Livre / Keep an eye on the wall – Paysage palestiniens : au pied du mur

Au pied du mur, et quel mur ! Un projet de 709 kilomètres de parois de béton qui transpercent la Cisjordanie de part en part. 4 fois plus long, 2 fois plus haut que le Mur de Berlin. Les murailles déjà érigées ont coûté plus de 2 milliards d’euros, 204 millions rien que pour l’entretien. Sans compter les morts. Les vies brisées. Les séparations. Les privations.

Anecdote : alors qu’il graffait ce mur, Banksy a entendu un vieux palestinien lui reprocher d’embellir ce que son peuple haït le plus. Cet aspect-là, ce ne sont pas les politiciens ni les stratèges qui vous en parleront.  Restent les journalistes, les auteurs, les photographes. Qui témoignent. La voix d’êtres humains qui souffrent, ont peur, tentent de survivre, n’arrivent plus à communiquer, ni construire alors qu’ils vivent en voisins. Absurde. Mais réel.

En rassemblant 70 photographies signées par 7 photographes et commentées par 5 auteurs, Keep an eye on the wall montre de manière magistrale cet univers paradoxal et sans pitié. Sans pour autant tomber dans le pathos ou l’effroyable. Ici pas de corps sanglants ni de scènes de batailles, pas de militaires en armes ni de terroristes. Dans ces pages qu’on déplie telle un accordéon, juste le quotidien traversé par une muraille sans fin. Qui est devenu un pan de vie. Incontournable. Mais qu’on n’accepte pas pour autant.

Taysir Batniji qui immortalise les graffiti, les portraits de martyres, les slogans, autant de traces amenées à s’effacer ; Raed Bawayah qui suit les ouvriers palestiniens obligés d’escalader le mur clandestinement pour aller chercher du travail de l’autre côté ; Rula Halawani qui observe les portes du mur autour de Jérusalem ; Noel Jabbour qui suit les infrastructures de surveillance ; Steve Stabella qui compose des mosaïques de fragments photos de béton ou de barbelés ; Kai Wiedenhöfer qui poursuit l’évolution architecturale du rempart depuis le début de sa construction ; Raeda Saadeh qui met en scène ses autoportraits devant les parois.

Tous sont nés là-bas, à Jerusalem, à Gaza, en Galilée, … ils y ont étudié, ils y vivent ou y reviennent régulièrement. Chacun apporte sa vision, sa perception d’une réalité en construction et de ses effets, complétant les explications et les analyses fournies dans leurs textes par  Elias Sanbar écrivain et ambassadeur de Palestine à l’UNESCO, Christine Leuenberger, sociologue, Malu Halasa, journaliste, Yaël Lerer éditrice et Adania Shibli auteur, sans aucun jugement. Juste le constat amère d’un constante de l’humanité : l’intolérance.

Et plus si affinités

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