Tosca par Philippe Himmelmann : « l’illusion de la liberté »

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Voici l’angle d’attaque revendiqué par Philippe Himmelmann pour expliciter sa troisième mise en scène de l’opéra de Puccini, produite à l’occasion du Festival de Pâques du Berliner Philharmoniker au Festival Hall de Baden Baden. Composée en 1900 d’après une pièce de Victorien Sardou, cette nouvelle Tosca s’inscrit donc volontairement dans un monde autoritaire où l’artiste, au même titre que l’innocent, le juste et le faible, sont irrémédiablement écrasés par les puissants, économiques, idéologiques, religieux. Dans cet univers de globalisation, la singularité et le talent n’ont pas de place.

Le message est clair : nous sommes peut-être à l’heure de la modernité, du progrès technologique et numérique, Floria Tosca la belle cantatrice, et Mario Cavaradossi, peintre inspiré, couple passionné et fantasque, vont être écrasés à la vitesse de l’éclair. Le rouleau compresseur du totalitarisme, c’est Scarpia qui l’incarne, avec ses allures de chef de secte, de mafieux, de milliardaire fou, cruel, cynique et pervers. Inconscients et idéalistes, les deux amants seront broyés par cette force qui détruit tout, alors même qu’elle va aussi être anéantie.

Le constat est amère, tout comme l’ambiance qui se dégage d’un décor où règnent les nouvelles technologies, caméras, grands écrans, ordinateurs. Plus d’intimité, surveillance accrue, les objectifs épient les visages, les émotions, comme un viol continu. Une lecture intéressante, où le metteur en scène s’autorise quelques libertés avec l’intrigue initiale (exit la scène des flambeaux, la mort initiale de l’héroïne, tandis qu’un sacristain s’offre des libertés avec de jeunes enfants de coeur) : voici de quoi surprendre les puristes … et poser question.

Était-ce nécessaire ? Hormis ces détails qui modifient la perception du personnage titre, la réflexion engagée a le mérite d’ancrer l’intrigue dans notre actualité, à l’heure où le statut du créatif est menacé de toutes parts, par le règne de l’argent, les totalitarismes et le fanatisme religieux. La direction de Sir Simon Rattle quant à elle respecte la nature première de l’oeuvre, au même titre que l’interprétation de Kristina Opolais, aux côtés de Marcello Alvarez et Evgery Nikitin. Si cette production n’a pas l’ampleur de la version consacrée de Zeffirelli avec l’inégalable Callas, elle a le mérite d’apporter un regard nouveau qui questionnera les plus jeunes comme les néophytes.

Et plus si affinités

https://www.festspielhaus.de/fr/representation/puccini-tosca-07-04-201

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