Rubens – Portraits princiers : un même “air de famille”

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Pas si évident de meubler l’espace du musée du Luxembourg, longtemps réduit (au moins jusqu’en 1977-78, à l’époque des salons Écritures et La Lettre et le signe auxquels nous eûmes l’honneur de collaborer étroitement) à deux rateliers pourvus de cimaises séparés par un long couloir. L’agencement – le travail d’architecture intérieure, de déco et d’éclairage qu’aujourd’hui on qualifie de scénographie – de l’expo Rubens – Portraits princiers, signé Véronique Dollfus, est, du coup, un des motifs de délectation visuelle. L’autre étant, bien sûr, de voir réunis pour la première fois, par Dominique Jacquot, assistée d’Alexis Merle du Bourg, à plus d’une soixantaine de portraits princiers de la main ou de l’atelier du fameux peintre anversois.

Hormis quelque allégorique caricature (Marie de Médicis en Bellone, le sein droit découvert), pas de nu à l’horizon, peu de décolletés (n’était celui d’Anne d’Autriche, contredit d’un crucifix), d’austères fraises voilant tout gramme de chair hors visage et mains (cf. Louis XIII), aucun rosissement excessif pouvant trahir jouissance terrestre ou céleste, nul envol, voire esquisse de geste, seul l’affrontement du regard, le gel en annonçant un autre, définitif, des corps de tous gabarits, corsetés, contenus dans des vêtements d’apparat ou, au contraire, enveloppés dans des draps bien plus sombres (cf. celui de Marie de Médicis). L’absence de sourire, la neutralité d’expression, l’impavidité d’ensemble, l’impénétrabilité des sentiments et des arrières-pensées pérennisent les images.

Malgré, ici ou là, quelques tics spécifiques, la technique même de Rubens semble se plier à cet exercice de style qu’est la commande d’un portrait impérial, royal ou seigneurial, des Habsbourg à la cour de Mantoue, à celle de France, d’Espagne et d’Angleterre. Tous ont, comme le remarque la commissaire, un même “air de famille”. Cet air s’explique par la parenté des souverains d’une Europe elle-même grandiose ainsi que par les contraintes du portrait pictural. Les représentations d’un même modèle par Velásquez et Rubens conservent ce cousinage, allant jusqu’à estomper leur discordance stylistique et, dans le cas du peintre des princes flamand, différer le baroquisme.

Et plus si affinités

http://museeduluxembourg.fr

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