Gastronomie / Bistro : Au Zaganin

Zaganin : « Reste d’aliment dans l’assiette ou de café au lait dans le bol ».

Propre à l’argot de bistro, le terme est aussi berrichon, comme Thierry qui dirige l’endroit, et me reçoit, sourire au lèvres et avenant, pour la dégustation.

Le lieu est reposant, murs couleur tabac, éclairages doux, mosaïques en spirale aux nuances de crème. Un zinc, des étagères, des bouteilles. Je suis venue tester le brunch, un beau bébé qui a ce doux visage :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aux œufs brouillés, s’ajoutent des frites de patate douce, du jambon de pays, une salade, un velouté, … des produits frais, cuisinés de façon originale, tout en saveur. Manque de chance ? Nous sommes vendredi et le Zaganin ne sert cette farandole que le week-end.

Pas de problème, il reste la carte et ses promesses qui se révèleront surprenantes :

Un crumble chèvre avocat dont l’échafaudage tiède s’effondre comme un château de sable dans la dorure de l’huile d’olive et les pépites de pamplemousse, un mélange des fragances d’avocat vert et frais, de fromage fondu et salé, qui varie suivant le hasard du coup de fourchette, avec en son centre le croustillant de croutons ;

Une pluma de cochon ibérique avec tian de légumes, soit ce petit muscle en forme de pierre pointue enrobée de la graisse propre au pata nera, passé à la poêle puis terminé au four, reposant sur son jus, croquant et tendre à la fois tandis que courgettes, tomates et aubergines en lamelles conjuguent leurs fumets ;

Un thé gourmand entouré d’un fondant au chocolat, d’un financier, d’une marmelade d’abricots et de cette mini tartelette de fraise …sur nougatine.

Trois expériences gustatives qui allient simplicité, qualité et fraicheur. Des présentations colorées, copieuses sans être bourratives, appréciables sous le ciel de plomb et d’orage qui recouvre la butte Montmartre au pied de laquelle le bistro se situe.

Un verre de Bourgogne blanc accompagne le tout, mais l’assortiment des vins bios est vaste et variée pour compléter la carte des viandes et poissons, des plats classiques comme le cheeseburger ou le poulet roti, ou plus insolites comme l’espadon cru mariné à la grenade ou le mélange du Zag et son nem au basilic.

Vous l’aurez compris, comme son nom, le Zaganin joue de la synesthésie des sensations pour combler ceux qui viennent à ses tables : habitants du quartier, employés du voisinage ou simples passants, ravis de la qualité des mets, et des prix raisonnables.

Une expérience à vivre pour ce bistro où, ironie du sort, les « zaganins » sont rares tant c’est bon.

Et plus si affinités

http://www.auzaganin.com/auzaganinbistrot.html