Le flamenco dans tous ses états : courts métrages

Tee shirt blanc, jupe rouge, cheveux noirs, … une femme, … dans un monte charge sang de bœuf, … peinture écaillée, parois métalliques, porte imposante … impression d’étouffement, de claustration physique et cérébrale accentuée par des sons de machine, irritants, comme une lame qu’on passerait sans cesse sur une rambarde d’acier … agenouillée dans un recoin comme un petit animal, la femme se lève doucement, féline, décidée, … et entame une buleria silencieuse saccadée par ses talons et ses battements de main.

Ainsi commence Desde Dentro, 1ercourt métrage de la réalisatrice Inès Fernandez. Un court métrage inspiré du flamenco comme les 25 autres films présentés au Festival International Flamenco de courts métrages de Madrid. Entre musique, chant et danse, le flamenco est reconnu comme un art complet qui évolue et s’enrichit en dehors des codes d’origine …

Flamenco rock, tendances jazz, cirque flamenco, … irrigué par d’autres formes d’expression, c’est tout naturellement qu’il s’invite sur le grand écran et le 7eme art semble s’en nourrir d’heureuse façon si l’on en juge par les 26 petits joyaux relayés par le festival de Nîmes qui a voulu mettre en lumière cet aspect si novateur.

Ces courts métrages explorent le flamenco sous toutes ses coutures, parfois de façon décalée voire dérangeante, au risque de brusquer les puristes, de choquer les regards, … aucun n’est vulgaire, tous portent une poésie, une justesse et une fougue incroyables. Avant-goût en forme de dégustation esthétique

 

La Emperatriz

Signé J. Reyes Borja et R. Parra, La Emperatriz conjugue énigme policière, histoire d’amour malheureuse et combat de femmes. Un mix entre Les Fraises sauvages de Bergman et Femmes au bord de la crise de nerfs de Almodovar, où s’affrontent deux divas du flamenco, … un affrontement à mort.

Invernadero

Tout commence par un texto : une histoire d’amour improbable entre un danseur de flamenco espagnole et une guitariste canadienne. L’histoire du réalisateur Mariano Cruceta et de sa compagne Caroline Planté. Ils se sont rencontrés, ont créé ensemble, se sont aimés et s’aiment encore malgré (grâce à ?) la distance géographique. Invernadero, c’est la serre où se chorégraphient leur rencontre, leur élan, leur séparation. Une manière inattendue d’interroger la passion inscrite au cœur même du flamenco et de l’acte artistique en général.

La danza de los pinceles

De loin l’un de mes préférés par sa beauté et son audace esthétique. Le néozélandais Charles Olsen compose là un flamenco graphique rythmé par Les demoiselles de la rue d’Avignon, le chef d’œuvre de Picasso. Superpositions d’images colorées, mouvement des robes, froissement des oculaires éventails, … ce court métrage est un véritable régal, une rêverie artistique d’une fraîcheur et d’une originalité incroyables.

 

Et plus si affinités

http://www.youtube.com/watch?v=T1qHA5quixw

http://www.fflac.com/

http://ladanzadelospinceles.blogspot.com/

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