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	<title>justine triet</title>
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		<title>Sibyl : un film incontournable, une héroïne complexe</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-sibyl/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jun 2023 11:11:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Bataille de Solférino, Victoria… en deux films, Justine Triet a affirmé son penchant pour les héroïnes complexes qui aiment se créer des problèmes, privilégient le chaos à la quiétude. Ont-elles d’ailleurs le choix ? Avec Sibyl, la réalisatrice va un peu plus loin, affinant sa narration, son style, sa vision. Sans pour autant atteindre la lumière, et c’est justement cela qui fait le prix de sa perception. Au cœur d’un...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/Devenez-un-pro-du-design-en-quel42-1.jpg" alt="" class="wp-image-36115" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/Devenez-un-pro-du-design-en-quel42-1.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/Devenez-un-pro-du-design-en-quel42-1-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/Devenez-un-pro-du-design-en-quel42-1-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em><a href="https://www.theartchemists.com/film-bataille-solferino/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Bataille de Solférino</a></em>, <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-victoria/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Victoria</a></em>… en deux films, Justine Triet a affirmé son penchant pour les héroïnes complexes qui aiment se créer des problèmes, privilégient le chaos à la quiétude. Ont-elles d’ailleurs le choix ? Avec <em>Sibyl</em>, la réalisatrice va un peu plus loin, affinant sa narration, son style, sa vision. Sans pour autant atteindre la lumière, et c’est justement cela qui fait le prix de sa perception.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Bande- annonce SIBYL" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/fPnqeVFMcAk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Au cœur d’un cyclone émotionnel</h2>



<p>Sibyl, donc&nbsp;: auteure qui, après un premier succès littéraire, a progressivement lâché la plume pour devenir psychanalyste. Un compagnon, deux enfants, une vie en apparence tranquille… qu’elle bouleverse un jour en lâchant son job et ses patients pour retourner à ses premières amours. Au propre comme au figuré, car en revenant à l’écriture, qu’elle décrit du reste comme une obsession, Sibyl va tenter de régler son compte à une passion dont elle ne s’est jamais vraiment remise.</p>



<p>Elle va même rouvrir cette blessure jamais cicatrisée en s’accrochant à une jeune femme venue la consulter en urgence : une jeune actrice sur le point de débuter un tournage sur l’île de Stromboli, au côté d’un comédien célèbre avec qui elle vit une idylle secrète, comédien qui l’a mise enceinte alors qu’il est officiellement en couple avec la metteure en scène de ce film d’amour. Il faudrait fuir cette situation pour le moins explosive ; Sibyl, au contraire, va foncer tête baissée au cœur de ce cyclone émotionnel, s’en inspirant pour écrire ce livre qu’elle appelle de ses vœux les plus intenses, mais qu’elle peine tant à commencer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La douleur du rejet</h2>



<p>Et, bien sûr, Sibyl, en se jetant à corps perdu dans cette mêlée, va y laisser le peu d’équilibre qu’elle possède, malgré les apparences. Ralliant le site de ce tournage maudit pour soit disant épauler sa patiente, en dépit de toutes les règles de déontologie professionnelle, elle va réveiller ses vieux démons, l’ombre d’une mère destructrice, le venin d’une sœur manipulatrice, le souvenir d’un amant corrosif. Et replonger dans l’alcoolisme et la dépression dont elle n’est peut-être jamais vraiment sortie. Consciemment, parce qu’il n’y a que ça à faire pour tenter d’anéantir la douleur du rejet, l’indifférence de l’aimé ?</p>



<p>Justine Triet et Arthur Harari, son complice à l’écriture comme à la ville, accouchent ici d’un personnage de femme digne des héroïnes de Cassavetes. Ce n’est pas pour rien que les références au film <em>Opening Night</em> se multiplient (la fameuse scène de la gifle notamment)&nbsp;; happée par la crise de cette jeune actrice qu’elle encaisse comme une série de coups de poing, Sibyl s’effondre comme le fait Myrtle Gordon campée avec tant de dureté par Gena Rowlands. Elle s’effondre pour mieux remonter la pente, du moins elle essaye. Avec douleur et dignité, malgré les élans, les conneries, les souffrances, les errances.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sidérante Virginie Efira</h2>



<p>Elle subit son destin&nbsp;? Ou elle suit son chemin&nbsp;? Pas de réponse, que des questions, alimentées par une Virginie Efira sidérante dans ce rôle d’écorchée qu’elle embrasse avec fougue, sensualité, déchirement, jusque dans les scènes de sexe et d’ivresse, les crises de larmes, les orgasmes. On reste confondu devant pareille maîtrise. Le rôle a été conçu comme une continuité plus sombre de Victoria. Et c’est tout un défi que de se glisser dans la peau et les failles de Sibyl en conservant juste ce qu’il faut des angoisses du précédent personnage, sans tomber ni dans la redite, ni dans la caricature. Trouver non pas la petite musique intérieure de cette femme, mais les dissonances qui en crevassent la potentielle harmonie.</p>



<p>Face à elle, la violence d’Adèle Exarchopoulos, la veulerie manipulatrice de Gaspard Ulliel, les changements de ton de Niels Schneider, les mensonges de Laure Calamy&#8230; Autour d’elle, la rudesse volcanique de Stromboli, les couleurs tranchantes de Paris, l’atmosphère confinée d’un cabinet de consultation transformé en refuge où noyer cet incommensurable chagrin, strié de flashbacks intrusifs, dont la caméra de Triet impose l’omniprésence obsédante. Narrativement, esthétiquement, par l’interprétation comme par le scénario, <em>Sibyl</em> est un film incontournable fondé sur une héroïne complexe dont la tournure repense les codes de représentation de la femme à l’écran.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>


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		<title>Festival de Cannes : à quoi sert vraiment la Palme d’Or ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/utilite-palme-or-festival-cannes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jun 2023 10:06:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="600" height="400" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/350115455_927984345104923_329355.jpg" alt="" class="wp-image-36113" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/350115455_927984345104923_329355.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/350115455_927984345104923_329355-288x192.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/350115455_927984345104923_329355-494x329.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>« <em>Et la Palme d&rsquo;or 2023 est attribuée à&#8230;  <a href="https://www.theartchemists.com/?s=justine+triet" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Justine Triet</a> pour Anatomie d&rsquo;une chute !</em> » S’ensuit un discours qui a fait couler beaucoup d’encre par son énergie et sa détermination&#8230; et les réactions effrayées/outrées d’une partie du corps politique et de l’opinion publique, regrettant que la lauréate ait ainsi critiqué la politique gouvernementale et la violence avec laquelle a été menée la réforme des retraites.</p>



<p><strong>216 600 tweets</strong> plus tard selon <a href="https://www.visibrain.com/fr/blog/festival-de-cannes-2023-bilan-reseaux-sociaux?utm_campaign=festival-de-cannes&amp;utm_content=165527256&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter&amp;hss_channel=tw-166139505" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Visibrain</a> (à la louche, ça a dû grimper depuis), la preuve n’est plus à faire : n’en déplaise à certains qui rêvent d’un monde artistique aseptisé, propre sur lui et bien obéissant parce qu’on lui a lâché des subventions en guise d&rsquo;os à ronger), la remise de la Palme d’Or est encore et toujours une tribune politique. Il faudrait être totalement hors sol et peu informé de l’histoire et de l’ADN du festival de Cannes pour en douter, prétendre le contraire.</p>



<p>Car le <a href="https://www.festival-cannes.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">festival de Cannes</a>, ce n’est pas qu’une vitrine glamour pour les marques de luxe (qui ont du reste très bien saisi l’opportunité d’exploiter ce juteux filon qu’elles ont d’ailleurs tendance à vampiriser, transformer en catwalk et en cirque marketing). C’est aussi un formidable tremplin culturel. Et recevoir la Palme d’Or encore plus. Explications.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un outil de promotion extrêmement efficace</h2>



<p>On s’en doute, mais c’est toujours mieux de le préciser, parce que c’est justement la clé de l’émancipation. Pour un réalisateur, gagner la Palme d&rsquo;Or au Festival de Cannes est considéré comme l&rsquo;une des plus grandes distinctions dans l&rsquo;industrie du cinéma. Pourquoi ? Parce que c’est l’occasion d’offrir une visibilité inégalée au film primé, et dans un climat ultraconcurrentiel, c’est toujours bon à prendre. Cela :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>génère une couverture médiatique considérable (avec la une des médias spécialisés du monde entier, des articles dans la presse généraliste de tous les pays, des reportages dans les journaux télévisés, des mentions sur les réseaux sociaux – 6,7 millions de messages dédiés à l’événement cannois pour cette 76eme édition toujours selon <a href="https://www.visibrain.com/fr/blog/festival-de-cannes-2023-bilan-reseaux-sociaux?utm_campaign=festival-de-cannes&amp;utm_content=165527256&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter&amp;hss_channel=tw-166139505" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Visibrain</a>, ce n’est pas rien) ;</li>



<li>attire l&rsquo;intérêt des distributeurs internationaux, ce qui va permettre au film d’être programmé dans les salles du monde entier, avec en prime des opérations de communication à la hauteur des enjeux ;</li>



<li>permet ainsi au film récompensé d&rsquo;atteindre un public plus large, en dehors des audiences de niche, adeptes du cinéma d’auteur.</li>
</ul>



<p>Par contrecoup, la Palme d’or est annonciatrice de rentrées d’argent conséquentes, avec une audience nombreuse, la diffusion à venir du film en DVD, sur les plateformes en VoD, à la télévision… Et logiquement, remporter la Palme d&rsquo;Or va également faciliter l&rsquo;obtention de financements pour les projets futurs du cinéaste, que les professionnels vont désormais considérer comme « bankable ». Les producteurs, les investisseurs et les studios sont forcément attirés par les réalisateurs qui ont reçu cette reconnaissance, ce qui peut ouvrir des portes habituellement closes pour de nouvelles collaborations et opportunités, convaincre des acteurs célèbres de travailler sur les prochains projets…</p>



<p><strong>Exemple type :</strong> récompensé en 2019, <em>Parasite</em> du réalisateur sud-coréen Bong Joon-ho connaît un succès critique et commercial mondial. Selon les données de <a href="https://www.boxofficemojo.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Box Office Mojo</a>, le film a rapporté plus de 266 millions de dollars dans le monde entier. Cela en fait le film coréen le plus rentable de tous les temps et l&rsquo;un des films en langue étrangère les plus lucratifs de l&rsquo;histoire du cinéma.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Devenir une référence cinématographique</h2>



<p>Eh oui, faire des sous, c’est bien, s’imposer comme une référence cinématographique durable, c’est mieux. La Palme d&rsquo;Or est décernée par un jury composé de professionnels du cinéma, cinéastes, acteurs, eux-mêmes célébrissimes et reconnus ; de ce fait, elle est considérée comme un gage de qualité, mieux, un adoubement. Remporter cette récompense catapulte le cinéaste sur la scène internationale. Ce trophée confère une crédibilité artistique telle qu’elle va propulser le réalisateur primé au rang d’artiste incontournable doté d’une griffe, d’un style qu’il va imposer.</p>



<p><strong>Exemple type :</strong> lancé par <em>Reservoir Dogs</em> en 1992, Quentin Tarantino va passer le cap de la célébrité internationale après avoir reçu la Palme d’Or en 1994 pour <em>Pulp Fiction</em>. Le film a été acclamé pour son scénario innovant, son style de narration non linéaire, son mélange unique de genres. La Palme d&rsquo;Or renforce donc la crédibilité artistique de Tarantino, établit son statut de réalisateur visionnaire. Le succès financier qui s’ensuit (le film ramènera 213 millions de dollars à l’international) prouve que le public est séduit durablement. Suivent <em>Jackie Brown</em> (1997), <em>Kill Bill</em> (2003-2004), <em>Inglourious Basterds</em> (2009), <em>Django Unchained</em> (2012) et j&rsquo;en passe. Mis en orbite par la Palme d’Or, ce type de narration plaît… et fait école. <em>Pulp Fiction</em> a eu un impact significatif sur l&rsquo;industrie du cinéma : son approche audacieuse, son mélange de violence stylisée, de dialogues percutants et d&rsquo;humour noir ont inspiré de nombreux réalisateurs depuis et ont contribué à façonner le paysage cinématographique des années 90 et au-delà.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faire bouger les choses ?</h2>



<p>L’exemple de Quentin Tarantino est parlant d’un point de vue artistique. Mais la portée du Festival de Cannes est telle que c’est devenu une tribune sociale et politique d’envergure. Il convient à ce titre de ne pas oublier les origines du festival : ce dernier est créé en 1939 pour faire opposition au festival <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mostra_de_Venise" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Mostra de Venise</a> cornaquée par le Duce qui y décerne la coupe Mussolini. Dans son ADN même, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Cannes" target="_blank" rel="noreferrer noopener">festival de Cannes</a> porte une volonté d’ouverture culturelle, de diversité des points de vue et de combat politique ; on l’appelle alors « le festival du monde libre ». Aujourd’hui encore, il sert de porte-voix aux réalisateurs, aux acteurs, aux producteurs opprimés, exilés politiques, fuyant dictatures et régimes violents : qui pourrait oublier <em>L’homme de fer</em> du réalisateur mythique Wajda ? Le légendaire <em>Adieu ma concubine</em> de Chen Kaige ?</p>



<p>Les films récompensés portent tous un message sociétal, un regard certes esthétique, mais aussi profondément critique sur les évolutions du monde moderne, sa cruauté, sa folie, son injustice… <em>L’affaire Mattei</em> de Francesco Rosi en 1972, <em><a href="https://www.theartchemists.com/apocalypse-now-chef-doeuvre-a-lectures-multiples/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Apocalypse Now</a></em> de Coppola en 1978, <em>Elephant </em>de Gus Van Sant en 2003, <em>Sans filtre</em> de Ruben Östlund en 2022… <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Ken+Loach" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ken Loach</a> incarne ce visage du réalisateur contestataire, dont les deux films primés, <em>Le vent se lève</em> en 2006 et <em>Moi, Daniel Blake</em> en 2016, évoquent les dures réalités de l’histoire britannique. Décerner la Palme d’or est forcément un geste politique : distinguer ainsi un film spécifique, c’est susciter le débat, enclencher la discussion, voire la polémique… dans tous les cas, sensibiliser le public.</p>



<p><strong>Exemple type&nbsp;:</strong> récompensé en 2008, le film <em>Entre les murs</em> de Laurent Cantet a suscité le scandale par sa vision on ne peut plus juste du système éducatif français tel qu’il est en train de se détricoter vitesse grand V. Le réalisateur, inspiré par le livre de François Bégaudeau, y relate les problématiques de la diversité culturelle, des inégalités sociales, des tensions raciales dans l&rsquo;univers de l’école. Étant fondé sur des faits réels et utilisant des acteurs non professionnels, le film a suscité des débats sur son authenticité et sa représentation fidèle de la réalité scolaire. Certains l’ont critiqué pour sa prétendue exploitation de la vie réelle des élèves et des enseignants, tandis que d&rsquo;autres l&rsquo;ont salué pour sa sincérité et son réalisme. <em>Entre les murs</em> a généré des discussions sur le système éducatif français et ses problèmes, notamment la question de l&rsquo;intégration des élèves issus de l&rsquo;immigration, les méthodes d&rsquo;enseignement et les obstacles rencontrés par les enseignants. Le film a été perçu par beaucoup comme une critique sociale de l&rsquo;éducation en France, un outil politique&nbsp;: certains politiciens l&rsquo;ont salué comme une œuvre courageuse, d&rsquo;autres l’ont critiqué pour sa vision négative.</p>



<p>Dans ce contexte, avec pareille visibilité, pareille aura, la remise de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Palme_d%27or" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Palme d’Or</a> est, de fait, l’amorce d’un changement. Ainsi, Julie Triet est la troisième femme à en bénéficier après Jane Campion en 1993 pour <em>La Leçon de piano </em>et Julia Ducournau avec<em> Titane</em> en 2021. Trois réalisatrices sorties du rang sur 76 éditions ? Le prochain combat à mener est très clairement féministe. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Delphine_Seyrig" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Delphine Seyrig</a> s&rsquo;y était attelé dans les années 70 ; il serait temps que ça bouge, vous ne croyez pas ? Reconnaître les femmes réalisatrices, promouvoir le cinéma au féminin, donner la parole à ces créatrices, même, surtout si cette parole est engagée, militante. Pour encourager d’autres femmes à prendre la parole, à s’impliquer, inspirer les réalisatrices du futur. Changer la donne, dans les scénarios, les codes d&rsquo;interprétations, les rythmes narratifs, les thématiques… Représenter la femme autrement, en tout cas pas comme un objet sexuel et docile, mais comme un sujet pensant et agissant &#8230; Et alimenter cette formidable tribune d’échange et de créativité qui A BESOIN de sang nouveau, femmes, hommes, à égalité.</p>
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		<title>Victoria : Bridget Jones à rebours ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-victoria/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Sep 2021 09:18:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Victoria a la quarantaine, un job d’avocat qui lui bouffe la vie, mais dans lequel elle investit toute la passion qu’elle ne peut placer dans une relation, faute de mec à la hauteur. Ajoutons deux gamines adorables, mais survoltées par manque d’attention, un ex-compagnon doublé d’un auteur raté qui conquiert internet en narrant par le menu leur vie commune et les secrets pros qu’elle lui a confiés dans l’intimité. Plus...</p>
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<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/545138_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="450" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/545138_opt.jpg" alt="affiche du film Victoria" class="wp-image-34275" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/545138_opt.jpg 450w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/545138_opt-216x288.jpg 216w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/545138_opt-371x494.jpg 371w" sizes="auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px" /></a></figure>



<p></p>



<p><span style="color: #000000;">Victoria a la quarantaine, un job d’avocat qui lui bouffe la vie, mais dans lequel elle investit toute la passion qu’elle ne peut placer dans une relation, faute de mec à la hauteur. Ajoutons deux gamines adorables, mais survoltées par manque d’attention, un ex-compagnon doublé d’un auteur raté qui conquiert internet en narrant par le menu leur vie commune et les secrets pros qu’elle lui a confiés dans l’intimité. Plus un pote névrosé et limite pervers narcissique accusé par sa petite copine de l’avoir poignardée lors d’un mariage sous le regard de leur dalmatien. Voici les ingrédients du film <em>Victoria</em> de Justine Triet et ils ont tout pour être explosifs.</span></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="VICTORIA - Bande annonce" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/rmHqj5Et6N4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><strong>Heureusement, c&rsquo;est une comédie…</strong></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Car on se doute bien que la battante Victoria va avoir beaucoup de mal à gérer tous ces paramètres pour le moins anxiogènes. Et nous la voyons 1 h 30 durant sombrer sous le tsunami d’emmerdements que ces messieurs-dames s’amusent à accumuler, infantiles, irresponsables et égocentriques qu’ils sont. Mais Victoria vaut-elle mieux ? Aveuglée par cette quête du bonheur qu’on nous impose à coup de magazines et d’émissions télé, elle court après le grand amour, et manque de le laisser passer alors qu’il est sous son nez, flirtant au passage avec la déchéance professionnelle. Heureusement, c&rsquo;est une comédie, Victoria, comme son nom l’indique, sortira victorieuse de l’épreuve, mais en y laissant ces quelques plumes plombées dont il était temps qu’elle se débarrasse.</span></p>



<p><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>&nbsp;&nbsp;<strong><a href="https://www.theartchemists.com/film-adieu-les-cons/" rel="bookmark">Adieu les cons&nbsp;: une pépite supplémentaire au palmarès de Dupontel&nbsp;!</a></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><span style="color: #000000;">Une frénésie de désirs mal identifiés</span></strong></h2>



<p><span style="color: #000000;">On pense à Bridget Jones bien sûr, l’humour britannique en moins, la subtilité hexagonale en plus. Ici le doux amer est de rigueur, la crise subie par l’héroïne fait rire, mais en demi-teinte, elle nous interpelle tous, c’est certain. Nous nous identifions, tous sexes confondus, avec cette belle fille aux yeux bouffis de larmes, perdue dans sa frénésie de désirs mal identifiés, alors que les choses pourraient au final être si simples. <a href="https://www.theartchemists.com/?s=virginie+efira&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Virginie Efira</a> incarne avec juste ce qu’il faut de délicatesse, de confiance en soi et de maladresse cette femme moderne en quête de quiétude. Pour la diriger, Justine Triet, déjà appréciée à la réal de<a href="https://www.theartchemists.com/film-bataille-solferino-folle-journee/" target="_blank" rel="noopener"><i> La Bataille de Solférino</i></a>, imprime plusieurs vitesses à sa narration, alternant montées de stress, instants de calme, pertes de contrôle, lentes dépressions et crises de rire.</span></p>



<p><strong><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;">A lire également :</span>&nbsp;<a href="https://www.theartchemists.com/serie-clan/" rel="bookmark">Clan&nbsp;: comment liquider son ordure de beau-frère en dix leçons</a></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><span style="color: #000000;">Des questions plein la tête</span></strong></h2>



<p><span style="color: #000000;">Ces débrayages continus, soutenus par une B.O. particulièrement bien choisie, sont impulsés par les éléments masculins qui émaillent ce panorama féminin, Melville Poupaud parfait en adepte des relations amoureuses orageuses et destructrices, Vincent Lacoste qui, sous ses airs de naïveté adolescente, constitue le socle véritable, la valeur sûre manquant à cette vie de femme pour qu’elle en comprenne le sens profond. On ressort de ce récit des temps modernes avec le cœur qui bat, un sourire aux lèvres, les yeux brillants, et des questions plein la tête sur ce qu’il convient de faire pour atteindre la félicité.</span></p>



<p><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>





<p><span style="border-radius: 2px; text-indent: 20px; width: auto; padding: 0px 4px 0px 0px; text-align: center; font: bold 11px/20px 'Helvetica Neue',Helvetica,sans-serif; color: #ffffff; background: #bd081c no-repeat scroll 3px 50% / 14px 14px; position: absolute; opacity: 1; z-index: 8675309; display: none; cursor: pointer;">Enregistrer</span></p>



<p><span style="border-radius: 2px; text-indent: 20px; width: auto; padding: 0px 4px 0px 0px; text-align: center; font: bold 11px/20px 'Helvetica Neue',Helvetica,sans-serif; color: #ffffff; background: #bd081c no-repeat scroll 3px 50% / 14px 14px; position: absolute; opacity: 1; z-index: 8675309; display: none; cursor: pointer;">Enregistrer</span></p>
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		<title>La Bataille de Solférino : une folle journée sur le fil du rasoir</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-bataille-solferino/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Feb 2021 10:23:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>24 juin 1859 : la bataille de Solférino fait rage, confrontant les troupes de Napoléon III aux armées autrichiennes. Ce fut l’une des plus meurtrières de la campagne d’Italie. Est-ce pour cette raison que Justine Triet tourne son long-métrage La Bataille de Solférino comme un film de guerre ? De prime abord, il ne s’agit que d’une crise de couple, Vincent venu profiter de son droit de visite le jour...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/Devenez-un-pro-du-design-en-quel40-2.jpg" alt="" class="wp-image-36110" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/Devenez-un-pro-du-design-en-quel40-2.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/Devenez-un-pro-du-design-en-quel40-2-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/Devenez-un-pro-du-design-en-quel40-2-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><span style="color: #000000;">24 juin 1859 : la bataille de Solférino fait rage, confrontant les troupes de Napoléon III aux armées autrichiennes. Ce fut l’une des plus meurtrières de la campagne d’Italie. Est-ce pour cette raison que Justine Triet tourne son long-métrage <em>La Bataille de Solférino</em> comme un film de guerre ? De prime abord, il ne s’agit que d’une crise de couple, Vincent venu profiter de son droit de visite le jour où son ex, Laetitia, couvre l’élection du nouveau président le 6 mai 2012 rue Solférino. Et bien sûr, ça dérape.</span></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="LA BATAILLE DE SOLFERINO Bande Annonce du Film" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/oce2z-ca-z0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><strong>Suspens politique, suspens intime</strong></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Des personnages sous tension qui s’affrontent jusqu&rsquo;au corps à corps au moment où une page politique se tourne : le suspens politique nourrit le suspens intime, et la réalisatrice joue des différents registres du rire, de l’angoisse et du chagrin pour nous perdre au milieu d’une cohue émotionnelle comme ses héros au cœur d’une foule compacte. Le projet est ambitieux, le sujet porteur, les profils riches de possibilités dans leurs oppositions.</span> Justine Triet frappe donc fort pour ce premier film placé sous le signe du chaos</p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><strong>Étouffement et pression</strong></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Tourné en partie au cœur de la journée d’élection avec plusieurs caméras pour retranscrire la sensation d’étouffement et de pression, le long métrage s’en ressent, l’impact est terrible, amorcé déjà par une introduction éprouvante, où l’on voit Laetitia chez elle, en train de se préparer dans un désordre indescriptible, entre hurlements d’enfants, amant joyeux et déconnecté, maison bordélique et baby-sitter dépassé. L’arrivée de Vincent, artiste borderline et potentiellement brutal accroît la tension en apportant une dimension de perte de contrôle, de menace latente.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><strong>« Folle journée »</strong></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">On retrouve à certains moments l’ambiance des premiers Klapisch avec <em>Chacun cherche son chat</em>, ce côté « folle journée » qui amène à s’interroger sur ce qui fait vraiment nos vies. On appréciera notamment la prestation de Vincent Macaigne dans le rôle de l’ex, toujours sur le fil du rasoir entre déchaînement total, exagération, mensonge, égoïsme et amour pour ses deux petites filles. Idem pour Laetitia Dosch qui retranscrit avec beaucoup de justesse la spirale des sentiments contradictoires qui secoue son personnage.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading">Débordement émotionnel</h2>



<p>L&rsquo;ensemble du casting donne à voir une tranche de vie incohérente, malsaine, mais où chacun d&rsquo;entre nous peut se retrouver. Le regard de la réalisatrice est dérangeant, volontairement. Caméra plongeante, elle scrute le débordement émotionnel de ses protagonistes perdus dans la cohue ; pas de dialogues, à quoi servent-ils vu qu&rsquo;ils n&rsquo;arrivent pas à parler ni à s&rsquo;entendre ? Mais c&rsquo;est au sein du hurlement de la foule que leur désarroi s&rsquo;inscrit sur leurs visages. Nous pourrions tous être Vincent ou Laetitia, adulescents qui se déchirent, incapables de tempérance dans ce monde moderne voué à la démence.</p>



<p><span style="color: #000000;"><strong>Et plus si affinités</strong></span></p>


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