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	<title>elisabeth iere</title>
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		<title>Judy Chicago — The Dinner Party (1974-1979) : une table pour celles que l’histoire a oubliées</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/judy-chicago-the-dinner-party/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jan 2026 10:40:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre 1974 et 1979, l’artiste américaine Judy Chicago entreprend ce qui deviendra l’œuvre emblématique de l’art féministe du XXᵉ siècle : The Dinner Party. La scène est impressionnante : une table monumentale, triangulaire, dressée pour trente-neuf femmes que l’histoire a rendues invisibles, effacées, mal racontées ou simplement reléguées à la marge. Cette installation totale mêle sculpture, textile, céramique, broderie et architecture symbolique, elle mobilise cinq années durant un vaste collectif...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/01/The-ARTchemists-Judy-Chicago-The-dinner-party-.jpg" alt="Judy Chicago the dinner party" class="wp-image-38448" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/01/The-ARTchemists-Judy-Chicago-The-dinner-party-.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/01/The-ARTchemists-Judy-Chicago-The-dinner-party--288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/01/The-ARTchemists-Judy-Chicago-The-dinner-party--494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>Entre 1974 et 1979, l’artiste américaine <a href="https://judychicago.com/">Judy Chicago</a> entreprend ce qui deviendra l’œuvre emblématique de l’art féministe du XXᵉ siècle : <em>The Dinner Party</em>. La scène est impressionnante : une table monumentale, triangulaire, dressée pour trente-neuf femmes que l’histoire a rendues invisibles, effacées, mal racontées ou simplement reléguées à la marge. Cette installation totale mêle sculpture, textile, céramique, broderie et architecture symbolique, elle mobilise cinq années durant un vaste collectif majoritairement féminin — artistes, artisanes, céramistes, brodeuses. Objectif : construire une œuvre qui affirme haut et fort que les femmes ont toujours fait l’histoire, même si on l’ignore.<strong> </strong>Cette immense tablée vide n’a pas pour vocation d’accueillir des convives réels, mais des fantômes. Il ne s’agit pas ici de festoyer mais de réparer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une architecture symbolique</strong></h2>



<p>La table, de forme triangulaire, mesure près de 15 mètres de côté. Ce triangle renvoie à un symbole féminin ancien, le triangle pubien. Il incarne la parité (aucune hiérarchie, aucune tête de table), renvoie à l’idée de communauté circulaire, en rupture avec la longue tradition patriarcale des banquets historiques où seules les voix masculines se répondent. Chaque côté accueille 13 convives, écho volontaire aux douze apôtres et au Christ — structure sacralisée que Chicago détourne pour en faire une “cène féministe”.</p>



<p>Au centre, un sol en porcelaine, la <em>Heritage Floor</em>, porte les noms de 999 autres femmes gravés en lettres d’or : écrivaines, scientifiques, souveraines, philosophes, mystiques, inventrices. Ce sol est un second monument, invisible si l’on ne se penche pas : une métaphore parfaite de l’Histoire elle-même — ce qu’on oublie, ce qu’on efface, ce qu’on marche dessus.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>U</strong><strong>ne iconographie assumée</strong></h2>



<p>Chaque place intègre un napperon brodé, un gobelet, des couverts, et surtout une assiette en céramique sculptée et colorée. Ces assiettes sont devenues célèbres pour leur iconographie florale, labiale, vulvaire, revendiquée par Chicago comme une réappropriation visuelle du corps féminin — longtemps réduit, censuré ou stylisé selon les critères masculins de représentation.</p>



<p>L’œuvre explore des figures très diverses : Hatshepsout, pharaonne oubliée, Hildegarde de Bingen, abbesse et compositrice, Christine de Pizan, pionnière littéraire et philosophique, Artemisia Gentileschi, peintre baroque marquée par la violence et la résilience, Élisabeth Iʳᵉ, souveraine iconique, Sojourner Truth, militante pour les droits civiques et abolitionniste, Virginia Woolf, figure de la modernité littéraire ou encore Georgia O’Keeffe, artiste dont la profondeur symbolique résonne particulièrement avec les formes sculptées de l’installation.</p>



<p>Chaque assiette est pensée comme un portrait métaphorique de ces personnalités<strong>,</strong> non une description physique, mais une traduction visuelle de l’apport intellectuel, spirituel ou politique de toutes ces figures féminines.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une œuvre collective</strong></h2>



<p><em><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/The_Dinner_Party">The Dinner Party</a></em> n&rsquo;aurait pas vu le jour sans ces centaines de femmes qui ont travaillé aux broderies, aux textiles et à la céramique. Un véritable réseau, une sororité. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Judy_Chicago">Chicago</a> insiste sur ce point : l’œuvre rend hommage non seulement aux femmes célèbres, mais aussi aux traditions artisanales féminines longtemps reléguées au rang d’arts “mineurs”.</p>



<p>Broderie, tissage, céramique, patine, ornementation — ces pratiques historiquement associées à la sphère domestique deviennent ici les vecteurs d’un geste monumental. Le domestique se révèle politique, le savoir-faire sert de socle à l’histoire de l’art. Cette dimension collective a marqué la mémoire des années 1970, où l’art féministe cherchait précisément à revendiquer les techniques héritées des femmes : une manière d’effacer la frontière entre “beaux-arts” et “arts appliqués”, souvent érigée dans une logique patriarcale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>The Dinner Party,</em><strong> les femmes et l’histoire</strong></h2>



<p>L’œuvre articule de manière spectaculaire plusieurs thèmes majeurs et c’est cette mise en relation qui fait sa valeur.</p>



<p><strong>L’invisibilisation historique&nbsp;: </strong><strong>comme je l’explique plus haut,</strong><strong>l</strong>es 999 noms du <em>Heritage Floor</em> rappellent que les femmes ont été systématiquement omises des récits historiques. Chicago matérialise ainsi une question simple : <em>qui décide de l’Histoire ?</em></p>



<p><strong>Le corps comme territoire de représentation&nbsp;: </strong><strong>l</strong>es assiettes sculptées affirment le droit des femmes à représenter leur propre corps — en dehors du regard masculin. C’est un geste fondateur du féminisme artistique.</p>



<p><strong>La solidarité et la transmission&nbsp;: </strong><strong>l</strong>es femmes représentées sont issues de cultures, d’époques et de classes sociales différentes. La table triangulaire tisse le lien entre toutes ces figures, par delà les époques.</p>



<p><strong>Le travail artisanal comme acte politique&nbsp;: </strong><strong>e</strong>n célébrant la broderie, le textile, la céramique, Chicago restitue au travail des femmes la dignité esthétique et symbolique qui lui a été refusée.</p>



<p><strong>La monumentalité comme revendication&nbsp;: </strong><strong>i</strong>l fallait une œuvre gigantesque pour rendre visible ce qui fut caché. Une œuvre lourde, complexe, envahissante — à l’image du poids des siècles d’omission.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un accueil mouvementé</strong></h2>



<p>À sa première exposition (San Francisco Museum of Modern Art, 1979), <em>The Dinner Party</em> déclenche autant d’enthousiasme que de polémique. On lui reproche sa représentation explicite des formes vulvaires, son esthétique jugée trop décorative par le mainstream de l’époque, son discours féministe frontal, sa dimension collective, perçue comme une rupture avec le mythe de l’artiste génial et solitaire.</p>



<p>Certaines critiques accusent même Chicago d’essentialiser le féminin. L’œuvre exigeait — et exige encore — une lecture moins simpliste : il ne s’agit pas d’un “féminin biologique”, mais d’un féminin culturel, symbolique, politique, tissé par l’histoire et les représentations.</p>



<p>La consécration arrivera avec le XXIe siècle. Depuis 2007, l’œuvre est installée en permanence au <a href="https://brooklynmuseum.org/fr-FR">Brooklyn Museum</a>, au cœur du <em>Elizabeth A. Sackler Center for Feminist Art</em>. Elle est aujourd’hui enseignée dans les écoles d’art, analysée dans les universités, revisitée dans des publications de référence. L’installation est devenue un chapitre de l’histoire de l’art.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Sissi et moi : une impératrice sans crinoline</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/sissi-moi-film/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Mar 2025 11:26:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vous en étiez resté.e à la Sissi en crinoline pastel plantée par une Romy Schneider souriante et fragile ? Zappez, il y a du nouveau ! Réalisé de main de maître par la cinéaste Frauke Finsterwalder, Sissi et moi (Sisi &#38; Ich dans la langue de Goethe) dépoussière le mythe de la gracile souveraine inféodée à sa puissante et impériale belle-famille pour planter le portrait d’une femme en quête de liberté absolue....</p>
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<p>Vous en étiez resté.e à la Sissi en crinoline pastel plantée par une Romy Schneider souriante et fragile ? Zappez, il y a du nouveau ! Réalisé de main de maître par la cinéaste <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Frauke_Finsterwalder">Frauke Finsterwalder</a>, <em>Sissi et moi</em> (<em>Sisi &amp; Ich </em>dans la langue de Goethe) dépoussière le mythe de la gracile souveraine inféodée à sa puissante et impériale belle-famille pour planter le portrait d’une femme en quête de liberté absolue. Quitte à flirter avec le désastre.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="SISSI &amp; MOI Bande Annonce (2023) Sandra Hüller, Biopic" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/r0BU9vss6dg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une femme complexe</h2>



<p>Un petit pitch. Nous sommes à la fin du XIXᵉ siècle. Extraite de sa Hongrie natale, la comtesse <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Irma_Szt%C3%A1ray_de_Szt%C3%A1ra_et_Nagymih%C3%A1ly">Irma Sztáray</a> est sélectionnée pour devenir dame d&rsquo;honneur de l&rsquo;impératrice <a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/europe-autriche-hongrie-elisabeth-sissi-imperatrice-anticonformiste-royaute-histoire">Élisabeth d&rsquo;Autriche</a>. Réfugiée dans un palais en Grèce, cette dernière mène sa vie loin des codes étouffants d’une Cour viennoise qu’elle abhorre. A son contact pour le moins surprenant, Irma va découvrir cette femme complexe, exigeante, cruelle mais attachante, en profonde souffrance psychique.</p>



<p>Paradoxalement, bien que soumise aux caprices d’une Sissi pour le moins névrosée, la dame de compagnie va également découvrir ce qu’est l’émancipation. Le lien qui se tisse entre elles deux s’avère puissant, excédant les limites de l’amitié pour devenir une forme d’amour qui ne dit pas son nom. Confrontée à la douleur psychique qui dévore «&nbsp;son&nbsp;» impératrice, Irma va tout faire pour la protéger, la sauver d’elle-même, la libérer de ces tourments qui la tuent à petit feu. Jusqu’à la dernière seconde et au-delà.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une fuite en avant</h2>



<p>Ce n’est rien de dire que Frauke Finsterwalder démolit avec une certaine jubilation l’image d’Épinal d’une Sissi en crinoline, toute mignonne et humble victime de la cruauté de son rang. Élisabeth d&rsquo;Autriche (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Susanne_Wolff">Susanne Wolff</a>) apparaît ici dans toute sa contradiction, séductrice, cruelle, curieuse, bornée, créatrice, révoltée ô combien, borderline également, pourrait-on dire. Éloignée du cœur du pouvoir et d’un mari qu’elle aime mais dont elle ne supporte plus les caresses, elle s’astreint à un régime qui frôle l’anorexie.</p>



<p>Son quotidien mêle des formes subtiles de masochisme et de sadisme, dans une atmosphère particulièrement malsaine, qui a tout de la dérive, de la fuite en avant. Et elle impose ce mode de vie à des suivantes qu’elle a recrutée très spécifiquement pour tenir ce rythme infernal. Face à elle, Irma (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sandra_H%C3%BCller">Sandra Hüller</a>) fait son initiation à la vie intellectuelle et amoureuse. Une sorte de coming-out qui ira jusqu’au sacrifice ultime.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Libérer les corps et les esprits</h2>



<p>Faisant écho au très dynamique et tout aussi malsain <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-corsage/">Corsage</a></em> de Marie Kreutzer, <em>Sissi et moi</em> enfonce le clou. Drogue, vomissements, comportements extrêmes, la Sissi de Finsterwalder est une emmerdeuse de façade, qui cache une profonde faille narcissique, un besoin d’amour quasi vampirique. La vieillesse la terrorise, la solitude aussi. Autour d’elle, des servantes dévouées, qui l’idolâtrent, la suivent dans ses délires. Seule Irma, ingénue qu’elle est, saura pénétrer les méandres de cette âme torturée.</p>



<p>Et remédier à cette douleur, de manière radicale. L’amour à mort, en somme, dans cette relation queer sur fond de paysage méditerranéen paradisiaque. Un petit mot des costumes, superbes, qui soulignent la libération des esprits et des mœurs par celle des corps débarrassés des corsets et des jupons. Costumes d’hommes, amples chemises, le refus du diktats de la mode impériale constitue un véritable manifeste féminisme, un appel à la modernité, à l’égalité des genres dans l’accomplissement du quotidien, l’épanouissement de l’être.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Collection « Les sautes d&#8217;humour » : rire en apprenant, apprendre en riant !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/collection-les-sautes-dhumour-rire-en-apprenant-apprendre-en-riant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Aug 2024 07:54:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>J&#8217;étais partie pour introduire cet article sur une citation bien sentie, mais vu le nombre de gugusses qui ont sorti des grandes phrases sur le sujet, toutes contradictoires bien entendu, j&#8217;ai un peu baissé les bras. Du coup, je commencerai cette présentation de la plus plate des manières. Aujourd&#8217;hui, je vous parle de la collection « Les sautes d&#8217;humour ». Humour hors du commun Les sautes d&#8217;humour donc, ou comment les grands...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/08/the-artchemists-collection-sautes-dhumour.jpg" alt="" class="wp-image-37287" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/08/the-artchemists-collection-sautes-dhumour.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/08/the-artchemists-collection-sautes-dhumour-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/08/the-artchemists-collection-sautes-dhumour-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>J&rsquo;étais partie pour introduire cet article sur une citation bien sentie, mais vu le nombre de gugusses qui ont sorti des grandes phrases sur le sujet, toutes contradictoires bien entendu, j&rsquo;ai un peu baissé les bras. Du coup, je commencerai cette présentation de la plus plate des manières. Aujourd&rsquo;hui, je vous parle de la collection « Les sautes d&rsquo;humour ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Humour hors du commun</h2>



<p><a href="https://www.payot-rivages.fr/payot/collection/les-sautes-dhumour" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Les sautes d&rsquo;humour</a> donc, ou comment les grands esprits de ce monde se poilaient-ils. Mozart, Saint-Simon, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=feydeau">Feydeau</a>, Freud, Elisabeth II, Jane Austen et quelques autres, avaient en commun, outre leur extrême intelligence, un sens de l&rsquo;humour hors du commun. Chacun à sa manière se plaisait à rire, plaisanter, scruter le monde d&rsquo;un œil souvent amusé, parfois moqueur, un brin cynique aussi. Et ne se privaient pas d&rsquo;exprimer leurs sentiments en la matière.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nuances intellectuelles</h2>



<p>C&rsquo;est cette chasse au trait d&rsquo;humour que proposent les <a href="https://www.payot-rivages.fr/payot/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">éditions Payot</a> qui cornaquent le projet. Objectif : nous faire rire bien sûr, et aux éclats tant qu&rsquo;à faire. Mais pas seulement. En contextualisant chaque personnage historique choisi comme sujet, il s&rsquo;agit aussi de rattacher forme d&rsquo;humour, état d&rsquo;esprit, profil psychologique et vision du monde. L&rsquo;avant-propos de chacun des ouvrages de la collection est donc essentiel pour cerner les nuances intellectuelles du sujet passé au crible.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Portée pédagogique</h2>



<p>Suivent un ensemble de citations, classées par thèmes, commentées de quelques passages analytiques. L&rsquo;ensemble est savoureux à parcourir, certaines tournures sont hilarantes, mais c&rsquo;est aussi la portée pédagogique de l&rsquo;exercice qui importe. À l&rsquo;heure où, sur les réseaux sociaux comme dans les médias, on fait dire n&rsquo;importe quoi à n&rsquo;importe qui sur n&rsquo;importe quel sujet sans aucune contextualisation et avec un manque de qualité oratoire, une tendance à l&rsquo;injure facile, au bon mot gratuit et sans envergure qui laisse pantois, il était temps de repositionner les fondamentaux de la citation.</p>



<p>Résumons : la collection « Les Sautes d&rsquo;humour » vaut le détour, pour vous détendre les méninges et vous former l&rsquo;esprit. Rire en apprenant, apprendre en riant. <a href="https://www.theartchemists.com/?s=rabelais">Rabelais</a> aurait adoré !</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Mademoiselle Louise et les enfants terribles : Playmobil, un art à vivre et à rêver</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/mademoiselle-louise-enfants-terribles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Apr 2024 08:30:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lifestyle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Je ne vous ferai pas l&#8217;insulte de vous présenter les petits personnages Playmobil dans la mesure où pratiquement tous, enfants, nous avons eu la joie de jouer avec. Noël, anniversaires, c&#8217;était le cadeau idéal et plébiscité. Un véritable phénomène de mode devenu iconique au point d&#8217;envahir les salles de vente et les expositions. Et de devenir une source d&#8217;inspiration pour certains créateurs, par exemple Mademoiselle Louise et les enfants terribles....</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p>Je ne vous ferai pas l&rsquo;insulte de vous présenter les petits personnages Playmobil dans la mesure où pratiquement tous, enfants, nous avons eu la joie de jouer avec. Noël, anniversaires, c&rsquo;était le cadeau idéal et plébiscité. Un véritable phénomène de mode devenu iconique au point d&rsquo;envahir les salles de vente et les expositions. Et de devenir une source d&rsquo;inspiration pour certains créateurs, par exemple Mademoiselle Louise et les enfants terribles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Playmobil en majesté</h2>



<p>Artiste revendiquée, Mademoiselle Louise a commencé comme tout le monde par laisser sa fibre créative s&rsquo;exprimer dans la sphère familiale. Au centre de son univers, le Playmobil en majesté qu&rsquo;elle met en scène dans des tableaux inspirés par la pop culture, d&rsquo;où une galerie particulièrement fournie et bigarrée de scénographies charmantes où Chanel dialogue avec Karl Lagerfeld, Elisabeth II fait de l&rsquo;oeil aux Daft Punk, Coluche s&rsquo;amuse avec le petit Prince.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour tous les goûts</h2>



<p>Stars du cinéma, du rock, du sport ou de la haute couture, personnages de la littérature et de la BD, films célèbres, superhéros, personnages historiques, il y en a pour tous les goûts, toutes les tendances, toutes les fantaisies (on trouve même des licornes qui se glissent dans certaines compositions acidulées). Et toujours en mode Playmobil, jouets chinés avec rigueur, patience et un amour inconditionnel de l&rsquo;objet dans ce qu&rsquo;il représente de souvenirs, d&rsquo;émotions, de nostalgie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des compositions sur mesure</h2>



<p>« Pour ne rien oublier du bonheur » : le crédo de Mademoiselle Louise est limpide. Si ses saynètes peuvent égayer la chambre des tout petits, elles peuvent aussi réveiller cet enfant terrible qui sommeille en chacun de nous. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs dans cet esprit qu&rsquo;elle propose de créer des compositions sur mesure, selon un process détaillé sur son site. De quoi faire frémir de joie les passionnés et les collectionneurs mais aussi ceux qui veulent retrouver un peu de fantaisie et de légèreté.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>



<p>Pour en savoir plus sur l&rsquo;univers et les créations de Mademoiselle Louise et les enfants terribles, consultez le <a href="https://www.mllelouise-lesenfantsterribles.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">site web</a> de l&rsquo;artiste ainsi que sa <a href="https://www.instagram.com/mllelouiseetlesenfants/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">page Instagram</a>.</p>
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		<title>Mytho (Olympus Circus) : le carnaval pop et anachronique de Lionel Hoche</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/mytho-lionel-hoche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dieter Loquen]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jan 2024 18:34:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=36837</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans le cadre du festival Trajectoires 2024 organisé par le centre chorégraphique nationale de Nantes, Lionel Hoche dévoile sa nouvelle création. Mytho (Olympus Circus) plongera petits et grands dans le monde déjanté d’une mythologie passée et celle plus pop d’aujourd’hui. Plus de détails sur ce projet par le chorégraphe himself. Pirater la mythologie grecque On vous avait quitté avec&#160;Dimanche éperdument,&#160;issu de votre triptyque autobiographique. Vous nous revenez avec MYTHO (Olympus...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/01/the-artchemists-mytho.jpg" alt="" class="wp-image-36838" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/01/the-artchemists-mytho.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/01/the-artchemists-mytho-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/01/the-artchemists-mytho-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Dans le cadre du <a href="https://festival-trajectoires.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">festival <em>Trajectoires</em></a> <em>2024</em> organisé par le centre chorégraphique nationale de Nantes, Lionel Hoche dévoile sa nouvelle création. <em>Mytho (Olympus Circus)</em> plongera petits et grands dans le monde déjanté d’une mythologie passée et celle plus pop d’aujourd’hui. Plus de détails sur ce projet par le chorégraphe himself.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pirater la mythologie grecque</h2>



<p><strong>On vous avait quitté avec&nbsp;</strong><em><strong>Dimanche éperdument,&nbsp;</strong></em><strong>issu de votre triptyque autobiographique. Vous nous revenez avec MYTHO (Olympus Circus). Une création qui entend «&nbsp;</strong><em><strong>pirater la mythologie grecque sur le mode explosif (et pop) du grand Olympus Circus</strong></em><strong>&nbsp;». Pourquoi un tel sujet&nbsp;: la mythologie grecque&nbsp;?</strong></p>



<p>Un préambule est nécessaire, car il y a un parallèle entre ces deux pièces : <em>Dimanche Éperdument</em>, qui avait été initié avant la crise sanitaire comme une pièce dystopique, pour évoquer un monde au bord de sa fin rattrapé par la réalité, est devenu une pièce sur le monde d’après, monde espéré (qui n’est pas encore advenu)… C’est un endroit qui voulait percuter la lueur d’une sortie de tunnel (à partir du noir), pour retrouver la lumière et l’espace et invoquer la Joie !</p>



<p><em>Mytho</em>, parti d’un court moment serein, ou expressément engagé dans une quête de sérénité, c’est un peu le même topo. Depuis, on voit la terre s’effriter sous nos pieds, le monde se catapulter dans une fuite en avant guerrière, une spirale toujours plus nourrie de violence… Comment encore parler d’autre chose, d’espoir, comment activer (encore) une autre force, notre amour, et comment ne pas se prendre les pieds dans le tapis en œuvrant politiquement (loin de ses croyances, préceptes, voire simplement de ses capacités artistiques…)&nbsp;?</p>



<p>Pour revenir à la question sur <em>Mytho</em> et le sujet de la mythologie grecque&nbsp;: c’est un sujet vaste et présent chez tout un chacun, un sujet universel et familier à la fois, fascinant et toujours fertile. Il transcende autant les époques que les générations. Il est venu faire un tour plus ou moins érudit dans l’enfance et l’imaginaire de chacun. Il a généralement fait son trou et creusé un sillon inépuisable dans notre espace intime. Il est source commune. Il ouvre des mondes singuliers et exotiques tout en nous confrontant à nous-mêmes…. De plus (et très heureusement), il est en quelque sorte magique et demeure humain&nbsp;: sacrée alchimie&nbsp;!</p>



<p><strong>Quel serait votre héros/héroïne, votre mythe préféré&nbsp;?</strong></p>



<p>Impossible de choisir : ce que j’aime c’est leur multitude, leur nombre, la ramification infinie, l’arborescence vertigineuse de cette multiplicité… Ils sont uniques et ils sont « foule ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">La tribu Hoche</h2>



<p><em><strong>Mytho</strong></em><strong> s’annonce comme un (presque) projet jeune public. Ce n’est pas le premier de vos projets dédiés à ce public spécifique.&nbsp;</strong><em><strong>L’histoire du Soldat</strong></em><strong>&nbsp;a connu un joli succès. Qu’est-ce qui vous meut tant dans le jeune public&nbsp;?</strong></p>



<p>Une forme de liberté de ton ouverte, la place du jeu, du ludique… Un vent de légèreté possible… C’est une mission réjouissante que d’accompagner un futur public, mais plus simplement de participer aux expériences tant éducatives que sensorielles, esthétiques, de ces jeunes… Je pense que si ces projets sont « instructifs » ils affirment aussi pour moi une ténacité à ne pas perdre le contact avec cet espace et cette liberté folle que peut générer notre imaginaire. C’est une force certaine, absolue, qu’il faut entretenir, nourrir encore et garder vivante, partager. Les adultes doivent garder un œil sur cette partie d’eux-mêmes et veiller à ce qu’elle ne s’éteigne pas… Finalement de nous vers eux et inversement converser.</p>



<p><strong>Carlotta Sagna, Simon Frezel, Vincent Delétang, Emilio Urbina … au fil de vos créations nous retrouvons la même équipe. Peut-on parler de la constitution au fil des ans d’une tribu Hoche&nbsp;?</strong></p>



<p>C’est une tribu ouverte et accueillante, plurielle et changeante. S’il y a un noyau, il y a aussi du sang neuf. Avec le temps on apprécie la fidélité, mais on a toujours besoin de renouveau. Je prends plaisir à travailler avec un panel générationnel étendu&nbsp;: de la vingtaine à la soixantaine… Quel délice&nbsp;! J’apprécie que s’approfondissent les relations dans la compagnie autant qu’elles puissent être stimulées par de nouvelles dynamiques et personnalités. C’est enthousiasmant et vivant.</p>



<p><strong>Carlotta est rejointe cette fois-ci par deux autres illustres chorégraphes&nbsp;: Elisabeth Schwartz et Germana Civera. Quels rôles ont ces femmes dans </strong><em><strong>Mytho</strong></em><strong>&nbsp;?</strong></p>



<p>Elles sont porteuses de temps, de leur histoire (dans la danse aussi). Elles font figure (déjà) de quelque chose d’ancestral, en tout cas de fondamental. Elles ont chacune choisi un axe de présence mythologique en lien avec leurs préoccupations. Germana incarne une sorte de titan &#8211; Gaia pour ne pas la nommer &#8211; à la dimension originelle et écologique ; Elisabeth, sur les traces de Duncan réactive les figures « chorégraphiques » mythologiques qui ont nourri ces pionnières de la danse, ici avec les furies et autres bacchantes. Quant à Carlotta, elle vient avec humour jouer les Cassandre et perturber le déroulement du spectacle. Tout cela sous la forme d’apparitions dans la vidéo/scénographie. Elles sont divines et absolument humaines.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Scénographie et playlist</h2>



<p><strong>La scénographie emprunte à la vidéo, au détournement de tableaux de maîtres… comment l’avez-vous imaginée ? Vous parlez de rhapsodie…</strong></p>



<p>La rhapsodie comme forme poétique épique, le rhapsode est un poète Grec allant chantant et récitant des poèmes épiques. De plus, cela donne un axe de recherche musicale, un thème commun, mais aussi une forme qui lie ou inclue des folklores. La mythologie ayant toujours été source d’inspiration au cours du temps, la peinture (et la sculpture tout autant que le cinéma ou la littérature) de toute époque y font référence, y trouve matière. Je pensais mettre hors du temps cette mythologie source en brouillant à l’intérieur même des toiles, les époques, les esthétiques et les situations pour créer des frottements, des ricochets, des (dis)torsions : réinventer à partir de là, créer notre lecture de la mythologie (celle de notre tribu sur scène).</p>



<p><strong>Vous êtes également aux costumes. Là encore, c&rsquo;est une constante. D’où vous vient ce goût pour la création de costumes ?</strong></p>



<p>C’est une histoire d’enfance. Ma mère cousait beaucoup quand j’étais enfant. J’ai appris par hasard en l’observant et, petit à petit, c’est devenu un savoir, mais aussi une échappée à portée de main. C’est un artisanat pratique capable de délires, permettant la métamorphose.</p>



<p><strong>Quid de la diversité et singularité de la bande sonore&nbsp;: Bartok, Jean-Michel Jarre, Rachmaninov … Comment s’articule (ou pas) cette playlist&nbsp;?</strong></p>



<p>Très simplement autour de la rhapsodie pour les Bartok, Ravel, Debussy et Rachmaninov… Ensuite Jarre nous ramène à une sorte de «&nbsp;cosmique ancestral&nbsp;», une nuit des temps que le New Age titillait, plus pertinent à l’écoute maintenant qu’à l’époque&nbsp;: cela vient encadrer l’ensemble de la composition. Pour provoquer des glissements, j’introduis deux ruptures plus pops ou rocks avec pour sujet des figures ou événements mythologiques. Le tout s’articule lestement et nous accompagne dans le voyage proposé, épopée mouvementée et onirique. Il s’agit d’une composition en chapitres ou épisodes, s’articulant et nous faisant basculer d‘un univers à l’autre. Une sorte d’Odyssée.</p>



<p><strong>In fine, </strong><em><strong>Mytho</strong></em><strong>, tout pop et baroque s’annonce-t-il, entend décrire l’infini chaos du monde et de l’être. 2023 se termine avec son cortège d’horreurs… Êtes-vous optimiste pour la suite ? L’art nous sauvera-t-il ? Ou alors les héros mythologiques ?</strong></p>



<p>J’étais loin d’imaginer un tel fracas global quand j’ai commencé à penser à <em>Mytho</em>. Je ne suis pas sûr d’avoir les outils pour réparer l’humanité, mais panser quelques plaies existentielles, ça je pense pouvoir y participer : je ne veux pas être l’écho d’un monde mourant, mais œuvrer à un émerveillement qui nous éclaire un instant. Donc il faut danser et rêver tant que possible en conservant notre humour. Avec <em>Mytho</em>, je pense en premier lieu au bazar humaniste de nos activités et passions, nos vies. Pour contrer cette actualité toujours plus violente, j’ai besoin d’ouvrir d’autres espaces, fous, pour me (nous) maintenir debout et jouant, des endroits peu crédibles, mais salutaires, thérapeutiques peut-être… Prenons soin de notre moral, alimentons notre destin de chimères et d’espoirs.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>



<p>Pour en savoir plus sur le travail de Lionel hoche et cette nouvelle création, n&rsquo;hésitez pas à consulter le <a href="https://www.lionelhoche.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">site du chorégraphe</a>.</p>
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		<title>Chili : le juge et le général</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/docuemntaire-chili-proces-general-pinochet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Sep 2023 11:40:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>2019- 2021 au Chili : manifestations monstrueuses, répression ultra-violente, tirs à balles réelles, arrestations arbitraires, rumeurs de tortures … le hashtag #Chili permet de suivre presque en direct les secousses sismiques du pays via Twitter … et de constater de visu la brutalité sidérante de la réponse policière. Certaines analyses explicitent la chose en soutenant que les corps policiers et militaires du pays n’ont jamais été purgés après l’ère Pinochet...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/11/jpg.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="446" height="588" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/11/jpg.jpeg" alt="" class="wp-image-32103" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/11/jpg.jpeg 446w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/11/jpg-218x288.jpeg 218w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/11/jpg-375x494.jpeg 375w" sizes="auto, (max-width: 446px) 100vw, 446px" /></a></figure>



<p>2019- 2021 au <a href="https://www.theartchemists.com/?s=chili">Chili</a> : <span style="color: #000000;">manifestations monstrueuses, répression ultra-violente, tirs à balles réelles, arrestations arbitraires, rumeurs de tortures … le hashtag #Chili permet de suivre presque en direct les secousses sismiques du pays via Twitter … et de constater de visu la brutalité sidérante de la réponse policière.</span> <span style="color: #000000;">Certaines analyses explicitent la chose en soutenant que les corps policiers et militaires du pays n’ont jamais été purgés après l’ère Pinochet et la dictature instaurée en 1973 dans des flots de sang. Si on en doutait, le visionnage du documentaire <i>Chili : le juge et le général</i> corrobore effectivement cette approche. Et donne à voir une société sur le fil du rasoir.</span> </p>



<h2 class="wp-block-heading">Accumuler les preuves</h2>



<p><span style="color: #000000;">Revenons en 2008. Les réalisateurs Elisabeth Farnsworth et Patricio Lanfranco décident de suivre l’enquête du juge Guzman chargé de remonter la trace des exactions policières de la dictature pour pouvoir ensuite instruire le procès de Pinochet. Un véritable défi car rien ne subsiste du règne de terreur mis en place après le coup d’état. Tout a été fait pour effacer les corps des victimes, les lieux où on les a interrogés et retenus.</span> <span style="color: #000000;">Patiemment et avec autant de ténacité que de conviction, Guzman explore chaque piste, fait exhumer et expertiser les dépouilles des opposants politiques qu’on soupçonne d’avoir été assassinés par les escadrons de la mort. </span></p>



<p><span style="color: #000000;">Tranquillement, les preuves s’accumulent, jusqu’à la mise en accusation, une saga qui portera d’abord sur la question de l’extradition vers l’Espagne puis sur la levée de l’immunité parlementaire.</span> <span style="color: #000000;">Rien n’aboutira, Pinochet décédant avant la mise en place du procès. De peur que sa tombe soit profanée, il sera incinéré, rejoignant dans l’anonymat les milliers de personnes raflées et torturées à mort sur son ordre. Les témoignages des rescapés parlent d’eux-mêmes, ainsi que les restes retrouvés ça et là dans le pays. </span></p>



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<p><strong>A lire également</strong></p>



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</ul>
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<h2 class="wp-block-heading">Un pays crucifié</h2>



<p><span style="color: #000000;">Mais ce n’est pas la seule valeur de ce film. Autre chose transparaît : la scission profonde de la société chilienne.</span> <span style="color: #000000;">Si beaucoup ont vécu ce traumatisme dans leur chair, martyrisés ou ayant perdu un proche, d’autres ignorent tout de la chose, refusent de la prendre en compte. Guzman en fait partie ; fils de notables, éduqué dans une famille de militaires, il était promis à une carrière de haut fonctionnaire ou de diplomate. Jamais il n’a saisi l’ampleur des massacres, n’en réalisera la portée et l’horreur que des années plus tard, en ouvrant cette enquête.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">Il constate alors que nombreux sont les chiliens qui se félicitent de cette extermination, préférant les affres d’un régime dictatorial fort et barbare plutôt que la solution socialiste portée par Allende. Le sort des victimes, souvent jeunes, leur est indifférent. En visionnant ces images, on mesure mieux ce qui se passe dans ce pays crucifié dont les plaies se rouvrent après 30 ans d’une démocratie qui n’a pas voulu nettoyé ses écuries d’Augias.</span></p>



<p><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>





<p></p>



<p></p>
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		<item>
		<title>Feux d&#8217;artifice : fascination pyrotechnique séculaire et défis contemporains</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/feux-artifice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Jul 2023 11:08:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=36239</guid>

					<description><![CDATA[<p>On en tire en moyenne 15 000 en France à l’occasion de la Fête Nationale. Celui du Domaine National de Saint-Cloud en septembre est le plus connu dans l’Hexagone. Ils s’invitent dans les spectacles nocturnes du château de Versailles, les concerts de rock comme ceux de Rammstein. On leur consacre des festivals prestigieux comme celui de Sumida à Tokyo ou la « Feria de Julio » à Valence en Espagne. C’est une...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="400" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/07/fireworks-g3fed5e765_6402.jpg" alt="" class="wp-image-36240" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/07/fireworks-g3fed5e765_6402.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/07/fireworks-g3fed5e765_6402-288x192.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/07/fireworks-g3fed5e765_6402-494x329.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>On en tire en moyenne 15 000 en France à l’occasion de la Fête Nationale. Celui du Domaine National de Saint-Cloud en septembre est le plus connu dans l’Hexagone. Ils s’invitent dans les spectacles nocturnes du château de Versailles, les concerts de rock comme ceux de Rammstein. On leur consacre des festivals prestigieux comme celui de Sumida à Tokyo ou la « Feria de Julio » à Valence en Espagne. C’est une véritable compétition pour savoir qui tirera le plus beau, le plus spectaculaire à l’occasion du jour de l’An. </p>



<p>Ce n’est rien de dire que les feux d&rsquo;artifice se sont imposés comme des spectacles pyrotechniques aussi éblouissants qu’incontournables et symboliques. Véritables prouesses techniques portées au rang d’art, ils ont captivé l&rsquo;humanité depuis des siècles. À la fois fascinants et enchanteurs, ils ont été utilisés pour célébrer des moments joyeux et marquants tout au long de l&rsquo;histoire. Mais à l’heure de la crise climatique et des baisses budgétaires, le feu d’artifice a-t-il encore un avenir ? Retour sur une tradition séculaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Feux d’artifice : un patrimoine séculaire</h2>



<p>Point de départ de l’aventure pyrotechnique : l’empire du Milieu. L&rsquo;invention des feux d&rsquo;artifice est en effet attribuée à la Chine ancienne, où ils étaient connus sous le nom de « bianhuo » (feu enflammé). Leur découverte remonte à plus de deux mille ans, pendant la dynastie Han, autour du 2ᵉ siècle avant notre ère. À l’origine, les Chinois utilisaient les poudres explosives comme une sorte d’exorcisme, pour effrayer les esprits malveillants. Au fil du temps, ils ont perfectionné leur méthode en mélangeant des poudres à base de soufre, de charbon et de salpêtre, créant ainsi des feux d&rsquo;artifice aux couleurs et aux motifs variés.</p>



<p>Leur usage s’est répandu au-delà des frontières chinoises grâce aux commerçants et aux explorateurs qui ont diffusé ce savoir-faire au Moyen-Orient et en Inde, puis en Europe. Nous sommes au Moyen Âge, les feux d’artifice sont adoptés pour des célébrations religieuses et officielles, des mariages et des baptêmes royaux, des festivités royales, de grands événements diplomatiques. Ainsi la cour d’Élisabeth Iere sera régulièrement illuminée d’élégantes chorégraphies pyrotechniques, temps forts de spectacles chamarrés où se mêlent la danse, le théâtre, la musique, les défilés, les joutes. Idem pour le mariage de Louis XIII.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une tradition vivante… et encadrée</h2>



<p>De nos jours, les feux d&rsquo;artifice continuent d’hypnotiser les foules du monde entier. On les utilise toujours pour célébrer ces occasions spéciales évoquées plus haut. Mais avec le temps, cette activité&nbsp;est devenue fortement réglementée.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les textes de lois encadrant cette pratique sont légion, les feux d’artifice sont catégorisés, leur usage spécifié, leur vente encadrée selon l’âge et l’utilisation.</li>



<li>Leur pratique implique une autorisation, idem pour leur commerce qui est réparti entre les fabricants d’artifices de divertissement et les fournisseurs de matière première.</li>



<li>La profession est aussi encadrée par des syndicats, EUFIAS (European Fireworks Association) pour l’Europe, association des pyrotechniciens français (AF3P) et syndicat SFEPA (Syndicat des fabricants d&rsquo;explosifs, de pyrotechnie et d&rsquo;artifices) pour la France.&nbsp;</li>
</ul>



<p>C’est que la pratique peut s’avérer dangereuse et mérite le plein de précautions. Les accidents se comptent en effet par centaines, débouchant parfois sur des catastrophes. Le mariage de Louis XVI et Marie-Antoinette en 1770 est demeuré dans les mémoires de funeste façon : le feu d’artifice tiré à l’occasion a déclenché des incendies, créant un vent de panique dans la foule. 132 personnes y laissèrent la vie. Les process ont bien sûr évolué ainsi que les techniques de sécurisation : cependant, on dénombre toujours une moyenne de 220 accidents par an, principalement des blessures aux mains, au visage et aux oreilles, brûlures et dommages auditifs en majorité pour un public à 75 % masculin. C’est qu’un feu d’artifice allumé peut monter jusqu’à 400°.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Artificier&nbsp;: un métier exigeant et créatif</strong></h2>



<p>Il faut donc utiliser des produits pyrotechniques fiables fournis par des professionnels exigeants.<strong> </strong>Il convient aussi de les manipuler avec précaution comme l’explique par exemple le <a href="https://www.bfb-cipi.ch/fr/conseils-prevention-incendie/detail/feux-dartifice#:~:text=220%20accidents%20chaque%20ann%C3%A9e&amp;text=Avec%20les%20batteries%20de%20feux,de%20chaque%20engin%20pyrotechnique%20individuel.">Centre d’information pour la prévention des incendies</a> :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>s’informer sur leur usage et leur manipulation</li>



<li>les stocker convenablement</li>



<li>respecter les distances de sécurité et les normes de protection</li>



<li>ne pas les laisser à portée de main des enfants et adolescents.</li>
</ul>



<p>Pour tout dire, on ne s’improvise pas artificier. C&rsquo;est un métier exigeant qui allie créativité et maîtrise technique. Les artificiers doivent connaître les différentes compositions pyrotechniques, les normes de sécurité en vigueur ainsi que la législation, tout en étant capables de concevoir des spectacles éblouissants. Leur travail nécessite minutie, patience et une attention particulière à la sécurité. Les artificiers sont des artisans passionnés qui conçoivent et réalisent des spectacles pyrotechniques uniques, mettant en scène des combinaisons de couleurs, de formes et de motifs pour créer des œuvres éphémères qui émerveillent les spectateurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un art qui doit s’adapter&nbsp;</h2>



<p>Leurs compétences techniques et leur sensibilité artistique leur permettent de manipuler la lumière et les effets sonores pour raconter des histoires, exprimer des émotions et créer des atmosphères magiques. Un véritable art mis en valeur lors de concours devenus prestigieux, où se pressent les professionnels les plus aguerris comme les passionnés du secteur. qui attirent des passionnés de feux d&rsquo;artifice du monde entier. Ainsi le <a href="https://www.festival-pyrotechnique-cannes.com/">Concours International d&rsquo;Art Pyrotechnique de Cannes</a> qui se déroule chaque été depuis 1967 sur la célèbre Croisette devant des centaines de spectateurs émerveillés. On peut également citer le concours Pyronale de Berlin, le festival Pyromagic, le World Pyro Olympics…</p>



<p>Tout un ensemble d’événements désormais confrontés à des défis de taille.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Tout d’abord le coût. Selon <a href="https://www.capital.fr/economie-politique/14-juillet-un-feu-dartifice-ca-coute-combien-1298054" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Capital</a>, un feu d’artifice coûte entre1500 euros pour une version très simple et 200 000 euros pour les grosses agglomérations. À Paris, le feu d’artifice, tiré depuis la Tour Eiffel, est chiffré 700 000 euros, sans compter la mobilisation des personnels de sécurité chargés d’encadrer l’événement. Ces chiffres pèsent sur le budget des communes et des festivals, qui doivent de plus en plus faire appel à des financements privés pour orchestrer des événements dignes de ce nom.</li>



<li>Ensuite les normes de sécurité de plus en plus exigeantes avec le réchauffement climatique et les risques d’incendie liés à la sécheresse. Comme l’explique <a href="https://www.bfmtv.com/paris/ile-de-france-plusieurs-feux-d-artifice-du-14-juillet-annules-en-raison-du-risque-d-incendies_AV-202307100547.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">BFMTV</a>, « <em>en Île-de-France, une dizaine de communes a fait le choix d&rsquo;annuler ses spectacles pyrotechniques du 14-Juillet. En cause, un arrêté interdisant « tous types de feux à l’intérieur et jusqu’à 200 mètres des espaces sensibles » et ce jusqu&rsquo;au 31 octobre 2023, pour éviter les risques d&rsquo;incendies des bois et forêts »</em>.</li>



<li>Les risques de pollution : les feux d’artifice libèrent des fumées chargées en nitrate et autres particules nocives, dont de l’arsenic, selon <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Feu_d%27artifice">Wikipedia</a> : « <em>En 2003, en Inde, une étude fait à Hisar montre que les éléments pyrotechniques de la fête de Diwali y triplent la pollution de l&rsquo;air pour les PM10 et le total des particules en suspension. La même année, l&rsquo;OMS rappelle que l&rsquo;exposition aux particules (PM) affecte la santé (effets principalement cardiovasculaires et respiratoires)</em> ».</li>
</ul>



<p>Inventés en Chine il y a plus de deux millénaires, les feux d’artifice ont parcouru un long chemin pour devenir une tradition vivante célébrée à travers le monde. Bien que leur utilisation ait évolué, ils continuent de captiver les gens par leur magie lumineuse. Tout en admirant ces spectacles pyrotechniques, n&rsquo;oublions cependant jamais l&rsquo;importance de la sécurité et du respect des précautions, ainsi que les défis que cet art va devoir relever pour s’adapter aux contraintes contemporaines et environnementales.</p>



<p><a></a><a></a> <strong>Et plus si affinités</strong></p>



<p>Pour en savoir plus sur le sujet, nous vous conseillons de consulter le <em>Grand livre des feux d&rsquo;artifice</em> de Didier Brunel.</p>


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		<title>Podcast « Le siècle Karajan » : portrait en sept chapitres d’un génie tyrannique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/podcast-biographie-karajan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Jul 2023 16:23:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>“Directeur général de la musique en Europe” C’est ainsi qu’on le surnommait à la fin de sa vie. L’emprise de Karajan sur la production musicale classique et lyrique internationale était alors totale, il constituait une véritable autorité, LA référence absolue. Une légende vivante avec ses multiples zones d’ombre. Peut-on dissocier la vie de l’homme de celle de l’artiste ? En période post #metoo, la question est d’actualité. Elle l’était aussi au...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/07/Devenez-un-pro-du-design-en-quel63.jpg" alt="" class="wp-image-36208" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/07/Devenez-un-pro-du-design-en-quel63.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/07/Devenez-un-pro-du-design-en-quel63-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/07/Devenez-un-pro-du-design-en-quel63-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>“Directeur général de la musique en Europe”</em> C’est ainsi qu’on le surnommait à la fin de sa vie. L’emprise de Karajan sur la production musicale classique et lyrique internationale était alors totale, il constituait une véritable autorité, LA référence absolue. Une légende vivante avec ses multiples zones d’ombre. Peut-on dissocier la vie de l’homme de celle de l’artiste ? En période post #metoo, la question est d’actualité. Elle l’était aussi au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Et le parcours d’Herbert Von Karajan n’échappe pas à cette problématique, ainsi que l’évoque <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lionel_Esparza" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lionel Esparza</a> dans le podcast <em><a href="https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/serie-le-siecle-karajan" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le siècle Karajan</a></em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Talent, audace et manipulation</h2>



<p><em>Le siècle Karajan</em> : sept épisodes d’une heure trente chacun pour relater l’existence d’un artiste mythique, ses créations, son audace, son exigence&#8230; et ses compromissions. Ses manipulations aussi. Épris de pouvoir, obsédé par la réussite, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Herbert_von_Karajan" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Karajan</a> fut un bourreau de travail certes mais aussi un opportuniste. N’hésitant pas à s’affilier au nazisme, carte du parti à l’appui, ce jeune homme de très bonne famille, pianiste émérite, musicien fougueux et chef d’orchestre charismatique, va profiter des remous du IIIe Reich pour s’imposer comme un artiste incontournable.</p>



<p>Et survivre au règne d’Hitler, construisant sa légende en dépit de cette sulfureuse alliance qui n’avait du reste rien d’idéologique. Imbu de sa personne, autoritaire, caractériel, Karajan par ailleurs assurera le lancement de cantatrices de couleur comme Leontyne Price. Ses choix néanmoins interrogent car ce garçon issu d’une famille riche aurait pu s’exiler et réussir ailleurs sans vendre son âme au diable qui eut d’ailleurs beaucoup de mal à composer avec ce vaniteux intraitable. Karajan savait ce qu’il valait et ses exigences, sa manière de négocier les contrats d’une main de fer sont passées à la postérité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un hyperactif innovant et touche à tout</h2>



<p>Idem pour sa manière de travailler, de traiter chanteurs, choeurs et orchestre, avec une poigne dictatoriale dont peu s’accommodaient. Séducteur et infidèle, un brin playboy, passionné de voile, Karajan apparaît ici aussi bien à la scène qu’en privé, dans ses relations avec une scène lyrique en pleine restructuration au lendemain du conflit, et qui va voir se multiplier les grands talents après guerre, Maria Callas, Elisabeth Schwarzkopf, Dietrich Fischer-Dieskau… Karajan va travailler avec tous ou presque, découvrant et propulsant les jeunes talents, prenant à bras le corps le répertoire lyrique et classique pour en proposer des interprétations magistrales.</p>



<p>Tandis qu’il égrène la vie du grand chef d’orchestre avec ce ton un brin ironique qui le caractérise, Lionel Esparza illustre son récit de citations, de témoignages sonores, d’extraits d’enregistrements devenus fameux qu’il ressitue dans leur contexte, qu’il fait vivre à grand renfort d’anecdotes. Il interroge ainsi le mystère créatif de cet hyperactif innovant et touche à tout qui sait tirer profit des avancées technologiques du disque et de l’enregistrement, adore le théâtre jusqu’à toucher à la mise en scène, initie la série de films <em>L’art de diriger</em>, exulte dans le répertoire de Mozart, Beethoven et Wagner, mais est aussi capable d’une dureté incroyable dans la gestion de ses appétits de conquête, de ses rivalités.</p>



<p><strong>À lire également</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/livres-notes-nuit-collection/">Notes de nuit – Collection La Beauté du geste : musique versus fascisme</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/livre-swing-berlin-jazz-nazi/">Swing à Berlin : ne dites pas « jazz » mais « musique de danse accentuée rythmiquement » !</a></li>
</ul>



<p>Ce portrait à facettes multiples reflète parfaitement le clair-obscur d’une vie cependant très homogène. Karajan jamais n’a douté, jamais n’a regretté, fidèle à lui-même et à ses valeurs, prêt, avouera-t-il dans ces vieux jours, à tuer pour parvenir au faîte de la gloire. Ces sept épisodes prenants se laissent écouter avec un mélange de plaisir, d’admiration et de malaise. Car Karajan fut adoubé en dépit de ses accointances avec les nazis, au su et au vu de tous. Pourrait-il aujourd’hui avoir pareille carrière ? Le talent, aussi absolu soit-il, excuse-t-il tout ? Difficile de ne pas s’interroger en parcourant ce magnifique et très complet podcast.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>



<p>Pour écouter le podcast <em>Le siècle Karajan</em>, rendez-vous sur <a href="https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/serie-le-siecle-karajan" target="_blank" rel="noreferrer noopener">France Musique</a>.</p>
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		<title>I am the night : Electre et le Minotaure</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/i-am-the-night-electre-et-le-minotaure/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Jan 2023 05:24:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des décennies après son assassinat, le Dahlia Noir n’en finit pas d’inspirer auteurs et cinéastes. Après avoir impacté James Ellroy et Brian De Palma, Elisabeth Short s’infiltre dans le juteux business des séries TV, passant par la première saison d’American Horror Story pour se droper dans le très récent I am the night, soit six épisodes abordant, sous couvert de nous raconter l’errance de Fauda Hodel, cette affaire sulfureuse qui...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/05/i-am-the-night-e1556709816353.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-31690 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/05/i-am-the-night-e1556709816353.jpg" alt="" width="600" height="600" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Des décennies après son assassinat, le Dahlia Noir n’en finit pas d’inspirer auteurs et cinéastes. Après avoir impacté James Ellroy et Brian De Palma, Elisabeth Short s’infiltre dans le juteux business des séries TV, passant par la première saison d’<a href="https://www.theartchemists.com/serie-american-horror-story/" target="_blank" rel="noopener"><i>American Horror Story</i></a> pour se droper dans le très récent <i>I am the night, </i>soit six épisodes abordant, sous couvert de nous raconter l’errance de Fauda Hodel, cette affaire sulfureuse qui lui sert de toile de fond.</span></p>
<h2 class="western"><span style="color: #000000;">Un grand-père étrange, insaisissable… et dangereux ?</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Résumons le propos : nous voici dans le Nevada des sixties ; élevée par une mère pour le moins coercitive au sein d’une communauté noire où elle s’intègre comme elle peut, la jeune Fauna apprend par hasard qu’elle a été adoptée et que ses racines se trouvent en fait à Los Angeles, dans le sillage du brillant et mystérieux Docteur Hodel. Outre le choc de la nouvelle, la donzelle comprend alors qu’elle n’est pas la métisse qu’elle croyait être. Forte tête, elle prend la direction de la ville des anges pour en savoir plus et rencontrer ce grand-père étrange, insaisissable … et dangereux ?</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Car s’il est un gynécologue riche, respecté, hautement influent, amateur d’art surréaliste et pianiste de génie, Georges Hodel a aussi la réputation d’être un débauché adepte de parties fines et des préceptes de Sade qu’il cite régulièrement en référence. Pire, sa propre fille Tamar, la mère de Fauna, l’a accusé d’inceste et de meurtres, notamment celui du Dahlia Noir. Innocenté au terme d’un procès plus que contestable, Hodel a exilé sa fille on ne sait où, ce que Fauna va chercher à découvrir à ses risques et périls.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Pour l’accompagner dans sa quête, le journaliste Jay Singletary. Violent, ivrogne et toxico, revenu traumatisé de la guerre de Corée, casse-cou impénitent, capable de tout pour un bon cliché … et qui connaît le dossier Hodel sur le bout des doigts, pour avoir enquêté dessus … et y avoir laissé sa réputation. C’est que Hodel a le bras long, la police de L.A. dans sa poche et pas un soupçon d’empathie. La carrière de Singletary n’y a pas survécu … jusqu’à ce que Fauna surgisse de nulle part pour causer des dommages irréversibles, à la manière d’une Electre moderne.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="I Am the Night featuring Chris Pine &amp; Patty Jenkins [TRAILER #1] | Coming January 2019 | TNT" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/KcknCCOlH-E?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 class="western"><span style="color: #000000;">Un thriller haletant et malsain</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">De ce pitch alambiqué, la réalisatrice Patty Jenkins tire un thriller haletant et malsain qui respire son <a href="https://www.theartchemists.com/?s=james+ellroy" target="_blank" rel="noopener">James Ellroy</a> à cent pas. Police corrompue, émeutes raciales, racisme latent, jet set dégénérée, Fauna la candide, incarnée par l’angélique India Eisley, plonge dans ce bain de barbarie avec autant de crainte que de fascination… et un sens évident de la manipulation qu’elle semble avoir hérité de ce sulfureux grand-père auquel Jefferson Mays prête son regard froid, sa diction ampoulée. Quant à Chris Pine et ses airs faussement boudeurs, il endosse le rôle du journaliste incontrôlable et épris de justice.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><a style="color: #000000;" name="cite_ref-One_Day_She'll_Darken_2-0"></a> À eux trois, ils mènent tambour battant cette enquête… qui s’appuie sur des faits réels, corroborés par les photographies exhibées en générique de fin, au terme de chaque épisode. Si le personnage du reporter est totalement fictif, Georges Hodel a bien existé, Fauna aussi dont l’autobiographie <i>One Day She&rsquo;ll Darken: The Mysterious Beginnings of Fauna Hodel </i>est ici adaptée et scénarisée par Sam Sheridan sur les conseils de l’auteure et de son époux, par ailleurs parties prenantes dans la production. Est-ce à dire que Hodel fut vraiment le meurtrier du Dahlia Noir et que la série résout l’intrigue ?</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Minute, papillon. Certes Hodel fit partie des suspects, et le livre <i>L’Affaire du Dahlia Noir</i> écrit par un autre de ses enfants, Steve Hodel, devenu policier à l’âge adulte, va dans le sens de sa culpabilité en agitant notamment la fascination du médecin pour la violence surréaliste (décidément sa descendance a des comptes à régler avec ce type). Une théorie réfutée par des analyses scientifiques et des comparaisons de planning, que Stéphane Bourgoin évoque avec précision dans son enquête <a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/05/dahlia-noir-315x494.jpg"><i>Qui a tué le Dahlia Noir ?</i></a>. Bref, il ne faut pas prendre la série pour argent comptant, mais la vivre comme une enième fiction inspirée par une réalité opaque dont on maîtrise à peine les contours.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">L’exercice est réussi, la quête identitaire de cette gamine paumée alimente avec justesse une investigation complexe dont le principal suspect s’avère une personnalité aussi mystérieuse que menaçante, un minotaure dévorant et sans pitié, qui assimile art et meurtre sans vergogne. La force de cette série est donc de jongler entre fiction et vérité, d’apporter une lecture possible à un crime odieux qui a d’autant plus marqué l’inconscient américain qu’il demeure irrésolu, semble insolvable… mais possède une aura destructrice perpétuelle.</span></p>
<p align="justify">
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			</item>
		<item>
		<title>Corsage : quand Elisabeth s’efface</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-corsage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Dec 2022 10:58:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=35211</guid>

					<description><![CDATA[<p>Parlons net : les amateurs de la trilogie Sissi portée par Romy Schneider dans les années 50 risquent d’avoir un coup au cœur en visionnant Corsage. C’est en effet une impératrice en mode libertaire que dépeint Marie Kreutzer dans cette approche qui dépasse le cadre du biopic pour réfléchir à la difficulté du processus d’émancipation. Étrangère à sa propre famille 1877 : Elisabeth d’Autriche s’apprête à célébrer ses 40 ans. Un séisme...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel16.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-35212 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel16.jpg" alt="photos du film Corsage" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel16.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel16-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel16-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Parlons net : les amateurs de la trilogie <i>Sissi</i> portée par Romy Schneider dans les années 50 risquent d’avoir un coup au cœur en visionnant <a href="https://www.advitamdistribution.com/films/corsage/" target="_blank" rel="noopener"><i>Corsage</i></a>. C’est en effet une impératrice en mode libertaire que dépeint Marie Kreutzer dans cette approche qui dépasse le cadre du biopic pour réfléchir à la difficulté du processus d’émancipation.</span></p>
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<h2 align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Étrangère à sa propre famille</span></strong></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">1877 : Elisabeth d’Autriche s’apprête à célébrer ses 40 ans. Un séisme psychique pour cette femme condamnée à la beauté silencieuse, toujours en représentation, enfermée dans une fonction d’apparat qu’elle déteste. Enfermée, emprisonnée, écrasée. Symbole de cette claustration, le corset et le corsage qui l’étouffent en continu, comme cette union qui ne repose plus sur rien, cette maternité dont on l’a privé. Un époux absent, des enfants qu’on lui a retirés, Elisabeth est étrangère dans sa propre famille.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Mais la voici prête se libérer de ses entraves, quitte à choquer. De séquence en séquence, nous la voyons s’extraire de ce carcan insupportable du protocole, s’éloigner de ses obligations pour redevenir elle-même. Écuyère accomplie, sportive exigeante, éprise d’Ailleurs, de poésie, elle s’échappe, suscitant l’incompréhension et l’ire d’un entourage incapable de la comprendre. Même son mari, l’empereur François-Joseph, ne cerne plus cette épouse qu’il aime pourtant encore éperdument, mais qu’il ne peut plus contrôler.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">Une souffrance contagieuse</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’est cette perte de contrôle que filme Marie Kreutzer avec une réserve, une pudeur touchantes. Dans des décors épurés d’où le faste des palais baroques a totalement disparu, son Elisabeth évolue comme une ombre en devenir, un fantôme. La superbe impératrice progressivement, volontairement, s’efface, mais à sa manière et non comme l&rsquo;exige l&rsquo;étiquette. Troubles alimentaires, tentatives de suicide, drogue, la dérive est évidente, la souffrance mentale absolue, les instants de joie ineptes.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Cette frustration est contagieuse, tandis que les dames de compagnie se plient aux exigences de l’impératrice, s’affament pour être aussi minces et prendre sa place lors des manifestations publiques où elle ne veut plus paraître. Victime, Elisabeth s’avère à ses heures bourreau, manipulatrice, interdisant à sa camériste de se marier, négociant avec une jeune pour qu’elle devienne la maîtresse attitrée de cet époux qu’elle ne supporte plus. En mal de reconnaissance, elle séduit les hommes qui l’entourent, tire la langue à son médecin, quitte les dîners officiels en faisant un doigt d’honneur à l’assistance.</span></p>
<h2 align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Un regard pertinent et intense</span></strong></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Un brin anar, indomptable pour sûr, cette Elisabeth est campée avec prestance par une <span style="font-size: medium;">Vicky Krieps </span><span style="font-size: medium;">vibrante, fébrile, </span><span style="font-size: medium;">sidérante</span><span style="font-size: medium;">. L’actrice, en un regard </span><span style="font-size: medium;">perçant</span><span style="font-size: medium;">, transmet des émotions d’une puissance presque effrayante : l’épuisement, la perte des repères, la rage, la détermination, </span><span style="font-size: medium;">le cynisme</span><span style="font-size: medium;">. Et puis, il y a cette curiosité, cette clairvoyance face à l’avenir, l’acceptation de la modernité en marche, la conscience que, de par sa fonction, l’héroïne est ancrée dans le passé, quand son esprit, son âme se tournent vers le futur. </span><span style="font-size: medium;">Un grand écart impossible à tenir sur le long terme : il faudra trancher.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-size: medium;">C’est aussi cette prise de décision, affirmée acte après acte, que décrivent et la réalisatrice et son interprète, dans une complicité tout en nuances. C’est </span><span style="font-size: medium;">Vicky Krieps </span><span style="font-size: medium;">qui a suggéré ce sujet à </span><span style="font-size: medium;">Marie Kreutzer. </span><span style="font-size: medium;"><i>Corsage</i></span><span style="font-size: medium;"> est un enfant commun, un très bel enfant, juste, émouvant, qui évoque par certains côtés le film </span><a href="https://www.theartchemists.com/films-spencer-the-queen/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-size: medium;"><i>Spencer</i></span></a><span style="font-size: medium;"> de Pablo Larrain. Le portrait de cette femme au mitan de sa vie parlera à toutes et tous ; il arrive à point nommé face à des productions plus douteuses comme la série </span><span style="font-size: medium;"><i>L’Impératrice</i></span><span style="font-size: medium;">, pour remettre les pendules à l’heure, échapper à ce besoin navrant de spectaculaire made in Netflix et proposer un regard plus pertinent, plus </span><span style="font-size: medium;">intense.</span></span></p>
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