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	<title>offenbach</title>
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		<title>Carmen, 150 ans de passion, de révolte et de célébrité</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/carmen-opera-150-ans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Jun 2025 15:55:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>2025&#160;: Carmen célèbre ses 150 ans. Malgré le temps qui passe, la gitana légendaire immortalisée par Bizet n’a pas pris une ride&#160;; elle demeure même d’une troublante actualité, continuant d’inspirer les mises en scène audacieuses, les interprétations virtuoses. Parce qu’elle fait vaciller les conventions&#160;? Parce qu’elle interroge les tabous&#160;? Parce qu’elle est dans l’air du temps&#160;? Ou tout simplement car cette tragédie est intemporelle, universelle et humaine&#160;? Carmen contre toute...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-carmen-150-ans.jpg" alt="" class="wp-image-38103" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-carmen-150-ans.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-carmen-150-ans-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-carmen-150-ans-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>2025&nbsp;: <em>Carmen</em> célèbre ses 150 ans. Malgré le temps qui passe, la gitana légendaire immortalisée par Bizet n’a pas pris une ride&nbsp;; elle demeure même d’une troublante actualité, continuant d’inspirer les mises en scène audacieuses, les interprétations virtuoses. Parce qu’elle fait vaciller les conventions&nbsp;? Parce qu’elle interroge les tabous&nbsp;? Parce qu’elle est dans l’air du temps&nbsp;? Ou tout simplement car cette tragédie est intemporelle, universelle et humaine&nbsp;?</p>



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<iframe title="Gustavo Dudamel conducts Bizet&#039;s Carmen at his inaugural concert at the Opéra de Paris" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/ddYhQoFxs4Y?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Carmen</em> contre toute attente</h2>



<p>Quand Georges Bizet entame la composition de <em>Carmen</em> en 1872, il n’a que 34 ans. Commandée par l’Opéra-Comique, la pièce devait s’inscrire dans la tradition bourgeoise du théâtre lyrique français : dialogues parlés, morale assurée, personnages convenables. Or Bizet opte pour la transgression totale, en adaptant une nouvelle sulfureuse de Prosper Mérimée publiée en 1845 — elle-même inspirée d’un récit de voyage en Andalousie, mêlant exotisme et cruauté.</p>



<p>Le livret, signé Meilhac et Halévy (les librettistes fétiches d’Offenbach), tente d’édulcorer le propos, mais Bizet insiste : Carmen doit être libre, sensuelle, insaisissable. Et surtout, elle doit mourir, et sans le pathos habituel aux décès romantiques type Dona Sol : non, Carmen périra dans une brutalité sèche, popignardée par son ex-amant au sortir d’une corrida, sous le soleil d’Andalousie, dans la poussière de l’arène. Pas de rédemption, pas de consolation.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Elina Garanca - Habanera" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/iZWWLrqI-yA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Une structure musicale révolutionnaire</h2>



<p>Bizet mise sur une musique vive, syncopée, aux influences espagnoles mais profondément françaises dans sa construction. Il introduit la habanera (rythme afro-cubain importé en Europe), des motifs populaires, des dissonances inattendues. Il mêle dialogues parlés et airs – hybride entre opéra-comique et drame –, tout en jouant sur une orchestration vive, une dramatisation immédiate.</p>



<p>Chaque thème musical incarne un personnage ou un état : le chant torero, la passion destructrice, l’amour passionnel. Le fait de réinsérer des recitativi plus tard fait de <em>Carmen</em> un pivot stylistique, célébré notamment à Vienne comme un opéra moderne d’une force expressive inédite. Globalement, Bizet place sa la musique au service du réalisme psychologique. Il signe un opéra à contre-courant, ni tragédie grecque ni vaudeville romantique, mais un drame social, sensuel, violent.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Votre Toast   Toreador Carmen" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/Q4qfGJt6I3g?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">3 mars 1875 : un scandale, pas un triomphe</h2>



<p>Bizet, lucide, prédit l’échec — mais il persiste. La modernité de <em>Carmen</em> naît de ce refus de plaire. Elle s’imposera, non en séduisant, mais en dérangeant. Pour preuve la première estune catastrophe annoncée. À mesure que l’écriture progresse, les tensions montent : la direction de l’Opéra-Comique panique, la presse se prépare au scandale. Quand <em>Carmen</em> est créée le 3 mars 1875 à l’Opéra-Comique, l’accueil est glacial, voire hostile. Le public, bourgeois, habitué aux intrigues douces-amères et aux dénouements moralisateurs, est pris de court par la noirceur du sujet, la crudité de la mise en scène, la violence du geste artistique. Sur scène, on fume, on boit, on se bat. On aime sans pudeur. Et surtout, on meurt. Sans repentir.</p>



<p>Le personnage de Carmen, libre, séductrice, cynique, choque. Le meurtre final horrifie. La critique accuse Bizet d’immoralisme, de vulgarité, d’avoir sali le temple de la bonne société. La presse pulvérise l’oeuvre. Les musiciens eux-mêmes sont partagés : certains reconnaissent l’audace de la partition, d’autres dénoncent son manque de mélodie ou d’élégance. Mais le plus tragique est ailleurs : Bizet meurt trois mois plus tard, à 36 ans, sans avoir vu son œuvre acclamée. À ses obsèques, peu de figures officielles. Et pas encore de reconnaissance.</p>



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<iframe loading="lazy" title="Carmen: &quot;Près des remparts de Séville&quot; (Elina Garanca)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/sHjnVz7Ayyw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Ascension mondiale : reconnaissance d’un succès lyrique</h2>



<p>Après cet échec initial (il n’y aura que 48 représentations entre mars 1875 et février 1876), <em>Carmen</em> va pourtant connaître une renaissance fulgurante. Reprise à Vienne en octobre 1875 avec une version en récitatifs confiée à Ernest Guiraud, l’opéra remporte un triomphe immédiat qui va en initier d’autres : Londres, Bruxelles, New York, Saint-Pétersbourg, <em>Carmen</em> plaît, parle à toutes les cultures.</p>



<p>En France, sa réhabilitation débute ; à l’Opéra-Comique, elle est jouée 330 fois dès 1888, atteint plus de 2 270 représentations à l’occasion du centenaire, en 1938. Les statistiques parlent d’elles-même : c’est aujourd’hui l’opéra le plus joué dans le monde<em>, </em>un pilier du répertoire, une œuvre vivante et vibrante, incarnant une liberté tragique, une pulsion universelle et la vitalité d’un art qui ne cesse de se réinventer. Pour preuve, des mises en scène d’une grande modernité dont voici un petit échantillonnage :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/festival-daix-provence-carmen-choc-therapy/"><u>Festival d’Aix en Provence : Carmen choc therapy !</u></a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/carmen-olivier-py-venus-in-furs-and-castagnettes/"><u>Carmen par Olivier Py : Venus in furs and castagnettes</u></a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/carmen-a-prix-bizet-must-go-on/"><u>Carmen à tout prix : Bizet must go on !!!</u></a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/carmen-compania-nacional-de-danza-de-espana-etre-femme-liberee-facile/"><u>Carmen par la Compañía Nacional de Danza de España : être une femme libérée … pas si facile</u></a></li>
</ul>



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<iframe loading="lazy" title="Carmen Jones (1954) Clip | Out on BFI Blu-ray 19 September | BFI" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/_88YGrzRcmw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Carmen, une icône féministe</h2>



<p>Pourquoi pareil succès&nbsp;? Nous avons évoqué la musicalité si particulièrement de l’oeuvre entre mélodies mémorables, orchestration efficace et rythmes populaires. L’histoire également qui mêle amour, jalousie et vengeance. Carmen incarne la femme libre et rebelle, insaisissable, c’est une héroïne remarquable, inoubliable, puissante. Et puis, ce récit peut s’adapter à toutes les cultures, dixit le <em>Carmen Jones</em> dOtto Preminger ou <em>The Wild, Wild Rose</em> de Wang Tian-lin.</p>



<p>Figure de la liberté féminine – elle séduit, elle commande, elle possède Don José – Carmen est aussi victime d’un féminicide, acte de domination qu’incarne son meurtrier impulsif. Ce meurtre n’est pas un drame personnel, mais le symbole d’un passage en force d’un ordre patriarcal sur un corps insoumis. Carmen icône féministe et victime extrême : une<strong> </strong>dualité fascinante qui explique ce succès universel.</p>



<p>Dans <em>Carmen</em>, Bizet n’a pas seulement composé des airs inoubliables : il a sculpté une héroïne moderne — libre, terriblement autonome, abattue par la jalousie masculine. Il a inventé une nouvelle forme lyrique, brisé les codes, introduit la violence conjugale sur scène, et surtout, a planté une question restée vive : jusqu’où la liberté féminine peut‑elle résister à la volonté de pouvoir ? À 150 ans, <em>Carmen</em> n’est plus seulement un opéra : c’est un manifeste, une tragédie extatique et déchirante, un appel à continuer le combat contre les violences qui, encore aujourd’hui, tuent des femmes libres.</p>
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		<item>
		<title>French Cancan : quand Renoir raconte la naissance du Moulin Rouge</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/french-cancan-renoir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Sep 2024 08:59:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Oyez, oyez, braves lecteurs en quête d&#8217;émotions cinématographiques. Dans le sillage de notre dossier consacré à Paris sous le Second Empire / Offenbach / le cancan, nous vous proposons un arrêt obligatoire (mais loin d&#8217;être désagréable) par la case French Cancan. Le chef-d&#8217;œuvre de Jean Renoir a beau dater de 1954, il s&#8217;avère indémodable, pour ne pas dire d&#8217;une modernité confondante. Une authentique déclaration d’amour au spectacle, à la fête,...</p>
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<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-french-cancan-renoir.jpg" alt="" class="wp-image-37319" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-french-cancan-renoir.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-french-cancan-renoir-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-french-cancan-renoir-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Oyez, oyez, braves lecteurs en quête d&rsquo;émotions cinématographiques. Dans le sillage de notre dossier consacré à Paris sous le <a href="https://www.theartchemists.com/?s=second+empire">Second Empire</a> / <a href="https://www.theartchemists.com/?s=offenbach">Offenbach</a> / <a href="https://www.theartchemists.com/?s=cancan">le cancan</a>, nous vous proposons un arrêt obligatoire (mais loin d&rsquo;être désagréable) par la case <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/French_Cancan_(film)" target="_blank" rel="noreferrer noopener">French Cancan</a></em>. Le chef-d&rsquo;œuvre de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Renoir" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jean Renoir</a> a beau dater de 1954, il s&rsquo;avère indémodable, pour ne pas dire d&rsquo;une modernité confondante. Une authentique déclaration d’amour au spectacle, à la fête, et à ce bon vieux Paris canaille qu’on adore tous !</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="French Cancan bande annonce" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/XwljDKKnUms?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;aventure du Moulin Rouge</h2>



<p>Avec <em>French Cancan</em>, Renoir nous entraîne dans l’univers bouillonnant de la Belle Époque. La butte <a href="https://www.theartchemists.com/?s=montmartre">Montmartre</a>, ses petites blanchisseuses, ses ouvriers, ses cabarets où l&rsquo;on danse le chahut. Un entrepreneur du spectacle, Henri Danglard (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Gabin">Jean Gabin</a>, impérial) a dans l&rsquo;idée d&rsquo;ouvrir une nouvelle salle de spectacle où remettre à la mode le cancan. La salle s&rsquo;appellera le Moulin Rouge, la danse sera rebaptisée le french cancan ; les deux vont devenir mythiques, absolument indissociables de Paris, son esprit même. Jupons en folie, figures renversantes, musique démentielle, on connaît le résultat, légendaire. Mais l&rsquo;aventure du Moulin Rouge, elle, qu&rsquo;en est-il ?</p>



<p>Magicien dans l&rsquo;âme, Renoir raconte cette genèse pour le moins compliquée, entre manque de fric, recrutement d&rsquo;une troupe, rivalités amoureuses. Décors magnifiques, costumes somptueux, le réalisateur nous fait voyager dans un Paris aussi vibrant qu’un bal populaire. Les couleurs pétaradent à l’écran ; Renoir, comme son père le célèbre peintre, a l’œil pour capter les détails qui font mouche. Chaque plan est un tableau vivant, un hommage à la peinture impressionniste. C’est un vrai bonheur pour les pupilles, une fête pour les sens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un vent de liberté</h2>



<p>Et puis il y a l&rsquo;émotion, du rire, des larmes, de la séduction, et surtout une énergie folle, incarnée, entre autres, par l&rsquo;irrésistible Françoise Arnoul qui joue Nini, une petite blanchisseuse appelée à devenir la star du cancan. Les passages chantés et dansés sont fabuleux, le final, un escadron de 16 danseuses frénétiques lâchées dans un parterre de messieurs en frac surexcités, marquera pour longtemps les esprits par sa chorégraphie sans faille, son dynamisme tempétueux.</p>



<p>C’est tout l’esprit frondeur du Paris d&rsquo;alors qui s’exprime. Ces donzelles mignonnes comme tout qui lancent des coups de pied dans l’air avec un art consommé et une technique rigoureuse, c’est un pied-de-nez aux conventions, un vent de liberté qui souffle dans les jupons et les cœurs. Renoir transmet ici la force, la sensualité et l’insouciance d&rsquo;une époque, sa poésie également. Les références sont nombreuses aux artistes, chanteurs, peintres, contemporains de ces années folles avant l&rsquo;heure. Le scénario signé Renoir et J.P. Antoine est animé de dialogues vivants, rythmés, où le langage populaire se mêle aux mots d&rsquo;esprit, aux tournures poétiques.</p>



<div class="wp-block-group has-blush-light-purple-gradient-background has-background" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>À lire également</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/incroyable-histoire-cancan/">L’incroyable histoire du Cancan : quand l’audace dansée rencontre l’histoire culturelle</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/goulue-moulin-rouge-biographie/">La Goulue – Reine du Moulin Rouge : une biographie haute en couleurs</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/danse-macabre-moulin-rouge-lautrec-enquete/">Danse Macabre au Moulin Rouge : quand Lautrec mène l’enquête …</a></li>
</ul>
</div></div>



<p>Alchimie de la simplicité, élan du cœur, vent de folie de la créativité, déclaration d&rsquo;amour au monde du spectacle : ce film est une ode à la joie de vivre, à l’audace, dans un Paris où tout est possible, un Paris où le rêve et la réalité se mêlent dans un tourbillon de couleurs et de musique. En bref, si vous n&rsquo;avez pas encore vu <em>French Cancan</em>, foncez. C’est du grand grand grand cinéma, un bijou du 7ᵉ art qui a traversé les âges sans perdre une ride. Un film qui fait du bien, qui vous met des étoiles plein les yeux !</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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			</item>
		<item>
		<title>L&#8217;incroyable histoire du Cancan : quand l&#8217;audace dansée rencontre l’histoire culturelle</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/incroyable-histoire-cancan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Sep 2024 08:02:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir exploré les délices gastronomiques du Second Empire et l’effervescence festive de l’opérette avec Offenbach, il semblait tout naturel de tourner notre regard vers l&#8217;une des expressions les plus flamboyantes et provocatrices de la scène parisienne d&#8217;alors : le cancan. Publié chez Parigramme, L&#8217;incroyable histoire du cancan explore cet univers chorégraphique dont l&#8217;audace reflète les évolutions de la société du XIXe siècle et transcende les convenances avant de s&#8217;enraciner...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="523" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-lincroyable-histoire-du-cancan.jpg" alt="" class="wp-image-37317" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-lincroyable-histoire-du-cancan.jpg 523w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-lincroyable-histoire-du-cancan-251x288.jpg 251w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-lincroyable-histoire-du-cancan-431x494.jpg 431w" sizes="auto, (max-width: 523px) 100vw, 523px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Après avoir exploré <a href="https://www.theartchemists.com/livre-restaurant-paris-1867/">les délices gastronomiques du Second Empire</a> et l’<a href="https://www.theartchemists.com/vie-parisienne-offenbach/">effervescence festive de l’opérette avec Offenbach</a>, il semblait tout naturel de tourner notre regard vers l&rsquo;une des expressions les plus flamboyantes et provocatrices de la scène parisienne d&rsquo;alors : le cancan. Publié chez <a href="https://www.parigramme.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Parigramme</a>, <em>L&rsquo;incroyable histoire du cancan </em>explore cet univers chorégraphique dont l&rsquo;audace reflète les évolutions de la société du XIXe siècle et transcende les convenances avant de s&rsquo;enraciner dans l’imaginaire collectif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Technique, art et subversion</h2>



<p>L&rsquo;ouvrage, savamment illustré, retrace par le menu la genèse et l’évolution de cette danse si emblématique, en nous plongeant dans les boulevards du Paris bohème, là où les volants de jupons virevoltaient au rythme effréné des bastringues. À travers des anecdotes savamment choisies, des illustrations à foison et des récits colorés, l&rsquo;autrice, <a href="https://nadegemaruta.fr/fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Nadège Maruta</a>, elle-même danseuse de cancan émérite et chorégraphe attitrée de Jérôme Savary, met en lumière non seulement l&rsquo;aspect technique et artistique de la danse, mais aussi son rôle subversif dans une société en quête de renouveau et de liberté d’expression.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un défi lancé à l’ordre établi</h2>



<p>Le cancan n’est pas qu’un simple divertissement, qui émoustille les messieurs. C&rsquo;est aussi le miroir d’une époque, opposant le conformisme bourgeois et les désirs d’émancipation, les rires éclatants des salles de spectacles et les murmures indignés des salons feutrés. En lisant cet ouvrage, on sent presque la frénésie conquérante de ces danseuses dont certaines devinrent des reines de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Paris">Paris</a>, en témoigne la trajectoire hors normes de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=la+goulue" target="_blank" rel="noreferrer noopener">la Goulue</a>. Sous le masque du plaisir, ces dames issues du peuple exprimaient en réalité un défi lancé à l’ordre établi.</p>



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<li><a href="https://www.theartchemists.com/vie-parisienne-offenbach/">La Vie parisienne : quand Offenbach fait péter le champagne, le cancan … et la satire !</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/parigramme-paris-fete/">Parigramme : parce que Paris est une fête, racontons-la !!!</a></li>
</ul>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;âme de Paris</h2>



<p>Dans la continuité de notre exploration de l’esprit frondeur du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=second+empire">Second Empire</a>, <em>L&rsquo;incroyable histoire du cancan</em> est un vrai bijou. Après tout, quoi de plus pertinent que d’étudier le cancan, cette danse qui, tout comme l&rsquo;opérette d&rsquo;<a href="https://www.theartchemists.com/?s=offenbach">Offenbach</a>, incarne parfaitement l’insolence parisienne ? Par-delà la simple histoire d’un mouvement, c&rsquo;est une véritable fresque culturelle que nous découvrons dans ces pages, une porte ouverte sur l’âme d’un Paris fascinant. Élégant, instructif, ce livre offre une nouvelle perspective sur une époque marquée par l’excès, l’innovation et le panache. Un indispensable pour les amateurs d’histoire, de mode et de spectacle.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>La Vie parisienne : quand Offenbach fait péter le champagne, le cancan &#8230; et la satire !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/vie-parisienne-offenbach/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Sep 2024 10:51:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que Dauphine vient de boucler son article sur 24 heures dans la vie d&#8217;un restaurant dans le sillage de celui consacré à l&#8217;expo La Naissance des Grands Magasins (ouais, on aime bien les enchaînements d&#8217;articles en mode « Ma vie de rédacteur est une incroyable aventure intellectuelle »), je ne résiste pas à la tentation de rebondir sur le sujet en évoquant une œuvre que je considère comme un des ancêtres...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-la-vie-parisienne.jpg" alt="" class="wp-image-37311" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-la-vie-parisienne.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-la-vie-parisienne-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-la-vie-parisienne-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Alors que Dauphine vient de boucler son article sur <em><a href="https://www.theartchemists.com/livre-restaurant-paris-1867/">24 heures dans la vie d&rsquo;un restaurant</a></em> dans le sillage de celui consacré à l&rsquo;expo<em> <a href="https://www.theartchemists.com/exposition-naissance-grands-magasins/">La Naissance des Grands Magasins</a></em> (ouais, on aime bien les enchaînements d&rsquo;articles en mode « Ma vie de rédacteur est une incroyable aventure intellectuelle »), je ne résiste pas à la tentation de rebondir sur le sujet en évoquant une œuvre que je considère comme un des ancêtres du rock spirit. J&rsquo;ai nommé <em>La vie parisienne</em> d&rsquo;Offenbach. Ouais, je sais, l&rsquo;opérette, c&rsquo;est pas exactement le pogo dans une salle pleine à craquer, mais t’inquiète, lecteur, même si il n&rsquo;y a pas de gratte électrique dans la partition d&rsquo;Offenbach, ça bouge quand même bien. Et surtout, ça grince des dents tout en nous faisant hurler de rire.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="LA VIE PARISIENNE, OFFENBACH, LAURENT PELLY" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/x-NgajNxtiw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>S</strong>atire, clin d’œil, foutage de gueule</h2>



<p>Posons le cadre, pour celles/ceux qui sont un peu à la ramasse question opérette. 1866, Paris, Second Empire : c’est là qu’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=offenbach">Offenbach</a>, maestro frénétiquement créatif et adepte de l&rsquo;humour musical, balance <em>La Vie parisienne</em> sur scène. Dressons le tableau : robes du soir à crinoline, lustres en cristal, beaux messieurs en haut de forme qui sirotent du champagne en matant les petites femmes de Paris jouer de l’éventail et danser le cancan. Derrière tout ça, c’est du pur Offenbach : satire, clin d’œil, foutage de gueule.</p>



<p>Le compositeur de <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=la+belle+h%C3%A9l%C3%A8ne">La Belle Hélène</a></em> s&rsquo;amuse de la haute société parisienne et de ses travers. Et ça marche, parce que sous Napoléon III, Paris, c’est la capitale des plaisirs, des fêtes non-stop, des touristes qui en veulent toujours plus : « je vais m&rsquo;en fourrer jusque, jusque jusque là » comme l&rsquo;affirme très justement un baron suédois en goguette dans les rues huppées de la capitale. Chic en apparence, mais au bout du compte il s&rsquo;agit de s&rsquo;envoyer en l&rsquo;air par tous les moyens possibles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Amour et fun</h2>



<p>Offenbach n’est pas du genre à faire dans la dentelle. Déjà, il avait cartonné avec <em>Orphée aux Enfers</em> – où il tourne la mythologie en ridicule. Avec <em>La Vie parisienne</em>, il immerge le spectateur en apnée dans la Ville Lumière, où bourgeois, aristos et riches touristes étrangers se font rouler dans la farine avec jubilation (dixit l&rsquo;air du Brésilien, voleur venu se faire voler). Et pour pondre ce petit bijou, Jacques le Bondissant s&rsquo;entoure de Meilhac et Halévy, ses complices en écriture, qui maîtrisent l&rsquo;art du livret comme Noel Gallagher la guitare saturée.</p>



<p>Premier show en 1866, devant un public du Théâtre du Palais-Royal qui en redemande, charmé par ce vaudeville aux allures de course-poursuite amoureuse : Raoul de Gardefeu, jeune noble désœuvré bien décidé à se remettre de sa séparation avec la demi-mondaine Métella, passe toute la pièce à tenter de séduire une belle Suédoise, la baronne de Gondremark. Un fil directeur qui permet de découvrir les fastes et les coulisses d&rsquo;une vie parisienne trépidante. Quiproquos, déguisements, embrouilles, grands seigneurs et domestiques s&rsquo;y mêlent : Gabrielle, la gantière, Bobinet, le pote de Raoul, tout ce petit monde est en quête d&rsquo;amour facile et de fun.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="La Vie parisienne, Offenbach - Christian Lacroix - Teaser 2" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/1I8QsyYBvPA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une partition qui décolle !</h2>



<p>Musicalement, Offenbach ne fait pas les choses à moitié. L&rsquo;opéra bouffe, c&rsquo;est son rayon. Léger, vif, il nous hameçonne l&rsquo;oreille dès les premières notes, multipliant les morceaux de bravoure construits avec finesse et qui exigent une technicité de chant rare, un sens inné du rythme, une diction sans faille : rondo du Brésilien, «&nbsp;Vous souvient-il, ma belle&nbsp;», « je suis veuve d&rsquo;un colonel », «&nbsp;Tout tourne, tout danse&nbsp;», galop final «&nbsp;Feu partout, lâchez tout&nbsp;». Solos, duos, trios, chœurs et ensembles constituent une vraie fête qui explose en tête, enchantent le tympan, ravit le métabolisme.</p>



<p>Cadence, dynamique, Offenbach tisse un flow identifiable entre tous, une frénésie mélodique qui évoque le délire des grandes messes rock mémorables type Wembley et autres concerts mythiques. La structure de la partition mêle esprit de l&rsquo;opéra bouffe, où tout est prétexte à la dérision, chants d&rsquo;amour romantiques et passages dignes d&rsquo;une revue de cabaret. En résumé, cette opérette est une véritable carte postale vivante, une synthèse musicale pétillante où se croisent des émotions multiples sur fond de plaquette publicitaire vantant les plaisirs de la capitale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du pur punk avant l&rsquo;heure</h2>



<p>Haussmann vient alors de redessiner la ville, les boulevards sont bondés de promeneurs, les cafés, restaurants, théâtres bourrés de monde. Hôtels de luxe et grands magasins regorgent de riches étrangers venus claquer leur thune, savourer à 1000 % les joies déversées par cette corne d&rsquo;abondance. Les touristes affluent, les bourgeois paradent, chacun essaie de jouer son rôle dans cette grande comédie urbaine. Offenbach capte cet esprit et l’injecte dans son œuvre : les soirées interminables, les flirts légers, les arnaques cocasses.</p>



<p>C’est une pub géante pour la ville que tisse le compositeur, mais avec ce petit côté grinçant, ce clin d’œil qui te dit « Paris, c’est beau, mais fais gaffe, tout ici n&rsquo;est que façade et leurre, on peut vite s&rsquo;y perdre, y laisser sa fortune, sa réputation, son âme ». Exactement ce qu&rsquo;on retrouve dans le célèbre <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-nana-1981-suicide-collectif-par-jouissance-interposee/">Nana</a></em> de Zola, le tragique en moins. C&rsquo;est le côté un brin anar d&rsquo;Offenbach qui ressort ici, son esprit provo, sa parfaite connaissance de la psyché de ses contemporains. <em>La Vie parisienne</em>, c’est du pur punk avant l’heure, un formidable coup de pied dans les conventions avec un éclat de rire de gamin malicieux.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Offenbach : &quot;La Vie parisienne&quot;" width="640" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/Ub3pJftUZaE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le trublion du répertoire</h2>



<p>Côté scène, c’est du lourd depuis le début. La première version en 1866 a mis tout le monde d’accord ; depuis, <em>La Vie parisienne</em> n’a jamais quitté le répertoire, s&rsquo;érigeant en trublion qui s&rsquo;infiltre dans toutes les salles, inspire pour tout metteur en scène en quête de challenge. Parmi les lectures à retenir, notons :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version Renaud Barrault</strong> en 1967 avec un casting devenu légendaire, j&rsquo;ai nommé : Suzy Delair (peut-être une des meilleures Mettela de l&rsquo;histoire de l&rsquo;opéra), Denise Benoit, Simone Valère, Madeleine Renaud, Pierre Bertin, Jean Desailly, Jean Parédès (qui interprète plusieurs petits rôles), Jean-Pierre Granval, Jean-Louis Barrault, Georges Cusin, Régis Outin. Jean-Louis Barrault parle alors de « Rock and Roll Napoléon III », c&rsquo;est dire !</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version télévisée signée Christian-Jaque</strong> en 1977, particulièrement attachante et pleine de peps, avec Jean-Pierre Darras, evelyne Buylle, Bernard alane, Jacques Legras, Dany Saval et consort.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version Daniel Mesguich</strong> à la Comédie française 1997 avec Bérengère Dautun, Thierry Hancisse, Catherine Salviat, Christian Blanc entre autres (et un passage absolument hilarant sur les ateliers Brecht en chaussettes).</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version Jérôme Savary</strong> à l&rsquo;Opéra comique en 2002, pétillante et complètement déjantée comme seul Savary est capable.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version Laurent Pelly</strong> qui joue la carte du décalage historique en propulsant l&rsquo;intrigue dans le Paris d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version Christian Lacroix</strong>, pas forcément ma préférée mais notable pour ses costumes, son côté foutraque.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Jacques Offenbach – La Vie parisienne (Christian Lacroix / Bru Zane France)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/MLOABu2JDQ8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>Approches traditionnelles en costumes et décours d&rsquo;époque ou visions plus modernes et dans le vent, la mise en scène de <em>La Vie parisienne</em> jongle sur la décomplexion, le clownesque, l&rsquo;ironie&#8230; sans oublier la danse, l&rsquo;incontournable cancan, le galop final qui demande une chorégraphie étudiée. Enjeu : ne jamais tomber ni dans le vulgaire ni dans le grotesque, tout en conservant l’énergie toute particulière de cette oeuvre sans précédent, qui un siècle et demi après sa création, demeure d&rsquo;une actualité impressionnante. Bref, un vrai classique à (re)découvrir avec l’oreille et les yeux bien ouverts.</p>



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<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>La Périchole par Laurent Pelly et Marc Minkowsky : Offenbach was a rock’n’rolla !!!</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/perichole-offenbach/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Oct 2023 11:19:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=36397</guid>

					<description><![CDATA[<p>À tous les petits lecteurs lassés par la mochitude profonde de la vie moderne, le blabla flatline bis repetita des réseaux sociaux, le martellement des news spectaculo-morbides, la hausse indéniable du coût de la vie, vous désirez échapper un instant à ce cloaque ? Visionnez La Périchole revisitée par Laurent Pelly et Marc Minkowsky et plongez-vous dans une pure frénésie d’énergie positive, avec à la clé une véritable révélation : Offenbach was a...</p>
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<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>À tous les petits lecteurs lassés par la mochitude profonde de la vie moderne, le blabla flatline bis repetita des réseaux sociaux, le martellement des news spectaculo-morbides, la hausse indéniable du coût de la vie, vous désirez échapper un instant à ce cloaque ? Visionnez <em><a href="https://www.france.tv/spectacles-et-culture/opera-et-musique-classique/5198184-la-perichole.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Périchole</a></em> revisitée par Laurent Pelly et Marc Minkowsky et plongez-vous dans une pure frénésie d’énergie positive, avec à la clé une véritable révélation : Offenbach was a rock’n’rolla !!!</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="🎬 TRAILER / La Périchole, Offenbach | Mise en scène de Laurent Pelly" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/HaGmrNJ0VJ0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une histoire d’amour contrarié</h2>



<p>Octobre 1868&nbsp;: Offenbach, flanqué de ses deux porte-flingues et librettistes favoris, Meilhac et halévy, accouche d’une nouvelle opérette, sur les planches du théâtre des Variétés. Une histoire d’amour contrarié bien troussée qui nous conduit dans les rues de Lima, où La Périchole flanquée de son Piquillo, chante dans les rues pour gagner sa modeste pitance. Jusqu’au jour où le vice-roi du Pérou croise la route de la belle dont il s’amourache. Éprise de son petit chanteur, La Périchole décide néanmoins de suivre le monarque car elle n’en peut plus de crever de faim. Et elle voit là l’occasion de creuser son trou socialement et d’en faire profiter son brigand. Sauf que les choses en vont pas se passer forcément comme le voudrait la belle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le plein d’airs cultes</h2>



<p>Quiproquos, courses poursuites, mariages arrangés, le compositeur de <em>La Belle Hélène</em> et <em>La Vie parisienne</em> aime les intrigues complexes sur lesquelles il peut broder des mélodies travaillées tout en faisant rire son public. Ici, il trouve une nouvelle occasion de faire mouche. Inspirée par une comédie de Mérimée, <em>La Périchole</em> complète le répertoire déjà très riche du porte-drapeau de l’opéra bouffe made in France avec une touche péruvienne particulièrement enlevée, et le plein d’airs qui deviendront cultes&nbsp;: «&nbsp;L&rsquo;Espagnol et la jeune Indienne&nbsp;», «&nbsp;Le muletier et la jeune personne&nbsp;», La lettre de la Périchole,«&nbsp;Les femmes, il n&rsquo;y a qu&rsquo;ça&nbsp;», «&nbsp;Ah&nbsp;! que les hommes sont bêtes&nbsp;!&nbsp;», le Rondo des maris, «&nbsp;Tu n&rsquo;es pas beau, tu n&rsquo;es pas riche&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Punks à chien</h2>



<p>Dit comme ça, cela ne vous évoque peut-être rien, mais à l’oreille vous reconnaîtrez forcément un de ces airs. C’est justement la particularité de ce diable d’Offenbach que de produire du hit en série, des compos enlevées qui restent en tête, qui jonglent encore et toujours avec nos petits cœurs, nous faisant hurler de rire ou roucouler d’émotion. C’est son côté rock’n’rolla, que le binôme <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_Pelly" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Laurent Pelly</a> à la mise en scène / <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Minkowski" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Marc Minkowsky</a> à la direction d’orchestre réveillent une fois de plus avec une mise en scène pour le moins moderne. Nous voici dans le Pérou d’aujourd’hui, La Périchole et son Piquillo sont devenus des punks à chien, le vice-roi ressemble à un pseudo-Pinochet, sa Cour est saturée de bombasses instagrameuses.</p>



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<li><a href="https://www.theartchemists.com/belle-helene-lopera-hambourg-offenbach/">La Belle Hélène à l’opéra de Hambourg : Offenbach et La Croisière s’amuse</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/opera-contes-hoffmann-offenbach-carsen/">Les Contes d’Hoffmann : c’est l’histoire d’un mec qui n’a pas de chance avec les gonzesses …</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-folies-offenbach/">Folies Offenbach : un tourbillon télévisuel</a></li>
</ul>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading">Deux heures de folie</h2>



<p>Et tout est à l’encan. Et cela passe crème ! Un pur bonheur que ces deux heures de folie, dont les dialogues ont été mis au goût du jour avec beaucoup de vigueur par Agathe Mélinand, et que le trio<br />Marina Viotti (venue entre autres du métal et ça se sent dans l’attaque) / Stanislas de Barbeyrac / Laurent Naouri porte avec une ferveur contagieuse. Contagieuse, : le mot est faible. Sur scène, c’est une dinguerie digne des concerts rock les plus frénétiques. La séquence du mariage devrait vous rester en mémoire, notamment le pogo final, échevelé, emporté par la cadence infernale d’un Offenbach galvanisé, enthousiaste, et toujours bien d’actualité ! Bref, ne loupez pas ce spectacle sidérant, ne serait-ce que pour vous préserver votre santé mentale !</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>


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		<title>Folies Offenbach : un tourbillon télévisuel</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-folies-offenbach/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Dec 2022 08:16:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Allez, offrons-nous un tourbillon de douce folie, de légèreté et de rire avec Les Folies Offenbach ! Tourné en 1977, ce délicieux téléfilm n&#8217;a pas pris une ride ! Au contraire, on reste stupéfait devant la jeunesse du propos, l&#8217;élan incroyable de ce récit. Au centre de cette série, Offenbach donc, que nous découvrons en plusieurs instants clés de sa vie, depuis ses débuts d&#8217;homme de spectacle jusqu&#8217;à son ultime...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p lang="zxx" style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/01/les-folies-offenbach_620x349.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-28115" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/01/les-folies-offenbach_620x349-494x278.jpg" alt="" width="494" height="278" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/01/les-folies-offenbach_620x349-494x278.jpg 494w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/01/les-folies-offenbach_620x349-288x162.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/01/les-folies-offenbach_620x349.jpg 620w" sizes="auto, (max-width: 494px) 100vw, 494px" /></a></p>
<p lang="zxx" align="justify">Allez, offrons-nous un tourbillon de douce folie, de légèreté et de rire avec <i>Les Folies Offenbach !</i> Tourné en 1977, ce délicieux téléfilm n&rsquo;a pas pris une ride ! Au contraire, on reste stupéfait devant la jeunesse du propos, l&rsquo;élan incroyable de ce récit. Au centre de cette série, Offenbach donc, que nous découvrons en plusieurs instants clés de sa vie, depuis ses débuts d&rsquo;homme de spectacle jusqu&rsquo;à son ultime composition, ces <a href="https://www.theartchemists.com/opera-contes-hoffmann-offenbach-carsen/" target="_blank" rel="noopener"><i>Contes d&rsquo;Hoffman</i><i>n</i></a> si merveilleux, si nostalgiques. Entre les deux défilent les grands succès, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=La+Belle+h%C3%A9l%C3%A8ne" target="_blank" rel="noopener"><i>La Belle Hélène</i></a>, <i>La Vie Parisienne</i>, <i>La Périchole</i> &#8230; et les figures d&rsquo;exception qui croisent la route de ce diable d&rsquo;homme.</p>
<p><iframe loading="lazy" title="Les Folies Offenbach | Disponible sur INA PREMIUM" width="640" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/3dTmVl7vL5s?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 lang="zxx" align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Composer, composer sans cesse</span></strong></h2>
<p lang="zxx" align="justify">Car Offenbach ne recule devant rien pour réaliser ses visions de créateur, cadrant en cela avec la hargne des capitaines d&rsquo;industrie du Second Empire dont il n&rsquo;hésite pas à moquer la bassesse d&rsquo;esprit avec un humour mordant. Nous le voyons prendre en main son destin, investir dans des théâtres, découvrir de jeunes talents, composer, composer sans cesse, dans la valse frénétique d&rsquo;un monde en mutation, accouchant avec bonheur et douleur de la modernité. Ne vous alarmez point, cette approche demeure en retrait, subtilement évoquée par le réalisateur Michel Boirond, désireux avant tout de façonner un divertissement de qualité qui fasse rire et rêver.</p>
<h2 lang="zxx" align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Un panel d&rsquo;acteurs stupéfiants</span></strong></h2>
<p lang="zxx" align="justify">Et il y parvient sans mal, dirigeant avec virtuosité un panel d&rsquo;acteurs stupéfiants, au milieu desquels trône un Michel Serrault absolument incroyable dans le rôle titre, drôle, rusé, lucide également sur la réalité d&rsquo;une Révolution industrielle qui privilégie l&rsquo;argent par rapport à l&rsquo;intellect. À ses côtés, Claude Pieplu, André Thorent, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Michel+Roux" target="_blank" rel="noopener">Michel Roux</a>, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Jean-Pierre+Darras" target="_blank" rel="noopener">Jean-Pierre Darras</a>, Christian Marin, Daniel Prévost et j&rsquo;en oublie tant la liste est longue, ainsi qu&rsquo;une <a href="https://www.theartchemists.com/?s=catherine+samie" target="_blank" rel="noopener">Catherine Samie</a> dévastatrice dans le rôle d&rsquo;Hortense Schneider, cantatrice incontournable et égérie du musicien, doublée d&rsquo;une sacrée enquiquineuse, avec ses caprices de diva et ses coups de colère, mais inoubliable de grâce quand elle apparaît sur les planches.</p>
<h2 lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;"><strong>Explorer le paysage artistique du Second Empire</strong></span></h2>
<p lang="zxx" align="justify">On explore par ailleurs le paysage artistique de l&rsquo;époque, avec ses us, ses coutumes, ses rivalités et ses petits travers, ainsi que les arcanes du pouvoir, puisque Offenbach très régulièrement s&rsquo;en approche, témoin cet épisode délirant où il s&rsquo;invite ainsi que ses amis comédiens à Compiègne dans le cercle de l&#8217;empereur alors qu&rsquo;il n&rsquo; a pas été convié. La visite officielle tourne en cavalcade coquine, version désopilante, mais tout aussi ravageuse de certains passages de <i>Son Excellence Eugène Rougon</i> de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=zola" target="_blank" rel="noopener">Zola</a>. Par delà ces grivoiseries et ces farces, demeure la musique du maître, inventive, inoubliable, amusement reconnu comme un véritable chef-d&rsquo;œuvre.</p>
<h2 lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;"><strong>Orchestrer les plaisirs d&rsquo;une époque</strong></span></h2>
<p lang="zxx" align="justify">La prolixité tourbillonnante d&rsquo;Offenbach retient l&rsquo;attention, suscite l&rsquo;admiration et l&rsquo;épuisement, car peu arrivent à suivre ce rythme. Nous apprécions sa hargne, rien ne le fait reculer, et c&rsquo;est avec brio qu&rsquo;il s&rsquo;impose comme l&rsquo;orchestrateur des plaisirs de cette époque, à l&rsquo;image d&rsquo;un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=moli%C3%A8re" target="_blank" rel="noopener">Molière</a> bombardé maître des spectacles de Versailles. Bref, autant raisons bonnes et délicieuses de parcourir ces six épisodes conservés avec un soin jaloux par l&rsquo;INA qui justifie ici pleinement sa fonction de gardien du patrimoine télévisuel français.</p>
<p lang="zxx"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p lang="zxx"><span style="color: #000000;">Pour en savoir et savourer Les Folies Offenbach, consultez <a href="https://madelen.ina.fr/serie/les-folies-offenbach" target="_blank" rel="noopener">le site de Madelen</a>.</span></p>
<p lang="zxx">
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		<title>Les Contes d&#8217;Hoffmann : c&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;un mec qui n&#8217;a pas de chance avec les gonzesses &#8230;</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/opera-contes-hoffmann-offenbach-carsen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Apr 2021 10:22:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est le moins que l&#8217;on puisse dire : le héros de l&#8217;opéra d&#8217;Offenbach, inspiré du poète allemand du même nom tel qu&#8217;il apparaît dans la pièce de Jules Barbier et Michel Carré, est un parfait looser de l&#8217;amour. A croire qu&#8217;il le fait exprès ! Quand débute le prologue des Contes d&#8217;Hoffmann, on le trouve ivre raide dans un cabaret où il attend la cantatrice Stella qui lui a filé...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><figure id="attachment_28458" aria-describedby="caption-attachment-28458" style="width: 494px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/03/Hoffmann-e1488536433770.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-28458 size-large" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/03/Hoffmann-494x494.jpg" width="494" height="494" /></a><figcaption id="caption-attachment-28458" class="wp-caption-text">Les contes d&rsquo;Hoffmann &#8211; Robert Carsen © Julien Benhamou / OnP</figcaption></figure></p>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">C&rsquo;est le moins que l&rsquo;on puisse dire : le héros de l&rsquo;opéra d&rsquo;Offenbach, inspiré du poète allemand du même nom tel qu&rsquo;il apparaît dans la pièce de Jules Barbier et Michel Carré, est un parfait looser de l&rsquo;amour. A croire qu&rsquo;il le fait exprès ! Quand débute le prologue des <em>Contes d&rsquo;Hoffmann</em>, on le trouve ivre raide dans un cabaret où il attend la cantatrice Stella qui lui a filé rencart ; il y a plus glamour &#8230; Il profite de l&rsquo;occasion pour raconter aux clients hilares ses mésaventures, qu&rsquo;on découvre aux travers des trois actes.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="Les Contes d&#039;Hoffmann - Les oiseaux dans la charmille (air d&#039;Olympia)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/0fVgERIrM6Q?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Trois facettes d&rsquo;une même nana</span></h2>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Olympia l&rsquo;automate, Antonia la malade, Giulietta la prostituée &#8230; trois facettes d&rsquo;une même nana sublimée et dangereuse, trois tragédies, trois occasions de se tourner en ridicule et d&rsquo;y laisser un peu plus de son palpitant déjà bien écorné par la vie. A se demander si ce n&rsquo;est pas lui qui apporte la poisse à ses partenaires &#8230; Faut ce qu&rsquo;il faut pour entretenir sa réputation d&rsquo;auteur torturé et maudit ! Romantique, Hoffmann n&rsquo;a d&rsquo;autre choix que de se planter, enchaînant les vestes, sous le regard impuissant de sa Muse, qui sous les traits de son meilleur ami Nicklausse, tente de le protéger comme elle peut.<br />
</span></p>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Il y a fort à faire, le monsieur est actif à scier la branche affective sur laquelle il s&rsquo;obstine à pioupiouter avec tous les cas sociaux qui passent à portée de ses affects. Saisissant l&rsquo;ironie de la situation, le metteur en scène <a href="https://www.theartchemists.com/?s=robert+carsen&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Robert Carsen</a> distille une lecture qui n&rsquo;épargne en rien le protagoniste, soulignant son masochisme sentimental, &#8230; comme clé de sa créativité ? Car le point commun de ces drames, c&rsquo;est la capacité à théâtraliser son propre malheur. Hoffmann Caliméro ? Personnalité histrionique qui cherche à résoudre l&rsquo;énigme de ses dérives dans une perpétuelle salle de spectacle ?</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="Les Contes d&#039;Hoffmann - Extrait" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/ecMdV7stGHw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Théâtre dans le théâtre</span></h2>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Jouant la carte pour le moins baroque du théâtre dans le théâtre, Carsen situe son Hoffmann à la limite de la scène et des coulisses, dans ce no man&rsquo;s land où le réel côtoie l&rsquo;illusion, où l&rsquo;on prend de simples sourires pour des déclarations, un frôlement accidentel pour une invitation à l&rsquo;amour dans l&rsquo;odeur entêtante de la sueur et des fards &#8230; Au final les trois femmes dont il s&rsquo;est entiché sont avant tout des reflets de lui-même, car toutes s&rsquo;avèrent des bêtes de scène, qui n&rsquo;en peuvent plus de rayonner sur les planches jusqu&rsquo;à la destruction.</span></p>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Au travers de cette interprétation moderne, placée dans un univers contemporain où la magie du théâtre n&rsquo;en finit pourtant plus d&rsquo;abolir la temporalité, la musique d&rsquo;Offenbach trahit cette quête infernale de l&rsquo;inspiration, à n&rsquo;importe quel prix, cet amour absolu de l&rsquo;art, du spectacle, l&rsquo;ivresse des planches, la fascination de l&rsquo;auteur pour son interprète. Cette oeuvre ultime, que le compositeur de <a href="https://www.theartchemists.com/la-belle-helene-a-lopera-de-hambourg-offenbach-et-la-croisiere-samuse/"><em>La Belle Hélène</em></a>, emporté par la Faucheuse, n&rsquo;aura pas le loisir de fignoler, n&rsquo;est pas un testament, c&rsquo;est un manifeste.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="Les Contes d&#039;Hoffmann - La légende de Kleinzach" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/_CylflorIxE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Surveiller son poète comme du lait sur le feu</span></h2>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Le besoin d&rsquo;exprimer en musique une passion irrépressible pour l&rsquo;acte de créer. L&rsquo;épilogue se conclut sur la victoire de la Muse qui récupère son poète le nez dans la boue pour le hisser vers la gloire. On s&rsquo;en doutait bien, ce n&rsquo;est que justice car elle a bien ramé cette pauvre Muse, à surveiller son poète comme du lait sur le feu &#8230; On aurait pu gagner du temps en évitant toutes ces historiettes médiocres ? Bien sûr que non ! Pas d&rsquo;historiettes, pas de grands airs, exit « La barcarole », fini la mort d&rsquo;Antonia sur une vocalise fatale, pas d&rsquo;Olympia robotisée violant un Hoffmann transformé en sex toy devant une salle tordue de rire &#8230;</span></p>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Des trouvailles de ce genre, Carsen en multiplie à la pelle, dans cette production complètement folle au casting de grande qualité avec un bonus pour Ramon Vargas dans le rôle titre, <a href="https://www.theartchemists.com/festival-daix-provence-carmen-choc-therapy/">Stéphanie d&rsquo;Oustrac</a> qui interprète la Muse/ Nicklausse &#8230; et l&rsquo;incroyable Nadine Koutcher qui endosse la partie d&rsquo;Olympia la poupée porno. Le tout dans les décors ingénieux et surprenants de Michael Levine, avec l&rsquo;Orchestre et le choeur de l&rsquo;Opéra de Paris pour couronner le tout de bien belle manière. Un magnifique divertissement certes, une prestation musicale et vocale d&rsquo;envergure, une mise en scène intelligente et poussée : voilà qui a dû ravir <a href="https://www.theartchemists.com/folies-offenbach-tourbillon-televisuel/">Offenbach</a> du haut de son nuage, lui qui y tenait tant, à ses Contes d&rsquo;Hoffmann qu&rsquo;il y a laissé sa santé et sa vie &#8230;</span></p>
<p lang="zxx"><strong><span style="color: #000000;">Et plus si affinités</span></strong></p>
<p lang="zxx"><span style="color: #000000;">Cette mise en scène est disponible en DVD.</span></p>
<p lang="zxx">
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/opera-contes-hoffmann-offenbach-carsen/">Les Contes d&rsquo;Hoffmann : c&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un mec qui n&rsquo;a pas de chance avec les gonzesses &#8230;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
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		<title>Eugène Labiche en cinq pièces clés : le rire  à l’honneur !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/theatre-eugene-labiche-cinq-pieces-cles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jan 2018 20:03:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=30118</guid>

					<description><![CDATA[<p>Réveillon du Nouvel An : tandis que la plupart se précipitent en soirée, nous nous calons bien au chaud devant notre tranche de saumon et notre pavé de bœuf mariné, pour déguster le pur plaisir de ce coffret DVD consacré à Labiche mis en scène par la Comédie Française, le tout propulsé par nos petits camarades des éditions Montparnasse. Soit les incontournables du dramaturge : Doit-on le dire ?, La...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/01/coffret-labiche-montparnasse.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-30111" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/01/coffret-labiche-montparnasse-494x494.jpg" alt="" width="494" height="494" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/01/coffret-labiche-montparnasse-494x494.jpg 494w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/01/coffret-labiche-montparnasse-188x188.jpg 188w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/01/coffret-labiche-montparnasse-288x288.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/01/coffret-labiche-montparnasse-70x70.jpg 70w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/01/coffret-labiche-montparnasse-150x150.jpg 150w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/01/coffret-labiche-montparnasse.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 494px) 100vw, 494px" /></a></p>
<p><span style="color: #000000;">Réveillon du Nouvel An : tandis que la plupart se précipitent en soirée, nous nous calons bien au chaud devant notre tranche de saumon et notre pavé de bœuf mariné, pour déguster le pur plaisir de ce coffret DVD consacré à Labiche mis en scène par la Comédie Française, le tout propulsé par nos petits camarades des éditions Montparnasse.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Soit les incontournables du dramaturge : <em>Doit-on le dire ?, La station Chambaudet </em> et <em>La Fille bien gardée</em> mises en scène par Jean-Laurent Cochet, <em>La Poudre aux yeux</em> mis en scène par Jacques Charon et <em>Le Voyage de monsieur Perrichon</em> mise en scène de Jean Le Poulain. Des gros succès, des pièces plus discrètes, des opus en un acte, … le tout orchestré et joué par trois des meilleurs metteurs en scène en la matière – et avec un casting d&rsquo;exception : Yvonne Gaudeau, Françoise Seignier, Michel Duchaussoy, Jacques Sereys, Claude Giraud, Paule Noëlle, … j’en oublie tellement il y en a.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" src="http://www.editionsmontparnasse.fr/embed/17447K" width="640" height="390" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Une troupe prestigieuse qui a fait les grandes heures de cette institution dans les années 70 … et qui lui a donné un air de folie en mode colonie de vacances pour grands enfants qu’on n’est pas prêt d’oublier. Avec un esprit de camaraderie, une complicité et un plaisir palpables et délectables pour les interprètes &#8230; et le public visiblement conquis. Il faut dire que pour jouer les facéties de Perrichon, les roucoulades de <em>Doit-on le dire ?</em> ou les veuves quadra enamourées de <em>La Station Chambaudet</em>, il ne faut vraiment pas se prendre au sérieux … et être un bosseur exigeant. Parce Labiche, à jouer, … c’est rock’n roll. </span><span style="color: #000000;">Avec Feydeau et Courteline, il complète la triade des vaudevillistes français prestigieux. Et c’est ça qui est bien. Parce que ça fait rire ! Aux éclats ! </span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Eugène Labiche n’avait pas son pareil pour dépeindre les travers de ses contemporains, leurs mesquineries, leurs ridicules, leur bêtise de bon bourgeois satisfait. Son arme : le vaudeville donc, un genre qu’on qualifierait volontiers de secondaire si l’on ne prenait en compte les difficultés qu’il impose en matière d’écriture … et de jeu. </span><span style="color: #000000;">Eh oui ! ce n’est pas du tout évident de faire rire, c’est même parfois complexe pour ne pas dire ardu. Il faut tenir la cadence et le registre. Et s’il est déjà délicat de composer une mécanique où péripéties rocambolesques, personnages farfelus et jeux de mots accrocheurs se mêlent sans s’étouffer ni tomber dans l’excès du grotesque, il est encore plus difficile d’en interpréter le texte avec justesse et disons le retenue. </span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Victor Hugo et son <em>Ruy Blas</em> n’ont pas le monopole du coriace en matière dramaturgique ; en cela Labiche se défend très bien. L&rsquo;interpréter sur scène est assez glissant, amateurs s’abstenir. </span><span style="color: #000000;">Un exercice auquel les acteurs de la Comédie française se sont pourtant toujours essayés avec succès. La Grande Maison est exigeante en matière de compétences, on n’y entre pas comme dans un moulin et les sociétaires sont tenus de passer sans répit de la tragédie la plus sombre de Racine aux éclats burlesques de ces auteurs chers au XIXème siècle. En un claquement de doigts. Grand écart stylistique qu’ils accomplissent d’un geste et d’une tonalité de voix (ils n’ont gère le choix avec une prog qui peut alterner sans complexe Marivaux en après midi … et Bourdet en soirée).</span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il faut avoir les épaules, et ils les ont. Légers et professionnels même quand ils poussent la chansonnette dont l&rsquo;humoriste adorait truffer ses textes – n’a-t-il pas travaillé avec Offenbach dont il reprend les morceaux de bravoure tirés de <em>La Périchole, La Grande Duchesse de Gérolstein</em> ou <em>La Vie parisienne</em>, avec des paroles à se rouler par terre (les textes initiaux étaient déjà cocasses, mais cette version inattendue et cocasse vous fera pleurer de rire). </span><span style="color: #000000;"> Vous l’aurez compris : le mariage Labiche/Comédie française tient bien la route. Dixit les 5 pièces que nous avons dévorées avec un bonheur non feint et ces petits plus savourés avec la délectation de spectateurs en mal d’évasion :</span></p>
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<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">la diction des acteurs : c’est peut-être du vaudeville, le texte est néanmoins prononcé à la voyelle prêt, avec l’exigence d’un alexandrin ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> l’intégration des parties chantées dans les répliques avec parfois cette impression hilarante de regarder <em>Les demoiselles de Rochefort</em> en crinoline ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">des crinolines, justement et des costumes superbes, colorés, travaillés, d’époque, élégants, beaux, aussi bien pour les hommes que pour les femmes ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> des décors ingénieux, notamment celui de <em>La Station Chambaudet</em> qui se métamorphose à vue, avec des panneaux tournants, des meubles qui s’inversent et un lustre qui s’ouvre et se referme comme par magie ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">des figurants ! oui, des figurants, et des acteurs de compétition dans les seconds rôles… et même un chien, un vrai … avec un nœud bleu assorti à la toilette de sa maîtresse.</span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Situations impossibles, maris, femmes, amants, chansons, humour, caricature, costumes et décors léchés : on aime, on en redemande, parce que c’est drôle, parce que c’est intelligent, parce que ces histoires d’ego déplacés nous aèrent un peu les méninges tout en demeurant d&rsquo;actualité car lles expriment la vanité humaine, parce que c’est une leçon de théâtre qui s’ignore.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Et plus si affinités</strong></span></p>
<p><strong><a href="http://www.editionsmontparnasse.fr/p1447/Eugene-Labiche-Coffret-DVD">http://www.editionsmontparnasse.fr/p1447/Eugene-Labiche-Coffret-DVD</a></strong></p>
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