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	<title>robert carsen</title>
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	<description>Bienvenue en zone culturelle libre</description>
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		<title>Les Contes d&#8217;Hoffmann : c&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;un mec qui n&#8217;a pas de chance avec les gonzesses &#8230;</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/opera-contes-hoffmann-offenbach-carsen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Apr 2021 10:22:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_28458" style="width: 504px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/03/Hoffmann-e1488536433770.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-28458" class="wp-image-28458 size-large" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/03/Hoffmann-494x494.jpg" width="494" height="494" /></a><p id="caption-attachment-28458" class="wp-caption-text">Les contes d&rsquo;Hoffmann &#8211; Robert Carsen © Julien Benhamou / OnP</p></div>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">C&rsquo;est le moins que l&rsquo;on puisse dire : le héros de l&rsquo;opéra d&rsquo;Offenbach, inspiré du poète allemand du même nom tel qu&rsquo;il apparaît dans la pièce de Jules Barbier et Michel Carré, est un parfait looser de l&rsquo;amour. A croire qu&rsquo;il le fait exprès ! Quand débute le prologue des <em>Contes d&rsquo;Hoffmann</em>, on le trouve ivre raide dans un cabaret où il attend la cantatrice Stella qui lui a filé rencart ; il y a plus glamour &#8230; Il profite de l&rsquo;occasion pour raconter aux clients hilares ses mésaventures, qu&rsquo;on découvre aux travers des trois actes.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/0fVgERIrM6Q" title="Les Contes d&amp;apos;Hoffmann - Les oiseaux dans la charmille (air d&amp;apos;Olympia)" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/0fVgERIrM6Q?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/0fVgERIrM6Q?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2 lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Trois facettes d&rsquo;une même nana</span></h2>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Olympia l&rsquo;automate, Antonia la malade, Giulietta la prostituée &#8230; trois facettes d&rsquo;une même nana sublimée et dangereuse, trois tragédies, trois occasions de se tourner en ridicule et d&rsquo;y laisser un peu plus de son palpitant déjà bien écorné par la vie. A se demander si ce n&rsquo;est pas lui qui apporte la poisse à ses partenaires &#8230; Faut ce qu&rsquo;il faut pour entretenir sa réputation d&rsquo;auteur torturé et maudit ! Romantique, Hoffmann n&rsquo;a d&rsquo;autre choix que de se planter, enchaînant les vestes, sous le regard impuissant de sa Muse, qui sous les traits de son meilleur ami Nicklausse, tente de le protéger comme elle peut.<br />
</span></p>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Il y a fort à faire, le monsieur est actif à scier la branche affective sur laquelle il s&rsquo;obstine à pioupiouter avec tous les cas sociaux qui passent à portée de ses affects. Saisissant l&rsquo;ironie de la situation, le metteur en scène <a href="https://www.theartchemists.com/?s=robert+carsen&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Robert Carsen</a> distille une lecture qui n&rsquo;épargne en rien le protagoniste, soulignant son masochisme sentimental, &#8230; comme clé de sa créativité ? Car le point commun de ces drames, c&rsquo;est la capacité à théâtraliser son propre malheur. Hoffmann Caliméro ? Personnalité histrionique qui cherche à résoudre l&rsquo;énigme de ses dérives dans une perpétuelle salle de spectacle ?</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/ecMdV7stGHw" title="Les Contes d&amp;apos;Hoffmann - Extrait" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/ecMdV7stGHw?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/ecMdV7stGHw?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2 lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Théâtre dans le théâtre</span></h2>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Jouant la carte pour le moins baroque du théâtre dans le théâtre, Carsen situe son Hoffmann à la limite de la scène et des coulisses, dans ce no man&rsquo;s land où le réel côtoie l&rsquo;illusion, où l&rsquo;on prend de simples sourires pour des déclarations, un frôlement accidentel pour une invitation à l&rsquo;amour dans l&rsquo;odeur entêtante de la sueur et des fards &#8230; Au final les trois femmes dont il s&rsquo;est entiché sont avant tout des reflets de lui-même, car toutes s&rsquo;avèrent des bêtes de scène, qui n&rsquo;en peuvent plus de rayonner sur les planches jusqu&rsquo;à la destruction.</span></p>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Au travers de cette interprétation moderne, placée dans un univers contemporain où la magie du théâtre n&rsquo;en finit pourtant plus d&rsquo;abolir la temporalité, la musique d&rsquo;Offenbach trahit cette quête infernale de l&rsquo;inspiration, à n&rsquo;importe quel prix, cet amour absolu de l&rsquo;art, du spectacle, l&rsquo;ivresse des planches, la fascination de l&rsquo;auteur pour son interprète. Cette oeuvre ultime, que le compositeur de <a href="https://www.theartchemists.com/la-belle-helene-a-lopera-de-hambourg-offenbach-et-la-croisiere-samuse/"><em>La Belle Hélène</em></a>, emporté par la Faucheuse, n&rsquo;aura pas le loisir de fignoler, n&rsquo;est pas un testament, c&rsquo;est un manifeste.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/_CylflorIxE" title="Les Contes d&amp;apos;Hoffmann - La légende de Kleinzach" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/_CylflorIxE?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/_CylflorIxE?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2 lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Surveiller son poète comme du lait sur le feu</span></h2>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Le besoin d&rsquo;exprimer en musique une passion irrépressible pour l&rsquo;acte de créer. L&rsquo;épilogue se conclut sur la victoire de la Muse qui récupère son poète le nez dans la boue pour le hisser vers la gloire. On s&rsquo;en doutait bien, ce n&rsquo;est que justice car elle a bien ramé cette pauvre Muse, à surveiller son poète comme du lait sur le feu &#8230; On aurait pu gagner du temps en évitant toutes ces historiettes médiocres ? Bien sûr que non ! Pas d&rsquo;historiettes, pas de grands airs, exit « La barcarole », fini la mort d&rsquo;Antonia sur une vocalise fatale, pas d&rsquo;Olympia robotisée violant un Hoffmann transformé en sex toy devant une salle tordue de rire &#8230;</span></p>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Des trouvailles de ce genre, Carsen en multiplie à la pelle, dans cette production complètement folle au casting de grande qualité avec un bonus pour Ramon Vargas dans le rôle titre, <a href="https://www.theartchemists.com/festival-daix-provence-carmen-choc-therapy/">Stéphanie d&rsquo;Oustrac</a> qui interprète la Muse/ Nicklausse &#8230; et l&rsquo;incroyable Nadine Koutcher qui endosse la partie d&rsquo;Olympia la poupée porno. Le tout dans les décors ingénieux et surprenants de Michael Levine, avec l&rsquo;Orchestre et le choeur de l&rsquo;Opéra de Paris pour couronner le tout de bien belle manière. Un magnifique divertissement certes, une prestation musicale et vocale d&rsquo;envergure, une mise en scène intelligente et poussée : voilà qui a dû ravir <a href="https://www.theartchemists.com/folies-offenbach-tourbillon-televisuel/">Offenbach</a> du haut de son nuage, lui qui y tenait tant, à ses Contes d&rsquo;Hoffmann qu&rsquo;il y a laissé sa santé et sa vie &#8230;</span></p>
<p lang="zxx"><strong><span style="color: #000000;">Et plus si affinités</span></strong></p>
<p lang="zxx"><span style="color: #000000;">Cette mise en scène est disponible en DVD.</span></p>
<p lang="zxx">
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		<item>
		<title>Don Carlo par Robert Carsen : black is cruel and beautiful</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/don-carlo-robert-carsen-black-is-cruel-and-beautiful/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 May 2017 18:47:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Décidément le noir est tendance. Alors qu’il règne en majesté dans l’exposition Balenciaga, il s’invite en maître dans la mise en scène de l’opéra de Verdi Don Carlo orchestré par un Robert Carsen (grand habitué de nos colonnes) qui troque en cette occasion sa faconde habituelle pour une austérité pesante. A dessein, puisqu’il décrypte ainsi [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/05/don-carlo-e1493837111612.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-28821" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/05/don-carlo-494x494.jpg" alt="" width="494" height="494" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Décidément le noir est tendance. Alors qu’il règne en majesté dans l’exposition <a href="https://www.theartchemists.com/exposition-balenciaga-oeuvre-noir-sculpture-detoffes/"><i>Balenciag</i>a</a>, il s’invite en maître dans la mise en scène de l’opéra de Verdi <i>Don Carlo</i> orchestré par un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=robert+carsen&amp;x=0&amp;y=0">Robert Carsen</a> (grand habitué de nos colonnes) qui troque en cette occasion sa faconde habituelle pour une austérité pesante. A dessein, puisqu’il décrypte ainsi l’intrigue inspirée de Schiller comme une critique sévère des effets du fanatisme religieux.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">L’Opéra du Rhin de Strasbourg mise ainsi sur une version dépoussiérée et actualisée de l’opéra verdien, pas forcément l’un des meilleurs de ce répertoire romantico-politique, mais assurément l’un des plus engagé. C’est la variante italienne de 1884 qui est ici retenue, plus ramassée que la première bouture française, mais non moins complexe. Avouons-le, les mésaventures de Don Carlo sont pour le moins alambiquées et les librettistes de Verdi Joseph Méry et Camille du Locle ne font rien pour simplifier la chose.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Nous voici donc dans l’Espagne de la Renaissance, en pleines guerres de religion : l’Europe, déchirée par le conflit entre protestants et catholiques, n’en finit plus de se battre. A ce titre, Don Carlo, infant d’Espagne doit épouser la princesse de France Élisabeth, qu’il aime, afin de conclure une alliance fragile avec le royaume des Valois. Mais au dernier moment, son père le redoutable Philippe II, décide de garder la jeune femme pour lui. La rivalité s’installe entre le fils et son géniteur, accrue par le fait que le prince prend fait et cause pour les Flandres, contrée protestante ravagée par les troupes espagnoles.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Jalousie, colère, fidélité et sacrifice, les amours tragiques d’Élisabeth et Carlo se superposent aux intrigues d’une Cour sclérosée, à l’oppression des plus faibles, à la violence du pouvoir religieux. Et Carsen d’accentuer cette impression en noyant sa mise en scène dans une noirceur absolue qui reflète la mort, le deuil et la stérilité. Car ce monde reclus sur lui-même n’enfante que la détresse et le vide. Dans cet Escurial bâti comme un tombeau, chacun tente de vivre son humanité comme il peut, sous la chape de plomb des interdits religieux, la présence constante d’un clergé dont on ne sait s’il est chrétien, islamique ou hébreux.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et c’est là l’ingéniosité de Carsen que d’unifier dans le néant de la non couleur tous les fanatismes du monde. Des exécutions, des cercueils, des crânes, des lys et le néant des coeurs. <i>Hamlet </i>n’est pas loin, du reste la structure du décor, tout en profondeur évoque la mise en scène de la tragédie de Shakespeare par Vitez, datée de 1983. Sauf que les murs blancs sont devenus nuit. Comme les vêtements, les objets, le sol … Aucun rayon de soleil ne vient alléger cette atmosphère de décomposition où le moindre élan, la moindre émotion est condamnée.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Cette épure monacale met alors en exergue la seule harmonie qui demeure : la musique et les voix. On appréciera la direction de Daniele Callegari, toute en retenue, la prestation de <span style="font-size: medium;">Elza van den Heever </span><span style="font-size: medium;">dans le rôle d’Élisabeth, et surtout l’éclatante Elena Zhidkova qui incarne la séduisante princesse Eboli, dame d’honneur de la reine et sa rivale. Si l’issue de l’opéra est remaniée par Carsen de manière aléatoire, ce qui pourra éventuellement intriguer les puristes, elle met en exergue la toute puissance des églises de toute tendance, leur main mise sur les puissants qui ne sont finalement que des marionnettes interchangeables. </span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium; color: #000000;"><strong>Et plus si affinités</strong></span></p>
<p align="justify"><a href="http://www.operanationaldurhin.eu/opera-2015-2016--don-carlo.html"><span style="font-size: medium;">http://www.operanationaldurhin.eu/opera-2015-201606&#8211;don-carlo.html</span></a></p>
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		<title>Les Fêtes vénitiennes à l&#8217;Opéra Comique : musicale légèreté, pourpre Sérénissime et libertinage touristique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/opera-fetes-venitiennes-campra/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2015 11:43:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>1715 : l&#8217;Opéra Comique voit le jour, compensant son trop sérieux cousin, ses pompeuses intrigues et son carcan de règles par l&#8217;allant sautillant d&#8217;historiettes aussi savoureuses que féeriques. C&#8217;était il y a trois cents ans ; toujours bien vivante, l&#8217;auguste et divertissante institution a décidé de célébrer ce tricentenaire dans l&#8217;esprit festif et spectaculaire qui [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_35344" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000;" href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel26.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-35344" class="size-full wp-image-35344" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel26.jpg" alt="photos de l'opéra Les fêtes vénitiennes de Campra mis en scène par Robert Carsen" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel26.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel26-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel26-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a><p id="caption-attachment-35344" class="wp-caption-text"></span> <span style="color: #000000;">Les Fêtes Vénitiennes (c) Vincent Pontet</span></p></div>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">1715 : l&rsquo;<a href="https://www.opera-comique.com/fr" target="_blank" rel="noopener">Opéra Comique</a> voit le jour, compensant son trop sérieux cousin, ses pompeuses intrigues et son carcan de règles par l&rsquo;allant sautillant d&rsquo;historiettes aussi savoureuses que féeriques. C&rsquo;était il y a trois cents ans ; toujours bien vivante, l&rsquo;auguste et divertissante institution a décidé de célébrer ce tricentenaire dans l&rsquo;esprit festif et spectaculaire qui la caractérise depuis sa création. Au programme de cette saison, <a href="https://www.opera-comique.com/fr/spectacles/les-fetes-venitiennes" target="_blank" rel="noopener"><i>Les Fêtes vénitiennes</i> </a>de Campra tiennent donc une place de choix.</span></p>
<p style="text-align: center;"><iframe loading="lazy" width="560" height="314" allowfullscreen="allowfullscreen" consent-original-src-_="//www.youtube.com/embed/rYId3sJLX38" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="//www.youtube.com/embed/rYId3sJLX38?autoplay=1"></iframe></p>
<h2 style="text-align: center;"><strong><span style="color: #000000;">Carnaval de Venise, fantasmes et autres bagatelles</span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Précisons que l&rsquo;opéra ballet représenté pour la première fois en 1710 à l&rsquo;Académie Royale illustre parfaitement les codes du genre. Pas de dieux ni de héros ampoulés empêtrés dans leurs armures et leurs plumes grandiloquentes, encore moins de choix cornéliens, exit les déclamations pathétiques, les grands sacrifices et les récits historiques où l&rsquo;honneur fait la grandeur de l&rsquo;âme. Très clairement, Campra choisit ici le registre de la bagatelle, et quoi de mieux pour cela qu&rsquo;une petite visite de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Venise" target="_blank" rel="noopener">Venise</a> en période de carnaval ???</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il faut dire que quand le compositeur et son comparse librettiste Danchet s&rsquo;attellent à l&rsquo;écriture de l’œuvre, Venise fait l&rsquo;objet d&rsquo;un tourisme architectural, politique et sexuel féroce. Cité du libertinage le plus éhonté, la Ville Rouge sert de plaque tournante à la prostitution de luxe, on y joue beaucoup d&rsquo;argent dans les tripots et même les nonnes ont la réputation d&rsquo;avoir la cuisse belle, généreuse et agile. Voici de quoi alimenter les fantasmes les plus fous, et le provençal Campra va se remémorer ses solaires racines pour échauffer le ton de ses tableaux et produire un petit chef-d&rsquo;œuvre.</span></p>
<h2 style="text-align: center;"><strong><span style="color: #000000;">Courtes intrigues et succès à la mode</span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Car oui, l&rsquo;opéra ballet peut être amusement, il ne prend pas pour autant la frivolité par-dessus la jambe, et sa structure composée de courtes intrigues se doit d&rsquo;être rigoureuse dans l&rsquo;art de la synthèse de ton et de la variété des actions. Objectif visé : que le spectateur respire entre deux changements d&rsquo;univers sans perdre son intérêt, vite détourné par les conversations mondaines, les petits dîners et les jolies petites actrices venues visiter les loges en salle. C&rsquo;est qu&rsquo;à l&rsquo;époque il y a autant d&rsquo;animation sur scène que parmi les spectateurs, et l&rsquo;opéra-ballet prend des allures de concert rock où l&rsquo;on boit/mange/jouit en plein aria. Du coup, il faut un minimum focaliser l&rsquo;attention. Et pour ça, Campra sait faire, jouant à fond la carte de l&rsquo;amour précieux (les paroles sont délicieuses), de l&rsquo;exotisme et de l&rsquo;épicé.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Bacchanales de masques, femmes jalouses, séducteurs éconduits, amoureuses actrices, princes travestis, les Vénitiens à la sauce Campra sont tous des adorateurs de Vénus et du plaisir des sens. C&rsquo;est donc à une sorte de <i>Feux de l&rsquo;amour</i> baroque que les spectateurs assistent, matant les personnages dans les rues, les places de la Sérénissime, pénétrant les salons, les alcôves, les coulisses et les scènes de théâtre pour observer ces mœurs joyeuses et plutôt ludiques, où les chants d&rsquo;amour sont entrecoupés de ballets scintillants. Dépaysement garanti, pour le public d&rsquo;alors (<i>Les Fêtes vénitiennes</i> fut un hit de l&rsquo;époque avec quelques 300 représentations à son actif) … et pour l&rsquo;audience d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.</span></p>
<p style="text-align: center;"><iframe loading="lazy" width="560" height="314" allowfullscreen="allowfullscreen" consent-original-src-_="//www.youtube.com/embed/Tt1TF6WHE20" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="//www.youtube.com/embed/Tt1TF6WHE20?autoplay=1"></iframe></p>
<h2 style="text-align: center;"><strong><span style="color: #000000; text-align: justify;">L&rsquo;esprit du Carnaval</span></strong></h2>
<p><span style="color: #000000; text-align: justify;">Dans la fosse et sur scène nous trouvons les très baroques <a href="https://www.arts-florissants.org/" target="_blank" rel="noopener">Arts Florissants</a> (habitués des lieux qu&rsquo;ils animent de leurs créations depuis 1983), emmenés par ce diable d&rsquo;homme qu&rsquo;est William Christie, qu&rsquo;on voit gérer tout ce beau tourbillon depuis sa place de chef d&rsquo;orchestre, avec un flegme débonnaire et stoïque qui voile à peine le plaisir intense pris à travailler cette partition. Osmose ??? On dirait bien en regardant musiciens, chanteurs et danseurs (le <a href="https://www.scapinoballet.nl/nl" target="_blank" rel="noopener">Scapino Ballet Rotterdam</a> qui apporte au propos sa gestuelle très </span><em style="color: #000000; text-align: justify;">comedia dell&rsquo;arte</em><span style="color: #000000; text-align: justify;">) s&rsquo;amuser comme des petits fous à interpréter cette sauterie sous la direction du metteur en scène </span><a style="text-align: justify;" href="https://www.theartchemists.com/?s=robert+carsen" target="_blank" rel="noopener">Robert Carsen</a><span style="color: #000000; text-align: justify;">.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ce dernier exploite le filon de la découverte en imaginant des touristes contemporains, appareils photos, sacs à dos et plans en main, emportés par l&rsquo;esprit du Carnaval dans une bacchanale qui les ramène au temps jadis. Renaissance, XVIIIᵉ siècle, les tonalités de rouge jettent de la passion et de la sensualité aux yeux éblouis par des salons à la Longhi, tandis que les scènes en extérieur se parent du bleu liquide de l&rsquo;acqua alta. Défilés de prostituées aux perruques diaboliques, paniers de robes en forme de roue de la Fortune, danseurs moutons singeant les Pastorales, tout est fait pour rappeler les outrances des déguisements de carnaval, dont la haute figure introduit et conclut ce merveilleux voyage dans le temps.</span></p>
<h3 style="text-align: center;"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>À lire également :</strong></span></h3>
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<p class="entry-title" style="text-align: center;"><strong><a href="https://www.theartchemists.com/cenerentola-a-lopera-de-lille-rossini-a-mode-dino-risi/" rel="bookmark">La Cenerentola à l’Opéra de Lille : Rossini à la mode Dino Risi</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le spectacle remplit son contrat : enchanter d&rsquo;une part, restituer un type théâtral spécifique d&rsquo;autre part, réveiller une œuvre du répertoire et rendre hommage à un compositeur enfin. Surtout reprendre contact avec les racines de l&rsquo;opéra, une autre manière de vivre le théâtre, la composition, la musique (et à ce titre on appréciera par ailleurs l&rsquo;effort de retransmission qui permet de sortir le spectacle de la salle pour le diffuser sur les ondes).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/opera-fetes-venitiennes-campra/">Les Fêtes vénitiennes à l&rsquo;Opéra Comique : musicale légèreté, pourpre Sérénissime et libertinage touristique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
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