José : du rififfi chez les apôtres !

Rien ne va plus au Paradis ! Ulcéré par la connerie indécrottable de l’humanité, Saint Pierre persuade Dieu de rayer la terre de la carte universelle. Ce dernier cependant laisse une dernière chance à ceux qu’il a faits à son image ou presque : il leur renvoie son fils chéri, Jésus, pour tenter de les sauver. Sauf que Jésus a déjà donné, et on sait comment cela a fini. Peu désireux de terminer crucifié une fois encore ou pire, Jésus décide de changer de méthode… et avant tout de patronyme : cette nouvelle quête, il la mènera sous le nom de José.

Une équipe de choc !

Voici donc le pitch de la série propulsée par OCS Signature fin 2016 pour célébrer Noël à sa façon, entre humour décalé, ironie noire et critique particulièrement acerbe de notre modernité. À la plume, Frank Bellocq, Jean-Luc Cano, Gaël Toto Brocchi, Jean-Michel Ben Soussan. Derrière la caméra, Jean-Michel Ben Soussan, devant Frank Bellocq, Gaël Toto Brocchi, Oranne Dutoit, William Lebghil, Damien Jouillerot, Jimmy Labeeu, Rémy Adriaens, Jawad Ennejaz, Mohad Sanou, Jean Bechetoille, Jérôme Niel, Ludovic Berthillot, Chris Deslandes, David Salles, Léon Plazol, Eric Da Costa, Marc Riso. Une équipe de choc !

Une relecture jubilatoire des évangiles

Le tout offre une relecture jubilatoire des évangiles, propulsant José et ses apôtres dans une banlieue pourrie, un véritable dépotoir qui leur sert de QG pour racheter l’humanité de ses péchés. Sans fric, sans papiers, sans rien. En seulement deux semaines. Sinon des boules de feu s’abattront sur la terre. Et le Bitor. Du coup, il va falloir la jouer fine, sachant que José/Jésus ne recrute pas forcément des lumières, et qu’en prime, il est poursuivi par un mystérieux tueur qui se fait appeler Le Croisé parce que Loïc ça craint quand même… On pourrait douter ? Dix épisodes plus tard, on est sous le charme.

Des valeurs de tolérance

Bon, autant vous le dire de suite, l’humour de ces messieurs est irrespectueux et parfois lourd, puristes s’abstenir, vous risquez l’infarctus à chaque prétendu blasphème. Mais au finish et entre deux poilades, ce sont bien des valeurs de tolérance qui reviennent en boucle dans cette chasse au péché capital, menée tambour battant dans un monde qui n’est pas si méchant que ça. Chaque personnage est attachant, les répliques font mouche, les clins d’œil sont légion, et l’on se prend à espérer un happy end de conte de fée… Petits moments préférés : le générique, l’arrivée de Jésus, l’interprétation de Dieu (Darwin aurait adoré), … et cette mémorable séance de prêche en musique dans les rayons d’un supermarché.

Entre autres, car tout s’apprécie en fait, et on arrive au bout de ce format court à regret, tant on rit devant cet esprit potache, persuadé que le Fils de l’Homme est un homme comme les autres, et qu’au finish le bien est l’affaire de tous.

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Padme Purple

Posted by Padme Purple

Padmé Purple est LA rédactrice spécialisée musique et subcultures du webmagazine The ARTchemists. Punk revendiquée, elle s'occupe des playlists, du repérage des artistes, des festivals, des concerts. C'est aussi la première à monter au créneau quand il s'agit de gueuler !