Guy : chanteur, cavalier, père … une affaire d’équilibre …

Guy est un vieux chanteur. Guy Jamet … une gloire passée de la variété française. Né avec les Yéyés, il a connu la célébrité, a doucement quitté le devant de la scène mais continue de tourner malgré tout, enchaînant les galas avec une régularité de métronome. Et voici qu’il envisage son come-back avec un album remixant ses tubes. Et qu’il accepte d’être filmé par un jeune réalisateur inconnu qui veut faire un documentaire sur lui, sur sa vie de saltimbanque, son travail de compositeur.

Ce que Guy ne sait pas, c’est que Gauthier est son fils illégitime, le fruit d’une amourette d’une nuit avec une fan, il y a des années de cela, à la faveur d’un concert. Gauthier vient de perdre cette maman qu’il aimait tant, et en fouillant dans ses affaires, il a trouvé la véritable identité de ce papa inconnu. Qu’il approche via ce subterfuge du documentaire, dont il pénètre ainsi l’intimité, dont il découvre le caractère, exigeant, capricieux, rigoureux, séducteur … une mosaïque que le jeune homme a du mal à appréhender, enchaînant les réactions parfois brutales face au comportement de son vieux cabot de père.

Vont-ils se trouver ? Vont-ils se comprendre ? Gauthier est-il là pour régler des comptes, éteindre la frustration ou simplement créer un lien avec ce papa sublimé et ingérable, anarchiste à ses heures, fou d’équitation mais épuisé par trop de tournées, d’excès ? Vu leurs égos respectifs, l’adulescence de l’un, les attentes affectives de l’autre, forcément les frictions vont se multiplier … puis viendra la tendresse, tandis que Guy, sans rien dire mais avec l’intuition des grands artistes, comprendra le lien existant, et l’acceptera à demi mot, avec une élégance de prince, une joie discrète mais profondément sincère.

Cette histoire ô combien touchante, c’est Alex Lutz qui nous la raconte, devant et derrière la caméra, écrivant ce scénario tout en nuances, drôle et poignant, interprétant Guy qu’il façonne comme un mélange de Sardou/Belmondo/Cloclo … sans jamais tomber dans la caricature ou l’outrance, avec à la clé un César mérité pour cette performance. On a évoqué les heures de maquillage pour le vieillir, on oublie l’attitude du corps, les gestes lents, l’accent très particulier, traînant, doux et cassant à la fois, le propos charmeur ou insultant, selon l’humeur … et ce personnage haut en couleur, riche de la mémoire de ces années d’or du showbiz à la française, nostalgique parfois, toujours en action néanmoins, même quand l’âge le rattrape …

Pour lui donner la réplique, Tom Dingler, ami d’enfance de l’acteur, qui, doucement sort de derrière l’objectif pour apparaître à l’écran, au fur et à mesure d’une reconnaissance feutrée mais puissante, jusqu’à cette ultime séquence où les deux héros partagent une séance de galop au petit matin, dans une complicité totale et apaisée. Et autour d’eux, Élodie Bouchez, Dani, Pascale Arbillot, Brigitte Rouan, Nicole Ferroni, Julien Clerc, Nicole Kalfan … sans compter le reste du casting, avec comme objectif de restituer l’ambiance de création, le rythme des concerts, les séances d’enregistrement, la promo presse des albums …

Ainsi le drame personnel s’inscrit dans une temporalité spécifique, un univers artistique échevelé en apparence, tissé d’exigence et de discipline. De gentillesse, de sentiments, d’amitiés et de petites piques vachardes, dont l’humoriste s’est fait une spécialité avec la série Catherine et Liliane. Bref le générique de fin arrive trop tôt, tant Guy est attachant.

Et plus si affinités

https://www.mycanal.fr/cinema/guy/h/10248227_40099

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