La Belle Vie : fable de l’incontournable envol

“Il te manque quelque chose ?” Bien sûr qu’il manque quelque chose, dans cette cavale que Yves et ses deux gamins vivent depuis onze ans. Onze ans à fuir de refuge en refuge, abandonnant à chaque départ précipité le peu d’ancrage et d’habitudes que ce trio s’était constitué.

C’est dans cette fuite en avant que s’enracine l’incontournable : le départ des petits quittant le nid pour vivre leur propre existence, suivant leurs choix et leur volonté. Le film de Jean Denizot s’emploie à sentir, cerner et transmettre cet envol, confrontant les envies d’émancipation des deux frères et le protectionnisme farouche du père.

Inspiré par l’affaire Fortin, le scénario ne prend aucunement parti, axé qu’il est sur les relations de ce père avec ses fils. Un père épris de valeurs et de justice, fuyant les principes de la société pour éduquer ses gosses qu’il aime plus que tout comme il l’entend. Les éduquer et les armer, tellement aveuglé par cet objectif qu’il en néglige les aspirations de Sylvain et Pierre. Les deux adolescents vont tracer leur chemin, l’un forçant le passage à l’occasion d’une soirée dans un village, l’autre parce qu’il tombe amoureux.

L’intrigue prend son énergie dans le talent des acteurs, Nicolas Bouchaud qui interprète le père avec une justesse de ton absolument incroyable, Zaccharie Chasseriaud et Pierre Pelissier complémentaires dans le rôle des deux frères, Solène Rigot si détachée dans celui de Gilda l’amoureuse. Personnage essentiel de cette fable, la Nature, valorisée par des paysages superbes, cerne les héros, les englobe, les accueille ou les avale, suivant leur degré d’évolution et de conscience.

Pour un premier film, La Belle Vie constitue un essai réussi pour un réalisateur de talent, au regard à la fois pointu et poétique.

Et plus si affinités

http://www.chrysalis-films.com/labellevie.html

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