Révélations 2013 : les maîtres d’art ont bien plus que du talent !

C’était du reste l’objectif de cette première biennale organisée en fanfare par les Ateliers d’art de France sous la voûte métallique du Grand Palais.

Vaste espace lumineux qui convenait parfaitement pour accueillir les 267 exposants venus avec leurs ouvrages, leurs outils de travail  et leur passion …car  entre  vitrines et démonstration des gestes consacrés, ces professionnels ont démontré  plus que des savoir faire : des vocations. Et cela se ressent dans leur regard, leur attitude concentrée quand ils polissent un vase, détendent une peau, cisèlent un diamant, … orfèvre, maroquinier, brodeur, … Ouvriers de France médaillés pour leur  dextérité, Maîtres reconnus et respectés  après de longues années de formation, ces gens  rencontrés de stand en stand se singularisent par la ferveur.

Ils aiment ce qu’ils font, éperdument, malgré les doigts recroquevillés, la vue qui se brouille, l’usure du dos, après toutes ces années passées devant l’établi, sous la lampe, concentrés, accouchant leurs merveilles dans le silence et le recueillement. Fiers et heureux quand ils montrent à des jeunes visiteurs comment dégrossir le bois, casser un moule, quand de simples quidams s’arrêtent pour discuter de leurs œuvres, encore plus quand ils décident d’acheter ces pièces dont certaines sont inestimables tant il a fallu de temps et de compétence pour les réaliser.

32 000 visiteurs plus tard (dont 170 enfants participant aux ateliers des Arts Décoratifs et 1220 auditeurs assistant aux conférences, colloque et projections de films), il reste de cette première biennale une impression étrange de bipolarité : des artisans au talent incroyable et à l’imagination prolixe, des collectionneurs enthousiastes mais beaucoup plus frileux lorsqu’il s’agit d’acheter. Second effet « crise » ? Ou besoin d’ouvrir d’autres marchés et de permettre à ces talents d’être visibles à l’étranger ? Etranger du reste présent avec des galeries et des créatures venus de Norvège (pays à l’honneur avec une exposition dédiée), Chine, Corée, Italie, Portugal, Japon, USA, …

L’évènement orchestré par Serge Nicole, président du salon et des Ateliers d’Art de France et le commissaire général Henri Jobbé-Duval va dans le sens d’une visibilité accrue et d’une vivification. Pour toucher de nouvelles clientèles, il faut montrer que cet univers est vivant, actif, dynamique et audacieux. Il faut sortir les artisans de leurs ateliers et repenser leur profil, la manière dont on les perçoit. La scénographie, signée Adrien Gardère, joue ici un rôle essentiel, avec notamment le Banquet qui propose sur 9 tables centrales une exposition de 107 pièces parmi les plus spectaculaires. Notons également les expositions LuxInside et Tableaux Tables, de l’Institut français, avec une collection de vaisselle de toute beauté.

L’ensemble fait sens et répond à une curiosité, une demande : le public était présent, pour regarder, observer, apprendre, discuter. Les artisans surent leur répondre.

Et plus si affinités

http://www.revelations-grandpalais.com/fr/

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