Rock en Seine 2013 : passage obligé ?

Eh ben voilà, on arrive au dernier WE du mois d’Août, ça sent la fin des vacances, la reprise imminente. Après deux mois d’activités ralenties pour ne pas dire gelées, après le farniente à la plage/campagne/montagne, après les circuits à l’étranger, la valse des valises, la course dans les aéroports ou sur les autoroutes, il est temps de réintégrer le ronron de nos petites vies.

Assoupis par cette torpeur estivale, nous réalisons que les 60 dernières journées passées à glander sont survenues sans coup d’état ni effondrement économique. C’est le moment de réintégrer le paddock, de revenir au bercail. Rock en Seine peut commencer.

60 jours plus tard : l’atmosphère d’un festival de rentrée

Excusez cette intro un peu étrange, elle était nécessaire pour poser les bases dictant l’atmosphère spéciale qui règne durant les trois jours de Rock en Seine, entre sortie de villégiature et coup d’envoi de la reprise. « Un peu comme Woodstower ? » me direz-vous ? Ouep, (du reste certains groupes tels The Eels cette année vont quitter le gazon lyonnais de Miribel pour fouler le lendemain celui du domaine de Saint Cloud) sauf que là on a lâché la tranquillité provinciale pour un démarrage beaucoup plus musclé en mode stress francilien.

4 scènes de gros volume, réparties aux quatre coins du périmètre, soit 15 hectares à couvrir, cette année d’abord sous le soleil puis sous la pluie : « huge », un peu moins qu’avec Solidays, je vous l’accorde, mais néanmoins tout de même, on le sent vite dans les jambes à courir d’un concert à l’autre, sachant qu’au plus fort de l’effort les différents espaces jouent quasiment en même temps, et des live incontournables qu’il faut absolument voir, car annonciateurs de nouveaux projets ou d’albums à venir.

Programmation de haut vol et nouveaux projets

Il convient donc de se frayer un passage entre des milliers de festivaliers (118 000 les chiffres viennent de tomber, dont 18 000 forfaits 3 jours et 3000 campeurs) qui débarquent en masse compacte dans un nuage de poussière pour s’éparpiller au gré des leurs amours musicales, et d’une prog résolument rock si l’on en juge par le line up : 56 groupes de plus ou moins gros tonnage depuis de jeunes talents franciliens comme Ben Ellis ou Kid North jusqu’aux stars internationales Frandz Ferdinand, System of a Down, Tricky, ou Kendrick Lamar.

Un passage obligé donc pour voir des artistes de très grosse envergure qui parfois ne font que cette date là en France, et choisissent d’y lancer leur nouveau projet (dixit pour cette édition par exemple The Bloody Beetroots avec Hide ou un nombre dingue de premiers albums pour à peu près la moitié de la prog ) d’où une fréquentation de fans, parfois venus pour une seule soirée voir leur groupe fétiche (au pluriel ça marche aussi car la prog est équilibrée au poil pour permettre une cohésion des styles et des tendances). Et évidemment impossible de faire un pas dans les allées sans rencontrer un pote ou une connaissance de boulot (qui ont du reste clamé leur parachutage sur site via Facebook – j’ai moi-même testé et j’ai retrouvé blinde de copains comme ça), et je ne vous parle pas de l’espace presse/VIP. Ou plutôt si, je vous en parle.

Rock en Seine : accréditation/consécration ?

Car si Rock en Seine est un passage obligé pour le public friand de sensations musicales fortes, c’est aussi une consécration que de s’y faire accréditer pour pénétrer le dit espace presse/VIP cité plus haut. Et pour cause, entre plateaux radio, interviews tous azimuts, caméras dans tous les coins, transats, parasols, bars à bière et invasions des invités en fin de journée, c’est l’un des staffs les plus impressionnants que j’ai vus en la matière.

Et un constat incontournable : l’affluence de jeunes magazines, papier ou internet, qui ont poussé comme champignons sous la pluie ces dernières années pour répandre la bonne parole rock. Rock your life, Karma, Lords of rock, We love music (pour ne citer que ceux que j’ai rencontrés) … qui viennent s’ajouter aux pionniers comme Gonzaï et aux locomotives radio/papier de France Inter, du Mouv’ou des Inrocks et consort. Signe des temps, l’industrie de la musique, consciente de la crise qu’elle traverse, leur fait les yeux doux à tous à grand renfort de partenariats, les laissant pénétrer la sphère média pour goûter aux joies de l’accréditation.

 

Coups de cœur et coups de pouce

Du coup nous sommes arrivés là dedans de façon beaucoup plus officielle que l’année dernière, badge à l’appui, et un questionnement d’évidence : comment chroniquer ce festival sans tomber dans la liste de concerts à la Prévert tout en respectant notre credo des jeunes talents ? Tout simplement en jouant la carte du sélectif et du coup de cœur, de la transversalité et de la prise de recul avec dans notre viseur sur l’étranger pour cette année Jackson & his computer band, Temples, Wall of death, The Computers, Parquet courts, ChVRCHES, …

En épluchant la prog nous nous sommes arrêtés sur des groupes hexagonaux émergents comme Team Ghost, Le Vasco, Black Feet Revolution, pour certains déjà chroniqués chez nous preuve qu’on s’était pas planté, et qui se retrouvent en showcase sur l’espace Rock Ile de France, entre les différents acteurs des musiques actuelles sur la région venus apportés conseils et explications aux jeunes intéressés par la filière.

Outside/inside, from all other the world

Autre point, Rock en Seine permet à des groupes déjà reconnus chez eux mais en ouverture à l’internationl venus d’Angleterre, d’Allemagne, des USA ou d’Espagne dese dropper en France et montrer leurs talents : notons Skaters, Hanni el Khabib, Alex Hepburn, Hola a todo el mundo, Laura Mvula, Kid Noize, Surfer Blood, Mac Miller Wavves, Valerie June MS MR, Lianne La Havas, Major Lazer, VV Brown, Skaters, Big Black Delta.

L’occasion de voir des constantes de création se détacher très nettement, et d’y ressituer des groupes français que nous avons la fierté de voir s’affirmer et prendre l’ampleur qu’ils méritent, dixit JC Satan dont le concert était blindé de monde, agité, dense, torturé, somptueux et qui ont investi leur scène avec le détachement et la transe qu’on leur connaît pour ensuite se retrouver dans la tourmente des interviews en chaîne.

A ce titre, Rock en Seine, après 11 années d’existence est plus qu’un passage obligé, c’est désormais une entrée en grâce.

Et plus si affinités

http://www.rockenseine.com/

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