Media / Longueur d’onde – détonateur musical : rencontre avec Serge Beyer.

C’est sous ce nouveau dénominateur que le magazine papier fête ses 30 ans et sa nouvelle formule. Forme, logo, maquette : si la forme prend un gros coup de fouet, le fond demeure. On ne change pas une recette gagnante qui a passé trois décennies.

30 ans : un heureux anniversaire que le directeur-rédac chef Serge Beyer est venu célébrer au Printemps de Bourges, historiquement lié au magazine puisque Longueur d’onde a vu le jour un mois d’Avril dans le sillage du festival.

A l’origine de cette aventure ? Une passion bien sûr, celle de Serge Beyer pour la musique : « Il y a 30 ans je ne retrouvais pas ce que j’écoutais dans la presse française ». Qu’à cela ne tienne, le monsieur est allé puiser les infos directement à la source, c’est-à-dire auprès des artistes. Pas journaliste pour deux ronds à la base, mais curieux impénitent et musicovore insatiable. Premier shot : une certaine Diane Dufresne. Bah tiens ! Certains appellent ça la chance, moi j’appelle ça du flair.

Derrière viendront Hubert Félix Thiéfaine, William Sheller, Noirs Désirs « quand le nom s’écrivait encore avec des « s » et que Bertrand se dessinait une larme au coin de l’œil », No one is innocent, que la regrettée Patricia Bonnetaud conseille à Beyer. De bien beaux souvenirs pour la « revue artisanale de la chanson rock » qui a progressivement abandonné les photocopies agrafées des débuts pour devenir une publication papier ET web (il y a un site, s’il vous plaît) prestigieuse dont les articles font acte d’adoubement pour les artistes chroniqués.

Aujourd’hui, la passion est la même, matinée d’un professionnalisme, d’une maturité, d’une confiance, d’une assise. Nous rencontrons un Serge Beyer serein, dont les cheveux mauves s’aperçoivent partout aux quatre coins du Printemps. Il sillonne la place, apéros des antennes, concerts, rencontres, espace presse. Sans courir, sans s’énerver. Patriarche. Normal : le mauve est la couleur de l’élévation intellectuelle, du spirituel.

Et c’est ce qui émane de lui lorsque nous le rencontrons enfin. Autour de nous le chaos d’un festival qui bat son plein. Nous trouverons refuge dans l’arrière salle de la Table d’harmonie, restaurant qui jouxte le 22. Dans le bruit des casseroles, des verres cassés, l’affolement du deuxième service, il nous explique.

Le Hors Série Spécial trentenaire, un historique signé par Mathias de Dyonisos, les interviews croisés de Thiéfaine, Dominique A et Rosemary de Moriarty soit trois générations de rock français, les témoignages, les 30 coups de cœurs, les 30 révélations : ce numéro n’est pas un hommage, il est une ouverture sur l’avenir, les soirées organisées à chaque nouvelle publication, le concept de mini festival qui va bientôt voir le jour, ce besoin constant de se laisser surprendre par de nouveaux artistes.

Et une vision inattendue du secteur car dépouillée du pathos qui accompagne généralement les déclarations sombres des pros :

La presse papier ? Loin d’être morte. La crise de la musique ? « On ne la voit pas ». La concurrence avec le cyber media. Plutôt une complémentarité. Voilà, ça c’est dit. D’une voix douce, mesurée et ferme.

Le business model fonctionne. La publication est reconnue. Elle fait école. Elle fait modèle.

Bon anniversaire, Longueur d’onde. Et merci d’avance pour les 30 prochaines années de détonations musicales !

Merci à Serge Beyer pour ses réponses et sa gentillesse.

Merci à Estelle qui tenait la caméra.

 

Et plus si affinités

http://www.longueurdondes.com/

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