Variations Go(u)ldberg : The Goldlandbergs concluent le festival Instances

EmanuelGat(c)JuliaGat

Pour le finissage du festival de danse Instances de Chalon-sur-Saône, Emanuel Gat a présenté à l’Espace des Arts une superproduction au titre d’autant plus énigmatique qu’elle nous a été livrée en v.o. anglaise, sans le moindre sous-titre en français, en marseillais ou en occitan istréen, comme du reste la voix off ou in (celle d’une des interprètes) : The Goldlandbergs.

Malgré ou en raison même de ses facilités (une B.O. renforcée par les Variations Goldberg, qui commencent à être usées jusqu’à la corde de piano de feu Gould ; un éclairage un peu trop clean, pour ne pas dire clinique, sautant soudain d’une teinte et d’une intensité à l’autre, sans faire usage d’un variateur de lumière, coquetterie chic empruntée à la période tardive, donc récente, de Forsythe ; la déco monumentaliste composée d’un gigantesque cube suspendu le show durant, qui finira par débouler en lieu et place du rideau de fer), le spectacle est plaisant à voir. Et on ne sent pas le tour de grande aiguille passer.

The-Goldlandbergs_2

Contrairement à la lumière (co-signée par Gat et Guillaume Février) qui vit sa vie et semble avoir une rythmique propre, musique et danse nous ont paru intimement liées, intriquées. La troupe est disparate, comme si la question des canons de la beauté était dépassée ou se posait moins en danse contemporaine, sans pour autant viser le grotesque fellinien, le pittoresque mockyen ou le tératologique browninguien. Et, en même temps, très homogène, faisant masse, grappe ou groupe, passant du duo à la réunion chorale, de l’informe à la structure ordonnée, du mouvement quotidien au « beau geste ».

Force est de reconnaître que la mayonnaise prend et que les interprètes, dans leur globalité ou considérés individuellement, donnent de leur personne. Le chorégraphe et les danseurs produisent des choses bien tournées et de forts agréables agencements. Ils savent tirer profit de l’espace qui, jamais, ne restera vide, occupé par de petits gestes, des marches, des courses en toutes directions, des équilibres sur une jambe qui font de l’effet, des portés, des emportements.

01.-The-Goldlandbergs-©-Emanuel-Gat-Dance

Les vêtements ou, plus exactement, les sous-vêtements exhibés sont des costumes de scène postmodernes très colorés, ce qui ne gâte rien. En T-shirt ou torse-nu pour les uns, slips et débardeurs contrastés pour les deux excellentes solistes, différentes teintes et saturations, socquettes de sport en lieu et place de chaussons de danse, les interprètes restent paradoxalement élégants.

Pour une fois, on ne nous assène pas de message, on ne nous raconte aucun bobard, on ne cherche pas à donner le change. Même si le risque est de tomber dans l’ornement, de lorgner un peu trop souvent dans le rétroviseur néoclassique, la pièce est cohérente, habilement construite et malignement… déconstruite.

Et plus si affinités

http://www.espace-des-arts.com/la-saison/instances/the-goldlandbergs

 

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