Les Rois du rock : une époque formidable

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Voilà ce que c’est de se détourner des nouveautés pour aller fureter dans les rayons des médiathèques : on y déniche des merveilles !  Ainsi et une fois de plus, le flair a payé, la curiosité aussi. Dés les premières lignes, Les Rois du rock s’impose, avec humour, nostalgie et une veine rédactionnelle chargée d’une vitalité inimaginable. En 24 courts récits et 150 pages frénétiques, Thierry Pelletier fait revivre la fougue un brin nonchalante mais pleine d’espoir des année 80-90. Tonton venait d’être élu, Jack Lang prenait en main la culture, et le rock alternatif s’apprêter à déferler sur la France endormie. Avec ses dizaines de groupes punk, psychobilly et autre, avec ses Duckie boys et ses skins, avec ses soirées d’errance dans Paname, ses beuveries, ses fiestas, ses concerts à la ramasse …

Pas encore travailleur social, déjà très rocker, musicos et chanteur, Pelletier, alias Cochran, arbore docs, Harrington, banane et oeil au beurre noir, fréquente les tout jeunes Wampas, les Moonshiners, les Witches Valley,  croise le chemins des Bérus, écume les rades d’Aubervilliers et du 19eme, connaît tous les plans pour chopper de l’oseille facile (les tests médicamenteux notamment), sait se battre quand il faut, décarer rapido également, … Il maîtrise avec adresse les différents courants et leurs singularités, pratique un argot d’une poésie évidente et nous entraîne avec lui dans ces années révolues, où les bad boys cachaient leur timidité devant les filles en se noyant dans leur bock et leurs sarcasmes.

Oscillant entres mémoires, récit initiatique et aventures rocambolesques, Pelletier affiche une gouaille digne des meilleures pages de Tramber et Jano. Pour un peu on croirait entendre Kebra le Rat (auquel du reste, il est fait allusion) à moins qu’il ne s’agisse d’un clin d’oeil au Lucien de Margerin. En tout cas, c’est juste délectable et d’une rare véracité. Difficile pour les néo quinquas de ne pas aborder les manifs contre Devaquet et le souvenir de Malik Oussekine sans essuyer une larme. Difficile également de parcourir les lignes dédiées aux amis morts, d’overdose, de cirrhose, de cancer, du SIDA …

L’ensemble se lit avec une aisance, un appétit évident, malgré ces mauvaises ondes, avec le sentiment d’avoir vécu une époque formidable et d’en avoir réchapper. Il n’y a pas à dire, on tient là un très grand auteur, avec une plume rare, une envergure, un style propre, ironique en diable, d’une grande humanité, où les pires grossièretés avoisinent le vocabulaire recherché. On s’étonne qu’il ne soit pas plus connu, ni plus productif. Car il a largement la trempe d’un Jonquet, et ce n’est pas peu dire.

Et plus si affinités

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http://editionslibertalia.com/catalogue/la-petite-litteraire/les-rois-du-rock

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