If the kids + Pungle Lions en balances à La Boule Noire : évocation d’un rituel

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Vous savez pourquoi j’aime observer les musiciens pendant leurs balances ? C’est le seul moment où je peux photographier le batteur convenablement. Ok je blague … quoique … c’est vrai. Les balances : ce petit moment interlope, quand les groupes posent leur son dans la salle où ils vont jouer. Ils en ignorent tout, même si ils y ont déjà joué. A chaque fois c’est une nouvelle équation, équilibrée en écho avec l’ingé son.

Harmoniser guitare, basse, batterie, synthé, machines, faire en sorte que les voix ne se perdent pas dans cette valse mais en ressortent grandies, calculer les retours tant redoutés, essentiels car ils permettent aux artistes de s’entendre les uns les autres pendant le set. Les chansons que vous applaudissez en live, que vous reprenez en cœur, c’est en cet instant qu’elles déterminent leur couleur, leur rythme, leur saveur.

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Déballage/montage/accord des instruments, positionnement sur scène, lumières, ordre des morceaux… les balances font doucement basculer les musiciens de la banalité du quotidien qu’ils viennent de quitter à la magie du spectacle qu’ils vont performer. Un instant précieux de transformation, de l’échauffement pur, le moment où l’on renoue avec son groupe, avec sa musique …

Un rituel que chacun va suivre différemment mais avec la même concentration, le même sérieux … on peut déconner avant, pendant le trajet, après en coulisses, voire même pendant le concert même, mais pendant les balances, la pondération est de mise / Kas Product, Elmer Food Beat, Turn Steak, Nasser, … ils viennent de paysages musicaux différents, mais en ces minutes précisément tous font preuve de la même implication.

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If the kids et Pungle Lions n’échappent pas à cette règle implicite et notre rencontre en préambule du concert donné à La Boule Noire le 3 juillet l’a largement confirmé, apportant sur ces deux formations une perception beaucoup plus nette de leur fonctionnement et de leur impact. Ce jour-là pas d’interview ni d’entretiens, nous venons observer les deux groupes dans l’environnement recueilli et studieux des préconcerts, avec pour idée que c’est là que nous saisirons leur réalité.

Quand nous débarquons dans la salle sombre de La Boule Noire, If the Kids boucle l’installation des instruments et s’apprête à poser le son. If the kids : un rock electro nerveux et séducteur, qui fleure bon les 80’s, rappelle les grandes heures de Blondie et Kim Wilde. Aux manettes derrière ses synthés, Brice le fondateur du combo, emmène ses camarades au rythme des machines : le batteur Aymeric, Vince aux guitares, et la très gracieuse, féline et souriante Miss Marine comme leading lady. Chacun avec de l’expérience dans les pattes.

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Le tout se pose morceau après morceau, tranquille le groupe se chauffe, se détend et se lâche, profitant du temps alloué pour égrainer son répertoire avec une joie non feinte. C’est qu’il y a de l’énergie à revendre dans cette formation en perpétuelle interaction pour faire vivre l’identité musicale de chaque track en présentation. On notera au passage la puissance émanant de la chanteuse, ancienne comédienne passée au chant et dont on perçoit la maîtrise dramaturgique dans chaque geste, chaque phrasé, chaque vocalise.

Le set prend doucement forme sous nos yeux, nous en observons la trame sonore, la véritable portée mélodique, sans que les flonflons et les exagérations du spectacle n’en distorde encore la base. Exemple avec «Walk away »       durant laquelle le quatuor prend possession du plateau, avec une orchestration très accrocheuse du morceau :

Avec Pungle Lions, changement complet de tonalité et de méthode. Le groupe formé par Damny et Rouzman de La Phaze assortis de potes venus entre autres de La Ruda mais pas que s’illustre dans un mélange survolté de punk et de jungle, d’où le néologisme pungle, le tout saupoudré de reggae. On demeure dans l’esprit vintage 80’s avec ce petit parfum de Specials, cette fragance propre au rock alterntif.

Sauf qu’ici la prise de plateau va privilégier le technique, les réglages, le placement des instrus, batterie hyper complète, synthé du chanteur avec guitariste et bassiste de part et d’autre. Aguerris, les musiciens se concentrent principalement sur les connectiques, l’install proprement dite, pour caler ensuite le son très rapidement et attaquer deux morceaux dans la fougue, sans fausse note.

Etonnamment pour ce répertoire en gestation depuis la naissance du combo en 2013, la set list est rôdée, gérée de main de maître, et les musiciens y plongent tête baissée comme des poissons dans l’eau, attaquant bille en tête « That’s funny ! »  alors que l’instant d’avant ils avaient encore la tête dans les jacks et les micros :

Ainsi en une après-midi de préparatifs, nous avons pu capter ce qui fait l’essence de ces deux groupes, à leur rythme, selon leur méthode et leurs principes. Un moment privilégié.

Album photos 

Et plus si affinités

http://www.ifthekids.com/index.html

https://www.facebook.com/punglelions

 

 

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