Les 3 éléphants / Von Pariahs en sauvage majesté ?

Tandis que je prépare mon parachutage en terre lavalienne culturelle, un mail déboule sur ma boite : le nouveau clip des Von Pariahs. Curieuse de voir l’évolution de nos chers pandas rencontrés au PDB 2012, je regarde. Ah ouais, quand même … par sa violence, sa crudité, son esthétique 80’s crade, « Still human » amplifie la claque musicale offerte par la chanson et ses paroles. Ok c’est bouclé en 5 minutes, je demande à revoir ces messieurs en interview. C’est qu’il y a du changement.  Leur concert sous le patio me le confirme : hantés ils le sont sans conteste. Et leur musique aussi.

Von Pariahs – Still human / Live les 3 Eléphants 2013 from PRISMA on Vimeo.

Hantés mais bien plus sûr d’eux, normal, de l’eau est passée sous les ponts, et ils ont pris confiance. Dixit la version live de « Still human » qui laisse derrière le climat cauchemardesque du clip pour imposer un groupe homogène juste ce qu’il faut sans bouffer les identités de chacun. Avec au milieu le chanteur qui a su échapper aux encombrantes mannes de Ian Curtis pour constituer sa propre présence. Et une maîtrise des mélodies qu’ils travaillent en répet pour mieux laisser leur petite sauvagerie intérieure emporter le tout au moment du passage à l’acte.

Tourneur, label, un album dans les starting blocks, dont les morceaux n’auront pas tous la même facture trash que « Still human », l’assurance est là, de même l’expérience, comme autant de réflexes, qui doucement les construisent … et les mènent vers une attitude de plus en plus tranchée. Rockers ils sont, sans conteste possible, montant sur scène pour s’y lâcher sans retenue, en transe véritablement. Pas de concession. Pas de plan de route. De l’instinct. Une position honorable et rare, pour des gars maintenant en rail dans une industrie qui préfère de loin les profils bas.

En effet Théo et Sam, les deux loulous que je retrouve dans la bibliothèque tard le soir après leur live, n’ont pas spécifiquement envie de baisser la garde. Dixit leur point de la situation et leur analyse du clip, qui résume en quelques minutes leur état d’esprit : ou comment raconter la journée type d’un bipolaire, entre auto-vampirisme et masturbation, entre bestialité totale et humanité désenchantée. Le tout écrit et tourné par leurs soins pour la somme de … 50 euros. Sous label certes, mais débrouillards, les Von pariahs, et adeptes du « do it yourself ». C’est dit : si « Still human » ne reflètera pas l’ensemble du prochain album, il en sera la locomotive de par l’esprit d’indépendance qu’il exprime.

Il y a un an, on leur demandait si ils préféraient les Pépitos ou les Granolas ; avec ce nouvel échange, on est franchement monté en grade. « On est convaincu qu’il faut être entier et sincère » me dit Théo avec un sourire. Je confirme la newz : en butant leurs pandas intérieurs, les 6 Von Pariahs ont scellé leur entrée dans l’aristocratie du rock.

Adoubement à parachever avec la sortie de l’album en septembre 2013.

Merci aux Von Pariahs.

Photographies : Gaelle Evellin

Et plus si affinités

http://www.vonpariahs.com/