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	<title>Cité des Sciences</title>
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		<title>Gothic : l’esprit romantique comme un cauchemar déjanté</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/gothic-film-ken-russell/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Dec 2025 11:41:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que Dauphine boucle son article sur le biopic Mary Shelley, je ne peux m’empêcher d’évoquer le sulfureux Gothic du non moins sulfureux Ken Russell. Dans la filmo du Monsieur, Tommy, The Devils, La Symphonie pathétique et j’en passe… une succession de longs métrages bien secouants pour ne pas dire frénétiques. Russell n’était pas tendre avec son public, aimant retourner les consciences. C’est le cas avec Gothic (1986) qui revient...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="450" height="606" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/12/The-ARTchemists-Gothic.jpg" alt="affiche du film de Ken Russell Gothic" class="wp-image-38407" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/12/The-ARTchemists-Gothic.jpg 450w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/12/The-ARTchemists-Gothic-214x288.jpg 214w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/12/The-ARTchemists-Gothic-367x494.jpg 367w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /></figure>



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<p>Alors que Dauphine boucle son article sur le biopic <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-mary-shelley-2017-haifaa-al-mansour/">Mary Shelley</a></em>, je ne peux m’empêcher d’évoquer le sulfureux <em>Gothic</em> du non moins sulfureux <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ken_Russell">Ken Russell</a>. Dans la filmo du Monsieur, <em>Tommy</em>, <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-diables-ken-russell/">The Devils</a></em>, <em>La Symphonie pathétique</em> et j’en passe… une succession de longs métrages bien secouants pour ne pas dire frénétiques. Russell n’était pas tendre avec son public, aimant retourner les consciences. C’est le cas avec <em>Gothic</em> (1986) qui revient sur la nuit dantesque où les mythes littéraires du vampire et du monstre de Frankenstein furent mis au monde, dans le sang et la douleur, cela va de soi.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Gothic (1986) ORIGINAL TRAILER [HD 1080p]" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/J_JQ8o2M68w?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Accoucher du pire récit d’horreur qui soit</h2>



<p>Été 1816&nbsp;: le poète Shelley, sa compagne Mary et la demi-sœur de celle-ci, Claire, rallient la Suisse et la villa Diodati où le grand auteur Lord Byron s’est réfugié pour échapper au scandale. Il faut dire que Mister Byron a une vie pour le moins dissolue. Grand amateur de dames (y compris sa demi-sœur, ce qui explique le scandale), ce nihiliste impénitent boit, se drogue, écrit, et invoque les esprits. A l’excès. Dans son sillage, sa ménagerie et le docteur Polidori, médecin dandy aux plaisanteries douteuses qui se réfugie dans la religion pour échapper à ses attirances homosexuelles.</p>



<p>Pas vraiment des modèles d’équilibre donc, idem pour Percy et sa belle-sœur. Au milieu de tout ça, Mary, éprouvée par l’instabilité de son compagnon et la récente perte de son enfant, tente de conserver un brin de stabilité mentale. Pas évident évident alors que le temps se détraque, qu’un orage épouvantable s’abat sur la villa, et que, pour passer le temps, on fait tourner les tables et se lance un challenge&nbsp;: accoucher du pire récit d’horreur qui soit. C’est cet accouchement que Russel va raconter, avec l’outrance qu’on lui connaît. Une outrance d’une rare justesse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Entre création et anéantissement</h2>



<p>Décors baroques, visions cauchemardesques, courses folles dans des combles et des caves sordides où grouillent la vermine, nos quatre loulous vont jouer à se faire peur. Et ils vont aller trop loin. Bien trop loin. Dans ces pièces truffées d’armures et d’automates, où les ombres enragées par la tempête trompent les esprits embués par la drogue et l’alcool, il est facile d’imaginer le pire. Et d’exacerber ses obsessions, ses peurs viscérales. C’est cette étincelle créatrice flirtant avec l’anéantissement que Russell traque, dans le sillage d’interprètes hallucinés et particulièrement convaincants.</p>



<p>Gabriel Byrne en Byron nonchalant et malsain, Julian Sands en Shelley désaxé et perdu, Natasha Richardson en Mary Shelley rongée d’angoisse et de culpabilité, Myriam Cyr en Claire hystérique, Timothy Spall en Polidori autodestructeur&nbsp;: le quintet est mené de main de maître par un réalisateur particulièrement doué quand il s’agit de représenter la démesure, la folie. Or peut-on engendrer ces deux monuments de la culture pop cités plus haut sans passer par la case dinguerie absolue&nbsp;? Et l’annihilation&nbsp;complète&nbsp;?</p>



<p>Russell ne pose pas la question, il apporte une réponse qui fait frémir. L’atmosphère poisseuse du film, ce sentiment d’évoluer dans un rêve bizarre virant en une seconde au cauchemar (le célébrissime tableau <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cauchemar_(F%C3%BCssli,_D%C3%A9troit)">Le Cauchemar</a></em> de Füslli préside à cette résidence d’artistes qui a tout de l’escape game horrifique), la vision prophétique du destin funeste de ces génies voués au chagrin et au trépas… Outre la naissance de deux créatures littéraires mythiques, le film donne ainsi à ressentir ce que l’esprit romantique portait en soi de macabre, de morbide, de sombre. Et de génialement provocateur, de totalement innovant, de complètement intense.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<item>
		<title>Audiobooks : quand l’écoute démocratise la lecture</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/audiobooks/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Benjamin Getenet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Nov 2025 11:40:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quand j’étais au lycée, j’ai découvert&#160;Dune&#160;de Frank Herbert. Un monument de la science-fiction … et une lecture ardue pour l’ado que j’étais. J’en garde le souvenir d’un univers fascinant, mais dense, laborieux à cerner. Relire ce pavé aujourd’hui ? Impossible, je n’en aurais ni le temps ni l’énergie. Pourtant, je peux à nouveau parcourir Arrakis — non plus en tournant les pages, mais en écoutant le roman. C’est là toute...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/11/The-ARTchemists-audiobooks.jpg" alt="audiobooks" class="wp-image-38372" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/11/The-ARTchemists-audiobooks.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/11/The-ARTchemists-audiobooks-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/11/The-ARTchemists-audiobooks-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Quand j’étais au lycée, j’ai découvert&nbsp;<em>Dune</em>&nbsp;de Frank Herbert. Un monument de la science-fiction … et une lecture ardue pour l’ado que j’étais. J’en garde le souvenir d’un univers fascinant, mais dense, laborieux à cerner. Relire ce pavé aujourd’hui ? Impossible, je n’en aurais ni le temps ni l’énergie. Pourtant, je peux à nouveau parcourir Arrakis — non plus en tournant les pages, mais en écoutant le roman. C’est là toute la force des audiobooks : rendre accessibles, vivants et actuels des textes que l’on croyait réservés à une poignée de lecteurs passionnés.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Lire avec les oreilles : une vieille histoire revisitée&nbsp;</h2>



<p>L’audiobook, une invention contemporaine&nbsp;? Oui… mais non. Le concept s’enracine dans une tradition ancienne : celle de l’oralité. Avant l’imprimerie, la littérature se transmettait par la parole — les conteurs, les bardes, les griots, les troubadours. Lire à voix haute a longtemps été la norme.&nbsp;</p>



<p>Au XXe siècle, les premiers « livres parlés » apparaissent pour les personnes aveugles, enregistrés sur vinyles ou cassettes. Dans les années 1980-90, l’audiobook se démocratise avec le CD, mais reste un produit de niche. Il faudra l’essor du smartphone et du streaming, à partir de 2010, pour qu’il devienne un véritable marché mondial.&nbsp;</p>



<p>Aujourd’hui, écouter un livre n’est plus une solution de substitution réservée aux malvoyants : c’est une pratique culturelle à part entière, choisie par des millions de lecteurs… ou plutôt d’auditeurs.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une réponse aux obstacles de la lecture&nbsp;</h2>



<p>En France, la lecture est en crise. Selon le&nbsp;<a href="https://www.ipsos.com/sites/default/files/ct/news/documents/2025-04/ipsos-cnl-francais-lecture-2025-rapport-complet.pdf?utm_source=chatgpt.com"><strong>Baromètre Ipsos / CNL 2025</strong></a>, seuls&nbsp;<strong>56 % des Français</strong>&nbsp;se déclarent lecteurs réguliers, contre 61 % en 2023. La moyenne annuelle de livres lus est tombée à&nbsp;<strong>18 en 2025</strong>, contre 22 deux ans plus tôt. 1 jeune sur 5 ne lit jamais par plaisir.&nbsp;</p>



<p>Les freins sont multiples :&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le temps &#8211; dans une société saturée d’écrans et de notifications, beaucoup estiment ne plus avoir l’espace mental nécessaire pour se plonger dans un livre. </li>



<li>Les difficultés scolaires &#8211; près d’un élève sur cinq est en difficulté face à l’écrit dès l’entrée en 6ᵉ (<a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/1373895?sommaire=1373905#:~:text=R%C3%A9f%C3%A9rences%20-%20%C3%89dition%202011-,L'%C3%A9volution%20du%20nombre%20d'%C3%A9l%C3%A8ves%20en%20difficult%C3%A9%20face%20%C3%A0,depuis%20une%20dizaine%20d'ann%C3%A9es&amp;text=Depuis%20une%20dizaine%20d'ann%C3%A9es%2C%20le%20pourcentage%20d'%C3%A9l%C3%A8ves,concern%C3%A9%20en%20d%C3%A9but%20de%206e.">Insee</a>). </li>



<li>Les troubles spécifiques &#8211; la dyslexie touche entre 5 % et 17 % de la population, selon les études (<a href="https://www.planetesante.ch/Magazine/Bebes-enfants-et-adolescents/Dyslexie/La-dyslexie-touche-5-a-10-de-la-population-mais-se-soigne">planetesante.ch</a>). </li>



<li>L’illettrisme &#8211; environ 10 % des adultes en France ont des difficultés durables de lecture et d’écriture (<a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/8177068">Insee</a>). </li>
</ul>



<p>Face à ces barrières, l’audiobook agit comme un passeur. Il ne remplace pas le livre papier, mais il offre une voie parallèle : on n’a pas besoin de maîtriser parfaitement l’écrit pour accéder à l’histoire, au style, à l’univers d’un auteur.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’expérience de l’écoute : entre performance et intimité&nbsp;</h2>



<p>Écouter un audiobook, ce n’est pas seulement transformer le texte écrit en son. C’est une expérience sensorielle et émotionnelle. </p>



<p>La voix du narrateur devient acteur, guide, parfois metteur en scène. Son intonation, son rythme, ses silences influencent notre perception du texte. Certaines productions vont plus loin, en intégrant bruitages et musiques, transformant l’audiobook en création hybride entre roman, théâtre et cinéma pour l’oreille.&nbsp;</p>



<p>Cette oralité réactive une mémoire archaïque : celle du conte, du récit transmis de bouche à oreille. Elle permet aussi une intimité particulière : un livre qu’on écoute seul, au casque, devient une voix qui nous parle directement, presque chuchotée. Là où la lecture est une activité solitaire et silencieuse, l’audiobook introduit une présence humaine. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Un outil d’inclusion et de liberté&nbsp;</h2>



<p>La force démocratisante des audiobooks se révèle dans leur capacité à inclure ceux que la lecture excluait.&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Pour les personnes malvoyantes, ils sont essentiels : écouter permet un accès direct aux textes contemporains, souvent en simultané avec leur sortie papier. </li>



<li>Pour les publics dyslexiques, ils offrent une alternative précieuse, évitant la fatigue cognitive liée au déchiffrage. </li>



<li>Pour les actifs pressés, ils permettent de « lire » dans les interstices du quotidien : transports, sport, cuisine, ménage. </li>



<li>Pour les jeunes éloignés de l’écrit, ils représentent une porte d’entrée vers la littérature, parfois plus ludique et immersive qu’un livre papier. </li>
</ul>



<p>Ainsi, loin de s’opposer au livre imprimé, l’audiobook agit comme un vecteur de transmission élargi. Il donne la possibilité d’entrer en littérature autrement.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un marché en plein essor mondial&nbsp;</h2>



<p>Le phénomène n’est pas marginal : c’est une industrie en pleine explosion.&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le marché mondial pesait 6,8 milliards USD en 2023 et pourrait atteindre 14 milliards en 2030, avec une croissance annuelle de plus de 10 % (<a href="https://actualitte.com/article/117608/economie/livre-audio-un-marche-de-14-milliards-en-2030">actuallitte.com</a>). </li>



<li>Au Royaume-Uni, les téléchargements d’audiobooks ont bondi de <strong>17 % entre 2022 et 2023</strong>, pour une hausse de revenus de 24 %<strong> </strong>(<a href="https://www.theguardian.com/books/article/2024/may/07/uk-audiobook-downloads-up-17-last-year-publishers-association-data-shows">The Guardian</a>). </li>



<li>En Allemagne, 46 % des lecteurs déclarent avoir écouté au moins un audiobook ou un podcast littéraire en 2024 (<a href="https://www.publishersweekly.com/pw/by-topic/industry-news/trade-shows-events/article/95933-international-audiobook-publishers-say-industry-is-strong-innovative.html?utm_source=chatgpt.com">publishersweekly.com</a>). </li>
</ul>



<p>En France, le format reste minoritaire mais progresse rapidement grâce à Audible, Spotify, Deezer, Storytel et aux initiatives des éditeurs. De plus en plus d’auteurs enregistrent eux-mêmes leurs œuvres, renforçant le lien entre texte et voix.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les critiques : lecture trahie ou lecture augmentée ?&nbsp;</h2>



<p>Tout n’est pas rose. Les audiobooks suscitent aussi des débats. Certains puristes estiment que l’écoute est une forme de lecture « passive », moins formatrice que la lecture silencieuse. Ils craignent une perte de concentration, une superficialité.&nbsp;</p>



<p>Mais les études en sciences cognitives nuancent ce discours : la compréhension et la mémorisation d’un texte sont proches, qu’on le lise ou qu’on l’écoute. L’expérience diffère, mais la richesse cognitive reste comparable (<a href="https://www.researchgate.net/publication/356615999_Listening_Ears_or_Reading_Eyes_A_Meta-Analysis_of_Reading_and_Listening_Comprehension_Comparisons">researchgate</a>).&nbsp;&nbsp;</p>



<p>D’autres critiques portent sur l’industrie : domination des grandes plateformes (Audible/ Amazon en tête), rémunération insuffisante des auteurs et menace que représentent les narrateurs synthétiques générés par l’intelligence artificielle. Là encore, la démocratisation se heurte aux logiques économiques.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">&nbsp;Lire demain : avec les yeux, avec les oreilles&nbsp;</h2>



<p>De&nbsp;<em>Dune</em>&nbsp;à Zola, de&nbsp;<em>Harry Potter</em>&nbsp;à Marguerite Duras, les audiobooks ouvrent un accès inédit à la littérature. Ils réconcilient publics empêchés et lecteurs pressés, redonnent vie aux classiques, amplifient les voix contemporaines.&nbsp;</p>



<p>Plutôt qu’un concurrent du livre papier, ils apparaissent comme un&nbsp;<strong>allié</strong>, prolongeant l’expérience de lecture dans nos vies saturées. Lire avec les oreilles, c’est renouer avec une oralité millénaire, et surtout, remettre la littérature à la portée de tous.&nbsp;</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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			</item>
		<item>
		<title>Weegee : l’œil et la plaie, une anatomie de la violence made in USA</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/weegee-photographie-violence-made-in-usa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Oct 2025 15:52:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vous avez visionné la série Monster: The Ed Gein story ? Alors une référence a peut-être dû vous accrocher la rétine : celle du photographe Weegee. Coïncidence ? Aucune. Si Ed Gein, le boucher de Plainfield, a incarné la monstruosité à l’état pur, Weegee en fut le chroniqueur avant l’heure, photographiant la photographié une Amérique qui jouit de sa propre violence. Là où Gein disséquait les corps, Weegee disséquait la...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-Weegee.jpg" alt="différents clichés de Weegee" class="wp-image-38345" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-Weegee.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-Weegee-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-Weegee-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>Vous avez visionné la série <a href="Monster: The Ed Gein story"><em>Monster: The</em> <em>Ed Gein story</em></a><em> ?</em> Alors une référence a peut-être dû vous accrocher la rétine : celle du photographe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Weegee">Weegee</a>. Coïncidence ? Aucune. Si Ed Gein, le boucher de Plainfield, a incarné la monstruosité à l’état pur, Weegee en fut le chroniqueur avant l’heure, photographiant la photographié une Amérique qui jouit de sa propre violence. Là où Gein disséquait les corps, Weegee disséquait la société — à coups de flash. Ce qui vaut bien un petit détour explicatif/analytique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Shooter le</strong><strong> crime</strong></h2>



<p>Commençons par le commencement. Qui était Weegee ? Arthur Fellig débarque dans le New York des années 1930, l’œil vissé à une <em><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Speed_Graphic">Speed Graphic</a></em>, une oreille branchée sur la fréquence de la police. Proto paparazzo avant l’invention du mot, ce chasseur d’ombres suit les sirènes des voitures pie avec acuité. Dormant dans sa voiture, il traque meurtres, accidents, incendies, tout ce qui témoigne du désastre urbain ambiant. Son nom de guerre, Weegee, vient du mot <em>ouija</em>, la planche qui permet d&rsquo;entrer en contact avec les défunts. Parfait pour celui qui semble deviner où frappera la mort, vu qu&rsquo;il arrive souvent sur les scènes de crime AVANT les flics.</p>



<p>Son terrain de jeu ? Manhattan by night, une vraie jungle où les rêves du New Deal s&rsquo;écrasent dans le sang. Weegee photographie les victimes étendues sur l’asphalte, les veuves en pleurs, les badauds fascinés. Il photographie surtout leur regard — celui des vivants qui scrutent le travail de la Faucheuse. C’est là sa modernité. Ses clichés exposent le voyeurisme collectif, la jouissance morbide qui colle à la peau de l’Amérique, nation brutale depuis le berceau. L’Amérique de la Bible et du colt, de la morale et du lynchage.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-613c4934d0c7f014e334ada2f83a85ac"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le spectacle du mal</strong></h2>



<p>La force de Weegee ? Il ne cherche jamais à enjoliver. Ses photos sont brutes, de véritables uppercut visuels. Les spectateurs de ses clichés — policiers, badauds, journalistes — sont fascinés par l’horrible, au même titre que les lecteurs de tabloïds, les spectateurs de télévision, les consommateurs de <em>true crime dont ils préfigurent l’émergence</em>. Avant la télé, avant Netflix, avant les podcasts criminels, Weegee invente la pulsion scopique américaine. Celle qui transforme la douleur en spectacle, la mort en marchandise.</p>



<p>C’est l’autre versant du rêve américain : pendant que les uns construisent des gratte-ciels, d’autres prennent des photos de cadavres. Quand on regarde une image comme <em>Coney Island, Sunday, 1940</em>, cette foule en transe sur la plage, on comprend que Weegee ne photographie pas seulement le crime, mais le vertige collectif. Il voit la ville comme un organisme vivant, haletant, hystérique, où la violence n’est pas l’exception, mais le rythme cardiaque.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’Amérique schizophrène</strong></h2>



<p>C’est ce que Brennan et Murphy ont compris en insérant Weegee dans leur série sur Ed Gein : le meurtrier et le photographe sont les deux faces d’un même pays. L’un agit, l’autre contemple. L’un tue, l’autre révèle. Mais tous deux participent à une mythologie où la violence devient un miroir identitaire. Les États-Unis se construisent sur un paradoxe : une nation puritaine obsédée par le péché, fascinée par le sang. Une société qui condamne la perversion tout en la vénérant dans ses fictions.</p>



<p>Weegee, sans le vouloir, met à nu cette contradiction. Ses photos montrent une humanité dévastée, qui trouve dans le crime un exutoire. Regardez ses clichés de couples endormis dans des cinémas miteux, de prostituées interpellées, d’enfants jouant à côté d’un cadavre : tout est là, la beauté et l’abjection. Une esthétique de la dissonance, qui inspire plus tard le film noir, le polar, et toute une lignée de créateurs, Kubrick, Warhol, Lynch, Cronenberg, Scorsese.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De l’instantané au mythe</strong></h2>



<p>Weegee ne se contente pas de capturer la réalité : il la théâtralise. Ses cadrages sont millimétrés, ses contrastes calculés. Le réel devient mise en scène. C’est pourquoi ses photos s’imposent aujourd’hui comme une préfiguration du cinéma américain moderne. Quand Kubrick tourne <em>Dr. Strangelove</em>, il s’inspire de Weegee pour créer son personnage halluciné — jusqu’à l’imiter dans son phrasé et son accent.</p>



<p>Plus tard, Warhol s’en servira comme icône du voyeurisme urbain. Dans le fond, Weegee est l’inventeur du “crime pop”, bien avant Tarantino. Il transforme le fait divers en art, le sordide en icône. Pas par cynisme, mais par lucidité. Parce qu’il a compris que l’Amérique ne pouvait pas se comprendre sans ses cadavres.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le voyeur et le miroir</strong></h2>



<p>Ce qui trouble, c’est que Weegee n’est pas un observateur neutre. Il rit, il provoque, il compose. Il se met parfois en scène, grimé, facétieux. Il aime ce qu’il fait, il en joue. Et c’est peut-être là que tout bascule : le photographe devient acteur du drame, le témoin s’avère complice. Cette complicité, c’est celle de toute une culture : celle du tabloïd, du fait divers, de la fascination pour la chute.</p>



<p>L’Amérique s’observe dans la mare de sang qu’elle a elle-même versée. Et Weegee lui tend le miroir. Aujourd’hui encore, ses images continuent de hanter les consciences. On les retrouve dans l’imaginaire des séries, des jeux vidéo, des blockbusters — jusque dans les reconstitutions de <em>true crime</em> où les morts sont rejoués comme des stars. Tout est spectacle. Tout est consommable.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La violence comme ADN</strong></h3>



<p>Ce que Weegee a photographié, ce n’est pas seulement la misère ou la criminalité : c’est la structure même du regard américain. Celui qui transforme la violence en produit culturel. Celui qui fabrique des héros à partir de meurtriers, de Bonnie &amp; Clyde à Ted Bundy. La série sur Ed Gein ne fait que prolonger cette fascination. On ne regarde plus la mort, on la scénarise, on la binge-watch.</p>



<p>Et c’est précisément parce que Weegee a su capturer cette pulsion — sans filtre, sans morale — qu’il reste aujourd’hui d’une actualité brûlante. Il nous rappelle que la violence, aux États-Unis, n’est pas un accident : c’est un langage, un imaginaire, une industrie. Et que derrière chaque flash, chaque cliché, chaque série Netflix sanglante, se cache toujours le même désir : celui de voir, encore et encore, la fin du rêve américain.</p>



<p>Weegee ne juge pas. Il montre. Et ce faisant, il met le doigt dans la plaie. Une plaie béante, qui ne s’est jamais refermée. Celle d’une nation née dans le sang et qui, pour ne pas sombrer, s’invente sans cesse de nouvelles mythologies violentes. Il y a dans chaque photo de Weegee une vérité que l’Amérique n’a jamais voulu entendre : sa violence n’est pas un dysfonctionnement, c’est son moteur.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Monster : The Ed Gein story &#8230; ce que mérite l’Amérique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-monster-ed-gein-story/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Oct 2025 11:35:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous avions littéralement dévoré Monster 1 et 2, respectivement consacrés aux parcours meurtriers de Jeffrey Dahmer et des frères Menendez. Autant vous dire que l’annonce du troisième volet de la série dédié à Ed Gein nous a mis sur les dents. 2 octobre 2025 : lancement des épisodes ; 3 octobre début du visionnage ; 5 octobre, bouclage du visionnage ; 6 octobre revisionnage du Silence des agneaux. Ça vous l’a...</p>
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<p>Nous avions littéralement dévoré <em>Monster 1 </em>et<em> 2</em>, respectivement consacrés aux parcours meurtriers de <a href="https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/">Jeffrey Dahmer</a> et des <a href="https://www.theartchemists.com/serie-menendez/">frères Menendez</a>. Autant vous dire que l’annonce du troisième volet de la série dédié à Ed Gein nous a mis sur les dents. 2 octobre 2025 : lancement des épisodes ; 3 octobre début du visionnage ; 5 octobre, bouclage du visionnage ; 6 octobre revisionnage du <em>Silence des agneaux</em>. Ça vous l’a fait aussi ? Normal. Le binôme Murphy/Brennan a, comme à son habitude et avec la maestria qu’on lui connaît, exploré comment une histoire sordide a engendré un mythe. Avec en toile de fond une réflexion sur ce mérite l’Amérique de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=trump">Trump</a>. Et cela n’a rien de glorieux.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="MONSTER: The Ed Gein Story | Official Trailer | Netflix" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/EDBmpfbnLGk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Atrocités de proximité</h2>



<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ed_Gein">Ed Gein</a> donc : un discret fermier issu de l’Amérique profonde, coincé entre les interdits érigés par une mère castratrice avec laquelle il tisse une relation fusionnelle au-delà du concevable et des fantasmes de dépeçage et de nécrophilie. Maman meurt : Ed, dévasté, perd son seul garde-fou (dans tous les sens du terme) et passe à l’acte, depuis le viol de cadavres jusqu’au meurtre en passant par la fabrication de meubles en peau et os humains.</p>



<p>Les flics qui vont finalement l’appréhender auront du mal à s’en remettre. Les médias se saisiront de cette affaire qui aura un écho international&nbsp;: dans les années 50 en voie de rémission après une seconde guerre mondiale horrifique, on n’imagine même pas qu’un Ed Gein puisse exister et commettre semblables atrocités dans sa cuisine à proximité du centre d’une petite ville du Wisconsin où tout le monde se connaît. Et pourtant…</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-52e16958271510901ae7bfffe1f746a7"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<h2 class="wp-block-heading">Autopsier la psyché américaine</h2>



<p>Cette histoire va s’enraciner dans la culture américaine, influençant des générations de tueurs en série qui rendront hommage à Gein comme à la matrice originelle de leurs barbaries, ET une floppée de réalisateurs s’emparant de ce fait divers pour le raconter en sanglantes images qui vont transformer le cinéma (à moins que ça soit l’inverse ?). <em>Psychose</em> d’<a href="https://www.theartchemists.com/film-hitchcock-mythe-cinematographique/">Hitchcock</a>, <em>Massacre à la tronçonneuse</em> de Hopper, <em>Le Silence des agneaux</em> de Demme : trois monuments filmiques, trois séismes artistiques, trois grandes mutations dans le regard des spectateurs.</p>



<p>Pas étonnant que Murphy/Brennan, qui, rappelons-le, ont accouché de la superbe minisérie<a href="https://www.theartchemists.com/hollywood-coup-pied-fourmiliere-cinema/"> <em>Hollywood</em></a>, se penchent sur le devenir de la fable Ed Gein, ajoutant au passage des clins d’œil à <em>Maniac</em> ou <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-mindhunter/">Mindhunter</a></em>. Désireux qu’ils sont d’autopsier la psyché américaine dans ce qu’elle a de plus tortueux, de plus vénéneux, ils ne pouvaient ignorer pareille source. Encore moins la raconter sans y mêler esthétique, humanité et poésie (la déclinaison à l’œuvre dans la saga <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=American+Horror+Story">American Horror Story</a></em>).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pénétrer la réalité d’une démence</h2>



<p>Teintes verdâtres et lumières tamisées, nuances de cadavre en putréfaction, gros plans sur les mains qui caressent les chairs mortes, les doigts qui cousent des peaux de femme, les pupilles qui se dilatent devant des images de sévices, Murphy/Brennan mettent en scène l’atroce du point de vue d’un Gein bercé/rongé par ses visions, ses angoisses, ses désirs. C’est aussi insupportable que superbe, poignant même, et particulièrement perturbant. Car, ce faisant, Murphy/Brennan nous rappellent que ce type martyrisé par une mère fanatique et elle-même dérangée, souffrait de schizophrénie.</p>



<p>Ne pas excuser, ne pas magnifier, pénétrer la réalité d’une démence. Facile à dire, plus compliqué à faire&nbsp;: Charlie Hunnam campe un Ed Gein contre toute attente charismatique, dont on n’arrive jamais à déterminer s’il est un peu benêt ou profondément manipulateur. Autour de lui une palette d’acteurs également impliqués, dont Tom Hollander en Hitchcock dévoré par le monstre filmique qu’il engendre, Will Brill, frénétique Tobe Hopper, ou Vickie Krieps, terrifiante Ilse Koch. Le casting est impressionnant, de même le travail de reconstitution des décors et des costumes, les effets spéciaux, les maquillages, la photographie, les cadrages, le montage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Gein, miroir intemporel des peurs de l’Amérique</h2>



<p>Effet d’harmonie pour conter le chaos d’un esprit médiocre rongé de démence et évoluant dans un monde parallèle et mortifère où la violence perturbe les genres. Avec <em>Monster : The Ed Gein story</em>, Murphy/Brennan ajoutent leur pierre à l’édifice qu’ils tentent de démonter. Ironie du sort : si, comme le dit si bien Hopper, Gein inspire les films que l’Amérique mérite, tendant ainsi un miroir à ses terreurs le plus profondes (menace nucléaire, guerre du Vietnam, crise économique…), alors quelles peurs modernes ce nouvel opus de la série <em>Monster</em> dénoncent-elles ?</p>



<p>Les USA de Trump, masculinistes, fondamentalistes et rétrogrades, s’acharnent sur les opposants, les migrants, les femmes, les homosexuels, les transsexuels. Schizophrénique, le pays de la démocratie tourne à la dictature à coup de censure et de discrimination. Combien de Ed Gein à la clé de cette plongée dans les eaux troubles du rigorisme religieux où il ne fait pas bon être une femme ou avoir changé de sexe ? Gein, obsédé par le corps des femmes au point de leur arracher la peau pour s’en faire un costume, s’en masquer le visage, n’est pas le transsexuel frustré qu’on a imaginé mais un gynéphile tellement obsédé par la féminité qu’il la pénètre intégralement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Homme parasite et fascination du true crime</h2>



<p>La démembre, l’écorche, la recompose à sa façon pour s’y glisser et y vivre. Peau d’Âne version homme, Hercule recouvert d’une défroque féminine : un homme parasite, adulescent qui détruit les femmes jusqu’à s’emparer de leur être, de leur visage, de leurs formes. Plus qu’un boucher, un ogre mu par ses hallucinations, ses pulsions et qui pour jouir a besoin d’une femme froide, silencieuse, soumise. Morte. Aucun recul, pas de remord, le regard absorbé par les magazines illustrant la barbarie nazie sous toutes ses formes.</p>



<p>Difficile de ne pas faire le lien avec le règne des images modifiées par l’IA, images qui inondent nos fils d’actu et entretiennent notre FOMO. La référence à Weegee, photographe new-yorkais qui a dépeint la vie nocturne de Big Apple y compris ses côtés scabreux et sanglants n’est pas anodine. La fascination de Gein et de sa petite amie pour les scènes de meurtre non plus. Alors que le <a href="https://www.theartchemists.com/?s=true+crime">true crime</a> est plébiscité, Murphy/Brennan interrogent cette fascination malsaine et le business qu’elle génère, l’effet Ed Gein qu’elle alimente.</p>



<p>Certains diront que la série, composée de huit épisodes, est trop longue, chronologiquement bordélique. C’est qu’il ne s’agit guère de raconter des faits qui tiennent sur un timbre-poste ou presque. D’ed gein en soi, il y a peu à dire sinon que c’était un tueur dément. Mais c’est l’impact durable qu’il a sur la mémoire américaine qu’il imposte ici d’ausculter. Et la love story sado-maso des USA pour le boucher de Planinfield a de quoi interpeler les consciences. Ce que Murphy/Brennan font avec beaucoup de pertinence et un plaisir non feint.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>La bande dessinée, ce n’est pas (que) pour les enfants !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/bd-9eme-art/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Benjamin Getenet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Aug 2025 10:16:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38259</guid>

					<description><![CDATA[<p>On a beau l’appeler le 9e art, la bande dessinée traîne encore un malentendu : “c’est pour les petits”, “ce n’est pas de la vraie littérature”, “ça se lit trop vite”. Or la BD n’est pas un genre mineur, loin s’en faut : c’est un médium complet, avec ses règles, ses codes, ses écoles, ses chefs-d’œuvre adultes — intimes, politiques, philosophiques. Explications. D’où vient l’idée fausse que “la BD, c’est...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-BD-pour-adultes.jpg" alt="" class="wp-image-38260" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-BD-pour-adultes.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-BD-pour-adultes-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-BD-pour-adultes-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>On a beau l’appeler le 9e art, la bande dessinée traîne encore un malentendu : “c’est pour les petits”, “ce n’est pas de la vraie littérature”, “ça se lit trop vite”. Or la BD n’est pas un genre mineur, loin s’en faut : c’est un médium complet, avec ses règles, ses codes, ses écoles, ses chefs-d’œuvre adultes — intimes, politiques, philosophiques. Explications.</p>



<h2 class="wp-block-heading">D’où vient l’idée fausse que “la BD, c’est pour les enfants” ?</h2>



<p>C’est la première question à se poser. Historiquement, l’essor de la BD en Europe francophone s’est fait via la presse jeunesse (les magazines <em>Spirou</em>, <em>Tintin</em>, etc.). En France, l’après-guerre voit se développer une production cadrée par l’idée d’éduquer et distraire la jeunesse ; la loi de 1949 sur les publications destinées à ce public a aussi contribué à coller au médium une image “morale” et infantile. Pendant ce temps, les comics américains se battaient contre d’autres préjugés (violence, “pulp”), et les mangas japonais se structuraient en catégories de publics (shōnen, shōjo, seinen, josei…).</p>



<p>Sauf que, dès les années 1970-1980, la BD éclate son cadre : autobiographie, reportage, politique, expérimentation formelle, roman graphique… Les festivals, Angoulême notamment, les librairies spécialisées, les prix littéraires, l’entrée de la BD à l’université ont consolidé ce basculement. Aujourd’hui, nier sa maturité revient à ignorer un demi-siècle de création foisonnante. Et des œuvres phares comme <em>Maus </em>ou <em>Persepolis</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Maus</em> et <em>Persepolis&nbsp;:</em><em> </em><em>des œuvres phares aussi</em> puissantes que des “grands” romans</h2>



<p>Ce sont les deux exemples incontournables, fondateurs.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Maus</em> (Art Spiegelman)&nbsp;: la mémoire, l’allégorie et la page comme chambre d’écho</h3>



<p><em>Dans Maus,</em> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Art_Spiegelman">Spiegelman</a> raconte l’Holocauste à travers le témoignage de son père, en représentant les peuples par des animaux (Juifs-souris, Nazis-chats…). Et c’est une véritable gifle pour le lecteur à plus d’un titre.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>L</strong>e double temps narratif &#8211; On lit à la fois le passé (survie dans l’Europe nazie) et le présent (le fils qui interroge le père). Cette mise en abyme donne à voir la mémoire en train de se fabriquer, comme un roman polyphonique.</li>



<li>L’allégorie efficace &#8211; L’animalisation n’infantilise pas, elle aiguise la lecture en rendant visibles les mécanismes de déshumanisation.</li>



<li>Le montage texte-image &#8211; La BD exploite le gutter (l’espace entre les cases), la composition de planche et l’économie de traits qui laisse résonner l’horreur sans l’illustrer de façon obscène.</li>



<li>L’éthique &#8211; <em>Maus</em> n’idéalise pas ses témoins ; il montre la complexité, la culpabilité, les silences. On est ici dans la même ambition que le grand roman mémoriel : comprendre l’humain face au tragique.</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Persepolis</em> (Marjane Satrapi)&nbsp;: Grandir, se politiser, se raconter</h3>



<p>Avec <em>Persepolis</em>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marjane_Satrapi">Satrapi</a> retrace son enfance et sa jeunesse entre Iran et Europe, sur fond de révolution et de guerre. Là aussi, effet coup de poing pour le lecteur.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Graphisme minimal, effet maximal &#8211; Le noir et blanc dépouillé, lisible par tous, universalise l’expérience. Comme chez certains romanciers minimalistes, l’économie de moyens intensifie l’émotion.</li>



<li>Voix singulière &#8211; La voix off et les dialogues courts composent un “je” narratif d’une grande précision ; c’est de l’autobiographie littéraire à part entière.</li>



<li>Politique incarnée &#8211; Les enjeux historiques (idéologie, censure, exil) sont incarnés dans un corps et une famille. La BD ici n’illustre pas la politique : elle la vit, case après case, au rythme du quotidien.</li>
</ul>



<p>En bref : dans <em>Maus</em> comme dans <em>Persepolis</em>, l’alliance texte/image n’appauvrit pas le récit : elle multiplie les canaux. Le dessin donne du temps au lecteur (on ralentit, on observe), les ellipses entre les cases créent du sens que le cerveau comble (ce que Scott McCloud appelle la “clôture”). C’est une forme exigeante, pas une béquille.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trois BD qui ont révolutionné la narration visuelle</h2>



<p>Vous doutez encore&nbsp;? J’en remets donc une couche avec ces trois titres qui ont chamboulé les codes narratifs en profondeur.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Watchmen</em> (Alan Moore &amp; Dave Gibbons, 1986-87) — L’algèbre de la planche</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li>Ce que ça change. La grille 3×3 (neuf cases) sert de métronome au récit. Elle permet des contrepoints, des symétries (chapitre “Fearful Symmetry”), des rimes visuelles et verbales.</li>



<li>Pourquoi c’est décisif. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alan_Moore">Moore</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dave_Gibbons">Gibbons</a> utilisent la BD comme système : documents intradiégétiques (coupures, dossiers), montages parallèles (récit de pirates/actualité), symboles récurrents (sang sur le smiley).</li>



<li>Conséquence. <em>Watchmen</em> montre qu’on peut écrire une œuvre totale en bande dessinée : politique, philosophique, formellement ambitieuse, sans renoncer à la lisibilité.</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Akira</em> (Katsuhiro Otomo, 1982-90) — Le cinéma imprimé</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li>Ce que ça change. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Katsuhiro_%C5%8Ctomo">Otomo</a> impose une cinétique inédite : vitesse, onomatopées intégrées au décor, plans larges urbains hallucinants, “décompression” (une action sur plusieurs pages) qui donne du souffle.</li>



<li>Pourquoi c’est décisif. <em>Akira</em> prouve que la BD peut offrir une expérience sensorielle rivalisant avec le cinéma : le lecteur “entend” la ville, “ressent” la course, “voit” l’explosion.</li>



<li>Conséquence. L’ouvrage a internationalisé le manga adulte et influencé autant la SF que le game design et la mode.</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Building Stories</em> (Chris Ware, 2012) — Le livre éclaté</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li>Ce que ça change. Ce n’est pas un volume, mais une boîte renfermant fascicules, journaux, leporellos, planches cartonnées. La forme matérielle devient narration : on lit dans l’ordre qu’on veut, on habite l’immeuble du titre.</li>



<li>Pourquoi c’est décisif. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chris_Ware">Ware</a> montre que la BD peut architecturer le temps, l’espace et la mémoire avec une précision micrométrique : typographies, couleurs, diagrammes, silences.</li>



<li>Conséquence. On ne “feuillette” plus une histoire : on compose sa lecture. La BD s’affirme comme art de l’édition au sens fort.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Comics, mangas, BD franco-belge : quel style vous correspond ?</h2>



<p>Pas besoin de choisir un “camp” : ce sont trois traditions avec des formats, des rythmes et des imaginaires différents. Voici un guide express — et quelques portes d’entrée adultes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Comics (États-Unis)</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li>Format. Œuvres sérialisées en issues (24-32 pages), puis rassemblées en trade paperbacks ; couleurs fréquentes.</li>



<li>Rythme. Narration souvent dense, dialogues nombreux, découpage fonctionnel.</li>



<li>Imaginaires. Au-delà des super-héros, des terres immenses : polar, SF, autobiographie, reportage.</li>



<li>Pour commencer ? <em>Watchmen</em> (moitié essai, moitié thriller), <em>Fun Home</em> (Alison Bechdel, memoir), <em>Sandman</em> (Neil Gaiman, mythes), <em>Saga</em> (space opera familial), <em>Department of Truth</em> (théories du complot).</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">Mangas (Japon)</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li>Format. Parution en magazines, puis tankōbon ; lecture droite-gauche ; souvent en noir et blanc ; tempo dit “décompressé” (l’action respire).</li>



<li>Rythme. Très cinématographique (plans, vitesse, son).</li>



<li>Imaginaires. Extrêmement variés ; segmentation par publics (shōnen, seinen…).</li>



<li>Pour commencer ? <em>Akira</em> (Katsuhiro Otomo, SF urbaine), <em>Monster</em> (Naoki Urasawa, thriller moral), <em>La Cantine de minuit</em> (Yaro Abe, douceur sociale), <em>Où la lumière est</em> / <em>Bonne nuit Punpun</em> (Inio Asano, drames contemporains).</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">Franco-belge (Europe francophone)</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li>Format. L’“album” (souvent ~48 pages), puis romans graphiques plus volumineux ; couleurs fréquentes et grand format.</li>



<li>Rythme. Grande variété : du gag à la page au récit long, de l’aventure au carnet de voyage.</li>



<li>Imaginaires. Écoles réalistes, ligne claire, expérimentations.</li>



<li>Pour commencer ? <em>Les Cités obscures</em> (Peeters/Schuiten), <em>L’Arabe du futur</em> (Riad Sattouf), <em>Blacksad</em> (Díaz Canales/Guarnido), <em>L’Ascension du Haut Mal</em> (David B.), <em>Quartier lointain</em> (Taniguchi, certes japonais mais très prisé en franco-belge).</li>
</ul>



<p><strong>Astuce pour choisir :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Vous aimez les univers interconnectés et les systèmes narratifs ? Allez vers les comics.</li>



<li>Vous préférez la mise en scène et l’immersion rythmique ? Essayez les mangas.</li>



<li>Vous êtes sensible à l’objet-livre, au grand format, à la palette graphique ? Plongez en franco-belge (et romans graphiques).</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">Bonus Lire “en adulte” : quelques clefs pour mieux savourer la BD</h3>



<ol class="wp-block-list">
<li>Regarder la page avant la case. Une planche est un tout : lignes de force, masses, couleurs… C’est l’équivalent de la syntaxe au roman.</li>



<li>Écouter le silence. Le gutter et les ellipses demandent de reconstruire : c’est là que se loge l’émotion, le temps qui passe, l’indicible.</li>



<li>Repérer les motifs. Un objet, une couleur, une pose récurrente = rime visuelle. Comme un leitmotiv musical, ça crée de la profondeur.</li>



<li>Accepter les vitesses variables. Une page d’action se lit vite ; une page contemplative ralentit. On ne mesure pas une BD au nombre de mots, mais à la densité d’expérience.</li>



<li>Ne pas s’auto-censurer. Il existe des BD sur tout : de la micro-histoire familiale au reportage de guerre, de l’ésotérisme à la cuisine, de la philosophie aux sciences. Cherchez par thèmes, pas par préjugés.</li>
</ol>



<p>La littérature n’est pas définie par la pauvreté ou la richesse de mots, mais par sa capacité à produire du sens. La BD n’est pas un roman avec des images : c’est un langage spécifique, où le texte (quand il existe) et l’image co-signent la narration. Comme le cinéma n’est pas du théâtre filmé, la BD n’est pas un livre “avec des dessins”. C’est un art d’écriture.</p>



<h2 class="wp-block-heading">En conclusion&nbsp;?</h2>



<p>Non, la BD n’est pas (que) pour les enfants. Elle sait témoigner, penser, expérimenter, émouvoir — parfois mieux que des romans réputés “sérieux”. Si <em>Maus</em> et <em>Persepolis</em> tiennent tête aux classiques, si <em>Watchmen</em>, <em>Akira</em> et <em>Building Stories</em> redéfinissent la grammaire visuelle, c’est que la BD est un atelier d’inventions où la page n’est jamais un simple support : c’est une machine à raconter. La question n’est plus “la BD est-elle légitime ?”, mais “par où commencer ?”. Bonne nouvelle : partout.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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			</item>
		<item>
		<title>Série « Une amie dévouée » : anatomie d’une mythification</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-amie-devouee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Jun 2025 15:31:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il était une fois Christelle. Allure de rockeuse, revendiquée manageuse rock, un sens acéré de la psychologie. Et touchée de plein fouet par les attentats du 13 novembre&#160;: son petit ami était au Bataclan, il est dans le coma, sur un lit d’hôpital. Voici comment Christelle va entrer dans la vie de plusieurs rescapés du massacre. Pour les aider, les écouter, les épauler. Et les tromper car Christelle n’est rien...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Il était une fois Christelle. Allure de rockeuse, revendiquée manageuse rock, un sens acéré de la psychologie. Et touchée de plein fouet par les attentats du 13 novembre&nbsp;: son petit ami était au Bataclan, il est dans le coma, sur un lit d’hôpital. Voici comment Christelle va entrer dans la vie de plusieurs rescapés du massacre. Pour les aider, les écouter, les épauler. Et les tromper car Christelle n’est rien de tout ce qu’elle prétend. Voici la trame du foudroyant <em>Une amie dévouée</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Une Amie Dévouée | Teaser Officiel | Laure Calamy / Arieh Worthalter" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/oIbCoEB0LQA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Quête de reconnaissance</h2>



<p>Adaptée du livre <em>La mythomane du Bataclan d’</em>Alexandre Kauffmann, la série <em>Une amie dévouée </em>détaille les mécanismes d’un mensonge. Un mensonge ancré dans une faille psychique. Christelle n’en est pas à son coup d’essai, elle a déjà monté des escroqueries, c’est une menteuse compulsive et experte. Ici nous la voyons d’abord plonger dans la sidération des attentats (nous l’avons toutes et tous été)&nbsp;; mais très vite elle se reprend, parce qu’elle comprend comment elle peut exploiter cet événement à son avantage. Les rouages de la mystification se mettent alors en place à une allure folle.</p>



<p>De séquence en séquence, on voit Christelle tisser sa toile, repérer ses victimes, prendre contact, monter un scénario qu’elle enrichit d’échange en échange, recouper les informations pour ne pas se trahir. Elle s’invente un fiancé de toute pièce, crée un faux profil sur Facebook, petit à petit s’impose comme un pilier dans cette petite communauté traumatisée qui cherche à survivre et qu’elle aide au quotidien. Altruiste en apparence, en vérité en quête de fric, d’un job, d’un appart… et d’un statut. D’une reconnaissance. D’amour.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un personnage aussi détestable que pathétique</h2>



<p>Il faudra un certain temps pour la percer à jour. Un moment poignant car cette héroïne hors normes est aussi détestable que pathétique. L’impression est étrange, malsaine, perturbante. Cette fille est-elle responsable, malade&nbsp;? Avec beaucoup de talent et un sens consommé de la nuance, Laure Calamy prête à ce personnage retors une intensité, une énergie qui vacille entre résilience et destruction. Chaque regard, chaque attitude laisse deviner une névrose, un trouble mental profondément ancré, une absence de limites, de morale.</p>



<p>Et une sacrée efficacité ; c’est d’ailleurs là qu’on perd pied car c’est un immense gâchis. Cette fille a tout pour réussir, un talent rare pour la communication, des compétences évidentes pour l’événementiel, une connaissance pointue de la scène rock. Mais elle ne peut s’empêcher de manipuler. Empathie perverse de la prédatrice qui se nourrit de la détresse de ses proies. La série ne moralise pas, ne dit pas si c’est bien ou mal, elle montre, avec une mise en scène au cordeau signée Just Philippot, énergique, nerveuse qui souligne la vitesse vertigineuse avec laquelle Florence s’infiltre dans les consciences.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-258807c443cfbbc639a113022f52d32b" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>A lire également</p>



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<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-novembre/">Novembre : 100 minutes d’urgence absolue</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-attentat-bataclan/">Les ombres du Bataclan : un documentaire en forme d’état des lieux</a></li>
</ul>
</div></div>



<p>Et embarquer tous ces gens dans ses mensonges, pour mieux les vampiriser. On s’identifie forcément&nbsp;: toutes et tous, nous avons été touché.es par cet événement atroce. Toutes et tous, nous aurions pu être tompé.es par une Christelle. Là aussi, la série <em>Une amie dévouée</em> fait mouche en soulignant une atmosphère de chaos propice à ce type de déviance&nbsp;: survivants, profiteurs, rescapés, faux amis, vrais salauds : tout se mélange. Et peut-être que c’est ça, le pire.</p>



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<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<item>
		<title>Trump vs la culture, l’art et l’éducation : tableau critique d’un torpillage artistique intensif</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/trump-culture/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Mar 2025 10:24:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37899</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les articles sur l’actu à chaud, c’est pas forcément notre truc. Mais quelquefois ça a du bon. Je profite donc de la chronique sur le documentaire Opération Trump pour revenir un instant sur le travail de sape culturelle que la figure de proue des MAGA a accompli depuis son retour à la tête des USA. Un travail de sape déjà bien bien entamé via une série de décisions et d’actions...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/03/The-ARtchemists-trump-vs-la-culture.jpg" alt="" class="wp-image-37900" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/03/The-ARtchemists-trump-vs-la-culture.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/03/The-ARtchemists-trump-vs-la-culture-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/03/The-ARtchemists-trump-vs-la-culture-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Les articles sur l’actu à chaud, c’est pas forcément notre truc. Mais quelquefois ça a du bon. Je profite donc de la chronique sur le documentaire <em>Opération Trump</em> pour revenir un instant sur le travail de sape culturelle que la figure de proue des MAGA a accompli depuis son retour à la tête des USA. Un travail de sape déjà bien bien entamé via une série de décisions et d’actions coup de poing qui remodèlent («&nbsp;bousillent», faut appeler un chat un chat) le paysage culturel et artistique des États-Unis. Avec des effets délétères qui dégagent une odeur de souffre fasciste et pas mal de questions de survie artistique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Haro sur le monde de la culture et de l’art made in USA</h2>



<p>Les mesures adoptées manu militari et tout en muscle par Trump et ses séides pour démanteler le tissu créatif américain suivent un process méthodique. Objectif&nbsp;: on tire à vue sur tout ce qui ressemble à de la diversité. Concrètement ça donne quoi&nbsp;?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>L</em></strong><strong><em>a r</em></strong><strong><em>éduction du soutien fédéral aux arts </em></strong><strong><em>(je traduis&nbsp;: on coupe les vivres)</em></strong></h3>



<p>Trump a réduit les financements pour les arts en modifiant les priorités budgétaires des agences fédérales, notamment le National Endowment for the Arts (NEA). Dans son nouveau plan budgétaire, il a redirigé les fonds vers des projets conservateurs qui reflètent sa vision politique. Un exemple selon le site <a href="https://www.axios.com/2025/02/06/trump-national-endowment-arts-grants?utm_source=chatgpt.com">Axios.com</a>&nbsp;? «&nbsp;<em>The National Endowment for the Arts (NEA) is prioritizing grants to arts organizations that « celebrate and honor the 250th anniversary of the signing of the Declaration of Independence, » per an agency email obtained by Axios.&nbsp;</em>» (Le National Endowment for the Arts (NEA) donne la priorité aux subventions accordées aux organisations artistiques qui « célèbrent et honorent le 250e anniversaire de la signature de la Déclaration d&rsquo;indépendance », selon un courriel de l&rsquo;agence obtenu par Axios.) Cette réallocation des ressources met en péril de nombreuses initiatives culturelles qui favorisent la diversité, l&rsquo;inclusion et l&rsquo;art non conventionnel.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>La dissolution du comité pour les arts et les sciences humaines (je traduis&nbsp;: les musées sont mis en coupe réglée, des expos annulées par dizaines)</em></strong></h3>



<p>Le Comité présidentiel pour les arts et les sciences humaines (PCAH) a été dissous en janvier 2025, annulant ainsi une initiative clé qui conseillait le président sur les politiques culturelles. Ce comité soutenait les projets artistiques fédéraux, mais Trump a opté pour la suppression de cet organisme, réduisant l&rsquo;impact des conseils sur la direction artistique nationale. Le site <a href="https://www.beauxarts.com/grand-format/expos-annulees-programmes-supprimes-les-purges-de-trump-dans-le-milieu-de-lart-americain/">beauxarts.com</a> précise&nbsp;: «&nbsp;<em>Dès le 23&nbsp;janvier dernier, la National Gallery of Art de Washington a été contrainte de mettre fin à tous ses programmes de diversité (présentés comme sa priorité en 2021) et de fermer son bureau d’appartenance et d’inclusion. Même chose, dès le 28&nbsp;janvier, pour la Smithsonian Institution à Washington, qui regroupe 21&nbsp;centres de recherche et musées de la ville, dont le National Museum of African American History and Culture.&nbsp;</em>»</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>La prise en main du</em></strong><strong><em> Kennedy Center </em></strong><strong><em>(je traduis&nbsp;: on noyaute les grandes institutions culturelles et on les met au pas)</em></strong></h3>



<p>Comme l’explique <a href="https://www.liberation.fr/culture/scenes/la-comedie-musicale-hamilton-annule-ses-representations-au-kennedy-center-dont-donald-trump-a-pris-le-controle-20250306_3JWBJ7GY5JFAJBBEEUVAF7AXEI/">Libératio</a>n, «&nbsp;<em>Donald Trump a pris par surprise la tête du conseil d’administration&nbsp;du Kennedy Center le mois dernier, une décision qui a </em><em>profondément </em><em>choqué le monde de la culture </em><em>(et ça se comprend)</em><em>. Fondée en&nbsp;1971, cette institution accueille deux millions de visiteurs par an ainsi que plus de 2&nbsp;200 performances et expositions. Mais </em><em>Trump</em><em> a </em><em>décidé de changer les choses à sa manière car </em><em>en&nbsp;2023,&nbsp;«le Kennedy Center a présenté un spectacle de drag-queens visant spécifiquement notre jeunesse». Il a ainsi promis une nouvelle programmation qui&nbsp;«ne sera pas woke</em>».Ce geste a été interprété comme un signe de contrôle sur les formes d&rsquo;expression culturelle jugées non conformes à son idéologie. Exit donc les spectacles de drag queens au Kennedy Center… et dans d’autres institutions qui ont suivi le mouvement.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>Le d</em></strong><strong><em>émantèlement de</em></strong><strong><em>s équipes dirigeantes des institutions </em></strong><strong><em>(je traduis&nbsp;: on place à la tête des infrastructures des personnes qui nous sont dévouées et qui feront ce qu’on ordonnera sans rechigner)</em></strong></h3>



<p>Ces mesures s’accompagne bien évidemment d’une refonte brutale des équipes directrices. Trump modifie les gouvernances de lieux culturels à qui mieux mieux, virant les membres jugés progressistes, imposant une programmation plus conservatrice, dixit <a href="https://apnews.com/article/trump-kennedy-center-board-chairman-firings-21cd0018c6e9f591d59becea8573d8c0">Apnews</a> à propos du Kennedy Center déjà cité : « <em>President Donald Trump says he is firing members of the board of trustees for the John F. Kennedy Center for the Performing Arts and naming himself chairman</em>» (Le président Donald Trump a annoncé qu&rsquo;il renvoyait les membres du conseil d&rsquo;administration du John F. Kennedy Center for the Performing Arts et qu&rsquo;il se nommait lui-même président).<br />.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>La c</em></strong><strong><em>ensure et </em></strong><strong><em>l’intimidation dans le domaine du livre (je traduis&nbsp;: on fait en sorte que les livres qui ne vont pas dans le sens de notre idéologie ne voient JAMAIS le jour)</em></strong></h3>



<p>Les politiques de Trump incluent aussi des formes de censure implicite, en particulier en matière de politique sociale et de représentation de certains groupes. Le monde de l’édition est frappé de plein fouet comme en témoigne cet article du journal <a href="https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2025/03/09/aux-etats-unis-le-monde-du-livre-sous-les-assauts-de-la-censure-trumpienne_6577400_4500055.html">Le Monde</a> : « <em>Encouragées par la Maison Blanche, les campagnes d’intimidation visant les librairies et les bibliothèques ont pris une nouvelle ampleur. Leur objectif, bannir des rayonnages les ouvrages sur la sexualité, l’identité de genre ou traitant de la lutte contre les discriminations. La crainte est forte que les éditeurs renoncent à publier certains auteurs.</em> »</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em><strong>Les pleins pouvoirs sur l’architecture officielle (je traduis : maintenant nos villes vont ressembler à ce que nous pensons être le mieux, le plus convenable, le plus approprié, le plus représentatif de la grandeur américaine)</strong></em></h3>



<p>La volonté de torpiller la culture et l’art touche également l’architecture. Comme le souligne un article de <a href="https://www.beauxarts.com/grand-format/aux-etats-unis-donald-trump-impose-par-decret-une-architecture-traditionnelle-et-classique/">beauxarts.com</a>&nbsp;: «&nbsp;le nouveau président des États-Unis Donald Trump a inauguré son mandat par la signature de nombreux décrets, dont un visant à imposer un certain style d’architecture aux bâtiments publics américains. Baptisé «&nbsp;Promouvoir une belle architecture civique et fédérale&nbsp;», ce dernier ordonne que les futurs bâtiments publics recourent à une architecture «&nbsp;traditionnelle, régionale et classique&nbsp;» afin de redonner sa «&nbsp;noblesse&nbsp;» à la nation américaine&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un démantèlement méthodique et expéditif</h2>



<p>Investiture le 20 janvier 2025. A peine deux mois plus tard, l’ensemble des structures culturelles américaines est touché en profondeur. En parallèle, les mesures visant à protéger l’environnement, les politiques sociale et d’intégration subissent le même sort. Le démantèlement de la fresque « Black lives matter » symbolise cette politique d’effacement menée de manière expéditive pour revenir au modèle d’une Amérique WASP où il ne fait pas bon être de couleur, femme, queer, athée ou autre que protestant et pauvre.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em><strong>Culture et patriotisme</strong></em></h3>



<p>Au cœur du non-programme culturel de Trump, la tradition et l’histoire de l’Amérique blanche. Dans ses discours comme dans ses actions, Trump fait le lien entre culture et patriotisme. Sa vision de l&rsquo;art valorise clairement l’identité nationale, au détriment des tendances artistiques contemporaines ou progressistes. Sa politique culturelle s’inscrit donc dans une logique de défense des « valeurs traditionnelles » de l&rsquo;Amérique, excluant souvent les expressions artistiques qui, selon lui, remettent en question ces valeurs. Expressions artistiques actuellement mises à mal par les récentes décisions.<strong> </strong>Nous avons évoqué les secteurs impactés, l’architecture étant un exemple particulièrement frappant de cette politique rétrograde. Une autre facette est révélatrice : la conception pour le moins rétrograde de l&rsquo;éducation artistique et des subventions fédérales pour les arts.</p>



<p>Sous sa première administration déjà, Trump avait tenté à plusieurs reprises de réduire ou d’éliminer le financement de certaines initiatives éducatives en lien avec l’art et la culture, notamment celles qui soutiennent les programmes d&rsquo;arts dans les écoles publiques.Dans le cadre de son budget proposé pour 2018, il avait proposé de couper les financements de l’Art and Humanities Program et du <strong><a href="https://www.arts.gov/">National Endowment for the Arts</a></strong> (NEA) cité précédemment du reste. Or ces institutions sont au coeur de la promotion de l&rsquo;éducation artistique et de la création culturelle. Mais leurs programmes ont été jugés par l’administration Trump comme des dépenses inutiles dans un contexte de réduction drastique des budgets publics, notamment pour des activités considérées comme « non essentielles ».</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em><strong>Éducation rentable et non marxiste</strong></em></h3>



<p>Dans ses propositions budgétaires, Trump met l&rsquo;accent sur un soutien accru pour les initiatives éducatives liées aux sciences, à la technologie, à l&rsquo;ingénierie et aux mathématiques. Cette vision est en grande partie motivée par le désir de moderniser l’économie américaine et de répondre aux besoins d&rsquo;une économie de plus en plus tournée vers la technologie. En d’autres termes, on arrête d’investir dans des <a href="https://www.slate.fr/monde/donald-trump-ministere-education-etats-unis-ecoles-universites-depenses-publiques-elon-musk-doge">programmes perçus comme « non rentables »</a>, ignorant au passage l&rsquo;impact des arts sur l&rsquo;esprit critique, la créativité et la culture civique, des valeurs essentielles à une société démocratique. Avec en prime le dégraissage violent entrepris par Elon Musk au sein des administrations américaines, le département de l’éducation se retrouve à la peine, le ministère menacé d’une dissolution complète, cf <a href="https://www.slate.fr/monde/donald-trump-ministere-education-etats-unis-ecoles-universites-depenses-publiques-elon-musk-doge">Slate</a>.</p>



<p>Petite précision qui date de là tout de suite via les médias et plus spécifiquement <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2025/03/21/donald-trump-entame-le-demantelement-du-ministere-de-l-education_6584050_3210.html">Le Monde</a>&nbsp;: Trump vient de signer le décret sabordant le ministère de l’éducation. L’ensemble de ses prérogatives, si jamais le Sénat valide cette décision au terme d’un vote exigeant 60 voix sur 100 passerait aux Etats, qui feraient alors ce qu’ils veulent avec l’éducation. Exit donc ce chantier initié par un Jimmy Carter désireux de promouvoir l’égalité des chances face à la transmission des savoirs. Et l’occasion pour le clan trumpiste de dénoncer un projet mené par une bureaucratie marxiste et à forte tendance raciste (comprenez «&nbsp;anti-blanc&nbsp;»).</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em><strong>La fac visée en profondeur</strong></em></h3>



<p>Rien de surprenant au finish. Le démantèlement du ministère de l’éducation va de pair avec le dynamitage en règle des universités. En mars 2025, l&rsquo;administration Trump a annoncé l&rsquo;annulation de 400 millions de dollars de subventions fédérales à l&rsquo;Université de Columbia (l’une des plus prestigieuse du pays quand même dixit Fundit.fr qui précise&nbsp;: «&nbsp;<em>Classée 1re aux États-Unis pour la recherche, elle figure au 6e rang mondial (4e aux États-Unis) du&nbsp;classement&nbsp;CUWR des 1000 meilleurs&nbsp;universités&nbsp;mondiales et au 8e rang mondial du&nbsp;Classement&nbsp;Shanghai des&nbsp;universités. L&rsquo;université&nbsp;administre chaque année le Prix Pulitzer.&nbsp;» </em>). Cette décision était motivée par ce que l&rsquo;administration considérait comme une inaction face au harcèlement présumé d‘e ’étudiants juifs sur le campus, en violation des lois fédérales antidiscriminatoires.</p>



<p>Un prétexte. D’autres sont concernées. Selon <a href="https://www.newslooks.com/fr/u-s-universities-freeze-hiring-amid-trumps-federal-funding-cuts/">Newslooks.com</a>, l&rsquo;administration Trump a ainsi suspendu 175 millions de dollars de financement fédéral à l&rsquo;Université de Pennsylvanie en raison de ses politiques concernant les athlètes transgenres, qualifiées de « dégradantes, injustes et dangereuses pour les femmes et les filles ». Les exemples de ce type pullulent. Toutes les facultés américaines se retrouvent donc confrontées à un dilemme : se conformer aux directives de l&rsquo;administration pour éviter des pertes de financement fédéral et des enquêtes, ou résister et risquer des sanctions financières. On imagine l’ambiance dans les campus : suppressions de postes, refus de bourses, sujets de thèse rejetés car non conformes à la nouvelle idéologie, programmes de recherches scientifiques impactés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des retombées catastrophiques</h2>



<p>On imagine bien qu’avec pareil traitement de choc, les USA vont tanguer à plus d’un titre. Pas besoin d’être voyante pour se faire une idée assez sombre de l’avenir scientifico-artistico-culturel du pays.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>U</em></strong><strong><em>ne </em></strong><strong><em>v</em></strong><strong><em>ision </em></strong><strong><em>culturelle </em></strong><strong><em>vitrifiée</em></strong></h3>



<p>Selon ce modèle culturel reposant sur un nationalisme culturel étroit, seules les voix et les perspectives jugées conformes à une certaine version « patriotique » de l’Amérique vont être valorisées. La culture va s’uniformiser (c’est déjà bien parti avec l’hégémonie du modèle de récit netflixien et la main mise des réseaux sociaux), les formes d&rsquo;art alternatives marginalisées. Exit l&rsquo;expérimentation et l’innovation.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>La r</em></strong><strong><em>égression des </em></strong><strong><em>l</em></strong><strong><em>ibertés </em></strong><strong><em>a</em></strong><strong><em>rtistiques</em></strong></h3>



<p>Censure à tous les niveaux = contrôle des contenus culturels = réduction de la liberté d&rsquo;expression et de création. Exit l’accès à des œuvres critiques abordant le racisme, les inégalités sociales ou la diversité des orientations sexuelles, virées des collections de musées, des classes, des sujets de recherche ; exit également l’émergence de jeunes artistes visionnaires du moins par le biais des circuits éducatifs publics (traduction : il faudra avoir de l’argent pour accéder à une formation culturelle digne de ce nom).</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em><strong>Déclin intellectuel en vue</strong></em></h3>



<p>Petit rappel : les arts et l’éducation créative sont essentiels pour développer la pensée critique, l’innovation et l’empathie. En éradiquant ces disciplines, on prive les générations futures de l&rsquo;outillage intellectuel nécessaire pour comprendre et naviguer dans des sociétés complexes et mondialisées. Et cerise sur le gâteau, on enclenche la raréfaction des talents créatifs nécessaires pour renouveler la scène artistique mais aussi l’industrie cinématographique, musicale et littéraire des États-Unis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion en forme de résistance</h2>



<p>C’est le soft power à l’américaine qui va en prendre un sacré coup. Quelle marge d’action pour les acteurs du secteur ? La démission outragée ? L’annulation des spectacles ? Les manifs ? Les pétitions ? La mobilisation collective devient une urgence pour renforcer les réseaux de soutien et les coalitions afin de défendre les droits artistiques et promouvoir la diversité culturelle.​ Cela passe par :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>L’e</strong><strong>ngagement juridique</strong> aka contester les décisions gouvernementales perçues comme anticonstitutionnelles ou portant atteinte à la liberté d&rsquo;expression devant les tribunaux.​</li>



<li><strong>Le plaidoyer public, la sensibilisation </strong>via les médias aux enjeux actuels de la liberté artistique, afin de générer un soutien large et informé.​</li>



<li><strong>La diversification des financements. </strong>L’argent, c’est le nerf de la guerre il va falloir trouver des sources de financement alternatives, mécénats privés, campagnes de financement participatif, subventions internationales.</li>
</ul>



<p>Dans un contexte de crise internationale, pas évident que ça marche. Reste la rébellion. Le travail en clandestinité. Le retour au DIY. Le partage des moyens, des connaissances. L’art confronté à la connerie humaine de masse type fascisme a toujours trouvé des manières de s’organiser pour survivre. A suivre donc avec attention et le doigt sur le clavier pour repérer/partager/soutenir ce que feront les artistes américains pour ne pas se laisser égorger comme des moutons.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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			</item>
		<item>
		<title>À l’avant-garde : Jeanne Vicérial, l’art textile entre héritage et innovation</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/jeanne-vicerial-art-textile/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Mar 2025 17:41:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le monde fascinant de l’art textile contemporain, Jeanne Vicérial incarne une figure visionnaire, à la croisée des chemins entre tradition et avant-garde. Héritière de maîtres comme Chiharu Shiota et Olga de Amaral, elle réinvente le médium avec une audace rare, fusionnant techniques artisanales ancestrales et innovations technologiques pour créer des œuvres d’une profondeur émotionnelle et d’une richesse inouïe. Son travail, à la fois sculptural et expérimental, questionne les limites...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/03/Illustrations-articles-The-ART-.jpg" alt="" class="wp-image-37868" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/03/Illustrations-articles-The-ART-.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/03/Illustrations-articles-The-ART--288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/03/Illustrations-articles-The-ART--494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Dans le monde fascinant de l’art textile contemporain, Jeanne Vicérial incarne une figure visionnaire, à la croisée des chemins entre tradition et avant-garde. Héritière de maîtres comme Chiharu Shiota et Olga de Amaral, elle réinvente le médium avec une audace rare, fusionnant techniques artisanales ancestrales et innovations technologiques pour créer des œuvres d’une profondeur émotionnelle et d’une richesse inouïe. Son travail, à la fois sculptural et expérimental, questionne les limites de la matière et du vêtement, redéfinissant les codes de l’art textile et de la mode.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tricotissage : une technique révolutionnaire</h2>



<p>Née d’une double formation en réalisation de costumes pour le théâtre et le cinéma à l’école Paul Poiret, puis à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, Jeanne Vicérial a tout d&rsquo;abord appris à maîtriser les gestes traditionnels de l’artisanat d’art. C’est pourtant dans l’exploration des frontières du textile et de la mode qu’elle trouve son véritable terrain de jeu. Docteur en Arts, Sciences, Création et Recherche, elle repousse les limites de la création vestimentaire pour interroger les relations entre l&rsquo;art, la science et la matière.</p>



<p>Parmi ses réalisations les plus marquantes, l’invention du tricotissage fait de Jeanne Vicérial une véritable pionnière. Cette méthode textile inédite, inspirée des fibres musculaires, fusionne le tricot et le tissage pour créer des pièces sur mesure et uniques en leur genre. Une approche qui, tout en s’ancrant dans la tradition artisanale, fait dialoguer la matière et l’innovation. À travers cette technique, l’artiste incarne un pont entre le passé et l’avenir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Clinique Vestimentaire et reconnaissance internationale</h2>



<p>En 2015, Jeanne Vicérial fonde la Clinique Vestimentaire, un studio de design, de recherche et d’innovation dédié à la conception vestimentaire contemporaine. Véritable laboratoire expérimental, cet espace interroge les méthodes traditionnelles de fabrication des vêtements et propose des alternatives novatrices, alliant artisanat et technologies modernes. À l’image des grands maîtres de l’art textile, Vicérial utilise le vêtement comme un médium artistique pour explorer de nouvelles frontières sensorielles et émotionnelles.</p>



<p>De plus en plus sollicitée par les grandes institutions artistiques, son travail a été largement salué en France et à l’étranger. En 2023, l’artiste a dévoilé <em>ARMORS</em> à Paris, une exposition où ses créations, sculpturales et organiques, initiaient une mise en scène de la guerre et de la protection, tout en explorant la mémoire et les symboles du corps. Vicérial participe également à des expositions collectives de grande envergure, comme <em>Des cheveux et des poils</em> au Musée des Arts Décoratifs de Paris, et <em>Au-Delà, Rituels pour un nouveau monde</em> à Lafayette Anticipations, explorant l’art du vêtement et du textile dans des contextes où le sacré et le quotidien se rencontrent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une artiste à la croisée des disciplines</h2>



<p>Lauréate du concours <a href="https://mondes-nouveaux.culture.gouv.fr/fr">« Mondes Nouveaux »</a> du ministère de la Culture en 2022, Jeanne Vicérial incarne la nouvelle génération d&rsquo;artistes qui brouillent les frontières entre art, design et artisanat. Son travail a été enrichi par sa résidence à l’<a href="https://villamedici.it/">Académie de France à Rome &#8211; Villa Médicis</a> en 2019-2020, où elle a développé des recherches et élargi sa pratique artistique. Plus qu’une créatrice de vêtements, elle devient une véritable poétesse de la matière, utilisant le textile comme un langage pour raconter des histoires, interroger le corps et les rituels.</p>



<p>Jeanne Vicérial représente une nouvelle génération d&rsquo;artistes qui voient dans le textile bien plus qu’une matière : un vecteur de sens et d’émotion. À travers ses pièces, elle crée une nouvelle relation entre l’individu et son vêtement, transformant l’objet en une forme d’art vivant. Les liens entre le fil, le corps et l’histoire s’entrelacent dans une danse infinie qui résonne profondément avec les préoccupations contemporaines, où la mode et l’art se réconcilient et se redéfinissent.</p>



<p>Pour en savoir plus sur l&rsquo;unviers de Jeanne Vicérial, consultez <a href="https://www.jeannevicerial.com/fr">son site web</a> ainsi que <a href="https://www.instagram.com/jeanne_vicerial/?hl=fr">son compte Instagram</a>.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<item>
		<title>100 premiers jours, 100 derniers jours d’Hitler : deux livres pour autopsier le cataclysme du Troisième Reich</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livres-debut-fin-hitler/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Mar 2025 12:01:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37860</guid>

					<description><![CDATA[<p>Je me suis adonnée à un petit exercice de lecture croisée comme je les aime. Dans mon viseur : Les 100 premiers jours d&#8217;Hitler de Peter Fritzsche et Les 100 derniers jours d&#8217;Hitler de Jean Lopez. 100 jours… un trimestre, trois mois et dix jours. C’est peu. Ce fut suffisant pour accoucher d’un des régimes politiques les plus monstrueux de l’Histoire moderne… et pour l’abattre. Une prise de pouvoir fulgurante, une...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/03/livres-sur-larrivee-au-pouvoir-et-la-chute-dHitler.jpg" alt="couvertures des livres les 100 premiers jours d'Hitler et les 100 derniers jours d'Hitler" class="wp-image-37861" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/03/livres-sur-larrivee-au-pouvoir-et-la-chute-dHitler.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/03/livres-sur-larrivee-au-pouvoir-et-la-chute-dHitler-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/03/livres-sur-larrivee-au-pouvoir-et-la-chute-dHitler-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Je me suis adonnée à un petit exercice de lecture croisée comme je les aime. Dans mon viseur : <em>Les 100 premiers jours d&rsquo;Hitler</em> de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Peter_Fritzsche">Peter Fritzsche</a> et <em>Les 100 derniers jours d&rsquo;Hitler</em> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Lopez">Jean Lopez</a>. 100 jours… un trimestre, trois mois et dix jours. C’est peu. Ce fut suffisant pour accoucher d’un des régimes politiques les plus monstrueux de l’Histoire moderne… et pour l’abattre. Une prise de pouvoir fulgurante, une déchéance inéluctable… Ces deux ouvrages ô combien complémentaires, par delà le foudroiement et la sidération qu’ils relatent, explorent les racines d’un cataclysme baptisé Troisième Reich.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Les 100 premiers jours d’Hitler &#8211; </em>Peter Fritzsche : l’accouchement du régime totalitaire nazi</h2>



<p>Dans <em><a href="https://www.tallandier.com/livre/les-100-premiers-jours-de-hitler/">Les 100 premiers jours d’Hitler</a></em>, Peter Fritzsche part de la nomination d’Adolf Hitler au poste de chancelier en janvier 1933. Il passe au crible le processus de consolidation du pouvoir, insistant sur la rapidité et l’efficacité avec lesquelles Hitler et ses lieutenants mettent en place le régime totalitaire nazi, tout en déployant son idéologie mortifère. Ces trois premiers mois sont marqués par des décisions d’une rare violence : mesures antisémites, dissolution des partis politiques, fermeture des journaux opposants, mise en place de la répression systématique et de l’intimidation.</p>



<p>Hitler démolit au pas de charge la République de Weimar, déjà très fragile et déchirée, pour lui substituer une dictature impitoyable. Les actions entreprises, d’une brutalité inouïe, relèvent d’une stratégie développée dans le temps, fruit d’une logique établie depuis des années. Cette mise en place, Fritzsche l’analyse pas à pas, insistant sur tous ces moments où Hitler aurait pu être écarté du jeu politique allemand. Définitivement. Le sort en a décidé autrement, la lâcheté des uns, l’avidité des autres également. Et la propagande bien sûr, soigneusement calculée pour emporter tout un peuple dans cette tourmente.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Les cent derniers jours d’Hitler</em> &#8211; Jean Lopez : l&rsquo;effondrement du IIIeme Reich</h2>



<p>Comme son nom l’indique, <em><a href="https://www.lisez.com/livres/les-cent-derniers-jours-dhitler/9782262086596">Les cent derniers jours d’Hitler</a></em> de Jean Lopez nous transporte en 1945, durant les derniers mois du dictateur, ceux qui ont vu la défaite inéluctable du Reich nazi. Page après page, dans une approche chronologique impitoyable, nous découvrons un Hitler en proie à une déchéance physique avancée, qui conduit sciemment son pays au chaos. Tandis que le territoire allemand est progressivement envahi par les Alliés, que le Reich s’effondre sous le poids de la guerre totale, le Führer semble complètement coupé de la réalité. Il refuse d’admettre la défaite et continue à orchestrer des stratégies militaires et des décisions politiques absurdes depuis son bunker berlinois.</p>



<p>Jean Lopez décrit l’évolution du dictateur à travers des témoins directs, souvent proches du pouvoir (Goebbels, Speer…) ; il offre l’image d’un homme non seulement rongé par la paranoïa et l&rsquo;isolement, animé par une volonté destructrice. Ce compte à rebours épouvantable révèle petit à petit une décision atroce : puisque tout est perdu, autant partir en beauté, afin de nourrir l’Histoire et le mythe. L’effondrement semble orchestré par Hitler et ses fidèles, comme une sorte de sacrifice sectaire détruisant toute une population ou presque. Les décisions d’Hitler pendant ses derniers mois, tout comme son refus d’admettre la réalité de la guerre perdue, nous offrent un aperçu profond de la déréalisation et de la dissociation qui caractérisent les grandes figures dictatoriales dans leurs derniers instants de pouvoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réflexion sur une désintégration programmée</h2>



<p>Mettre en relation ces deux ouvrages permet d’explorer comment une tyrannie, une fois installée, fonctionne comme un moteur du déni et de la répression, jusqu&rsquo;à son dernier souffle. Apogée et déchéance : l’isolement intellectuel, la conviction d’être dans le vrai, la mise en place d’une idéologie atroce érigée sur l’opposition entre bons et mauvais Allemands, une méthodologie d’une sauvagerie inconcevable, tout ce qui fit le socle du régime nazi va alimenter sa spectaculaire implosion.</p>



<p>Ironie du sort ou désintégration programmée&nbsp;? Les deux ouvrages mettent en évidence les rouages d’une dictature et ses dérives de manière flagrante et effrayante. Le style d’écriture, l’usage de références précises, les témoignages cités dressent un tableau saisissant d’une prise de pouvoir fulgurante sur les institutions et les consciences. Un pouvoir qui préférera se saborder, entraînant toute sa population dans sa chute, plutôt que de composer.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-e7996ae359404bbe22a71c56e24f59dd" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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</ul>
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<p>Difficile en parcourant ces lignes de ne pas envisager le présent, de ne pas y trouver une grille de lecture particulièrement juste de notre actualité. Juste et angoissante. C’est le but. Car si le IIIeme Reich ne tint que 12 années en lieu des 1000 ans envisagés, il laissa derrière lui des ruines ineffaçables, un traumatisme profond, durable, incurable, et les germes d’une idéologie ignoble qui ne demande qu’à refleurir.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Les Enfants sont rois : de l&#8217;exploitation des enfants stars par temps de règne numérique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-enfants-rois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Nov 2024 16:09:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<category><![CDATA[Tech]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37592</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une fois de plus, soyez les bienvenu.es dans le dark side des paillettes virtuelles. Inspirée du roman de Delphine Le Vigan, la mini-série Les Enfants sont rois décrit les effets pour le moins pervers de l’exposition médiatique infantile. Ou quand le combo chasse aux likes/fascination des abonnés dévoile des consciences perturbées, un rapport néfaste à l&#8217;identité, un amour filial dénaturé. Poule aux œufs d&#8217;or numérique Kimmy Diore, une adorable petite...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p>Une fois de plus, soyez les bienvenu.es dans le dark side des paillettes virtuelles. Inspirée du roman de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Delphine_de_Vigan" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Delphine Le Vigan</a>, la mini-série <em>Les Enfants sont rois </em>décrit les effets pour le moins pervers de l’exposition médiatique infantile. Ou quand le combo chasse aux likes/fascination des abonnés dévoile des consciences perturbées, un rapport néfaste à l&rsquo;identité, un amour filial dénaturé.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Les enfants sont rois - Bande-annonce officielle (VF) | Disney+" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/ZMECGheHuBc?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Poule aux œufs d&rsquo;or numérique</h2>



<p>Kimmy Diore, une adorable petite fille de six ans, est la star de la chaîne YouTube « Happy Récré » qu&rsquo;elle anime aux côtés de sa mère, la charmante, souriante, éclatante Mélanie. Problème : une après-midi, la gamine, partie jouer avec son frère au pied de son immeuble, disparaît. Panique à bord : perdue ? Accidentée ? Enlevée ? Pire encore ? Qu&rsquo;a-t-il bien pu arriver à la petite ?</p>



<p>Dépêchée sur site ainsi que son équipe, l&rsquo;enquêtrice Sara Roussel (excellente Géraldine Nakache) sait qu&rsquo;elle doit agir vite pour trouver la trace de Kimmy. Mais elle se heurte très vite à une réalité déroutante. Derrière l&rsquo;amour et la complicité affichés sur les écrans en rose fluo, elle découvre un climat délétère, une enfant exploitée, une mère obsédée par la célébrité, un père passif, un couple qui a fait de sa fille une poule aux œufs d&rsquo;or numérique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les diktats du social media</h2>



<p>Qui a bien pu vouloir mettre à mal ce conte de fées aux allures de petite entreprise très rentable en s&rsquo;en prenant à cette fillette adorable au demeurant ? Un prédateur pédophile ? Un tueur psychopathe ? Un rançonneur ? Un concurrent ? À moins que les géniteurs de la star n&rsquo;aient dérapé ? De révélation en découverte, les policiers se perdent en conjectures&#8230; et tombent toujours un plus haut de leur chaise et nous avec.</p>



<p>Car le scénario de ce polar de haut vol décortique à belles dents la réalité du star-système numérique des enfants. Influenceurs précoces, parents exploiteurs, public qui consomme tout ça comme des sucreries : le tableau est effrayant. À l’heure où les gamins se battent plus pour des abonnés Insta que pour des bonnes notes, <em>Les Enfants sont rois</em> est le miroir trash et brutal d&rsquo;une époque soumise aux diktats du social media.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le besoin maladif d&rsquo;être reconnu.e</h2>



<p>Les questions s’enchaînent tandis que ce récit grinçant nous secoue profondément : jusqu’où peut-on exposer ses gosses ? Comment la société peut-elle cautionner ce genre d&rsquo;exhibition qui a tout de l&rsquo;exploitation infantile ? Le personnage de la mère, interprété par une Doria Tillier sur le fil du rasoir, illustre une dérive ô combien malsaine et insupportable, le besoin viscéral, maladif d&rsquo;être reconnue, adulée, quitte à la faire via sa fille, excroissance d&rsquo;elle-même et qu&rsquo;elle maltraite quand elle refuse de tourner.</p>



<p>Manipulatrice, colérique, violente, déséquilibrée mentalement, le personnage de Mélanie est au cœur du processus, prête à tout pour réussir, accumuler une fortune, être célèbre. En roue libre. Elle n&rsquo;est pas la seule, c&rsquo;est bien le problème. D&rsquo;autres parents font de même, ses concurrents, dans un climat de rivalité féroce, où les enfants stars sont contraints de tourner toujours plus, soumis à des challenges qui en font des animaux de foire, des freaks digitaux.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-082e82e7bcf95455c2786d5f1e61df68" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<h2 class="wp-block-heading">Que reste-t-il quand les lumières s’éteignent ?</h2>



<p>Insupportable et d&rsquo;une tristesse suffocante. Des Thénardier, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autres mots. Le réalisateur Sébastien Marnier enfonce le clou, tissant une atmosphère froide et angoissante : chaque scène capte le désenchantement de cette quête de visibilité. La caméra est sans filtre, capture l’intimité exposée, la pression subie par chacun, comme un clin d’œil à l’absurdité de notre ère numérique. Prise de conscience en marche ?</p>



<p>Cette série ne parle pas seulement de la vie de quelques influenceurs perdus dans leur propre reflet ; elle parle de nous, de notre obsession à tout documenter, à tout partager, à monétiser même les moments les plus intimes. Elle pose une question féroce : que reste-t-il quand les lumières s’éteignent ? Uppercut médiatique, critique qui laisse groggy : si vous n’avez pas encore ouvert les yeux sur les dérives de notre monde hyperconnecté, <em>Les Enfants sont rois </em>va s&rsquo;en charger en mode électrochoc. Et cela devrait vous passer l&rsquo;envie de devenir influenceur.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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