Les contes des 1001 séries : Breaking bad … de la drogue en barre

Encore une fois, chers lecteurs et chère Delphine, je vous emmène au pays magique des cowboys et du baseball pour vous parler d’une série qui a fait couler énormément d’encre chez nos copains ricains. Une série franchement dérangeante, unique en tout point, parfois troublante et hautement addictive, une grande série en somme. Ce fameux show diffusé par la chaine AMC – également diffuseur du très bon et très populaire show Mad Men –  n’est autre que Breaking Bad.

Rapidement laissez moi vous situer le contexte dans lequel évolue péniblement Walter White, professeur de chimie dans un petit lycée d’ABQ (Albuquerque), comme disent les « jeunes ». Ce monsieur mène une vie aussi paisible qu’ennuyeuse avec sa femme (enceinte) et son fils handicapé, et semble végéter sereinement dans cette situation d’homme sans véritable relief. Jusqu’à la révélation fatidique qui fera de cet homme …un fabricant de drogue.

Alors qu’il cumulait deux emplois, professeur de chimie et laveur de voiture, et peinait à assurer pleinement les besoins de sa famille, Walt apprend qu’il est atteint d’un cancer des poumons, incurable. Le compte a rebours est lancé, il a  maintenant deux ans pour trouver une grosse somme d’argent et mettre sa famille à l’abri avant que son cancer ne l’achève. Le professeur réfléchit alors à de possibles solutions et la plus évidentes revient à mettre à profit ses grandes qualités de chimistes pour sauver sa famille. Il sera fabricant de « crystal meth ».

Bon alors c’est clair le fait qu’un papa-prof deviennent dealer peut paraître totalement hollywoodien sur le papier, et pourtant tous les fans de la série vous le diront : Breaking bad se démarque totalement du reste des séries aimées du grand public. Pour une raison bien simple et en tout point politiquement incorrect : chaque renouvellement de saison est un pied de nez à la censure américaine qui prend ses racines dans les différents lobbies défendant l’étendard des bonnes vieilles valeurs américaines.

Le fait que la série dérange est dû en grande partie à la profonde noirceur qui habite le show et qui tient en haleine le téléspectateur, et à la place très important donnée à la  psychologie des personnages. Une production subversive à souhait, où le jeu d’acteur tient une place prépondérante – mention spéciale pour l’acteur principal Bryan Cranston, déjà vu dans Malcolm (le papa) qui éclabousse de sa classe et de son jeu l’ensemble de la série – permettant une montée de la tension en crescendo au fil des épisodes, au fur et à mesure que l’étau se resserre autour du professeur de chimie.

La chimie parlons en justement, l’atmosphère générale est véritablement empreinte du monde de la chimie, et le créateur Vince Gilligan cache à de nombreux endroits de sa production de fines référence à ce monde bien particulier. En témoignent les inscriptions en vert du générique correspondant à différent éléments du tableaux périodiques des éléments chimiques – sorte de bible chimique pour scientifique – on a ainsi : Bryan Cranston, Anna Gunn, Aaron Paul, Dean Norris, Betsy Brandt, RJ MitTe.

Enfin je finirai par dire que personnellement, donc très subjectivement, il y a des bonnes séries qui s’accrochent à un genre en particulier, (cf. mes précédents « contes »), que ce soit l’humour, le drame, le policier, action, thriller, angoisse ou n’importe quel autre domaine, mais quand il s’agit d’une grande série, il faut que cette dernière ait la capacité et la volonté de jouer à fond sur tous ces tableaux et bien sûr que la mayonnaise prenne pour ne pas donner une sorte de show Frankenstein avec des bouts de tout et de rien. Et je vous le dis, chers amis, Breaking Bad fait partie de ces rares grandes séries qui vous passionnent, vous effraient et ne cessent de vous étonner.

Attention donc ce dealer vous rendra accro… (J’ai pas pu résister, pardonnez moi).

Fun Fact : rassurez vous, oui la série joue la provoc avec son côté « drogue », mais les seules substances que consomment les acteurs, pendant le tournage, ne sont en réalité que du sucre cristallisé ou des sucres d’orge dont ils n’inhalent pas la fumée.

Quentin Delzanni

Et plus si affinités

http://www.amctv.com/shows/breaking-bad

http://www.allocine.fr/series/ficheserie_gen_cserie=3517.html

http://www.alloshowtv.com/series/details_s.php?id=EEA3O00155WQA5K&cat=S