La Collaboration (1940 – 1945)  : Les Archives Nationales documentent les rouages de l’Occupation

affiche collaboration

Il y a 70 ans, l’Europe triomphait du cauchemar nazi. Multiples, les commémorations rappellent l’horreur des camps, les étapes de la Libération, le rôle de la Résistance. L’exposition proposée par les Archives Nationales se concentre quant à elle sur la manière dont le pouvoir français a épaulé les occupants et leur a permis d’oeuvrer pour mettre notre pays en coupe réglée. Ce sont les quatre « années noires » de la Collaboration qui sont ainsi disséquées avec au centre de cette démarche trois acteurs ainsi présentés :

  • les autorités allemandes, qui réglementent la vie des français tout en orientant la politique de l’€tat;
  • le Gouvernement de Vichy qui choisit la collaboration pour actionner une Révolution nationale réactionnaire ;
  • les partis collaborationnistes très proches des nazis dont ils partagent les idées.

Politique, administrative, économique, militaire, idéologique, culturelle, la Collaboration prit de multiples visages ; aborder son fonctionnement met en question le positionnement des français, acceptation passive pour la plupart, soutien actif pour certains. Sujet délicat et complexe car chargé d’une mémoire sombre et peu glorieuse que le mythe de la Résistance n’a pu effacer et qu’il convient désormais d’aborder objectivement pour en percevoir la logique. Celle-ci ressort du parcours adopté, concentré sur les point suivants :

  • Acteurs et objectifs de la Collaboration  : qui fait quoi ? Qui dirige quoi ?
  • Définition des ennemis à abattre : anticommunisme, antisémitisme, chasse aux francs-maçons
  • Le rôle de la police dans la traque au juifs et aux résistants
  • Le contrôle de la culture et des média
  • La gestion des exigences du Reich
  • La collaboration militaire : Légion étrangère, Milice et Gestapo française
  • Le démantèlement de la Collaboration et son procès.

Superposant approche thématique et vision chronologique, l’exposition se présente comme un dédale sombre et oppressant qui traduit bien la menace latente, la peur, l’anxiété vécues pendant quatre ans par une population soumise à pareil régime. Délations constantes, surveillance continue, mise en place des rafles, manipulation des foules, les documents orchestrant l’administration de ce système odieux s’accumulent au fil des vitrines, preuves irréfutables de la responsabilité des institutions et du gouvernement en place.

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Fallait-il résister ? Comment ? Avec quels risques pour la population ? Ces questions, les collaborateurs les posèrent comme défense, pour se disculper au terme de ce cauchemar et quand l’heure des comptes fut venue. L’exposition des Archives Nationales les évacuent définitivement, en démontrant la condescendance, le soutien évident, l’adhésion convaincue des dirigeants d’alors. Les émotions sont multiples, la honte, la colère, le mépris, … très vite les doutes s’accumulent : « Et nous, qu’aurions-nous fait ?  » « Comment des gens ont-ils pu participer à cela ? L’autoriser ? L’aider ?  Volontairement ? Par conviction et non par peur ou désir de survie ? » « Et si les alliés avaient raté leur coup, que se serait-il passé ?» … « Et si cela recommençait ? »

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Et de mémoire l’exposition des Archives Nationales devient prise de confiance, mise en doute, réflexion … et vigilance absolue. On y comprend le caractère impératif de la conservation des documents officiels comme traces de décisions politiques, l’obligation de préserver le passé pour protéger l’avenir, de transmettre et d’enseigner pour œuvrer à la responsabilisation des populations qui hier comme demain, peuvent en quelques mois se retrouver otages impuissantes et soumises de pareilles dérives.

 

Photographie : Archives nationales, pôle images © Archives nationales, Pôle images

 

Et plus si affinités

http://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/

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