The Knick : « Urgences » au temps du ragtime …

The Knick

C’est ce qui vient à l’esprit dés le premier épisode de cette série mémorable autant par sa qualité visuelle, que par son sujet, son scénario, son casting … et sa dureté. Car en l’état, avec The Knick, les auteurs Jack Amiel et Michael Begler comme le réalisateur Steven Soderberg ne nous épargnent rien de la réalité à la fois magnifique et sordide de ce quotidien médical.

Nous sommes au début du XXeme siècle à New-York. Une ville de ghettos où les immigrés tout juste débarqués se rassemblent en communautés miséreuses qui survivent comme elles peuvent. Subventionné par des dons privés de riches familles philanthropes, l’hôpital Knickerbocker (le Knick pour ceux qui y travaillent) accueille ces populations en grande précarité pour prodiguer soins et traitements. Sauf que nous sommes dans les années 1900 : les antibiotiques n’existent pas, on commence à peine à se désinfecter les mains avant d’opérer des patients endormis à l’éther, le tout à la lumière des lampes à gaz.

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Tout reste à inventer dans ce monde où les progrès techniques vont bon train : et c’est là la magie du feuilleton que de nous montrer comment le corps soignant invente de nouveaux processus de soins au fil de chaque avancée technologique, parfois avec succès, souvent aux risques et périls des personnels, ainsi ces infirmiers électrocutés en pleine intervention suite à un dysfonctionnement de l’installation électrique tout juste inaugurée. Au coeur de cet univers, le docteur John Thackery, génial, audacieux et héroïnomane rongé par ses passions, rejoint par le Dr Algernon Edwards, bardé de diplômes obtenus en Europe, inventif, impliqué et noir.

the knick

S’ils ne s’aiment pas, rivalité professionnelle oblige, ils vont devoir coopérer pour maintenir l’établissement à flot, Autour d’eux toute une fresque de personnages passionnés et passionnants, infirmière arriviste et séduisante, bonne sœur avorteuse, ambulancier businessman, … urgentisme, chirurgie esthétique, émergence de la radiographie, avortement et contraception, les deux saisons proposent un tableau fidèle de ces grandes évolutions, inspirées par des photos et des livres scientifiques de l’époque. Les personnages principaux sont du reste construits à partir de figures de grands praticiens d’alors.

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En parallèle de ces progrès souvent sanglants, la corruption, le racisme, la violence de la société américaine sont d’autant moins tolérables. Passant de la blancheur éclatante des carrelages immaculés au bleuté froid des matins, Soderberg travaille ses images, endossant la direction photographique, pour rehausser ce contraste entre espoir et subversion. De ce point de vue, la série rappelle la brutalité sociale insoutenable décrite dans le puissant et emblématique Ragtime de Milos Froman. Le regard halluciné de Clive Owen incarnant la folie créatrice de Thackery résume l’absurdité de cette période, tout en donnant le la aux autres interprètes, plongés dans cette démesure qui appelle la rupture inévitable.

Et plus si affinités

https://www.warnerbros.fr/articles/the-knick-s1-presentation

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