Les contes de 1001 séries : Friends … aux origines de la sitcom ?

Il y a parfois un point de non retour insupportable à l’homme. Un cap impossible à franchir au risque d’y laisser sa probité sociale et son équilibre mental.  Aussi je le clame haut et fort, je n’en puis plus !

En ce jour, je prends donc mon courage à deux mains et me dresse, sous vos yeux certainement ébahis, face à notre vénérée impératrice-guerrière de rédactrice en chef pour briser un tabou. Non, Delphine Neimon n’a pas la science infuse. Perturbant, je sais. Mais vrai ! Elle l’admit elle-même au cours d’une conversation qui restera à jamais gravée dans ma mémoire : « Non vraiment ! J’y connais rien de rien en séries télé actuelles. Chapeau Melon et Bottes de cuir, Amicalement Vôtre, Magnum à la rigueur, mais j’ai bien décroché depuis. Si on résume la situation, même une moule est plus au fait de l’actu TV que moi, c’est tout dire ».

Car, bien occupée à chercher  jusqu’au tréfonds des impasses culturelles les plus étroites de France, pour (vous) dénicher des étincelles artistiques de qualité, notre vaillante rédactrice en chef m’a avoué un soir de « sirotage / mojito sur canapé » avoir laissé passer un des phénomènes culturels les plus importants de ces 20 dernières années.

Réaction outrée de votre serviteur :

– « Tu te moques  ?! Tu n’y connais rien ? How I met Your Mother ? Lie to Me ? Au moins Desperate Housewives, voyons !

– « Non, non, non ! Mais si tu veux t’y coller… t’es le bienvenu mon gars. Come on ! Donne-moi envie ! »

Me voici donc catapulté Shéhérazade du petit écran (j’en ai bien pour 1001 séquences avec le nombre de séries qui existent), avec pour mission de faire (re)découvrir les mythes du genre à une rédac chef ignorante que je ne désespère pas de convertir, et à un public que j’espère distraire, sinon amuser.

Commençons la remise à niveau accélérée sur une première leçon de rattrapage portant sur la base.  Car pour comprendre le phénomène « série », il faut commencer par le commencement. Par LA série par excellence, celle qui a influencée les séries d’hier et  d’aujourd’hui, et parfois celles de demain. La série qu’on a tous regardée au moins une fois. La série qui a véritablement popularisé le « sitcom ». Friends, bien sûr.

Certes, le fondement même de l’histoire n’est pas révolutionnaire : six amis new-yorkais expérimentant les joies de la vie en groupe et poursuivant le mythe du rêve américain, c’est clair nous ne sommes pas en train de lire du Chateaubriand. Et pourtant, ce sitcom est bien une série de légende. En évoquant Friends on parle d’une série vieille de 10 ans, on parle d’une série avec exactement 236 épisodes, on parle d’une série avec une guest-list impressionnante (Robin Williams, Bruce Willis, Brad Pitt, George Clooney, Jean-Claude Van Damme, Hugh Laurie, Charlie Sheen, Sean Penn, Julia Roberts, Reese Witherspoon, en autres…).

On parle d’un monstre du petit écran qui a propulsé six acteurs inconnus au  rang de superstars internationales, enfin, en tout cas pour ce qui concerne Jennifer Aniston (au cas où tu ne saurais pas laquelle c’est, Delphine, je te parle de la blonde pulpeuse qui n’a presque plus rien d’origine sur le visage, oh que je suis méchant et langue de vipère), David Schwimmer et Courtney Cox. Quant à la musique du générique elle est désormais inscrite dans la mémoire auditive et collective de millions de personnes. Même toi tu l’as entendu, Delphine. Alors convaincue, chère rédactrice en chef ?

Ne nous mentons pas. Aujourd’hui, malgré des acteurs aux mimiques toujours aussi efficaces, il faut bien l’admettre : la série a perdu de son éclat au fil des ans. Car la grande force de ce TV show est peu à peu devenue une faiblesse.  En effet, il faut savoir que le tournage était, selon les dires des acteurs et de l’équipe de tournage, un grand moment de convivialité professionnel, et comme le plateau jouissait d’une bonne ambiance, il n’était pas rare que les acteurs improvisent (cf ce charmant extrait de bêtisier qui en dit long) :

Or ces improvisations, qui se rapportaient à certains faits de société contemporains du tournage, et que le public de l’époque a d’ailleurs pu trouver délicieuses, n’évoquent absolument plus rien pour les actuels spectateurs des épisodes à moins qu’ils soient dotés d’une excellente connaissance en matière de faits divers américains…. Il faut préciser que les effets de  rires enregistrés et de traduction (passage vo/vostfr) n’aident pas à combler ce fossé d’incompréhension de « la blague », accentuant le décalage entre le show et son spectateur.

Friends, c’est donc une série de légende, qu’on ne peut qu’apprécier, sauf si on n’aime pas les hurlements de rire pré-enregistrés et calés au montage, (en France cette pratique est peu répandue et peu appréciée, sauf peut-être dans le cas d‘Hélène et les garçons, mais aux USA, c’est une habitude) … Malheureusement un peu plus de 6 ans après la fin de la série on peut noter un léger syndrome de décalage comique.

What a pity ! Friends : légendaire mais pas intemporel. Funny facts : il se murmurait tout bas, il y a quelques mois, dans les couloirs des grosses maisons de production d’Hollywood, que la fine équipe pourrait resigner, non pas pour une nouvelle saison mais pour une adaptation cinématographique à la manière de Sex & the City.

Chère rédactrice en chef, tu as donc toutes tes chances d’avoir droit à une session de rattrapage sur grand écran, qui te donnera peut-être envie de te passer en boucle les 10 saisons précédentes, rires enregistrés ou pas.

Et plus si affinités

http://fr.wikipedia.org/wiki/Friends

http://www.fanfr.com/

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