréen, une série nigériane ou un vidéaste queer non-européen.</p>



<p>Résultat : la culture circule plus que jamais, mais chacun la vit dans son couloir, sa niche, son algorithme personnel. Une mondialisation en apparence… mais cloisonnée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Culture vivante vs culture institutionnelle</strong></h2>



<p>Également alimenté par l’explosion d’internet, un autre clivage traverse aujourd’hui le monde de la culture, et non des moindres.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>D’un côté, on trouve les institutions traditionnelles — musées nationaux, opéras, conservatoires, grandes écoles artistiques, lieux prestigieux souvent situés dans les centres urbains.</li>



<li>De l’autre, évoluent les créateurs indépendants, collectifs autogérés, artistes issus des cultures urbaines ou numériques, qui se produisent dans des lieux alternatifs ou en ligne, loin des circuits officiels.</li>
</ul>



<p>Cette opposition ne date pas d’hier, mais elle s’est accentuée avec la montée en puissance des réseaux sociaux, des plateformes de diffusion libre, et de nouvelles formes de création plus inclusives, plus connectées, souvent auto-produites.</p>



<p>Les seconds reprochent aux premiers :<br />• leur lenteur d’adaptation aux nouvelles pratiques culturelles et aux formats numériques,<br />• leur centralisme, la majorité des budgets de la visibilité restant concentrée à Paris ou dans quelques grandes villes (et la réduction drastique des subventions n’a rien arrangé),<br />• leur manque de représentativité, un entre-soi social, une faible diversité en termes d’origines, de genres, de parcours ou de disciplines artistiques.</p>



<p>Cette tension se traduit très concrètement dans les débats sur les politiques culturelles :<br />Faut-il continuer à financer massivement les grandes institutions « à la française », ou plutôt soutenir les pratiques locales, les petits lieux de diffusion, les festivals indépendants, les ateliers associatifs, les créateurs de rue, de banlieue ou de web ? Ce débat renvoie à une question plus large : qu’est-ce qu’on considère comme “légitime” dans la culture aujourd’hui ? Et qui décide ?</p>



<p>Concrètement ça donne quoi&nbsp;?</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Tandis que la Philharmonie de Paris propose une programmation prestigieuse et très subventionnée, beaucoup de salles de quartier, de cafés-concerts ou de MJC musicales (ex : le <a href="https://www.lemoloco.com/">Moloco</a> à Audincourt, ou le <a href="https://fgo-barbara.fr/">FGO-Barbara</a> à Paris) luttent pour survivre et offrir une scène aux jeunes groupes émergents. Et pourtant, ce sont souvent ces lieux qui font éclore les nouveaux talents.</li>



<li>L’Opéra de Paris concentre des millions d’euros de subventions publiques chaque année. Pendant ce temps, des collectifs comme <a href="https://paradoxsal.com/">Paradox-sal</a> dansent dans la rue, les friches ou les MJC, et peinent à obtenir des financements durables, alors même qu’ils attirent un public jeune, populaire et diversifié. Leur style, souvent hybride (hip-hop, contemporain, théâtre), est encore peu reconnu dans les circuits officiels.</li>



<li>Le <a href="https://pass.culture.fr/">pass Culture</a>, qui offre un budget de 300 € aux jeunes pour découvrir des œuvres ou lieux culturels, a suscité une polémique : beaucoup de fonds ont profité aux grandes enseignes (Fnac, Pathé…) ou aux grosses institutions, alors que les petits lieux de proximité, les bibliothèques municipales ou les artistes indépendants ont parfois du mal à intégrer le dispositif. Une belle idée, mais qui pose la question : à qui profite réellement ce soutien ?</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Nouvelles formes culturelles : mutation … ou explosion ?</strong></h2>



<p>Nous vivons donc un moment charnière. Jamais la culture n’a été aussi diverse, instantanée, participative. La révolution numérique ne s’est pas contentée de modifier les supports, elle a transformé la nature même des œuvres, des formats, et des rôles. Culture numérique, culture remixée… quid de ce melting pot&nbsp;?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em><strong>La culture numérique</strong></em></h3>



<p>Aujourd’hui, TikTok, Twitch, YouTube, Instagram, et même Discord ou Reddit, sont de véritables lieux de production culturelle. Ces plateformes ne se contentent pas de diffuser : elles créent des tendances, des esthétiques, des mouvements. Chacune a ses codes, ses langages, ses stars et son imaginaire collectif. On y voit émerger de nouveaux formats, hybrides, souvent collaboratifs et éphémères, où l’authenticité, la créativité brute et l&rsquo;interaction comptent autant que la technicité.</p>



<p>Exemples parlants ?<br />• Les battles de rap en ligne (type <em><a href="https://www.eowfrance.fr/v2/">End of the Weak</a></em>, <em><a href="https://www.instagram.com/rapcontendersoff/?hl=fr">Rap Contenders</a></em>) où l’impro, la punchline et la performance sont à l’honneur, accessibles à tous sans passer par une maison de disque.<br />• Les chorégraphies virales sur TikTok, comme langage corporel mondial, reprises en boucle, adaptées, remixées à l’infini.<br />• Les speedruns de jeux vidéo, devenus de véritables performances artistiques où précision, créativité et narration se mêlent.<br />• Les booktubers et booktokers, qui font revivre la critique littéraire auprès d’un jeune public, en utilisant humour, storytelling et mise en scène émotionnelle.</p>



<p>Résultat&nbsp;: les frontières entre créateur et spectateur se brouillent&nbsp;; on <em>commente</em>, on <em>like</em>, on <em>duplique</em>, on <em>répond</em>. Chaque internaute peut devenir acteur culturel, parfois sans le vouloir.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>La culture remixée</em></strong></h3>



<p>Avec les outils numériques accessibles à tous (montage, retouche, IA, filtres), les publics deviennent eux-mêmes créateurs. Ils s’emparent des contenus existants pour en faire autre chose : on découpe, on détourne, on réinterprète, on joue. C’est la logique du remix, du mashup, des memes, des fanfictions :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Un film devient un gif.</li>



<li>Une interview devient une parodie.</li>



<li>Un discours politique devient un son auto-tuné.</li>



<li>Un roman donne lieu à des suites écrites par les fans.</li>
</ul>



<p>Le remix, loin d’être une copie paresseuse, devient une forme d&rsquo;expression critique, créative et ludique. C’est une manière de s’approprier la culture, de la commenter, de la transformer pour mieux la faire parler à son époque. Mais cette culture participative, décrite par Henry Jenkins dans <em>Convergence Culture</em> (2006), questionne les notions traditionnelles d’auteur, d’œuvre, et de public :<br />• Qui est vraiment le créateur ?<br />• À partir de quand une œuvre est-elle « originale » ?<br />• Peut-on créer sans « créer » au sens classique du terme ?</p>



<p>Assiste-t-on à une “crise” de la culture ou à une explosion de ses formats, de ses usages, de ses voix&nbsp;? Cette mutation profonde, souvent joyeuse, parfois chaotique, redéfinit les règles du jeu culturel.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La culture n’est pas neutre, elle est politique</strong></h2>



<p>On pourrait croire que la culture est un espace de liberté pure, de création désintéressée, de divertissement ou de contemplation. En réalité, la culture s’avère un terrain de pouvoir, de choix, de conflits. Elle structure notre vision du monde et reflète les rapports de force qui le traversent.</p>



<p>Assiste-t-on à une crise ou à une métamorphose ?<em> </em>La question n’est pas seulement esthétique. Car cette mutation culturelle, souvent joyeuse, parfois chaotique, redéfinit les règles du jeu, et révèle ce qui se joue en coulisses :<br />• Ce qu’on choisit de montrer ou de cacher,<br />• Ce qu’on décide de financer, de médiatiser, ou au contraire de marginaliser,<br />• Ce qui façonne notre rapport à l’histoire, à l’autre, à soi-même.</p>



<p>La culture n’échappe ainsi à aucun des grands débats contemporains. Elle est traversée par :</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>Des enjeux identitaires&nbsp;</em></strong></h3>



<p>Qui a le droit de prendre la parole ? De représenter ? De raconter ?<br />Les œuvres issues des cultures minoritaires, autochtones, LGBTQIA+, ou diasporiques se heurtent souvent à l’invisibilisation ou à l’exotisation. La question de la représentation devient centrale : on attend de la culture qu’elle reflète enfin la pluralité des identités.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>Des conflits de mémoire</em></strong></h3>



<p>Comment raconter l’histoire ? Quelle place accorder à la colonisation, aux génocides, aux exils, à l&rsquo;esclavage ? Les musées, les manuels scolaires, les films historiques sont autant de champs de bataille où se rejouent les mémoires blessées, les silences, les amnésies officielles.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>Des luttes économiques</em></strong></h3>



<p>Qui peut vivre de la culture ? Qui décide de ce qui est “rentable” ? La précarité des artistes, la concentration des moyens dans quelques grandes structures, la logique de rentabilité imposée par certains financeurs posent la question de la marchandisation de la culture — au détriment de la création libre, indépendante, ou expérimentale.</p>



<p>Les exemples ne manquent guère, ne serait-ce que dans notre article sur le travail de sape culturelle entrepris par Trump. Mais on en remet une p&rsquo;tite couche quand même&nbsp;:</p>



<p>• Le débat sur les œuvres dites “décoloniales” dans les musées occidentaux (ex. : restitution des œuvres d’art africain spoliées, ou relecture des collections ethnographiques) révèle la remise en cause des récits dominants, et la tension entre mémoire coloniale et justice culturelle.</p>



<p>• La censure d’artistes féministes sur Instagram (notamment dès qu’un corps nu, une menstruation, une dénonciation du sexisme est représentée) montre comment les plateformes régulent la visibilité selon des normes sexistes, puritaines ou commerciales.</p>



<p>• Le refus de certaines œuvres engagées dans des festivals sponsorisés (ex. : œuvres écologistes censurées dans des événements soutenus par Total, ou performances pro-LGBT écartées de scènes institutionnelles) souligne que le mécénat privé conditionne la liberté d&rsquo;expression.</p>



<p>La culture constitue donc un miroir des tensions de notre société, avec à la clé des problématiques cruciales :<br />• Qui a accès à la parole publique ?<br />• Qui décide de ce qu’est une “grande œuvre” ?<br />• Quelle mémoire collective transmet-on ?<br />• Peut-on créer librement dans un système financé par des intérêts économiques ou politiques ?</p>



<p>La réponse n’est jamais simple. Mais une chose est sûre : défendre une culture vivante, critique, inclusive, c’est aussi faire un acte politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Récapitulons&nbsp;</strong></h2>



<p>La culture aujourd’hui n’est plus univoque. Elle est :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Fragmentée mais connectée,</li>



<li>Populaire et expérimentale,</li>



<li>Ancrée localement, diffusée mondialement.</li>
</ul>



<p>Elle évolue hors des sentiers classiques, dans :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les collectifs queer et DIY,</li>



<li>Les friches artistiques,</li>



<li>Les pratiques amateurs,</li>



<li>Les webzines, les podcasts, les stories Insta.</li>
</ul>



<p>Ce qu’on appelait jadis « haute culture » ou « culture populaire » est désormais fluide, transversale, contaminée. Et c’est tant mieux. Mais cela ne nous dit pas ce qu’est la culture aujourd’hui peut-être parce que la bonne question est&nbsp;: qu’est-ce que la culture devrait être&nbsp;?</p>



<p>Ce qui fait lien&nbsp;? Ce qui nous permet de raconter, comprendre, ressentir&nbsp;?<br />Ce qui divise, hiérarchise, ou libère&nbsp;?<br />C’est peut-être, c’est surtout ce qu’on choisit d’en faire : chacun, chaque jour, en écoutant, en créant, en partageant.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/culture-aujourdhui-definitions-enjeux-debats/">« La culture, c’est quoi aujourd’hui ? » : état des lieux d’une notion en mutation</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mamari Munezero : rire solaire et sketches thérapeutiques</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/mamari-humoriste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Feb 2025 08:29:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37830</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle a du talent. Un talent fou ! Il en faut pour évoquer pêle-mêle le génocide du Rwanda, l’homosexualité, la dépression et l’internement psychiatrique sans voir le public fuir à tire-d’aile. Seulement voilà : Mamari Munezero a un don : elle sait rire et faire rire. Avec intelligence et bon sens. Ce qui n’est pas donné à tout le monde. Sur scène comme un poisson dans l’eau...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/mamari-humoriste/">Mamari Munezero : rire solaire et sketches thérapeutiques</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/02/The-ARTchemists-Mamari-humoriste.jpg" alt="" class="wp-image-37831" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/02/The-ARTchemists-Mamari-humoriste.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/02/The-ARTchemists-Mamari-humoriste-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/02/The-ARTchemists-Mamari-humoriste-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle a du talent. Un talent fou ! Il en faut pour évoquer pêle-mêle le génocide du Rwanda, l’homosexualité, la dépression et l’internement psychiatrique sans voir le public fuir à tire-d’aile. Seulement voilà : <a href="https://www.instagram.com/mamari.munezero/">Mamari Munezero</a> a un don : elle sait rire et faire rire. Avec intelligence et bon sens. Ce qui n’est pas donné à tout le monde.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Mamari et la santé mentale dans le tremplin Jeune - Le tremplin jeune" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/pkn5QeD3yU0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Sur scène comme un poisson dans l’eau</h2>



<p>Un rire éclatant, solaire, une voix de gamine, des yeux qui pétillent de malice : Mamari Munezero évolue sur scène comme un poisson dans l’eau. Aucun doute : c’est son élément. Et son champ d’action. Objectif de sa mission : nous rendre un peu moins cons. Et plus tolérants.</p>



<p>En nous parlant d’homosexualité, de maladie mentale. Sans fard ni chichi, avec un humour décapant. Il faut dire qu’elle connaît le sujet, elle qui a vécu le génocide au Rwanda dont elle est originaire, l’inceste, la dépression, l’internement en hôpital psychiatrique.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="La véranda d’Overton - La chronique de Mamari dans &quot;La dernière&quot;" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/_kNzHBaz37Q?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">La question de la souffrance mentale</h2>



<p>D’aucuns se seraient fichus en l’air. Mamari, quant à elle, a opté pour le rire. Maniant la plume depuis son enfance, elle découvre au fil de ses expériences de vie qu’elle a des choses à dire et à partager. Et du talent. Donc, elle plaque ses études de pharmacie pour devenir humoriste. À la veille de la pandémide de COVID.</p>



<p>Pandémie à laquelle elle va survivre pour imposer son approche et son style, avec notamment le spectacle <em>Trop drôle pour mourir</em>. Réseaux sociaux, podcasts, émissions de radio, participation à des festivals, des tables rondes, des conférences, Mamari utilise tous les canaux pour communiquer sur la question de la souffrance mentale, entre autres.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Mamari, traumatisée et ringardos" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/6uB6mAnmgzc?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Humilité et autodérision</h2>



<p>Et en démystifier la nature. Avec autant d’humilité et d&rsquo;authenticité que de brio. Avec beaucoup d’autodérision également, une ironie gentiment mordante mais mordante quand même. Phrasé mélodieux, sens du rythme, elle module ses blagues, joue sur les sonorités, les images également. Et nous fait rire. Aux éclats. Résiliente. Brisant les tabous. Nous invitant à utiliser les termes directement plutôt que les figures de style qui édulcorent.</p>



<p>Écornant au passage nos certitudes d’être bien normaux, équilibrés. Riant gentiment de tout son corps, gestuelle, visage, regard, mais sans tomber dans la guimauve ou le grotesque. Exercice périlleux mais la demoiselle est virtuose, dotée de l’élégance discrète et détachée des survivants. Avec cela un sens de la tournure, de l’a-propos, de la réplique qui fait mouche, du dialogue avec autrui.</p>



<p>Bref un très gros coup de coeur pour cette jeune femme surdouée, qui apporte autant de fraîcheur que d’espoir avec ses sketches hautement thérapeutiques. </p>



<p>Pour en savoir plus sur Mamari Munezero, son univers et son actualité, consultez <a href="https://linktr.ee/tropdrolepourmourir?fbclid=PAZXh0bgNhZW0CMTEAAabEnbAbn9kLLr9iTaUHcC2HdFqperrrKm1pb54o4f5lEbAIApiLc-XncFA_aem_v7RUMJ8Nna6wT4CzcPr_Tg">son linktr.ee</a>.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/mamari-humoriste/">Mamari Munezero : rire solaire et sketches thérapeutiques</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Bon Marché, laboratoire du retailtainment : expérience artistique ou machine à vendre ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/bon-marche-retailtainment/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Feb 2025 17:57:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lifestyle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37780</guid>

					<description><![CDATA[<p>Je profite de l’article consacré par Dauphine à l’expo La saga des grands magasins pour me pencher un instant sur Le Bon Marché Rive Gauche. On ne présente plus le très parisien très prestigieux grand magasin qui servit de modèle à Zola pour son Bonheur des dames. Son architecture fait désormais partie du paysage de la capitale, l’endroit a su s’imposer comme une étape touristique incontournable, a fidélisé une clientèle...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/bon-marche-retailtainment/">Le Bon Marché, laboratoire du retailtainment : expérience artistique ou machine à vendre ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/02/affiches-des-spectacles-proposes-par-le-Bon-Marche.jpg" alt="" class="wp-image-37783" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/02/affiches-des-spectacles-proposes-par-le-Bon-Marche.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/02/affiches-des-spectacles-proposes-par-le-Bon-Marche-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/02/affiches-des-spectacles-proposes-par-le-Bon-Marche-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Je profite de l’article consacré par Dauphine à l’expo <em><a href="https://www.theartchemists.com/expo-saga-des-grands-magasins/">La saga des grands magasins</a></em> pour me pencher un instant sur <a href="https://www.lebonmarche.com/fr/index">Le Bon Marché Rive Gauche</a>. On ne présente plus le très parisien très prestigieux grand magasin qui servit de modèle à Zola pour son Bonheur des dames. Son architecture fait désormais partie du paysage de la capitale, l’endroit a su s’imposer comme une étape touristique incontournable, a fidélisé une clientèle huppée qui y fait régulièrement son shopping de luxe. Ce qui n’empêche pas l’enseigne de développer son offre. Parmi ses nombreuses prestations, une stratégie événementielle pour le moins dynamique : expositions immersives, spectacles, visites guidées thématiques. Objectifs : enrichir l&rsquo;expérience client ; renforcer l’image de marque. Quitte à marcher sur les brisées du monde culturel ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du site de vente au parcours culturel</h2>



<p>A l’origine de cette politique, l&rsquo;équipe de création du Bon Marché, cornaquée par <a href="https://www.instagram.com/fredkerlou/?hl=fr">Frédéric Bodenes</a>. Le directeur artistique du Bon Marché Rive Gauche joue un rôle clé dans la conception et la réalisation de ces événements. La logique est simple : métamorphoser le site de vente en parcours culturel immersif. Quitte à jouer sur plusieurs tableaux. Ainsi l&rsquo;exposition <em>Je t&rsquo;aime comme un chien</em>, prévue du 8 février à fin avril 2025 pour célébrer la place des chiens dans la société contemporaine (et qui va transformer le magasin en gigantesque parc canin) chevauche l’expo de l’artiste brésilien Ernesto Neto <em>Le La Serpent</em> qui se termine le 23 février.</p>



<p>Pas une nouveauté du reste, cela fait un bail que le BM capte l’attention avec ses expos, intégrant des œuvres souvent gigantesques dans l’enceinte du bâtiment, sous les verrières. Ai Weiwei, Joana Vasconcelos, Daniel Burren, on ne compte plus les grands noms de l’art contemporain qui ont y accroché leurs titanesques installations. Même Philippe Katerine y a eu carte rose avec son Mignonisme. «&nbsp;<em>L’art fait partie de notre ADN, depuis la fondation du Bon Marché par les époux Boucicaut. C’est une évidence que le culturel et l’art prennent place dans notre Grand Magasin. Nous souhaitons qu’il devienne le prétexte «&nbsp;d’une agréable balade&nbsp;</em>»<em>. Un espace d’inspiration et d’échange, comme il l’a toujours été&nbsp;</em>» explique Bodenes dans la G<a href="https://www.lebonmarche.com/fr/lbm_gazette-interview-bonheur-des-dames.html?srsltid=AfmBOoowgAZOW-0r8_Jlm8ul5akgu83ZU56LklHFDkeUkJ4sePTAz0M8">azette</a> du site web du BM.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Une expérience théâtrale immersive au cœur du Bon Marché Rive Gauche I EVENEMENT" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/fEwcb-rSd_k?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Du retail expérentiel</h2>



<p>Plus prosaïquement et parce qu’il ne faut pas oublier qu’un grand magasin à la base, c’est fait pour vendre et engranger des bénéfices (surtout quand le magasin en question appartient depuis 1984 à l’écurie <a href="https://www.lvmh.com/fr">LVMH</a>, leader mondial du luxe), rappelons que cette politique événementielle poursuit plusieurs objectifs.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Renforcer l&rsquo;attractivité du magasin </strong><strong>:</strong> En proposant des événements culturels et artistiques, le Bon Marché attire une clientèle diversifiée et curieuse.</li>



<li><strong>Créer une expérience client unique :</strong> Les expositions immersives et les spectacles offrent aux visiteurs un moment mémorable, ce qui travaille à leur fidélisation.</li>



<li><strong>Affirmer l&rsquo;identité culturelle du magasin :</strong> En collaborant avec des artistes et en abordant des thématiques variées, le Bon Marché se positionne comme un acteur culturel majeur de la rive gauche parisienne.</li>
</ul>



<p>Pas un hasard ? Le Bon Marché constitue un pilier stratégique pour LVMH en matière de retail expérientiel. Retail expérientiel ? Une approche du commerce qui va au-delà de la simple vente de produits puisqu’il s’agit d’offrir aux clients une expérience immersive et engageante. Le magasin est transformé en un lieu où l&rsquo;on découvre, interagit et vit une expérience unique à travers des animations innovantes. L’objectif est de créer une connexion émotionnelle avec les clients, un lien quasi affectif, fort et durable qui permet de se différencier de la concurrence des autres magasins et du e-commerce.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Spectacles immersifs</h2>



<p>Voilà, voilà. Cette connexion émotionnelle passe justement par un choix de thématiques et d’artistes surprenants… mais dans le bon sens. Ce n’est pas franchement là qu’on ira mettre en avant des créateurs contestataires dans l’esprit d’un Stéphane Blanquet. Le Bon Marché mise plutôt sur des sujets sociétaux actuels, des hommages culturels, tout en collaborant avec des artistes reconnus.</p>



<p>Il affirme ainsi son positionnement comme point de convergence entre commerce, art et culture. Et depuis quelques temps, il ajoute à son tableau de chasse artistique des spectacles. C’est d’ailleurs ce qui m’a inspiré cet article parce que le BM ne possède ni salle de théâtre ni équipements dédiés.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>J’ai plus spécifiquement tilté sur l’annonce du spectacle immersif <em>Au Bonheur des Dames</em> proposé en 2022 dans le cadre des nouveaux rendez-vous événementiels <a href="https://www.lebonmarche.com/fr/la_programmation_des_on_et_des_off">«Les ON et les OFF du Bon Marché »</a> pour célébrer les 170 ans du magasin. Adapté du roman d&rsquo;Émile Zola, ce parcours signé <a href="https://www.instagram.com/juliettecolin/">Juliette Colin</a> invitait les spectateurs à déambuler de nuit dans les étages du Bon Marché afin de rédecouvrir l&rsquo;œuvre littéraire à travers une mise en scène interactive. Certains ont adoré, d’autres moins, si l’on en croit les commentaires laissés sur <a href="https://www.billetreduc.com/288995/evtcrit.htm">Billet reduc</a> et un peu partout sur la toile.</li>



<li>Il faut cependant croire que l’expérience a convaincu la direction de remettre ça puisque deux ans plus tard, c’est le cirque qui pénètre l’enceinte du temple de la consommation made in Boucicaut. Mené bille en tête par le <a href="https://www.cirqueleroux.com/fr/">Cirque Le Roux</a>, <em>Entre Chiens et Louves</em> met en scène neuf artistes circassiens mêlant acrobaties, danse et théâtre pour raconter à la verticale l&rsquo;histoire de trois femmes à différentes époques. Cette exploration de la mémoire collective féminine fut là aussi un plein succès, le spectacle ayant joué les prolongations.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;Une vraie scène parisienne&nbsp;»</h2>



<p><em>«&nbsp;La pièce «&nbsp;Au Bonheur des Dames&nbsp;» renforce notre démarche créative et appuie notre volonté de devenir une vraie scène parisienne&nbsp;</em>» revendiquait Bodenes dans l’article cité plus haut. Il est sûr qu’en intégrant des spectacles vivants à sa programmation, le BM mise sur une expérience client enrichie, profitant par ailleurs de ces moments privilégiés pour mettre en lumière son patrimoine architectural et culturel de façon originale. Intégrer du théâtre dans un espace de vente, c’est effectuer en douceur et avec subtilité la fusion mentale achat/expression artistique.</p>



<p>Le prix des places est à ce titre parlant : 75 euros pour <em>Au bonheur des dames</em>, 75 euros pour les places de catégorie 1, 50 euros pour les places de catégorie 2 (au deuxième étage) pour <em>Entre Chiens et Louves. </em>Spectacle dont les places au sein d’un théâtre classique sont chiffrées à 23 euros. « <em>Devenir une vraie scène parisienne </em>» quand on n’en a pas l’équipement adéquat, c’est un pari. Surtout pour le spectateur qui va devoir débourser bonbon, largement au dessus du prix moyen de la place de spectacle partout en France. La rupture est notable, les expositions de BM étant gratuites.</p>



<p>Même chose en ce qui concerne <a href="https://www.lebonmarche.com/fr/lesoff-visites-nocturnes-bon-marche/223240.html">les visites nocturnes du Bon Marché</a> : 45 euros la place, bien au dessus du marché des places dexpo. S’érigeant en hub culturel, le BM ne serait-il pas en train d’ajouter une nouvelle et juteuse corde à son arc ? Car à ce stade et avec pareils tarifs, on n’est plus dans le « slow shopping » et la fidélisation émotionnelle. On est dans la mise en place d’une activité culturelle payante, dont les tarifs élevés sont justifiés par le caractère exceptionnel d’un lieu indissociable du luxe et de l’art de vivre à la française.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Le Cirque Le Roux joue les prolongations !" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/PtPdTZOso-8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le prestige de l’exclusivité ?</h2>



<p>Je traduis : « tu veux voir un spectacle au Bon Marché ? Tu payes, et tu payes cher » pour faire partie des <em>happy few</em> qui auront accès à cette expérience rare. Créer du prestige et de l’aura : en attirant des artistes renommés, en proposant des performances de haut niveau, le Bon Marché affirme sa singularité … et son exclusivité. Il s’élève au rang de destination culturelle incontournable. Il n’est pas le seul du reste à suivre cette politique. Le très londonien Selfridge n’est pas en reste, El Palacio de Hierro au Mexique non plus, pour ne citer que ces exemples. Tous sont en train de tracer une nouvelle voie, une nouvelle race de grands magasins pensés comme des passeurs de culture.</p>



<p>Avec pour but d’initier un public non habitué ? Une exposition au Bon Marché peut effectivement inciter un visiteur à approfondir son intérêt en visitant ensuite un musée dédié. Certains musées et théâtres pourraient du reste profiter de cette dynamique en développant des partenariats avec ces enseignes : des musées pourraient prêter des œuvres pour des expositions temporaires dans des grands magasins (à condition qu’elles soient sécurisées, bien entendu) ; des compagnies théâtrales pourraient mettre en scène des performances dans ces espaces afin de capter une nouvelle audience, histoire de<strong> </strong>moderniser leur approche et d’attirer un public plus jeune.</p>



<p>Superbes opportunités ? A moins que cette montée en puissance dessine doucement mais sûrement les contours d’une dangereuse rivalité pour les institutions classiques, à l’heure où ces dernières souffrent de restrictions budgétaires plus que conséquentes. Je m’explique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Privatisation et standardisation de la culture</h2>



<p>Les grands magasins type BM disposent d’une liberté financière qui autorise cette liberté d’expérimentation que les institutions classiques n’ont plus forcément, loin s’en faut. Les groupes privés qui possèdent ces enseignes investissent massivement dans l’art et le spectacle vivant, ils ont l’argent pour ; là où musées, théâtres et festivals n’ont que peu de budget pour leur programmation et leur communication, Le Bon Marché et ses alter ego disposent de moyens considérables, en sus de leur prestige initial, pour promouvoir des événements, avec à la clé une médiatisation bien plus forte. Rien de mieux pour séduire un public jeune et urbain (en jouant par exemple sur les codes de la mode, du design et des tendances) … et tisser progressivement un nouveau rapport à la culture, une vision positionnant sans trop de scrupules le « retailtainment » dans une expérience globale qui superpose et confond acte d’achat et démarche culturelle.</p>



<p>Malin, non ? Mais il y a un hic. Cette privatisation de la culture en marche ne peut que s’accompagner d’une standardisation dictée par la logique marchande. On ne va certainement pas programmé les performances sanglantes d’un Ron Athey en pleine semaine du Blanc, cela ferait tache (sans jeu de mots quoique…). Contrairement aux établissements culturels qui ont une mission éducative et patrimoniale ou aux structures parallèles et underground qui expérimentent, les grands magasins sélectionnent leurs événements selon leur potentiel d’attractivité et de rentabilité. Le risque est donc d’avoir une offre culturelle plus légère, plus « instagrammable », moins exigeante intellectuellement. Les artistes et compagnies qui désireraient être programmés se verraient<strong> </strong>alors contraints d’adapter leurs œuvres aux attentes du marché, limitant la diversité et la radicalité des créations.</p>



<p>Les événements proposés par les grands magasins, même qualitatifs, restent intrinsèquement liés à une logique commerciale. Peut-on vraiment remplacer une exposition de musée, conçue dans une démarche de transmission, par une expo immersive qui vise avant tout à vendre des produits et une image ? C’est toute la question, que Zola du reste avait posé en d’autres termes, bien plus crus et directs, dans son roman : «On vend ce qu&rsquo;on veut, lorsqu&rsquo;on sait vendre ! Notre triomphe est là ».</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/bon-marche-retailtainment/">Le Bon Marché, laboratoire du retailtainment : expérience artistique ou machine à vendre ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
