Résistance : visite aux Musées du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris et de Jean Moulin

On entend beaucoup le mot par les temps qui courent, mais que signifie-t-il ? Parmi les définitions du terme « résistance » on trouve selon le Larousse :

  • Action de résister physiquement à quelqu’un, à un groupe, de s’opposer à leur attaque par la force ou par les armes 

  • Action de résister à une autorité, de s’opposer à ce qu’on n’approuve pas

  • Capacité de quelqu’un à résister aux épreuves physiques ou morales, d’un être vivant à résister à des conditions de vie extrêmes.

Refus d’un système, recours aux armes, ténacité face à l’adversité : ces caractéristiques marquent les parcours parallèles du général Leclerc et de Jean Moulin, qui chacun à sa manière, combattirent le nazisme et participèrent à la la Libération de la France. Les musées jumeaux qui leur sont dédiés reviennent sur ces destins, pour mieux expliciter le cauchemar de l’invasion allemande et la manière dont progressivement s’organisa une lutte complexe, longue et sanglante.

Situées au dessus de la gare Montparnasse face au Jardin Atlantique, ces salles juxtaposent l’évolution de chacune de ces figures avec les différentes étapes d’une conquête abjecte et les phases du rejet qu’elle va susciter. De document en affiche, on voit Hitler affermir son emprise sur l’Europe, la France vaincue entrer en collaboration, certains refuser cette fatalité dans le sillage de De Gaulle et de son appel du 18 juin. Leclerc depuis les colonies va enclencher les batailles, Moulin plus discret organise les réseaux de résistants pour leur donner la cohérence nécessaire. Il en mourra.

Et d’autres aussi : Manouchian et son groupe, dont l’affiche rouge rappelle la mémoire, Pierre Brossolette, qui, raflé par la Gestapo, choisit de se défenestrer pour ne pas parler sous la torture et dévoiler l’identité de ses compagnons. Par ailleurs on cite des résistants germaniques et c’est là l’apport du musée que d’évoquer cet aspect trop méconnu : la mobilisation farouche et désespérée d’allemands qui militèrent contre le nazisme dès la première heure, organisèrent des filières de renseignements, refusèrent d’aller se battre, exfiltrèrent des juifs, essayèrent de tuer le tyran et ses sbires. Et y laissèrent la vie.

Chaque photo, chaque formulaire, chaque archive présentée porte la charge émotionnelle d’un passé lugubre, teinté par une violence absolue, aveugle et irrationnelle, illuminé ça et là par ces actes de courage, ce refus presque viscéral de la barbarie. Ce besoin de demeurer dans l’équilibre de la raison. On reste étonné par la retenue de ces héros qui n’ont pas conscience de l’être, peu importe leur appartenance sociale ou politique, leur sens de l’action organisée, car face à l’hydre fasciste, le manque de moyens, les risques encourus contraignent à une rigueur absolue, qui inclut le sacrifice ultime comme protection du groupe.

A l’heure où l’on confond tout, où l’Histoire est enseignée de manière parcellaire au gré de programmes changeants et morcelés, où il est si facile et commode d’oublier, d’ignorer, de déformer, la visite des Musées du Général Leclerc de Hauteclocque, de la Libération de Paris et de Jean Moulin s’impose comme une mise au point nécessaire, urgente même, le rappel douloureux que nous avons une dette envers ces gens, un devoir de mémoire, l’obligation, par tous les moyens, d’éviter que ne se réveille la bête immonde et dévoratrice.

Consultez l’album photos ici.

Et plus si affinités

http://museesleclercmoulin.paris.fr/

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