Woodstower 2013 : le point avant la tempête avec le programmateur Thomas Prian

Woodstower 2013 : pas le tout de vous y envoyer à grand renfort de concours. Car au bout du compte vous y ferez une sacrée fiesta, mais n’aurez pas forcément notion des enjeux à l’œuvre.

Enjeux que nous nous efforçons de cerner depuis 3 ans, suivant le festival pas à pas avec la fidélité d’un chien de berger et la vigilance d’un chat égyptien. Et pour cause : le festival inaugure la saison lyonnaise tout en portant une action citoyenne, écolo et durable maintes fois saluée, récompensée et présentée en exemple.

Une politique que nous avions décortiquée en 2011 avec un reprotage de fond et la présentation des différents acteurs à l’œuvre sur cet évènement. Deux ans plus tard, un petit bilan s’impose, que nous opérons avec Thomas Prian, déjà interrogé à l’époque, toujours en charge de la prog et qui revient avec nous sur les dessous de Woodstower et les mutations en marche.

1. Nous suivons Woodstower depuis 2010, sommes encore présents sur cette session 2013. Quels changements, quelles nouveautés pour vous ?
Depuis l’an dernier, le site du festival a changé, ainsi que son déroulé… Nous avions envie cette année de ne pas tout bouleverser, mais d’essayer de soigner le détail… Pas de révolution donc, mais une foule de petites nouveautés, comme le Silence Electrique by EDF, le Club, les spectacles monumentaux de Transe Express… qui vont dans le sens de ce que nous voulons développer sur Woodstower : un festival qui embrasse un cadre exceptionnel, dans lequel on essaye de développer des choses originales, en prenant soin du public.

2. Comment caractérises-tu le line up de cette nouvelle édition ? Quels vont en être les temps forts ?

Je le trouve original et rare, et c’est une grande fierté ! Nous n’avons pas tous les ans l’opportunité de programmer des groupes tels que Nofx et Eels, qui sont passés à eux deux seulement 2 fois dans la région. Eels, groupe international génial, auteur de près de 10 disques exceptionnels, qui n’a pas joué depuis presque 20 ans à Lyon, ça n’arrive jamais ! Du coup, la sensation de proposer un moment unique est très forte, l’équipe est très excitée… Par ailleurs, en dehors de ces deux groupes, les venues d’Aufgang, de Didier Super (dans un style assez éloigné des derniers cités), d’Idir (qui parle de grand écart ?) promettent beaucoup… Et 2manydjs, en termes de concert bouillant, on n’en parle pas…

3. Peux-tu me parler de la scène pépinière ? Quels sont vos objectifs en matière de révélation de jeunes talents ?

Woodstower a toujours cherché à mettre en avant les jeunes groupes régionaux… Depuis quelques années, la fin août se prête bien à faire venir de nombreux programmateurs sur Woodstower, qui viennent tous un peu faire leur rentrée, au retour des vacances… Il nous est donc apparu logique d’essayer de leur montrer des jeunes groupes qui ne sont pas encore repérés régionalement, de nouveaux projets qui nous semblent prometteurs, afin de faire du festival une opportunité pour trouver d’autres dates, ou un manager, un tourneur… C’est pourquoi cette année, nous sommes heureux de proposer la première grosse scène de Schlaasss ou de Pethrol, qui sont nos véritables coups de coeur de l’année.

4. Labellisé « Coup de Coeur » par la Fondation pour la Nature et l’Homme en 2011, reconnu «Trésor Développement Durable» par la région Rhône-Alpes et labellisé « Lyon, ville équitable et durable » par la Ville de Lyon, membre du collectif R.A.F (Rhône Alpes Festivals), membre de la plateforme des évènements Eco-Responsables sur le territoire du Grand Lyon.
Le festival représente visiblement un fer de lance en matière de développement durable. Que proposez-vous de nouveau en la matière ? Vos actions vont-elles s’étendre à l’année ou demeurer ponctuelles ? Le travail de sensibilisation opéré durant les deux jours de festival porte-t-il ses fruits ? De quelle manière ?
La démarche DD du festival date de 2005. Nous avons pu tester bon nombre d’actions tant environnementales que sociales sur Woodstower … Certaines sont innovantes et originales, tels que la collaboration avec le jardin collectif des Pot’iront ou les vélos bus qui vont et partent du festival… Mais si ça fait quasiment 10 ans que les festivals se sont lancés dans ce type d’actions, il est toujours difficile de les ancrer dans la durée… Une de nos priorités est cette année, avec le RAF (Rhône Alpes Festivals), de trouver les manières de pérenniser les bons usages dans les festivals. Sur Woodstower, en 2013, c’est une année de stabilisation. Mais nous préparons un projet rigolo pour tout l’été 2014…

5. Quels objectifs pour l’année 2013-2014 ?
Bien s’amuser et continuer de faire progresser le festival. Et mettre toujours plus en avant les petites particularités qui font l’identité de Woodstower comme la garderie (Petit Tower), le Silence électrique, ou le Sound system sous-marin qui sonorise les poissons de la plage du Fontanil. A ce sujet, nous présentons cette année un line up absolument exceptionnel, bien plus hype que la normale, avec Jean Jacques Goldmanaudou, Captain Iglou Iglou, Lenny Crevisse, et bien d’autres…

Autres objectifs secondaires :

  • montrer que le punk n’est pas mort.
  • expliquer au plus grand nombre qu’Eels est une merveille qui rend la vie plus belle.
  • faire halluciner le public qui découvrirait le Grand Parc pour la première fois.
  • réussir à faire enfin venir Idir à Woodstower, alors qu’on lui court après depuis des années.
  • montrer au public et aux copains “La grande saga de la françafrique” (par les 3 points de suspension), qui est certainement le spectacle le plus incroyable que j’ai vu ces 3 dernières années.

Un grand merci à Thomas pour ses réponses.

Et plus si affinités

http://woodstower.com/

 

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