Sound Central Festival from inside : témoignage d’un aficionado

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Et pas n’importe lequel puisqu’Archi suit l’aventure depuis avant sa création, qu’il a aidé à porter le bébé sur les fonds baptismaux du rock et qu’il est l’un des rares français de la team. Un fidèle des fidèles donc. Dingue de musique comme il se doit, et de voyages. Un bourlingueur que j’ai réussi à coincer à une table de bar, une après-midi de novembre lors d’un de ses passages par la capitale.

Et ce globe trotteur de me parler du festival vécu de l’intérieur, lui prêtant une dimension humaine que nous n’avions jusqu’à présent pas pu cerner. Or SCF c’est avant tout une histoire d’identités, d’humains qui se rencontrent dans un univers précis, dans des circonstances précises en une période précise. Et qui foncent en mode spontané.

Le monsieur est donc assis en face de moi, c’est Travis qui nous a présentés via skype. Nous allons parler de sa participation. Du terreau qui va favoriser l’émergence du festival. De l’état de la musique à Kaboul il y a cinq ans. De l’esprit qui anime cette démarche. Entre anecdote, aventure, grosse rigolade et ce désir tenace de faire de la musique quoi qu’il advienne, quoi qu’il en coûte, parce que c’est dans les tripes.

L’occasion aussi d’évoquer trois des groupes qui ont placé les balises de la scène Musique actuelle kabouli : White City, Kabul dreams, District Unknown.

« Ce que je fais » pour Sound Central ?

Mon rôle là-dedans, c’est d’abord de jouer. Je suis guitariste, bassiste, batteur, sonorisateur et producteur. Bref, quand il y a un musicien en rade, je remplace au pied levé. Je suis aussi « régisseur plateau » comme on dit de nos jours, on change les cordes, répare le matos a coups de pieds, etc…

J’ai commencé à faire de la musique a Kaboul en 2007, alors que j’étais dans une mission de L’Union Européenne, et qu’on s’ennuyait ferme. C’était les temps héroïques, et j’avais entendu parler d’un groupe, White City, qui faisait des reprises au bar branché de Kaboul, l’Atmosphère. Je te passe les détails, mais grâce à l’aide d’un colonel de gendarmerie bassiste, nous avons fait voter par le parlement estonien l’achat de 10.000 euros de matos musique, expédié par l’armée Française à Kaboul, et nous avons pris White City d’assaut.

Avec notre matos tout neuf, le groupe sonnait mieux, et comme nous étions le seul groupe de Kaboul à l’époque, nous avons rapidement été surbookés. Tous les anniversaires, fêtes nationales, soirées d’ambassades, pots de départs, etc, … étaient pour nous, au point que nous avons commencé à vraiment nous développer. Nous étions un groupe d’expats, et le line up, ainsi que la qualité du groupe, changeait chaque mois, au gré des départs et des arrivées.

Un beau jour, nous cherchions un bassiste et nous avons vu arriver Travis (mi 2008), qui revenait du Wakhan en moto. Il n’était pas le meilleur bassiste de la clique, mais c’était de loin le plus drôle et il avait de la suite dans les idées. Nous sommes rapidement tombés d’accord que le groupe devait se stabiliser autour de quelques membres motivés, et Travis a commencé à faire des miracles en organisant la première tournée du groupe au Tadjikistan. C’est là que nous sommes passés à la phase supérieure, nous avons commencé à composer et enregistrer, etc …

 

Il m’a alors fallu quitter Kaboul pour raisons pro et perso (2009). White city a alors un peu végété jusqu’à l’arrivée de Ruth qui a repris le groupe en main. Lorsque je suis revenu à Kaboul mi 2010 les choses avaient bien changé. White city était devenu le trio actuel et bossait comme à l’usine. Surtout, Travis avait déniché Kabul Dreams quelque part. Les jeunes ont fait une première partie de White City à la guesthouse Reuters. Toute la clique de journalistes étaient là, et enthousiasmés d’avoir un truc nouveau à raconter, les ont fait passer sur toutes les télés de par le monde. Du coup maintenant Kabul Dreams se prend pour Radiohead, mais ça c’est une autre histoire.

Surtout, en 2010, nous avons vu arriver quatre chevelus habillés de noir qui disaient être un groupe de métal: District Unknown. Ils jouaient comme des patates mais étaient très contents et avaient l’attitude. Travis flairant le bon coup me les a fourrés dans les pattes, et il a fallu s’occuper de tout, d’accorder leur guitares, à les consoler quand ils avaient des problèmes de filles, leur payer des clopes, etc… La scène a commencé à frémir, des gosses afghans venaient aux concerts, et on sortait enfin du petit ronron d’expats qui avait marqué l’ancienne époque. Un soir de septembre, nous avons organisé le Kaboul Battle of the bands, avec 7 groupes en compétition. Ca a été un succès, et Travis surexcité a dit « faudrait faire un festival ». Deux ans plus tard, on en a fait deux.

Merci beaucoup à Archi pour son temps, ses explications.

Merci au SCF pour les photographies.

 

Et plus si affinités

http://www.soundcentralfestival.com

http://www.facebook.com/pages/Rock-Central-Asia-For-Freedom-of-Expression-in-Afghanistan/148745891875322

 

Sound Central Festival from inside: testimony of a volunteer

And a special one: Archi follows the adventure since before its inception, he has helped gining borth to the baby and is one of the few french guys in the team. Therefore a faithful follower. Crazy about music and travel. A globetrotter that I managed to meet in a bar, during a November afternoon as he was in the capital.

And this traveller talked about the festival from the inside, bringing a human dimension that we had been unable to identify. But SCF is primarily a story of identity, of humans who meet in a specific world, in specific circumstances, in a specific period. And they act in a spontaneous mood.

So the man is sitting in front of me, Travis introduced us via skype. We will talk about his participation, the soil that will encourage the emergence of the festival. The state of music in Kabul five years ago. The spirit of this approach. Between story, adventure, great fun and tenacious desire to make music, whatever happens, whatever the cost, because it is in the guts.

The occasion also to mention three bands who placed the tags in the Kabouli music scene: White City: Kabul Dreams, District Unknown.

« What I do » for Sound Central?

My first role in this is to play. I am a guitarist, bassist, drummer, sound engineer and producer. When a musician is missing, I replace him at short notice. I am also a « stage manager » as we say nowadays, changing the strings, repairing everything with a kick, etc …

I started making music in 2007 in Kabul, while I was on a mission to the European Union, and we were so bored. It was the heroic times, and I had heard of a group, White City, which played old tunes in the Kabul bar called The Atmosphere. I’ll spare you the details, but with the help of a colonel of gendarmerie which played bass, we made the Estonian Parliament voting a purchasing music gear of 10,000 euros, sent by the French army in Kabul, and we took White City. With our brand new instruments, the band sounded better, and as we were the only band in Kabul at the time, we were quickly overbooked. Birthdays, national holidays, evenings embassies, pots departures, etc … they all were for us, so that we began to develop ourselves.

We were a group of expats, and the line up, as well as the quality of the band, changed each month, according to the arrivals and departures. One day, we were looking for a bass player and we saw Travis arriving (mid 2008), who was returning from Wakhan on a motorcycle. It was not the best bassist, but this was by far the funniest and he had so much ideas. We quickly agreed that the band should stabilize around some motivated members, and Travis began to work miracles in organizing the first tour in Tajikistan. This is where we went to the upper phase, we began to compose and record, etc. …

I had then to leave Kabul for personal and professionnal reasons (2009). White City then languished somewhat until the arrival of Ruth who took the group in hand. When I returned to Kabul in mid-2010 things had changed. White City became the current trio and worked like a factory. Especially, Travis had found Kabul Dreams somewhere. These young guys made the first part of the White City live at the guesthouse Reuters. All the journalists were there, so excited to have something new to tell, and they showed them on all the TVs in the world. So now Kabul Dreams think they are Radiohead, but that’s another story.

Especially in 2010, we saw four hairy guys arriving dressed in black who claimed to be a metal band: District Unknown. They were not good but were very happy and had an attitude. Travis smelt something and told me to take care of them, tune their guitars, console them when they had problems with girls, pay them cigarettes, etc … The scene began to tremble, Afghan kids came to the concerts, and finally we came out of the little purr of expats who scored bygone era. One evening in September, we organized the Kabul Battle of the bands, with seven competing groups. It was a success, and Travis said excited « we should organize a festival. » Two years later, we had made two.

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