Trouvaille : BélO

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Alors que le festival Only French parachève ses préparatifs pour la grande fiesta francophonomusicale de ce wekkend, faisons la focale sur l’une des têtes d’affiche les plus prometteuses de ces soirées, j’ai nommé le très haïtien BélO :

Haïtien donc : du coup méfiance au rythme tropical et à la chaleur torride qui se dégagent de ces mesures ô combien ensorcelantes. Derrière chaque parole, chaque percussion, chaque mélodie se cache une revendication, et Dieu sait s’il y en a à clamer haut et fort quand on parle de la Perle des Antilles. Car depuis que Christophe Colomb en a foulé les plages début décembre 1492, la toute récente République en a pris plein la tête. Colonisation en tout sens, séismes, révoltes avortées, des années sous le joug des Duvalier, … il y a encore du taff à accomplir pour amener le pays sur la voie du développement économique, politique et social.

D’une voix douce et tendrement modulée comme un conte créole, BélO nous raconte toute cette misère, toute cette fierté aussi, car les haïtiens malgré tout gardent la tête haute et se battent. Un combat pour des choses aussi basiques que le tout à l’égout, l’eau courante, l’électricité … Avoir des toilettes devant sa case, peut-être un jour sortir de la case pour avoir une vraie maison, mais avant tout enfin trouver un job à peu près digne pour manger, peut-être également vivre ce petit miracle d’avoir accès à des soins, de pouvoir voter à son goût et selon ses convictions sans risquer de se faire buter au sortir de l’isoloir … et si Dieu et les hommes le veulent un jour, envoyer ses gosses qui auront survécu à la mortalité infantile étudier pour s’en sortir …

Et que dire alors de la main mise des puissances étrangères, américanisme en tête, qui vampirisent le pays ? Ou comment protéger le patrimoine naturel du littoral bouffé par les complexes hôteliers, et reconstituer une économie grignotée sans pitié ? Tout cela BélO le chante, pour soutenir les siens, les encourager, mais aussi avertir le monde, dire aux autres par delà les mers, par delà les continents. Un ambassadeur ? Plutôt un baladin, un troubadour qui nous parle de nous en nous parlant de lui et de ses compatriotes car quelque part nous pourrions un jour tous nous retrouver logés à la même enseigne, sur cette planète que certains s’ingénient à piller sans vergogne.

L’atout de BélO ? Chanter cette histoire de l’humanité sans jamais la pleurer. Aucun chant élégiaque, aucune lamentation, aucune hurlement de rébellion, aucun cri de rage ou de colère. Observateur, souriant, poète, il privilégie le calme, la douceur, nous répétant d’une chanson à l’autre que nous sommes les acteurs de nos vies, que l’espoir c’est de nous-mêmes qu’il irradie.

Et plus si affinités

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