New York melody : « This is not a love song »

NEW YORK MELODY

Eh oui, amateurs de romances et de bluettes, contrairement à ce que laisse présager l’affiche du film de John Carney, New York Melody n’est pas une histoire d’amour mais un conte moderne de l’indépendance : économique, affective, créative et artistique.

Je m’explique : sujette britannique dotée d’un grand talent de compositeur auteur interprète, Gretta débarque à New York dans le sillage de son bel amant Dave, qui vient d’être repéré par un puissant label. On se doute bien qu’avec le succès arrivent les problèmes. Le couple implose et Gretta part pour se réfugier chez un ami. Prête à rentrer au bercail londonien, elle fait la rencontre de Dan, producteur paumé en perte de repères et désespérément en quête de talents hors normes.

La rencontre est explosive et va donner naissance à une aventure musicale des plus prolixes, où chacun va recomposer ses marques en réintégrant son existence. C’est cette histoire que raconte New York melody, avec beaucoup de grâce et d’humour. Et cela fait franchement du bien car le film est d’une justesse et d’une simplicité réjouissantes.

On aurait pu s’attendre à ce que le réalisateur verse dans la guimauve romantico-sirupeuse que ce genre implique généralement or ici l’histoire d’amour n’est qu’un prisme révélateur de deux conceptions contradictoires de la prod musicale : le circuit consacré et starisant incarné par dave l’infidèle amant promu au rang de vedette et littéralement avalé par son succès ; Gretta, intransigeante sur la véracité de sa musique, refusant de faire profil bas devant les pontes du système, chantre de l’autoprod.

NEW YORK MELODY PHOTO5

C’est cette confrontation qui fait l’essence du propos pour un réalisateur issu de ce milieu musical où il a évolué des années durant avant de pénétrer celui de l’audiovisuel. On sent le connaisseur qui affleure dans certaines scènes assez cocasses du reste (le passage où Gretta négocie la diff de son album avec des managers médusés, le passage où Dan excédé jette les démos abominables qu’il a reçues par la portière de sa voiture de luxe, dernier vestige de sa gloire passée). Et le message est clair : dans cet univers vaut mieux rester fidèle à ses convictions et à ses passions, tout en demeurant indépendant, grâce notamment aux nouvelles technologies qui facilitent grandement la chose.

C’est juste, c’est logique et c’est réaliste. Servi par un casting impeccable emmené par Keira Knightley et Mark Ruffalo, le film bénéficie de la retenue et de la vraisemblance de ses acteurs qui du reste interprètent les chansons de la BO avec talent. Il faut dire que certains sortent eux mêmes du sérail, dixit Adam Levine, coach de The Voice et membre de Maroon 5, Yasiin Bey aka Mos Def, ou Ceelo Green.

NEW YORK MELODY PHOTO4

Bref le film passe crème, se posant de scène en scène dans cette mégapole incroyable qu’est New York, actrice à part entière dans l’intrigue. Difficile en regardant New York melody de ne pas évoquer le documentaire What difference does it make ? qui posait en substance la même problématique de l’influence d’une ville sur l’inspiration.

Et plus si affinités

http://www.ugc.fr/film.html?id=10105&cinemaId=33

Commentaires

commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.