La vérité nue / Pierre Cambon : Le corps et l’ombre

Les corps nus de Pierre Cambon se jouent des ombres qui les enlacent. Patiemment, l’artiste dessine ces doubles d’ombre sur les parois, les formes. Une histoire d’amour rêvée, une étreinte onirique, presque fantastique. Un jeu entre la photographie et l’estampe qui place ce visionnaire dans une dimension autre que la simple captation d’image.

En des termes simples, presque intériorisés, ce « graveur, photographe, graphiste… ? » nous explique la teneur de sa démarche.

D.N.


Depuis quand pratiquez-vous la photographie ? Comment en êtes-vous arrivé à ce choix de carrière ? Quelle formation avez-vous suivie ?

Je pense pratiquer depuis toujours la photo, j’ai grandi dedans, pourtant, suis un photographe ? je n’en suis pas sûr ; la photographie n’est pour moi qu’un moyen, et non une finalité, j’aime aussi à mélanger les techniques pour suivre mes envies et arriver aux résultats graphiques recherchés…

Comment en êtes-vous arrivé à vous intéresser au nu ? Pourquoi ce choix ?

Au delà du nu, c’est le corps qui m’intéresse. Corps physique et social, corps politique aussi. On dit souvent se mettre à nu, je pense que la nudité du corps révèle une vérité universelle sur la personne, et nous ramène inexorablement à notre condition d’être humain : la vie et la mort…

En quoi la photographie de nu est-elle différente des autres types de photographies ?

Il y a t-il des différences et si différences il y a, j’ai peur de l’étendue infinie de la réponse à cette question.

Quelles techniques utilisez-vous pour photographier un modèle nu ?

La série « du couple » exposée au FEPN d’Arles 2011 met en jeu le dialogue entre un dessin et le corps du modèle. Ce travail réalisé à la prise de vues (il n’y a peu ou pas de retouches infographiques) puis transcrit en photogravure cherche d’abord à donner sens au mot : lien…

Comment se passe une séance de pose ?

Très construites à la base – toutes les prises de vues ont été « chorégraphiées » sur croquis –

les prises de vues se déroulent en deux temps : sur une feuille de papier de 2/3m je vais dessiner le personnage masculin à l’échelle 1, puis le modèle prend la pose et je poursuis le dessin sur son corps, en fonction et du cadrage et du points de vue, pour qu’une fois la photographie réalisée, les deux entités corps réel et corps dessiné se mette en tension et qu’un dialogue s’engage…

Je transcris ensuite ces prises de vues en photogravure par un procédé de photosensibilisation d’une plaque métallique. L’image devient matrice et sera imprimée manuellement comme une gravure en taille douce sous presse. Cette technique va enrichir l’image de cette plastique propre à l’estampe. La photogravure va nous éloigner d’une réalité photographique pour nous plonger dans un espace incertain, fait d’onirisme et de surréalisme.

Que voulez-vous montrer au travers du nu ?

Je voudrais témoigner de la vie d’abord, et pour cette série, parler d’amour tout simplement, mais j’espère le faire avec acuité et profondeur.

 

Merci à Pierre Cambon pour ses réponses.

 

Et plus si affinités

www.pierre-cambon.fr

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