M for Montreal 2013 du point de vue des organisateurs : « So far, so good »

Il y a le hasard et ce que l’on en fait. Et pour le coup le hasard ici a bien fait les choses en plaçant Sonic Visions au même moment que M for Montreal sur le calendrier musical.

Effectivement tandis que le très luxembourgeois Sonic Visions se déroule les 22 et 23 novembre,  M for Montreal s’étale du 20 au 23 avec l’ensemble des gros concerts posés sur les deux derniers jours. Une même fenêtre de tir pour ces deux évènements partageant une vocation similaire de promouvoir leurs scènes nationales auprès des professionnels : car le Sonic Visions et M for Montreal se rejoignent sur la volonté de se placer en leaders actifs et activistes dans l’industrie du spectacle et de la musique de leur zone d’influence.

C’est ici qu’il devient intéressant de les mettre en regard : si l’idée reste la même de montrer des artistes nationaux/internationaux en émergence ou confirmés auprès des acteurs de la filière, et de proposer à ces professionnels des conférences et des rencontres pour échanger et construire, la manière de s’y prendre diffère avec les particularités de chaque pays et de chaque scène. Et ici M for Montreal propose un format différent qui témoigne des particularités de son écosystème. Présentation en images filmées lors de la session 2012 :

 

Hum ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Oui oui, le MaMA, avec lequel du reste M for Montreal entretient de chaleureuses relations … Le MaMA donc, … mais en plus petit. Etonnant dans ce pays grand comme 20 fois la France. Un côté réduit que les organisateurs de M for Montreal privilégient depuis 2006, année de création de l’event, et qu’ils défendent avec véhémence comme une caractéristique essentielle de leur identité. Une jauge de 200 pros environ pour favoriser les échanges, activer un marché ciblé sur le Québec, le Canada et les USA. Et une répartition d’artistes équilibrée comme suit : 70% du Québec, 20% du Canada, 10% d’internationaux, dont des français, des américains … ou des islandais.

Une passerelle donc, autant qu’une vitrine pour une scène musicale prolixe et variée, où les genres folk, rock, electro se répartissent entre anglophones et francophones. Mais pas un zoo pour autant, comme me l’explique Mikey Bernard, programmateur pour le festival car « trop de concerts, ça confuse le monde ». Certes, certes mais quand même, rien que cette année, ce sont environ 50 formations de tout tonnage qui vont se succéder quatre jours durant sur les différentes scènes réquisitionnées pour l’occasion, depuis la petite salle de concert jusqu’à la loft party et les showcases, qui accentuent l’esprit de convivialité et de proximité voulu par le festival, et typique de la culture canadienne. Une spécificité que Mikey Bernard explicite avec son accent chantant comme ancrée dans l’historique de M for Montreal :

M for Montreal : échange avec Mikey Bernard by Delfromtheartchemists on Mixcloud

Petite jauge, découverte de talents dont certains vivent ici leurs premières expériences scéniques (ainsi Seoul, le groupe phare de cette session 2013, qui débute à peine), rencontres pros et apéros en série, le festival va véritablement booster les échanges, la visibilité … et la réflexion. Et c’est peut-être le point à retenir : la qualité des conférences.

Song reader : rapprochements significatifs entre littérature et musique, Raves – Yoga et tests de son à guichet fermé : regard sur des expériences évènementielles uniques, Quand « gérants » riment avec « sentiments » : explorer l’évolution de la rlation entre artiste et gérant … voici quelques exemples parmi les plus significatifs des thèmes abordés. Et vous noterez qu’ici on diffère radicalement des sujets actuellement traités sur les autres salons, ciblés sur la monétisation et l’évolution de l’industrie à l’heure des NTIC.

A ce titre, on peut clairement se demander si M for Montreal ne constitue pas un modèle, du moins un laboratoire des tendances à venir. La chose mérite d’être suivie avec beaucoup d’intérêt car ici on replace la création artistique au coeur des préoccupations professionnelles. Un recadrage de bon sens.

Un grand merci à Mikey Bernard pour ses explications, ainsi qu’à Jérémy Spéllanzon qui a permis cette rencontre.

 

Et plus si affinités

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