Trouvaille : Filiamotsa

Ils sont trois, ils viennent de Nancy et nous collent en pleine figure cette musique torturée et barbare tramée de violons aussi violents que des grattes saturées, de lignes de saxos éviscérés, tandis qu’une batterie impitoyable marque le tempo comme une guillotine à répétition.

Cauchemar, dévastation et chaos : c’est la première impression qui ressort de cette musique primale et incendiaire projetant le classique, la noise et la fusion bien au-delà des limites du supportable. Emilie, Anthony et Philippe n’en ont que faire, ils sont là pour impassiblement nous retourner les tripes et s’en acquittent en conscience, nous lacérant à coups d’archet et de synthé.

Passant de l’anglais au français comme un équilibriste se casserait la gueule dans une fosse à caïmans affamés, Filiamotsa aime à se cisailler les veines, leur projet est hautement improbable et c’est pourquoi il conquiert, car à ce stade on a dépassé l’audace pour sauter à pieds joints dans la folie, à l’échelle grandiose et décadente d’un Lautréamont.

Du très grand art qui excède la psychédélique, la goth, l’indus, le rock, pour imposer ses propres règles à coup de gaz sarin. S’écoute comme on respire de l’agent orange, délirant, fatal et addictif. Et surtout inhabituel. A consommer sans modération en attendant la fin du monde pour mieux le reconstruire.

Et plus si affinités

http://www.filiamotsa.com/

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