Stanley Kubrick : The Exhibition : quand le Design Museum plonge dans l’univers du Maître …

2001 – L’Odyssée de l’espace, Orange mécanique, Barry Lyndon, The Shining, Full Metal Jacket : cinq temps forts dans la carrière de Kubrick, cinq monuments du cinéma. Des chefs d’œuvre qui justifient le terme de 7eme art. Parce qu’ils reposent sur des scénarios d’ampleur métaphysique. Parce qu’ils dévoilent des techniques filmiques d’exception. Parce qu’ils reposent sur une perception hors normes de l’humain, plongé dans un univers qui l’englobe pour mieux le dépasser. Le décor chez Kubrick n’est jamais anodin, il est un personnage du film à part entière. Vivant, vibrant, puisant. Profondément ancré dans l’imaginaire du spectateur.

Ces univers visuels furent le fruit d’un travail de fourmi, où le hasard n’eut aucune place. A la manière d’un Visconti, Kubrick façonna ces environnements en s’appuyant sur les ressources du design. Il était donc logique qu’on consacre une exposition à cette thématique d’une richesse incroyable. Accueillie par le Design Museum de Londres, Stanley Kubrick : The Exhibition explore la manière dont le cinéaste traitait le décor, les objets, la place des accessoires, travaillant l’environnement avec l’exigence d’un horloger, en pensant toujours à sa restitution à l’écran via la captation de la caméra.

Format, couleur, éclairage (le fameux éclairage à la bougie sur Barry Lindon), son approche soigne autant les personnages que leur milieu, dans une quête esthétique exigeante. Pour nous en persuader, l’exposition confronte la restitution de décors iconiques avec les étapes de leur préparation, entre photographies et dessins. Elle met en avant la collaboration avec les grands designers Philip Castle, Hardy Amies, Saul Bass, Ken Adam et autres … qui créèrent les décors, les costumes, les affiches désormais célèbres. Idem pour la représentation de Londres, où furent tournées les séquences clé de Orange Mecanic ou Full Metal Jacket.

On découvrira par ailleurs comment ces univers mirent en avant des innovations technologiques essentielles, depuis la tablette numérique utilisée dans 2001 jusqu’à la lentille Zeiss exploitée pour singulariser la photographie de Barry Lindon en passant par la Steadicam Garrett Brown qui amplifie l’effet de perspective dans Shining ou la réflexion sur l’intelligence artificielle pour I.A. qui sera finalement réalisé par Spielberg. Véritable leçon de cinéma, Stanley Kubrick : The Exhibition permet de comprendre l’exigence à l’œuvre dans l’approche visionnaire de Kubrick.

A visiter donc pour ceux qui iront à Londres cet été. Et pour ceux qui restent au bercail, il est possible d’éplucher le site dédié à la manifestation, qui est gorgé d’informations, voire de faire un petit tour dans le shop en ligne, particulièrement intéressant.

Et plus si affinités :

https://designmuseum.org/exhibitions/stanley-kubrick-the-exhibition

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