Never mind the bollocks, here’s the sex pistols : l’avenir du futur

Le danseur- chorégraphe Mark Tompkins, depuis lurette – sans doute depuis toujours –, pratique le chant. Son répertoire va du jazz authentique à la disco, en passant par la comédie musicale et le punk. Il est la vedette de Never mind the bollocks, here’s the sex pistols, show donné par Sarah Murcia ce soir-là de février, mois le plus court quoique d’année bissextile, à la Maison de la Poésie.

Le punk est, comme on sait, et comme l’on put voir lors de l’expo à la Cité de la musique dont votre site favori rendit compte en temps et heure, un mouvement musical et culturel associé aux années 70, certes annoncé par des formations de rock américaines telles que les Ramones ou les New York Dolls mais véritablement (et brièvement) incarné par le groupe britannique les Sex Pistols, managé par leur fameux pygmalion Malcolm McLaren et par ailleurs compagnon de la modiste branchée Vivienne Westwood. Le punk fut donc à la fois un son et une image, ceux de la jeunesse désœuvrée, exclue, celle de la première crise pétrolière, issue de la classe ouvrière, pauvre et esthète.

4866691_7_48d3_la-contrebassiste-sarah-murcia-a-droite_d2e6a14b5bbe809a9d19e725ff9bb5a5

C’est précisément à la pièce maîtresse de ce groupe mythique, le 33 tours Never Mind the Bollocks, que s’en est pris Sarah Murcia dans son CD et dans le concert auquel nous avons eu le plaisir d’assister, Never Mind the Bollocks, Here’s the Sex Pistols. La musicienne rend hommage, à sa manière, à l’énergie désespérée de ces artistes novices en rupture de ban social et musical, luttant contre l’ensommeillement, pour ne pas dire l’aliénation, d’une génération emmiellée par la télévision, la radio et l’industrie du disque poussant à l’écoute forcée de variété internationale dominée par la bossa nova, de la soupe reggae et d’une pop music confondant rock et folk.

TOMPKINS villodre2

Sarah Murcia était accompagnée par les musicos de son disque : Mark Tompkins (crooner mais pas pour autant crâneur et, on avait fini par l’oublier, danseur), Benoît Delbecq (au piano, préparé ou non, ainsi que dans une démo de pogo, à base de pas contraints, les pieds semblant liés entre eux, une chorégraphie signée Sid Vicious), Olivier Py (le vrai, le poly-saxophoniste, méfions-nous des imitations), Gilles Coronado (à la guitare électrique, rythmicien et soliste à la fois) et Franck Vaillant (batteur on ne peut plus swingant et toujours juste dans ses interventions).

maxresdefault
 
Le résultat n’a rien de nostalgique, de passéiste, de vieillot. Le détournement, car détournement il y a, au sens où l’entendait (et le pratiquait, ne serait-ce qu’en désacralisant ou vitaminant l’hymne national et un standard des plus anesthésiants comme le “Comme d’habitude”, translaté en “My Way”) le producteur néo-situationniste McLaren, ne consiste ni à citer des thèmes, des phrases, des gimmicks typiquement punks, ni à faire dans le laborieux exercice de style (cf. les textes “old style” que certains “lecteurs” cherchent à refourguer en se bornant à les accompagnant d’accords électrifiés), à mimer une jeunesse filant à l’anglaise à la vitesse grand V, mais à prendre au sérieux des thèmes qu’on rejoue en les variant, les altérant ce qu’il faut, c.à.d. au maximum, les stylisant musicalement, mélangeant les genres sans se mélanger les pinceaux, passant du coq à l’âne et du rock à la java – ou, plutôt, au jazz.

TOMPKINS villodre3

Et pas n’importe lequel : le free jazz, Messieudames. Aux limites de la musique contemporaine et abstraite. En deux temps, trois mouvements, Sarah Murcia et son groupe (Caroline) ont montré qu’ils savaient aussi faire. La chose. Qu’ils pouvaient la faire.

Et plus si affinités

Pour en savoir plus sur le travail de Sarah Murcia, suivez le lien.

Commentaires

commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.