Ukulele New Wave : Taimane à Paris quartier d’été

Paris quartier d’été a programmé la charmante Hawaïenne Taimane, qui exerce le métier, singulier chez nous, mais apparemment courant en Polynésie, de joueuse d’ukulélé, qu’il nous a été donné d’écouter et de mirer fin juillet à la Butte du Chapeau Rouge, soutenue qu’elle était par l’excellente et imperturbable guitariste rythmique Jasmine Skurtu.

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5 ans (moment de la découverte par la fillette de cet instrument d’origine portugaise, avatar du cavaquinho, connu aussi sous la variante madérienne de braguinha ou de machete, adopté par les îles Sandwich à la fin du XIXe siècle sous diverses appellations : kamaka, benjo et, dans le cas présent, s’agissant d’un quatre cordes aux nylons dédoublés, du taropatch) + 20 ans (cours et pratique de l’instrument compris) = l’âge de la capitaine. Sobrement vêtue du T-shirt officiel du festival représentant un cheval de Troie imaginé par Pablo Amargo, rappelant un peu les dessins de Savignac pour les veilles pubs de Cinzano, d’un short valorisant ses fines gambettes, les pieds nus façon Sandie Shaw, Miss Taimane a gracieusement dispensé une série de thèmes d’easy listening, de ceux qui ont fait le succès des radios FM du monde entier genre FIP, destinés à calmer les auditeurs, à les mener à la contemplation plus qu’à l’action, au roupillon plus qu’à la rébellion.

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Du coup, on peut comprendre que certains spectateurs aient paru déçus par le répertoire sans surprise de la jeune femme, à base de ces scies musicales que cherchent à styliser jour après jour les musicos autodidactes animant les rames du Stif, et qui produisent illico presto une sensation de déjà-vu ou de déjà-ouï : cela va du « Tico Tico » à « The Sound of Silence », en passant par « L’Amour est enfant de Bohème » (vendu pour du… flamenco !), des réminiscences de « Stairway to Heaven » et de la « Lettre à Elise », la bossa nova de rigueur et de fin de sieste « Samba de uma nota so », un tube bollywoodien ainsi que, pour finir, plusieurs citations de « surfing music », notamment le « Misirlou» par Dick Dale que lança le film Pulp Fiction. Nous n’avons pas été plus convaincu que ça par le guest, Ismael, selon nous vocalement limité (il a bien le look, qui le sauve aux yeux de certaines oreilles) ou par les compos perso trop « New Age » (avec des titres de planètes planantes). Mais il faut reconnaître que, sans être une virtuose, la chanteuse-musicienne a une connaissance technique remarquable de son instrument.

On reverra Taimane à Paris dans deux ans, c’est prévu. Espérons qu’elle aura d’ici là élargi ou mis à jour ses thèmes musicaux.

Et plus si affinités

http://www.taimane.com/main/

http://www.quartierdete.com/programme/spectacles/?id=912

 

 

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