Printemps de Bourges 2011 Part 20 : parce que nous détestons les conclusions …

Dimanche 2 juillet 2011, nous éditons le 20eme épisode de la saga Bourges 2011. Le dernier …

Ouf de soulagement chez la plupart de nos lecteurs saturés par la chronique de nos aventures berrichonnes. Rassurez-vous, nous aussi, nous n’en pouvons plus. Aller voir sous les jupes du festival : pari audacieux, lancé dans nos premières heures passées sur site, et épuisant à tenir. Mais passionnant, prenant et significatif !

 


 

Alors voici l’heure du bilan venu ? Que nenni, les bilans on n’aime pas ça. Je vais donc éviter d’enfoncer des portes ouvertes en vous expliquant que si le festival n’est peut-être soit disant qu’une grosse histoire d’apéros, il n’en demeure pas moins que tout le monde s’y précipite pour y discuter musique, partenariats et deals et que de fait Bourges, c’est une très grosse machine, très complexe, … ça, au bout de 20 chapitres, vous l’avez compris je pense.

Vous avez aussi capté que la musique n’est pas qu’affaire de talent et d’inspiration. Beaucoup d’artistes certes, qui nous ont parlé de leur musique, de leur passion, mais ce sont aussi et avant tout des bosseurs … bien cadrés, bien encadrés. Et c’est le grand enseignement à retenir de notre périple : Bourges ne serait rien sans les pros qui y fourmillent. Le secteur musical non plus du reste.

Nous avons pu les croiser. Bookers, managers, chargés de prog, journalistes, photographes, attachés de presse, directeurs de label, … des hommes et des femmes de l’ombre, cachés dans les coulisses, dans les backstage, fidèles au poste, même malades, … pour une heure de set sous les spotlights, des semaines de travail parfois ingrat, et dont vous ne saurez rien, pendant que vous danserez comme des fous dans la fosse.

Noter objectif n’est pas ici de leur rendre hommage :

– déjà parce qu’à la base nous avons débarqué à Bourges en free style, sans objectif prédéfini, nous laissant porter, et nous le revendiquons ;

– parce qu’on rend hommage aux morts, et que les personnes que nous avons rencontrées sont bien vivantes, sur le terrain et avec des problématiques très concrètes à résoudre, croyez-moi.

Le hasard et le free style font donc bien les choses qui nous ont permis de leur donner la parole, histoire de lever le voile sur leurs enjeux au quotidien. Parmi eux, deux visages sur lesquels nous voulions porter notre caméra car ils incarnent à nos yeux l’avenir.

 

Fred Robbe – Directeur de L’Astrolabe

Chers lecteurs, voici Fred Robbe, le directeur de l’Astrolabe, qui a monté le projet surdité avec le groupe Fumuj. Nous vous en parlions il y a deux chapitres. Nous avons rencontré Fred pour qu’il nous expose son point de vue de pro, accompagné de Kristel Bourgeois, la manageuse des Fumuj, qui s’est également beaucoup impliquée dans l’aventure. Leur engagement nous a laissés stupéfaits ; ancré dans la mise en application et l’action citoyenne, avec peut-être cette petite pointe de challenge qui allume une étincelle dans le regard de n’importe quel rocker :

Le travail de Fred Robbe s’inscrit dans l’avenir car il porte sur l’ouverture du circuit musical à des publics qui n’y ont pas accès. La loi est une chose, son application en est une autre : de concert en concert, je n’ai pas vu beaucoup d’handicapés dans les fosses, … et c’est pitié ! Installations inadéquates quand elles ne sont pas inexistantes, manque évident de volonté et de moyens, … l’expérience menée à l’Astrolabe fait éclater les idées reçues qui justifient l’immobilisme ambiant et le confort d’une l’inaction fataliste. Oui, on peut faire quelque chose, oui ce qui s’est accompli dans cet espace dédié au rock et aux musiques actuelles pourrait très bien s’adapter au monde scolaire et pourquoi pas à l’entreprise. A bon entendeur salut et prions pour qu’il y ait d’autres Fred Robbe en France et ailleurs, nous serons ravis de leur consacrer notre plume !

 

Adrien Tirel – Président de Rakan Musiques

De même ceux qui vont dans le sens de Rakan Musiques, association nîmoise ici représentée par son président Adrien Tirel. On va la faire courte. Adrien, je le connais parce que c’est un voisin. J’ai consacré un article à son travail de musicien. Mais il est aussi révélateur de talents comme il l’explique devant notre caméra. Un révélateur au sens premier du terme puisqu’il accompagne les toutes jeunes formations dans leur cheminement vers un épanouissement musical dont elles auront besoin pour survivre dans cette grande jungle :

Pas besoin de faire un bilan donc, Adrien s’en est chargé pour nous, merci ! Ajoutons juste que son travail est considérable. Accompagné de Philippe, son complice, ils prennent en charge les jeunes musiciens, leur apprennent toutes les ficelles du métier, depuis l’organisation d’une session de répétition jusqu’à la formulation d’un contrat, en passant par les rudiments de la com’. Le BaBA. Ils ne sont pas les seuls en France, des pépinières comme ça il y en a dans toutes les régions, toutes vitales dans ce contexte d’explosion musicale – 2 millions d’artistes autoproclamés sur la toile nous avait-on dit au MaMA 2010, en un an ça a dû grossir comme un champignon du reste – faut bien des gens pour prendre en charge, non ?

Ces structures sont le point de départ vers la grande course pour Bourges, les mecs qui atterrissent sur les planches du 22 sortent souvent des mains d’Adriens qui leur ont apporté leur savoir faire, leur bon sens, leur pondération … la plupart du temps sans beaucoup de moyens, tributaires qu’ils sont de subventions qui se raréfient. Si ces gars viennent à disparaître, c’est le secteur qui coule, bien plus sûrement qu’avec la crise du CD.

Car pas de pépinières = pas de nouveaux artistes aux reins solides. Pas d’artistes aux reins solides = pas de Découvertes. Pas de Découvertes = être condamnés à écouter les mêmes ????

Certes j’adore les Rolling Stones et je suis prête à beaucoup pour les backstages d’AC/DC, j’ai kiffé comme jamais à déconner avec les Parabellum (quand je vous raconterai le truc d’ailleurs, vous allez bien vous bidonner), mais j’ai aussi beaucoup apprécié d’écouter les Christine, Transgunners ou Molow pour ne citer qu’eux dans la longue liste de nos rencontres musicales.

Et je ne vous cache pas que sur The ARTchemists, on aimerait bien que ça dure … ça serait cool de faire ce qu’il faut pour, non ?

 

 

Merci à Fred Robbe et Adrien Tirel pour leurs réponses.

Merci également à tous ceux que nous avons rencontrés pendant ce périple ;  ils ont fait notre Printemps !

Merci aussi à Nicolas Pons et au staff de Opus 64 ainsi qu’aux organisateurs du festival.

Un gros coucou à Anne-Lise et Messire Hugues.

Article réalisé en collaboration : The ARTchemists / Free Landz

Texte : Delphine NeimonThe ARTchemists

Interviews : Delphine Neimon The ARTchemists – Sylvain Ortega Free Landz

Vidéo des interviews : Sylvain Ortega Free Landz

Photos : Daniel Bardou

Printemps de Bourges 2011

Evènement – The ARTchemists au Printemps de Bourges 2011 : du rock, des vaches et des bananes !!!!

Printemps de Bourges – Part II : en free style sous les jupes du festival

Printemps de Bourges 2011 – Part 3 : conférence de presse des Brigitte

Printemps de Bourges 2011- Part 4 : Punish Yourself

Printemps de Bourges 2011 – Part 5 : Janski Beeeats, témoignage d’une découverte

Printemps de Bourges 2011 – Part 6 : ARLT … en toute simplicité

Printemps de Bourges 2011 – Part 7 : The Subs

Printemps de Bourges Part 8 : Beat Torrent

Printemps de Bourges 2011 Part 9 : partir à la Découverte

Playlist du moment – spécial Bourges 2011 : à la découverte des Découvertes ?

Printemps de Bourges 2011 Part 10 … en off : Brice et sa pute

Printemps de Bourges 2011 – Part 11 : techniques de promo sauvage en milieu festivalier hostile ?

Printemps de Bourges 2011 Part 12 : et le public dans tout ça ????

Printemps de Bourges 2011 Part 13 : festival ou marathon médiatique ?

Printemps de Bourges – Part 14 : les arcanes de la programmation

Printemps de Bourges 2011 Part 15 : bookers et stratèges

Printemps de Bourges 2011 Part 16 : Turnsteak, autopsie d’un live en Découverte

Printemps de Bourges 2011 – Part 17 : Molow, la musique comme on respire …

Printemps de Bourges 2011 – Chap 19 : We are Enfant terrible …le glissement des genres ?

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