Paris Art Week 2013 : marathon art

Tout commence au matin du 25 octobre 2013. Mes accreds en poche (certaines négociées au dernier moment, les attachées de presse ont su être réactives, signe qu’il faut assurer une couverture media optimale), je pars pour 24h de marathon culturel au pays sismique et mouvant des arts contemporains avec en ligne de mire la FIAC mais pas que.

Les arts contemporains : terme fourre-tout dans lequel on entasse pêle-mêle bien des formes d’expression portées par des artistes au développement multiple et inégal. Depuis le polaroïd et la micro sculpture à l’installation gigantesque, le champ de créativité est vaste, la qualité pas toujours au rendez-vous et le discours souvent opaque (quand il y en a un). Le marché lui est par contre là, prolixe malgré la crise.

Et la Paris Art Week en constitue un temps fort, dans le sillage de cette très médiatisée FIAC qui souffle ses 40 bougies: plusieurs salons parallèles s’y parachutent, constitués en complément ou en opposition de la grande messe (parfois les deux, ce n’est pas incompatible). Et là une idée tout bête a pris corps. Mettons-nous dans la peau d’un acheteur (collectionneur privé ou marchand d’art) qui a tout juste 10 000 euros en poche et 24h pour écumer ces évènements et y trouver la perle rare. C’est parti ?

Résultat des courses (c’est le cas de le dire) :

– depuis les Champs Elysée jusqu’à Bastille, ça a été intense, épuisant et éprouvant. Car outre le rythme soutenu des visites, il a fallu rester concentré sur les œuvres, or si certaines de ces créations sont lumineuses et ludiques, beaucoup sont chargées d’émotions et de sensations parfois assez sombres, tortueuses, d’angoisses également en miroir du monde peu amène qui nous entoure ; et toutes sans exception portent une lecture complexe, un message qu’il faut décrypter.

– pour 10 000 euros on ne trouve pas forcément grand-chose, vu l’explosion des prix, et c’est dans les émergents qu’on s’orientera, en priant que l’œuvre acquise prenne de la valeur dans l’avenir. Un pari sur l’avenir en somme, autant sinon plus qu’un coup de cœur. Et ici une offre démultipliée relayée par des foires conçues comme réceptacle pour des galeries venues du monde entier.

Et si vous regardez notre vidéo, une impression de continuité d’un atelier à l’autre, sans véritable transition ni cassure. Il est donc temps de revenir sur ces engrenages, et d’en identifier les caractéristiques.

FIAC : 40 ans, le bel âge

La FIAC : le saint des saints, le haut du panier, la crème, l’aristocratie, des galeries de haut vol s’y retrouvent, et il est de bon ton d’être présent sur cette 40eme édition. Aussi très vite le Grand Palais prend des allures de musée, avec des pièces de grands artistes reconnus et cotés, que Monsieur Tout le monde vient admirer, se mêlant ainsi à la faune des grands collectionneurs  qui constituent la cible principale des directeurs de galerie présents.

Nous notons des oeuvres de Zhang Huan, Théo Mercier, Yue Minjun, Soto, Annette Messager, parmi les valeurs consacrées et de loin en loin la surprise de créations hors norme de toute beauté : les végétaux de cire de Jeanne Silverthorne, les dessins d’épingle de Tara Donovan, les tressages métalliques de Walter Oltmann, les maquettes papier de Lucie Williams, les sculptures d’ongles de Frances Goodman, les livres végétaux de Gilles Barbier ou ceux explosifs de  …

Il en manque, nous n’avons pu tout citer, preuve qu’il y avait matière et c’est une bonne chose, une très agréable surprise et le signe que les temps changent et que le monde des galeries a décidé de changer de stratégie en osant sortir des sentiers battus. Pour en savoir plus, nous vous invitons à parcourir notre album photos ainsi que la visite virtuelle du salon dans et hors les murs puisque la FIAC s’est par ailleurs posée à ciel ouvert dans différents lieux de Paris.

 http://www.fiac.com/

Slick Art Fair : 8 ans de découvertes

Installée sous le Pont Alexandre III, la Slick Art Fair jouxte la FIAC comme son complément naturel. En effet et ainsi que nous l’expliquons dans la vidéo, l’évènement propulsé par Johan Tamer-Morael a d’entrée de jeu abattu la carte de la découverte de talents et se pense comme une pépinière dont les fruits orneront un jour les allées du Grand Palais. Concentré autour d’une trentaine de galeries triées sur le volet, dont la majorité sont européennes/françaises, vieilles d’une décennie, et/ou spécialisée dans un medium spécifique, le salon s’appuie sur une série de projets développés comme des manifestes et des affirmations.

Les SLICK projects, en mettant en exergue le travail d’artistes en devenir à partir d’exercices de style, traduisent le travail de défrichage et d’appui des galeries impliquées. On comprend le rôle essentiel de ces chercheurs qui misent sur un créateur, en font la promotion et le révèlent aux yeux des collectionneurs avertis et passionnés qui fréquentent les lieux avec un œil acéré, perspicace et tendre. Pas pour rien que le salon récompense ces œuvres d’un prix des Collectionneurs.

Et au fil des allées nous notons avec grand intérêt Les Mécaniques discursives de Fred Penelle et Yannick Jacquet pour la galerie bruxelloise LKFF Art & Sculpture, d’ailleurs lauréat du concours de cette année, Ana, la fresque de Mabel Poblet composée de tubes de sang artificiel, ou la très belle et subtile installation de Joël Adrianomearisoa, Sentimental products pour la galerie Revue Noire.

http://www.slickartfair.com/paris/fr/

Cutlog : 5 ans de off

Nous quittons les berges de la Seine pour le voisinage du Palais Royal et la rue Richelieu. Drivée par le touche à tout Bruno Hadjadj (une galerie d’art, une foire d’art contemporain, une boutique de mode), la Cutlog fait la navette entre New York et Paris pour se singulariser dans l’event off.

Dropé entre l’atelier Richelieu et le passage Choiseul, la Cutlog donne la primeur au contact humain comme clé de la compréhension artistique : directeurs disponibles dans un espace plus intimiste et chaleureux, visites guidées, projections, conférences, festival du film d’artistes de Paris … l’évènement propose une approche différente autour de galeries venues du monde entier Israël, Malaisie, Japon, Suisse, Chili, … bref un autre réseau de talents émergents.

Et un coup de cœur sans restriction aucune pour les maquettes de Nicolas Delay pour la galerie Beautiful Sea, les portraits de Zinaida Lihacheva pour la Black Square Gallery de Miami, l’installation de Michal Cole pour la galerie Art Connections de Tel Aviv.

http://www.cutlog.org/cutlog-art/en/

YIA Art Fair : 3 ans pour inverser les codes établis

Le challenge de Romain Tichit est clair et ambitieux : changer notre approche de l’art contemporain, en privilégiant des artistes en marge, avec un regard différent, et une conception de la création autre. Agée de trois ans, la YIA dont il est le fondateur est l’émanation et la vitrine de cette philosophie.

Eclatée sur quatre lieux du Marais, Bastille Design Center, Loft Sévigné, Espace Commines, Galerie Joseph Turennes, cette foire diffuse un discours alternatif, privilégiant sculptures, installations et volumes, ainsi que la mise en regard des supports. Bref autant un laboratoire qu’un atelier.

Nous gardons le souvenir du travail commun sur l’écriture de Raphaël Denis & Gabriel Léger pour la galerie Sator, les obus à roulettes de Léa le Bricomte, pour la galerie Lara Vincy, les plantes noires de Angelika Markul pour la galerie Suzanne Taraviese, ou les installations de Renato Nicolodi pour la galerie Ron Mandos.

http://yia-artfair.com/

Outsider Art Fair : une première parisienne pour l’art brut

C’est qu’initialement, ce rassemblement est new yorkais Et il demeure quelque chose de cet esprit dans le choix du lieu d’exposition. En effet la première édition de la outsider Art Fair Paris a lieu à l’Hotel Le A, dont les suites à la fois intimistes et design ont été intégralement investies par 25 galeries spécialisées dans l’art brut.

Seattle, Oakland, Luxembourg, Paris, Marseille, Turin, … c’est la fine fleur des spécialistes qui s’est ici installée dans une atmosphère très particulière, assez similaire à celle des vernissages filmés par Woody Allen, et de chambre en chambre, des travaux d’une incroyable puissance, où la psyché libérée des artistes prend d’autant plus l’ascendant que nous évoluons dans le calme et le recueillement.

Petites pièces, dessins, tableaux ou sculptures, nous restons dans des dimensions humaines qui diffèrent des œuvres volumineuses exposées dans les autres sites. Les tableaux de Daniel Martin Diaz,  les chaînes chimiques de Melvin Way, les lugubres statues de Sabrina Gruss, … ? Difficile de faire un choix, car en cet instant, on entre sur le terrain miné et fascinant d’un art autre, beaucoup plus sauvage, instinctif et viscéral, qui ne répond plus à aucun code, sinon à celui du cœur.

http://outsiderartfair.com/index.htm

Et plus si affinités

Album photos :

https://www.facebook.com/media/set/?set=a.537046203040979.1073741868.114156521996618&type=3&uploaded=32

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