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	<title>body horror</title>
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		<title>Manga et body horror : Junji Ito, Devilman, Parasite, la chair comme un temple hanté</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/body-horror-mangas-gore-sublime/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Oct 2025 15:34:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le manga a toujours eu un faible pour les extrêmes. On a déjà abordé le sujet avec l’article « Le corps malmené : violences et mutations dans les animes pour ados ». Et s’il est un excellente intro à l’usage du body horror dans la culture manga : le corps se tord, se scinde, se parasite… et, paradoxalement, touche au sublime. Pas seulement du gore, mais une méditation sur la chair comme frontière...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-manga-et-body-horror.jpg" alt="manga et body horror" class="wp-image-38358" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-manga-et-body-horror.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-manga-et-body-horror-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-manga-et-body-horror-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Le manga a toujours eu un faible pour les extrêmes. On a déjà abordé le sujet avec l’article « <a href="https://www.theartchemists.com/corps-malmenes-animes-ados/">Le corps malmené : violences et mutations dans les animes pour ados</a> ». Et s’il est un excellente intro à l’usage du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=body+horror">body horror</a> dans la culture manga : le corps se tord, se scinde, se parasite… et, paradoxalement, touche au sublime. Pas seulement du gore, mais une méditation sur la chair comme frontière entre l’humain, le monstrueux et le divin. Trois jalons pour comprendre ce jeu de bascule : <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Junji_It%C5%8D">Junji Ito</a>, <em><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Tokyo_Ghoul">Devilman</a></em> et <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parasite_(manga)">Parasite</a></em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Junji Ito : l’art chirurgical de la déformation</h2>



<p>Le maître incontesté du genre ? Junji Ito. <em>Uzumaki</em>, <em>Tomie</em>, <em>Gyo</em>… ses planches sont des exercices de précision maladive. Spirales qui engloutissent la raison, visages qui se liquéfient, chairs qui se retournent sur elles-mêmes : l’horreur ne vient pas du monstre extérieur mais de la corruption interne, d’un monde où le corps devient le support d’un mal inexorable.</p>



<p>Par delà le gore, Ito conçoit des icônes de l’inquiétante étrangeté. Son trait minutieux, ses contrastes radicaux transforment la difformité en estampe sacrée. L’œil du lecteur oscille : répulsion immédiate, fascination quasi mystique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Devilman</em> : apocalypse charnelle et extase blasphématoire</h2>



<p>Avant les “kagune”, il y a Devilman : fusion d’un ado (Akira Fudō) et d’un démon (Amon), orgies sabbatiques, corps qui explosent, ailes, cornes, moignons — la métamorphose comme révélation. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C5%8D_Nagai">Go Nagai</a> tire le body horror vers une imagerie quasi liturgique : la chair déraille pour interroger le bien, le mal et la part d’ange dans le monstre (et inversement). La fin, avec son pietà inversée (Satan tenant le corps d’Akira dans un monde ruiné), scelle le pacte : le gore sert un tragique métaphysique.<br />Côté anime (<em>Devilman Crybaby</em>), <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Masaaki_Yuasa">Masaaki Yuasa</a> pousse l’abstraction et la vitesse : silhouettes élastiques, couleurs acides, musique comme transe — même vertige sacrilège, même sublime au bout de l’horreur.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Parasyte</em> : le sacré dans le grotesque</h2>



<p><em>Parasite</em> d&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hitoshi_Iwaaki">Hitoshi Iwaaki</a>, 1988–1995) imagine un monde où des parasites extraterrestres prennent possession des corps humains. Shinichi, infecté à moitié, vit en symbiose avec Migi, un bras mutant qui parle, se métamorphose, découpe, répare.</p>



<p>Là encore, l’horreur visuelle est patente : corps morcelés, gueules béantes, hybrides cauchemardesques. Mais derrière le gore, un questionnement métaphysique : où s’arrête “l’humain” quand la chair devient autre chose ? Les moments d’union, de sacrifice, de fusion atteignent un sublime paradoxal : la monstruosité accouche de tendresse et d’épiphanies.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi ce mélange fonctionne ?</h2>



<p>Trois scènes qui disent tout ? Dans <em>Uzumaki,</em> les corps pliés en spirales, avalés par une force cosmique, deviennent fresques cosmiques. Dans <em>Devilman, </em>le Sabbath où Akira se laisse posséder érige la chair en porte d’accès au “divin” noir. Dans <em>Parasyte,</em> Shinichi, le cœur arraché puis ressuscité par Migi, incarne la chair comme lieu de grâce.</p>



<p>Trois paramètres expliquent le succès de pareilles atmosphères.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>L’esthétique du détail : traits ultra-précis, textures, contrastes, le manga body horror rend visible l’indicible, comme une gravure sacrée.</li>



<li>Une frontière instable : l’horreur naît du brouillage entre corps et altérité ; l’effet sublime surgit quand ce brouillage dévoile une vérité (identité, dépendance, transcendance).</li>



<li>La résonance culturelle : héritage de l’ero-guro des années 20–30, où érotisme, grotesque et macabre coexistaient déjà, le body horror prolonge les mythes shinto-bouddhiques où la nature et les esprits traversent la chair.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">En deux phrases</h2>



<p>Le body horror dans les mangas n’est pas un simple catalogue de tripes : c’est une théologie visuelle de la chair. L’horreur attire, le sublime transfigure : un corps déformé peut devenir une icône, un parasite une révélation.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Refusons l’atrophie cognitive : la culture est transversale ou n’est pas !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/transversalite-culturelle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Sep 2025 08:50:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Mais pourquoi vous touchez à tout ? » La question revient sans cesse, de la part d’amis, de connaissances, parfois de lecteurs. Certains voudraient que nous nous cantonnions au cinéma, d’autres à la musique, d’autres encore à la littérature. Comme si la culture se découpait en parts de pizza bien nettes, avec un couteau marketing en guise de trancheuse. Désolé, mais non : la culture ne fonctionne pas ainsi....</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="2000" height="1600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-transversalite-culturelle.jpg" alt="transversalité culturelle" class="wp-image-38332" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-transversalite-culturelle.jpg 2000w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-transversalite-culturelle-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-transversalite-culturelle-494x395.jpg 494w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-transversalite-culturelle-768x614.jpg 768w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-transversalite-culturelle-1536x1229.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px" /></figure>



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<p>« Mais pourquoi vous touchez à tout ? » La question revient sans cesse, de la part d’amis, de connaissances, parfois de lecteurs. Certains voudraient que nous nous cantonnions au cinéma, d’autres à la musique, d’autres encore à la littérature. Comme si la culture se découpait en parts de pizza bien nettes, avec un couteau marketing en guise de trancheuse. Désolé, mais non : la culture ne fonctionne pas ainsi. Et qu’on se le dise une fois pour toutes : la culture est transversale, ou n’est pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tout est lié, bordel !</h2>



<p>On ne regarde pas une série comme <em>The Wire</em> sans penser aux polars américains de Chandler ou <a href="https://www.theartchemists.com/?s=ellroy">Ellroy</a>. On ne comprend pas <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=akira">Akira</a></em> si l’on n’a jamais entendu parler de la bombe atomique, ni de Kurosawa. On n’écoute pas <a href="https://www.theartchemists.com/?s=joy+division">Joy Division</a> sans croiser la philosophie de Bataille, l’architecture brutaliste et l’aliénation industrielle de Manchester.<br />C’est ça la culture : des échos, des résonances, des dialogues. De la transversalité.</p>



<p>Transversalité culturelle : pas un mot savant pour briller en société, mais une manière de considérer les œuvres et les idées en réseau, pas en silo. Concrètement, ça veut dire qu’un tableau n’est jamais seulement un tableau, mais qu’il dialogue avec la musique de son époque, avec les débats philosophiques, avec les bouleversements politiques. C’est comprendre que la BD <em>Maus</em> de Spiegelman n’existe pas sans l’histoire de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=shoah">Shoah</a>, que <em><a href="https://www.theartchemists.com/black-mirror-sommeille-de-pire/">Black Mirror</a></em> n’est pas seulement une série mais une réflexion sur la technologie, héritière directe d’Orwell et d’Huxley.</p>



<p>La transversalité, c’est cette capacité à relier des formes différentes, des disciplines éloignées, des époques distinctes pour en faire jaillir du sens. C’est l’art du contrechamp, du détour, du télescopage : là où d’autres se contentent de consommer une œuvre, le regard transversal l’inscrit dans une constellation plus large.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’hyperspécialisation, poison pour l’esprit</h2>



<p>Or c’est essentiel, pour ne pas dire vital. Rester bloqué dans une case, c’est se condamner à la myopie intellectuelle.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le spectateur Netflix qui enchaîne des séries sans jamais ouvrir un livre finit par bouffer du scénario prémâché : il s’habitue à des structures narratives répétitives, il perd le goût de l’effort, il avale des intrigues calibrées comme des plats surgelés. À force, sa capacité à comparer, à nuancer, à se décentrer se réduit comme peau de chagrin.</li>



<li>Le lecteur qui se gargarise de “grande littérature” sans jamais aller voir un concert ou une expo, c’est du snobisme sec : il finit enfermé dans une bulle élitiste, incapable de comprendre que la création vit aussi dans la rue, dans la pop culture, dans l’expérimental. Il lit mais il ne vibre pas, il devient un esthète stérile.</li>



<li>L’amateur d’art contemporain qui ne se coltine jamais un roman graphique ou un film d’horreur rate la moitié du paysage : il oublie que l’imaginaire se nourrit aussi des marges, des formes populaires, des monstres. À force de mépriser certains médiums, il réduit son champ de vision et se prive des clés pour comprendre les obsessions collectives.</li>
</ul>



<p>Bref : l’hyperspécialisation, c’est une atrophie cognitive. Elle coupe les synapses entre disciplines, elle éteint la curiosité, elle sclérose le jugement. Au lieu d’entraîner l’esprit critique, elle le met sous perfusion. Et qu’est-ce qu’on obtient ? Des consommateurs dociles, faciles à manipuler, incapables de voir les fils qui relient les images aux idées, les œuvres aux idéologies. C’est exactement ce que cherchent les industries culturelles de masse : un public captif, qui ne sort jamais de l’enclos.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Atrophie cognitive&nbsp;: à qui le crime profite-t-il&nbsp;?</h2>



<p>Bonne question. Parce qu’on ne réduit pas les esprits par hasard : cette myopie culturelle, elle profite à certains.</p>



<p>D’abord aux industries culturelles de masse. Plus ton horizon est limité, plus tu consommes en boucle la même soupe réchauffée. Séries formatées, blockbusters interchangeables, hits calibrés par algorithmes : en te maintenant dans un couloir étroit, on t’évite la tentation d’aller voir ailleurs. Résultat : tu restes captif, accroché à une plateforme, gavé comme une oie.</p>



<p>Ensuite, aux pouvoirs politiques et économiques. Un citoyen qui ne lit pas, qui ne croise pas les points de vue, qui ne confronte pas un film à un essai ou une pièce de théâtre à un fait d’actu, c’est un citoyen plus facile à manipuler. L’histoire le montre : les régimes autoritaires adorent les publics simplifiés, privés de recul, abreuvés d’un seul discours. La transversalité, elle, fait surgir les contradictions, les comparaisons, les analogies – bref, tout ce qui gêne la propagande.</p>



<p>Enfin, ça profite à notre paresse collective. On nous a dressés à aimer la facilité, le prêt-à-penser, l’immédiateté. Les plateformes encouragent le binge-watching, les réseaux sociaux favorisent le scroll sans fin, l’école parfois elle-même cloisonne au lieu de relier. Résultat : moins on croise, moins on confronte, plus on se repose. Et ce confort est une prison dorée.</p>



<p>En clair : l’atrophie cognitive, ce n’est pas un bug, c’est un système. Un système qui produit des spectateurs dociles, des électeurs dociles, des consommateurs dociles. Et si nous refusons l’hyperspécialisation, c’est précisément pour saboter cette machine.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le passé n’est pas mort, il nous regarde</h2>



<p>Chez The ARTchemists, nous sabotons la machine de l’atrophie cognitive au quotidien :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>En chroniquant <em><a href="https://www.theartchemists.com/mythomane-bataclan-livre/">La Mythomane du Bataclan</a></em>, nous parlons autant de littérature que de mémoire collective, de trauma et de manipulation médiatique.</li>



<li>Quand on évoque <em><a href="https://www.theartchemists.com/the-mist-film-2007/">The Mist</a></em> de Frank Darabont, on ne fait pas juste du ciné : on convoque Stephen King, Lovecraft, la sociologie des foules et l’effondrement du lien social.</li>



<li>Notre plongée dans l’univers de <em><a href="https://www.theartchemists.com/minuit-machine-groupe-darkwave/">Minuit Machine</a></em> ? C’est de la musique certes, mais aussi de l’histoire des contre-cultures, du goth, de la techno industrielle, du désespoir urbain des années 80 à nos jours.</li>



<li>Même un sujet a priori léger comme les <a href="https://www.theartchemists.com/?s=festivals">festivals d’été</a> devient un carrefour quand on le place dans la perspective du réchauffement climatique : écologie, politique, économie, sociologie, musique, tout va dans le même sens.</li>
</ul>



<p>Bref, impossible d’analyser une œuvre ou un phénomène sans ouvrir grand les portes du contexte, du passé, de la société.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Refuser l’amnésie</h2>



<p>La transversalité, c’est aussi refuser l’amnésie. Nous allons fouiller dans les archives de l’INA, exhumer des vieux films, relire des bouquins oubliés. Pourquoi ? Parce que ce passé éclaire le présent et prépare l’avenir.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les opéras perdus de Rameau qu’on reconstitue au XXIe siècle disent quelque chose de notre rapport à la mémoire et à la recréation.</li>



<li>Les body horror japonais de Junji Ito dialoguent avec les films de Cronenberg et avec nos angoisses post-Covid.</li>



<li>Un reportage des années 70 sur les luttes ouvrières résonne avec les Gilets jaunes et les débats actuels sur le travail.</li>
</ul>



<p>Ne regarder que les sorties du mois, c’est se condamner au zapping. Nous, on préfère les grands fils rouges de la culture, les sédiments, les strates.</p>



<p>Notre credo : relier, pas enfermer. Oui, notre webmag parle de cinéma, de danse, de BD, de philosophie, de patrimoine. Oui, on peut enchaîner une chronique sur un shark movie et une autre sur Takato Yamamoto, puis une playlist électro goth et une réflexion sur la psychologie du travail. Et alors ? C’est précisément ça, la richesse culturelle : la mise en tension des disciplines, l’ouverture, le frottement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion ? Ouvrir sa gueule et ses horizons</h2>



<p>Se spécialiser, c’est facile. Ça rassure. Mais ça limite.<br />Nous, on préfère la complexité, l’inconfort, les chemins de traverse. Parce que c’est là que ça pense, que ça vit, que ça brûle.</p>



<p>Nous ne sommes pas des influenceurs lifestyle. Nous sommes des passeurs, des agitateurs, des décloisonneurs. Et si ça dérange les esprits qui aiment les cases toutes faites, tant mieux.</p>



<p>Alors, la prochaine fois qu’on nous demandera pourquoi on touche à tout, on répondra simplement :<br />Parce que tout est lié. Parce que c’est ça, la culture.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>The Ugly Stepsister : Cendrillon revu et corrigé en mode body horror</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/ugly-stepsister-film/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Jul 2025 11:18:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il était une fois Cendrillon abordé sous l’angle … de la méchante sœur. Le film norvégien The Ugly Stepsister raconte comment Elvira va tout faire pour conquérir le prince charmant. Tout et pire encore. Exit la féerie des contes de Perrault ou des frères Grimm, côté tout mignon de la version Disney : la réalisatrice Emilie Kristine Blichfeldt avorte toute cette guimauve à grands coups de pieds pour tisser volontairement et...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p>Il était une fois <em>Cendrillon</em> abordé sous l’angle … de la méchante sœur. Le film norvégien <em>The Ugly Stepsister </em>raconte comment Elvira va tout faire pour conquérir le prince charmant. Tout et pire encore. Exit la féerie des contes de Perrault ou des frères Grimm, côté tout mignon de la version Disney : la réalisatrice <a href="https://www.imdb.com/fr/name/nm5132581/">Emilie Kristine Blichfeldt</a> avorte toute cette guimauve à grands coups de pieds pour tisser volontairement et sans scrupule l’esthétique corrompue d’un cauchemar esthétique où dialoguent <em>body horror</em>, rituels de transformation aussi cruels qu’inutiles et critique sociale acérée. Le tout est une fable vomitive et riche d’enseignements.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="THE UGLY STEPSISTER - NOUVELLE BANDE ANNONCE" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/vn2i668hs_k?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Une fille mal dans sa peau</h2>



<p>Elvira est l’archétype de la fille mal dans sa peau — ronde, boutonneuse, dents de travers, anglaises ridicules, mal fagotée, maladroite, romantique au-delà du tolérable. Dans une société aux diktats victoriens, où les femmes n’ont de valeur que par le mariage, la donzelle dénote, ne correspond pas aux canons de beauté imposés par cette société ultra-rigide fondée sur le paraître. Il va donc falloir la faire entrer de force dans le moule pour espérer la marier richement, vu que sa mère n’a guère de fortune, malgré l’union qu’elle vient de célébrer avec le défunt papa de la belle Agnès (<a href="https://www.instagram.com/tisifi/?hl=fr">Thea Sofie Loch Næss</a>).</p>



<p>La cible ? Rien de moins que le prince Julian (<a href="https://www.instagram.com/isaccalmroth/">Isac Calmroth</a>), héritier du trône en quête d’une épouse digne de régner à ses côtés et de produire des héritiers à la chaîne. Un prince pour lequel la candide Elvira en pince gravement, fascinée qu’elle est par les poèmes du jeune homme. Transie d’amour, la jeune fille va accepter d’être refaçonnée pour pouvoir rivaliser avec les plus belles filles de la contrée, y compris sa si belle, majestueuse et très libre de mœurs demi-sœur ravalée au rang de souillon et depuis surnommée Cendrillon. Être refaçonnée : euphémisme. Dents, nez, yeux, poids, Elvira va s’imposer un enfer corporel qui va tourner à la mutilation. Esprits sensibles, s’abstenir, les séquences sont épouvantables.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-da8000c7c9474e7643ba6cc84f8baabb" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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</ul>
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<h2 class="wp-block-heading">Le physique plutôt que le mental</h2>



<p>Et tout ce qu’il y a de plus réaliste. Difficile, en observant cette gamine remarquablement interprétée par <a href="https://www.instagram.com/leamyren/">Lea Myren</a> de ne pas penser à la pression sociale accrue par les réseaux sociaux qui conduit aujourd’hui des centaines de jeunes filles à s’imposer semblable supplice le sourire aux lèvres tuméfiées par le scalpel … et à en faire la promotion ouvertement sur TikTok ou Insta par dessus le marché. Obsédée par ce prince qui n’a finalement rien de charmant (le gars est grossier, une verge sur pattes que seule une fille forte est à même de gérer, certainement pas une ingénue comme l’héroïne), Elvira accepte tout, sans même réaliser qu’elle s’enlaidit au lieu de se magnifier.</p>



<p>Car elle peut se transformer au physique, ce qui lui manque c’est le mental. Et pour cause. Dans son monde, une femme est un bel objet et une reproductrice, guère plus. Exit la perspective d’une éducation intellectuelle, du développement de l’estime de soi. Elvira est dressée à plaire, une poupée sans volonté, une petite chienne de salon qui jappe pour amuser ces messieurs (véridique, le passage est juste intolérable). Elle est pourtant douée pour la poésie et la danse, mais ces talents, cette émotivité à fleur de peau liée à une compréhension si forte des mots, ce côté artiste, tous ces atouts qui pourraient faire la différence sont consciencieusement gommés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tragédie d’un avilissement consenti</h2>



<p>Dès les premières images, on comprend qu’on va assister à une décomposition de l’être, une dévastation de la beauté intérieure, un avilissement consenti : fleurs fanées, fruits pourris, le plan de départ scrute une table de festin en putréfaction où se déroulent les anneaux d’un long vers solitaire. Cette évocation des natures mortes du XVIIe siècle frappe les esprits, comme un coup de semonce. C’est de pourrissement qu’on va ici traiter : l’altération des consciences, l’absence d’éthique, la dureté des mœurs, l’écrasement des êtres. Clairement Elvira, dans cet univers impitoyable, est vouée à la destruction à plus ou moins court terme.</p>



<p>Je passe sur les stades de cette dégradation qui illustrent les pires instants de l’anorexie. Le <em>body horror</em> flirte avec la reconstitution historique pour tisser une atmosphère oppressante et opaque, où ombres et lumières crues s’affrontent sur fond de château néo-gothique et de valses viennoises, autant de symboles de cette conscience torturée qui ne trouvera son salut que dans la fuite, et encore dans quel état. une fuite orchestrée par sa cadette Alma (<a href="https://www.instagram.com/flofagerli/?hl=fr">Flo Fagerli</a>), ulcérée du traitement qu&rsquo;on inflige à son aînée. Peut-être le seul personnage sain de cette histoire, car trop atypique et trop rebelle pour être épousable. La petite dernière échappe ainsi au traitement infligé par une mère dont on se demande s’il faut la blâmer ou la plaindre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">S’exfiltrer du système</h2>



<p>Pur produit de cette éducation qui contraint les filles, la marâtre (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ane_Dahl_Torp">Ane Dahl Torp</a>) n’a que cette solution en tête, solution qu’elle utilise elle-même, suçant tout ce qui lui passe à portée de bouche pour tenter d’assurer son avenir et sa sécurité financière. Toxique au dernier degré comme l’environnement qu’elle rêve d’intégrer, ce pouvoir, cette fortune qu’elle convoite sans jamais la saisir car trop dépendante des hommes pour gagner en liberté. Dans ce contexte, c’est presqu’une chance qu’Elvira réussisse à s’exfiltrer d’un système qu’elle ne pourra jamais réintégrer vu son état final, conjuguant à l’extrême et d’une nouvelle manière le proverbe : « Il faut souffrir pour être belle ».</p>



<p>On ressent un mélange d’agacement et d’empathie pour cette anti-héroïne, on aimerait la soustraire à cet enfer, la secouer, lui hurler de se ressaisir, de partir loin de tout ça avant que les dégâts soient irrémédiables. Plusieurs warnings devraient l’alerter, mais elle reste jusqu’à l’ultime limite. Flirtant avec le désastre. Acte manqué ? Là aussi euphémisme. Par contre, impossible de se soustraire à la colère qui nous saisit face à la trop belle et si sûre d’elle Agnès, féroce dans cette course au mariage, devant la morgue de ce prince qui considère les filles comme des jouets sexuels, tous deux reflètent la suffisance de ceux qui sont beaux et/ou riches, qui ont le pouvoir sur le visage, dans le porte-monnaie ou entre les cuisses.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>The Substance : qui de nous deux, bouffera l&#8217;autre ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-substance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Oct 2024 16:49:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37519</guid>

					<description><![CDATA[<p>Certains ont adoré, d&#8217;autres détesté&#8230; Ce qui est sûr, c&#8217;est que The Substance n&#8217;a guère laissé indifférents des critiques qui tanguent entre dégoût, déception, fascination, adulation. Et pour être honnête, c&#8217;était selon moi l&#8217;objectif de la réalisatrice Coralie Fargeat : ne laisser personne indifférent. Quitte à verser dans l&#8217;excès, le grotesque, le gore-tesque même. Car l&#8217;indifférence, on n&#8217;en peut plus. Surtout quand il s&#8217;agit d&#8217;évoquer la place de la femme...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p>Certains ont adoré, d&rsquo;autres détesté&#8230; Ce qui est sûr, c&rsquo;est que <em>The Substance</em> n&rsquo;a guère laissé indifférents des critiques qui tanguent entre dégoût, déception, fascination, adulation. Et pour être honnête, c&rsquo;était selon moi l&rsquo;objectif de la réalisatrice <a href="https://www.instagram.com/coralie_fargeat/?hl=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Coralie Fargeat</a> : ne laisser personne indifférent. Quitte à verser dans l&rsquo;excès, le grotesque, le gore-tesque même. Car l&rsquo;indifférence, on n&rsquo;en peut plus. Surtout quand il s&rsquo;agit d&rsquo;évoquer la place de la femme dans nos sociétés dites évoluées, finalement d&rsquo;une barbarie indicible. Explications.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<h2 class="wp-block-heading">ElizaSue</h2>



<p>Un petit pitch s&rsquo;impose. Elizabeth Sparkle est une gloire du fitness télévisé. Une gloire vieillissante. Le jour de son anniversaire, cette quinquagénaire pourtant encore très belle (Demi Moore, magnifique) est remerciée de la plus grossière des façons par son producteur (Dennis Quaid, ignoble) qui a décidé de trouver une remplaçante plus accrocheuse, plus rayonnante, en un mot plus jeune. Mortifiée ô combien, Elizabeth, qui a tout sacrifié à sa carrière, se retrouve au chômage, confrontée à sa solitude et son image de star <em>has been</em>.</p>



<p>C&rsquo;est alors qu&rsquo;un messager anonyme lui propose de profiter de la substance. Un mystérieux liquide jaune fluo (la référence à <em>R</em><em>e</em><em>animator</em> est flagrante) qui va révéler son autre moi-même : Sue (Margaret Qualley, rayonnante et invivable). Sue qui lui succède, qui réussit tout avec son sourire d&rsquo;ange et ses formes superbes. Sue qui va commencer à pomper sa vie et ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;une image. Mais Elizabeth ne l&rsquo;entend pas de cette oreille. Question : laquelle des deux va triompher de l&rsquo;autre ? Laquelle va bouffer l&rsquo;autre ? Sachant qu&rsquo;elles sont une et inséparables ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un seul adjectif : révoltant</h2>



<p>Tiré par les cheveux ? Rappelons qu&rsquo;un certain Stevenson a jadis abordé cette thématique dans <em><a href="https://www.theartchemists.com/theatre-dr-jekyll-mystere-hyde/">L&rsquo;Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde</a></em>. Coralie Fargeat se saisit du sujet pour accoucher d&rsquo;un body horror saignant, dégueulasse et vomitif à souhait : la dégradation du corps féminin y occupe une place centrale, filmé dans une atmosphère à la Kubrick, avec des effets dignes de <em>The Thing</em> de John Carpenter, <em>Society</em> de Brian Yuzna, <em>La mort vous va si bien</em> de Robert Zemeckis. Excessif comme pourrait l&rsquo;être un chapitre de Sade, le chemin de croix de ElizaSue sombre dans le grotesque en mode Monty Python, conte philosophico-esthético-horrifique qui en dit long sur le statut de la femme.</p>



<p>Et là, un adjectif me vient : révoltant. Révoltant, la manière dont Elizabeth est traitée, mise hors jeu car quinquagénaire. Révoltant, la manière dont elle est fichue à la porte. Révoltant, la vampirisation dont elle fut victime des années durant, façonnée par le star system avant d&rsquo;être éjectée, remisée à la poubelle comme un vulgaire kleenex. Révoltant, le regard dégoutté et méprisant des hommes sur son corps pourtant encore désirable, sur celui de sa « doublure » plus jeune, qu&rsquo;ils convoitent de manière lascive et ordurière. Révoltant, cette façon qu&rsquo;a Eliza de se détester, de s&rsquo;avilir, de se détruire. Insupportable à elle-même, haïssant son corps, son être, son identité. Vide.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le véritable monstre de cette fable, c&rsquo;est l&rsquo;homme</h2>



<p>Exagéré ? À peine. Derrière cette héroïne, il y a nous, Mesdames. Harcelées par les incitations aux régimes, l&rsquo;injonction à la réussite esthétique, sociale, affective. Obligées de nous farder, de nous affamer, pire encore, pour répondre à des codes de séduction dictés par les hommes ; la scène de l&rsquo;audition de Sue est à ce titre flagrante, les remarques des deux recruteurs odieuses. Le véritable monstre de cette fable, c&rsquo;est l&rsquo;homme, sorte de Barbe Bleue moderne à visages multiples, concupiscent et bestial, sale, manipulateur, esclavagiste. Puissant et présent bien que moche et vil. Une continuité des violeurs de <em><a href="https://www.theartchemists.com/revenge-lolita-furiosa/">Revenge</a></em>, premier opus d&rsquo;une Fargeat qui choisit de ne pas faire dans la dentelle pour nous tendre le miroir de notre soumission soi-disant librement consentie.</p>



<p>On s&rsquo;étonne que jamais Eliza ne pense un instant à buter son producteur. Façonnée, endoctrinée même, c&rsquo;est contre elle qu&rsquo;elle dirige sa violence, sa frustration, sa rage. Essayant de cacher ses conduites à risques (boulimique d&rsquo;un côté, alcoolique de l&rsquo;autre) sous le verre fumé de ses lunettes de marque, la décomposition accélérée de son corps dans les plis de son manteau jaune. Se dévorant les entrailles alors qu&rsquo;elle devrait foutre le feu à cette société sans pitié pour elle. Difficile en la regardant sombrer de ne pas penser aux légions d&rsquo;actrices contraintes à la chirurgie esthétique, aux avortements et autres saloperies par des studios hollywoodiens les considérant comme des pouliches de luxe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une auto-fascination fatale</h2>



<p>Révoltant donc, volontairement. Fargeat veut nous faire prendre conscience. Il y a urgence dans un univers cornaqué par des réseaux sociaux où la perception du corps féminin est mise à mal par les marques, dès le plus jeune âge. On a beau évoquer l&rsquo;espoir du body positivisme, les gamines se sentent trop grosses, trop moches, trop mal. Des ElizaSue en puissance qui, le moment venu, imploreront pour avoir accès à la substance qui les ramènera du bon côté de la barrière, celui de la jeunesse et de la beauté, du succès et de la reconnaissance. Seulement voilà : on ne peut lutter contre le temps qui passe. La fontaine de Jouvence demeure un mythe, joli certes, mais un mythe quand même. Une rêverie qui encourage les pires réalités.</p>



<p>Et une souffrance profonde, un mal-être ancré, une charge mentale qu&rsquo;on fait peser sur nos épaules. On notera que chez ElizaSue, il n&rsquo;y a pas de livre. Le seul qu&rsquo;on lui offre, c&rsquo;est un manuel de cuisine française désuet. Indélicatesse de son producteur, décidément un sale mec. Eliza n&rsquo;a rien, pas d&rsquo;époux, pas d&rsquo;enfant, pas même un animal de compagnie. Elle est seule avec elle-même, ce elle-même qu&rsquo;elle dissimule dans sa salle de bain une semaine sur deux. Egoïste ? Perdue ? Une seule fois, elle pourrait casser cette logique, échapper à cet enfer. Mais non, elle ira jusqu&rsquo;au bout de cette auto-fascination fatale.</p>



<p>Or c&rsquo;est cela que Fargeat nous invite/incite à démanteler. L&rsquo;auto-fascination. Arrêter de regarder/explorer son nombril pour redresser la tête et observer le monde. Cultiver sa tête. Car pour sûr, ElizaSue n&rsquo;a de sain ni l&rsquo;esprit ni le corps.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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